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L’Iran promet une réponse « terrible » après un attentat meurtrier revendiqué par l’EI

septembre 22, 2018

Le président Hassan Rohani a promis une réponse « terrible » de l’Iran après un attentat, revendiqué par le groupe État islamique (EI), qui a visé samedi un défilé militaire dans le sud du pays faisant au moins 29 morts dont des civils.

Téhéran a dénoncé un acte « terroriste » et accusé un « régime étranger » soutenu par Washington d’être derrière l’attentat, qui a fait également des dizaines de blessés, dont plusieurs dans un état grave.

L’attaque survient dans un climat de tensions très fortes entre l’Iran et les États-Unis, qui s’apprêtent à intensifier début novembre leurs sanctions contre la République islamique.

L’attaque, menée dans la matinée à Ahvaz, la capitale de la province du Khouzestan, peuplée majoritairement d’Arabes, a été revendiquée par le groupe extrémiste sunnite EI via son organe de propagande.

« La réponse de la République islamique à la moindre menace sera terrible », a déclaré M. Rohani, selon un communiqué publié sur son site internet officiel. « Ceux qui fournissent un soutien en matière de renseignement et de propagande à ces terroristes devront en répondre ».

Le ministre des Affaires étrangères iranien avait plus tôt mis en cause un régime étranger soutenu par Washington.

« Des terroristes recrutés, entraînés et payés par un régime étranger ont attaqué Ahvaz […] L’Iran considère que les parrains régionaux du terrorisme et leurs maîtres américains sont responsables de telles attaques », a écrit Mohammad Javad Zarif sur son compte Twitter.

Les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, avaient pour leur part accusé les assaillants d’être liés à un groupe séparatiste arabe soutenu par l’Arabie saoudite.

– « Nourris par l’Arabie saoudite » –

« Jusqu’à présent, cet attentat terroriste a fait 29 martyrs et 57 blessés », a annoncé la chaîne officielle en langue arabe Al-Alam, en citant le député Mojtaba Zolnouri, membre de la Commission parlementaire de la Sécurité nationale et des affaires étrangères. Le bilan précédent était de 24 morts.

« Parmi les martyrs, figurent une fillette et un ancien combattant qui a été tué sur sa chaise roulante », a déclaré le général de brigade Abolfazl Shekarchi, porte-parole des forces armées iraniennes, sur la télévision d’État.

Ce général des Gardiens de la Révolution a ajouté que trois des « terroristes » avaient été abattus sur le site de l’attaque et qu’un quatrième, blessé et arrêté, avait décédé à l’hôpital.

Cité plus tôt par l’agence semi-officielle Isna en début d’après-midi, Ali-Hossein Hosseinzadeh, vice-gouverneur de la province du Khouzestan, avait indiqué qu’un journaliste et « huit ou neuf militaires » figuraient parmi les morts.

Selon plusieurs médias iraniens, les assaillants étaient vêtus de treillis militaires.

« Ceux qui ont ouvert le feu sur les gens et les forces armées sont liés au mouvement al-Ahvazieh », a déclaré Ramezan Sharif, porte-parole des Gardiens de la Révolution cité par Isna, faisant référence à un mouvement séparatiste arabe local.

« Ils sont nourris par l’Arabie saoudite, et ils ont essayé de faire de l’ombre à la puissance des forces armées » iraniennes, a-t-il ajouté.

Premier chef d’État étranger à réagir à l’attaque, le président russe Vladimir Poutine s’est dit « horrifié » par l’attaque et a présenté ses condoléances à Hassan Rohani, selon le Kremlin.

« Cet évènement nous rappelle la nécessité d’une bataille sans compromis contre le terrorisme sous toutes ses formes », a dit M. Poutine dont le pays, avec l’Iran, soutient le régime de Bachar al-Assad contre les insurgés dans la Syrie en guerre.

L’attentat a eu lieu alors que l’Iran marque la Journée nationale des forces armées, qui commémore chaque 22 septembre le déclenchement, par Bagdad, de la guerre Iran-Irak (1980-1988).

Les premières attaques en Iran revendiquées par l’EI remontent à un peu plus d’un an.

– « Colère contre nos missiles » –

Le 7 juin 2017, des hommes armés et des kamikazes avaient attaqué le Parlement et le mausolée de l’imam Khomeiny à Téhéran, faisant 17 morts et des dizaines de blessés.

Les Gardiens de la Révolution avaient alors accusé l’Arabie saoudite et les États-Unis d' »implication » dans les attentats.

Accusé de déstabiliser le Moyen-Orient, l’Iran est dans le collimateur des États-Unis depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump qui a rétabli des sanctions contre Téhéran et annoncé son retrait de l’accord international de 2015 sur le nucléaire iranien.

L’Arabie saoudite, alliée des États-Unis, est le grand rival régional de l’Iran, les deux pays s’opposant sur de nombreux dossiers au Moyen-Orient, notamment dans les conflits en Syrie et au Yémen.

Dans un discours à Téhéran samedi peu avant l’annonce de l’attentat, M. Rohani a prévenu que son pays augmenterait « jour après jour » ses « capacités défensives », faisant référence aux missiles que développe Téhéran et qui inquiètent les Occidentaux.

« Le fait que vous soyez en colère contre nos missiles montre que ce sont nos armes les plus efficaces », a indiqué M. Rohani en présidant un défilé militaire à Téhéran.

Romandie.com avec(©AFP / (22 septembre 2018 15h42)                                                        

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Attentat en Iran: Téhéran accuse un « régime étranger » allié de Washington

septembre 22, 2018

Téhéran – Téhéran a accusé samedi « un régime étranger » soutenu par les États-Unis d’être responsable de l’attentat ayant fait dans la matinée au moins huit morts à Ahvaz, dans le sud-ouest de l’Iran.

« Des terroristes recrutés, entraînés et payés par un régime étranger ont attaqué Ahvaz […] L’Iran considère que les parrains régionaux du terrorisme et leurs maîtres américains sont responsables de telles attaques », écrit le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif sur son compte Twitter.

« L’Iran réagira rapidement et fermement pour défendre des vies iraniennes », ajoute le ministre sur Twitter.

Au moins huit militaires ont été tués dans une attaque menée samedi matin par un commando armé contre un défilé militaire à Ahvaz, capitale du Khouzestan, province du sud-ouest de l’Iran à la population majoritairement arabe.

Les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, ont accusé les assaillants d’être liés à un groupe séparatiste arabe soutenu « par l’Arabie saoudite ».

(©AFP / 22 septembre 2018 08h42)                                                        

Les Européens cherchent à contourner les sanctions contre l’Iran

septembre 15, 2018

Paris – Les Européens envisagent d’instaurer un circuit commercial alternatif, une sorte de troc à grande échelle, pour contourner les sanctions américaines et permettre à l’Iran de continuer à exporter du pétrole.

L’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne pourraient ainsi créer un véhicule dédié (Special purpose vehicle – SPV) agissant comme une bourse d’échanges qui permettrait de traiter de manière isolée les transactions commerciales avec l’Iran, ont rapporté vendredi deux médias allemands, l’hebdomadaire Der Spiegel et le quotidien économique Handelsblatt.

Si par exemple l’Iran vendait du pétrole à une entreprise espagnole, et qu’un fabricant allemand de machines-outils équipait une installation à Téhéran, la somme correspondant à la livraison du pétrole servirait directement à payer le fournisseur allemand.

« C’est du troc sophistiqué. L’acheteur paie des droits de compensation qui donnent (à l’Iran) un droit d’achat de biens de première nécessité », confirme un haut responsable français à l’AFP sous couvert de l’anonymat, précisant que des pays tiers comme la Chine ou l’Inde pourront y être associés.

L’option est à l’étude parmi plusieurs autres et vise à créer des « canaux de paiement indépendants » avec l’Iran, a indiqué de son côté une porte-parole du ministère allemand des Finances, interrogée par l’AFP.

Le président américain Donald Trump s’est retiré en mai de l’accord international sur le nucléaire iranien, censé empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique et le sortir parallèlement de son isolement économique grâce à une levée des sanctions qui l’étranglaient.

– Des « moyens techniques » –

Washington a rétabli depuis une série de lourdes sanctions visant aussi les entreprises ou pays étrangers qui continueraient de faire affaire avec Téhéran. Sous la menace, nombre de grands groupes (Total, Daimler..) très engagés aux Etats-Unis ont depuis cessé toute activité avec l’Iran par craintes de représailles américaines.

Le 4 novembre, une nouvelle vague de sanctions frappera directement les exportations de pétrole iraniennes et les opérations bancaires avec ce pays qui va se retrouver de facto déconnecté des circuits financiers internationaux.

L’Iran détient les quatrièmes réserves mondiales prouvées de pétrole et nombre de pays, en Asie particulièrement, ont besoin de se fournir en brut iranien, d’autant que leurs raffineries sont spécialement conçues pour traiter cette variété de pétrole-là et pas une autre.

En créant une bourse d’échanges, les Européens pourraient « réduire les paiements transfrontaliers au départ ou à destination de l’Iran », relève un document de la Commission européenne cité par le Handelsblatt. Les banques internationales, très exposées au risque américain, resteraient ainsi à l’écart des transactions.

« Pour nous, la question c’est de trouver des moyens techniques pour que l’Iran puisse continuer d’importer et exporter en dépit des sanctions américaines sans que les opérateurs européens soient eux-mêmes sanctionnés », résume un diplomate européen.

La France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne sont déterminées à sauvegarder l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien – dont elles sont cosignataires avec la Russie et la Chine – afin de prévenir une reprise du programme iranien susceptible de déclencher une course à l’arme atomique dans la région.

– Une question de souveraineté –

Elles s’inquiètent aussi d’un affaiblissement du président iranien Hassan Rohani, ardent défenseur de l’accord nucléaire mais qui pour l’heure n’en a pas engrangé les bénéfices économiques escomptés.

« Les mesures prises par Washington (..) risquent de renforcer les éléments les plus durs du régime », avertit le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

« Washington pense que ces pressions sont susceptibles de provoquer un changement d’attitude du régime, voire du régime lui-même; or nous ne le croyons pas », ajoutait-t-il dans une interview fin août à l’hebdomadaire français L’Express.

Les Européens dénonçent aussi, à travers les sanctions américaines, une atteinte à leur souveraineté ainsi qu’à leurs intérêts économiques, et pas seulement en Iran.

Berlin redoute notamment que des sanctions de Washington contre la Russie ne pénalisent l’industrie allemande dans ce pays.

Face à de telles menaces, « nous devons réagir et renforcer l’autonomie et la souveraineté de l’Europe en matière commerciale, économique et financière », martèle le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas.

Romandie.com avec(©AFP / 15 septembre 2018 09h56)                                                        

L’Iran dévoile son premier avion de combat, en pleine tension avec Washington

août 21, 2018

Téhéran – L’Iran a dévoilé mardi son premier avion de combat de fabrication 100% iranienne, tout en affirmant que ses capacités militaires sont uniquement dissuasives et visent à parvenir à une « paix durable », en pleine tension avec les Etats-Unis sur le dossier nucléaire.

Selon l’agence de presse iranienne Tasnim, cet avion de chasse dispose d’équipements technologiques « de pointe », dont des radars polyvalents. L’appareil a été testé avec succès et une démonstration de vol a été diffusée par certains médias officiels.

La télévision d’Etat a montré, à l’occasion de la journée nationale de l’Industrie de la Défense, le président Hassan Rohani assis dans le cockpit de l’avion baptisé « Kowsar ».

« Quand je parle de notre aptitude à nous défendre, cela signifie que nous cherchons une paix durable », a fait valoir M. Rohani, s’exprimant dans le cadre de la parade militaire organisée dans la capitale iranienne.

« Certains pensent que lorsqu’on accroît sa force militaire, c’est qu’on cherche la guerre. Mais nous cherchons plutôt la paix et nous ne voulons pas la guerre », a t-il poursuivi dans ce discours télévisé.

« Si nous n’avons pas de moyens de dissuasion, cela donnera un feu vert aux autres pour entrer dans ce pays », a-t-il encore argué.

– « A moindre coût » –

Rohani, président depuis cinq ans et en difficulté sur la plan intérieur, a réaffirme que l’Iran devait faire preuve de retenue et en même temps de dissuasion, dans une apparente allusion à ses opposants radicaux, qui adoptent un ton plus guerrier vis-à-vis des Etats-Unis.

« Avec quelques phrases, on peut commencer un combat. Avec quelques actes militaires ont peut entrer en confrontation, mais ça sera coûteux », a-t-il averti, plaidant pour une protection du pays « à moindre coût ».

Le ministre de la Défense Amir Hatami avait annoncé la tenue de cet évènement samedi dernier, affirmant que son pays cherchait à améliorer ses capacités balistiques pour répondre aux « menaces » d’Israël et des Etats-Unis, ses ennemis jurés.

« Nos ressources sont limitées », mais « nous mettons à niveau nos missiles en fonction des menaces et des actions de nos ennemis, comme moyen de dissuasion ou de riposte dévastatrice », avait-il dit.

Les déclarations iraniennes interviennent en pleine tension avec l’administration du président américain Donald Trump, régulièrement soupçonnée de caresser l’espoir d’un changement de régime en Iran.

Arrivé au pouvoir en 2017, Trump a décidé en mai dernier de se retirer de l’accord nucléaire de 2015 entre l’Iran et les grandes puissances. Le 7 août, il a unilatéralement rétabli des sévères sanctions à l’encontre de l’Iran, notamment des blocages sur les transactions financières et les importations de matières premières.

Une nouvelle salve de sanctions touchant le secteur des hydrocarbures est prévue en novembre afin d’accroître la pression sur Téhéran.

Des analystes estiment que les ventes de brut iranien pourraient baisser de 700.000 barils par jour par rapport à leur niveau actuel qui est de 2,3 millions de barils par jour.

– « Groupe de travail » –

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a annoncé jeudi dernier la création d’un « groupe de travail sur l’Iran » destiné à faire respecter les sanctions économiques américaines contre Téhéran, au risque de sanctions « secondaires » aux pays qui ne les respecteraient pas.

Malgré les sanctions, M. Trump a dit qu’il restait « ouvert » à un « accord plus global qui concernerait l’ensemble des activités néfastes (de l’Iran), y compris son programme balistique et son soutien au terrorisme ».

Le 13 août, le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a lui affirmé qu’il n’y aurait ni guerre ni négociations avec les Etats-Unis, les problèmes de son pays étant le résultat d’une mauvaise gestion du gouvernement plutôt que du rétablissement des sanctions.

Face aux sanctions, plusieurs entreprises internationales ont toutefois commencé à quitter l’Iran.

Le géant pétrolier français Total, qui avait déjà prévenu qu’il lui serait impossible d’y rester sans une dérogation de la part des autorités américaines, s’est officiellement désengagé de ses projets d’investissements de plusieurs milliards de dollars, a annoncé lundi Téhéran.

Les Etats-Unis souffrent « d’une addiction aux sanctions », avait dénoncé quelques heures plus tôt le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, dans une interview diffusée par CNN.

Romandie.com avec(©AFP / 21 août 2018 12h53)                                                        

Iran: un haut responsable de la Banque centrale arrêté dans un contexte tendu

août 5, 2018

Des rials iraniens à côté de dollars américains le 10 avril 2018 à Téhéran. La monnaie iranienne a perdu plus de 50% de sa valeur face au dollar depuis le mois d’avril / © AFP/Archives / ATTA KENARE

Le vice-gouverneur et chef du département des changes de la Banque centrale d’Iran a été arrêté, a annoncé dimanche l’autorité judiciaire au moment où les tensions montent à l’approche d’une réimposition des sanctions américaines mardi.

Le vice-gouverneur, Ahmad Araghchi, été arrêté avec d’autres responsables ainsi que quatre cambistes accusés de spéculation, a indiqué le porte-parole de l’autorité judiciaire, Gholam-Hossein Mohseni Ejeie dans une déclaration à la radio-télévision d’Etat IRIB.

Ces arrestations interviennent dans un contexte tendu avant la réimposition des sanctions américaines, conséquence du retrait unilatéral de Washington de l’accord international sur le nucléaire iranien.

Les mesures décidées par l’administration du président Donald Trump pourraient lourdement peser sur l’économie iranienne et la monnaie nationale, le rial, a récemment atteint son plus bas niveau face au dollar sur le marché parallèle.

Des journalistes ont rapporté une présence renforcée de la police anti-émeutes dimanche soir dans la ville de Karaj, à l’ouest de Téhéran, secouée par des manifestations depuis quelques jours.

Selon les médias d’Etat iraniens, environ 500 manifestants ont attaqué une école religieuse dans cette province vendredi soir et une personne aurait été tuée par des protestataires.

Ces derniers jours, des manifestations rassemblant des centaines de personnes ont eu lieu dans plusieurs grandes villes comme Chiraz (sud), Ahvaz (sud-ouest), Machhad (nord-est) et Karaj. Mais de sévères restrictions imposées à la presse ont rendu impossible de vérifier de source indépendante l’ampleur de ces protestations et les images circulant sur les réseaux sociaux.

– « Grands corrompus » –

Les opposants conservateurs du président Hassan Rohani, un modéré, reprochent à son gouvernement de ne pas lutter suffisamment contre la corruption et d’échouer à relancer l’économie.

Samedi, un haut responsable religieux, le grand ayatollah Hossein Nouri-Hamedani, a demandé à ce que « les grands corrompus économiques » soient renvoyés devant les tribunaux.

« Les gens sont en colère quand ils entendent que quelqu’un a détourné des milliards pendant que d’autres vivent dans des conditions difficiles », a-t-il déclaré selon l’agence de presse Tasnim liée aux conservateurs.

Avant son arrestation, le chef du département des changes, qui est le neveu du vice-ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi, avait été limogé samedi par le nouveau gouverneur de la Banque centrale, une mesure sanctionnant apparemment sa mauvaise gestion de la crise monétaire en cours.

Le rial iranien a perdu plus de la moitié de sa valeur par rapport au dollar depuis avril.

Cette chute s’explique par le retour annoncé des sanctions américaines contre l’Iran et les craintes qu’elles font peser sur l’économie, mais les analystes estiment également que des mesures prises par Téhéran ont contribué au plongeon de la devise.

En avril, les autorités avaient établi un taux officiel fixe de 42.000 rials pour un dollar tout en menaçant de poursuites les cambistes du marché parallèle qui appliqueraient un taux différent.

Cette mesure a entraîné une vague de spéculation sur le marché noir tandis que certains responsables sont soupçonnés de corruption pour avoir profité de dollars à des taux préférentiels.

Nommé fin juillet pour tenter de redresser la situation, le nouveau gouverneur de la Banque centrale, Abdolnasser Hemati, doit dévoiler une nouvelle politique des changes lundi.

Selon la radio-télévision d’Etat IRIB, les importations de produits de première nécessité comme les médicaments devraient continuer de se faire au taux officiel de 42.000 rials pour un dollar.

Sur le marché parallèle, le rial était tombé à 119.000 pour un dollar la semaine dernière. Il s’est légèrement redressé et s’échangeait à 98.500 rial pour un dollar dimanche soir.

Romandie.com avec(©AFP / 05 août 2018 20h19)

États-Unis: Trump prêt à rencontrer les dirigeants iraniens « quand ils veulent »

juillet 30, 2018

Le président américain Donald Trump s’est dit prêt lundi à rencontrer les dirigeants iraniens lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche / © AFP / SAUL LOEB

Après avoir rencontré Kim Jong Un au terme d’une escalade verbale sans précédent avec la Corée du Nord, Donald Trump se dit désormais prêt à voir les dirigeants iraniens « quand ils veulent », malgré la fermeté affichée ces derniers mois contre l’Iran.

« Je ne sais pas s’ils y sont prêts », a dit lundi le président des Etats-Unis répondant à une question sur une éventuelle rencontre avec son homologue iranien Hassan Rohani. « J’imagine qu’ils voudront me rencontrer, je suis prêt à les rencontrer quand ils veulent ».

Selon lui, c’est « bon pour eux, bon pour nous, bon pour le monde entier », surtout « si nous pouvons trouver une solution sérieuse, pas un gâchis de papier comme l’autre accord ».

M. Trump a annoncé en mai le retrait des Etats-Unis de l’accord international censé empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique, qu’il juge trop laxiste. Il a rétabli toutes les sanctions levées après sa signature en 2015, avec un sévère contrecoup pour de nombreuses entreprises européennes, sommées de quitter l’Iran sous peine d’être frappées par des mesures punitives américaines.

Washington a dressé une liste de douze conditions draconiennes pour un nouvel accord avec l’Iran.

Donald Trump a en revanche assuré ne pas poser de conditions à une rencontre qui serait la première entre des présidents américain et iranien depuis la révolution islamique de 1979.

Mais son secrétaire d’Etat Mike Pompeo a ensuite précisé sur la chaîne CNBC qu’une réunion au sommet pourrait avoir lieu « si les Iraniens démontrent qu’ils sont prêts à des changements fondamentaux dans leur manière de traiter leur peuple, modifient leur comportement malveillant » au Moyen-Orient et se montrent ouverts à un accord sur le nucléaire « qui empêche vraiment la prolifération ».

Le porte-parole du Conseil de sécurité nationale a ensuite affirmé que « les Etats-Unis sont prêts à prendre des actions pour supprimer les sanctions, rétablir des relations diplomatiques et commerciales totales, permettre à l’Iran d’avoir une technologie avancée et soutenir la réintégration de l’économie iranienne dans le système économique international ».

« Cependant, cet assouplissement n’est possible que s’il y a des évolutions tangibles, prouvées et durables dans les politiques de Téhéran », a ajouté Garrett Marquis. « Jusque-là, le fardeau des sanctions ne sera que de plus en plus lourd si le régime ne change pas de voie ».

– Tweet en majuscules –

L’ouverture américaine intervient en tout cas alors que le ton était monté ces derniers jours.

Le président Rohani a d’abord prévenu qu’un conflit avec l’Iran serait la « mère de toutes les guerres ».

« NE MENACEZ PLUS JAMAIS LES ÉTATS-UNIS OU VOUS ALLEZ SUBIR DES CONSÉQUENCES TELLES QUE PEU AU COURS DE L’HISTOIRE EN ONT CONNUES AUPARAVANT », lui a directement répondu Donald Trump dans un tweet en majuscules.

« SOYEZ PRUDENT! », a ensuite rétorqué, sur le même mode, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.

Le registre de l’avertissement américain rappelle celui employé il y a un an contre les ambitions nucléaires de la Corée du Nord, à laquelle Donald Trump promettait « le feu et la colère » et une « destruction totale » en cas d’agression.

En parallèle de la campagne de « pression maximale », mélange d’isolement diplomatique et de sanctions draconiennes, mise en place par Washington, les échanges d’invectives avec Kim Jong Un étaient allés crescendo pendant que Pyongyang multipliait les essais balistiques et nucléaires.

Jusqu’au spectaculaire rapprochement de 2018 et au sommet du 12 juin à Singapour, à l’issue duquel le président américain n’a pas tari d’éloges à l’égard du dirigeant nord-coréen.

Pense-t-il pouvoir reproduire ce scénario avec la République islamique? Téhéran a en tout cas remplacé Pyongyang comme ennemi numéro un de Washington, et la « pression maximale », qui a disparu du lexique de Donald Trump au sujet de la Corée du Nord, est désormais évoquée pour faire plier l’Iran.

Mais, pour l’instant, le reste de la communauté internationale, qui avait suivi les Etats-Unis en imposant de lourdes sanctions contre le régime nord-coréen l’an dernier, refuse d’en faire autant face aux autorités iraniennes. Les alliés européens, en particulier, tentent envers et contre tout de sauver l’accord sur le nucléaire iranien.

Dans ce contexte, Donald Trump va-t-il finalement rencontrer Hassan Rohani, qui avait déjà eu un entretien téléphonique avec Barack Obama en 2013? Une occasion pourrait se présenter lors de l’Assemblée générale annuelle des Nations unies, fin septembre à New York.

Reste à savoir si le président iranien est demandeur. Selon son entourage, le président américain avait demandé à huit reprises une telle réunion en marge du rendez-vous de l’ONU l’an dernier. En vain.

Romandie.com avec(©AFP / 31 juillet 2018 01h40)

Trump et l’Iran s’interpellent à coups de tweets menaçants

juillet 23, 2018

Le président américain Donald Trump le dimanche 22 juillet à sa descente de Marine One / © AFP/Archives / Nicholas Kamm

Le ton monte, via tweets interposés: le président américain Donald Trump a lancé une mise en garde d’une rare virulence contre l’Iran, à laquelle Téhéran a répondu du tac au tac.

Le message menaçant de Donald Trump, envoyé tard dimanche soir, a suscité des interrogations sur la stratégie américaine face à la République islamique, l’administration Trump étant régulièrement soupçonnée de caresser l’espoir d’un changement de régime en Iran.

Dans un registre évoquant celui utilisé il y a un an face à la Corée du Nord, le président américain a appelé l’Iran à « ne plus jamais » menacer les Etast-Unis au risque d’en « subir les conséquences ».

« NOUS NE SOMMES PLUS UN PAYS QUI SUPPORTE VOS PAROLES DÉMENTES DE VIOLENCE ET DE MORT. FAITES ATTENTION ! », a-t-il écrit dans un message adressé à son homologue iranien Hassan Rohani.

« FAITES ATTENTION ! », lui a rétorqué quelques heures plus tard, exactement sur le même mode, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.

Si le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rendu hommage à la « position ferme » du président américain, ce message abrupt a aussi suscité une avalanche de questions sur sa portée exacte.

Interrogée sur les motivations du président, sa porte-parole Sarah Sanders a souligné que son « objectif ultime » était de s’assurer que Téhéran n’obtienne pas l’arme nucléaire et « la protection des Américains ».

Ce message est intervenu après un avertissement de M. Rohani au dirigeant américain, lui conseillant de « ne pas jouer avec la queue du lion » et assurant qu’un conflit avec l’Iran serait la « mère de toutes les guerres ».

Une photo diffusée par la présidence irianienne dimanche montrant le président Hassan Rohani dimanche / © Iranian Presidency/AFP/Archives / –

Le président iranien a en outre de nouveau averti que l’Iran pourrait fermer le détroit stratégique d’Ormuz, qui contrôle le Golfe et par où passe jusqu’à 30% du pétrole mondial transitant par voie maritime.

Une menace qui a poussé le centre de réflexion International Crisis Group à relever le niveau de menace sur ce passage stratégique à « sévère ».

Le 8 mai, M. Trump, qui a fait du régime de Téhéran sa principale bête noire, a claqué la porte de l’accord censé empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique et de rétablir toutes les sanctions levées dans le cadre de ce texte jugé trop laxiste.

– « Détourner l’attention » –

Nombre d’observateurs voyaient d’abord lundi dans la virulente sortie du président une volonté de faire diversion a moment où il traverse une passe difficile après ses propos particulièrement conciliants à l’égard de son homologue russe Vladimir Poutine à Helsinki.

« Frustré par l’absence de progrès avec la Corée du Nord, en colère à cause des réactions négatives après Helsinki, Trump essaye d’évacuer, de faire le dur et de changer de sujet », a réagi Aaron David Miller, ancien diplomate et négociateur dans plusieurs administrations démocrates comme républicaines.

« Si la tirade en majuscules de Trump démontre une chose, c’est que les Etats-Unis n’ont pas de politique sur l’Iran », a-t-il ajouté, déplorant une réthorique « vide et ridicule ».

L’accord de 2015 sur le nucléaire en Iran / © AFP / afp

S’appuyant sur ses discussions avec des responsables européens, Rob Malley, président de l’International Crisis Group, soulignait de son côté que ces derniers « ne prennent pas vraiment au sérieux (le tweet présidentiel), y voyant d’abord une façon de détourner l’attention de Mueller (procureur spécial qui enquête sur une éventuelle collusion entre Moscou et l’équipe Trump) et Poutine ».

Si les deux dossiers sont à de nombreux égards très différents, les mots utilisés par Donald Trump évoquent ceux employées il y a un peu plus d’un an à l’adresse du régime nord-coréen et nombre d’observateurs voient des similitudes avec la campagne de « pression maximum » mise en avant face à Pyongyang.

En septembre 2017, lors de son premier discours devant l’assemblée générale de l’ONU, M. Trump avait menacé de « détruire totalement » la Corée du Nord, s’en prenant violemment au « régime dévoyé » de Pyongyang.

Il s’est depuis engagé dans un processus de négociations qui s’est traduit par un sommet à Singapour avec Kim Jong Un qu’il avait pourtant qualifié de Rocket Man » (homme-fusée).

Plus d’un mois après ce face-à-face historique, nombre d’observateurs soulignent cependant l’absence d’avancées concrètes sur la « dénucléarisation complète de la péninsule coréenne » que la communauté internationale appelle de ses voeux.

Lundi, le président américain a vivement réagi à un article du Washington Post selon lequel il serait, en privé, particulièrement frustré par l’absence d’avancée sur ce dossier.

« Les +Fake news+ disent, sans même me demander (toujours des sources anonymes), que je suis en colère parce que cela ne va pas assez vite. Faux, très heureux! », a-t-il tweeté.

Romandie.com avec(©AFP / 24 juillet 2018 04h11)

Un attentat contre l’opposition iranienne déjoué en France, un couple arrêté à Bruxelles

juillet 2, 2018

Des policiers et des militaires belges devant le palais de justice de Bruxelles le 20 novembre 2015 / © BELGA/AFP/Archives / NICOLAS LAMBERT

Un couple de Belges d’origine iranienne a été arrêté samedi à Bruxelles pour avoir planifié un attentat à l’explosif le même jour contre un rassemblement de l’opposition iranienne en France, et inculpé, a annoncé lundi le parquet fédéral spécialisé dans les affaires de terrorisme.

Le couple a été interpellé dans une commune de Bruxelles en possession de 500 grammes d’explosif dans sa voiture. Il est soupçonné d’avoir voulu commettre un attentat à la bombe samedi à Villepinte, près de Paris, lors d’un rassemblement organisé par les Moudjahidine du Peuple Iranien (MEK), a précisé le parquet dans un communiqué.

Tous deux ont été inculpés lundi de « tentative d’attentat terroriste et de préparation d’une infraction terroriste ».

Un diplomate iranien, contact du couple, a été interpellé en Allemagne et une autre de leurs relations a été arrêtée en France, a annoncé le parquet.

Des perquisitions ont par ailleurs été menées dans cinq localités en Belgique. Aucune information n’a été communiquée sur leurs résultats.

« L’attentat terroriste a pu être déjoué grâce à une collaboration entre la sûreté de l’Etat belge et les autorités judiciaires françaises et allemandes », a affirmé le parquet.

Amir S., 38 ans, et son épouse Nasimeh N., 33 ans, ont été interceptés samedi à bord de leur véhicule Mercedes dans lequel les policiers ont découvert « environ 500 grammes de TATP » (Trirpéroxyde de triacétone), explosif utilisé dans les attentats commis à Paris le 13 novembre 2015 et à Bruxelles en mars 2016 notamment.

S’y trouvait également « un mécanisme de mise à feu dissimulé dans une trousse de toilette », précise le communiqué. Les services de déminage ont été appelés pour faire sauter l’explosif de manière contrôlée.

Leur cible était une conférence organisée par les Moudjahidine du Peuple Iranien, un parti d’opposition iranien fondé en 1965 et interdit par les autorités iraniennes depuis 1981, à laquelle ont assisté près de 25.000 personnes samedi, a précisé le parquet.

Le ministre Belge de l’Intérieur Jan Jambon a indiqué sur Twitter qu’il n’a à aucun moment été question de projets d’attentats en Belgique. L’OCAM, l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace en Belgique, a maintenu inchangé le niveau de la menace, a-t-il précisé.

Romandie.com avec(©AFP / 02 juillet 2018 15h41)

Mondial-2018-Football pour tous dans un stade de Téhéran, une première

juin 20, 2018

Téhéran – Plusieurs milliers de spectateurs, hommes, femmes et enfants, ont assisté mercredi soir au stade Azadi de Téhéran à une retransmission inédite, en direct sur écran géant, du match Iran-Espagne disputé en Russie pour le Mondial-2018 de football.

Dans une République islamique d’Iran où les femmes n’ont pas le droit d’aller au stade voir des hommes jouer au football, c’est « la première fois qu’une telle » retransmission pour un public mixte « a lieu dans une enceinte sportive », comme l’a relevé l’agence de presse iranienne Isna.

La soirée avait cependant mal commencé pour les candidats aux gradins du stade emblématique de la capitale iranienne. Vers 20H00 (15H30 GMT), soit deux heures et demie avant le coup d’envoi, le bruit courait que la retransmission avait été « annulée ».

Plusieurs centaines de supporteurs de la Team-e Melli (« Équipe nationale » en persan) en vert-blanc-vert piaffaient d’impatience, soufflant tant qu’ils pouvaient dans leur vuvuzelas pour un grand bourdonnement de protestation face à un cordon de policiers qui leur refusaient l’entrée.

Interrogée par l’AFP, une jeune femme retenait ses larmes pour tenter de contenir sa déception: elle ne se souvenait plus de la dernière fois qu’elle avait été au stade, si ce n’est qu’elle était toute jeune et que sa famille l’avait fait passer pour un garçon.

L’interview n’a pu être achevée, des policiers anti-émeutes ayant prié les journalistes de l’AFP de quitter les lieux alors que la tension montait aux abords du stade, dont les forces de l’ordre bloquaient les accès routiers, provoquant un embouteillage monstre.

La police a finalement laissé les portes s’ouvrir, et quelque 4.000 personnes ont pu assister au coup d’envoi, selon un photographe présent sur place, loin des 10.000 spectateurs qu’avait pronostiqués dans la matinée l’agence Isna.

Des photos de la foule bigarrée à l’intérieur du stade ont été publiées sur Twitter. A quelques minutes de la fin de la rencontre, l’Iran était mené 1-0 par l’Espagne, malgré une belle résistance.

Mises en vente en ligne au prix de 150.000 rials (moins de deux euros), les places avaient rapidement trouvé acquéreurs. Le capacité du stade Azadi (« Liberté » en persan) est estimée à 100.000 personnes.

– « Début pour les familles » –

Le flottement avant l’ouverture de l’arène montre combien la question de l’admission des femmes dans les stades avec les hommes reste sensible en Iran.

Vendredi, pour l’entrée en lice de l’Iran dans la compétition, les autorités avaient d’abord annoncé que les familles pourraient se rendre au stade Azadi pour suivre Iran-Maroc sur écran géant, avant de faire brusquement machine arrière et d’annuler la retransmission de la rencontre dans le stade et les jardins publics de la capitale sans fournir d’explication.

L’espoir pour les fans est revenu mercredi matin après qu’une députée, Tayebeh Siavoshi, eut annoncé que le Conseil provincial de Téhéran avait autorisé la retransmission d’Iran-Espagne au stade Azadi « en présence de familles ».

« Avec le respect des règles dont feront preuve les spectateurs, nous espérons qu’il sera possible de retransmettre le match Iran-Portugal (le 25 juin) dans ce même stade, et que cela sera le début de la présence de familles au stade Azadi pour assister à de vrais matches », a dit à Isna Mme Siavoshi, qui milite pour l’admission des femmes dans les stades.

Depuis la révolution islamique de 1979, les Iraniennes n’ont pas le droit d’assister aux matches de football masculins, officiellement pour les protéger des injures et du comportement vulgaire des supporteurs.

Certaines bravent l’interdiction en se travestissant à l’aide de perruques ou de barbes ou moustaches postiches.

Quand ils s’agit de football féminin, seules les femmes ont le droit d’assister aux rencontres.

Après la victoire de l’Iran (1-0) contre le Maroc vendredi, une foule jeune et largement féminine a célébré pendant plusieurs heures cette performance dans les rues de Téhéran, comme si l’équipe nationale avait remporté le trophée planétaire.

(©AFP / 20 juin 2018 19h52)                                                        

Iran: une célèbre avocate des droits de l’Homme arrêtée (mari)

juin 13, 2018

Photo prise le 18 septembre 2013 de l’avocate iranienne Nasrin Sotoudeh avec son marin Reza Khandan à Téhéran / © AFP/Archives / BEHROUZ MEHRI

L’avocate iranienne des droits de l’Homme Nasrin Sotoudeh, récompensée à l’étranger pour son engagement, a été arrêtée mercredi, a annoncé son mari sur Facebook.

« Nasrin a été arrêtée à la maison il y a quelques heures et transférée à Evin », a écrit son mari Reza Khandan, en référence à la célèbre prison de Téhéran où sont détenus de nombreux prisonniers politiques.

L’avocate âgée de 55 ans et figure de l’activisme en faveur des droits de l’Homme en Iran, a récemment défendu plusieurs femmes arrêtées pour avoir enlevé leur voile en public afin de protester contre son port obligatoire depuis la révolution islamique de 1979.

« J’ai dit une fois aux interrogateurs » que la seule chose que les autorités savaient faire « c’est arrêter les gens », a écrit son mari sur Facebook.

Mme Sotoudeh a défendu des journalistes et des activistes comme l’avocate et lauréate du prix Nobel de la paix Shirin Ebadi, ainsi que des opposants arrêtés lors des grandes manifestations de 2009 contre la réélection de l’ultraconservateur populiste Mahmoud Ahmadinejad comme président.

Nasrin Sotoudeh s’est vue décerner en 2012 le Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit décerné par le Parlement européen.

Elle a passé trois ans en prison entre 2010 et 2013 pour avoir agi, selon les autorités, « contre la sécurité nationale » et propagé « la propagande anti-régime ». Durant sa détention, elle avait observé deux grèves de la faim pour protester contre ses conditions de détention dans la prison d’Evin et l’interdiction de voir son fils et sa fille.

Elle a été libérée en septembre 2013, peu de temps avant que le président modéré récemment élu Hassan Rohani assiste à l’Assemblée générale de l’ONU. Il lui est en revanche interdit de représenter des cas politiques et de quitter l’Iran jusqu’en 2022.

Romandie.com avec(©AFP / 13 juin 2018 13h35)