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Égypte : Mohamed Morsi reporte sa visite en France

janvier 29, 2013
Mohamed Morsi, chef de l'État égyptien. Mohamed Morsi, chef de l’État égyptien. © AFP

Le président égyptien Mohamed Morsi a décidé de reporter sa visite à Paris, initialement prévue en fin de semaine.

L’échange entre le président égyptien Mohamed Morsi et son homologue français François Hollande s’annonçait tendu. Il n’aura finalement pas lieu ce vendredi 1er février comme prévu.

D’après l’Élysée, le président égyptien a décidé de reporter sa visite à Paris, prévue pour la fin de la semaine. Il devait être accueilli par la ministre française de la Francophonie, Yamina Benguigui, à l’aéroport jeudi, puis rencontrer François Hollande autour d’un petit déjeuner l’Elysée le lendemain matin.  Sa visite en Allemagne, qui devait avoir lieu mercredi et jeudi, sera quant à elle réduite à quelques heures, selon la présidence égyptienne.

Situation instable

Le président égyptien a vraisemblablement pris cette décision au vu de la situation très instable dans son pays. L’armée égyptienne avait mis en garde, quelques heures plus tôt, contre un possible « effondrement de l’État » suite à la crise que traverse l’Égypte. Quelque cinquante personnes ont trouvé la mort au cours d’émeutes contre le pouvoir ces cinq derniers jours.

Le président égyptien est l’un des rares chefs d’État à avoir pris position publiquement contre l’intervention française au Mali. « Nous n’approuvons pas du tout l’intervention militaire au Mali, qui est de nature à attiser le conflit dans la région », avait-il déclaré le 21 janvier, à Riyad, en Arabie Saoudite. L’explication entre les deux chefs d’État est donc remise à plus tard.

Jeuneafrique.com par Pierre Boisselet

Mali : Moscou promet une aide militaire à la France

janvier 19, 2013
  • La Russie, qui a publiquement soutenu l’opération française «Serval», devrait envoyer un Antonov 124 et des hommes du 224e détachement aérien au Mali.
    Correspondant à Moscou

    Rompant avec sa prudence habituelle, la Russie a promis une aide militaire à l’intervention française au Mali. Selon nos informations, Moscou fournira une assistance à Paris en envoyant, dans les jours prochains, un avion au Mali, destiné à transporter des armes légères. Il s’agirait d’un Antonov 124, appartenant à la compagnie Volga Dnepr, un appareil qui a déjà l’habitude de servir en Afrique sous mandat onusien. Des hommes du 224e détachement aérien seraient également mis à contribution sur le sol malien.

    Après que le ministère des Affaires étrangères russe a publiquement soutenu l’opération «Serval» et donné son feu vert à l’intervention militaire française dans le cadre du Conseil de sécurité de l’ONU, voici que Moscou prend une part plus active dans le conflit africain. Cette attitude a de quoi surprendre lorsque l’on sait que, depuis plusieurs mois, la Russie, prétextant un sacro-saint principe de non-ingérence, s’oppose à toute intervention militaire occidentale en Syrie.

    Histoire de respecter les apparences et de prévenir toute polémique naissante, le gouvernement russe rappelle qu’il agit dans le cadre de la force Misma, autrement dit sous l’égide de l’ONU et de l’Union africaine. Des formateurs russes pourraient également être dépêchés sur place, non pas formellement pour aider la France, mais le gouvernement malien lui-même. Une précision sémantique «extrêmement importante pour Moscou», explique une source diplomatique, mais qui cache des intérêts stratégiques.

    Les entreprises russes craignent une déstabilisation de la région

    Tout comme les puissances occidentales, et confrontée elle-même à une insurrection islamiste au Caucase du Nord, Moscou s’inquiète d’un débordement similaire au Sahel. «La Russie soutient l’opération de liquidation des terroristes au nord du pays, mais considère que les efforts de pacification devront être organisés par les Africains eux-mêmes», a précisé, dans une déclaration soigneusement pesée, le représentant spécial de Vladimir Poutine en Afrique, Mikhaïl Margelov.

    À l’époque soviétique, le Mali était, de tous les pays francophones du continent, celui qui avait noué le plus de contacts avec l’URSS. Moscou a formé à l’époque près de 4000 étudiants maliens, y compris l’ex-président Amadou Toumani Touré, qui a fréquenté l’école supérieure des parachutistes de Riazan, à 200 kilomètres au sud de Moscou.

    L’URSS a longtemps exploité au Mali une mine d’or aujourd’hui en déshérence. Les grandes entreprises russes, comme Gapzrom (gaz), Severstal (acier) ou Rosatom (nucléaire), ont toutes d’importants intérêts économiques dans les pays limitrophes du Mali. «Ces dernières ont tout à perdre d’une déstabilisation de la région», explique au Figaro l’ancien ambassadeur au Mali, Evgueni Korendiassov.

    La perspective d’une aide militaire russe au Mali a néanmoins suscité les critiques de l’hebdomadaire populaire Argoumenty i Fakty. Ce dernier s’étonne que «le budget militaire russe finance une guerre d’invasion de la France en Afrique».

    Lefigaro.fr par Pierre Avril

Mali : opération Tombouctou

octobre 5, 2012
Éléments de l'armée malienne près de Mopti, en août 2012. Éléments de l’armée malienne près de Mopti, en août 2012. © Marco Gualazzini/The New York Times

Une intervention internationale dans le Nord-Mali paraît inéluctable. Prendra-t-elle la forme de frappes ciblées ou d’une guerre conventionnelle ? Quels sont les moyens mis en oeuvre, les stratégies envisagées et les pays volontaires pour prêter main-forte à l’armée malienne ?

Ce 26 septembre, à l’Assemblée générale de l’ONU, à New York, ils ont sonné la charge. « Nous sollicitons l’adoption d’une résolution du Conseil de sécurité pour la mise en place d’une force militaire internationale », a déclaré Cheick Modibo Diarra, le Premier ministre malien, tandis que François Hollande, le président français, reconnaissait que « la situation dans le Nord-Mali [était] insupportable, inadmissible, inacceptable », qu’il n’y avait « pas de temps à perdre ». Si les négociations échouent, la guerre se profile donc. À quelle échéance ? Dans le scénario express, le Conseil de sécurité vote un texte d’ici à la mi-octobre et la force internationale se déploie fin 2012. Dans le scénario au long cours – relayé par un diplomate américain à New York -, l’intervention militaire met « des mois, voire un an » à se matérialiser. Pronostic d’un conseiller militaire français : « Pour la mise en place de cette force, il faut compter entre quatre et six mois. »

Le premier écueil, c’est l’armée malienne. Depuis le putsch du 21 mars à Bamako et la déroute du 31 mars à Gao, d’où elle s’est enfuie sans combattre, cette armée est en mille morceaux. De nouveaux équipements sont attendus. La vingtaine de blindés qui étaient bloqués dans le port de Conakry doivent enfin être acheminés dans la capitale malienne. « Mais le vrai problème, c’est celui du commandement », confie le conseiller militaire. « La junte n’est pas l’élite de l’armée, ajoute un expert malien. Elle a écarté beaucoup de personnes compétentes, uniquement parce qu’elle n’avait pas d’affinités avec elles. »

La restructuration de cette armée est donc prioritaire. Premiers concernés : les quelque 2 000 soldats regroupés à Sévaré, sous le commandement du colonel Didier Dacko. Jusqu’à présent, les experts militaires de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) n’ont pas eu accès à cette base toute proche de l’aéroport de Mopti – doté d’une piste de 3 000 mètres. Quatre officiers supérieurs de la « Force en attente » de la Cedeao espèrent être autorisés à s’y rendre début octobre pour évaluer l’état des troupes. Le deuxième écueil, c’est le financement de l’opération. Aboudou Touré Cheaka, le représentant spécial de la Cedeao à Bamako, est lucide. « La France, l’Europe, les États-Unis et tous les autres contributeurs traditionnels ont besoin de temps pour mobiliser les moyens. Il ne faut pas oublier que c’est la crise. Si les Maliens n’avaient pas tergiversé, on aurait pu gagner plusieurs mois », assure-t-il.

Le troisième écueil, c’est bien sûr la constitution d’une force africaine d’environ 3 100 hommes, la future Mission de la Cedeao au Mali (Micema). À l’origine, il y a quatre mois, tout le monde était partant. Mais, depuis, la Côte d’Ivoire et le Liberia se sont désistés – il est vrai qu’ils font face à de sérieux problèmes intérieurs. Restent surtout trois pays, le Niger, le Nigeria et le Togo, qui sont prêts à fournir 600 hommes chacun (500 pour un bataillon d’infanterie, 100 pour une force de police). Le Bénin, le Burkina et le Sénégal promettent également d’envoyer chacun une unité – 100 à 500 hommes, selon les pays.

Hors Cedeao, le Tchad semble d’accord pour contribuer à cette force. Analyse du conseiller militaire français : « L’armée tchadienne est solide. Elle a l’habitude de combattre dans le désert. Et n’oubliez pas son potentiel aérien [six avions bombardiers Soukhoï et trois hélicoptères d’attaque MI-17 et MI-24, NDLR]. Il peut être précieux. » La Mauritanie, en revanche, renonce. Pour les stratèges de l’opération, c’est évidemment une mauvaise nouvelle, mais le président Mohamed Ould Abdelaziz juge prioritaire le contrôle de son propre territoire. Si les jihadistes tentent de se réfugier dans le désert mauritanien, il bouclera sa frontière. Pour la Micema, c’est déjà une bonne chose.

L’Algérie soulève beaucoup plus d’interrogations. Selon les services de renseignements occidentaux, le carburant et la nourriture des jihadistes viennent en très grande partie de Tamanrasset. « C’est la source d’une totale incompréhension, souffle un diplomate français. C’est presque de la bienveillance et du soutien. En cas de conflit, nous espérons que les Algériens maintiendront un dispositif fort à leur frontière pour faire barrage aux islamistes. »

Soutien logistique

Que feront les Occidentaux ? « Notre soutien s’effectuera sur le plan logistique, simplement sur le plan logistique », affirme François Hollande. Pas si simple. Bien sûr, les avions gros-porteurs nigérians ne suffiront pas à acheminer toutes les troupes. L’US Air Force et l’armée de l’air française seront mises à contribution. Les Américains et les Français joueront aussi un rôle capital dans le renseignement et les attaques ciblées. À côté du satellite et du gros avion Breguet Atlantic, le drone est un vecteur efficace pour espionner l’adversaire. C’est aussi une arme redoutable pour procéder à des assassinats ciblés, comme on le voit au Pakistan et au Yémen. Depuis quelques mois, les Américains déploient des drones et des petits avions de reconnaissance de type Pilatus – une vingtaine au total – dans la sous-région, notamment à Ouagadougou. Et les Français ? Dans leur arsenal, ils n’ont que quatre drones – « Nous avons un trou capacitaire », reconnaît un officier de l’état-major à Paris. Et, à la différence de leurs cousins américains, les drones français ne sont pas équipés d’armes et ne font que de la surveillance.

« Nous n’avons pas du tout l’intention d’avoir des troupes au sol », jure Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères. Il n’empêche. Quelque 80 membres des forces spéciales équipés d’hélicoptères de combat circulent entre la Mauritanie, le Burkina et le Niger. Leur priorité : les six otages français aux mains d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Depuis 2010, ces forces sont déjà intervenues à trois reprises pour tenter de libérer des otages dans le Nord-Mali. A priori, elles ne participeront pas aux opérations antijihadistes. Mais qui sait ?

La crainte des services de renseignements: un raid kamikaze sur un bâtiment public ou un hôtel de la sous-région.

Frappes ciblées ou attaque conventionnelle ? C’est la question. Pour reconquérir le Nord, les stratèges ont deux options : lancer des drones tueurs sur quelques chefs jihadistes – « À Gao et à Tombouctou, on sait où ils logent ; quand ils se déplacent, on les suit à la trace car, dans le désert, tout est apparent… » -, ou bien mener une triple offensive pour prendre l’adversaire en tenaille. Dans cette seconde option, deux « colonnes Dacko » partiraient de Sévaré vers Gao et Tombouctou. Sur leur flanc gauche, la « colonne Ould Meidou » – du nom du colonel dont les quelque 600 hommes se sont réfugiés un temps en Mauritanie et stationnent aujourd’hui au camp de Nkorobougou, près de Koulikoro – roulerait vers Tombouctou. Et sur leur flanc droit, la « colonne Ag Gamou » – du nom du colonel réfugié au Niger avec 400 hommes – marcherait sur Gao. Les bataillons étrangers interviendraient en appui.

À vrai dire, les deux options peuvent se compléter. Pronostic de l’expert malien : « Si on arrive à infiltrer des hommes à Gao et à Tombouctou et si on peut éliminer deux ou trois têtes jihadistes, ça peut changer beaucoup de choses. Qui sait si les islamistes d’Ansar Eddine ne changeront pas de camp ? Dans ce cas, il n’y aura peut-être pas besoin de tous ces bataillons pour reconquérir le Nord. Cela dit, il faudra des effectifs pour tenir ensuite le terrain reconquis. »

400 combattants fanatisés

Quelle est la capacité de riposte des jihadistes ? « Leur principale force, c’est la mobilité », estime un membre de l’état-major de la Micema. Les 3 000 à 4 000 hommes qui occupent le Nord-Mali, dont un noyau dur de 400 combattants fanatisés, disposent de nombreux pick-up équipés de mitrailleuses 12.7 et 14.5. « Une 14.5, quand ça vous prend une colonne, ça fait du dégât », note le conseiller militaire français. En revanche, les jihadistes ont curieusement des problèmes de munitions. « C’est parce qu’ils tirent à tout bout de champ, commente une source proche d’un service de renseignements occidental. En ce moment, dans le Nord-Mali, les prix des munitions montent en flèche. » Ont-ils des missiles sol-air ? « Sans doute. Après le pillage des arsenaux de Kaddafi, on a retrouvé beaucoup de SA-7 sur les « marchés » de la sous-région. En revanche, les SA-18 ont disparu. Ce n’est pas bon signe. Aqmi se serait procuré aussi quelques missiles Anza MK-II de fabrication pakistanaise. »

Le colonel Didier Dacko au milieu de ses hommes, dans la région de Sévaré.

©Marco Gualazzini/The New York Times-Redux-Rea

Surtout, les groupes jihadistes du Nord-Mali représentent une menace terroriste pour les grandes villes du Sahel, qui sont vulnérables. En janvier 2011, Aqmi a enlevé deux Français à Niamey. En février de la même année, elle a failli faire exploser une voiture piégée devant l’ambassade de France à Nouakchott. Dans quelques jours, à la fin de la saison des pluies, les routes vont redevenir praticables, et beaucoup redoutent un raid kamikaze sur un bâtiment public ou un grand hôtel de la sous-région. C’est pourquoi, parmi ses 3 100 hommes, la Micema comptera plusieurs centaines de policiers chargés de protéger les arrières de la force multinationale – en priorité le QG stratégique et le pôle de soutien logistique de Bamako, ainsi que le QG de théâtre de Sévaré, « hub » de l’opération.

« On n’est pas dans un scénario conventionnel, estime l’expert malien. Ce qui compte le plus, c’est la formation d’unités spéciales et un travail d’infiltration chez l’ennemi, d’autant que le fanatisme des occupants et l’arrivée de jihadistes égyptiens et pakistanais braquent de plus en plus les populations maliennes ». Quel rôle joueront les habitants dans le conflit ? « Mariages, trafics… Beaucoup de gens ont tissé des liens avec les islamistes. J’ai peur qu’ils ne se rangent à leurs côtés », s’inquiète un notable de Tombouctou. « Le discours de François Hollande a suscité la joie ici, je vous le dis ! Les islamistes ne sont pas tranquilles, on le sent. Ils doivent être en réunion quelque part, parce qu’ils ne sont plus aussi nombreux à patrouiller le soir », se réjouit un transporteur de Gao. 

Jeuneafrique.com par Christophe Boisbouvier et Malika Groga-Bada

Mali : une nouvelle donne régionale après l’échec de la rébellion touarègue du MNLA

juillet 1, 2012

Aussi fulgurante que son ascension, la défaite de la rébellion touareg du MNLA au Nord-Mali témoigne de son incapacité à s’ancrer sur un territoire labouré par des islamistes motivés: une nouvelle donne qui, pour les experts, rend très risquée une intervention militaire.

Né fin 2011, le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) était pourtant considéré comme le grand bénéficiaire du coup d’Etat militaire du 22 mars contre le régime d’Amadou Toumani Touré. Il se présentait lui-même comme un « rempart » contre Al-Qaïda au Maghreb (Aqmi), cherchant à s’attirer les sympathies d’un Occident inquiet face à la menace terroriste. Comment ce mouvement d’enfants du pays, héritiers d’une longue tradition de luttes indépendantistes, a-t-il pu être chassé de ses terres en quelques mois, jusqu’à la déroute cinglante de jeudi avec la chute de son quartier général de Gao

Le chercheur Pierre Boilley, directeur du Centre d’études des mondes africains (Cémaf) à Paris, avance plusieurs explications, dont « l’existence de courants antagonistes au sein du MNLA » et l’incapacité des touareg à fédérer « l’ensemble des populations du nord, notamment les arabes et les songhaï ». « La crise en Libye, qui a fourni hommes et armes aux factions armées du Nord-Mali (MNLA comme islamistes), a précipité le déclenchement de la rébellion sans que le projet du MNLA pour un Etat indépendant au Nord soit très abouti », ajoute-t-il.

Pour l’islamologue Mathieu Guidère, les combattants du MNLA « se sont démobilisés après la prise des grandes villes » alors que les islamistes locaux d’Ansar Dine, commandés par le charismatique leader touareg Iyad Ag Ghaly, « ont labouré le terrain, restauré l’ordre dans les villes, rassuré les commerçants ». Et Ansar Dine, relèvent les chercheurs, a continué « à revevoir un soutien logistique et financier », notamment de personnalités en Arabie Saoudite et en Algérie, alors que le MNLA s’isolait par sa déclaration unilatérale d’indépendance de l’Azawad.

« Les islamistes du Nord-Mali ont reconnu Iyad Ag Ghaly comme le maître du territoire »

La situation est aujourd’hui « plus claire au nord qu’au sud du Mali. Le Nord est clairement contrôlé par des islamistes, avec un groupe dominant qui est Ansar Dine », affirme Mathieu Guidère. « Avec Aqmi et Mujao (Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest, groupe dissident d’Aqmi), ils se sont mis d’accord il y a deux mois sur une plateforme commune, pour l’instauration d’un Etat islamique au Nord-Mali », dit-il.

L’islamologue explique que les liens hierarchiques entre eux sont très codifiés: « les islamistes du Nord-Mali ont reconnu Iyad Ag Ghaly comme le maître du territoire. Ce qui signifie que les responsables d’Aqmi comme Mokhtar Belmokhtar ou Abou Zeid ont fait allégeance à Ghaly ». Pour le spécialiste des mouvements islamistes Dominique Thomas, de l’Ecole pratique des hautes études en sciences sociales (EHESS), « Aqmi a effectivement trouvé un sanctuaire dans la zone controlée par Ansar Dine ». Mais il souligne que les membres d’Aqmi « sont eux-mêmes implantés depuis des années, ont noué des liens avec les habitants à travers leurs trafics et des mariages ».

Nouvelle donne

Face à cette « nouvelle donne », la communauté internationale est hésitante. Réunis vendredi à Yamoussoukro, les dirigeants d’Afrique de l’Ouest ont à nouveau exhorté le conseil de sécurité de l’ONU à autoriser l’envoi d’une force au Mali. Mais ils ont aussi réitéré leur préférence pour la négociation. Les Etats-Unis, qui emboitent généralement le pas à la France sur ce dossier, ont aussitôt mis en garde contre une « entreprise très lourde ». A Paris, on attend des Etats africains qu’ils définissent clairement le cadre et les objectifs d’une telle intervention.

Les experts relèvent aussi les divisions régionales, l’Algérie étant tradionnellement très hostile à toute intervention, contrairement au Nigeria ou à la Côte d’Ivoire, et jugent qu’une intervention militaire est très risquée. Elle serait vécue au Nord « comme une occupation par des troupes étrangères » et au Sud comme « une sorte de mise sous tutelle », relève Mathieu Guidère. « Si Ansar Dine est vaincu, les islamistes vont rejoindre Aqmi. Cela ne fera que gonfler les rangs d’Aqmi de façon terrifiante », estime-t-il. Reste aussi « une inconnue », pour Pierre Boilley: « la capacité ou pas du MNLA de préparer une contre-offensive ».

Jeuneafrique.com

Kenya: menace d’attentat sur hôtels et bâtiments officiels à Nairobi

avril 23, 2012

L’ambassade des Etats-Unis à Nairobi a mis en garde lundi les ressortissants américains au Kenya contre une menace d’attentat sur des hôtels et bâtiments officiels de la capitale kényane.

L’ambassade « a reçu des informations crédibles sur un attentat possible contre des hôtels et des bâtiments gouvernementaux kényans d’importance », explique la représentation américaine dans un « message de sécurité ».

« Le moment de l’attentat n’est pas connu, néanmoins l’ambassade a des raisons de penser que l’attentat potentiel est dans les phases ultimes de préparatif », poursuit le message.

Le 23 octobre, l’ambassade américaine à Nairobi avait déjà mis en garde ses ressortissants contre le risque d’attaques contre des étrangers au Kenya, après le lancement d’une offensive militaire kényane contre les insurgés islamistes shebab dans le sud de la Somalie.

L’ambassade avait même conseillé de « reporter » les voyages au Kenya.

Le 4 novembre, elle avait mis en garde les ressortissants américains contre les déplacements au Kenya, après une série d’enlèvements contre des ressortissants européens dans le pays.

Les shebab, récemment intégrés au réseau Al-Qaïda, ont a plusieurs reprises menacé de frapper le Kenya en représailles à l’intervention militaire kényane en Somalie.

Le Kenya accueille sur son sol une forte population de Somaliens qui ont fui la famine et le chaos dans lequel est plongé leur pays, livré aux chefs de guerre, groupes criminels et milices islamistes depuis la chute du régime du président Siad Barre en 1991.

Par ailleurs, environ 1% des Kényans sont d’ethnie somali.

En 1998, 213 personnes avaient été tuées au coeur de Nairobi, frappé par un sanglant attentat visant l’ambassade américaine et perpétré par Al-Qaïda.

Jeuneafrique.com avec AFP

Le Kenya sera combattu « sur tous les fronts », menace un chef shebab Le Kenya sera combattu « sur tous les fronts », menace un chef shebab

octobre 18, 2011

Un chef des insurgés islamistes shebab a menacé le Kenya d’attaques « sur tous les fronts » à la suite de l’intervention militaire lancée par Nairobi dans le sud de la Somalie.

« Le Kenya a rejoint la liste des (pays) occupant le territoire d’un autre pays, et l’histoire nous dira ce qui adviendra de cette agression, » a déclaré Cheikh Hassan Dahir Aweys, un des fondateurs du mouvement shebab, à l’AFP par téléphone.

« Nous n’allons épargner aucun effort et nous combattrons le Kenya sur tous les fronts possible », a-t-il averti.

« Nous ne craignons pas de nous battre à mort parce que Dieu nous récompensera si nous mourrons, » a encore ajouté Cheick Hassan Dahir Aweys, qualifiant de « stupide » la décision de Nairobi de venir combattre les insurgés sur leur sol.

Nairobi a annoncé dimanche avoir lancé des troupes à la poursuite des shebab, qu’elle accuse d’être derrière les récents enlèvements d’Européennes sur son territoire. Les shebab ont formellement rejeté toute responsabilité dans ces kidnappings.

Jeuneafrique.com avec AFP