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L’Otan suspend la mission de formation que dirige le Canada en Irak

janvier 4, 2020

 

© Fournis par La Presse canadienne
 

Le ministre canadien de la Défense nationale a indiqué samedi que la mission de formation de l’OTAN que dirige le Canada en Irak a été temporairement suspendue à la suite du meurtre du général iranien Ghassem Soleimani.

Harjit Sajjan a confirmé une déclaration de l’OTAN publiée plus tôt mentionnant que la sécurité du personnel était une question «primordiale».

Cette mission de formation, dirigée par la major générale Jennie Carignan, est sous le commandement canadien depuis le tout début en octobre 2018. Elle a été lancée à la demande du gouvernement irakien.

Le ministère de la Défense nationale a aussi fait savoir que la décision de suspendre les opérations s’appliquait aux 250 militaires canadiens travaillant au sein de la mission de formation et aux dizaines de membres des forces spéciales stationnées dans le nord du pays.

«Le mandat de la mission de l’OTAN et de l’Operation IMPACT reste le même, mais toutes les activités d’entraînement en Irak sont suspendues temporairement tandis que nous continuons d’évaluer la sécurité de l’environnement, a déclaré M. Sajjan. Nous prenons toutes les précautions nécessaires pour la sécurité de la population civile et du personnel militaire.»

«Nous continuons de prendre toutes les précautions nécessaires, a déclaré le porte-parole de l’OTAN, Dylan White. La mission de l’OTAN se poursuit, mais les activités de formation sont temporairement suspendues.»

La mission irakienne se compose de plusieurs centaines de membres du personnel des pays alliés et des pays non membres de l’OTAN. Parmi les autres pays qui y participent figurent l’Australie, la Finlande et la Suède.

Dans sa déclaration, le ministre Sajjan indique aussi que le Canada «continue de surveiller et d’évaluer la situation et nous sommes en étroite collaboration avec nos partenaires internationaux».

Le général Soleimani était le chef des Forces al-Qods des gardiens de la révolution iraniens et le cerveau derrière la stratégie régionale du gouvernement iranien. Il a été tué vendredi près de l’aéroport international de Bagdad avec des militants irakiens de haut rang lors d’une frappe aérienne ordonnée par le président Donald Trump. L’attaque a fait monter les tensions régionales et mis à l’épreuve l’alliance des États-Unis avec l’Irak.

Il est parvenu à mobiliser des milices armées en Irak, en Syrie et au Liban. Les Américains le considéraient responsable des attaques commes des troupes américaines et alliées depuis plusieurs des décennies.

Les États-Unis ont placé al-Quods sur la liste des organisations terroristes en 2007. Le Canada les a imités en 2012, une décision que le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne a réitérée vendredi quelques heures après la mort du général Soleimani.

«Le Canada est depuis longtemps préoccupé par la Brigade al-Qods des Gardiens de la révolution islamique, dirigée par [Ghassem] Soleimani, dont les actions agressives ont eu un effet déstabilisateur dans la région et au-delà», avait déclaré M. Champagne.

La Presse canadienne

Irak : La Zone verte et une base abritant des soldats américains visées quasi simultanément

janvier 4, 2020

 

Les forces de sécurité irakiennes sont déployées devant l’ambassade des États-Unis à Bagdad, la capitale, après un ordre de la force paramilitaire Hashed al-Shaabi aux partisans de quitter le complexe le 1er janvier 2020.
TENSIONS – Selon les autorités irakiennes, il n’y a eu aucune victime dans les deux attaques

Deux attaques ont visé quasi simultanément ce samedi soir l’ultrasécurisée Zone verte de Bagdad et une base aérienne irakienne abritant des soldats américains au nord de la capitale, ont indiqué des responsables des services de sécurité.

Deux obus de mortier se sont abattus sur la Zone verte de Bagdad, où siège l’ambassade américaine attaquée mardi par des milliers de combattants et de partisans des pro-Iran en Irak, ont indiqué des responsables de sécurité irakiens et de la Zone verte.

Dans le même temps, à moins d’une centaine de kilomètres plus au nord, deux roquettes Katioucha se sont abattues sur la base aérienne de Balad, immense base irakienne qui accueille des soldats et des avions américains, ont indiqué des sources de sécurité sur place. Selon le commandement militaire irakien, il n’y a eu aucune victime dans les deux attaques. Aussitôt après ces tirs, des drones​ américains ont survolé la base pour des missions de reconnaissance, ont ajouté ces sources.

13 attaques à la roquette depuis octobre

 

Les Etats-Unis ont déployé cette semaine des soldats supplémentaires pour protéger ses diplomates et ses soldats en Irak où le sentiment anti-américain, attisé par les pro-Iran, a flambé avec l’assassinat vendredi dans une frappe de drone du puissant général iranien Qassem Soleimani et de l’homme de l’Iran à Bagdad Abou Mehdi al-Mouhandis à Bagdad.

Les appels à la « vengeance » se multiplient à Bagdad comme à Téhéran, alors que les Américains considèrent depuis plusieurs mois déjà que les factions armées pro-Iran en Irak sont une menace plus dangereuse pour eux que les djihadistes du groupe Etat islamique (EI). Depuis fin octobre, treize attaques à la roquette ont visé des intérêts américains en Irak. Aucune n’a été revendiquée mais Washington accuse les factions pro-Iran du Hachd al-Chaabi – coalition de paramilitaires intégrés à l’Etat – d’en être responsables.

Par Souen Léger

Washington accuse Bagdad de ne pas avoir «protégé» les Américains

décembre 30, 2019

Les Etats-Unis ont accusé ce lundi les autorités irakiennes de ne pas avoir fait le nécessaire pour «protéger» les intérêts américains, au lendemain de frappes américaines qui ont suscité l’indignation en Irak.

«Nous avons prévenu le gouvernement irakien à plusieurs reprises et nous avons partagé des informations pour tenter de travailler avec lui afin qu’il assume sa responsabilité de nous protéger, en tant que puissance invitée», a déclaré un haut responsable du département d’Etat américain à des journalistes à Washington. Il a rappelé que l’armée et les diplomates américains se trouvaient sur place «à l’invitation du gouvernement irakien». «Il est donc de leur responsabilité et de leur devoir de nous protéger. Et ils n’ont pas pris les mesures adéquates pour cela», a déploré ce haut responsable, sous couvert de l’anonymat.

Plusieurs attaques attribuées par les Etats-Unis à des factions pro-Iran ont visé ces dernières semaines des bases où sont présents des Américains en Irak. Vendredi, 36 roquettes ont ainsi frappé une de ces bases dans le centre du pays, tuant un sous-traitant américain et blessant des soldats américains. En représailles, l’armée américaine a mené dimanche des raids aériens contre des bases d’une faction pro-Iran du Hachd al-Chaabi, une coalition de paramilitaires intégrée aux forces irakiennes. Le Hachd a affirmé que ces frappes avaient fait 25 morts parmi ses membres.

Ces frappes ont aussitôt déclenché une controverse en Irak. Le gouvernement irakien a dit vouloir «revoir ses relations» avec les Etats-Unis et des députés ont appelé à bouter les soldats américains hors du pays. «Nous avons des échanges fréquents et musclés avec le gouvernement irakien au sujet de ces menaces» anti-américaines, «et bien entendu nous leur avions dit que nous allions riposter à cette dernière attaque», a assuré le haut responsable à Washington.

Par Le Figaro avec AFP

L’armée décrète un couvre-feu à Bagdad de minuit à six heures du matin

octobre 28, 2019

 

L’armée irakienne a décrété lundi 28 octobre un couvre-feu de minuit à six heures du matin à Bagdad, où des milliers de manifestants occupent depuis jeudi soir la place Tahrir pour réclamer «la chute du régime».

Ce couvre-feu est instauré «jusqu’à nouvel ordre», précise l’armée dans un communiqué alors que depuis dimanche, étudiants et écoliers sont venus grossir les rangs de la contestation, lancée le 1er octobre et qui a été marquée par plus de 200 morts.

Le Figaro.fr avec AFP

Irak: 31 morts dans une bousculade au pèlerinage chiite d’Achoura

septembre 10, 2019

 

Au moins 31 personnes sont mortes mardi dans une bousculade lors du pèlerinage chiite d’Achoura dans la ville sainte de Kerbala, au sud de Bagdad, a indiqué le ministère irakien de la Santé.

La bousculade a fait également 100 blessés selon ce premier bilan qui pourrait encore augmenter, a précisé dans son communiqué le ministère, alors que chaque année des centaines de milliers de chiites venus du monde entier commémorent le martyre du petit-fils du prophète Mahomet, l’imam Hussein, à Kerbala. C’est la première fois que le deuil de l’Achoura est endeuillé par une bousculade en Irak. Depuis le début du mois musulman de moharram il y a 10 jours, les musulmans chiites sont entrés en période de deuil.

À Bagdad, ou à Bassora et Najaf dans le sud, des processions ont eu lieu, atteignant leur paroxysme mardi, 10e jour du mois de moharram, appelé Achoura. Comme chaque année, ces marches ont été l’occasion de scènes spectaculaires d’hommes s’auto-flagellant ou se lacérant le crâne pour commémorer le martyre de l’imam Hussein, assassiné en 680 par les troupes du calife omeyyade Yazid durant la bataille de Kerbala. Des hommes se sont blessés volontairement à la tête, à l’aide de sabres ou de couteaux, entraînant d’importants saignements. D’autres étaient en pleurs. En fin de journée mardi, le pèlerinage devait se conclure avec une course rituelle vers le mausolée en se frappant la tête en signe de deuil et en criant: «Nous nous sacrifions pour toi, ô Hussein». C’est lors de cette course que la bousculade a eu lieu.

Par Le Figaro.fr avec AFP

A Bassora, l’eau salée et polluée détruit tout sur son passage

août 31, 2018

Des poissons pourrissent au soleil sur les bords des bassins de pisciculture à Bassora, dans le sud de l’Irak, le 29 août 2018 / © AFP / Haidar MOHAMMED ALI

Sur un lit aux urgences à Bassora, Younès Selim se tient le ventre. Intoxiqué par l’eau comme des milliers d’Irakiens dans la province méridionale côtière, il attend d’être traité par des médecins qui ne savent plus où donner de la tête.

En proie à des coliques, l’homme regarde ses compagnons d’infortune recevoir des perfusions, pour les réhydrater après de fortes diarrhées. Sa faute? Avoir bu l’eau du robinet, l’eau minérale étant trop chère.

« Nous ne donnons que de l’eau minérale à nos trois enfants, mais ma femme et moi devons souvent boire l’eau du robinet », chuchote-t-il à l’AFP.

Depuis le 12 août, « plus de 17.000 patients ont été admis pour des diarrhées, coliques et vomissements », dit à l’AFP Ryad Abdel Amir, à la tête de la Direction de la Santé de Bassora (sud), l’une des provinces les plus peuplées du pays et la seule à avoir accès à la mer.

En onze ans, il assure n’avoir jamais vu une telle crise, doublée d’une vétusté des services publics et d’une hausse des prix.

Certes les intoxications enregistrées jusqu’ici sont bénignes et la totalité des malades rentrent chez eux, mais la situation s’aggrave, prévient-il.

Oum Haydar, vendeuse sur le marché, peine à ravitailler en eau filtrée sa famille de 30 personnes. « Mille litres coûtent 20.000 dinars (17 dollars) et une fois qu’on a tous bu et lavé les enfants, en une demi-heure, il n’y a plus rien », se lamente cette grand-mère. Il y a peu, la même quantité d’eau se vendait à 5.000 dinars.

Des malades aux urgences de Bassora, dans le sud de l’Irak, intoxiqués par l’eau, le 29 août 2018 / © AFP / Haidar MOHAMMED ALI

– Estuaire « dépotoir » –

Si l’Irak manque généralement d’eau en raison de la sécheresse, Bassora concentre tous les maux: eau polluée et salée, services publics lamentables, coupures de courant et égouts à ciel ouvert, pollution atmosphérique en raison des torchères.

Confronté depuis deux mois à une contestation populaire à Bassora, le Premier ministre Haider al-Abadi explique que « depuis des décennies » le taux de salinité de l’eau grandit et la concentration en chlorine baisse. Et cette année il y a « une baisse des pluies ».

L’Irak partage avec l’Iran le Chatt Al-Arab, où se jettent le Tigre et l’Euphrate. Dans cet estuaire, l’eau salée de la mer et l’eau douce des deux fleuves emblématiques ont toujours cohabité.

Mais aujourd’hui, l’eau salée a pris le dessus et remonte désormais sur 40 km au nord de Bassora. Les guerres à répétition et désormais les barrages turcs et iraniens ont eu raison de la faune aquatique et des barrières naturelles.

Et au sel, s’ajoutent les déchets charriés par les deux fleuves qui emportent les eaux usées du pays de 38 millions d’habitants.

Des poissons pourrissent au soleil sur les bords des bassins de pisciculture à Bassora, dans le sud de l’Irak, le 29 août 2018 / © AFP / Haidar MOHAMMED ALI

A Bassora, les égouts se déversent dans des canaux à ciel ouvert qui finissent dans le Chatt al-Arab. A cela s’ajoute la pollution de l’industrie pétrolière, première pourvoyeuse de revenus et unique source de devises de l’Irak, et pétrochimique iranienne voisine.

« Le Chatt al-Arab est devenu un dépotoir et depuis 15 ans les stations d’épuration n’ont pas été rénovées », s’alarme Fayçal Abdallah, du Conseil gouvernemental des droits de l’Homme.

Son institution plaide pour déclarer la province « sinistrée » afin qu’elle puisse bénéficier de fonds spéciaux et de quotas d’eau douce qui lui reviennent depuis les barrages en amont.

– « Pire saison » –

« La province est censée recevoir 75 mètres cubes d’eau par seconde, mais seuls 59 m3/s y arrivent vraiment », car les provinces agricoles en amont prélèvent de l’eau, explique-t-il. Or, plus d’eau douce permettrait de repousser l’eau salée vers le Golfe.

Mais le mal est là, assure Jassem Mahmoud qui a perdu cette année l’intégralité de ses 50 millions d’alevins et est désormais criblé de dettes. « C’est la pire saison » en 25 ans. « Et sûrement la dernière année pour nous ».

A Bassora, l’eau salée et polluée détruit tout sur son passage / © AFP / Dawood al-Yaseen, Linda Abi Assi

Plus loin, sur les bords des bassins de pisciculture, des centaines de poissons pourrissent au soleil sur une terre craquelée. D’autres flottent sur l’eau puisée dans le Tigre passant à proximité.

Kazem al-Ghilani teste avec un appareil l’eau de son bassin: « la salinité atteint 12 mg par kg d’eau. En temps normal, elle varie entre 1 et 1,5 mg », explique cet ingénieur agricole.

Alors que chaque jour des manifestants se rassemblent devant la Direction de la Santé, le dr Abdel Amir dit « gérer les résultats de la crise », tout en soutenant que « les raisons sont à chercher » ailleurs.

« On ne peut faire porter l’entière responsabilité au gouvernement actuel », rétorque le Premier ministre Abadi. La prévention et l’entretien de l’eau « relève des provinces ».

Quoiqu’il en soit, le dr Abdel Amir est inquiet. L’eau salée ayant une très faible concentration en chlore et les températures plus clémentes attendues à l’automne constitueront le terreau idéal pour le développement du choléra.

Romandie.com avec(©AFP / (31 août 2018 12h22)

Le British Museum va rendre à Irak des antiquités pillées

août 9, 2018

Photo fournie par le British Museum le 9 août 2018 montrant un cône d’argile sumérien datant d’environ 2200 ans avant JC / © The British Museum/AFP / –

Des antiquités, parfois vieilles de 5000 ans, pillées en Irak en 2003 après la chute de Saddam Hussein, vont revenir dans leur pays après avoir été identifiées par des experts du British Museum, a annoncé jeudi l’institution.

Huit petits objets avaient été saisis en mai 2003 chez un vendeur de la capitale anglaise par la police londonienne, qui ne disposait pas d’informations sur leur provenance. Ils ont été confiés aux experts du British Museum.

Coïncidence incroyable: une équipe du musée travaillait sur le site même où les objets ont été volés, à Tello (ancienne ville sumérienne de Girsu), dans le sud de l’Irak.

Parmi ces objets, trois cônes en terre cuite portaient des inscriptions cunéiformes indiquant le nom du roi qui les avait fait faire, et celui du dieu auquel ils étaient dédiés, en l’occurrence le roi Gudea pour la divinité Ningirsu.

« Ce qui est exceptionnel, c’est qu’au moment où la police envoyait ces objets au British Museum pour les identifier, on était en train de fouiller le temple d’où ils avaient été prélevés », a raconté à l’AFP Sébastien Rey, directeur du site de Tello et conservateur.

Sur place, les archéologues avaient récupéré des objets jetés par les pilleurs, qui s’étaient débarrassés des cônes cassés ou abîmés, avec les mêmes inscriptions, et avaient retrouvé dans les murs du temple des cônes identiques à ceux trouvés à Londres.

« Nous aurions pu deviner que ces objets venaient du sud de l’Irak, mais les lier à ce site particulier, et même à des trous particuliers, c’est extrêmement rare », a souligné l’archéologue.

Ces cônes ou clous commémoratifs avaient une « fonction magique », a expliqué M. Rey. Réalisés à la demande d’un roi, ils étaient enfoncés dans les murs d’un temple dédié à une divinité.

Parmi les trésors saisis par les policiers figurent une petite amulette en marbre blanc représentant un taureau et datant du début du troisième millénaire avant notre ère, un sceau cachet en marbre rouge de la même époque qui se portait en amulette et un galet de rivière poli sur lequel figure le début d’une écriture cunéiforme.

Ces objets seront formellement remis vendredi à l’ambassadeur d’Irak au Royaume-Uni, Salih Husain Ali, et seront acheminés ensuite au musée de Bagdad.

L’ambassadeur a remercié le British Museum pour ses « exceptionnels efforts d’identification et de retour des antiquités pillées en Irak ». « Une telle collaboration entre l’Irak et le Royaume-Uni est vitale pour la préservation et la protection du patrimoine irakien », a-t-il dit, cité par le musée.

Pour Hartwig Fischer, directeur du British Museum, qui avait dès 2003 mis en garde contre le pillage du patrimoine culturel du pays, le retour de ces objets est un « symbole des très solides relations de travail avec nos collègues irakiens développées ces dernières années ».

Romandie.com avec(©AFP / (09 août 2018 15h44)

Deux morts en Irak dans un mouvement de grogne sociale qui s’étend

juillet 14, 2018

Des jeunes irakiens manifestent devant l’entrée d’un champ pétrolier gardé par des soldats, le 14 juillet 2018 à Al-Qournah, dans la province de Bassora (sud) / © AFP / Haidar MOHAMMED ALI

Deux personnes ont été tuées dans le sud de l’Irak dans la nuit de vendredi à samedi au cours d’un mouvement de contestation sociale qui a débuté dans le sud du pays et gagne du terrain, y compris à Bagdad.

Les deux manifestants ont « été tués par balles » dans la province méridionale de Missane, à la frontière avec l’Iran, a indiqué le porte-parole des services de secours provinciaux, Ahmad al-Kanani.

Ces décès porte à trois le nombre de morts depuis le début du mouvement de contestation sociale, au cours duquel des dizaines de personnes, notamment des membres des forces de sécurité, ont été blessées selon des sources médicales.

Les protestations ont débuté le 8 juillet dans la province de Bassora (sud), les manifestants dénonçant la déliquescence des services publics ainsi qu’un chômage endémique, et criant leur colère contre l’incurie des autorités dans cette région pourtant riche en pétrole. La mort d’un manifestant dans la ville de Bassora ce même 8 juillet a exacerbé la grogne.

Face à cette mobilisation, le Premier ministre irakien Haider al-Abadi s’est rendu vendredi à Bassora pour tenter de calmer le mouvement mais en vain.

Les manifestations se sont poursuivies dans cette ville et sa province, s’étendant même à plusieurs régions d’Irak dont Bagdad.

Samedi, des dizaines de protestataires se sont ainsi rassemblés dans plusieurs quartiers de Bassora, y compris près de champs pétroliers à l’ouest de la ville, du siège des autorités provinciales et du port, selon un correspondant de l’AFP.

– « Tirs à l’aveugle » –

Quelques personnes ont également brièvement manifesté à un poste-frontière avec le Koweït, selon la même source.

Des Irakiens manifestent devant le siège du gouvernement de la province de Bassora (sud) dans la ville éponyme, le 13 juillet 2018 / © AFP / Haidar MOHAMMED ALI

La veille à Bassora, les protestataires avaient scandé « les voleurs nous pillent » en brandissant des drapeaux irakiens, en référence au gouvernement. Des rassemblements avaient aussi eu lieu dans les provinces méridionales de Zi Qar et Najaf.

Dans la nuit de vendredi à samedi, la contestation s’est ensuite étendue à une autre province du sud du pays, Missane, où de nombreux rassemblements ont eu lieu devant le siège de partis politiques, dont celui de M. Abadi. Certains ont été incendiés, d’après des médias irakiens.

C’est au cours d’une de ces manifestations, à Amara, chef-lieu de la province de Missane, que deux personnes ont été tuées dans des circonstances qui n’ont pas été clairement établies.

« Il y a eu des tirs à l’aveugle », a indiqué M. Kanani, le porte-parole des services de secours provinciaux.

Une petite manifestation pacifique a également eu lieu après minuit dans le quartier d’Al-Choula dans le nord de Bagdad, sous une forte présence des forces de l’ordre, a indiqué une source de sécurité à l’AFP.

Des appels à une grande manifestation à Bagdad circulaient samedi sur les réseaux sociaux, certains internautes demandant à ce que le cortège prenne la direction de la zone verte, le secteur de la capitale où se concentrent les institutions nationales et les ambassades qui est interdit d’accès à la plupart des Irakiens.

La plus haute autorité chiite d’Irak a annoncé vendredi son soutien aux manifestants, tout en les appelant à éviter les désordres et les destructions.

Romandie.com avec(©AFP / 14 juillet 2018 15h50)

Irak: condamnée à perpétuité, la Française Mélina Boughedir passera 20 ans de prison

juin 3, 2018

/ © AFP/Archives / STRINGER

La Française Mélina Boughedir a été condamnée dimanche par un tribunal de Bagdad à la perpétuité pour avoir rejoint le groupe Etat islamique (EI), une peine qui équivaut à 20 années de réclusion au regard de la législation irakienne actuelle.

Âgée de 27 ans, Mme Boughedir avait été déclarée libérable en février à l’issue d’un premier procès pour « entrée illégale » en Irak. Alors que ses avocats ont accusé Paris de chercher à empêcher tout retour de ses ressortissants jihadistes, elle a cette fois été reconnue coupable au titre de la loi antiterroriste.

Lors de ce deuxième procès, la jeune Française était ainsi passible de la peine capitale, sentence prononcée il y a deux semaines à peine à l’encontre d’un Belge, Tarik Jadaoun, surnommé le « nouvel Abaaoud », en référence à son compatriote Abdelhamid Abaaoud, l’un des organisateurs présumés des attentats du 13 novembre 2015 en France (130 morts).

Mélina Boughedir est la deuxième Française condamnée à la perpétuité en Irak, moins de deux mois après Djamila Boutoutaou, 29 ans. Toutes deux ont plaidé avoir été dupées par leurs maris, aujourd’hui introuvables.

Mme Boughedir s’est présentée dimanche à l’audience en robe et voile noire, sa plus jeune fillette dans les bras, alors que ses trois aînés ont déjà été rapatriés en France.

– « Mon mari m’a dupée » –

« Je suis innocente », a-t-elle lancé au juge en français, tandis qu’un traducteur l’assistait. « Mon mari m’a dupée et ensuite, il a menacé de partir avec les enfants », a-t-elle plaidé.

« Je suis contre les idées de l’Etat islamique », et « je condamne les actes de mon mari » –lui aussi Français–, a-t-elle encore affirmé.

Au sujet de celui qu’elle a dit avoir épousé il y a cinq ans, elle a assuré ne pas connaître son sort, affirmant ne pas avoir de nouvelles depuis qu’il est « parti un jour chercher de l’eau ».

La Française a été arrêtée durant l’été 2017 à Mossoul, « capitale » durant trois ans du « califat » autoproclamé en Irak, jusqu’à sa reprise en juillet dernier par les troupes irakiennes.

La peine qu’elle doit désormais purger débute à la date de son arrestation.

Dimanche, durant le procès, son avocat irakien a plaidé « l’acquittement de toutes les charges », affirmant que sa cliente avait été « forcée par son mari, qui était plus un geôlier qu’un époux ».

Après le premier jugement, dont la clémence tranchait avec le sort habituellement réservé aux étrangers accusés d’avoir rejoint l’EI, la Cour de cassation de Bagdad avait en revanche estimé que Mélina Boughedir avait suivi « en connaissance de cause » son mari.

Et, après avoir de nouveau interrogé Mme Boughedir, le président du tribunal a affirmé dimanche que « les preuves rassemblées » étaient « suffisantes pour condamner la criminelle à la prison à perpétuité ».

– « Raisons extra-judiciaires » –

Interrogés par l’AFP à Bagdad, ses avocats français William Bourdon, Martin Pradel et Vincent Brengarth se sont dits « soulagés qu’elle n’ait pas été condamnée à mort ». Toutefois, a ajouté Me Bourdon, leur cliente, « angoissée et effondrée », va interjeter appel.

« Il y a évidemment des raisons extra-judiciaires » qui expliquent cette condamnation, a-t-il fait valoir.

Jeudi dernier, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, avait décrit Mélina Boughedir comme une « terroriste » de l’EI ayant « combattu contre l’Irak ».

M. Le Drian avait appelé Bagdad à la juger pour s’assurer « que Mélina Boughedir ne revienne pas de sitôt en France », a estimé dimanche Me Bourdon.

Ses conseils et sa famille plaident quant à eux pour qu’elle rentre dans son pays, où « un juge d’instruction a signifié par un mandat d’arrêt qu’il souhaitait la voir dans son bureau ».

En France, la jeune femme est visée par un mandat de recherche délivré dans le cadre d’une information judiciaire ouverte à Paris le 2 août 2016, pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle », selon une source judiciaire.

Dans une récente lettre ouverte à M. Le Drian, le trio d’avocats avait dénoncé une « volonté à tout prix, et au sacrifice des principes fondamentaux, que (leur) cliente ne revienne pas », et fustigé une « ingérence inacceptable ».

Dans ce dossier, Paris a « une position impitoyable qui rejoint (celle de) la justice en Irak », ont-ils redit dimanche.

Quelques dizaines de Français soupçonnés d’avoir rejoint l’EI sont actuellement retenus en Irak et en Syrie avec plusieurs dizaines de mineurs, d’après une source proche du dossier.

Plus de 300 personnes –dont une centaine de ressortissantes étrangères– ont été condamnées à mort en Irak, et autant à la perpétuité, pour avoir rejoint l’EI qui a un temps tenu près d’un tiers du pays et de larges pans de la Syrie, selon des sources judiciaires.

La plupart des femmes condamnées sont Turques ou originaires des anciennes républiques d’Union soviétique.

Romandie.com avec(©AFP / 03 juin 2018 15h23)                

Sept soldats américains tués dans le crash de leur hélicoptère en Irak

mars 16, 2018

Washington – Sept soldats américains ont péri dans le crash de leur hélicoptère jeudi dans l’ouest de l’Irak, a rapporté vendredi un responsable de la défense américaine.

« Il y avait sept personnes à bord, on suppose qu’elles sont toutes décédées », a expliqué ce responsable, assurant que tous les occupants de l’appareil étaient des militaires américains. Quatre d’entre eux faisaient partie de l’US Air Force, a précisé un autre responsable.

« Il s’agissait d’un transport de troupes ordinaire de l’Irak vers la Syrie », a encore indiqué le premier responsable, peu après que le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (CENTCOM) eut rapporté dans un communiqué que « le crash ne semble pas être le résultat d’une activité ennemie ».

L’hélicoptère, un HH-60 Pave Hawk, s’est écrasé vers 18H45 GMT, précise ce communiqué, indiquant qu’une enquête est en cours.

L’armée américaine utilise en Irak des hélicoptères et des avions contre l’EI, qui a conquis de larges pans du territoire au nord et à l’ouest de Bagdad en 2014 avant d’être défait militairement l’an dernier.

L’aviation américaine a commencé ses frappes contre l’EI en août 2014 en Irak avant de les étendre à la Syrie voisine, lors d’une campagne où elle a fourni de l’armement et de l’entraînement aux forces combattant l’EI.

Bagdad a proclamé l’an dernier sa victoire contre le groupe jihadiste, mais l’EI est toujours à même de mener des attaques dans le nord du pays.

Romandie.com avec(©AFP / 16 mars 2018 13h14)