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Cameroun : Maurice Kamto privé de sortie

décembre 2, 2021
Maurice Kamto à Paris en janvier 2020 © STEPHANE DE SAKUTIN/AFP

Lors de son séjour dans la capitale économique, l’opposant a été empêché de sortir de son hôtel pendant plus de 24 heures. Un nouvel épisode dans le bras de fer qui l’oppose aux autorités depuis la présidentielle de 2018.

Ce jeudi 2 décembre, c’est finalement sous escorte policière que l’opposant Maurice Kamto a été conduit vers la sortie de Douala, d’où il a pris la route pour Yaoundé. L’épilogue d’un séjour mouvementé, au cours duquel il aura été retenu dans son hôtel pendant plus de 24 heures et empêché de tout mouvement.

Le leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) est-il persona non grata dans la ville ? Le dispositif sécuritaire mis en place pour encadrer sa venue a en tout cas surpris. Maurice Kamto était arrivé à Douala le mardi 30 novembre. Selon les officiels du MRC, il avait deux objectifs : rencontrer les personnes toujours incarcérées dans le cadre des manifestations organisées en septembre 2020 et participer à une séance de dédicace de quatre de ses ouvrages.

Impressionnant dispositif sécuritaire

Au premier jour de sa visite, l’opposant s’est donc rendu à la prison centrale de Newbell, avant de tenir une réunion au siège de son parti dans le quartier Déïdo. Dans ce faubourg populaire de la ville de Douala, il a improvisé un meeting politique au cours duquel il a réclamé la libération de ses camarades, tout en réaffirmant à ses sympathisants son engagement pour « l’avènement d’une société démocratique au Cameroun ».

QUE CEUX QUI VEULENT LA BAGARRE SE PRÉPARENT À LA BAGARRE

« La voix que nous avons choisie est la meilleure, c’est celle d’un changement dans la paix et par les urnes, a-t-il lancé devant une foule conquise. Mais le fait d’avoir choisi la paix ne veut pas dire que nous fuyons la bagarre. Que ceux qui veulent la bagarre se préparent à la bagarre. »

La sortie n’est pas passée inaperçue. Le soir même, les autorités de la ville ont tenu une réunion de sécurité au cours de laquelle décision a été prise d’empêcher l’opposant d’aller à la rencontre de son public le lendemain. Présents ce soir-là, le délégué régional de la police et le commandant de la gendarmerie ont été chargés de la mise en application de cette décision.

Au matin du 1er décembre, un impressionnant dispositif sécuritaire composée de véhicules anti-émeutes, de nombreux policiers et de gendarmes était visible dans le quartier Bonapriso, devant le restaurant qui devait abriter la dédicace, mais aussi devant l’hôtel Vallée des princes, où séjournait l’homme politique.

Incarcération et résidence surveillée

Au milieu de la journée, Albert Dzongang, le conseiller de Maurice Kamto, a été autorisé à entrer dans l’établissement. Il lui a été demandé de dire à l’opposant qu’il pouvait quitter l’hôtel, mais uniquement pour retourner à Yaoundé, où se trouve sa résidence principale. La même consigne a été transmise à ses avocats, venus s’enquérir de sa situation. « Il nous a répondu qu’il s’en irait lorsque son séjour serait achevé, pas avant », a expliqué Me Fabien Kengne à la presse.

Ce n’est pas la première fois que Maurice Kamto est ainsi restreint dans ses mouvements. En 2020, entre la fin du mois de septembre et le mois de décembre, il avait – de fait – été placé en résidence surveillée pendant près de trois mois, sans qu’aucun motif officiel ne lui soit communiqué. L’année précédente, accusé d’atteinte à la sureté de l’État, le candidat malheureux à la présidentielle de 2018 avait passé près de neuf mois à la prison centrale de Kondengui. Avant d’être finalement libéré sur instruction du président Biya.

Avec Jeune Afrique par Frank Foute

Pas de bébés au parlement: les députés britanniques sont outrés

novembre 24, 2021

LONDRES — Plusieurs politiciens britanniques ont réclamé des modifications aux règles parlementaires mercredi, après qu’une députée eut été informée que son bébé de trois mois n’était pas le bienvenu à la Chambre des communes.

© Fournis par La Presse Canadienne

La parlementaire travailliste Stella Creasy a dit avoir reçu une lettre de la part des responsables de la Chambre des communes après avoir été accompagnée de son fils Pip lors d’un débat.

Elle a ajouté avoir précédemment emmené Pip et sa fille aînée au parlement sans problème, mais les règles auraient été modifiées en septembre. Les membres du Parlement sont maintenant informés qu’ils ne devraient pas «prendre votre siège dans la chambre lorsque vous êtes accompagné(e) par votre enfant».

Mme Creasy estime que ce règlement nuit à la conciliation entre la vie familiale et la carrière politique.

«Il y a des obstacles qui empêchent les mamans de s’impliquer en politique, et je pense que ça nuit à notre débat politique», a-t-elle dit à la BBC.

Le vice-premier ministre, le conservateur Dominic Raab, a déclaré avoir «beaucoup de sympathie» pour Mme Creasy, mais que la décision revient aux responsables de la Chambre des communes.

«Je pense que nous devons nous assurer que notre profession correspond au monde moderne, au 21e siècle, et qu’il est possible pour les parents de combiner leur travail avec le temps en famille dont ils ont besoin», a dit M. Raab.

La parlementaire Caroline Lucas, du Parti vert, a estimé que l’interdiction des bébés est «absurde». Elle a ajouté que les bébés sont «beaucoup moins dérangeants que les braiments de certains députés d’arrière-ban».

By The Associated Press

RDC-Manifestations publiques : le maire de Kinshasa refuse la marche du 27 novembre

novembre 22, 2021

Le gouverneur Gentiny Ngobila relève que le CALCC et le Milapro, signataires de la correspondance lui adressée pour l’organisation d’une marche pacifique, n’ont pas indiqué d’itinéraires et n’ont pas de personnalité juridique.

La lettre de Gentiny Ngobila

Réagissant à la correspondance du CALCC et du Milapro sur la marche du Bloc patriotique prévue pour le 27 novembre, le gouverneur de la ville-province de Kinshasa a refusé de prendre note de cette manifestation publique. « Je ne saurais prendre acte de votre requête », leur a-t-il dit.

Parmi les raisons qui ont poussé le gouverneur à refuser de reconnaître le droit du Bloc patriotique à cette manifestation, il y a notamment l’absence de la notification sur l’itinéraire. Gentiny Ngobila a fait également savoir que ces deux structures n’ont pas qualité pour lui écrire dans le cadre de ces manifestations publiques. Il souhaterait être saisi par les églises catholiques et protestantes auxquelles ces deux structures sont rattachées.

Le gouverneur a aussi motivé son refus par les atteintes physiques observées lors des manifestations similaires organisées dans le passé par le Bloc patroitique.

Il est rappelé que le Bloc patriotique a voulu organiser une autrre marche à cette date en vue de réclamer la dépolitisation de la centrale électorale et le retrait de la taxe sur le registre des appareils mobiles.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

Aurélie Jean – Pas de réseaux pour les ados : une question de méthode

octobre 4, 2021

CHRONIQUE. Interdire les réseaux sociaux aux plus jeunes, oui, mais comment ? La question, complexe, mérite de se pencher sur la technologie et ses usages.

Vous ne le savez sans doute pas, les reseaux sociaux sont interdits aux jeunes de moins de treize ans, sauf dans certains cas avec l'accord des parents.
Vous ne le savez sans doute pas, les réseaux sociaux sont interdits aux jeunes de moins de treize ans, sauf dans certains cas avec l’accord des parents.© ALI BALIKCI / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP

Dans une tribune publiée le 22 septembre dernier dans Les Échos, le philosophe Gaspard Kœnig défend à raison l’interdiction chez les moins de seize ans d’utiliser les réseaux sociaux. Connaissant les dérives ainsi que les conséquences psychologiques néfastes chez les jeunes, ce point de vue est raisonnable. Seulement, voilà, il cache un autre problème beaucoup plus complexe que le simple fait de décider l’interdiction : les moyens pour y parvenir, en vérifiant et en confirmant l’âge des utilisateurs. Pour tenter de résoudre cette énigme, il faut s’intéresser à la technologie, et aux usages de ces outils numériques, somme toute encore trop opaques et incompréhensibles pour la plupart d’entre nous.

Hypocrisie générale

Aujourd’hui, vous ne le savez sans doute pas, les réseaux sociaux sont interdits aux jeunes de moins de treize ans, sauf dans certains cas avec l’accord des parents. Un mineur ne dispose pas de la capacité juridique de contracter comme signer les conditions générales d’utilisation de TikTok ou Instagram. Cela étant dit, une certaine hypocrisie existe chez les propriétaires de ces plateformes, qui ne vérifient pas l’âge du nouvel utilisateur ou l’accord des parents, mais s’appuient sur la simple affirmation de la part du jeune. C’est ainsi que de nombreux mineurs s’enregistrent sous une fausse identité en mentant sur leur âge. Selon une enquête de 2021 de Génération numérique, il y aurait 63 % des moins de treize ans qui auraient au moins un compte sur un réseau social.

Certains profiteraient du débat de l’interdiction des réseaux pour les moins de 16 ans pour réaffirmer le besoin de faire disparaître la (pseudo-)anonymisation qui soulève bien des problèmes – comme une partie de la haine et du harcèlement en ligne – et de rediscuter de l’identité numérique sur les réseaux sociaux. Mais c’est écarter la nécessité de nombreuses personnes et de peuples de parler ou de s’informer librement et anonymement sur ces applications. En revanche, il faut réfléchir aux moyens techniques et, aussi, non techniques de prouver l’âge d’une personne – et s’assurer qu’elle a plus de 16 ans – sans passer par l’identification généralisée et systématique de tous les utilisateurs.

On peut construire et entraîner des algorithmes qui peuvent identifier des schémas de comportements propres de jeunes de moins de seize ans ou d’enfants sur les réseaux – types de commentaires, de comptes suivis, ou encore de posts aimés et partagés. Une alerte serait alors envoyée à la plateforme qui demanderait – en précisant la méthode algorithmique, et en s’excusant par ailleurs si c’est une erreur – à l’utilisateur une preuve de son identité et donc de son âge. Pour cela, deux niveaux de vérification sont possibles : l’authentification de niveau 1 par l’envoi d’une photo de la carte de lycéen ou équivalent – on rappelle que la carte d’identité n’est pas obligatoire – qui serait chiffrée et conservée pour d’éventuelles demandes judiciaires futures, et d’un code envoyé par la plateforme sur le téléphone portable du jeune ou d’un de ses parents. Il existe également une authentification de niveau 2 qui implique un appel sur un téléphone des parents, éventuellement en visioconférence, pour obtenir leur accord. Parmi les solutions non techniques, une fois l’alerte lancée, les plateformes peuvent également envisager de poser plusieurs questions à l’utilisateur que seuls des adolescents de plus de 16 ans peuvent répondre correctement et rapidement. Comme les noms des deux précédents présidents français de la République.

Système non infaillible

Encore une fois, des erreurs algorithmiques sont possibles, et il reste des manières chez les jeunes de contourner les règles (comme donner le numéro de téléphone d’un cousin complice ou encore faire une fausse carte de lycéen). Mais on détecterait une quantité significative de comptes illégalement créés tout en dissuadant les mineurs de s’enregistrer sous une fausse identité. Fournir une fausse pièce d’identité est bien plus grave en pratique dans l’esprit des gens que le simple fait de mentir sur son âge dans un formulaire.

Quoi qu’on en pense, les usages de la technologie ne se décident pas, ils se pratiquent, se confrontent à la réalité et s’améliorent au cours du temps. Tout en éduquant encore et toujours les mineurs des risques de ces réseaux, mais aussi les parents qui, pour la majorité d’entre eux, ne comprennent pas leurs fonctionnements.

Avec Le Point par Aurélie Jean

Musique: Werrason interdit de se produire à Paris par crainte de violences

septembre 21, 2021

Le concert de l’artiste congolais, prévu samedi dans la capitale française, a été interdit par les autorités, qui craignent des troubles graves à l’ordre public entre les opposants au régime de Kinshasa et les spectateurs.

« Ce concert s’inscrit dans un contexte politique particulièrement tendu et violent entre partisans et opposants au régime en place », a indiqué le préfet de police Didier Lallement, dans un arrêté publié lundi.

Selon les autorités, le concert suscite « une mobilisation croissante chez les opposants radicaux congolais de la diaspora installés en France » car Werrason est « considéré comme proche » de l’ancien président, Joseph Kabila, et de son successeur, Félix Tshisekedi.

Par ailleurs, le préfet a rappelé que l’artiste, l’un des plus populaires en République démocratique du Congo, avait déjà dû annuler deux concerts à Paris en 2011 « face aux menaces de troubles ». 

En février 2020, de violents incidents ont eu lieu en marge du concert à Paris de la star congolaise, Fally Ipupa, et la tension était encore vive entre les supporters du chanteur de rumba, considéré comme proche du pouvoir et les opposants politiques congolais. Le chanteur avait dû renoncer à son dernier concert prévu dans la salle parisienne de l’Olympia en 2017, déjà par crainte de débordements.

Avec AFP

RDC/Enjeux de l’heure : Joseph Kabila empêché de se rendre à Lubumbashi

décembre 5, 2020

Attendu le samedi 5 décembre à Lubumbashi où les cadres et militants du Front commun pour le Congo (FCC) entendaient lui réserver un accueil chaleureux, le sénateur Joseph Kabila Kabange n’a hélas pu effectuer le déplacement de la capitale cuprifère.

Life after power: Joseph Kabila, the gentleman farmer

Joseph Kabila Kabange

D’après des sources concordantes, l’interdiction de voyager lui aurait été signifiée, tôt le matin, à partir de son domicile à Kinshasa. Ceux de ses fidèles lieutenants qui étaient censés l’accompagner ont dû rebrousser chemin à l’instar de Kikaya Bin Karubi. L’instruction était ferme. « Aucune raison n’a été avancée quant à ce refus. On nous a dit si vous voulez, appelez le chef de l’État », a révélé l’ancien ambassadeur de la RDC en Grande Bretagne et cadre du FCC. Les démarches administratives amorcées que lui et les autres membres de la délégation ont effectué au niveau des services aéroportuaires s’étaient révélées vaines. Une fin de non recevoir leur a été réservée.

Le jet venu embarquer l’ex-président Joseph Kabila est rentré, sans son principal passager, après avoir subi une fouille systématique. Entre-temps, les spéculations vont bon train pour expliquer cette situation malencontreuse. Alors que des proches de l’ex-président dénoncent déjà une restriction de liberté de circuler – pourtant garantie par la Constitution -, imposée à leur mentor sur toute l’étendue du territoire nationale, certaines indiscrétions allèguent, sans trop de conviction, qu’il y a eu des fortes appréhensions quant à une conspiration éventuelle contre Félix-Antoine Tshisekedi à partir de Lubumbashi. Des milieux proches de la Présidence, on ne s’en cachait pas. Personne ne souhaitait, en effet, que Joseph Kabila se trouve à Lubumbashi, qui est son bastion naturel, après le discours du chef de l’Etat qui devrait faire des fortes annonces le week-end.

A contrario, d’autres sources allèguent que Félix Tshisekedi et son prédécesseur auraient convenu sur le report de ce voyage eu égard à la situation sociopolitique que traverse actuellement le pays. « Je crois que c’est une bonne chose qu’il ne soit pas parti aujourd’hui. Selon mes sources d’informations, c’est pour une raison noble », explique François Nzekuye, député PPRD. Et d’ajouter : « Il doit avoir un entretien important pour décrisper la situation. Le président honoraire va partir à Lubumbashi une autre fois. Les obligations d’Etat sont plus importantes que les voyages privés ».   Une façon de dire que le voyage raté de l’ex-président  Joseph Kabila dans le chef-lieu du Haut-Katanga ne peut donner lieu à aucune spéculation étant entendu que des contacts ont été rétablis entre le FCC et Cach au plus haut niveau, à en croire des sources généralement bien informées.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

Congo/Commune de Brazzaville : interdiction des réunions politiques sans autorisation de la tutelle

août 8, 2020

Le président du conseil départemental et municipal, Dieudonné Bantsimba, a invité les administrateurs-maires d’arrondissement, les chefs de quartier et les agents de la force publique à faire respecter les directives du ministère de l’Intérieur et de la décentralisation sur les réunions politiques.

 

Dieudonné Bantsimba et Privat Frédéric Ndeké ; les participants à la rencontre de Ouenzé/Adiac

2021 est une année électorale en République du Congo. A quelques mois de la tenue de l’élection présidentielle, le maire de Brazzaville qui a échangé cette semaine avec les administrateurs-maires et les responsables de quartier, les élus locaux ainsi que de la force publique dans les arrondissements 2 Bacongo, 8 Madibou, 3 Poto-Poto, 5 Ouenzé, 6 Talangaï et 9 Djiri a appelé tout le monde à la vigilance.

« Vous devez redoubler de vigilance en cette période pré-électorale pour lutter contre le banditisme. Les administrateurs-maires doivent être très regardants et faire respecter les directives de la tutelle sur les réunions politiques. Pas de réunions politiques sans autorisations délivrées par les autorités habilitées », a martelé Dieudonné Bantsimba, précisant qu’il existe plusieurs associations politiques non réglementées qui exercent dans la ville.

Insistant sur la cohésion sociale qui devrait régner dans les différents arrondissements de Brazzaville, le président du Conseil départemental et municipal a exhorté les acteurs à s’impliquer dans la gestion de la ville. Il a aussi dénoncé les mauvaises pratiques observées actuellement dans les administrations municipales, notamment la corruption et la délivrance de faux actes d’état-civil.

Les différents acteurs devraient également lutter contre l’occupation anarchique du domaine public, l’extension illégale des marchés domaniaux, les nuisances sonores dues à la prolifération des églises et la mauvaise gestion des eaux usées. L’autre phénomène décrié par Dieudonné Bantsimba concerne l’occupation abusive des rues par les citoyens lors des veillées mortuaires et la pose des banderoles annonçant les veillées sans autorisation de la mairie. « Impliquer dans l’action municipale pour que tous ces maux puissent disparaître.  L’occupation du domaine public est réglementée et nous allons appliquer la réglementation en vigueur, en déguerpissant de façon digne tous ceux qui l’occupent anarchiquement », a promis le maire.

Partout où il est passé, Dieudonné Bantsimba a présenté les axes prioritaires du programme d’activités 2020 de la commune de Brazzaville, qui se résument en termes d’assainissement. Ainsi, chaque arrondissement a au moins deux projets les concernant. C’est le cas du reprofilage des routes en terre surtout dans les quartiers périphériques, le pavage des avenues et rues, le traitement des érosions et le curage des caniveaux et collecteurs.

Ainsi, les doléances des administrateurs-maires ont tourné autour du manque de sièges fiables, la formation du personnel, l’enclavement, le banditisme et l’absence d’éclairage public dans plusieurs quartiers. « Nous prenons acte de vos doléances. Nous voulons faire de l’équité territoriale, c’est-à-dire, tous les arrondissements seront traités de façon équitable. Des projets seront exécutés de façon correcte pour éviter que les chantiers puissent rester inachevés », a-t-il laissé entendre.

 

Avec Adiac-Congo par Parfait Wilfried Douniama

Coronavirus : le Maroc isole huit villes, dont Marrakech

juillet 26, 2020

Les autorités marocaines ont décidé d’interdire à partir de lundi les déplacements de et vers huit villes du pays dont Casablanca, Marrakech et Tanger, à cause d’une «hausse considérable» ces derniers jours des cas de contamination au coronavirus.

Cette décision annoncée ce dimanche 26 juillet intervient à quelques jours de l’Aïd al-Adha, une fête traditionnellement marquée par des réunions familiales. Elle entre en vigueur lundi jusqu’à nouvel ordre, selon un communiqué conjoint des ministères de l’Intérieur et de la Santé.

L’interdiction des déplacements a été prise «en raison de la hausse considérable des cas de contamination» à la maladie Covid-19 et «au regard du non-respect par la majorité des citoyens des mesures de prévention -distanciation sociale, port du masque-», selon le texte.

Elle concerne huit villes, dont la capitale économique Casablanca (ouest), la capitale touristique Marrakech (sud), Tanger (nord), le deuxième pôle économique du royaume, et Fès (centre).

20.278 cas, 313 décès

Le Maroc avait annoncé il y a une semaine un nouvel allègement des mesures de confinement mais les derniers jours ont été marqués par des cas record de contamination: 811 samedi et 633 dimanche. Le nombre total des cas officiellement enregistrés dans le pays est de 20.278, dont 313 décès.

Samedi, le ministre de la santé Khalid Ait Taleb a appelé à «éviter les visites inutiles et les contacts physiques et à veiller au respect des mesures de prévention lors des rassemblements familiaux» pendant l’Aïd al-Adha, la fête musulmane du sacrifice prévue cette année à partir du 31 juillet.

Le ministère de l’Intérieur a noté un «relâchement de certains individus» dans le port du masque obligatoire au Maroc, affirmant dans un communiqué que les autorités «n’hésiteront pas à appliquer les sanctions prévues par la loi». Les peines vont jusqu’à trois mois de prison et/ou jusqu’à 1.300 dirhams d’amende (115 euros).

Le Maroc autorise depuis juin l’ouverture des cafés, restaurants, commerces et le tourisme intérieur mais l’état d’urgence sanitaire a été prolongé jusqu’au 10 août.

Par Le Figaro avec AFP

Coronavirus/Maroc: interdiction de quitter Tanger pendant l’Aïd al-Adha

juillet 23, 2020

 

Les autorités marocaines ont décidé d’interdire les déplacements hors de la ville de Tanger pendant l’Aïd al-Adha, fête traditionnellement marquée par des réunions familiales, pour réduire les risques de contagion au nouveau coronavirus. Selon une note de la confédération patronale (CGEM) publiée jeudi 23 juillet, «les opérateurs économiques ont été informés qu’il serait strictement interdit de quitter la ville de Tanger (nord-ouest) pendant la période de l’Aïd al-Adha», la fête du Sacrifice prévue cette année à partir de fin juillet.

Il a donc été demandé aux entreprises locales de ne pas délivrer d’autorisation de circulation à leurs employés pour cette période, précise la note diffusée après une réunion à la préfecture locale. Après l’apparition de nouveaux foyers de contamination de la maladie Covid-19, les autorités avaient annoncé le 13 juillet un reconfinement sévère dans le grand port de Tanger (environ un million d’habitants), avant d’assouplir les mesures face aux protestations de la population.

18.000 contamination pour 285 décès

La région de Tanger est celle qui compte le plus de cas actifs au Maroc. Selon le dernier bilan du ministère de la Santé, environ 18.000 contaminations ont été recensées dans l’ensemble du pays, dont 285 décès. Plusieurs foyers de contamination ont été en outre enregistrés ces dernières semaines dans les zones industrielles du royaume. Pour tenter de juguler la pandémie, les autorités ont déjà fermé 514 unités de production pour «non respect des mesures sanitaires», selon les derniers chiffres officiels.

Dimanche, le chef du gouvernement Saad-Eddine El Othmani a appelé la population à limiter ses déplacements pendant l’Aïd afin de «célébrer la fête sans danger et sans contamination». Après trois mois de confinement, sous haute surveillance policière, un certain relâchement face aux mesures préventives -port du masque, distanciation physique- est apparu dans plusieurs villes du Maroc malgré les avertissements répétés des autorités, selon les médias locaux.

Par Le Figaro avec AFP

En Gambie, la reconquête du « droit à la dépigmentation » ?

juillet 20, 2020

 Damien Glez

© Damien Glez

 

La dépigmentation est-elle un droit de l’homme ? En Gambie, son interdiction pourrait cacher d’autres maltraitances faites aux femmes. Les députés en débattent…

Faut-il vraiment souffrir pour être beau ? Mais qu’est-ce qu’être « beau » ? La femme, en particulier, doit-elle disposer de son corps, y compris lorsqu’il s’agit de mutiler celui-ci ? Les autorités médicales n’ont de cesse d’alerter sur les risques de la dépigmentation volontaire qui fait toujours fureur dans des pays comme le Togo, le Sénégal ou le Mali.

En fonction des produits employés – qui vont de la cortisone à l’eau de javel –, le « khessal » ou le « tchatcho » peuvent conduire à des dermatophytes, de la gale, des folliculites, des vergetures, de l’acné, voire à un cancer de la peau.

C’est cet état de fait qui avait conduit un gouvernement de Yahya Jammeh à réprimer la décoloration artificielle de la peau. En 1996, une loi introduisait dans la législation gambienne une interdiction d’importation et d’usage de produits éclaircissants. Depuis lors, des amendes de 400 et 100 dollars frappent respectivement les importateurs et les usagers.

Le drapeau du féminisme

Presque un quart de siècle plus tard, pourquoi les députés gambiens ont-ils ouvert un débat, le 16 juillet dernier, sur un texte visant à abroger la loi de 1996 ? Avant tout argument, certaines femmes, comme la députée Sainey Touray, refusent de « soutenir quelque chose qui est néfaste à la santé ». Elles dégainent des arguments sanitaires de bon aloi, mais aussi le discours sur le néfaste complexe de jeunes filles mues par le fantasme de peaux en apparence métissées. La quête de la peau diaphane confinerait, sur le plan moral, à un reniement identitaire lui-même résidu d’un traumatisme postcolonial et du phénomène de colorisme.

Pour éteindre des accusations de conflits d’intérêt présumé ou de libéralisme aveugle, les tenants de la modification de la loi gambienne brandissent, eux aussi, le drapeau du féminisme. Tout autant qu’elle va dans le sens d’une certaine sécurité de la femme, l’interdiction du blanchiment de la peau ferait courir des risques à celle-ci. Comme l’argumente le député Halifa Sallah, des hommes abuseraient de certaines demoiselles, après avoir menacé de les dénoncer parce qu’elles se seraient éclairci la peau.

Double peine ou triple peine ? Déjà physiquement meurtries par les produits de dépigmentation, des femmes se retrouvent entre le marteau du chantage à la délation et l’enclume d’interpellations elles-mêmes sources de corruption sexuelle. La dépigmentée présumée n’échapperait à la pression de l’un que pour tomber dans la gueule d’un prédateur…

Quel que soit l’avenir des législations africaines réglementant la vente de produits de dépigmentation, le commerce de la peau « blanche » pourra continuer au… noir, des prétextes pathologiques divers pouvant être opposés au flagrant délit d’acné ou de vergeture. Seule l’éducation pourra durablement résoudre la source du phénomène : les canons de beauté pervertis.

Avec Jeune Afrique par  Damien Glez

Damien Glez est dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè