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Pourparlers centrafricains: accord de sortie de crise signé à Libreville

janvier 11, 2013
 

Pourparlers centrafricains: accord de sortie de crise signé à Libreville Pourparlers centrafricains: accord de sortie de crise signé à Libreville © AFP

Un accord de sortie de crise prévoyant un cessez-le-feu, le maintien du président François Bozizé au pouvoir et la formation d’un gouvernement d’union nationale a été signé vendredi à Libreville par les belligérants centrafricains, a constaté l’AFP.

Des législatives seront organisées dans 12 mois, « un nouveau Premier ministre issu de l’opposition démocratique sera nommé », selon cet accord lu devant la presse, et qui prévoit également le « retrait de toutes les forces militaires étrangères » de Centrafrique, à l’exception des Forces africaines d’interposition (FOMAC)

Jeuneafrique.com avec AFP

Centrafrique: Bozizé limoge son fils, la rébellion accepte de négocier

janvier 3, 2013

Le président centrafricain François Bozizé a fait le ménage dans la haute hiérarchie militaire mercredi, limogeant son fils du ministère de la Défense pour reprendre lui-même en main l’armée, incapable de résister sur le terrain à l’avancée des rebelles qui exigent son départ du pouvoir.

La coalition rebelle du Séléka a conquis en trois semaines la majeure partie du pays, mais devant la détermination de la force africaine d’interposition à l’empêcher de marcher sur la capitale Bangui, elle a toutefois décidé mercredi de stopper sa progression et d’accepter des pourparlers de paix avec le gouvernement centrafricain. Ces négociations pourraient débuter le 8 janvier à Libreville, la capitale du Gabon.

Dans son discours de voeux du Nouvel An, le président Bozizé avait « regretté » le manque de discipline et l’échec des Forces armées centrafricaines devant la progression éclair de la rébellion.

Le service de presse de la présidence a annoncé mercredi soir que le propre fils du chef de l’Etat, « le ministre délégué à la Défense Jean-Francis Bozizé avait été relevé de ses fonctions » tout comme « le chef d’état-major » Guillaume Lapo. « Le chef de l’Etat prend en main le portefeuille (de la Défense) », et le général de Division Michel Bémakoussi est nommé directeur de cabinet de la Défense, est-il indiqué.

Actuellement colonel, Jean-Francis Bozizé devait être promu général prochainement. Discret mais bien présent en politique, certains le voyaient déjà prendre la suite de son père.

Du côté des rebelles, le porte-parole de la coalition du Séléka, Eric Massi, a confirmé « suspendre l’offensive en direction de Bangui ». « Nous allons envoyer une délégation au Gabon en vue de participer aux pourparlers de paix », a-t-il ajouté.

« Normalement, ces négociations doivent avoir lieu le 8 janvier à Libreville. Il semblerait que la date du 8 janvier soit confirmée », a indiqué une source diplomatique. C’est le président congolais Denis Sassou Nguesso qui dirigera ces pourparlers, selon la même source.

Le porte-parole du Séléka a rappelé que les rebelles exigeaient le départ du pouvoir de François Bozizé qui dirige le pays depuis 2003. « Le départ du président Bozizé reste toujours pour nous une exigence parce que nous mettons en doute sa sincérité », a-t-il déclaré. François Bozizé s’est dit prêt à un dialogue sans condition en vue de la formation d’un gouvernement d’union nationale.

La ville de Damara désertée

Après avoir enlevé plusieurs villes du nord et du centre depuis le 10 décembre, la rébellion du Séléka campe à Sibut, à 160 kilomètres au nord de la capitale centrafricaine. Dans sa ligne de mire se trouve la ville de Damara, dernier verrou à 75 km de Bangui, où est positionnée la Force multinationale d’Afrique centrale (Fomac) qui s’est renforcée ces derniers jours.

Un contingent de 120 militaires camerounais est ainsi arrivé mercredi soir en République centrafricaine, a indiqué la Fomac.

La Force a clairement prévenu mercredi la rébellion que toute tentative de marcher sur Bangui serait considérée comme « une déclaration de guerre ». « Si les rebelles attaquent Damara, c’est une déclaration de guerre, cela veut dire qu’ils ont pris la résolution d’engager les 10 Etats d’Afrique centrale », a déclaré le général Jean-Félix Akaga, chef de la Force.

Ses effectifs, dont le gros des troupes est tchadien, devraient atteindre 760 hommes à la fin de la semaine, selon une source interne.

A ces effectifs s’ajoutent 600 soldats envoyés par la France, l’ancienne puissance coloniale, officiellement pour protéger et éventuellement évacuer ses ressortissants.

Le chef de l’Etat tchadien, Idriss Déby Itno, président en exercice de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale et allié du président Bozizé, qu’il a aidé à prendre le pouvoir en 2003, avait déjà prévenu lundi que Damara constituait « une ligne rouge à ne franchir par aucune des deux parties ».

Damara, ville d’environ 40. 000 habitants, a été presque entièrement désertée il y a six jours, à l’annonce de l’arrivée des rebelles, a constaté un journaliste de l’AFP. Les maisons sont presque toutes abandonnées, les habitants dorment à la belle étoile dans la brousse.

A Bangui, de nombreux « patriotes », répondant à l’appel de M. Bozizé, élèvent à la nuit tombée des barrages, censés prévenir toute incursion rebelle.

Jeuneafrique.com avec AFP

Centrafrique : la rébellion veut que le départ de Bozizé soit discuté avec l’UA

décembre 30, 2012

La coalition rebelle du Séléka a déclaré à l’AFP souhaiter que le départ du président centrafricain François Bozizé soit discuté dimanche avec le président de l’Union africaine (UA), le Béninois Yayi Boni, venu à Bangui pour tenter d’instaurer le dialogue.

La rébellion du Séléka a demandé dimanche le départ du président centrafricain François Bozizé et n’exclut plus de prendre Bangui où le président de l’Union Africaine Thomas Boni Yayi était attendu pour encourager un dialogue. De leur côté, les pays d’Afrique centrale ont averti qu’ils s’opposeraient à une avancée des rebelles sur la capitale dont ils ne sont plus qu’à 160 km.

« La question (du départ de François Bozizé) doit être discutée avec l’Union africaine », a déclaré à l’AFP le porte-parole de la coalition du Séléka Eric Massi, soulignant que le président Bozizé doit « reconnaître sa défaite militaire sur le terrain (…) et en tirer les conclusions ».

Désormais en position de force, et très sceptique sur la volonté de Bozizé de respecter d’éventuels accords, selon M. Massi, le Séléka semble de moins en moins disposé au dialogue et n’exclut pas d’entrer dans Bangui. « Le président centrafricain François Bozizé a l’intention de livrer bataille à Bangui, et si la situation l’exige, nous prendrons des dispositions », a affirmé le porte-parole, se disant inquiet de la situation sécuritaire à Bangui pour les familles et proches du Séléka qui sont « harcelés, intimidés et même enlevés ».

Installé dans la ville de Sibut, à 160 km au nord de Bangui, le Séléka n’a plus qu’à prendre la dernière localité verrou de Damara – où sont regroupées les Forces armées centrafricaines ainsi qu’un contingent d’interposition de l’armée tchadienne- s’il veut atteindre la capitale centrafricaine, à à peine 75 km de là.

Damara, « limite à ne pas franchir »

Il risque toutefois de trouver de se heurter à une résistance armée. Les forces de la CEEAC (présentes en Centrafrique) sont en état d’alerte maximale, et la ville de Damara constitue la limite à ne pas franchir. « Nous demandons aux FACA (les forces gouvernementales) et aux rebelles de ne pas dépasser leurs positions actuelles et de laisser une chance au dialogue », a déclaré à la radio nationale le chef de mission de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale, Antonio Di Garcia.

« Nous voulons dire au nom de la communauté internationale aux FACA et aux rebelles notre étonnement devant leur entêtement. Et nous le disons en relation avec les décisions des chefs d’Etat », a-t-il souligné. Vendredi, alors que la CEEAC annonçait des négociations sans délai et sans conditions acceptées par toutes les parties, les combats reprenaient à Bambari, importante ville du centre, que les FACA ont tenté vainement de reconquérir.

Dans la même journée, le Séléka a pris la ville de Sibut sans combat, FACA et armée tchadienne s’étant repliées vers Damara. Le Séléka, qui a repris les armes le 10 décembre pour réclamer le respect de différents accords de paix signés entre 2007 et 2011, s’est assuré du controle de la majeure partie du territoire centrafricain à une vitesse fulgurante et sans rencontrer de véritable résistance.

Durant toute sa progression, la rébellion a affirmé être prête à la négociation. Elle réfutait jusqu’à présent vouloir marcher sur Bangui tout en continuant à conquérir de nouvelles villes.

Jeuneafrique.com avec AFP

Centrafrique : un contingent déployé

décembre 28, 2012

Un contingent supplémentaire de la Force multinationale d’Afrique centrale (FOMAC) va être déployé en Centrafrique, ont annoncé les ministres des Affaires étrangères de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC) réunis à Libreville vendredi pour aborder la crise centrafricaine.

« 560 hommes sont déjà sur le terrain, et nous avons approuvé la demande du secrétariat général de la CEEAC afin de renforcer cet effectif et lui permettre d’accomplir sa mission d’interposition », face à la progression de la rébellion du Séléka qui menace à présent Bangui, a annoncé à l’issue du sommet Moussa Faki Mahamat, ministre tchadien des Affaires étrangères.

Lefigaro.fr avec AFP

Centrafrique : la coalition suspend ses opérations, le sommet de la CEEAC s’ouvre à N’Djamena

décembre 21, 2012

La coalition rebelle qui mène une offensive en Centrafrique s’est emparée d’une nouvelle ville jeudi 20 décembre. Après dix jours de troubles, elle a annoncé qu’elle suspendait ses opérations pour « donner une chance au dialogue ». Un sommet extraordinaire des chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) s’est ouvert vendredi à N’Djamena.

« La coalition a décidé de manière unilatérale à compter de jeudi soir de suspendre les opérations sur le terrain, afin de donner une chance au dialogue que nous réclamons depuis le début des opérations. Nous demandons à nos hommes de garder leurs positions et de ne pas céder aux provocations, en attendant l’ouverture d’un dialogue sincère », a déclaré M. Djotodia, l’un des responsables de la coalition rebelle centrafricaine Séléka.

Cette dernière a décidé de suspendre ses opérations tout en gardant ses positions sur le terrain afin de « donner une chance au dialogue ».

« L’arrivée des contingents tchadiens nous a fait penser à une intervention militaire aux côtés des forces régulières. Mais vu que le Tchad a clairement fait savoir que ses forces sont venues en mission d’interposition et non pas pour nous attaquer, nous suspendons les opérations et nous attendons la réponse de Bangui à propos de l’ouverture du dialogue », a affirmé le même responsable.

Les rebelles avaient conquis une nouvelle ville mais en perdu une autre. Selon les Forces armées centrafricaines (FACA), la coalition dite du Séléka a pris Batangafo, à 300 km au nord de Bangui, la capitale, mais l’armée a reconquis Kabo, à 60 km au nord de Batangafo, tombée mardi aux mains des rebelles.

Sommet de la CEEAC

Le Conseil de Sécurité de l’ONU avait appelé les insurgés à cesser les hostilités. Des négociations avaient été annoncées pour vendredi entre le gouvernement du président François Bozizé et les rebelles, qui ont repris les armes le 10 décembre pour réclamer l’application d’accords de paix. Ces pourparlers devaient avoir lieu au Tchad voisin, à l’occasion du sommet extraordinaire des chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) qui s’est ouvert vendredi à N’Djamena . Le Tchad a dit jouer un rôle de médiateur dans la crise, bien qu’il ait envoyé des soldats cette semaine en Centrafrique en réponse à un appel de son allié, le président Bozizé.

« Il n’est pas prévu au cours de ce sommet de négociations entre belligérants centrafricains », a finalement affirmé le ministre tchadien de Communication Hassan Sylla Bakari. Le sommet « sera consacré uniquement à la crise centrafricaine et à la République démocratique du Congo », a-t-il déclaré.

Quatre chefs d’États sont présents au sommet : le Centrafricain François Bozizé, le Tchadien Idriss Déby Itno, le Gabonais Ali Bongo et le Congolais Denis Sassou Nguesso. La CEEAC regroupe l’Angola, le Burundi, le Cameroun, la Centrafrique, le Congo Brazzaville, la République démocratique du Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, Sao Tomé-et-principe et le Tchad.

Jeudi, « les rebelles ont pris Batangafo (15 à 20 000 habitants) vers 11h00 (10h00 GMT) et progressaient vers Bouca », à 280 km au nord de Bangui, a indiqué une source à la gendarmerie de Bouca. Selon elle, les gendarmes ont quitté cette ville de moins de 10 000 habitants qui n’est pas défendue par des forces armées centrafricaines (FACA).

Dialogue

De son côté, l’armée régulière a repris Kabo, tombée la veille au terme de « violents combats », d’après une source militaire centrafricaine. « Les FACA se sont reconstituées sans renforts et ont lancé une contre-offensive. Les combats ont été particulièrement violents. L’armée a finalement pris le dessus et a repris le contrôle de toute la ville, obligeant les rebelles à battre en retraite », a-t-elle déclaré. « Trois éléments des FACA et deux rebelles ont été tués lors des combats », a-t-elle précisé.

Mercredi, à New York, le Conseil de Sécurité a demandé que les rebelles « mettent fin aux hostilités, se retirent des villes qu’ils ont prises et cessent leur progression » vers Bangui, tout en appelant à un dialogue politique.

Un chef du Séléka, Michel Djotodia, a refusé d’évacuer les villes conquises avant l’ouverture d’un dialogue. « Nous avons pris acte de la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU mais nous n’allons pas nous retirer des positions actuelles sur le terrain tant qu’il n’y aura pas un dialogue sincère avec le pouvoir », a-t-il déclaré par téléphone à l’AFP. « On ne cherche pas le pouvoir. On veut que nos droits soient reconnus, que des réponses puissent être trouvées à nos exigences, de façon à ce que le président Bozizé gouverne autrement », a-t-il dit.

Le Tchad en « facilitateur »

Le Tchad d’Idriss Deby, qui a aidé le président Bozizé à prendre le pouvoir en 2003 et qui était déjà intervenu contre des rebelles en 2010, a déclaré que ses soldats envoyés mardi en Centrafrique s’étaient déployés en force d’interposition.

Des négociations entre les parties adverses sont prévues vendredi. « Nous avons été sollicités par les belligérants pour jouer le facilitateur », a indiqué le ministre tchadien de l’information, Hassan Sylla Bakari.

En même temps, N’Djamena va accueillir vendredi un sommet des chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) sur le dossier centrafricain.

Pays enclavé de 5 millions d’habitants, parmi les plus pauvres de la planète, la Centrafrique était engagée depuis 2007 dans un processus de paix après des années d’instabilité, de rébellions, de mutineries militaires et de putschs qui l’ont empêché de tirer profit de ses ressources naturelles.

Jeuneafrique.com avec AFP

Mali/Le Capitaine Sanogo : ‘‘Pas de soldats de la CEDEAO sur notre sol’’

septembre 5, 2012
Bamako
© Getty Images par DR
Bamako (Mali) : Manifestation a l`aéroport par des partisans des auteurs du coup d`Etat
Jeudi 29 mars 2012. Bamako (Mali) . La manifestation pro-junte déroulée dans la matinée sur le tarmac de l`aéroport. Photo : Amadou Sanogo chef de la junte

Le capitaine Sanogo, président du CNDRE refuse l’arrivée d’une armée étrangère sur le sol malien. Il a réagi à la suite de la main tendue du président malien à l’égard d’Alassane Ouattara, président en exercice de la Cedeao. «Nous ne voulons pas de forces d’interposition sur notre sol. Nous voulons simplement du soutien aérien, du renseignement et plus tard, former notre armée par rapport à la lutte contre le terrorisme. Mais nous ne voulons pas de soldats de la CEDEAO sur notre sol. La demande qui a été formulée est celle de Dioncounda, ce n’est pas celle de l’armée malienne. La demande de l’armée malienne est catégorique. Elle veut du soutien logistique et du renseignement par rapport à la libération du Nord. On ne veut pas de troupes sur notre sol». Ces propos ont été tenus par Bakary Mariko, porte parole du capitaine Sanogo sur Radio France internationale, en réponse au courrier adressé par le président Dioncounda Traoré au président ivoirien, Alassane Ouattara.

Dans une lettre parvenue au chef de l’Etat ivoirien, président en exercice de la CEDEAO le mardi 4 septembre 2012, Dioncounda Traoré demande une aide pour renforcer les capacités de l’armée malienne dans sa volonté de conquérir le Nord occupé par des mouvements armés. «Reconquérir le Nord est le défi majeur et pour cela une assistance est nécessaire pour remettre à niveau rapidement les unités de l’armée», a écrit le président par intérim du Mali, qui a fait part d’un besoin de 5 bataillons qui seront «graduellement engagés à partir d’une ligne de front pour contrôler les villes reconquises», ajoute-t-il.

Le président de la Commission de la CEDEAO, Kadré Désiré Ouédraogo, qui s’est réjoui de cette demande formulée par les autorités maliennes, l’a qualifiée de «conforme» aux conclusions de la réunion de la CEDEAO des 28 et 29 juin deniers à Yamoussoukro. «C’est un bon développement, il reste maintenant à la CEDEAO d’examiner cette requête et de l’incorporer dans sa stratégie de mobilisation en vue de recueillir le soutien de la communauté internationale pour nos efforts de paix au Mali.

Les chefs d’états-majors ont travaillé sur toutes ces questions et ils ont des réponses précises sur les pays qui doivent fournir l’appui militaire (…) Il y a également le volet politique et le dispositif de la CEDEAO doit intégrer aussi bien le volet militaire que le volet politique pour s’assurer qu’il existe une cohérence parfaite entre toutes les structures.

La CEDEAO a demandé la coopération et la contribution de tous les partenaires africains ou non africains. Il est évident que la situation au Mali ne concerne pas que la CEDEAO, mais la communauté internationale (…) Tous ceux qui peuvent apporter une contribution ont été sollicités pour la mise en place de cette force», a expliqué Kadré Désiré Ouédraogo.

En dépit de ces bonnes intentions, le Capitaine Sanogo et ses amis ne veulent rien entendre.

L’Intelligent d’Abidjan par Olivier Dion

Guinée-Bissau : la junte prête à se défendre face à une force de l’ONU

avril 21, 2012

La junte, qui a pris le pouvoir en Guinée-Bissau le 12 avril, s’est déclarée vendredi prête à « défendre l’intégrité » du pays en cas d’envoi, sous l’égide de l’ONU, d’une force militaire pour y rétablir l’ordre constitutionnel.

« La Guinée-Bissau n’acceptera pas une force d’interposition car la situation ne l’exige pas. Si on lui envoie une force, elle défendra son intégrité territoriale », a déclaré le lieutenant-colonel Daba Na Walna, porte-parole de l’armée et de la junte. La veille, les pays lusophones, au premier rang desquels le Portugal et l’Angola, ont plaidé devant le Conseil de sécurité à New York pour l’envoi d’une force mandatée par l’ONU afin de « rétablir l’ordre constitutionnel » dans le pays.

« Le temps est venu de dire non à la domination des armes sur les urnes », avait lancé le chef de la diplomatie portugaise Paulo Portas, venu défendre une intervention dans cette ancienne colonie portugaise qui a connu le 12 avril son quatrième coup d’Etat militaire en moins de quinze ans. Une éventuelle « force de maintien de la paix » ou « mission de stabilisation » pourrait intégrer des contingents d’Afrique de l’Ouest et de pays lusophones, notamment des soldats angolais déjà présents sur place dans le cadre d’un accord bilatéral de coopération ou encore Cap-Verdiens.

« Ce qui est en cause, c’est le choix entre un Etat basé sur l’ordre constitutionnel ou un Etat voyou basé sur le pouvoir du trafic de drogue », a affirmé le ministre portugais, qui a demandé des sanctions internationales contre les auteurs du coup et « ceux qui les appuient politiquement ». Minée par une instabilité chronique, la Guinée-Bissau est devenue ces dernières années la plaque-tournante du trafic de cocaïne entre Amérique du sud et Europe, avec la complicité souvent dénoncée de la haute hiérarchie militaire et de certains reponsables politiques.

« Usurpation de pouvoir »

En annonçant jeudi, une semaine après le coup, un « transfert sans équivoque du pouvoir aux civils », la junte, qui maintient toujours en détention le président intérimaire Raimundo Pereira et le Premier ministre Carlos Gomes Junior, n’a guère convaincu. Pire, l’alliance de circonstance entre l’armée et les anciens opposants au régime renversé a provoqué la colère des voisins de la Guinée-Bissau qui se sont sentis dupés par les militaires.

Ces derniers s’étaient engagés « par écrit » lundi à « se retirer pour permettre un retour immédiat à la normalité constitutionnelle », selon le président de la Commission de la Cédéao (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest) Désiré Ouédraogo. Faisant fi de leurs promesses, la junte et l’ex-opposition ont désigné jeudi un président de transition en la personne de Manuel Serifo Nhamadjo, un dissident du parti au pouvoir éliminé au premier tour de la présidentielle du 18 mars, remporté par l’ex-Premier ministre Gomes Junior.

Le président du futur Conseil national de transition (CNT) a également été choisi. Il s’agit Braima Seri Djalo, vice-président du Parti de la Rénovation sociale (PRS) de Koumba Yala, principal opposant à Gomes Junior. S’exprimant vendredi soir pour la première fois depuis sa désignation, M. Serifo Nhamadjo a assuré ne pas avoir été consulté ni même informé préalablement de sa désignation, qu’il n’a toutefois pas rejetée. La date de l’investiture des nouveaux organes de transition, prévue pour fonctionner deux ans, n’a pas été précisée.

En attendant, la Cédéao a affirmé qu’elle rejetait cette « usurpation de pouvoir » et fait savoir qu’elle ne reconnaîtra « aucune transition émanant de la junte ». L’organisation régionale a prévu la semaine prochaine deux sommets pour discuter de la crise en Guinée-Bissau: le premier réunira six chefs d’Etat ouest-africains le 23 avril à Conakry, le second, trois jours plus tard à Abidjan, sera consacré aussi à la crise au Mali, autre pays de la région victime d’un coup d’Etat le 22 mars.

Jeuneafrique.com