Posts Tagged ‘IRAN’

Mondial-2018-Football pour tous dans un stade de Téhéran, une première

juin 20, 2018

Téhéran – Plusieurs milliers de spectateurs, hommes, femmes et enfants, ont assisté mercredi soir au stade Azadi de Téhéran à une retransmission inédite, en direct sur écran géant, du match Iran-Espagne disputé en Russie pour le Mondial-2018 de football.

Dans une République islamique d’Iran où les femmes n’ont pas le droit d’aller au stade voir des hommes jouer au football, c’est « la première fois qu’une telle » retransmission pour un public mixte « a lieu dans une enceinte sportive », comme l’a relevé l’agence de presse iranienne Isna.

La soirée avait cependant mal commencé pour les candidats aux gradins du stade emblématique de la capitale iranienne. Vers 20H00 (15H30 GMT), soit deux heures et demie avant le coup d’envoi, le bruit courait que la retransmission avait été « annulée ».

Plusieurs centaines de supporteurs de la Team-e Melli (« Équipe nationale » en persan) en vert-blanc-vert piaffaient d’impatience, soufflant tant qu’ils pouvaient dans leur vuvuzelas pour un grand bourdonnement de protestation face à un cordon de policiers qui leur refusaient l’entrée.

Interrogée par l’AFP, une jeune femme retenait ses larmes pour tenter de contenir sa déception: elle ne se souvenait plus de la dernière fois qu’elle avait été au stade, si ce n’est qu’elle était toute jeune et que sa famille l’avait fait passer pour un garçon.

L’interview n’a pu être achevée, des policiers anti-émeutes ayant prié les journalistes de l’AFP de quitter les lieux alors que la tension montait aux abords du stade, dont les forces de l’ordre bloquaient les accès routiers, provoquant un embouteillage monstre.

La police a finalement laissé les portes s’ouvrir, et quelque 4.000 personnes ont pu assister au coup d’envoi, selon un photographe présent sur place, loin des 10.000 spectateurs qu’avait pronostiqués dans la matinée l’agence Isna.

Des photos de la foule bigarrée à l’intérieur du stade ont été publiées sur Twitter. A quelques minutes de la fin de la rencontre, l’Iran était mené 1-0 par l’Espagne, malgré une belle résistance.

Mises en vente en ligne au prix de 150.000 rials (moins de deux euros), les places avaient rapidement trouvé acquéreurs. Le capacité du stade Azadi (« Liberté » en persan) est estimée à 100.000 personnes.

– « Début pour les familles » –

Le flottement avant l’ouverture de l’arène montre combien la question de l’admission des femmes dans les stades avec les hommes reste sensible en Iran.

Vendredi, pour l’entrée en lice de l’Iran dans la compétition, les autorités avaient d’abord annoncé que les familles pourraient se rendre au stade Azadi pour suivre Iran-Maroc sur écran géant, avant de faire brusquement machine arrière et d’annuler la retransmission de la rencontre dans le stade et les jardins publics de la capitale sans fournir d’explication.

L’espoir pour les fans est revenu mercredi matin après qu’une députée, Tayebeh Siavoshi, eut annoncé que le Conseil provincial de Téhéran avait autorisé la retransmission d’Iran-Espagne au stade Azadi « en présence de familles ».

« Avec le respect des règles dont feront preuve les spectateurs, nous espérons qu’il sera possible de retransmettre le match Iran-Portugal (le 25 juin) dans ce même stade, et que cela sera le début de la présence de familles au stade Azadi pour assister à de vrais matches », a dit à Isna Mme Siavoshi, qui milite pour l’admission des femmes dans les stades.

Depuis la révolution islamique de 1979, les Iraniennes n’ont pas le droit d’assister aux matches de football masculins, officiellement pour les protéger des injures et du comportement vulgaire des supporteurs.

Certaines bravent l’interdiction en se travestissant à l’aide de perruques ou de barbes ou moustaches postiches.

Quand ils s’agit de football féminin, seules les femmes ont le droit d’assister aux rencontres.

Après la victoire de l’Iran (1-0) contre le Maroc vendredi, une foule jeune et largement féminine a célébré pendant plusieurs heures cette performance dans les rues de Téhéran, comme si l’équipe nationale avait remporté le trophée planétaire.

(©AFP / 20 juin 2018 19h52)                                                        

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Iran: une célèbre avocate des droits de l’Homme arrêtée (mari)

juin 13, 2018

Photo prise le 18 septembre 2013 de l’avocate iranienne Nasrin Sotoudeh avec son marin Reza Khandan à Téhéran / © AFP/Archives / BEHROUZ MEHRI

L’avocate iranienne des droits de l’Homme Nasrin Sotoudeh, récompensée à l’étranger pour son engagement, a été arrêtée mercredi, a annoncé son mari sur Facebook.

« Nasrin a été arrêtée à la maison il y a quelques heures et transférée à Evin », a écrit son mari Reza Khandan, en référence à la célèbre prison de Téhéran où sont détenus de nombreux prisonniers politiques.

L’avocate âgée de 55 ans et figure de l’activisme en faveur des droits de l’Homme en Iran, a récemment défendu plusieurs femmes arrêtées pour avoir enlevé leur voile en public afin de protester contre son port obligatoire depuis la révolution islamique de 1979.

« J’ai dit une fois aux interrogateurs » que la seule chose que les autorités savaient faire « c’est arrêter les gens », a écrit son mari sur Facebook.

Mme Sotoudeh a défendu des journalistes et des activistes comme l’avocate et lauréate du prix Nobel de la paix Shirin Ebadi, ainsi que des opposants arrêtés lors des grandes manifestations de 2009 contre la réélection de l’ultraconservateur populiste Mahmoud Ahmadinejad comme président.

Nasrin Sotoudeh s’est vue décerner en 2012 le Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit décerné par le Parlement européen.

Elle a passé trois ans en prison entre 2010 et 2013 pour avoir agi, selon les autorités, « contre la sécurité nationale » et propagé « la propagande anti-régime ». Durant sa détention, elle avait observé deux grèves de la faim pour protester contre ses conditions de détention dans la prison d’Evin et l’interdiction de voir son fils et sa fille.

Elle a été libérée en septembre 2013, peu de temps avant que le président modéré récemment élu Hassan Rohani assiste à l’Assemblée générale de l’ONU. Il lui est en revanche interdit de représenter des cas politiques et de quitter l’Iran jusqu’en 2022.

Romandie.com avec(©AFP / 13 juin 2018 13h35)

Sommet Chine-Iran-Russie: XI prône « l’unité » face aux tensions avec les États-Unis

juin 9, 2018

Qingdao (Chine) – Le président chinois Xi Jinping a inauguré samedi sous le signe de « l’unité » un sommet réunissant en Chine les chefs d’État russe et iranien, sur fond de tensions commerciales et diplomatiques avec les États-Unis et au moment où le G7 affiche les profondes divisions entre Washington et ses alliés.

L’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui outre la Chine et la Russie réunit l’Inde, le Pakistan et plusieurs pays d’Asie centrale, a entamé samedi soir son sommet annuel dans la ville côtière de Qingdao (est de la Chine).

D’importantes forces de sécurité quadrillaient cette cité portuaire connue pour ses collines de pins et villas de style allemand, dont commerçants et touristes avaient été évacués pour l’occasion de quartiers entiers.

M. Xi a vanté lors d’un banquet inaugural « l’unité et l’harmonie » confucéennes et « l’esprit de Shanghai », qui « se concentre sur la recherche d’un terrain d’entente commun » entre les membres de l’OCS, un bloc sécuritaire régional lancé en 2001.

Le président russe Vladimir Poutine, son homologue pakistanais Mamnoon Hussain ou encore le Premier ministre indien Narendra Modi -en dépit de la rivalité entre New Delhi et Islamabad- participaient à cette démonstration d' »unité ».

Par un saisissant contraste, elle démarrait alors que, de l’autre côté du Pacifique, les dirigeants des pays du G7 -qui n’est plus le G8 depuis que la Russie a été exclue du club en 2014- affichent leurs profondes divisions.

Réunis en sommet au Canada, ils tentaient samedi d’ultimes tractations pour réduire les fractures ouvertes par le président américain Donald Trump, notamment sur les taxes douanières américaines sur l’acier et l’aluminium, ainsi que sur le nucléaire iranien.

– L’Iran, membre de l’OCS? –

Si Téhéran n’a qu’un statut d’observateur au sein de l’OCS, le président iranien Hassan Rohani est présent au sommet de Qingdao: une façon de jauger l’appui russe et chinois à l’accord de 2015. Ce texte, par lequel Téhéran acceptait de limiter ses activités nucléaires en échange d’un allègement des sanctions internationales, est sur la sellette après la décision de Donald Trump d’en retirer les Etats-Unis.

Sous la menace de nouvelles sanctions américaines contre les entreprises étrangères actives dans le pays, l’Iran cherche à s’assurer le soutien des autres signataires -Européens, Russie mais surtout la Chine, grande consommatrice de pétrole iranien- pour maintenir à flot son économie.

M. Rohani s’est entretenu samedi avec Vladimir Poutine: il a appelé à un « dialogue plus important et sérieux » entre Moscou et Téhéran après le « retrait illégal » de Washington, selon une retranscription diffusée par le Kremlin.

En retour, le président russe a exprimé son soutien pour que l’Iran devienne membre à part entière de l’Organisation de Shanghai.

« Les dirigeants (réunis à Qingdao) pourraient accorder un statut de membre à l’Iran pour témoigner leur attachement à l’accord nucléaire », observe Dawn Murphy, professeur de relations internationales à l’US Air War College.

« L’Iran ne peut pas attendre indéfiniment. Nous avons été un acteur fidèle à nos engagements et nous faisons face à une région extrêmement instable », a pour sa part affirmé à l’AFP la vice-présidente iranienne Masoumeh Ebtekar, vendredi en Lituanie.

– « Routes de la Soie » –

L’OCS compte actuellement quatre ex-républiques soviétiques d’Asie centrale (Ouzbékistan, Kazakhstan, Tadjikistan, Kirghizstan) et deux nouveaux-venus: l’Inde et le Pakistan.

Leur sommet annuel intervient par ailleurs juste avant la rencontre historique, mardi à Singapour, entre Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un. Xi Jinping a rencontré M. Kim à deux reprises ces dernières semaines en Chine, alors que Pékin entend ne pas se laisser marginaliser par les pourparlers entre Washington et Pyongyang.

Officiellement cependant, la Chine devrait surtout pousser à Qingdao ses « Nouvelles routes de la soie », colossal projet d’infrastructures à travers l’Asie, l’Europe et l’Afrique.

Le géant asiatique reste sous la menace de tarifs douaniers américains punitifs, et Washington vient d’imposer à ses propres alliés des taxes sur l’aluminium et l’acier: autant de préludes d’une possible guerre commerciale planétaire, sur fond de pressions protectionnistes endémiques.

Dans ce contexte, les pays de l’OSC discuteront en priorité de coopérations commerciales et même d’une éventuelle zone de libre-échange, estime Mme Murphy.

Enfin, pour Moscou comme pour Pékin, l’Organisation de Shanghai -qui abordera également à Qingdao la lutte contre le terrorisme et le piratage informatique- peut être un outil pour contrecarrer l’influence des Etats-Unis et de l’Otan.

L’OCS ne fait plus profil bas, a déclaré Vladimir Poutine à la télévision chinoise CGTN: « Nous avons pris conscience que nous pouvions faire de grandes choses ».

Romandie.com avec(©AFP / 09 juin 2018 15h25)                                                        

L’Arabie saoudite cherchera à se doter de l’arme nucléaire si l’Iran le fait (ministre)

mai 9, 2018

Washington – L’Arabie saoudite développera son propre arsenal nucléaire si l’Iran s’y emploie de son côté, a prévenu mercredi le ministre des Affaires étrangères Adel al-Jubeir, tandis que les tensions augmentent dans la région.

Interrogé sur la chaîne américaine CNN sur l’éventualité que Ryad « construise sa propre bombe » si Téhéran utilisait le retrait américain de l’accord de 2015 pour reprendre son programme nucléaire, M. Jubeir a déclaré: « Si l’Iran se dote d’une capacité nucléaire, nous ferons tout notre possible pour faire de même ».

L’Arabie saoudite affirme depuis longtemps qu’elle s’alignerait sur tout développement de l’armement nucléaire iranien mais cette déclaration du ministre saoudien des Affaires étrangères intervient au lendemain de la décision américaine de se retirer de l’accord iranien de 2015 par lequel Téhéran a accepté de brider son programme nucléaire en s’engageant à ne jamais chercher à obtenir la bombe atomique.

Ryad, qui n’a jamais caché ses réserves vis-à-vis de l’accord passé en 2015 entre l’Iran et six puissances mondiales, a immédiatement applaudi l’annonce faite par le président Donald Trump, son grand allié.

Au lendemain de l’annonce américaine, l’Arabie saoudite a été la cible d’une nouvelle salve de missiles balistiques tirés par les rebelles Houthis du Yémen, soutenus par l’Iran.

« Ces missiles sont de fabrication iranienne et livrés aux Houthis. Un tel comportement est inacceptable. Cela bafoue les résolutions des Nations unies au regard des missiles balistiques. Et les Iraniens doivent être tenus responsables pour cela », a estimé le ministre saoudien des Affaires étrangères sur CNN.

« Nous essayons d’éviter à tout prix une action militaire directe contre l’Iran mais l’Iran ne peut pas continuer à se comporter ainsi. Cela représente une déclaration de guerre », a poursuivi Adel al-Jubeir.

Romandie.com avec(©AFP / 09 mai 2018 18h51)                                                        

Iran: Rohani a dit à Macron qu’il fera « tout pour rester dans l’accord »

mai 9, 2018

Le président iranien Hassan Rohani, à Téhéran, le 17 janvier 2017 / © AFP/Archives / ATTA KENARE

Le président iranien Hassan Rohani a dit à Emmanuel Macron mercredi qu’il « fera tout pour rester dans l’accord » sur le nucléaire, mais réclamé aux Européens des garanties très rapidement montrant que leurs entreprises continueront à travailler avec l’Iran, a indiqué l’Elysée.

Lors d’un entretien téléphonique de plus d’une heure, les deux présidents ont convenu de mettre en place « sans délai » des « groupes de travail » entre Europe et Iran sur les moyens de présenter dans les semaines à venir « de premières garanties » montrant que les Européens pourront « poursuivre leurs activités économiques en Iran », a précisé la présidence française.

Hassan Rohani a expliqué que lui-même pourrait ainsi « exposer au peuple iranien ces garanties pour le convaincre de rester dans l’accord », en soulignant qu' »en Iran maintenant la pression est forte pour sortir de l’accord ».

Il a cité plus précisément les entreprises des secteurs de la banque, du pétrole et du gaz ainsi que des transports, selon l’Elysée.

Les ministres des Affaires étrangères des trois pays européens signataires, France, Allemagne et Royaume-Uni, se réuniront dès la semaine prochaine avec leur homologue iranien sur ces groupes de travail, a ajouté la présidence.

Les Européens doivent donc maintenant obtenir de Washington que leurs entreprises échappent aux sanctions que les Etats-Unis rétabliront dans quelques semaines ou mois contre les entreprises américaines et étrangères qui commercent avec l’Iran.

Paris prévoit donc des discussions « dures » avec Washington. La France compte faire valoir que les Etats-Unis risquent d’être isolés sur la scène internationale, ou que des entreprises russes ou chinoises pourraient profiter du marché iranien et affaiblir la portée des sanctions, tout en nuisant aux intérêts des entreprises européennes et américaines.

Le président français a averti M. Rohani qu’en retour il était « très important que l’Iran reste en conformité avec l’accord dans les prochaines semaines et qu’il n’y ait aucun acte pouvant être pris comme une violation de l’accord ».

La France a répété qu’elle estimait que Téhéran respectait ses obligations et ne préparait pas secrètement d’arme nucléaire, contrairement à ce qu’a affirmé Donald Trump. « Nous n’avons aucune information sur un programme clandestin nucléaire en Iran. Nous croyons à la robustesse de l’accord nucléaire et au contrôle international de l’Agence internationale de l’énergie atomique », a répété l’Elysée.

Romandie.com avec (©AFP / 09 mai 2018 21h09)                

États-Unis: Trump se retire de l’accord nucléaire iranien, défie ses alliés

mai 8, 2018

Le président américain Donald Trump montre le document ordonnant de rétablir les sanctions contre Téhéran le 8 mai 2018 à la Maison Blanche / © AFP/Archives / SAUL LOEB

Donald Trump a annoncé mardi le retrait total des Etats-Unis de l’accord nucléaire iranien, optant pour une option dure ouvertement regrettée par ses alliés européens et dénoncée avec force par Téhéran.

Quinze mois après son arrivée au pouvoir, le 45e président des Etats-Unis a décidé, comme il l’avait promis en campagne, de sortir de cet accord emblématique conclu en 2015 par son prédécesseur démocrate Barack Obama après 21 mois de négociations internationales acharnées.

« J’annonce aujourd’hui que les Etats-Unis vont se retirer de l’accord nucléaire iranien », a-t-il déclaré dans une allocution télévisée depuis la Maison Blanche, faisant craindre une montée des tensions au Moyen Orient.

Le président septuagénaire a annoncé le rétablissement des sanctions contre la République islamique qui avaient été levées en contrepartie de l’engagement pris par l’Iran de ne pas se doter de l’arme nucléaire. « Aujourd’hui nous avons la preuve définitive que la promesse iranienne était un mensonge », a-t-il martelé.

C’est déjà au nom de son slogan « America First », sur laquel il a été élu, que le président de la première puissance mondiale avait remis en cause plusieurs engagements multilatéraux des Etats-Unis, au premier rang desquels l’accord de Paris sur le climat.

– « Guerre psychologique » –

Le président iranien Hassan Rohani, qui s’était beaucoup investi dans cet accord, a immédiatement accusé M. Trump de pratiquer « une guerre psychologique ».

Assurant vouloir discuter rapidement avec les Européens, les Chinois et les Russes, autres signataires de l’accord, il a averti que son pays pourrait mettre un terme aux restrictions qu’il a consenties sur ses activités d’enrichissement d’uranium.

L’administration américaine a précisé que les sanctions seraient effectives immédiatement pour les nouveaux contrats et que les entreprises étrangères auront quelques mois pour « sortir » d’Iran. Le Trésor a précisé que les sanctions concernant les anciens contrats conclus en Iran entreraient en vigueur après une période de transition de 90 à 180 jours.

« Tout pays qui aidera l’Iran dans sa quête d’armes nucléaires pourrait aussi être fortement sanctionné par les Etats-Unis », a encore mis en garde le président.

Son allocution était très attendue au Moyen-Orient où beaucoup redoutent une escalade avec la République islamique mais aussi de l’autre côté de planète, en Corée du Nord, à l’approche du sommet entre Donald Trump et Kim Jong Un sur la dénucléarisation de la péninsule.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, son plus ferme soutien sur ce dossier depuis des mois, a immédiatement indiqué qu’il soutenait « totalement » cette décision « courageuse ».

Le royaume sunnite d’Arabie saoudite, grand rival régional de l’Iran chiite, a lui aussi affiché son « soutien » à cette décision.

– « Regrets » de l’UE –

Mais les signataires de l’accord ont immédiatement exprimé leur désaccord.

« La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni regrettent la décision américaine de sortir de l’accord nucléaire » iranien a déclaré sur Twitter lae président français Emmanuel Macron.

Ce dernier a ajouté que ces pays travailleraient « collectivement » à un accord plus large couvrant « l’activité nucléaire, la période après 2025, les missiles balistiques et la stabilité au Moyen-Orient, en particulier en Syrie, au Yémen et en Irak ». « Le régime international de lutte contre la prolifération nucléaire est en jeu », a-t-il ajouté.

Exprimant son inquiétude, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé les six autres signataires de l’accord à « respecter pleinement leurs engagements »,

Ces derniers avaient défendu jusqu’au bout ce compromis qu’ils jugent « historique », soulignant que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a régulièrement certifié le respect par Téhéran des termes du texte censé garantir le caractère non militaire de son programme nucléaire.

En janvier, l’ancien magnat de l’immobilier avait lancé un ultimatum aux Européens, leur donnant jusqu’au 12 mai pour « durcir » sur plusieurs points ce texte signé par Téhéran et les grandes puissances (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni, Allemagne).

En ligne de mire: les inspections de l’AIEA; la levée progressive, à partir de 2025, de certaines restrictions aux activités nucléaires iraniennes, qui en font selon lui une sorte de bombe à retardement; mais aussi le fait qu’il ne s’attaque pas directement au programme de missiles balistiques de Téhéran ni à son rôle jugé « déstabilisateur » dans plusieurs pays du Moyen-Orient (Syrie, Yémen, Liban…).

A l’issue de sa visite à Washington, le président français n’avait pas caché son pessimisme. Selon lui, le milliardaire républicain risque de claquer la porte « pour des raisons de politique intérieure ».

A la fin de son solluction, M. Trump a jugé que l’Iran méritait un « meilleur » gouvernement.

« Le futur de l’Iran appartient à son peuple » et les Iraniens « méritent une nation qui rende justice à leurs rêves, qui honore leur histoire », a-t-il affirmé.

Romandie.com avec (©AFP / 08 mai 2018 21h50)                  

Le président iranien Rohani pourrait perdre gros à cause de Trump

mai 8, 2018

Une photo fourni par la présidence iranienne montre le président Hassan Rohani s’exprimant à Sabzevar, dans le nord-out de l’Iran, le 6 mai 2018 / © Iranian Presidency/AFP / –

Le président iranien Hassan Rohani a misé gros sur une politique d’ouverture vis-à-vis de l’Occident mais les menaces du président américain Donald Trump contre l’accord nucléaire pourraient lui coûter cher sur le plan intérieur.

Que M. Trump déchire, comme il l’a promis, ou non cet accord conclu en 2015 et dont M. Rohani a été l’un des principaux artisans côté iranien, l’animosité traditionnelle entre Washington et Téhéran depuis la révolution iranienne de 1979 est revenue sur le devant de la scène.

« Rohani a parié gros sur l’accord nucléaire et y a investi tout son capital politique », déclare à l’AFP Mojtaba Moussavi, analyste politique à Téhéran. « Désormais, l’accord nucléaire est à bout de souffle et Rohani est en train de tout perdre: tous les projets économiques et politiques qu’il a bâtis sur cet accord s’envolent ».

Dès le départ, les détracteurs conservateurs de M. Rohani, un modéré, ont vu d’un très mauvais œil les négociations sur le nucléaire ayant impliqué l’Iran, la Chine, les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, la Russie et l’Allemagne. Pour eux, les Occidentaux ne sont pas des interlocuteurs dignes de confiance.

Ces opposants à M. Rohani au sein du sérail ont pu considérer que leurs craintes étaient fondées lorsqu’il est apparu clairement que le maintien des pressions et de nombreuses sanctions de Washington continuaient d’entraver les relations commerciales et économiques de l’Iran avec le monde.

Mardi, le président américain doit trancher sur cet accord qui prévoit une levée progressive et conditionnelle des sanctions internationales en échange de la garantie que l’Iran ne se dotera pas de l’arme atomique.

Les menaces répétées de M. Trump contre l' »Iran deal » depuis son arrivée à la Maison Blanche en janvier 2017 n’ont cessé d’alimenter la crainte des acteurs économiques des autres pays de faire des affaires avec l’Iran.

– Promesses non tenues –

« L’incertitude autour de l’accord est une victoire pour les conservateurs iraniens qui se nourrissent de l’hostilité de la politique étrangère américaine pour renforcer la répression interne et limiter le champ de compétence des institutions élues » de l’Iran », estime Clément Therme, chercheur spécialiste de l’Iran pour l’Institut international pour les études stratégiques de Londres.

Depuis plusieurs mois, l’empreinte des conservateurs sur la scène politique intérieure se fait davantage sentir comme en témoigne une vague d’arrestations de binationaux et de membres d’ONG accusés d’espionnage, le blocage de la messagerie Telegram (réseau social le plus populaire d’Iran) et la démission, après des pressions, du maire de Téhéran et d’un haut responsable du ministère de l’Environnement.

Si M. Rohani prône une politique garantissant davantage de libertés individuelles, il doit s’accommoder d’autres centres de pouvoir, aux mains des ultraconservateurs, dans un système politique complexe soumis en tout état de cause à l’autorité du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.

« Rohani a failli à toutes ses promesses, mais il a récemment durci sa rhétorique sur les réformes, essayant de satisfaire sa base populaire en pointant du doigt les conservateurs », dit à l’AFP Ardavan Amir-Aslani, avocat franco-iranien, cofondateur du cabinet parisien Cohen Amir-Aslani, représenté à Téhéran depuis 2016.

« Mais autoriser l’ouverture de quelques cafés et permettre à des femmes de baisser leur foulard de quelques centimètres en arrière, cela n’a rien à voir avec les réformes fondamentales dont l’Iran a besoin », ajoute-t-il.

– « Homme du système » –

En 2013, M. Rohani a été le premier président iranien à avoir un contact avec un président américain, en l’occurrence Barack Obama, depuis la rupture en 1980 des relations entre Washington et Téhéran.

Elu en 2013, le président iranien a été réélu en 2016 en mettant au cœur de sa campagne les bénéfices supposés de l’accord nucléaire et en promettant d’obtenir la fin de toutes les sanctions étrangères qui ont asphyxié l’Iran.

Mais la désillusion est grande aujourd’hui parmi ses soutiens qui espéraient une plus grande libéralisation et davantage d’ouverture au monde.

Et la vague de protestations qui a touché l’Iran autour du Nouvel An dernier a montré que la colère contre la situation économique et sociale est bien plus profonde que par le passé.

« Certaines critiques sont injustes », dit à l’AFP un journaliste réformateur, sous le couvert de l’anonymat. « Rohani a fait de grandes choses: il y a plus d’ouverture, moins de police des mœurs, les journalistes sont un peu plus libres ». « Mais au bout du compte c’est un homme du système et qui veut le rester ».

Aujourd’hui, il doit faire face à un défi difficile, répondre à la politique agressive de Donald Trump, sans renier les efforts diplomatiques entrepris pour améliorer les relations de l’Iran avec le reste du monde.

Pour M. Amir-Aslani, « la décision intelligente serait d’attendre la fin du mandat de Trump, de rester dans l’accord nucléaire et de construire quelque chose avec les Européens, aussi limité cela soit-il ».

Romandie.com avec(©AFP / 08 mai 2018 16h01)                

Air France arrête ses vols directs Paris-Téhéran d’octobre à mars 2019

mai 1, 2018

Des avions d’Air France sur le tarmac de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle le 24 avril 2018 / © AFP/Archives / STEPHANE DE SAKUTIN

La compagnie aérienne Air France a annoncé l’arrêt de ses vols directs entre Paris et Téhéran entre fin octobre 2018 et fin mars 2019 en raison d’une « faible performance économique », le groupe formé avec KLM maintenant en revanche sa liaison directe entre Amsterdam et Téhéran.

« Après deux années d’activité et face à une faible performance économique, Air France a pris la décision d’adapter le programme de cette ligne afin d’être en adéquation avec le niveau de la demande », a expliqué Air France-KLM sur son site internet.

En conséquence, la compagnie a annoncé à ses clients que « les vols suivants ne seront pas opérés du 28 octobre 2018 au 30 mars 2019: – AF738 CDG 12h15 IKA 20h15 – AF755 IKA 08h55 CDG 12h40 ».

En outre Air France-KLM a précisé qu’à compter du 28 octobre 2018, les vols Air France assurés par sa filiale à bas coûts Joon seront assurés entre Paris et Téhéran, « uniquement pendant la saison d’été ».

Air France a promis d’accompagner les clients ayant déjà effectué leurs réservations vers d’autres solutions « afin de limiter les désagréments ».

Air France assure trois allers-retours hebdomadaires entre Paris et Téhéran et sa filiale néerlandaise KLM autant entre Amsterdam et Téhéran.

Romandie.com avec (©AFP / 01 mai 2018 14h57)                  

La Russie et la Chine au secours de l’accord nucléaire avec l’Iran

avril 24, 2018

Genève – La Russie a exhorté mardi les participants à un forum de l’ONU sur la non-prolifération nucléaire à soutenir le « fragile » accord sur le nucléaire iranien en signant une déclaration co-écrite avec la Chine.

Le chef du département de contrôle des armes et de la non-prolifération au ministère des Affaires étrangères, Vladimir Ermakov, a appelé les pays favorables à l’accord à « ne pas rester silencieux dans l’espoir que la situation allait d’une façon ou d’une autre se tasser ».

Lors d’un discours à Genève devant la réunion préparatoire de la conférence d’examen du traité de non-prolifération prévue en 2020, le responsable russe a décrit l’accord conclu en 2015 entre l’Iran et six grandes puissances comme un « compromis plutôt fragile ».

Le président Donald Trump juge cet accord trop laxiste et a menacé de rétablir les sanctions économiques contre Téhéran si les signataires européens ne le durcissent pas avant le 12 mai.

La Russie et la Chine, qui soutiennent le pacte censé empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique, ont rédigé une déclaration affirmant leur « soutien indéfectible en faveur de l’application totale et efficace » de l’accord.

« Nous pensons qu’il y a une demande pour un tel message collectif (à la réunion) et espérons qu’il rencontrera un large accueil », a dit M. Ermakov.

Dans une allusion voilée au président Trump, il a ajouté que « toute tentative visant à amender le texte au profit d’une personne en particulier aura inévitablement des conséquences très négatives pour la stabilité et la sécurité régionales ».

Dans son discours devant le forum, l’ambassadeur d’Iran à l’Agence internationale de l’énergie atomique, Reza Najafi, a ciblé nommément M. Trump, en rejetant ce qu’il a décrit comme un « ultimatum (de Washington) adressé à certains participants pour des changements unilatéraux d’articles de l’accord ».

« Notre réponse à cette menace est claire et catégorique: Non, l’accord ne sera pas renégocié ni modifié », a martelé M. Najafi.

Lundi à Pékin, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov, avait annoncé que la Chine et la Russie allaient s’opposer à tout « sabotage » de l’accord.

Les dirigeants européens s’efforcent eux aussi de sauver le compromis.

Le président français Emmanuel Macron est actuellement en visite à Washington, où il espère convaincre M. Trump de ne pas mettre sa menace à exécution. La chancelière allemande Angela Merkel est attendue vendredi aux Etats-Unis.

Romandie.com avec(©AFP / 24 avril 2018 14h35)                                            

Le Premier ministre israélien avertit l’Iran

avril 11, 2018

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’exprime durant une cérémonie marquant l’Holocauste au mémorial de Yad Vashem à Jérusalem, le 11 avril 2018 / © AFP / GALI TIBBON

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a averti mercredi l’Iran, son ennemi juré, de ne pas tester la détermination d’Israël, à l’occasion de la journée du souvenir de la Shoah.

« Aujourd’hui aussi il y a un régime extrémiste qui nous menace, qui menace la paix mondiale », a dit M. Netanyahu à propos de l’Iran. « Ce régime a explicitement proclamé qu’il voulait nous détruire, l’Etat juif ».

« J’ai un message aux leaders d’Iran. Ne testez pas la détermination d’Israël », a ajouté le Premier ministre lors d’une cérémonie au mémorial de l’Holocauste Yad Vashem à Jérusalem.

Il a réitéré ses critiques contre l’accord sur le programme nucléaire iranien conclu entre Téhéran et les grandes puissances, censé empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique et qui a permis la levée partielle des sanctions internationales imposées à l’Iran.

« La signature de cet accord avec l’Iran n’a non seulement pas freiné son agression, mais il l’a accentuée », selon M. Netanyahu.

L’Iran ne reconnaît pas l’existence d’Israël qui voit de son côté en Téhéran une menace existentielle et dénonce régulièrement le soutien de Téhéran au Hezbollah libanais et au régime en Syrie voisine.

Israël dit redouter l’implantation durable de forces hostiles en Syrie, pays ravagé par la guerre depuis 2011.

Lundi, l’Iran, la Syrie et la Russie ont fait porter à Israël la responsabilité de frappes qui ont ciblé en Syrie une base aérienne du régime où sont présents des militaires iraniens. Selon Téhéran, sept Iraniens ont péri dans cette attaque et selon une ONG syrienne, au moins 14 combattants prorégime sont morts dont un nombre indéterminé d’Iraniens.

Israël, qui a mené de nombreux raids contre des cibles en Syrie, pays ravagé par la guerre, ces dernières années, s’est refusé à tout commentaire sur les dernières frappes.

Romandie.com avec(©AFP / 11 avril 2018 21h40)