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Voyager sur le toit des trains, le dangereux phénomène qui prend de l’ampleur sur Internet

août 29, 2022
Un jeune homme est debout sur un wagon dans l'Ouest canadien.

Les adeptes de cette activité se filment avec des caméras afin de publier leur périple sur Internet. Photo : James

Dans le monde entier, des jeunes se filment en train de monter sur des wagons de marchandises ou de voyageurs. Certains s’y adonnent sur les 43 000 km de chemins de fer du Canada ou même sur des rames de métro. Comment expliquer cette tendance? Quels sont les risques?

Le jour de la fête du Canada, en juillet dernier, des images circulant sur Internet donnaient le vertige. On y voit des individus masqués portant des drapeaux du Canada marcher sur le toit d’une rame du métro de Toronto à pleine vitesse.

Arrivés à la station suivante, ils s’échappent en courant. Depuis, les autorités enquêtent pour retrouver les auteurs de cette vidéo.

Une personne couchée sur le toit d'une voiture du métro de Toronto, en juillet 2022.

Un jeune homme allongé sur la rame d’un métro de Toronto, à la station Kennedy. Photo : Facebook

Monter sur un train en marche, une pratique appelée train surfing en anglais, est illégal et extrêmement risqué, mais ce n’est pas nouveau.

Cela existe depuis que les trains existent, explique Taissa Hrycay, de l’organisme Opération Gareautrain. C’est une tendance qui se poursuit avec les réseaux sociaux. On va en entendre parler plus souvent.

Le côté spectaculaire de l’activité intrigue en effet les internautes. Plusieurs vidéos filmées en Europe et offertes sur le site YouTube dépassent le million de vues.

Rencontre avec un adepte de cette pratique

James est déjà monté sur une dizaine de trains aux États-Unis. En août, ce jeune Américain visite l’Alberta pour la première fois dans un but bien précis : grimper sur un train de marchandises à Calgary pour se rendre 400 kilomètres plus loin à Revelstoke, en Colombie-Britannique.

L’attrait touristique pour les beaux paysages de l’Ouest fait de la région une destination aimée par les surfeurs de train, selon James. Il a accepté de nous parler à condition de protéger son identité.

Je ne fais de mal à personne, dit-il, le visage caché, assis sous un pont. Je ne dégrade pas les trains et je ne perturbe pas leur trajet. Je fais juste cela pour m’amuser et profiter d’un voyage gratuit, en toute liberté.

Même si c’est illégal, James filme ses périples afin de diffuser ses vidéos sur les réseaux sociaux en espérant obtenir assez d’abonnés pour gagner de l’argent grâce aux publicités et aux dons. Il dit être conscient du danger.

Deux de mes amis sont morts en voyageant sur des trains. C’est dangereux, et je le répète dans mes vidéos en demandant aux gens de ne pas reproduire ce que je fais, explique-t-il.

Les risques ne valent pas les vues sur les réseaux sociaux. C’est extrêmement dangereux, rappelle Taissa Hrycay. Il y a beaucoup de cas d’accidents à New York et en Europe, notamment d’électrocution.

En juin 2018, un Australien de 25 ans a dû être amputé à la suite d’une chute, près de Revelstoke, en Colombie-Britannique. Deux ans auparavant, une adolescente de 13 ans, Kennedy Rhodes, a perdu la jambe gauche après un accident similaire à Calgary.

La chasse aux J’aime

L’intérêt pour cette quête de l’adrénaline en dit beaucoup sur notre société, dit André Mondoux, sociologue spécialiste des technologies numériques et des réseaux sociaux et professeur à l’Université du Québec, à Montréal.

Ce phénomène est le symbole d’une société où la notion d’efficacité et de productivité est partout, dit-il. De nos jours, c’est la chasse aux Likes qui prime.

Il y a un impératif commercial. Plus il y a de likes, plus les publicités valent cher , selon André Mondoux, et plus rapidement le créateur de contenus pourra atteindre la liberté économique, à condition de produire des vidéos qui font réagir.

La mode du train surfing sur Internet est aussi liée à la montée de l’individualisme. Se mettre soi-même à l’honneur n’est plus péché d’ego ou de narcissisme comme il y a 50 ans. Aujourd’hui, c’est une norme, même s’il est question de promouvoir une activité dangereuse.

Le Canada compte plus de 43 000 kilomètres de chemin de fer.

PHOTO : RADIO-CANADA / AXEL TARDIEU

Au Canada, les contrevenants risquent des amendes pouvant aller jusqu’à 50 000 $ pour intrusion sur une propriété où se trouvent des lignes de chemin de fer, selon Opération Gareautrain. Ces 10 dernières années, l’organisme a comptabilisé 1062 incidents, 685 décès et 305 blessures graves dus à des intrusions.

Depuis son périple dans l’Ouest canadien, James est retourné chez lui, dans le centre des États-Unis. Il prévoit de partir grimper à nouveau sur des trains en Europe dans les prochaines semaines.

Avec Radio-Canada par Axel Tardieu

Guerre en Ukraine : l’Internet russe est-il coupé du monde ?

mai 2, 2022

En février, la guerre semblait annonciatrice d’une scission de l’Internet. Pourtant, deux mois plus tard, le réseau semble avoir résisté.

Guerre en Ukraine : l'Internet russe est-il coupe du monde ?
Guerre en Ukraine : l’Internet russe est-il coupé du monde ?

Deux mois après le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, Internet semble avoir été scindé en deux. Tandis qu’un certain nombre de plateformes et de réseaux ont banni les comptes proches du pouvoir russe, la Russie a, elle, restreint l’accès à la plupart des réseaux sociaux non russes. Les Russes se sont rabattus sur VK (équivalent de Facebook) et Télégram. Le phénomène de balkanisation de l’Internet, également appelé splinternet, semble avoir eu lieu ; l’Internet russe paraît aujourd’hui hors d’accès. Pourtant, la Russie n’est pas encore complètement coupée du monde.

« D’un point de vue technique, cela ne serait pas trop difficile pour la Russie de simplement couper Internet au-delà de ses frontières : il n’y a que 12 points de liaison environ entre son réseau Internet et le reste du monde », explique Kieron O’Hara, enseignant-chercheur à l’université britannique de Southampton, et coauteur du livre Four Internets : Data, Geopolitics, and the Governance of Cyberspace. Toutefois, il considère que, si la Russie était amenée à se couper du monde, le système s’écroulerait rapidement : « Internet aujourd’hui est tellement interconnecté que le fonctionnement de tout site repose sur des données du monde entier. » En 2019, la Russie a annoncé avoir réussi à isoler complètement son Internet du reste du monde pendant plusieurs heures sans souci de fonctionnement. « Je ne connais évidemment pas les détails, mais je n’ai jamais croisé personne qui croit à cette histoire », note le chercheur.

Cela ne veut pas pour autant dire que la Russie ne sera jamais capable de se couper du monde. En effet, lorsque la Russie envahit la Crimée en 2014, le Kremlin se rend rapidement compte que tout lien de dépendance avec l’Europe ou les États-Unis pourrait lui porter fortement préjudice. Internet fait partie des domaines dans lesquels le pays tente alors de devenir le plus indépendant possible. Le développement de tous les domaines liés à la technologie est fortement encouragé, des réseaux sociaux aux semi-conducteurs. Les sites gouvernementaux et moyens de paiement sont rendus nationaux autant que possible. Les réseaux de propagation d’information sont occupés par les pouvoirs publics afin de pouvoir les influencer. « Si l’on ajoute à cela le fait que les Russes ne parlent généralement que le russe, et que le nationalisme est très fort dans le pays, il ne serait pas très compliqué de convaincre beaucoup de Russes qu’un Internet plus petit et peut-être de moins bonne qualité serait un prix acceptable à payer pour rétablir une fierté nationale », explique Kieron O’Hara.

Cette idée pour un pays de se couper du reste d’Internet n’est pas nouvelle. « En Chine, la séparation avec le reste du monde est bien plus avancée. Tout élément entrant ou sortant de Chine passe à travers le Grand pare-feu de Chine, une sorte de bouclier virtuel géant », rappelle Winston Maxwell, le directeur d’études en droit et numérique à Télécom Paris. « Les Chinois savaient depuis le début qu’Internet allait être un problème pour eux. La Russie ne l’a pas vu venir et tente maintenant de rattraper son retard, mais pour l’instant ils sont encore loin de la technicité chinoise », souligne toutefois Kieron O’Hara.

D’une certaine manière, les réactions européennes et américaines à la guerre en Ukraine ont aidé la Russie à être plus indépendante. Probablement encouragé par la vague de départs massifs d’entreprises de Russie, le fournisseur d’accès à Internet Cogent Communications, l’un des leaders mondiaux dans ce domaine, a annoncé début mars qu’il arrêterait de desservir ses clients russes. Il a ensuite été suivi entre autres par Lumen, un autre acteur important sur le marché.

L‘Internet Society, une association américaine en faveur d’un Internet le plus libre possible a publié plusieurs communiqués mettant en cause ces décisions : « À court terme, les individus perdront l’accès à une bouée de sauvetage vitale pour la sécurité et l’exactitude des informations. À long terme, des actions compromettant la nature apolitique du réseau diviseraient l’Internet selon des lignes géopolitiques et modifieraient de manière irréversible l’Internet que nous connaissons aujourd’hui. »

Kieron O’Hara tient toutefois à souligner le positif : pour l’instant, nous n’en sommes pas encore là. « La diversité des acteurs d’Internet – secteur public, secteur privé, organisations à but lucratif ou non, gouvernements, ONG – a permis à Internet de ne pas être scindé. Ce que nous avons vécu et que nous continuons de vivre est une très grosse épreuve, mais jusqu’à présent Internet a résisté. »

D’après lui, le plus gros défi aura lieu si on se retrouve un jour dans une situation similaire, face à la Chine : « Sur l’île de Taïwan se trouve l’industrie de semi-conducteurs qui a le plus de valeur au monde. La situation serait alors très différente de celle d’aujourd’hui si on était amené à exercer une pression sur la Chine. Je ne sais pas si Internet y survivrait. »

Avec Le Point par Ava Luquet

Canada-Réfugiés ukrainiens : Ottawa doit ouvrir une procédure Internet dès aujourd’hui

mars 17, 2022

Des réfugiés fuyant la guerre en Ukraine arrivent au poste-frontière de Medyka, en Pologne. Photo: AP /Daniel Cole

Immigration Canada doit ouvrir dès aujourd’hui un portail Internet pour permettre aux Ukrainiens qui fuient la guerre de demander une autorisation de voyage d’urgence vers le Canada où ils pourront trouver refuge pour trois ans.

La durée initiale du séjour d’urgence, qui devait être de deux ans, a été prolongée d’un an par Ottawa.

Selon nos informations, ce portail doit être ouvert cet après-midi par Immigration Canada qui a annoncé le lancement de ce programme il y a deux semaines pour venir en aide aux milliers d’Ukrainiens qui ont dû fuir l’invasion russe en gagnant les pays limitrophes.

Rappelons que l’autorisation de voyage d’urgence vers le Canada prévoit l’accueil de réfugiés ukrainiens en sol canadien pour une période initiale de deux ans. Pendant leur séjour au pays, les Ukrainiens bénéficieront d’un permis de travail, d’un permis d’études ainsi que d’un accès à des soins de santé. Au Québec, ils auront notamment accès à la RAMQ, à un permis de conduire ainsi qu’aux services de garde subventionnés.

Il ne leur suffira cependant pas que de remplir un formulaire Internet et de monter dans un avion pour entrer au Canada.

Le visa reste obligatoire

L’obligation de se procurer un visa demeure en vigueur jusqu’à nouvel ordre. Pour obtenir ce visa, les Ukrainiens qui veulent venir ici devront préalablement fournir aux autorités canadiennes des données biométriques afin d’établir leur identité et rencontrer un représentant du gouvernement canadien sur place.

Pour ce faire, les réfugiés devront se rendre dans une ambassade, un consulat ou un centre de visas canadiens. Des bureaux ont été aménagés à cette fin notamment à Vienne, à Varsovie et à Bucarest. Les heures d’ouverture de ces bureaux pourraient être prolongées au besoin.

Les Ukrainiens qui ne sont pas vaccinés contre la COVID-19 pourront aussi trouver refuge au Canada, mais ils devront respecter certaines conditions très strictes, notamment d’être testés plusieurs fois après leur arrivée au Canada.Des réfugiés, en habits et manteaux d'hiver, attendent en file. Autour d'eux, des tentes et des déchets.

Des réfugiés ukrainiens attendent des autobus après avoir traversé la frontière de la Pologne le 7 mars 2022. Photo : Getty Images/Louisa Gouliamaki

Selon Justin Trudeau, qui était questionné hier sur les délais de traitement des demandes de voyage d’urgence vers le Canada, il faudra prévoir jusqu’à deux semaines avant de recevoir le visa qui permet de se prévaloir d’un voyage d’urgence au Canada.

Beaucoup de Canadiens, dont plusieurs d’origine ukrainienne, ont fait part ces dernières semaines de leur volonté d’accueillir et de parrainer des familles ukrainiennes qui fuient la guerre et qui ont dû trouver refuge dans les pays limitrophes de l’Ukraine. Ces pays doivent gérer un flux migratoire de plus de trois millions de personnes, dont deux millions seulement en Pologne.

Dans la mesure où cette procédure accélérée d’accueil de réfugiés ukrainiens a été annoncée il y a deux semaines, il se sera écoulé au total environ un mois avant que le Canada n’accueille ses premiers réfugiés.

Avec Radio-Canada

France-Pass sanitaire : le QR code d’Emmanuel Macron fuite sur Internet

septembre 21, 2021

Les pass sanitaires de deux têtes de l’exécutif circulent désormais sur Internet, après la fuite du QR code de Jean Castex il y a quelques jours, révèle Europe 1.

Une femme presente son pass sanitaire (Illustration).
Une femme présente son pass sanitaire (Illustration).© Mourad ALLILI / MAXPPP

Quelques jours après la diffusion en masse du QR code du Premier ministre Jean Castex, c’est au tour du président de la République de connaître la même mésaventure. Le pass sanitaire attribué à Emmanuel Macron circule en effet abondamment sur les réseaux sociaux depuis lundi 20 septembre 2021, révèlent nos confrères d’Europe 1 ce mardi, qui affirme avoir reçu la confirmation par l’Élysée qu’il s’agit bien du code du chef de l’État. Les informations concernant la date d’anniversaire du président né le 21 décembre 1977 ainsi que le vaccin utilisé, une dose de Pfizer, sont correctes.

D’après l’Élysée, des soignants seraient à l’origine de la fuite. Ces derniers ont en effet accès depuis septembre aux données médicales de tous les Français vaccinées, dont celles d’Emmanuel Macron. « Ce système fonctionne, mais il y a eu une « faille déontologique » de la part d’un ou de plusieurs professionnels de santé. Quelqu’un a fait une impression du QR Code et l’a fait circuler volontairement ou par négligence », a indiqué l’Élysée à BFMTV.

« Promis, je l’ai obtenu de manière légale »

Cette fuite intervient trois jours après la diffusion du QR code de Jean Castex sur Twitter. Mathis Hammel, spécialiste en sécurité informatique, affirmait, photo à l’appui, disposer du pass sanitaire du locataire de Matignon. « Promis, je l’ai obtenu de manière légale et je n’en ferai pas n’importe quoi, appelez-moi si vous voulez un coup de main en cybersécurité », commentait-il sur la célèbre plateforme de microblogging. Mathis Hammel était parvenu à mettre la main sur ce précieux sésame grâce à un cliché montrant Jean Castex en train de présenter son pass sanitaire dans un Ehpad de Clamart (Hauts-de-Seine) le 13 septembre dernier.

En plus de violer le secret médical, ces fuites peuvent permettre à une personne mal intentionnée d’utiliser le QR code d’une personne vaccinée, en l’occurrence ceux du président de la République et du Premier ministre, pour déjouer les mesures de restrictions mises en place et se rendre dans des lieux publics fermés aux non-vaccinés. L’Élysée a indiqué à Europe 1 qu’il allait prendre des « dispositions particulières » afin de limiter les conséquences néfastes de la publication du pass sanitaire du président.

Par Le Point avec AFP

Internet mobile : Congo, RDC, Côte d’Ivoire… Dans quels pays la data est-elle la plus chère ?

juillet 11, 2021
La GSMA, lobby mondial des télécoms, constate une baisse du prix moyen des terminaux mobiles sur le continent en 2019.

Malgré l’installation de câbles sous-marins pour connecter le continent, le prix d’un giga de données mobiles reste en moyenne très élevé. État des lieux.

Si la fracture numérique se réduit en Afrique, le coût d’internet a, lui, du mal à baisser. Le 30 juin, le dernier tronçon du câble sous-marin Africa Coast to Europe (ACE), qui relie la France à l’Afrique du Sud en connectant une dizaine de pays africains, dont le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Ghana, a été mis en service.

Dernier exemple en date de la progression de la couverture internet en Afrique, ce câble, long de 17 000 km, a représenté un investissement de 700 millions de dollars réalisé par un consortium de 20 membres, dont le groupe français Orange, qui a contribué à hauteur de 250 millions de dollars.

Malgré cette bonne nouvelle, et le développement de câbles sous-marins reliant le continent, seul 29 % des Africains ont accès à internet, contre 45 % des habitants en Asie, selon le dernier rapport publié par l’Alliance for Affordable Internet (A4AI) en décembre 2020.

Chaque année, l’initiative hébergée par la Web Foundation et dirigée par Sonia Jorge collecte les données des forfaits prépayés les moins chers par pays pour les services de haut débit selon le modèle de prix fournit par l’Union internationale des télécommunications (UIT).

5 dollars pour un giga de données

En 2020, le prix médian d’un giga de données mobiles en Afrique s’élevait à plus de 5 dollars contre près de 7 dollars en 2018, soit une baisse de -28 % explique A4AI. À titre de comparaison, il fallait compter 3,5 dollars pour un giga au sein de l’Union européenne en 2020 (4,1 dollars en 2018).

Si l’on observe une baisse significative des prix moyens des données haut débit, les différences de tarif d’un pays à l’autre demeurent très importantes.

Ainsi, en Guinée équatoriale, il faut débourser 35 dollars pour obtenir un giga de données mobiles, soit le tarif le plus cher au monde, selon les chiffres de l’Alliance for Affordable Internet. Pourtant, le pays est relié à trois câbles sous-marins de fibre optique.

Plusieurs raisons expliquent ce prix. Avec un parc de clients restreint, 1,3 million d’habitants en 2019, le coût d’installation des infrastructures est plus difficile à amortir. Aussi, la compagnie Getesa, détenue à 60 % par l’État, est l’opérateur principal du pays, traduisant un manque de concurrence qui fait inévitablement augmenter les prix.

C’est ensuite en Libye que l’on trouve les tarifs les plus élevés, avec un giga de données mobiles coûtant 11,4 dollars, puis en Centrafrique (10,4 dollars), au Tchad (8,64 dollars), au Congo Brazzaville (8,47 dollars) et au Togo (8,4 dollars).

En RDC, il fallait débourser 8 dollars pour un giga de données mobiles en 2020, contre 10,7 dollars l’année précédente (-25 %).

En 2019, le gouvernement a défini une stratégie de développement numérique à l’horizon 2025. Or la taille du pays le rend peu attractif pour les opérateurs. « Il est généralement plus difficile d’installer et de maintenir un réseau dans les régions vastes et pauvres car la rentabilité pour les opérateurs est moins intéressante », avait déclaré Teddy Woodhouse, directeur de recherche pour l’A4AI, lors d’une interview accordée à Jeune Afrique en décembre 2020.

Prix d’un giga de données mobiles en 2020

Soudan et Maroc, champions des petits prix

À l’inverse, parmi les pays africains où les prix d’internet sont les plus faibles, on retrouve le Soudan avec 0,9 dollar le giga de données haut débit, suivi de l’Égypte (1,3 dollar) puis du Maroc (2 dollars), du Rwanda (2,1 dollars) et du Cameroun (2,2 dollars). En Algérie, il faut compter 2,3 dollars, au Sénégal 3,28 dollars et en Côte d’Ivoire 4,8 dollars.

Au Maroc, le prix est passé de 2 dollars en 2019 à 5 dollars en 2020, soit une baisse de -61 %, selon les chiffres de l’A4AI, résultat notamment de la stratégie Maroc Digital 2020 centrée sur la transformation numérique et la réduction de la fracture digitale dans le pays.

Outre les différences régionales, les prix sont plus faibles en Afrique de l’Est et de l’Ouest qu’en Afrique centrale et australe, les prix de la data peuvent également diverger entre deux pays voisins. Ainsi, selon l’A4AI, le Tchad est l’un des pays les plus chers avec 8,4 dollars le giga. Son voisin nigérian est, au contraire, l’un des moins chers : le giga de data y est vendu à 2,7 dollars.

Internet abordable dans seulement 14 pays

Pour les Nations unies, l’accès à internet est abordable lorsque le coût d’un giga est inférieur à 2 % du revenu mensuel brut. Or sur le Continent, il est de 5,7 % contre 2,7 % en Amérique du Sud et 1,6 % en Asie-Pacifique. De fait, « seuls 14 des 48 pays africains participant au classement ont un accès à internet abordable », résume le rapport.

Ainsi, d’après A4AI, en Centrafrique, un giga représente 24,4 % du revenu mensuel. En RDC, cela représente 20,6 % du revenu et au Tchad et au Togo, 15 %. À l’inverse, il équivaut à seulement 0,5 % du revenu mensuel à Maurice, 0,8 % en Algérie, 1,3 % au Gabon et 1,4 % au Ghana.

Avec Jeune Afrique par Solène Benhaddou

Canada: Au moins une personne racialisée sur deux a subi du racisme sur internet

mars 21, 2021

VANCOUVER — Sept Canadiens sur dix s’inquiètent du degré de racisme au pays, selon un sondage réalisé par la firme Léger pour l’Association d’études canadiennes. Cette préoccupation est partagée par les trois quarts des répondants âgés de 18 à 34 ans.

Plus inquiétant: un membre des minorités visibles sur deux dit s’être senti attaqué par des commentaires haineux sur les médias sociaux. Près de 60 % disent avoir été lu des propos haineux en ligne.

La publication de ce sondage coïncide avec la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale.

Selon le président de l’Association d’études canadiennes, Jack Jedwab, les gens exposés à des commentaires haineux sur internet sont plus susceptibles de s’inquiéter du racisme. 

«Ce ne sont pas tant les incidents violents observés au cours de la dernière année ayant attiré une attention médiatique considérable qui alimentent les inquiétudes des gens face au racisme, dit-il. C’est aussi le fait que les gens sont témoins de l’ampleur croissante de ce phénomène sur les médiaux sociaux.»

Le sondage indique qu’un répondant sur trois reconnaît avoir une opinion négative des musulmans, un sur cinq n’estime pas les Autochtones et un sur sept pense du mal des Chinois, des Juifs ou des immigrants.

Les personnes qui n’ont jamais rencontré de membres de ces groupes sont plus susceptibles d’avoir une mauvaise opinion d’eux, ce qui laisse sous-entendre que les médias sociaux jouent un rôle dans ce racisme, croit M. Jedwab.

«Elles obtiennent des informations sur les médias sociaux concernant ces groupes. Le résultat, malheureusement, est qu’ils ont des opinions négatives ou préjudiciables.»

Le sondage auprès de 1514 Canadiens a été mené en ligne du 12 au 14 mars. On ne peut pas lui attribuer de marge d’erreur, car les sondages sur l’internet ne sont pas considérés comme des échantillons aléatoires.

Avec Laura Dhillon Kane, La Presse Canadienne

Internet : Akwa Mossé lance la connexion gratuite à Makoua

novembre 20, 2020

Réunis au sein de l’association Akwa Mossé, des jeunes congolais issus de la diaspora pour certains et d’autres vivant à Brazzaville ont procédé, le 10 novembre, à Makoua, dans le département de la Cuvette, à la connexion internet gratuite au centre culturel de cette ville. Cette initiative entend permettre aux élèves de cette localité de faire des recherches dans le cadre de leurs études mais aussi de s’ouvrir au monde tout simplement.

Les membres de l’association Akwa Mossé

« Notre association Akwa Mossé a été créée en 2014, avec pour objectif de promouvoir la culture des Akouas et de venir en aide aux personnes qui ont besoin de soutien. Nous avons depuis notre création fait des dons à la maternité de Makoua, pris en charge la scolarité de nombreux élèves et fait des cadeaux aux enfants de Makoua à l’occasion de nombreuses fêtes de Noël par exemple. Dès que nous le pouvons, nous faisons des cotisations pour agir et honorer nos ancêtres », a souligné Marien Fauney Ngombe, président de l’association.

Amoureux de cette localité et de son histoire qu’ils portent en eux, les membres de l’association usent de ces différentes actions pour exprimer leur appartenance à ladite ville. « Nous avons grandi avec les histoires relatant les legs du mysticisme de nos ancêtres et les combats de certains résistants Akouas également. A plusieurs égards, cette localité nous transcende », a-t-il poursuivi. Et d’ajouter : « Il est important que nous donnions de la visibilité et de la force à nos communes et à nos départements. Célébrons leurs caractères singuliers pour le bien du CongoC’est en souhaitant que Makoua soit fort, que Boko soit rayonnant, que Hinda soit prospère que le Congo tout entier sera gagnant

A court terme, les membres de l’association envisagent d’équiper le Centre culturel de Makoua de nouveaux bouquins car « la grande bataille à mener est culturelle et mémorielle aujourd’hui ». A cet effet, l’édition d’un recueil de citations Makoua traduites en français est en cours, pour qu’au-delà des frontières congolaises les gens comprennent les valeurs Akouas.

Avec Adiac-Congo par Sage Bonazebi

Mali: nouveau rassemblement pour le départ du président Keïta malgré l’appel de la Cédéao

août 11, 2020

Les opposants au pouvoir au Mali ont commencé à se rassembler mardi 11 août à Bamako pour à nouveau réclamer le départ du président Ibrahim Boubacar Keïta, malgré la pluie et l’appel des Etats ouest-africains à privilégier le dialogue, ont constaté des journalistes de l’AFP.

«Nous voulons un vrai changement au Mali, IBK dégage», en référence aux initiales du dirigeant malien Ibrahim Boubacar Keïta, pouvait-on lire sur des pancartes lors de ce rassemblement de quelques milliers de personnes. Des manifestants réclamaient aussi la démission du premier ministre Boubou Cissé, sous la pluie. Plusieurs tenaient un parapluie, au son de vuvuzelas.

C’est la première manifestation contre le pouvoir depuis le 21 juillet quand le mouvement avait annoncé une trêve pour permettre un déroulement dans le calme de la fête musulmane de l’Aïd al-Adha le 31 juillet. Le Mouvement du 5 juin/Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), une coalition hétéroclite de chefs religieux, politiques, et de la société civile, réclame depuis juin le départ du président Ibrahim Boubacar Keïta, élu en 2013 puis réélu en 2018 pour cinq ans. Ce nouveau rassemblement est organisé malgré l’appel de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

Troubles meurtriers

«Toute la communauté internationale sait qu’il y a des difficultés au Mali. Nous tentons d’aider le peuple malien à les résoudre», a déclaré son envoyé spécial au Mali, l’ex-président du Nigeria, Goodluck Jonathan, lors d’une conférence de presse lundi soir à Bamako. «Il n’y a donc plus lieu d’organiser continuellement des manifestations», a dit Goodluck Jonathan, appelant à «rester strictement dans le cadre du dialogue».

L’ex-dirigeant nigérian est depuis lundi à Bamako où il a assisté le même jour à la prestation des neuf membres de la Cour constitutionnelle, nommés le 7 août conformément aux recommandations de la Cédéao fin juillet pour tenter sortir le pays de la crise politique. La Cour constitutionnelle est considérée comme l’un des éléments déclencheurs de la crise politique actuelle, après qu’elle a invalidé fin avril une trentaine de résultats des élections législatives de mars-avril, dont une dizaine en faveur de la majorité du président Ibrahim Boubacar Keïta.

Le weekend du 10 juillet, une manifestation à l’appel de l’opposition a dégénéré en trois jours de troubles meurtriers, les plus graves à Bamako depuis le coup d’Etat de 2012. Le Mali est en outre confronté depuis 2012 à des attaques djihadistes auxquelles se sont mêlés des heurts intercommunautaires. Ces violences, parties du Nord, se sont propagées dans le centre du pays puis au Niger et au Burkina voisins.

Par Le Figaro avec AFP

Présidentielle en Guinée : le RPG vote Alpha Condé

août 7, 2020

  Alpha Condé, lors de la convention du RPG, le 6 août 2020 à Conakry

Alpha Condé, lors de la convention du RPG, le 6 août 2020 à Conakry © Cellou Binani / AFP

 

Alors que son parti le pressait de se présenter une troisième fois lors de la présidentielle d’octobre, le président guinéen a préféré « prendre acte » et réserver sa réponse.

Ce devait être la fin du suspense. Mais finalement, Alpha Condé a réservé sa réponse. « Pour le moment je prends acte », a-t-il répondu aux cadres de son parti qui, à l’issue de deux journées de convention au Palais du Peuple, à Conakry, lui ont demandé d’être le candidat du Rassemblement pour la Guinée (RPG, au pouvoir).

Arrivé en début d’après-midi sous un tonnerre d’applaudissements, le président guinéen a pris place sur un siège installé face à la scène. Le cérémonial avait été scénarisé dans les moindres détails. Hadja Diakhagbè Camara, une militante du parti, a d’abord pris la parole pour présenter le « rapport final de la convention ». « Nous exprimons notre soutien indéfectible au président de la République », a-t-elle assuré, avant de lancer : « Nous vous choisissons comme l’unique candidat du RPG ! ».

« Pour le moment, je prends acte »

Dans la salle, c’est l’explosion. Alpha Condé, lui, reste serein. Hadja Nantou Chérif, coordinatrice nationale du RPG vient lui apporter le texte de la résolution finale en mains propres. Et l’interpelle, à nouveau, dans toutes les langues du pays : « Notre choix s’appelle Alpha Condé : accepte notre choix ! » Le chef de l’État se lève enfin, les bras levés, monte sur l’estrade, avec l’hymne national en fond sonore. Il adresse quelques remerciements aux partis alliés du RPG, au Premier ministre, aux militants « sans lesquels je ne serai pas à cette place ».

Mais bientôt, l’enthousiasme des militants se tempère. Dans son discours, Alpha Condé indexe, sans les nommer, les cadres de son parti. « Il faut que le RPG revienne à sa tradition de solidarité », lance-t-il devant ses partisans. « Les forces intermédiaires entre le peuple et moi ne jouent pas leur rôle », accuse-t-il ensuite, avant de poser une série de conditions.

« Si vous voulez que j’accepte votre proposition, il faudra faire en sorte que le RPG soit comme avant : un parti pour tous », déclare Alpha Condé. « Si vous voulez que je continue, faites en sorte que ceux qui se sont battus pour le parti vivent dignement ». « Pour le moment je prends acte », ajoute-t-il. « Si vous faites tout ce que je viens de dire, je vous donnerai ma réponse. »

« Aucune place pour un dauphin »

Les militants et cadres du RPG avaient pourtant fait les choses en grand, persuadés d’obtenir séance tenante une réponse positive de leur leader.

Dès l’ouverture du congrès, la ligne était toute tracée : « Cette convention se tient à un moment particulier, où le monde est confronté à la pandémie du Covid-19 et où les violences sont récurrentes. L’adversité est menaçante, mais je suis sûr que nous sortirons victorieux sous le leadership du président Alpha Condé », avait ainsi entonné mercredi le Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana, dans un discours où il dressait un bilan élogieux des deux mandats du président guinéen.

Le président de l’Assemblée nationale, Amadou Damaro Camara, ne faisait pas non plus mystère de l’issue espérée. « Le président sera investi, c’est une certitude. Le professeur Alpha Condé est le meilleur de nous tous. Il n’y avait aucune place pour un dauphin », assurait-il le même jour à Jeune Afrique.

Il leur faudra donc s’armer de patience. Alpha Condé a promis, à compter de demain matin, de recevoir les différentes délégations à tour de rôle : Guinée-Forestière, Haute-Guinée, Foutah et Basse-Guinée.

Avec Jeune Afrique par Diawo Barry et Fatoumata Diallo

Canada/COVID-19: Montréal se prépare à une deuxième vague

août 7, 2020

 

© Fournis par La Presse canadienne
Montréal, qui a été l’épicentre de la première vague de la pandémie de COVID-19 au Québec et au Canada, se prépare maintenant «au pire» pour faire face à une éventuelle deuxième vague.

Le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda, ainsi que la directrice régionale de la santé publique de Montréal, Mylène Drouin, faisaient le point sur la première vague de la pandémie dans la métropole, vendredi après-midi.

La docteure Drouin a souligné que 76 % des milieux pour personnes âgées avaient vécu une éclosion de COVID-19, et que 88 % des décès provenaient de ces endroits.

De plus, 22 % de tous les cas — soit 6268 — étaient des professionnels de la santé.

La docteure Drouin s’est toutefois réjouie que la transmission communautaire ait été relativement contrôlée.

Pour cette deuxième vague, Montréal a deux priorités: s’assurer d’être prêt pour le dépistage, les enquêtes et la gestion des éclosions, ainsi que protéger les milieux pour les aînés.

Pour ce faire, un centre de commandement régional a été mis en place. Un projet pilote est aussi en cours dans la métropole pour mieux effectuer les enquêtes et communiquer plus rapidement avec les patients.

Une deuxième vague pourrait arriver aussi tôt que cet automne, a signalé Horacio Arruda.

«Maintenant, on a une certaine accalmie, mais il ne faudrait pas penser que la situation est complètement disparue», a-t-il soutenu.

Avec La Presse canadienne