Posts Tagged ‘Interrogatoire’

Congo: la stratégie du silence du général Mokoko face à ses juges

mars 23, 2018

 

Convoqué par les juges d’instruction pour un interrogatoire, ce lundi, puis à nouveau ce mardi, le général Jean-Marie Michel Mokoko, candidat malheureux à l’élection présidentielle du 20 mars 2016, actuellement détenu pour « atteinte à la sûreté intérieure de l’État », s’est retranché dans le mutisme.

Une lettre manuscrite du général Jean-Marie Michel Mokoko en date du 12 mars 2018, adressée au doyen des juges d’instruction du TGI de Brazzaville, circule sur les réseaux sociaux depuis le 19 mars. Dans ce courrier, authentifié par Me Norbert Tricaud, membre du collectif de défense du général Mokoko, le candidat malheureux au scrutin présidentiel du 20 mars 2016, incarcéré depuis 16 mois à la maison d’arrêt de Brazzaville pour « atteinte à la sûreté intérieure de l’État », explique qu’il « n’entend plus prendre part à la procédure dirigée contre [lui] ».

Parmi les raisons avancées, le « mépris de l’immunité juridictionnelle » que lui conférerait sa distinction de Grand officier dans l’Ordre du mérite congolais.  Il dénonce également une instruction « faite exclusivement à charge » et une « parodie de justice ». « J’arrête toute participation à votre procédure qui ne m’offre aucune garantie de bonne administration judiciaire, équitable et surtout fiable », conclut-il dans sa missive au juge.

La vidéo qui accuse

Le général Mokoko est poursuivi après qu’une vidéo a refait surface pendant la campagne présidentielle de 2016. Sur les images, datant vraisemblablement de 2007, on le voit discuter dans le bureau d’un avocat parisien à la réputation sulfureuse de la préparation d’un coup d’État contre le président Denis Sassou Nguesso.

Pendant une quarantaine de minutes, face à des personnes se faisant passer pour des agents de la DGSE, on l’entend notamment détailler les mesures et effectifs de protection entourant le président congolais, évoquer la liste des officiers à neutraliser…

Dans une autre séquence, face caméra, on le voit répéter sa déclaration de prise du pouvoir. « Cette prise de pouvoir n’est pas le résultat d’une ambition personnelle. Elle est dictée par le sens du devoir qui nous a toujours animés », dit-il alors.

Stratégie du silence

Convoqué ce lundi 19 mars pour un interrogatoire, il ne s’est pas présenté devant le juge.  Il a par contre répondu à la nouvelle convocation formulée pour le 20 mars. Jean-Marie Michel Mokoko s’est rendu devant le magistrat instructeur, assisté de ses deux avocats congolais Mes Yvon-Eric Ibouanga et Ludovic Désiré Essou, mais a refusé de répondre aux questions. Une posture que ses avocats estiment « plus forte » que le simple refus de paraître devant le juge et qui permet  également de rassurer sur son état de santé.

Selon son avocat parisien, Me Norbert Tricaud, le général Mokoko ne peut être poursuivi devant les juridictions de droit commun, du fait de son élévation à la dignité de Grand officier dans l’ordre du mérite congolais. Seule une cour spéciale de justice qui, pour l’instant, n’aurait pas été créée par les autorités congolaises, serait compétente pour examiner les accusations pesant sur lui. « Nous sommes devant un vide juridique », pointe l’avocat. D’après lui, les poursuites contre le général Mokoko devraient donc être annulées.

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Bataille procédurale

Toujours selon l’avocat, la Cour suprême congolaise a rejeté, vendredi 16 mars, le pourvoi du général contre l’arrêt de la chambre d’accusation de la Cour d’appel de Brazzaville, en date du 9 février précédent, déclarant irrecevable sa demande en nullité pour incompétence.

Me Norbert Tricaud espère que le procès de son client interviendra lors de la prochaine session de la Cour criminelle de Brazzaville, qui doit débuter le 29 mars. « L’affaire n’est pas inscrite au rôle, mais nous apprenons en coulisse qu’elle pourrait l’être de façon « improvisée » en cours de session », affirme-t-il.

Le président Denis Sassou Nguesso avait, dans son message sur l’état de la nation, prononcé devant le Parlement, réuni en Congrès le 30 décembre 2017, émis le vœu « que s’ouvre, courant premier trimestre de l’année 2018, le procès des citoyens actuellement en garde à vue prolongée, accusés d’avoir troublé l’ordre public ou porté atteinte à la sûreté de l’État, au terme des scrutins référendaires et présidentiel de 2016 ».

Sacer-infos.com par Stany Franck

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Gabon: Marie Madeleine Mborantsuo interrogée par la police française

février 9, 2018

 

Marie Madeleine Mborantsuo à Libreville, le 15 septembre 2016 © DR

La présidente de la Cour constitutionnel du Gabon a été entendue en décembre par la police française qui enquête sur son patrimoine en France. Ses proches dénoncent une investigation perturbée par les allégations mensongères de « corbeaux ».

En décembre 2017, Marie-Madeleine Mborantsuo (« 3M »), la présidente de la Cour constitutionnelle du Gabon, a été interrogée par les policiers français de l’Office central de répression de la grande criminalité financière qui, depuis 2014, enquêtent sur son patrimoine immobilier et financier en France.

À l’origine des ennuis de « 3M », une dénonciation de Tracfin (cellule française de lutte contre le blanchiment de capitaux), mais aussi, selon ses proches, les agissements de « corbeaux » de son propre pays, où elle compte autant d’ennemis dans l’opposition que de rivaux au sein du pouvoir.

D’où le grand nombre d’allégations mensongères qui, d’après eux, polluent l’enquête. Exemple : on lui prête 19 comptes bancaires, alors qu’elle dit n’en avoir jamais possédé que 4, ouverts et fermés l’un après l’autre par Barclays, le Crédit lyonnais, la BNP et un établissement monégasque.

Jeuneafrique.com

Le fils aîné de Trump interrogé au Congrès sur la Russie, à l’abri des caméras

septembre 7, 2017

Washington – Le fils aîné du président américain, Donald Trump Jr., a été interrogé jeudi pendant environ cinq heures au Congrès, à huis clos, par une commission qui enquête sur les ingérences présumées de la Russie pendant la campagne présidentielle américaine.

Evitant les photographes grâce à des entrées interdites à la presse, le co-dirigeant de l’entreprise familiale est venu au Capitole pour répondre aux questions des enquêteurs de la commission judiciaire du Sénat, l’une de celles qui enquêtent sur la Russie. Plusieurs sénateurs sont également venus l’écouter, mais sans poser de question.

La raison principale de sa venue est sa rencontre, le 9 juin 2016 à la Trump Tower à New York, avec une avocate russe venue de Moscou et qui lui avait été présentée comme « avocate du gouvernement russe », Natalia Veselnitskaya.

Le fils Trump s’était déjà justifié, en juillet lorsque la rencontre a été révélée, en expliquant qu’il la croyait capable de fournir des renseignements compromettants sur Hillary Clinton.

Immédiatement, les détracteurs de M. Trump y avaient vu la preuve d’une tentative de collusion entre l’équipe de campagne du candidat et Moscou.

Mais Donald Jr. avait déclaré que Mme Veselnitskaya n’avait finalement pas d’information à donner. Elle-même avait nié être liée au Kremlin, qui a affirmé ne pas la connaître.

D’autres Russes, ainsi que le gendre et le directeur de campagne de M. Trump, avaient participé à la réunion.

Jeudi, le fils Trump a une nouvelle fois nié la moindre collusion. Il a expliqué, lors d’une déclaration liminaire obtenue par le New York Times, qu’il avait accepté l’entrevue avec l’avocate russe afin de vérifier si l’offre d’informations était sérieuse.

« S’ils avaient des informations relative à l’aptitude, la personnalité ou les compétences d’un candidat présidentiel, je croyais devoir au moins les écouter », a déclaré l’héritier aux enquêteurs parlementaires. « Selon les informations qu’ils auraient eu, j’aurais pu consulter mes avocats afin de décider de la suite à donner ».

« Finalement, mon scepticisme était justifié. La réunion n’a permis de produire aucune information de valeur et ne correspondait pas à ce qui avait été promis », a-t-il ajouté, selon le Times.

Cette réunion « est l’événement crucial », a souligné le sénateur démocrate Dick Durbin, qui est passé écouter l’interrogatoire.

Plusieurs commissions s’intéressent au premier cercle du président américain. Son gendre et conseiller, Jared Kushner, a été interrogé à huis clos en juillet.

Les élus veulent faire la lumière sur l’existence ou non d’une coordination entre des membres de l’équipe de campagne du républicain et la Russie, au détriment d’Hillary Clinton.

Ces enquêtes parlementaires sont distinctes de celles menées par le procureur spécial Robert Mueller.

Romandie.com avec(©AFP / 07 septembre 2017 21h17)                                            

États-Unis: le Congrès commence à interroger le premier cercle de Trump sur la Russie

juillet 24, 2017

Le Haut conseiller du président des Etats-Unis, Jared Kushner à la Maison Blanche le 24 juillet 2017 / © AFP / YURI GRIPAS

Le Congrès américain a commencé à interroger lundi Jared Kushner, gendre et très proche conseiller de Donald Trump, sur ses liens avec la Russie avant et après l’élection présidentielle de 2016, mais les séances restent, pour l’instant, à huis clos.

Après plus de deux heures devant la commission du Renseignement du Sénat lundi, Jared Kushner se rendra mardi devant la commission équivalente de la Chambre des représentants, qui enquête pour déterminer si la campagne russe présumée de désinformation et de piratage contre Hillary Clinton a reçu des appuis au sein de l’équipe Trump.

Le mari de la fille du président Ivanka, premier de la garde rapprochée du milliardaire à s’expliquer devant les parlementaires, a nié en bloc la moindre connivence.

« Tous mes actes ont été appropriés, dans le cadre normal d’une campagne sans équivalent », a déclaré le conseiller, habituellement muet en public, devant les caméras à son retour à la Maison Blanche.

« Je n’ai pas commis de collusion avec la Russie, et je ne connais personne au sein de l’équipe de campagne qui l’ait fait. Je n’ai eu aucun contact inapproprié », a-t-il répété.

Il avait auparavant publié une déclaration écrite de onze pages à l’attention du Congrès détaillant ses rencontres et interactions avec plusieurs Russes l’an dernier.

Jared Kushner confirme qu’il a bien vu l’ambassadeur russe aux Etats-Unis deux fois ainsi qu’un grand banquier proche de Vladimir Poutine, Sergueï Gorkov, à sa demande. Il se souvient aussi d’avoir participé quelques minutes à une étrange réunion avec une avocate russe organisée par son beau-frère, Donald Trump Jr., en juin 2016. Quatre rencontres au total.

Mais il replace ces réunions dans le contexte de milliers de rendez-vous, coups de fils et messages échangés dans une période frénétique.

– Un fils Trump aussi –

Il raconte que son beau-père lui a demandé d’être le point de contact de la campagne pour les gouvernements étrangers et qu’à ce titre, il a eu plus d’une centaine de contacts avec des responsables de plus de 20 pays avant et après l’élection.

Et jamais, assure-t-il, la question des sanctions américaines contre Moscou n’a été évoquée. Son message, à chaque fois, a été de proposer un nouveau départ dans la relation bilatérale.

« Je n’ai pas eu de contacts inappropriés. Je ne dépendais pas de fonds russes pour financer mes affaires dans le secteur privé », martèle aussi M. Kushner.

Une phrase « à l’évidence élaborée par un avocat malin tentant de protéger son client », a ironisé le sénateur démocrate Ron Wyden, qui affirme que Jared Kushner joue sur les mots et n’a pas tout dit sur ses liens financiers avec des personnes et entités liées à la Russie.

« Les déclarations de M. Kushner n’ont que peu de poids, étant donné son refus de témoigner en public et sous serment », a aussi tancé l’élu démocrate Raul Grijalva.

Jared Kushner n’est pas le seul à intéresser les élus, dont les enquêtes s’ajoutent à celle du procureur spécial Robert Mueller.

Le fils aîné du milliardaire, Donald Jr., est actuellement en négociation avec le Congrès pour donner sa version des faits. Pour l’instant, il a réussi à éviter une audition publique, mais c’est l’objectif de nombreux parlementaires, démocrates comme républicains.

Il lui est reproché d’avoir invité à la Trump Tower cette fameuse avocate russe, Natalia Veselnitskaya. Elle lui avait été présentée par un intermédiaire comme porteuse d’informations compromettantes du gouvernement russe sur Hillary Clinton – bien qu’à la fin, elle n’ait apparemment pas été en possession desdites informations.

Paul Manafort, ancien chef de la campagne, est également appelé à témoigner, mais aucune date n’a encore été négociée.

« Des assignations seront sans doute nécessaires pour forcer Trump Jr. et Paul Manafort à témoigner », a averti le démocrate Richard Blumenthal, membre de la commission de la Justice, lundi sur MSNBC.

La « chasse aux sorcières » dénoncée par Donald Trump se poursuit donc malgré les admonestations du président.

Il a tweeté lundi que les commissions feraient mieux d’enquêter sur Hillary Clinton.

Mais au Congrès, les élus n’ont aucune tolérance pour la Russie. Mardi, la Chambre votera ainsi pour imposer un nouveau train de sanctions contre Moscou.

Romandie.com avec(©AFP / 24 juillet 2017 23h36)