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Internet mobile : Congo, RDC, Côte d’Ivoire… Dans quels pays la data est-elle la plus chère ?

juillet 11, 2021
La GSMA, lobby mondial des télécoms, constate une baisse du prix moyen des terminaux mobiles sur le continent en 2019.

Malgré l’installation de câbles sous-marins pour connecter le continent, le prix d’un giga de données mobiles reste en moyenne très élevé. État des lieux.

Si la fracture numérique se réduit en Afrique, le coût d’internet a, lui, du mal à baisser. Le 30 juin, le dernier tronçon du câble sous-marin Africa Coast to Europe (ACE), qui relie la France à l’Afrique du Sud en connectant une dizaine de pays africains, dont le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Ghana, a été mis en service.

Dernier exemple en date de la progression de la couverture internet en Afrique, ce câble, long de 17 000 km, a représenté un investissement de 700 millions de dollars réalisé par un consortium de 20 membres, dont le groupe français Orange, qui a contribué à hauteur de 250 millions de dollars.

Malgré cette bonne nouvelle, et le développement de câbles sous-marins reliant le continent, seul 29 % des Africains ont accès à internet, contre 45 % des habitants en Asie, selon le dernier rapport publié par l’Alliance for Affordable Internet (A4AI) en décembre 2020.

Chaque année, l’initiative hébergée par la Web Foundation et dirigée par Sonia Jorge collecte les données des forfaits prépayés les moins chers par pays pour les services de haut débit selon le modèle de prix fournit par l’Union internationale des télécommunications (UIT).

5 dollars pour un giga de données

En 2020, le prix médian d’un giga de données mobiles en Afrique s’élevait à plus de 5 dollars contre près de 7 dollars en 2018, soit une baisse de -28 % explique A4AI. À titre de comparaison, il fallait compter 3,5 dollars pour un giga au sein de l’Union européenne en 2020 (4,1 dollars en 2018).

Si l’on observe une baisse significative des prix moyens des données haut débit, les différences de tarif d’un pays à l’autre demeurent très importantes.

Ainsi, en Guinée équatoriale, il faut débourser 35 dollars pour obtenir un giga de données mobiles, soit le tarif le plus cher au monde, selon les chiffres de l’Alliance for Affordable Internet. Pourtant, le pays est relié à trois câbles sous-marins de fibre optique.

Plusieurs raisons expliquent ce prix. Avec un parc de clients restreint, 1,3 million d’habitants en 2019, le coût d’installation des infrastructures est plus difficile à amortir. Aussi, la compagnie Getesa, détenue à 60 % par l’État, est l’opérateur principal du pays, traduisant un manque de concurrence qui fait inévitablement augmenter les prix.

C’est ensuite en Libye que l’on trouve les tarifs les plus élevés, avec un giga de données mobiles coûtant 11,4 dollars, puis en Centrafrique (10,4 dollars), au Tchad (8,64 dollars), au Congo Brazzaville (8,47 dollars) et au Togo (8,4 dollars).

En RDC, il fallait débourser 8 dollars pour un giga de données mobiles en 2020, contre 10,7 dollars l’année précédente (-25 %).

En 2019, le gouvernement a défini une stratégie de développement numérique à l’horizon 2025. Or la taille du pays le rend peu attractif pour les opérateurs. « Il est généralement plus difficile d’installer et de maintenir un réseau dans les régions vastes et pauvres car la rentabilité pour les opérateurs est moins intéressante », avait déclaré Teddy Woodhouse, directeur de recherche pour l’A4AI, lors d’une interview accordée à Jeune Afrique en décembre 2020.

Prix d’un giga de données mobiles en 2020

Soudan et Maroc, champions des petits prix

À l’inverse, parmi les pays africains où les prix d’internet sont les plus faibles, on retrouve le Soudan avec 0,9 dollar le giga de données haut débit, suivi de l’Égypte (1,3 dollar) puis du Maroc (2 dollars), du Rwanda (2,1 dollars) et du Cameroun (2,2 dollars). En Algérie, il faut compter 2,3 dollars, au Sénégal 3,28 dollars et en Côte d’Ivoire 4,8 dollars.

Au Maroc, le prix est passé de 2 dollars en 2019 à 5 dollars en 2020, soit une baisse de -61 %, selon les chiffres de l’A4AI, résultat notamment de la stratégie Maroc Digital 2020 centrée sur la transformation numérique et la réduction de la fracture digitale dans le pays.

Outre les différences régionales, les prix sont plus faibles en Afrique de l’Est et de l’Ouest qu’en Afrique centrale et australe, les prix de la data peuvent également diverger entre deux pays voisins. Ainsi, selon l’A4AI, le Tchad est l’un des pays les plus chers avec 8,4 dollars le giga. Son voisin nigérian est, au contraire, l’un des moins chers : le giga de data y est vendu à 2,7 dollars.

Internet abordable dans seulement 14 pays

Pour les Nations unies, l’accès à internet est abordable lorsque le coût d’un giga est inférieur à 2 % du revenu mensuel brut. Or sur le Continent, il est de 5,7 % contre 2,7 % en Amérique du Sud et 1,6 % en Asie-Pacifique. De fait, « seuls 14 des 48 pays africains participant au classement ont un accès à internet abordable », résume le rapport.

Ainsi, d’après A4AI, en Centrafrique, un giga représente 24,4 % du revenu mensuel. En RDC, cela représente 20,6 % du revenu et au Tchad et au Togo, 15 %. À l’inverse, il équivaut à seulement 0,5 % du revenu mensuel à Maurice, 0,8 % en Algérie, 1,3 % au Gabon et 1,4 % au Ghana.

Avec Jeune Afrique par Solène Benhaddou

Canada: Au moins une personne racialisée sur deux a subi du racisme sur internet

mars 21, 2021

VANCOUVER — Sept Canadiens sur dix s’inquiètent du degré de racisme au pays, selon un sondage réalisé par la firme Léger pour l’Association d’études canadiennes. Cette préoccupation est partagée par les trois quarts des répondants âgés de 18 à 34 ans.

Plus inquiétant: un membre des minorités visibles sur deux dit s’être senti attaqué par des commentaires haineux sur les médias sociaux. Près de 60 % disent avoir été lu des propos haineux en ligne.

La publication de ce sondage coïncide avec la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale.

Selon le président de l’Association d’études canadiennes, Jack Jedwab, les gens exposés à des commentaires haineux sur internet sont plus susceptibles de s’inquiéter du racisme. 

«Ce ne sont pas tant les incidents violents observés au cours de la dernière année ayant attiré une attention médiatique considérable qui alimentent les inquiétudes des gens face au racisme, dit-il. C’est aussi le fait que les gens sont témoins de l’ampleur croissante de ce phénomène sur les médiaux sociaux.»

Le sondage indique qu’un répondant sur trois reconnaît avoir une opinion négative des musulmans, un sur cinq n’estime pas les Autochtones et un sur sept pense du mal des Chinois, des Juifs ou des immigrants.

Les personnes qui n’ont jamais rencontré de membres de ces groupes sont plus susceptibles d’avoir une mauvaise opinion d’eux, ce qui laisse sous-entendre que les médias sociaux jouent un rôle dans ce racisme, croit M. Jedwab.

«Elles obtiennent des informations sur les médias sociaux concernant ces groupes. Le résultat, malheureusement, est qu’ils ont des opinions négatives ou préjudiciables.»

Le sondage auprès de 1514 Canadiens a été mené en ligne du 12 au 14 mars. On ne peut pas lui attribuer de marge d’erreur, car les sondages sur l’internet ne sont pas considérés comme des échantillons aléatoires.

Avec Laura Dhillon Kane, La Presse Canadienne

Internet : Akwa Mossé lance la connexion gratuite à Makoua

novembre 20, 2020

Réunis au sein de l’association Akwa Mossé, des jeunes congolais issus de la diaspora pour certains et d’autres vivant à Brazzaville ont procédé, le 10 novembre, à Makoua, dans le département de la Cuvette, à la connexion internet gratuite au centre culturel de cette ville. Cette initiative entend permettre aux élèves de cette localité de faire des recherches dans le cadre de leurs études mais aussi de s’ouvrir au monde tout simplement.

Les membres de l’association Akwa Mossé

« Notre association Akwa Mossé a été créée en 2014, avec pour objectif de promouvoir la culture des Akouas et de venir en aide aux personnes qui ont besoin de soutien. Nous avons depuis notre création fait des dons à la maternité de Makoua, pris en charge la scolarité de nombreux élèves et fait des cadeaux aux enfants de Makoua à l’occasion de nombreuses fêtes de Noël par exemple. Dès que nous le pouvons, nous faisons des cotisations pour agir et honorer nos ancêtres », a souligné Marien Fauney Ngombe, président de l’association.

Amoureux de cette localité et de son histoire qu’ils portent en eux, les membres de l’association usent de ces différentes actions pour exprimer leur appartenance à ladite ville. « Nous avons grandi avec les histoires relatant les legs du mysticisme de nos ancêtres et les combats de certains résistants Akouas également. A plusieurs égards, cette localité nous transcende », a-t-il poursuivi. Et d’ajouter : « Il est important que nous donnions de la visibilité et de la force à nos communes et à nos départements. Célébrons leurs caractères singuliers pour le bien du CongoC’est en souhaitant que Makoua soit fort, que Boko soit rayonnant, que Hinda soit prospère que le Congo tout entier sera gagnant

A court terme, les membres de l’association envisagent d’équiper le Centre culturel de Makoua de nouveaux bouquins car « la grande bataille à mener est culturelle et mémorielle aujourd’hui ». A cet effet, l’édition d’un recueil de citations Makoua traduites en français est en cours, pour qu’au-delà des frontières congolaises les gens comprennent les valeurs Akouas.

Avec Adiac-Congo par Sage Bonazebi

Mali: nouveau rassemblement pour le départ du président Keïta malgré l’appel de la Cédéao

août 11, 2020

Les opposants au pouvoir au Mali ont commencé à se rassembler mardi 11 août à Bamako pour à nouveau réclamer le départ du président Ibrahim Boubacar Keïta, malgré la pluie et l’appel des Etats ouest-africains à privilégier le dialogue, ont constaté des journalistes de l’AFP.

«Nous voulons un vrai changement au Mali, IBK dégage», en référence aux initiales du dirigeant malien Ibrahim Boubacar Keïta, pouvait-on lire sur des pancartes lors de ce rassemblement de quelques milliers de personnes. Des manifestants réclamaient aussi la démission du premier ministre Boubou Cissé, sous la pluie. Plusieurs tenaient un parapluie, au son de vuvuzelas.

C’est la première manifestation contre le pouvoir depuis le 21 juillet quand le mouvement avait annoncé une trêve pour permettre un déroulement dans le calme de la fête musulmane de l’Aïd al-Adha le 31 juillet. Le Mouvement du 5 juin/Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), une coalition hétéroclite de chefs religieux, politiques, et de la société civile, réclame depuis juin le départ du président Ibrahim Boubacar Keïta, élu en 2013 puis réélu en 2018 pour cinq ans. Ce nouveau rassemblement est organisé malgré l’appel de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

Troubles meurtriers

«Toute la communauté internationale sait qu’il y a des difficultés au Mali. Nous tentons d’aider le peuple malien à les résoudre», a déclaré son envoyé spécial au Mali, l’ex-président du Nigeria, Goodluck Jonathan, lors d’une conférence de presse lundi soir à Bamako. «Il n’y a donc plus lieu d’organiser continuellement des manifestations», a dit Goodluck Jonathan, appelant à «rester strictement dans le cadre du dialogue».

L’ex-dirigeant nigérian est depuis lundi à Bamako où il a assisté le même jour à la prestation des neuf membres de la Cour constitutionnelle, nommés le 7 août conformément aux recommandations de la Cédéao fin juillet pour tenter sortir le pays de la crise politique. La Cour constitutionnelle est considérée comme l’un des éléments déclencheurs de la crise politique actuelle, après qu’elle a invalidé fin avril une trentaine de résultats des élections législatives de mars-avril, dont une dizaine en faveur de la majorité du président Ibrahim Boubacar Keïta.

Le weekend du 10 juillet, une manifestation à l’appel de l’opposition a dégénéré en trois jours de troubles meurtriers, les plus graves à Bamako depuis le coup d’Etat de 2012. Le Mali est en outre confronté depuis 2012 à des attaques djihadistes auxquelles se sont mêlés des heurts intercommunautaires. Ces violences, parties du Nord, se sont propagées dans le centre du pays puis au Niger et au Burkina voisins.

Par Le Figaro avec AFP

Présidentielle en Guinée : le RPG vote Alpha Condé

août 7, 2020

  Alpha Condé, lors de la convention du RPG, le 6 août 2020 à Conakry

Alpha Condé, lors de la convention du RPG, le 6 août 2020 à Conakry © Cellou Binani / AFP

 

Alors que son parti le pressait de se présenter une troisième fois lors de la présidentielle d’octobre, le président guinéen a préféré « prendre acte » et réserver sa réponse.

Ce devait être la fin du suspense. Mais finalement, Alpha Condé a réservé sa réponse. « Pour le moment je prends acte », a-t-il répondu aux cadres de son parti qui, à l’issue de deux journées de convention au Palais du Peuple, à Conakry, lui ont demandé d’être le candidat du Rassemblement pour la Guinée (RPG, au pouvoir).

Arrivé en début d’après-midi sous un tonnerre d’applaudissements, le président guinéen a pris place sur un siège installé face à la scène. Le cérémonial avait été scénarisé dans les moindres détails. Hadja Diakhagbè Camara, une militante du parti, a d’abord pris la parole pour présenter le « rapport final de la convention ». « Nous exprimons notre soutien indéfectible au président de la République », a-t-elle assuré, avant de lancer : « Nous vous choisissons comme l’unique candidat du RPG ! ».

« Pour le moment, je prends acte »

Dans la salle, c’est l’explosion. Alpha Condé, lui, reste serein. Hadja Nantou Chérif, coordinatrice nationale du RPG vient lui apporter le texte de la résolution finale en mains propres. Et l’interpelle, à nouveau, dans toutes les langues du pays : « Notre choix s’appelle Alpha Condé : accepte notre choix ! » Le chef de l’État se lève enfin, les bras levés, monte sur l’estrade, avec l’hymne national en fond sonore. Il adresse quelques remerciements aux partis alliés du RPG, au Premier ministre, aux militants « sans lesquels je ne serai pas à cette place ».

Mais bientôt, l’enthousiasme des militants se tempère. Dans son discours, Alpha Condé indexe, sans les nommer, les cadres de son parti. « Il faut que le RPG revienne à sa tradition de solidarité », lance-t-il devant ses partisans. « Les forces intermédiaires entre le peuple et moi ne jouent pas leur rôle », accuse-t-il ensuite, avant de poser une série de conditions.

« Si vous voulez que j’accepte votre proposition, il faudra faire en sorte que le RPG soit comme avant : un parti pour tous », déclare Alpha Condé. « Si vous voulez que je continue, faites en sorte que ceux qui se sont battus pour le parti vivent dignement ». « Pour le moment je prends acte », ajoute-t-il. « Si vous faites tout ce que je viens de dire, je vous donnerai ma réponse. »

« Aucune place pour un dauphin »

Les militants et cadres du RPG avaient pourtant fait les choses en grand, persuadés d’obtenir séance tenante une réponse positive de leur leader.

Dès l’ouverture du congrès, la ligne était toute tracée : « Cette convention se tient à un moment particulier, où le monde est confronté à la pandémie du Covid-19 et où les violences sont récurrentes. L’adversité est menaçante, mais je suis sûr que nous sortirons victorieux sous le leadership du président Alpha Condé », avait ainsi entonné mercredi le Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana, dans un discours où il dressait un bilan élogieux des deux mandats du président guinéen.

Le président de l’Assemblée nationale, Amadou Damaro Camara, ne faisait pas non plus mystère de l’issue espérée. « Le président sera investi, c’est une certitude. Le professeur Alpha Condé est le meilleur de nous tous. Il n’y avait aucune place pour un dauphin », assurait-il le même jour à Jeune Afrique.

Il leur faudra donc s’armer de patience. Alpha Condé a promis, à compter de demain matin, de recevoir les différentes délégations à tour de rôle : Guinée-Forestière, Haute-Guinée, Foutah et Basse-Guinée.

Avec Jeune Afrique par Diawo Barry et Fatoumata Diallo

Canada/COVID-19: Montréal se prépare à une deuxième vague

août 7, 2020

 

© Fournis par La Presse canadienne
Montréal, qui a été l’épicentre de la première vague de la pandémie de COVID-19 au Québec et au Canada, se prépare maintenant «au pire» pour faire face à une éventuelle deuxième vague.

Le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda, ainsi que la directrice régionale de la santé publique de Montréal, Mylène Drouin, faisaient le point sur la première vague de la pandémie dans la métropole, vendredi après-midi.

La docteure Drouin a souligné que 76 % des milieux pour personnes âgées avaient vécu une éclosion de COVID-19, et que 88 % des décès provenaient de ces endroits.

De plus, 22 % de tous les cas — soit 6268 — étaient des professionnels de la santé.

La docteure Drouin s’est toutefois réjouie que la transmission communautaire ait été relativement contrôlée.

Pour cette deuxième vague, Montréal a deux priorités: s’assurer d’être prêt pour le dépistage, les enquêtes et la gestion des éclosions, ainsi que protéger les milieux pour les aînés.

Pour ce faire, un centre de commandement régional a été mis en place. Un projet pilote est aussi en cours dans la métropole pour mieux effectuer les enquêtes et communiquer plus rapidement avec les patients.

Une deuxième vague pourrait arriver aussi tôt que cet automne, a signalé Horacio Arruda.

«Maintenant, on a une certaine accalmie, mais il ne faudrait pas penser que la situation est complètement disparue», a-t-il soutenu.

Avec La Presse canadienne

Côte d’Ivoire: Alassane Ouattara candidat à la présidentielle du 31 octobre

août 6, 2020

Alassane Ouattara, au palais présidentiel le 29 mai 2020.

Alassane Ouattara, au palais présidentiel le 29 mai 2020. © DR / Présidence de la République ivoirienne.

 

Dans un discours à la nation prononcé ce jeudi, le chef de l’État ivoirien a officialisé son intention de briguer un troisième mandat.

Alassane Ouattara a finalement choisi les célébrations du soixantième anniversaire de l’indépendance de son pays pour se déclarer. « Je suis candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2020 », a annoncé le chef de l’État ivoirien, ce 6 août, lors de son traditionnel discours à la nation. Pour l’occasion, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) avait mobilisé ses militants dans différents endroits d’Abidjan.

Lors de ce discours de 25 minutes, ADO a justifié sa décision de revenir sur son choix initial de ne pas briguer un troisième mandat. « J’avais fait part, le 5 mars dernier, à toute la nation de ma volonté de ne pas faire acte de candidature et de passer la main à une nouvelle génération. J’avais commencé à organiser mon départ, planifier ma vie après la présidence, relancer les activités de ma fondation », a-t-il rappelé.

Cas de force majeur

Mais, a expliqué Alassane Ouattara, le décès soudain le 8 juillet d’Amadou Gon Coulibaly, candidat et dauphin désigné, a tout changé. « Face à ce cas de force majeur, j’ai décidé de répondre favorablement à l’appel de mes concitoyens. Cette décision, mûrement réfléchie, est un devoir que j’accepte dans l’intérêt supérieur de la nation », a-t-il précisé, présentant même ce choix comme « un sacrifice ».

Pour justifier son choix, ADO s’est érigé en garant de la paix et de la sécurité

Écartant tout possible report de la présidentielle – « Il est impératif que l’échéance électorale soit respectée » -, ADO a évoqué « le calendrier serré » et s’est érigé en garant de la paix et de la sécurité pour justifier ce choix controversé.

Cette annonce est loin d’être une surprise, tant elle se dessinait depuis les obsèques d’Amadou Gon Coulibaly à Korhogo, le 17 juillet. Des appels pour réclamer sa candidature ont été suscités, alors que des démarches pour obtenir les parrainages citoyens – désormais nécessaires pour se présenter à la magistrature suprême – étaient entamées.

Plusieurs délégations de rois et de chefs traditionnels ont aussi défilé au domicile d’Alassane Ouattara, dans le quartier de la Riviera Golf, à Abidjan. Le 1er août, le président y a reçu les anciens chefs de guerre de la rébellion qui l’a porté au pouvoir en 2011, leur annonçant sa volonté de briguer un troisième mandat.

Pour les caciques du RHDP, la candidature d’Alassane Ouattara était la seule capable de maintenir l’unité au sein du parti au pouvoir. La seule capable de lui permettre de demeurer aux affaires. La mort d’Amadou Gon Coulibaly a réveillé les appétits et relancé les guerres d’égo.

Réconciliation

Lors de son discours, ADO a annoncé vouloir renforcer ses actions en faveur de la réconciliation. Mais, alors que plusieurs observateurs imaginaient des mesures d’apaisement envers Guillaume Soro, dont plusieurs partisans sont emprisonnés depuis la fin de l’année 2019, le chef de l’État a seulement accordé une grâce collective à quelque 2 000 personnes condamnées pour des infractions mineures.

Alassane Ouattara n’a pas non plus évoqué le cas de Laurent Gbagbo. L’ancien président cherche en effet à regagner la Côte d’Ivoire dans l’attente de la fin de la procédure qui le vise devant la Cour pénale internationale (CPI), mais ses démarches pour obtenir un nouveau passeport sont pour le moment restées lettres mortes.

Jeudi, dans la matinée, des dizaines de jeunes dénonçant le retrait du nom de Laurent Gbagbo de la liste électorale ont manifesté devant la Commission électorale indépendante (CEI). Les manifestants ont brûlé des pneus, la police a fait usage de gaz lacrymogènes et le calme est revenu à la mi-journée. Une dizaine de personnes ont été interpellées. Des incidents qui, selon de nombreux observateurs, risquent de se multiplier d’ici à l’élection, dont le premier tour est prévu le 31 octobre.

Si le chef de l’État et ses partisans estiment que le changement de Constitution en 2016, après sa réélection, lui donne légalement le droit de se présenter, l’opposition soutient que la limite de deux mandats demeure et entend contester bruyamment sa candidature.

Avec Jeune Afrique par Vincent Duhem

Qu’est-ce que le nitrate d’ammonium, responsable présumé de l’explosion de Beyrouth ?

août 5, 2020

 

Quelque 2750 tonnes de nitrate d’ammonium auraient été stockées dans l’entrepôt du port de Beyrouth qui a explosé, causant des dizaines de morts et des dégâts sans précédent.

Nitrat

Des sacs de nitrate d’ammonium sont stockés, le 26 octobre 2001 à l’intérieur de l’usine chimique AZF de Toulouse, après l’explosion du 21 septembre qui a fait 30 morts et près de 2500 blessés ERIC CABANIS / AFP

Le nitrate d’ammonium à l’origine supposée des explosions de Beyrouth mardi est un sel blanc et inodore utilisé comme base de nombreux engrais azotés sous forme de granulés. Selon le premier ministre libanais, environ 2750 tonnes de nitrate d’ammonium étaient stockées dans l’entrepôt du port de Beyrouth qui a explosé, causant des dizaines de morts et des dégâts sans précédent dans la capitale libanaise.

Les nitrates d’ammonium composent les engrais appelés ammonitrates, que les agriculteurs achètent en gros sacs ou en vrac. Ce ne sont pas des produits combustibles : ce sont des comburants, c’est-à-dire qu’ils permettent la combustion d’une autre substance déjà en feu. «C’est très difficile de le brûler», dit à l’AFP Jimmie Oxley, professeure de chimie à l’université du Rhode Island, qui a elle-même travaillé sur la combustion du nitrate d’ammonium. «Ce n’est pas facile de le faire détoner».

La détonation n’est possible qu’avec une contamination par une substance incompatible ou une source intense de chaleur. Le stockage doit donc suivre des règles pour isoler le nitrate d’ammonium de liquides inflammables (essence, huiles…), de liquides corrosifs, de solides inflammables ou encore de substances qui dégagent une chaleur importante, parmi d’autres interdits, selon une fiche technique du ministère français de l’Agriculture (en PDF).

De nombreuses tragédies dans le monde, accidentelles et criminelles, ont comme source le nitrate d’ammonium. La France garde notamment le souvenir tragique de l’accident de l’usine chimique AZF de Toulouse, le 21 septembre 2001. 300 tonnes de nitrates d’ammonium avaient subitement explosé, provoquant la mort de 31 personnes. La déflagration fut entendue jusqu’à 80 kilomètres à la ronde.

Le nitrate d’ammonium peut aussi être utilisé dans la construction d’engins explosifs. Le mélange ANFO est un mélange hautement explosif composé à 94% de nitrate d’ammonium et 6% de kérosène, d’essence ou de gazole, dont la puissance est comparable à celle de la TNT.

Mais la professeure Oxley nuance en rappelant que le nitrate d’ammonium est devenu indispensable à l’agriculture et à la construction. «Nous n’aurions pas ce monde moderne sans explosifs, et nous ne pourrions pas nourrir la population actuelle sans les engrais au nitrate d’ammonium», dit-elle. «Nous en avons besoin, mais il faut faire vraiment attention à ce qu’on fait avec.»

Par Le Figaro avec AFP

Le Tchad limite internet pour endiguer les «messages haineux»

août 4, 2020

 

Le débit des internautes tchadiens a été réduit pour éviter la propagation de «messages haineux» sur les réseaux sociaux, a affirmé lundi à l’AFP le ministre de la Communication. «La diffusion de messages d’incitation de haine et de division» a poussé le gouvernement à prendre «cette mesure temporaire» le 22 juillet, qui sera «levée d’un moment à l’autre», s’est contentée d’assurer le ministre Mahamat Zene Cherif, porte-parole du gouvernement.

Mais des responsables des télécoms tchadiens affirment sous couvert d’anonymat que cette décision est liée à la diffusion d’une vidéo où un officier tchadien, lors d’une altercation avec des mécaniciens le 14 juillet, tire à bout portant sur deux d’entre eux avant d’être lui-même attaqué à l’arme blanche. Selon un communiqué du procureur de la République, «un des jeunes succomba des suites de ses blessures» tandis que l’officier, hospitalisé, «sera traduit en justice une fois guéri». Sur les réseaux sociaux, comme Facebook ou WhatsApp, où la vidéo continue de circuler, certains internautes critiquent le militaire, mais soulignent également qu’il est originaire de la même ethnie que le président Idriss Déby Itno, arrivé au pouvoir par les armes en 1990.

«Les Tchadiens subissent la loi d’une minorité», fulmine ainsi un internaute sur une page Facebook d’informations tchadiennes, tandis que plusieurs autres assènent: «depuis 30 ans, il n’y a pas de justice au Tchad». La polémique a pris une telle ampleur que le président Déby a réagi à l’occasion des célébrations de l’Aïd al-Adha, le 31 juillet, sans évoquer directement le blocage d’internet ou la vidéo mais s’est focalisé sur le service de messagerie WhatsApp et les VPN, des logiciels qui permettent de contourner le blocage de l’internet local.

«WhatsApp et VPN ne sont pas créés pour s’insulter, pour cultiver la déchirure du tissu national ou pour critiquer des ethnies», a-t-il affirmé. Une association de droits des consommateurs a pour sa part demandé lundi dans un communiqué aux opérateurs de rétablir l’accès aux réseaux sociaux, dont la restriction «constituent une violation de la liberté d’expression». La mesure «constitue un manque à gagner sérieux pour nous, les opérateurs de téléphonie mobile, et nous espérons un déblocage rapide» a indiqué à l’AFP un responsable de téléphonie mobile ayant réclamé l’anonymat.

Par Le Figaro avec AFP

Niger: les élections municipales repoussées au 13 décembre 2020

juillet 23, 2020

 

La Commission nationale électorale indépendante du Niger (Céni) a annoncé jeudi le report au 13 décembre 2020 des élections municipales et régionales, sans cesse repoussées depuis 2016, et qui avaient été initialement programmées le 1er novembre. «La Céni propose la date du 13 décembre 2020 qui répond à vos préoccupations et qui tient aussi compte de ses capacités logistiques et financières», a déclaré le président de la Céni Issaka Souna lors d’une rencontre avec les partis politiques.

Début juillet, Issaka Souna a soulevé un tollé parmi des partis d’opposition et d’autres proches du régime en annonçant que les municipales et régionales ne pouvaient se tenir que le 17 janvier 2021, en raison notamment de «retard» accusé dans la confection du fichier électoral biométrique. Ces partis exigeaient des municipales et régionales avant le premier tour de la présidentielle, couplé aux législatives, qui est fixé au 27 décembre 2020. Les scrutins municipaux et régionaux avaient initialement été fixés au 9 mai 2016, mais ont subi de nombreux reports que les autorités ont justifiés par «la saison des pluies» ou «la nécessité impérieuse» d’élaborer «un fichier électoral biométrique».

Pour permettre aux mairies de fonctionner, les mandats des élus locaux – élus pour cinq ans en 2011 – qui ont expiré depuis 2016, sont prolongés tous les six mois par le gouvernement, grâce à une loi votée par le Parlement. Depuis 2017, l’opposition refuse de siéger à la Commission électorale nationale indépendante (Céni) et conteste le nouveau code électoral élaboré, selon elle, sur une base «non consensuelle, sans sa participation», qui a été adopté en juin 2019 par le Parlement. Jeudi, l’opposition a encore réitéré son «exigence de la dissolution de la Céni». Un «dialogue» annoncé fin octobre 2019 par le pouvoir et l’opposition en vue «d’apaiser» le climat politique tendu n’a toujours pas commencé à six mois de la présidentielle.

Par Le Figaro avec AFP