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Une Iranienne de 17 ans assassinée par son mari, nouvelle victime des « crimes d’honneur »

février 10, 2022

Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre un homme souriant, exposant la tête de sa femme qu’il vient de décapiter. L’assassinat, qui vient allonger la longue liste des « crimes d’honneur » dont sont victimes les femmes en Iran, provoque une vague d’indignation.

Un portrait de Mona Heidari diffusé sur Twitter après son assassinat, le 5 février 2022.
Un portrait de Mona Heidari diffusé sur Twitter après son assassinat, le 5 février 2022. TWITTER

Le jeune homme pose fièrement, sourire aux lèvres, devant la caméra qui le filme déambulant dans une rue d’Ahvaz, dans le sud-ouest de l’Iran. Dans sa main droite, un long couteau qu’il tient nonchalamment. Dans sa main gauche, la tête de sa femme, âgée de 17 ans, qu’il vient de décapiter. L’insoutenable vidéo, publiée sur YouTube et relayée par l’agence de presse Rokna samedi 5 février, met en images l’horreur et la brutalité banalisées d’une violence endémique envers les femmes iraniennes.

L’histoire de Mona (Ghazal) Heidari ressemble à celle de milliers d’autres. Selon le Women Committee NCRI, un comité de défense des femmes iraniennes, elle avait été mariée de force à 12 ans à son cousin, Sajjad Heidari. En Iran, la loi autorise le mariage des filles dès 13 ans, voire plus tôt dans certains cas, si le père en fait la demande. Près de 9 750 filles, âgées de 10 à 14 ans, seraient concernées par des mariages précoces dans le pays, selon L’Orient-Le Jour, qui rappelle que ces unions forcées ont augmenté de 30 % au deuxième trimestre 2021 par rapport à l’année précédente.

Mona Heidari, victime de violences conjugales depuis des années, avait fui en Turquie il y a quelques mois pour échapper à son mari, avant d’en revenir il y a quelques jours. C’est ce voyage, « à l’insu de son mari et sans sa permission », qui aurait provoqué le meurtre, selon le journal Etemad. Les médias iraniens ne délivrent pas tous la même version des raisons qui ont motivé le retour en Iran de la jeune femme, mère d’un enfant de 3 ans. Mais tous s’accordent à dire qu’elle a rejoint la longue liste des victimes de « crime d’honneur ».

« Aucune peur des lois existantes »

Ces meurtres, perpétrés par des hommes sur des femmes de leur famille pour les punir d’avoir « jeté le discrédit » sur leurs proches, sont nombreux en Iran. Les femmes qui en sont victimes ont refusé de se marier de force, ont été victimes de viol, ont divorcé, ont tenté de quitter leur mari ou ont eu des relations avec un autre homme que leur époux.

En 2020, la revue The Lancet notait que 20 % des meurtres et 50 % des meurtres familiaux en Azerbaïdjan oriental, une province du nord de l’Iran, étaient des « crimes d’honneur ». Selon la revue, 8 000 meurtres de cette nature ont été commis en Iran entre 2010 et 2014. Le quotidien iranien Sharq donnait, en 2019, des chiffres oscillant entre 375 et 450 par an.Lire aussi  Article réservé à nos abonnésComment le pouvoir iranien étouffe les cas de violences contre les femmes

La loi iranienne est régulièrement dénoncée comme étant l’institutionnalisation de la misogynie et de la culture patriarcale du pays

« La construction sociale de l’honneur en tant que système de valeurs, norme ou tradition est la principale justification des violences perpétrées contre les femmes », écrit The Lancet. La loi iranienne est, en effet, régulièrement dénoncée comme étant l’institutionnalisation de la misogynie et de la culture patriarcale du pays. « Dans certaines régions du pays où le système patriarcal et tribal règne, des hommes frappent brutalement leurs femmes, filles ou sœurs sans avoir aucune peur des lois existantes », relève Hamchahri, la publication de la mairie de Téhéran, traduite par Courrier international.

En vertu du code pénal islamique, un homme peut, par exemple, tuer son épouse et son amant s’il les surprend « en flagrant délit d’adultère ». Un père, considéré comme « propriétaire » du sang de ses enfants, ne sera pas non plus puni de la peine de mort, comme le prévoit pourtant la loi du Talion, s’il tue l’un de ses enfants.Lire aussi  Article réservé à nos abonnésL’assassinat d’une jeune fille de 14 ans par son père émeut l’Iran

Pour les défenseurs des droits de l’homme et des droits des femmes, ces lois sont à l’origine d’un sentiment d’impunité dont jouissent de nombreux hommes, et le terreau de crimes dont les femmes sont les principales victimes. « Les autorités n’ont pas pris de mesures pour mettre un terme à l’impunité des hommes qui tuent leur femme ou leur fille ni pour faire en sorte qu’ils soient sanctionnés à hauteur de la gravité de leur crime », souligne ainsi Amnesty International dans son dernier rapport.

Vague d’indignation

Le meurtre de Mona Heidari a suscité une vague d’indignation dans le pays, notamment de la part des médias réformateurs et des militants des droits des femmes, relève Courrier international« Il n’y a aucune mesure concrète pour garantir l’application des lois visant à empêcher la violence contre les femmes », a regretté la députée Elham Nadaf, citée par l’agence de presse Ilna.

Le meurtre a aussi relancé les appels à réformer la loi sur la protection des femmes contre la violence conjugale. Le journal Sazandegi a ainsi mis le drame à sa « une », pressant le gouvernement et la justice de « soutenir les femmes et les filles en réformant les lois concernant le mariage des enfants et en pénalisant spécifiquement les crimes commis par des hommes fanatiques ».

Ensieh Khazali, la vice-présidente pour les femmes et les affaires familiales au sein du gouvernement iranien, a aussi appelé à une action parlementaire immédiate pour « combler certaines des lacunes juridiques » et « élever le niveau de conscience de la population ».

L’arrivée au pouvoir, en août 2021, du président ultraconservateur Ebrahim Raïssi, a encore amenuisé l’espoir de voir s’alléger la pression du pouvoir et des religieux sur les femmes de ce pays, l’un des seuls au monde à ne pas avoir signé la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.

Avec Le Monde

Iran : les États-Unis « préoccupés » par le lancement d’une fusée

janvier 1, 2022

Lors de pourparlers à Vienne sur son programme nucléaire, l’Iran a annoncé avoir lancé une fusée transportant trois appareils de recherche spatiale.

L'Iran a annonce jeudi le lancement d'une fusee.
L’Iran a annoncé jeudi le lancement d’une fusée. © – / IRANIAN DEFENCE MINISTRY / AFP

Les États-Unis se sont dits jeudi « préoccupés » par le lancement par l’Iran d’une fusée, avancée qui pourrait, selon eux, bénéficier au programme balistique de Téhéran, mais ont souligné leur attachement aux négociations visant à sauver l’accord sur le nucléaire iranien. « Les États-Unis restent préoccupés par le développement iranien de lanceurs spatiaux, qui pose un risque de prolifération », a dit une porte-parole du département d’État, qui a toutefois réaffirmé que Washington « souhaite un retour mutuel au respect total de l’accord » de 2015 visant à empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire.

La France a également « condamné » vendredi le lancement la veille d’une fusée par Téhéran au moment où les négociations sur le programme nucléaire iranien ont repris et se trouvent, selon elle, en « plein progrès ». « La France condamne ce lancement qui n’est pas conforme à la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies », a indiqué la diplomatie française dans un communiqué. « Ces activités sont d’autant plus regrettables qu’elles interviennent à un moment où nous enregistrons des progrès dans la négociation nucléaire à Vienne. »

Lors de pourparlers à Vienne sur son programme nucléaire, l’Iran a en effet annoncé jeudi avoir lancé dans l’espace une fusée transportant trois appareils de recherche spatiale. L’engin spatial « comprend des technologies qui sont presque identiques et interchangeables avec celles utilisées dans les missiles balistiques, notamment ceux de longue portée », a noté la porte-parole américaine. Elle a ajouté que ce lancement représentait une violation de la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’ONU qui entérine l’accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien (dont l’acronyme en anglais est JCPOA) et enjoint à Téhéran de « ne mener aucune activité liée aux missiles balistiques conçus pour pouvoir emporter des charges nucléaires ».

Un programme « provocateur »

À Vienne, l’enjeu vise à faire revenir dans le pacte Washington, qui l’a quitté en 2018, et de ramener Téhéran au respect de ses engagements, rompus en réaction au rétablissement des sanctions américaines. Les États-Unis participent de manière indirecte aux négociations. « Le programme nucléaire iranien était efficacement limité par le JCPOA », a souligné la porte-parole de la diplomatie américaine.

« L’administration précédente les a libérés de ces contraintes, ce qui rend encore plus dangereux » les autres projets de l’Iran, notamment leur programme « provocateur » de missiles balistiques, a-t-elle ajouté. « C’est pour cela que nous essayons de parvenir à un retour mutuel au respect de l’accord », a-t-elle conclu. Les Occidentaux soupçonnent l’Iran de chercher à développer, en utilisant la technologie de ses lanceurs de satellites, des lanceurs balistiques à longue portée capables d’emporter des charges conventionnelles ou nucléaires.

Par Le Point avec AFP

Mort de Banisadr, premier président de la République islamique d’Iran

octobre 9, 2021
Mort de Banisadr, premier president de la Republique islamique d'Iran
Mort de Banisadr, premier président de la République islamique d’Iran© AFP/Archives/Joel ROBINE

Le premier président de la République islamique d’Iran, Abolhassan Banisadr, est mort samedi dans un hôpital parisien à l’âge de 88 ans, après avoir passé une grande partie de sa vie en France où il s’était exilé après sa destitution en 1981.

« A la suite d’une longue maladie, Abolhassan Banisadr est mort samedi à l’hôpital » de la Pitié-Salpêtrière, a indiqué l’agence officielle iranienne Irna, citant une source proche de l’ancien chef d’Etat.

En Iran, les agences officielles se contentent de donner l’annonce de son décès qui s’accompagne de nombreuses critiques, en particulier de la presse ultraconservatrice qui le présente comme « un ennemi ». Banisadr fut un proche du fondateur de la république islamique, l’ayatollah Khomeiny, avant de tomber en disgrâce et d’être forcé à l’exil.

Sa famille en France a réagi en publiant un communiqué: « Nous voudrions informer le peuple honorable d’Iran et tous les militants de l’indépendance et de la liberté que le président élu du peuple iranien après la révolution de 1979, qui a également défendu les libertés, Abolhassan Banisadr, est décédé (…) après un long combat contre la maladie ».

« Banisadr pensait apparemment être la figure la plus instruite et la plus astucieuse dans le jeu de pouvoir en Iran à l’époque, mais les événements ont montré que ces affirmations avaient peu à voir avec la réalité », a affirmé sur les réseaux sociaux, Ahmad Zeidabadi, un journaliste écrivant dans la presse réformiste.

Mais les ultraconservateurs se déchaînent sans surprise contre lui. « Au cours des 40 dernières années, Banisadr a été actif contre la nation iranienne », affirme l’agence Fars.

Inconnu parmi les jeunes

Le quotidien Javan va dans le même sens. « Le premier président iranien qui a fui le pays après avoir été évincé du commandement des Forces armées et de la présidence (…) collaborait avec les opposants en France contre le peuple iranien ces dernières années ».

L’Autorité judiciaire décoche aussi ses flèches contre lui. « Pendant toutes ces années, à l’ombre des services de renseignement français et occidentaux, Banisadr n’a manqué aucune occasion pour frapper le peuple et le système de la République islamique d’Iran », écrit sur son site Mizan Online, l’agence officielle de l’Autorité judiciaire.

Pour beaucoup de jeunes, nés après la révolution, Banisadr est un inconnu. « Il a été président durant une période très courte, il est ensuite parti en France et son activité n’avait pas d’écho ici », assure un employé de 40 ans, qui ne veut pas être identifié.

« Il a quitté le pays un an après la révolution, que sait-on de lui ? Sa fonction aurait pu être importante après la révolution s’il n’avait pas quitté l’Iran », estime Ali, un commerçant de 40 ans.

Réfugié politique en France depuis 1981, cet ancien intime du fondateur de la République islamique, l’ayatollah Khomeiny, avait été élu président en janvier 1980 avant d’être destitué 17 mois plus tard.

Bénéficiant d’une protection policière constante, Banisadr habitait à Versailles, en région parisienne, depuis mai 1984, après avoir résidé à Auvers-sur-Oise et Cachan, deux autres villes proches de Paris.

Par Le Point avec AFP

Présidentielle en Iran : l’ultraconservateur Ebrahim Raïssi l’emporte au premier tour

juin 19, 2021
Ebrahim Raïssi, alors chef de l’autorité judiciaire, s’adresse à la presse après avoir enregistré sa candidature pour l’élection présidentielle iranienne, au ministère de l’Intérieur, à Téhéran, Iran, le 15 mai 2021.

L’ultraconservateur Ebrahim Raïssi a été proclamé vainqueur samedi de la présidentielle iranienne de la veille, marquée par la plus basse participation à un tel scrutin depuis la proclamation de la République islamique en 1979.

Sans surprise, Ebrahim Raïssi, chef de l’Autorité judiciaire âgé de 60 ans, s’est imposé dès le premier tour après une campagne électorale terne sur fond de mécontentement général face à la crise économique et sociale. Il a obtenu 61,95% des voix, selon les résultats définitifs du ministère de l’Intérieur. Le taux de participation officiel s’élève à 48,8%.

Hodjatoleslam (rang inférieur à ayatollah dans la hiérarchie du clergé chiite), Ebrahim Raïssi faisait figure d’archifavori, faute de concurrence réelle après la disqualification de ses principaux adversaires.

Sauver l’accord de Vienne

Le chef de l’Autorité judiciaire, qui doit prendre ses fonctions en août, hérite d’un pays en proie à une grave crise économique, conséquence des sanctions imposées par les États-Unis contre l’Iran après la décision de l’ancien président américain Donald Trump de dénoncer en 2018 l’accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015 à Vienne.

Bien qu’issu d’un courant politique se caractérisant par l’antiaméricanisme et le rejet de l’Occident, Ebrahim Raïssi a rappelé pendant la campagne que la priorité – conformément à la ligne fixée par le guide suprême Ali Khamenei – était d’obtenir la levée de ces sanctions pour sortir le pays de l’ornière. Son élection ne devrait donc pas avoir d’effet sur les négociations en cours pour sauver l’accord de Vienne en y réintégrant les États-Unis.

La solution passe a priori par la levée des sanctions américaines demandées par l’Iran en échange du retour de Téhéran à l’application pleine et entière de l’accord, la République islamique ayant abandonné en riposte au blocus américain la plupart des garde-fous limitant ses activités nucléaires qu’il avait acceptés à Vienne.

La nation, « grand vainqueur »

Selon les chiffres officiels, le général de division Mohsen Rezaï, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, termine deuxième avec plus de 11,79%, mais le total de ses voix est inférieur à celui des bulletins nuls. L’ancien président de la Banque centrale Abdolnasser Hemmati, obtient 8,39%, devant le député Amirhossein Ghazizadeh-Hachémi (3,45%).

Avant même la publication du taux de participation officiel, l’ayatollah Khamenei avait affirmé que le « grand vainqueur » des élections était « la nation iranienne [qui] s’est levée une fois de plus contre la propagande des médias mercenaires de l’ennemi ».

Pendant les semaines précédant le scrutin, les rares sondages disponibles avaient laissé présager d’un taux d’abstention record de plus de 60%. Plusieurs responsables iraniens, dont le président sortant Hassan Rohani, s’étaient inquiétés qu’une faible participation puisse nuire au « maintien de la légitimité » de la République islamique.

L’ayatollah Khamenei lui-même avait appelé à plusieurs reprises à faire échec à une campagne de mouvements d’opposition en exil appelant à boycotter le scrutin.

Avant même la proclamation des résultats, Ebrahim Raïssi, en qui certains médias iraniens voient un possible successeur de M. Khamenei (82 ans cette année), a été reçu par Hassan Rohani et le président du Parlement, Mohammad-Bagher Ghalibaf qui l’ont félicité.

« Si Dieu le veut, nous ferons de notre mieux pour que l’espoir désormais présent dans les coeurs du peuple s’accroisse », a-t-il déclaré lors de sa rencontre avec Mohammad-Bagher Ghalibaf. Le président a des prérogatives limitées en Iran, où l’essentiel du pouvoir est aux mains du guide suprême.

Répression

Se présentant comme le champion de la lutte anticorruption et le défenseur des classes populaires au pouvoir d’achat miné par l’inflation, Ebrahim Raïssi est le seul des quatre candidats à avoir véritablement fait campagne.

Réélu en 2017 au premier tour face à Ebrahim Raïssi qui avait alors obtenu 38% des voix, Hassan Rohani, un modéré dont la politique d’ouverture internationale a été torpillée par Donald Trump, finit son second mandat avec un niveau d’impopularité rarement atteint.

En décembre et janvier 2017-2018 et en novembre 2019, deux vagues de contestation ont été violemment réprimées.

Pour l’opposition en exil et des défenseurs des droits humains, Ebrahim Raïssi est l’incarnation de la répression et son nom associé aux exécutions massives de détenus de gauche en 1988, à l’époque où il était procureur adjoint du tribunal révolutionnaire de Téhéran.

Interrogé en 2018 et en 2020 sur cette page controversée de l’histoire récente, Ebrahim Raïssi a nié y avoir joué le moindre rôle, mais a rendu « hommage » à l’« ordre » donné selon lui par l’ayatollah Khomeiny, fondateur de la République islamique, de procéder à cette épuration.

Amnesty International a néanmoins dénoncé son élection à la présidence, jugeant qu’il devrait faire l’objet d’une enquête pour « crimes contre l’humanité » et « répression brutale » des droits humains. Ebrahim Raïssi figure sur la liste noire des responsables iraniens sanctionnés par Washington pour « complicité de graves violations des droits humains ».

Par Jeune Afrique avec AFP

Les États-Unis prêts à lever de nombreuses sanctions, l’Iran veut plus

mai 8, 2021

LES ÉTATS-UNIS PRÊTS À LEVER DE NOMBREUSES SANCTIONS

© Reuters/LISI NIESNER

DUBAI (Reuters) – Les Etats-Unis ont fait savoir qu’ils étaient prêts à lever de nombreuses sanctions contre l’Iran lors des discussions sur le nucléaire à Vienne mais Téhéran en veut plus, a déclaré vendredi le principal négociateur iranien.

« Les informations qui nous été transmises par la partie américaine montrent qu’ils sont sérieux dans leur volonté de réintégrer l’accord sur le nucléaire et ils se sont déclarés prêts jusqu’à présent à lever une grande partie des sanctions », a dit Abbas Araqchi à la télévision publique iranienne.

« Mais cela ne convient pas de notre point de vue et donc les discussions se poursuivent jusqu’à ce que nous obtenions réponse à toutes nos demandes », a-t-il ajouté.

A Washington, le président américain Joe Biden a dit croire que l’Iran prenait au sérieux les négociations. « Mais de quelle manière, et ce qu’ils sont prêts à faire, c’est une autre histoire. Mais nous poursuivons les discussions », a-t-il dit.

Un quatrième cycle de discussions indirectes a débuté vendredi à Vienne entre représentants américains et iraniens sur les conditions d’un retour des Etats-Unis dans le Plan d’action global commun (PAGC, ou JCPoA en anglais) conclu à Vienne en juillet 2015, dont Washington s’est retiré en 2018 à l’initative de Donald Trump, et du respect par Téhéran de ses obligations, dont il s’est affranchi progressivement depuis deux ans.

Avec (Rédactions de Dubaï et Washington; version française Jean-Stéphane Brosse)

Iran et Chine signent un « pacte de coopération stratégique de 25 ans »

mars 27, 2021

Iran et Chine signent un "pacte de cooperation strategique de 25 ans"
Iran et Chine signent un « pacte de coopération stratégique de 25 ans »© AFP/-

L’Iran a conclu samedi avec la Chine, pays « ami des temps d’épreuves », un accord de coopération stratégique et commerciale sur 25 ans aux contours mystérieux après plusieurs années de discussions.

Ce « pacte de coopération stratégique de 25 ans » a été signé par le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, et son homologue chinois, Wang Yi, en visite à Téhéran, a constaté un journaliste de l’AFP.

Les grandes lignes et les détails de l’accord doivent encore être dévoilés. Tout ce que l’on sait du document signé par les deux ministres, c’est qu’il s’agit, selon Téhéran, d’une « feuille de route complète », comportant des « clauses politiques, stratégiques et économiques » pour « 25 ans de coopération ».

La signature de ce pacte illustre la priorité donnée aux relations avec « l’Est » (c’est-à-dire pour l’Iran des Etats comme la Chine, les deux Corées, l’Inde, le Japon ou la Russie) conformément à l’inflexion donnée par le guide suprême iranien Ali Khamenei en 2018 en rupture avec l’un des slogans les plus populaires de la révolution iranienne de 1979 : « Ni Ouest, ni Est, République islamique. »

Pour Pékin, l’accord s’inscrit dans son vaste projet d’infrastructures dit des Nouvelles routes de la soie lancé avec plus de 130 pays.

La Chine est le premier partenaire commercial de la République islamique d’Iran même si, selon des chiffres iraniens, le volume des échanges entre les deux pays a chuté avec le rétablissement, en 2018, de sanctions américaines contre Téhéran, dans la foulée de la dénonciation par Washington de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015.

« Actions appréciables »

Cité vendredi par l’agence Ilna, le chef de la chambre de commerce sino-iranienne à Téhéran, Majid-Réza Hariri, a indiqué que le volume des échanges entre Pékin et Téhéran était tombé à environ « 16 milliards de dollars » en 2020, contre « 51,8 milliards de dollars » en 2014.

La Chine, qui était l’un des principaux acheteurs du pétrole iranien avant ces sanctions a fortement réduit, officiellement, ses achats de brut en provenance de la République islamique.

Selon des informations de presse, les importations chinoises de pétrole iranien ne se sont cependant jamais taries et elles auraient même augmenté récemment.

Selon un communiqué de son ministère, « M. Zarif a qualifié la Chine d’ami des temps d’épreuves » et a déclaré à M. Wang : « Nous remercions la Chine pour ses positions et actions appréciables en ces temps de sanctions cruelles contre l’Iran. »

En recevant le ministre chinois, le président Hassan Rohani, a dit souhaiter que Pékin « continue d’être un partenaire commercial majeur avec l’Iran » et vouloir « plus de coopération dans le domaine des coentreprises », selon un communiqué de la présidence.

« Pays fiables »

M. Rohani a aussi salué l’opposition de la Chine « à l’extravagance américaine et aux sanctions unilatérales » de Washington.

La visite en Iran de M. Wang, qui a reçu il y a quelques jours son homologue russe Sergueï Lavrov en Chine, survient dans un climat de défiance renforcée de la République islamique vis-à-vis de l’Occident et dans une période de tensions persistantes entre Moscou, Pékin et Téhéran d’un côté et les Etats-Unis de l’autre depuis l’arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche en janvier.

La dénonciation unilatérale par Washington en 2018 de l’accord international sur le nucléaire iranien et l’incapacité des Européens à aider la République islamique à contourner les sanctions américaines rétablies cette année-là, ou encore à relancer l’accord, ont achevé de convaincre les autorités iraniennes que l’Occident n’est pas un partenaire « digne de confiance », selon l’expression de M. Khamenei.

La genèse du pacte irano-chinois remonte à la visite du président chinois Xi Jinping à Téhéran en janvier 2016.

Téhéran et Pékin s’étaient alors engagées dans un communiqué commun « à mener des négociations pour la signature d’un accord de coopération élargie sur 25 ans » et « de coopérer et avoir des investissements réciproques dans les différents domaines, notamment les transports, les ports, l’énergie, l’industrie et les services ».

L’ayatollah Khamenei avait alors jugé « tout a fat correct et sage » ce projet, affirmant que l’Iran cherchait « à élargir ses relations avec des pays indépendants et fiables tels que la Chine ».

Avec AFP

L’ONU condamne une nouvelle exécution d’un mineur délinquant en Iran

décembre 31, 2020

L’ONU a vivement condamné jeudi 31 décembre l’exécution en Iran d’un homme pour un crime qu’il aurait commis alors qu’il avait 16 ans, la quatrième d’un mineur délinquant cette année dans ce pays, appelant Téhéran à cesser cette pratique.

Selon l’ONU, Mohammad Hassan Rezaiee a été exécuté tôt jeudi. D’après Amnesty International, il avait été arrêté en 2007 dans le cadre d’une affaire où un homme avait été tué à coups de couteau lors d’une rixe et il a passé plus de douze ans dans le quartier des condamnés à mort.

«L’exécution de mineurs délinquants est catégoriquement prohibée par les lois internationales et l’Iran a l’obligation de respecter cette interdiction», a déclaré une porte-parole du Bureau des droits de l’homme des Nations unies à Genève, Ravina Shamdasani. La Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Michelle Bachelet, «condamne vivement cette exécution», a-t-elle ajouté.

Ravina Shamdasani a ajouté que le Bureau des droits de l’homme de l’ONU était consterné que l’exécution ait eu lieu en dépit de ses efforts pour un dialogue avec Téhéran sur cette question. «Il existe des allégations extrêmement troublantes selon lesquelles il a été condamné sur la base d’aveux extorqués sous la torture», a-t-elle dit, ajoutant qu’il y avait également «de nombreuses autres inquiétudes au sujet des violations de son droit à un procès équitable».

La porte-parole a souligné que l’exécution de Rezaiee est la quatrième d’un mineur délinquant en 2020 et intervient après une série d’exécutions récentes en Iran.L’exécution par Téhéran le 12 décembre d’un journaliste et dissident basé en France, Ruhollah Zam, avait provoqué un tollé international, des gouvernements occidentaux accusant l’Iran de l’avoir kidnappé à l’étranger avant de le juger.

Ravina Shamdasani a souligné qu’au moins huit personnes avaient été exécutées dans différentes prisons iraniennes pour la seule période entre le 19 et le 26 décembre. Elle a ajouté que selon des informations non confirmées, huit autres personnes couraient le risque d’une «exécution imminente». Plusieurs personnes condamnées pour des crimes qu’elles auraient commis alors qu’elles étaient mineures sont dans le couloir de la mort, d’après elle.

«L’ONU a appelé à plusieurs reprises l’Iran à cesser d’exécuter des mineurs délinquants, mais nous pensons qu’au moins 80 d’entre eux sont dans le couloir de la mort», a-t-elle dit. Elle a souligné que Michelle Bachelet «a exhorté les autorités iraniennes à arrêter toutes les exécutions de mineurs délinquants et à reconsidérer immédiatement leur cas conformément aux lois internationales sur les droits de l’homme.»

Par Le Figaro avec AFP

L’Iran convoque l’ambassadeur de France après l’exécution de Rouhollah Zam

décembre 13, 2020
L'IRAN CONVOQUE L'AMBASSADEUR DE FRANCE APRÈS L'EXÉCUTION DE ROUHOLLAH ZAM

L’ambassadeur d’Allemagne a lui aussi été convoqué, son pays assumant la présidence tournante de l’Union européenne.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a transmis à ces diplomates les protestations de l’Iran à la suite des critiques françaises et européennes contre l’exécution de Rouhollah Zam.

Ce dernier, qui a vécu un temps en exil en France avant d’être capturé en Irak puis transféré en Iran, a été pendu samedi. Il a été jugé coupable d’incitation à la violence lors du mouvement de contestation de 2017 en Iran.

La France a dénoncé un « acte barbare et inacceptable » et a condamné « avec la plus grande fermeté cette atteinte grave à la liberté d’expression et à la liberté de la presse ».

L’UE a pour sa part dit condamner cette exécution « dans les termes les plus forts ».

Avec Reuters (version française Bertrand Boucey)

Iran : un responsable du programme nucléaire assassiné

novembre 27, 2020

Un scientifique de haut rang travaillant pour le secteur nucléaire en Iran a été assassiné vendredi près de Téhéran.

Un scientifique de haut rang travaillant pour le secteur nucléaire en Iran a succombé à ses blessures après l’attaque de son véhicule par des «terroristes armés» près de Téhéran, a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué.

L’homme – identifié officiellement comme étant Mohsen Fakhrizadeh, chef du département recherche et innovation du ministère – a été «gravement blessé» lorsque sa voiture a été prise pour cible par plusieurs assaillants, qui ont en retour été pris à partie par l’équipe de sécurité du scientifique, a poursuivi le communiqué, précisant que l’équipe médicale n’était pas parvenue à le ranimer.

Par Le Figaro avec AFP

L’Iran lance des missiles souterrains lors d’exercices dans le Golfe

juillet 29, 2020

 

La veille, les Gardiens de la révolution avaient attaqué un faux porte-avions américain.

Les forces armées de la République islamique ont tiré mercredi 29 juillet des missiles balistiques «depuis les profondeurs de la terre» au dernier jour d’exercices militaires dans les eaux du Golfe, selon des médias iraniens. Ces tirs interviennent un jour après que les Gardiens de la révolution, armée idéologique de l’Iran, ont visé la maquette d’un porte-avions américain près du détroit d’Ormuz, important couloir de navigation notamment pour les pétroliers.

Des images diffusées par la télévision d’État ont montré des rafales de flammes, de la fumée et de la poussière, et quelque chose qui ressemblait à quatre projectiles s’élevant dans le ciel depuis un terrain désertique.

Dans une déclaration publiée sur leur site Sepahnews, les Gardiens de la révolution ont affirmé que c’était «la première fois au monde» qu’un tel exercice était réalisé, sans autre détail. Ils ont salué «le lancement réussi de missiles balistiques depuis les profondeurs de la terre de manière totalement camouflée», selon eux «une réalisation importante qui pourrait poser de sérieux défis aux organisations de renseignement ennemies».

Les Gardiens de la révolution ont également indiqué avoir lancé des bombes de chasseurs-bombardiers Soukhoï Su-22 pour viser des «positions prédéterminées» sur l’île de Bani Farur dans les eaux territoriales iraniennes. «Ces lancements ont été effectués sans la plate-forme et les équipements habituels», a déclaré le général de brigade Amirali Hajizadeh, chef de la branche aérospatiale des Gardiens de la Révolution, dans une interview télévisée. «Les missiles enterrés percent soudainement le sol et frappent leurs cibles avec précision», a-t-il ajouté.

Par Le Figaro avec AFP