Posts Tagged ‘Intervention’

[Tribune] – Pour une intervention des institutions africaines au Sahel

avril 28, 2021
Au Mali, patrouillent conjointement les soldats francais de la force Barkhane et ceux des forces armées maliennes du G5 Sahel

Le Burkina Faso, le Mali et le Niger connaissent une crise profonde qui ne trouve aucune solution dans les actions antiterroristes mises en place. Il est temps que d’autres acteurs africains prennent leurs responsabilités.

La crise au Sahel central est l’une des plus importantes au monde, avec 14 millions de personnes ayant besoin d’une aide d’urgence au Burkina Faso, au Mali et au Niger. En 2020, plus de civils ont été tués par des soldats censés les protéger que par des groupes armés non étatiques. Pourtant, aucun soldat burkinabé, malien, nigérien ou chef de milice impliqué dans des violations des droits de l’homme n’a encore été traduit en justice.

Stratégies défaillantes

En ma qualité d’expert indépendant des Nations unies sur la situation des droits humains au Mali, j’ai constaté que les souffrances et l’instabilité ont été d’une telle ampleur qu’on pourrait penser que ce conflit aurait fait l’objet d’une médiatisation globale et aurait été la priorité de l’attention mondiale. Toutefois, cela n’a pas été le cas, comme en témoigne le fait que, sur les plans d’intervention humanitaire de 2020, seuls 48 % ont été financés au Mali, 60 % au Burkina Faso et 61 % au Niger.

Malgré toutes les informations disponibles sur le conflit, les gouvernements sahéliens et leurs partenaires internationaux ont réagi à la crise principalement par une optique antiterroriste qui ne s’attaque pas suffisamment aux causes profondes de la crise, ni met la protection des civils au cœur de leur réflexion. Les défaillances de gouvernance stratégique , la corruption et l’impunité ne sont toujours pas résolues, ce qui a permis à la crise de progresser et de perdurer.

Un récent rapport de la Coalition citoyenne pour le Sahel intitulé « Sahel: ce qui doit changer » fait valoir que les attaques des groupes djihadistes continuent et doublent chaque année depuis 2016. L’augmentation spectaculaire des morts civils aux mains des forces de sécurité de l’État illustrent clairement que l’accent mis sur une approche antiterroriste au Sahel central ne fonctionne pas.

La France et d’autres membres de la communauté internationale ont une responsabilité à endosser afin de résoudre les conflits dans la région à plus long terme, en particulier dans le contexte du colonialisme.
Ce n’est un secret pour personne qu’au cœur de la crise de gouvernance au Sahel central se trouve l’échec de la construction de l’État-nation. Plus précisément, l’incapacité de briser le modèle hérité des politiques coloniales en vertu desquelles chaque colonie était gouvernée séparément en fonction de son utilité individuelle.

SOLUTIONS AFRICAINES AUX PROBLÈMES AFRICAINS

Le colonialisme a eu pour conséquence directe le manque d’intégration au niveau national et sous-régional, remettant en question la cohésion nationale dans les trois États sahéliens centraux, et les prédisposant au cycle répété de la polarisation, de la radicalisation et des conflits. Néanmoins, ces liens historiques n’exonèrent pas les États africains de leur responsabilité et de leur rôle de leadership. Les gouvernements sahéliens, avec le soutien de l’Union africaine, ont l’obligation d’entendre et d’agir par rapport aux aspirations de leurs citoyens. Notre orientation politique ne peut plus être éclairée par des sommets convoqués à la hâte par des puissances extérieures – cela va à l’encontre de toute notion d’autodétermination et de « solutions africaines aux problèmes africains ».

Les pays sahéliens doivent répondre à la crise en donnant la priorité à la protection de leurs citoyens, en particulier des civils. Les principes de bonne gouvernance exigent une meilleure gestion de la diversité, du dynamisme ethnoculturel et territorial, ainsi que la gestion des ressources naturelles, y compris la dynamique concernant les conflits agriculteurs-éleveurs. Ces règles ont des répercussions sur l’étendue de la représentation des citoyens dans le processus politique. Une bonne gouvernance responsable exige que les gouvernements centraux et leurs autorités locales fournissent des services essentiels, efficaces et efficients à tous les citoyens, et sans discrimination.

Le changement est maintenant urgent. Les inégalités qui se reflètent dans les déséquilibres persistants entre les zones urbaines et rurales dans l’investissement public ne peuvent pas perdurer, pas plus que la corruption dans la gestion des budgets du secteur de la défense et l’impunité des forces armées qui commettent des actes de violence contre les civils qu’elles sont chargées de protéger.

La Coalition citoyenne pour le Sahel est cette union relativement jeune d’organisations de la région sahélienne, du continent africain et de partenaires du monde entier. Elle a utilisé, avec succès, le pouvoir d’une voix unie pour proposer audacieusement de nouvelles solutions mesurables et mettre à nu  le décalage entre les défaillances de gouvernance, leur contribution à l’escalade du conflit et le coût d’une insistante réponse militarisée générant une surabondance de morts parmi les civils.

Les réactions des représentants de l’Union africaine, de la France et de l’Allemagne ont été vues. Leur appui explicite à la nouvelle approche envisagée prouve que les efforts militaires ne peuvent, à eux seuls, résoudre les crises profondément enracinées du Sahel, ni protéger les civils. Cela indique que le changement au Sahel pourrait effectivement être en vue. Toutefois, des mesures concrètes sont encore nécessaires pour transformer des déclarations une réalité.
Les Sahéliens doivent maintenant tenir pour responsable leurs dirigeants, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, l’Union africaine et les partenaires internationaux afin de placer les populations au centre de la réponse et de mettre fin à leurs souffrances en s’attaquant, d’abord et avant tout, aux causes profondes du conflit.

Je crois que la ténacité, l’activisme et la créativité qui résident dans le peuple sahélien ne permettront plus aux dirigeants, dans la région et au-delà, de se reposer sans donner la priorité aux populations civiles.

Par  Alioune Tine

Expert indépendant des Nations Unies sur la situation des droits humains au Mali, Fondateur du think tank AfrikaJom.

RDC : des soldats rwandais et burundais sont intervenus dans l’Est, selon l’ONU

janvier 5, 2021
Soldats rwandais se retirant du territoire congolais, ici à Goma, le 25 février 2009 (illustration).

Le dernier rapport du groupe d’experts de l’ONU mentionne des opérations menées par les forces armées rwandaises et burundaises dans l’est de la RDC de la fin de 2019 à octobre 2020. Ce que Kigali et Gitega démentent.

Des contingents étrangers sont-ils intervenus dans l’est de la RDC à partir de la fin de l’année 2019 ? C’est en tout cas l’une des principales conclusions du dernier rapport du groupe d’experts de l’ONU sur la RDC.

Rendu public le 23 décembre 2020, ce document de plus de 200 pages souligne que, « de la fin de 2019 au début d’octobre 2020, des membres des Forces de défense rwandaises (RDF) étaient présents dans le Nord-Kivu ».

À l’en croire, « l’armée burundaise, aux côtés de membres des Imbonerakure, a également lancé des incursions dans le Sud-Kivu entre novembre 2019 et juillet 2020 ». Ces interventions auraient été menées « en violation du régime de sanctions » car elles n’ont pas été notifiées au comité onusien chargé de veiller à son respect.

Preuves à l’appui

Pour étayer ces accusations, les auteurs du rapport disent se fonder sur plusieurs éléments de preuve (documents, photographies, images aériennes, etc.) et assurent que la présence des RDF a été confirmée dans les territoires de Nyiragongo, de Rutshuru et de Masisi.

SOIXANTE MEMBRES DES RDF PORTANT 18 MITRAILLEUSES PKM ET QUATRE LANCE-ROQUETTES AURAIENT ÉTÉ OBSERVÉS SUR LE MONT RUGOMBA

Ils citent notamment une lettre de Célestin Mbala, le chef d’état-major des Forces armées congolaises (FARDC), adressée le 22 avril 2020 au Mécanisme conjoint de vérification élargi de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Le dernier exemple en date mentionné par le groupe d’experts remonte au 2 octobre dernier.

« Soixante membres des RDF portant 18 mitrailleuses PKM et quatre lance-roquettes » auraient ce jour-là été observés sur le mont Rugomba, dans le territoire de Rutshuru.

L’intervention supposée de l’armée rwandaise alimente suspicions et rumeurs depuis des mois. À de nombreuses reprises, des élus congolais ainsi que des membres de la société civile du Nord-Kivu ont alerté sur cette présence.

LA MORT DE PLUSIEURS CHEFS DE GROUPES ARMÉS HOSTILES À KIGALI INTERROGE

Le Kivu Security Tracker, un « baromètre sécuritaire » mis en place par Human Rights Watch et le Groupe d’étude sur le Congo, rattaché à l’Université de New York, a également affirmé à de multiples reprises au cours des derniers mois que des militaires rwandais se trouvaient aux côtés des FARDC lors de diverses opérations.

La mort de plusieurs chefs de groupes armés hostiles à Kigali, dont Sylvestre Mudacumura, chef militaire des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) tué en septembre 2019, et Juvénal Musabimana, alias Jean-Michel Africa, abattu en novembre 2019, avait amené à s’interroger sur l’étendue de la collaboration entre le Rwanda et la RDC.

Échanges de renseignements

Interrogé à ce sujet par le groupe d’experts, le gouvernement rwandais a nié, dans une lettre, la présence de troupes de son pays en chez son voisin et a réaffirmé que les RDF n’avaient mené aucune opération conjointe avec les FARDC.

Sollicités à de nombreuses reprises, les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame ont systématiquement contesté l’existence de telles opérations, assurant qu’il s’agissait d’échanges de renseignements.

En avril dernier, lors d’une conférence de presse, Paul Kagame s’était félicité de ce que le gouvernement congolais collaborait avec les pays de la région pour « résoudre le problème des groupes armés, qui court depuis plusieurs décennies ».

LE GOUVERNEMENT CONGOLAIS A COMMENCÉ À AGIR SUR LA BASE DE NOS INFORMATIONS

« Nous donnons des informations à nos partenaires de la région, dont les Nations unies et le gouvernement congolais, lequel a commencé à agir sur la base de certaines d’entre elles, car il a pu les vérifier et voir par lui-même ce qui grandissait dans le Nord-Kivu », avait en substance expliqué le chef de l’État rwandais.

Lors de cette même conférence de presse, Paul Kagame avait également nié toute présence de l’armée rwandaise dans le Sud-Kivu, assurant néanmoins que les forces armées burundaises se trouvaient dans cette province pour traquer les Red-tabara, un groupe armé hostile à Gitega. Des incursions dans les territoires de Fizi et Uvira que le groupe d’experts de l’ONU confirme et que la lettre du chef d’état-major des FARDC mentionne aussi.

Sollicitées par les experts onusiens, les autorités burundaises ont assuré qu’elles « ne déployaient des troupes à l’étranger que dans le cadre des opérations de maintien de la paix de l’Union africaine et des Nations unies ».

Les autorités congolaises, elles, n’ont pas répondu aux auteurs du rapport avant sa publication

Avec Jeune Afrique par Romain Gras

France: Le grand-frère de Mamoudou Gassama a chaud en ce moment

juin 4, 2018

 

Zimbabwe: le président Mugabe détenu par l’armée, déployée dans la capitale

novembre 15, 2017

Un véhicule blindé placé à un carrefour de Harare, le 15 novembre 2017 / © AFP / Jekesai NJIKIZANA

L’armée zimbabwéenne a placé mercredi le président Robert Mugabe, 93 ans, en résidence surveillée et pris le contrôle de Harare dans une opération dirigée, selon elle, contre l’entourage du plus vieux dirigeant en exercice de la planète.

Malgré les apparences contraires, les militaires ont assuré que leur intervention n’était pas « un coup d’Etat militaire contre le gouvernement ».

« Nous ne faisons que viser les criminels qui entourent » le chef de l’Etat, a déclaré le général Sibusiyo Moyo, dans une allocution diffusée en pleine nuit par la télévision nationale. « Dès que notre mission sera accomplie, nous nous attendons à ce que la situation retourne à la normale », a-t-il ajouté.

L’entrée en scène de l’armée, une première dans ce pays pauvre d’Afrique australe, intervient au moment de batailles pour la succession de Robert Mugabe, qui règne d’une poigne de fer sur le pays depuis son indépendance en 1980.

Le chef de l’armée est entré en conflit ouvert avec le chef de l’Etat après le limogeage la semaine dernière du vice-président Emmerson Mnangagwa, longtemps présenté comme son dauphin.

Mercredi matin, des soldats et des véhicules blindés ont encerclé le Parlement, le siège du parti au pouvoir, la Zanu-PF, et la Cour suprême, interdisant leur accès à tout véhicule, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Le président Mugabe a fait savoir qu’il était retenu à son domicile par les militaires, dans un entretien téléphonique avec son homologue sud-africain Jacob Zuma rapporté par Pretoria. Il a précisé qu’il allait bien.

Un témoin avait précédemment raconté à l’AFP avoir entendu des échanges de coups de feu nourris près de sa maison « peu après 02H00 du matin » (00H00 GMT).

– ‘Coup d’Etat apparent’ –

« Nous assurons à la Nation que son Excellence le président (…) et sa famille sont sains et saufs et que leur sécurité est garantie », a pour sa part assuré le général Moyo dans sa déclaration.

Malgré les barrages déployés par l’armée, la capitale a semblé fonctionner normalement toute la journée.

Dans les rues, de nombreux Zimbabwéens ont confié leur surprise face aux événements de la nuit. « Nous ne savons pas tout ce que cela signifie et nous ne savons pas quoi faire », a confié à l’AFP Karen Mvelani, un étudiant de 21 ans.

Mercredi en fin de journée, la plus grande confusion continuait à régner sur l’identité de ceux qui ont pris le contrôle du pays.

Par la voix de son président, le Guinéen Apha Condé, l’Union africaine (UA) a dénoncé « ce qui apparaît comme un coup d’Etat ». Elle a également exigé « immédiatement le rétablissement de l’ordre constitutionnel ».

Fidèle soutien de M. Mugabe, M. Zuma s’est dit « très préoccupé » par la situation et a dépêché, au nom de l’organisation régionale d’Afrique australe (SADC) qu’il préside, deux de ses ministres à Harare pour y rencontrer M. Mugabe et l’armée.

« Les militaires essaient difficilement de faire croire que ce qui se passe n’est pas un coup d’Etat pour ne pas subir les foudres de la SADC et de l’UA », a noté l’analyste Derek Matyszak, de l’Institut pour les études de sécurité (ISS) de Pretoria.

Après plusieurs jours de très vives tensions, l’opération de l’armée, jusque-là considérée comme un pilier du régime, constitue un défi sans précédent à l’autorité de Robert Mugabe.

– ‘Transition’ –

Lundi, le chef d’état-major, le général Constantino Chiwenga, avait publiquement dénoncé la décision du chef de l’Etat de limoger le vice-président Mnangagwa. L’armée pourrait « intervenir » si cette « purge » ne cesse pas au sein du parti présidentiel, avait-il menacé.

Le parti du président a accusé en retour mardi le militaire de « conduite relevant de la trahison » et dénoncé sa volonté « d’encourager au soulèvement ».

Le général Chiwenga et M. Mnangagwa ont tous deux été des figures importantes de la lutte pour l’indépendance de l’ancienne colonie britannique, aux côtés de l’actuel chef de l’Etat.

« L’armée va probablement négocier une transition au profit du vice-président évincé », a anticipé l’analyste Theophilus Acheampong, du centre d’études IHS.

L’ancien vice-président Mnangagwa, 75 ans, a été démis de ses fonctions la semaine dernière et contraint à l’exil après un bras de fer avec la Première dame, Grace Mugabe, 52 ans, qui ne cache pas son ambition de succéder à son époux.

Il a accusé la deuxième épouse du président d’avoir tenté de l’empoisonner pour l’éliminer, suscitant une vive réaction de l’intéressée qui a obtenu son éviction.

Figure controversée, connue pour ses accès de colère et son goût du luxe, Mme Mugabe, qui dirige la puissante Ligue des femmes de la Zanu-PF, compte de nombreux opposants au sein du parti au pouvoir et du gouvernement.

De nombreuses informations ont évoqué mercredi sa fuite vers l’étranger mais aucune n’a été confirmée.

Qui a été arrêté ?

Mercredi matin, plusieurs sources faisaient état de l’arrestation de personnalités. Parmi elles figureraient le ministre des finances, Ignatius Chombo ; le ministre et commissaire politique Saviour Kasukuwere ; le neveu de Robert Mugabe, également chargé du programme d’indigénisation, Patrick Zhuwayo ; le directeur adjoint des services de renseignement, Albert Ngulube ; ou encore le président de La ligue des jeunes de la ZANU-PF, Kudzai Chipanga.

A la tête depuis trente-sept ans d’un régime autoritaire et répressif, Robert Mugabe a déjà été investi par la Zanu-PF pour la présidentielle de 2018, malgré son âge et sa santé fragile.

Romandie.com avec lemonde.fr (©AFP / 15 novembre 2017 17h10)

Indications que la Russie est prête à lancer intervention à l’est et au sud

mars 20, 2014

GENEVE – Le chef de la mission de l’Ukraine auprès des Nations Unies à Genève, Youri Klymenko, a affirmé à la presse qu’il y avait des indications que la Russie était prête à lancer une intervention d’envergure à l’est et au sud de l’Ukraine.

Il y a des indications que la Russie est prête à lancer une intervention d’envergure à l’est et au sud de l’Ukraine, a-t-il dit aux journalistes.

Le diplomate a fait état d’importants renforts militaires arrivés dans la région ukrainienne de Kherson, au nord de la Crimée, d’indications sur le déploiement de mines, d’interpellations dans les régions est et sud par les forces de sécurité ukrainiennes d’activistes pro-russes porteurs de cartes d’identification des services de sécurité russes.

L’Ukraine et les Ukrainiens sont prêts à défendre leur sol par tous les moyens nécessaires mais, à ce stade, nous restons engagés dans la voie d’une solution pacifique, a affirmé M. Klymenko.

L’utilisation du droit à l’autodéfense serait le dernier recours pour l’Ukraine, a-t-il dit.

Romandie.com avec(©AFP / 20 mars 2014 13h30)

Egypte: dispersion meurtrière des pro-Morsi, au moins 124 tués

août 14, 2013

Au moins 124 partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi ont été tués mercredi sur l’une des deux places évacuées de force au Caire, a rapporté un journaliste de l’AFP. Ce dernier a pu compter les cadavres dans trois morgues improvisées.

Ce bilan concerne les victimes abattues sur la place Rabaa al-Adawiya, le QG des manifestants qui l’occupent depuis plus d’un mois. Il ne tient donc pas compte des morts éventuels sur l’autre sit-in des pro-Morsi au Caire, la place Nahda ni de ceux d’autres affrontements en cours dans le pays.

Selon les protestataires, l’intervention des services de sécurité ont causé plus de 2200 morts et 10’000 blessés. Ce sont des chiffres impossibles à confirmer de sources indépendantes.

Les autorités ont affirmé plus tôt dans la journée avoir recensé sept décès, dont deux membres des forces de sécurité. Selon elles, ce sont les manifestants qui ont ouvert le feu sur la police.

Des « sommations »

Les pro-Morsi ont été pris par surprise par les bulldozers des forces de l’ordre, car les nouvelles autorités avaient promis des « sommations » afin de laisser partir ceux qui le souhaitaient, en particulier les femmes et les enfants qui campaient depuis plus d’un mois sur les deux places où sont organisés des sit-in.

Deux heures après le début de l’opération, le ministère de l’Intérieur annonçait que la place Nahda, le second rassemblement, était « totalement sous contrôle ». Les Frères musulmans, l’influente confrérie dont est issu M. Morsi, l’occupaient depuis près d’un mois et demi pour réclamer le retour de leur président, destitué et arrêté par l’armée le 3 juillet.

Grenades lacrymogènes

En revanche, sur la place Rabaa, dont l’accès était interdit aux journalistes qui ne se trouvaient pas déjà sur les lieux, des tirs d’arme automatique résonnaient. Une pluie de grenades lacrymogènes s’est abattue sur le village de tentes, sur fond de chants religieux diffusés à plein volume par les haut-parleurs de l’estrade.

Un responsable de la sécurité a affirmé que des résidents avaient aidé les forces de sécurité à arrêter des dizaines de manifestants. La télévision a diffusé des images d’hommes menottés assis au sol et de familles escortées hors du site.

Romandie.com

La cupidité d’un État

mars 25, 2013

 

L’équateur crépite et pète le feu des armes

Quand la brise de la forêt prête son oreille

Sur le soldat étranger disparu sans âme

Dans ce pays ami lors du secours présidentiel

Car le prix de la coopération avide est la mort

Dans des contrats avec des politiciens retors

Pour soutirer à la pelle mécanique des minerais

Sans crier à porte-voix au voleur des marais

Qui patauge mains et pieds dans la gadoue étrangère

Pour dérober au grand silence le poisson de misère

D’un peuple souffrant encore de gestion calamiteuse

Qui refuse de s’exposer à la coopération infructueuse

Car l’intervention guerrière loin d’être profitable

Se solde parfois par une ration au relent détestable.

 

Bernard NKOUNKOU

Le chef islamiste Mokhtar Belmokhtar tué au Mali, selon le Tchad

mars 2, 2013
N’DJAMENA (Reuters) – L’Algérien Mokhtar Belmokhtar, l’un des principaux chefs d’Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et commanditaire de l’attaque contre le site gazier algérien de Tiguentourine en janvier, a été tué samedi par des soldats tchadiens dans le nord du Mali, a annoncé le porte-parole de l’état-major des armées tchadiennes.

« Ce jour, samedi 2 mars 2013, à 12h00, les forces armées tchadiennes en intervention au Mali (…) ont totalement détruit la principale base des djihadistes et narcoterroristes dans le massif de l’Adrar des Ifoghas », a dit le général Zacharia Gobongué à la télévision tchadienne.

« Le bilan provisoire des combats s’établit comme suit : plusieurs terroristes tués, dont leur chef Mokhtar Belmokhtar, dit « le Borgne », soixante véhicules en bon état de fonctionnement récupérés, divers matériels de guerre, notamment du matériel électronique, récupérés. Le ratissage se poursuit à la recherche des fugitifs », a-t-il conclu.

Chef de la brigade des Moulathamine (« Ceux qui signent avec leur sang »), Mokhtar Belmokhtar est le commanditaire de la prise d’otages du complexe gazier algérien de Tiguentourine en janvier, au cours de laquelle une soixantaine de personnes, dont 37 otages étrangers, ont été tués.

Un autre chef islamiste algérien, Abdelhamid Abou Zeïd, aurait également été tué cette semaine dans le massif montagneux de l’Adrar des Ifoghas.

Le décès de Zeïd n’a pas été confirmé officiellement, notamment à Paris, mais, d’après ces sources maliennes, il fait partie de la quarantaine de rebelles tués il y a cinq jours dans ce massif, réputé inexpugnable, de l’extrême nord-est du Mali où les troupes françaises et leurs alliés tchadiens livrent des combats acharnés aux djihadistes.

Mokhtar Belmokhtar est né à Ghardaïa, en Algérie, en 1972. Dans une interview diffusée en 2007 sur des sites islamistes, il affirmait s’être rendu en Afghanistan à l’âge de 19 ans pour y acquérir une formation et une expérience du combat.

Selon la Jamestown Foundation, un centre de réflexion basé à Washington, l’engagement de Belmokhtar a été influencé par le religieux Abdullah Azzam, promoteur d’une interprétation armée et offensive de la notion de « djihad » (guerre sainte), et qui a aussi été le mentor d’Oussama Ben Laden.

ENLÈVEMENTS ET TRAFICS DIVERS

Revenu en Algérie en 1992, Belmokhtar a combattu durant la guerre civile au sein du Groupe islamique armé (GIA), puis a participé à la création du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), qui a élargi progressivement ses opérations dans différents pays du Sahel en y attaquant les forces de sécurité.

Le GSPC a fait par la suite allégeance à Al Qaïda, devenant le représentant de la nébuleuse islamiste en Afrique du Nord sous l’appellation d’Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Mokhtar Belmokhtar est soupçonné d’implication dans l’enlèvement de 32 touristes européens en 2003, dans les négociations en 2008 pour la libération de deux Autrichiens et dans les négociations en 2009 pour la libération de deux Canadiens.

Enlèvements et trafics divers, des armes à la drogue en passant par les cigarettes et les êtres humains, alimentent une économie parallèle basée sur la criminalité dans le Sahara et estimée à des millions de dollars.

Mokhtar Belmokhtar a été condamné par contumace à la réclusion à perpétuité par la justice algérienne après le meurtre de 10 gardes-frontières algériens en 2007.

Au-delà de son implication dans des enlèvements, il est réputé pour être l’un des plus importants « gangsters djihadistes » du Sahara. Il s’est imposé dans la fourniture d’armes aux groupes islamistes de la région et dans le trafic de cigarettes, ce qui lui vaut le surnom de « Mister Marlboro » au sein des populations locales, selon les médias français.

Ses diverses activités lui ont permis de nouer des liens étroits avec les communautés touarègues, notamment avec les combattants qui ont participé au printemps 2012 à l’offensive ayant abouti à la prise du nord du Mali avec leurs alliés islamistes de l’époque.

Une chaîne de télévision algérienne avait rapporté en juin dernier qu’il avait été tué dans des combats entre islamistes et séparatistes touaregs à Gao, dans le nord du Mali.

Mokhtar Belmokhtar avait créé son propre groupe tout en maintenant son allégeance à Al Qaïda.

Reuters par Madjiasra Nako

Des hélicoptères de l’ONU en RDC

juillet 24, 2012
Des hélicoptères des Nations unies sont intervenus aujourd’hui dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) à la suite d’une offensive « contre des populations civiles » menée au nord de Goma par le mouvement rebelle M23, a affirmé le porte-parole de la Monusco, la force des Nations unies en RDC.

Cette intervention s’est déroulée au cours de l’après-midi alors que des hélicoptères des forces armées de RDC intervenaient contre les forces rebelles, a précisé le porte-parole, Mamodj Mounoubaï.

Lefigaro.fr avec AFP

Le président somalien dénonce l’intervention kényane dans son pays

octobre 24, 2011

Le président somalien Sharif Cheikh Ahmed a dénoncé lundi à Mogadiscio l’intervention militaire kényane engagée depuis une semaine dans son pays contre ses ennemis islamistes shebab, laissant entendre qu’elle avait été lancée sans son accord.

« Le gouvernement somalien et son peuple ne permettront pas à des troupes d’entrer sur leur territoire sans accord préalable », a déclaré le président somalien devant des journalistes.

« Le Kenya a donné son accord pour aider les forces somaliennes d’un point de vue logistique, mais nous ne permettrons jamais quoi que ce soit qui puisse nourrir les soupçons d’intervention (extérieure) », a poursuivi Sharif Cheikh Ahmed.

« Nous mettons en garde contre de tels mouvements parce que la collaboration que nous avons avec le Kenya consiste à aider l’armée nationale somalienne, afin que nos forces puissent remplir leur mission », a déclaré le chef d’Etat somalien, qui commentait pour la première fois publiquement l’intervention kényane.

Des soldats kényans sont entrés le 16 octobre dans le sud de la Somalie, avec un soutien aérien. Leur gouvernement a justifié cette intervention militaire sans précédent par une série d’enlèvements d’Européennes perpétrés récemment sur le sol kényan et attribués par Nairobi aux islamistes somaliens shebab, en lutte contre le gouvernement somalien de transition de Sharif Cheikh Ahmd. Les shebab ont démenti pour leur part toute implication dans ces rapts.

Les ministres de la Défense du Kenya et de la Somalie ont pourtant signé le 18 octobre à Mogadiscio un accord de coopération pour des opérations militaires et de sécurité, qui limitent les interventions kényanes à la région somalienne frontalière du Bas Juba, au sud du pays.

Le président somalien n’a pas fait référence à cet accord, au cours du point de presse tenu dans une caserne de Mogadiscio. « Il n’y a qu’une seule chose que nous savons à propos des forces kényanes, c’est leur offre de former l’armée nationale de Somalie », a affirmé Sharif Cheikh Ahmed.

Les soldats kényans, qui seraient environ 2. 000, ont pris position à une centaine de km environ à l’intérieur du territoire somalien, avec l’objectif de déloger les shebab de leurs bastions du sud du pays, et en particulier du port de Kismayo, d’où les insurgés tirent l’essentiel de leurs revenus.

Les shebab ont menacé en représailles de « frapper au coeur des intérêts » du Kenya. La police kényane soupçonne les islamistes somaliens d’être à l’origine d’une attaque à la grenade qui a fait 14 blessés dans une discothèque de Nairobi dans la nuit de dimanche à lundi, tout en reconnaissant qu’elle ne disposait ni d’indice ni de revendication pour étayer cette affirmation.

L’armée française a confirmé lundi avoir apporté, avec un avion de transport Transall, un soutien logistique « limité » au Kenya dans son opération contre les shebab dans le sud somalien.

L’état-major des armées à Paris a en revanche démenti « formellement » qu’un bâtiment de la marine française ait bombardé les côtes somaliennes pour appuyer l’offensive kenyane, après des déclarations en ce sens d’un porte-parole militaire kenyan.

Jeuneafrique.com