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L’épouse de l’ex-président d’Interpol s’en prend au gouvernement chinois

novembre 18, 2021

LYON, France — En Chine, elle profitait des privilèges que lui procurait le fait d’avoir épousé un important membre de l’élite du gouvernement. Son mari était un haut gradé de la police dans le système de sécurité chargé de maintenir le Parti communiste au pouvoir. Pékin l’avait en si haute estime qu’on l’a envoyé en France pour occuper un rôle prestigieux au sein d’Interpol.

© Fournis par La Presse Canadienne

Mais Meng Hongwei, l’ancien président d’Interpol, est depuis disparu dans les méandres du système pénal chinois, victime d’une purge après être tombé en disgrâce. Son épouse se retrouve ainsi seule en France avec les jumeaux du couple. La famille de réfugiés politiques vit sous protection policière constante depuis qu’elle aurait été la cible d’une tentative d’enlèvement alléguée par des agents chinois.

De membre d’un cercle d’initiés sélect, Grace Meng est devenue une étrangère qui observe les choses de l’extérieur — et elle se dit horrifiée par ce qu’elle voit.

Elle est si indignée qu’elle renonce à son anonymat, sachant qu’elle met sa famille à risque, pour dénoncer le régime autoritaire chinois que son époux — vice ministre de la Sécurité publique — a servi jusqu’à sa disparition en 2018. Il a ensuite été jugé et emprisonné.

«Le monstre», c’est ainsi que Mme Meng désigne le gouvernement chinois. «Parce qu’il dévore nos enfants.»

Au cours d’une entrevue exclusive accordée à l’Associated Press, Mme Meng a choisi de montrer son visage pour la première fois, acceptant d’être filmée et photographiée sans être dissimulée dans l’ombre comme elle l’a fait dans le passé.

«J’ai la responsabilité de montrer mon visage, de dire au monde ce qui s’est passé, a-t-elle déclaré à l’AP. Au cours des trois dernières années, j’ai appris à vivre avec le monstre, l’autorité, comme on a appris à vivre avec la COVID-19.»

Parmi toutes les voix qui critiquent Pékin, celle de Mme Meng offre une perspective unique puisqu’elle a vu la machine de l’intérieur avant d’en émerger et de voir sa perspective transformée. Elle a été si profondément transformée qu’elle a cessé d’utiliser son nom chinois Gao Ge, pour embrasser le prénom de Grace et le nom de famille de son époux, Meng. 

«Je suis morte avant de renaître», dit-elle en précisant se sentir davantage elle-même sous le nom de Grace Meng.

Au sujet de M. Meng, l’endroit où il se trouve, son état de santé en tant que détenu de presque 68 ans, demeurent totalement inconnus. La dernière communication entre les deux époux remonte au 25 septembre 2018. Au moment d’un voyage d’affaires à Pékin, M. Meng a écrit à sa femme un premier message disant: «attends mon appel». Puis, quelques minutes plus tard, elle recevait un simple emoji de couteau de cuisine qu’elle a interprété comme un signal de danger.

Elle croit qu’il a envoyé ces messages depuis son bureau au ministère de la Sécurité publique.

Depuis, plus rien. Elle n’a eu aucun contact avec son époux et toutes les lettres transmises par son avocat au gouvernement chinois sont demeurées sans réponse. Elle avoue ne même pas être certaine si son conjoint est toujours en vie.

«Cela m’a déjà attristé au point où je ne peux pas être plus triste, confie-t-elle. Et bien sûr, c’est tout aussi cruel pour mes enfants.»

«Je ne veux pas que mes enfants n’aient pas de père, a-t-elle ajouté en sanglots. Chaque fois que les enfants entendent quelqu’un frapper à la porte, ils vont toujours voir. Je sais qu’ils espèrent que ce soit leur père. Chaque fois, quand ils réalisent que ce n’est pas lui, ils baissent la tête en silence.»

La version officielle concernant le sort de M. Meng sort au compte-goutte. Un communiqué paru en octobre 2018, tout juste après la première sortie publique de son épouse, indiquait qu’il faisait l’objet d’une enquête pour des allégations de crimes non précisés. C’était le signe qu’il devenait la plus récente victime d’une purge au sein du gouvernement.

Interpol a plus tard annoncé que M. Meng avait démissionné de son poste de président. Cela avait rendu son épouse furieuse. Selon elle, le corps de police international n’a été «d’aucune aide».

Elle estime qu’en refusant de se montrer plus ferme, l’institution n’a fait qu’encourager Pékin dans ses pratiques autoritaires.

«Est-ce que quelqu’un que l’on a fait disparaître de force peut écrire sa propre lettre de démission volontairement?», demande-t-elle. «Est-ce qu’un corps de police peut fermer les yeux devant un acte criminel comme celui-là?»

En 2019, la Chine a annoncé que M. Meng avait été dépouillé de sa carte de membre du Parti communiste. On lui reprochait d’avoir abusé de son pouvoir pour satisfaire le style de vie extravagant de sa famille.

En janvier 2020, un tribunal a déclaré M. Meng coupable de corruption et l’a condamné à 13 ans et demi de prison pour avoir accepté deux millions $ en pots-de-vin. Selon la cour, l’accusé aurait tout avoué et exprimé des regrets.

Toutefois, son épouse maintient que ces accusations sont bidons et que M. Meng a été victime d’une purge parce qu’il utilisait sa position d’autorité pour promouvoir des changements dans le régime chinois.

«C’est un faux procès. C’est l’exemple d’un désaccord politique transformé en accusations criminelles, soutient-elle. L’ampleur de la corruption en Chine est extrêmement sérieuse. Elle est partout. Mais il y a deux opinions sur la manière de la combattre. L’une est la méthode actuelle et l’autre est d’adopter une démocratie constitutionnelle pour régler le problème à la source.»

Avec John Leicester, The Associated Press

Interpol émet un mandat d’arrêt international contre Carlos Ghosn

janvier 2, 2020

Le Liban a reçu jeudi 2 janvier un mandat visant l’ancien patron de l’Alliance Renault-Nissan, qui s’est enfui du Japon où il était détenu.

L'industriel est aujourd'hui au Liban, pays dont il est originaire.
L’industriel est aujourd’hui au Liban, pays dont il est originaire. ERIC PIERMONT / AFP

Les autorités libanaises ont reçu jeudi 2 janvier un mandat d’arrêt international d’Interpol visant Carlos Ghosn. «Le parquet général […] a reçu une notice rouge d’Interpol concernant le dossier Carlos Ghosn», a indiqué jeudi le ministre libanais de la Justice, Albert Sarhane, cité par l’agence de presse officielle ANI. Au terme d’une fuite rocambolesque, l’ex-patron de Renault-Nissan est arrivé lundi au Liban , où son lieu de résidence reste inconnu.

Interpol n’émet pas de mandats d’arrêt et ne peut déclencher ni enquêtes ni poursuites, mais les pays membres et les tribunaux internationaux peuvent demander la publication de «notices rouges». Ces avis de recherche internationaux s’appuient sur des mandats d’arrêt nationaux, dont les informations qu’ils contiennent sont transmises aux autres membres via une base de données sécurisée.

Pas de poursuites au Liban

Les autorités libanaises avaient déjà annoncé que Carlos Ghosn était entré «légalement» dans le pays, avec un passeport français et une carte d’identité libanaise, selon une source à la présidence. De son côté, la Sûreté générale avait assuré que rien n’imposait «l’adoption de procédures à son encontre» ni «l’exposait à des poursuites judiciaires» au Liban. Le ministère libanais des Affaires étrangères avait rappelé qu’il n’existait pas d’accords de «coopération judiciaire» ou d’extradition avec le Japon.

Carlos Ghosn, qui fut le chef d’entreprise le mieux payé au Japon, y a été arrêté fin 2018. Il fait l’objet de quatre inculpations dans ce pays: deux pour des revenus différés non déclarés aux autorités boursières par Nissan (qui est aussi poursuivi sur ce volet), et deux autres pour abus de confiance aggravé.

Par Le Figaro avec AFP et Reuters

Disparition du président chinois d’Interpol: Paris « s’interroge » et se dit « préoccupé »

octobre 5, 2018

Photo prise le 4 juillet 2017 à Singapour du président chinois d’Interpol Meng Hongwei porté disparu / © AFP/Archives / ROSLAN RAHMAN

Paris « s’interroge » sur la « disparition inquiétante » du président chinois d’Interpol et se dit « préoccupé par les menaces » contre sa femme, a indiqué vendredi le ministère de l’Intérieur.

« La France s’interroge sur la situation du président d’Interpol », Hongwei Meng, dont la famille est sans nouvelles depuis le 25 septembre, et est « préoccupée par les menaces dont son épouse a fait l’objet », indique le ministère, qui précise qu' »un dispositif policier adapté (était) mis en place pour garantir (sa) sécurité ».

« Le 4 octobre en soirée, les services de police ont été informés, par son épouse, de la disparition inquiétante de M. Meng », et elle a affirmé « avoir récemment reçu des menaces via les réseaux sociaux et par téléphone », poursuit la même source.

« Interrogées par le bureau de liaison d’Interpol à Pékin, les autorités chinoises n’ont pour l’heure pas apporté de précisions », indique le ministère, ajoutant que « les échanges avec les autorités chinoises se poursuivent ».

Hongwei Meng a rejoint la Chine par avion depuis Stockholm, a-t-on appris de sources concordantes.

Le siège mondial d’Interpol, organisation internationale de coopération policière rassemblant 192 pays, est installé à Lyon, ville où réside également la famille de M. Meng.

Romandie.com avec(©AFP / (05 octobre 2018 19h00)

Vaste opération d’Interpol contre le trafic d’êtres humains en Afrique

novembre 23, 2017

Quarante personnes ont été arrêtées au cours d’une opération simultanée d’Interpol visant des trafiquants d’êtres humains dans plusieurs pays d’Afrique.

Après des mois de mise en garde par les ONG, et la diffusion d’un documentaire choc de CNN sur des cas d’esclavage en Libye, une quarantaine de personnes impliquées dans le trafic d’êtres humains ont été arrêtées au Tchad, au Mali, en Mauritanie, au Niger et au Sénégal, a-t-on appris jeudi auprès d’Interpol.

Des poursuites vont être engagées contre elles pour trafic d’êtres humains, travail forcé et exploitation de mineurs, précise Interpol dans un communiqué.

Au cours des opérations, plus de 500 victimes ont été secourues, parmi lesquelles se trouvaient 236 mineurs, dont certains ont été forcés à se prostituer.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et plusieurs ONG ont auditionné les victimes et ont veillé à ce qu’elles reçoivent le traitement nécessaire. «Cette opération a ouvert un certain nombre d’enquêtes en cours pour empêcher d’agir les réseaux criminels impliqués dans le trafic d’êtres humains», a déclaré Interpol. Une résolution préconisant des mesures plus fermes contre l’esclavage moderne dans le monde a déjà été approuvée à l’unanimité à l’Onu mardi. Cette résolution appelle les pays du monde entier à adopter des lois contre le trafic d’êtres humains, à redoubler d’efforts pour démanteler les réseaux criminels et à soutenir davantage les personnes qui ont réussi à échapper à l’esclavage.

Une situation dénoncée par les ONG depuis des mois

Un documentaire choc de CNN diffusé le 14 novembre a montré des images d’une vente aux enchères d’esclaves près de Tripoli, suscitant une vague d’indignation dans le monde. Emmanuel Macron a qualifié de «crimes contre l’humanité» ces exactions et a appelé à une réunion du Conseil de sécurité de l’Onu.

Si l’ampleur des réactions est inédite, les révélations sur la maltraitance et le trafic visant les migrants en Libye ne le sont pas. En avril, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) alertait sur des «marchés aux esclaves» découverts sur la route qu’empruntent les migrants africains pour gagner la Libye, y compris dans le sud du pays. Deux mois plus tard, l’OIM informait les Nations unies de cas de torture commis en Libye sur des migrants séquestrés. Là encore, les violences atroces étaient utilisées pour soutirer de l’argent à leurs familles. En octobre, le Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) évoquait des cas de «travail forcé» et d’«exploitation sexuelle», des coups à répétition et des privations de nourriture.

Avion de la Malaysia disparu: la piste terroriste s’éloigne selon Interpol

mars 11, 2014

LYON – Le secrétaire général d’Interpol, Ronald K. Noble, a déclaré mardi à la presse que la piste terroriste s’éloignait dans l’enquête sur la disparition de l’avion de la Malaysia Airlines.

Plus nous avons d’informations, plus nous sommes portés à conclure qu’il ne s’agit pas d’un incident terroriste (…), a déclaré M. Ronald K. Noble, secrétaire général d’Interpol.

Il s’agit d’un trafic d’êtres humains, a-t-il ajouté, en référence à la présence à bord de l’avion de deux personnes au moins ayant embarqué avec de faux passeports européens.

Nous avons de plus en plus de certitude que ces individus ne sont pas des terroristes, a-t-il assuré.

Grâce aux médias nous avons appris qui était sur la liste d’embarquement et nous avons su immédiatement que c’était des passeports volés, a-t-il précisé.

Selon M. Noble, les deux passagers voyageant avec des passeports volés, autrichien et italien, sont deux Iraniens qui ont voyagé de Doha à Kuala Lumpur avec leurs passeports iraniens. Ils n’ont utilisé les passeports européens volés que lors de l’embarquement en Malaisie.

Interpol a donné deux noms qui figuraient sur les passeports iraniens, sans certitude que ces noms correspondent bien aux deux passagers. Il s’agit de Pouri Nour Mohammad, 19 ans et Delavar Seyed Mohammad Reza, 30 ans.

Leurs photos ont été brièvement montrées à l’écran, mais Interpol s’est refusé à dire comment et où elles avaient été prises.

Maintenant qu’on connaît l’identité des personnes, on sait qu’ils quittaient Kuala Lumpur pour avoir un statut de réfugiés et on pourrait plus se focaliser sur le gang criminel qui leur a permis de voyager, a-t-il souligné.

La Malaisie avait lancé une enquête pour terrorisme après la découverte que deux passagers avaient embarqué avec des passeports volés en Thaïlande.

La police thaïlandaise a de son côté annoncé une enquête sur un possible trafic de passeports.

Le Boeing 777-200 de Malaysia Airlines disparu dans la nuit de vendredi à samedi transportait 239 personnes, dont deux enfants en bas âge.

Romandie.com avec(©AFP / 11 mars 2014 13h23)

Libye : des généraux proches de Kaddafi au Burkina

septembre 9, 2011

Des généraux proches de Mouammar Kaddafi, actuellement en fuite, seraient au Burkina après avoir transité par le Niger.

« Il y a trois à quatre semaines, une bande de généraux libyen et de hauts cadres proches de Kadhafi sont rentrés au Niger par Agadez, dans le nord du Niger » a expliqué une source Touareg de haut niveau à l’Afp, sans donner de précisions sur le nombre de généraux concernés.

« Après un séjour à Tahoua, au Sud d’Agadez, ils ont continué à Niamey, la capitale nigérienne, où ils ont procédé à d’importantes opérations bancaires à la Bisic (une banque libyenne) avant de continuer au Burkina Faso voisin », a expliqué cette même source.

Concernant Kaddafi, il est toujours introuvable. Jeudi, le Premier ministre nigérien Brigi Rafini, en visite au Burkina Faso, a affirmé que le Niger allait aviser concernant une éventuelle demande d’asile de Kaddafi. « Pour l’instant en tout cas, nous ne l’avons pas accueilli », a-t-il cependant tenu à préciser.

Prudence est mère de sureté

Ouagadougou et Niamey ont toujours démenti des informations faisant état de l’arrivée de l’ancien dictateur libyen sur leur territoire respectif. Plus prudent que son voisin, le Burkina Faso a même totalement exclu mardi d’accorder l’asile à Kaddafi « pour ne pas se créer des problèmes ».

Le guide déchu Mouammar Kaddafi fait en effet l’objet d’un avis de recherche international, après la diffusion vendredi d’une notice rouge par Interpol, alors que dans les derniers bastions pro-Kaddafi l’ultimatum pour une reddition sans combat expire samedi.

Jeuneafrique.com avec AFP