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Égypte, Sénégal, Guinée… Où vont les investissements de l’ère post-Covid ?

juin 21, 2021
Le mégaprojet de « nouvelle capitale administrative du Caire », en Égypte, le 7 mars 2021.

Si les investissements étrangers en Afrique ont dégringolé en 2020 sur le continent, plusieurs secteurs (énergie, mines…) et un certain nombre de pays ont su tirer leur épingle du jeu.

On se doutait que le millésime 2020 des investissements étrangers serait plus que médiocre en raison de la pandémie et de la chute des prix des produits de base.

Pourtant, avec une baisse de 16 % (40 milliards de dollars en 2020 contre 47 en 2019), l’Afrique semble faire en la matière moins mal que l’Europe (- 80 %) ou l’Amérique du Nord (- 40%), si l’on en croit le Rapport 2021 sur l’investissement dans le monde publié ce 21 juin par la Conférence des Nations-Unies sur le commerce et le développement (Cnuced).

Les énergies renouvelables résistent

« Oui, l’Afrique fait moins mal que d’autres continents, mais il faut regarder plus en détail ces flux, relativise Alexandre Dabou, spécialiste de la division investissement et entreprises de la Cnuced. La forte baisse des pays développés est due à la chute des flux de transit ou des prêts interentreprises. Alors qu’en Afrique, la baisse concerne les projets nouveaux et les fusions-acquisitions ».

En effet, les annonces de nouveaux projets y ont chuté de 62 % (22 milliards de dollars en 2020 contre 77 en 2019). Les fusions-acquisitions transfrontalières, elles, ont reculé de 45 % (3,2 milliards contre 5,8).

Bonne nouvelle, les projets d’investissements dans les énergies renouvelables font exception à ce recul généralisé puisqu’ils ont augmenté de 28 % pour atteindre 11 milliards de dollars contre 9,1 milliards en 2019.

Progression de l’Afrique centrale

Si l’on fait le tour du continent, on remarque que l’Afrique du Nord est la région la plus pénalisée (- 25 %) bien que l’Égypte demeure la première destinations du continent pour les investissements étrangers et que les investissements au Maroc demeurent en croissance (+3 %).

Viennent ensuite l’Afrique de l’Ouest (-18 %), où se distinguent le Sénégal (+39 %), en raison de sa politique énergétique notamment dans le solaire, la Guinée, où le flux d’investissement dans le secteur minier a été multiplié par six, et dans une moindre mesure le Nigeria (+ 3 %), l’Afrique de l’Est (-16 %), l’Afrique australe (-12 %).

Ce sont également les projets énergétiques qui ont permis à l’Afrique centrale – pourtant mal en point au plan macroéconomique – de bénéficier d’une progression de ses investissements étrangers (+3,3%).

Faibles budgets de relance

Les cinq principaux bénéficiaires des investissements étrangers sur le continent sont l’Égypte, le Congo, l’Afrique du Sud, l’Éthiopie et le Nigeria. Les cinq pays qui ont connu la plus forte chute des investissements sont le Malawi (-88 %), la Guinée Bissau (-72 %), le Swaziland (-69 %), le Rwanda (-62 %) et le Mali (-52 %).

Les cinq pays qui les ont vu le plus progresser sont Sao Tomé (+95 %), le Togo (+85 %), la République centrafricaine (+36 %), le Congo (+19 %) et la Guinée équatoriale (+17 %).

Les perspectives de reprise semblent modestes, soit +5 % en moyenne en 2021, selon le rapport de la Cnuced. « Les investissements en Afrique ne vont pas revenir rapidement à leur croissance antérieure, prédit Alexandre Dabou. Beaucoup de ses pays connaissent des faiblesses structurelles qui freinent les investisseurs et ils n’ont guère de marge budgétaire pour relancer leur économie ».

Zlecaf, entraînement… Les raisons d’y croire

Plusieurs facteurs font tout de même espérer une embellie. « La reprise mondiale générera une augmentation de la demande de métaux et d’énergie dont l’Afrique est productrice et donc des investissements dans ces secteurs », assure l’analyste qui compte aussi sur une reconfiguration des chaînes de valeur mondiales qui « prendront une dimension plus régionale ».

En ce sens, « l’adoption du protocole d’investissement de l’accord sur la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) donnera un élan aux investissements intercontinentaux », estime-t-il.

Sans oublier que les milliers de milliards de dollars qui vont être injectés par les pays riches dans la relance de leur économie auront forcément un effet d’entraînement sur l’Afrique. Celle-ci pourrait ainsi bénéficier d’une hausse des investissements industriels de groupes tentés par la proximité du continent avec l’Europe ou avec l’Asie.

Avec Jeune Afrique par Alain Faujas

Face au réchauffement climatique, la Cnuced plaide pour des investissements massifs en Afrique

septembre 25, 2019

Une manifestations de militants environnementaux à Johannesburg, le 20 septembre 2019. © Themba Hadebe/AP/SIPA

 

La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) propose des outils pour permettre à l’Afrique de lutter, elle aussi, contre le réchauffement climatique. Au premier rangs desquels une économie plus dirigée et un accroissement des investissements dans le secteur de l’énergie.

Face aux conséquences du réchauffement climatique, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) reste fidèle à son habitude de prendre à rebrousse-poil le consensus économique planétaire en préconisant un plus grand dirigisme. Dans son Rapport annuel sur le commerce et le développement 2019 publié le 25 septembre, la Cnuced souligne les difficultés qui attendent les pays en développement pour participer à la défense de l’environnement. « La protection du climat exige une nouvelle vague d’investissements massifs devant servir à réformer le secteur de l’énergie et d’autres secteurs émetteurs de carbone », y lit-on.

Des objectifs hors d’atteintes

Le problème est que l’endettement des pays les moins riches a explosé, depuis les annulations de dette des années 2000, et que les capacités de financement de ces pays sont très réduites, malgré le maintien de taux très bas sur les marchés. À titre d’exemple, la dette publique de l’Afrique du Sud est passée de 31 % de son produit intérieur brut (PIB) en 1980 à 53 % en 2017, et sa dette privée (particuliers et entreprises) a bondi dans le même temps de 48 à 71 %.

« S’ils veulent satisfaire les besoins en investissement que demandent la réalisation des quatre Objectifs de développement durable fixés par l’ONU d’ici 2030 (élimination de la pauvreté, promotion de la nutrition, institution d’un vrai système de santé, mise sur pied d’un système éducatif de qualité) leur tâche semble difficile », explique Rachid Bouhia, économiste et co-auteur du rapport.

Par exemple, si l’Algérie, le Bénin, le Cameroun, l’Éthiopie, le Kenya, le Malawi, le Mali, l’Ouganda et la Tanzanie voulaient y parvenir, « il faudrait soit qu’ils réalisent une croissance de 21 % par an sans augmentation de leur ratio dette/produit intérieur brut actuellement de 47 %, soit qu’ils portent ce ratio à 185 %. Aucun de ces deux scénarios n’est réaliste », constate le rapport.

La Cnuced préconise ainsi cinq solutions pour remédier à cette pénurie de moyens. « Il faudrait d’abord mettre en place un programme mondial de prêts permettant aux pays en développement d’emprunter à des conditions de faveur, détaille Rachid Bouhia. Ce fonds serait alimenté par l’aide au développement des pays donateurs, qui porteraient celle-ci à 0,7 % de leur revenu intérieur brut, comme ils l’ont promis ».

Alléger la dette des pays les moins développés

Deuxième mesure : augmenter les droits de tirage spéciaux (DTS) et les consacrer à la protection de l’environnement. Troisième mesure : « Alléger la dette des pays les moins développés sans conditionnalités ou critères d’admissibilité trop restrictifs, commente Rachid Bouhia. Un tel allègement a déjà amélioré la croissance en Afrique à partir de la fin des années 1990 ».

Quatrième mesure : renforcer la coopération monétaire entre les pays d’une même région afin de refinancer et de promouvoir le commerce intra-régional pour créer des chaînes de valeur et mettre en place de véritables systèmes régionaux de paiement et d’unions de compensation interne.

Cinquième et dernière mesure : « Il faut revoir le cadre législatif du mécanisme de rééchelonnement de la dette en cas de difficultés de remboursement de la dette par un État, conclut Rachid Bouhia, afin que sa restructuration soit ordonnée et équitable ».

Si les États reprennent du poil de la bête face à la finance comme le souhaite la Cnuced, le pari de ces réformes ne sera peut-être pas gagné en 2030, mais l’Afrique aura un peu plus les moyens de participer au sauvetage de la planète, ce dont elle sera la première bénéficiaire.

Jeuneafrique.com par Alain Faujas

Un proche de Kaddafi témoigne du financement de la campagne de Sarkozy par la Libye en 2007

juin 20, 2013

Mouammar Kadhafi et Nicolas Sarkozy

Mouammar Kaddafi et Nicolas Sarkozy, à l’Élysée, en 2007. © AFP

Un nouveau témoignage étaye les soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de l’ancien chef d’État français, Nicolas Sarkozy, de 2007.

C’est un témoignage dont l’ancien président français, Nicolas Sarkozy, se serait bien passé. Dans un extrait vidéo de l’émission « Complément d’enquête » sur France 2, diffusé ce jeudi 20 juin au soir, et relayé par le site Mediapart, Moftah Missouri, l’interprète personnel de Mouammar Kaddafi assure que l’ancien régime libyen a bien versé « une vingtaine de millions de dollars au candidat UMP à la présidentielle de 2007.

« Kaddafi m’a dit […] verbalement que la Libye avait versé une vingtaine de millions de dollars. Normalement chez nous, à la présidence, quand on donne de l’argent à quelqu’un, il n’y a pas un transfert bancaire, il n’y a pas de chèque, c’est de l’argent liquide dans des mallettes », assure Moftah Missouri dans cet extrait.

Pour étayer son propos, ce proche de Kaddafi atteste de l’authenticité d’une note rédigée en arabe dans laquelle est évoqué « un accord de principe » pris lors d’une réunion en octobre 2006 entre Tripoli et l’entourage de Nicolas Sarkozy. Moftah Missouri explique qu’il s’agit d’un « document de projet, d’appui ou de soutien financier à la campagne présidentielle du président Sarkozy » émanant de l’ancien chef des services secrets libyens, Moussa Koussa.

L’authenticité de cette note publiée en avril 2012 par Mediapart reste controversée : son destinataire supposé, Béchir Salah Béchir, ex-président du Fonds libyen des investissements africains, a démenti l’avoir reçue, et Nicolas Sarkozy, dénonçant des accusations « grotesques », a attaqué pour faux le site d’information français (qui réplique en le poursuivant pour dénonciation calomnieuse).

En avril, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire contre X pour « corruption active et passive, trafic d’influence, faux et usage de faux, abus de biens sociaux, blanchiment, complicité et recel de ces délits ».

Jeuneafrique.com