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Présidentielle en Iran : l’ultraconservateur Ebrahim Raïssi l’emporte au premier tour

juin 19, 2021
Ebrahim Raïssi, alors chef de l’autorité judiciaire, s’adresse à la presse après avoir enregistré sa candidature pour l’élection présidentielle iranienne, au ministère de l’Intérieur, à Téhéran, Iran, le 15 mai 2021.

L’ultraconservateur Ebrahim Raïssi a été proclamé vainqueur samedi de la présidentielle iranienne de la veille, marquée par la plus basse participation à un tel scrutin depuis la proclamation de la République islamique en 1979.

Sans surprise, Ebrahim Raïssi, chef de l’Autorité judiciaire âgé de 60 ans, s’est imposé dès le premier tour après une campagne électorale terne sur fond de mécontentement général face à la crise économique et sociale. Il a obtenu 61,95% des voix, selon les résultats définitifs du ministère de l’Intérieur. Le taux de participation officiel s’élève à 48,8%.

Hodjatoleslam (rang inférieur à ayatollah dans la hiérarchie du clergé chiite), Ebrahim Raïssi faisait figure d’archifavori, faute de concurrence réelle après la disqualification de ses principaux adversaires.

Sauver l’accord de Vienne

Le chef de l’Autorité judiciaire, qui doit prendre ses fonctions en août, hérite d’un pays en proie à une grave crise économique, conséquence des sanctions imposées par les États-Unis contre l’Iran après la décision de l’ancien président américain Donald Trump de dénoncer en 2018 l’accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015 à Vienne.

Bien qu’issu d’un courant politique se caractérisant par l’antiaméricanisme et le rejet de l’Occident, Ebrahim Raïssi a rappelé pendant la campagne que la priorité – conformément à la ligne fixée par le guide suprême Ali Khamenei – était d’obtenir la levée de ces sanctions pour sortir le pays de l’ornière. Son élection ne devrait donc pas avoir d’effet sur les négociations en cours pour sauver l’accord de Vienne en y réintégrant les États-Unis.

La solution passe a priori par la levée des sanctions américaines demandées par l’Iran en échange du retour de Téhéran à l’application pleine et entière de l’accord, la République islamique ayant abandonné en riposte au blocus américain la plupart des garde-fous limitant ses activités nucléaires qu’il avait acceptés à Vienne.

La nation, « grand vainqueur »

Selon les chiffres officiels, le général de division Mohsen Rezaï, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, termine deuxième avec plus de 11,79%, mais le total de ses voix est inférieur à celui des bulletins nuls. L’ancien président de la Banque centrale Abdolnasser Hemmati, obtient 8,39%, devant le député Amirhossein Ghazizadeh-Hachémi (3,45%).

Avant même la publication du taux de participation officiel, l’ayatollah Khamenei avait affirmé que le « grand vainqueur » des élections était « la nation iranienne [qui] s’est levée une fois de plus contre la propagande des médias mercenaires de l’ennemi ».

Pendant les semaines précédant le scrutin, les rares sondages disponibles avaient laissé présager d’un taux d’abstention record de plus de 60%. Plusieurs responsables iraniens, dont le président sortant Hassan Rohani, s’étaient inquiétés qu’une faible participation puisse nuire au « maintien de la légitimité » de la République islamique.

L’ayatollah Khamenei lui-même avait appelé à plusieurs reprises à faire échec à une campagne de mouvements d’opposition en exil appelant à boycotter le scrutin.

Avant même la proclamation des résultats, Ebrahim Raïssi, en qui certains médias iraniens voient un possible successeur de M. Khamenei (82 ans cette année), a été reçu par Hassan Rohani et le président du Parlement, Mohammad-Bagher Ghalibaf qui l’ont félicité.

« Si Dieu le veut, nous ferons de notre mieux pour que l’espoir désormais présent dans les coeurs du peuple s’accroisse », a-t-il déclaré lors de sa rencontre avec Mohammad-Bagher Ghalibaf. Le président a des prérogatives limitées en Iran, où l’essentiel du pouvoir est aux mains du guide suprême.

Répression

Se présentant comme le champion de la lutte anticorruption et le défenseur des classes populaires au pouvoir d’achat miné par l’inflation, Ebrahim Raïssi est le seul des quatre candidats à avoir véritablement fait campagne.

Réélu en 2017 au premier tour face à Ebrahim Raïssi qui avait alors obtenu 38% des voix, Hassan Rohani, un modéré dont la politique d’ouverture internationale a été torpillée par Donald Trump, finit son second mandat avec un niveau d’impopularité rarement atteint.

En décembre et janvier 2017-2018 et en novembre 2019, deux vagues de contestation ont été violemment réprimées.

Pour l’opposition en exil et des défenseurs des droits humains, Ebrahim Raïssi est l’incarnation de la répression et son nom associé aux exécutions massives de détenus de gauche en 1988, à l’époque où il était procureur adjoint du tribunal révolutionnaire de Téhéran.

Interrogé en 2018 et en 2020 sur cette page controversée de l’histoire récente, Ebrahim Raïssi a nié y avoir joué le moindre rôle, mais a rendu « hommage » à l’« ordre » donné selon lui par l’ayatollah Khomeiny, fondateur de la République islamique, de procéder à cette épuration.

Amnesty International a néanmoins dénoncé son élection à la présidence, jugeant qu’il devrait faire l’objet d’une enquête pour « crimes contre l’humanité » et « répression brutale » des droits humains. Ebrahim Raïssi figure sur la liste noire des responsables iraniens sanctionnés par Washington pour « complicité de graves violations des droits humains ».

Par Jeune Afrique avec AFP

Les États-Unis prêts à lever de nombreuses sanctions, l’Iran veut plus

mai 8, 2021

LES ÉTATS-UNIS PRÊTS À LEVER DE NOMBREUSES SANCTIONS

© Reuters/LISI NIESNER

DUBAI (Reuters) – Les Etats-Unis ont fait savoir qu’ils étaient prêts à lever de nombreuses sanctions contre l’Iran lors des discussions sur le nucléaire à Vienne mais Téhéran en veut plus, a déclaré vendredi le principal négociateur iranien.

« Les informations qui nous été transmises par la partie américaine montrent qu’ils sont sérieux dans leur volonté de réintégrer l’accord sur le nucléaire et ils se sont déclarés prêts jusqu’à présent à lever une grande partie des sanctions », a dit Abbas Araqchi à la télévision publique iranienne.

« Mais cela ne convient pas de notre point de vue et donc les discussions se poursuivent jusqu’à ce que nous obtenions réponse à toutes nos demandes », a-t-il ajouté.

A Washington, le président américain Joe Biden a dit croire que l’Iran prenait au sérieux les négociations. « Mais de quelle manière, et ce qu’ils sont prêts à faire, c’est une autre histoire. Mais nous poursuivons les discussions », a-t-il dit.

Un quatrième cycle de discussions indirectes a débuté vendredi à Vienne entre représentants américains et iraniens sur les conditions d’un retour des Etats-Unis dans le Plan d’action global commun (PAGC, ou JCPoA en anglais) conclu à Vienne en juillet 2015, dont Washington s’est retiré en 2018 à l’initative de Donald Trump, et du respect par Téhéran de ses obligations, dont il s’est affranchi progressivement depuis deux ans.

Avec (Rédactions de Dubaï et Washington; version française Jean-Stéphane Brosse)

Iran et Chine signent un « pacte de coopération stratégique de 25 ans »

mars 27, 2021

Iran et Chine signent un "pacte de cooperation strategique de 25 ans"
Iran et Chine signent un « pacte de coopération stratégique de 25 ans »© AFP/-

L’Iran a conclu samedi avec la Chine, pays « ami des temps d’épreuves », un accord de coopération stratégique et commerciale sur 25 ans aux contours mystérieux après plusieurs années de discussions.

Ce « pacte de coopération stratégique de 25 ans » a été signé par le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, et son homologue chinois, Wang Yi, en visite à Téhéran, a constaté un journaliste de l’AFP.

Les grandes lignes et les détails de l’accord doivent encore être dévoilés. Tout ce que l’on sait du document signé par les deux ministres, c’est qu’il s’agit, selon Téhéran, d’une « feuille de route complète », comportant des « clauses politiques, stratégiques et économiques » pour « 25 ans de coopération ».

La signature de ce pacte illustre la priorité donnée aux relations avec « l’Est » (c’est-à-dire pour l’Iran des Etats comme la Chine, les deux Corées, l’Inde, le Japon ou la Russie) conformément à l’inflexion donnée par le guide suprême iranien Ali Khamenei en 2018 en rupture avec l’un des slogans les plus populaires de la révolution iranienne de 1979 : « Ni Ouest, ni Est, République islamique. »

Pour Pékin, l’accord s’inscrit dans son vaste projet d’infrastructures dit des Nouvelles routes de la soie lancé avec plus de 130 pays.

La Chine est le premier partenaire commercial de la République islamique d’Iran même si, selon des chiffres iraniens, le volume des échanges entre les deux pays a chuté avec le rétablissement, en 2018, de sanctions américaines contre Téhéran, dans la foulée de la dénonciation par Washington de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015.

« Actions appréciables »

Cité vendredi par l’agence Ilna, le chef de la chambre de commerce sino-iranienne à Téhéran, Majid-Réza Hariri, a indiqué que le volume des échanges entre Pékin et Téhéran était tombé à environ « 16 milliards de dollars » en 2020, contre « 51,8 milliards de dollars » en 2014.

La Chine, qui était l’un des principaux acheteurs du pétrole iranien avant ces sanctions a fortement réduit, officiellement, ses achats de brut en provenance de la République islamique.

Selon des informations de presse, les importations chinoises de pétrole iranien ne se sont cependant jamais taries et elles auraient même augmenté récemment.

Selon un communiqué de son ministère, « M. Zarif a qualifié la Chine d’ami des temps d’épreuves » et a déclaré à M. Wang : « Nous remercions la Chine pour ses positions et actions appréciables en ces temps de sanctions cruelles contre l’Iran. »

En recevant le ministre chinois, le président Hassan Rohani, a dit souhaiter que Pékin « continue d’être un partenaire commercial majeur avec l’Iran » et vouloir « plus de coopération dans le domaine des coentreprises », selon un communiqué de la présidence.

« Pays fiables »

M. Rohani a aussi salué l’opposition de la Chine « à l’extravagance américaine et aux sanctions unilatérales » de Washington.

La visite en Iran de M. Wang, qui a reçu il y a quelques jours son homologue russe Sergueï Lavrov en Chine, survient dans un climat de défiance renforcée de la République islamique vis-à-vis de l’Occident et dans une période de tensions persistantes entre Moscou, Pékin et Téhéran d’un côté et les Etats-Unis de l’autre depuis l’arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche en janvier.

La dénonciation unilatérale par Washington en 2018 de l’accord international sur le nucléaire iranien et l’incapacité des Européens à aider la République islamique à contourner les sanctions américaines rétablies cette année-là, ou encore à relancer l’accord, ont achevé de convaincre les autorités iraniennes que l’Occident n’est pas un partenaire « digne de confiance », selon l’expression de M. Khamenei.

La genèse du pacte irano-chinois remonte à la visite du président chinois Xi Jinping à Téhéran en janvier 2016.

Téhéran et Pékin s’étaient alors engagées dans un communiqué commun « à mener des négociations pour la signature d’un accord de coopération élargie sur 25 ans » et « de coopérer et avoir des investissements réciproques dans les différents domaines, notamment les transports, les ports, l’énergie, l’industrie et les services ».

L’ayatollah Khamenei avait alors jugé « tout a fat correct et sage » ce projet, affirmant que l’Iran cherchait « à élargir ses relations avec des pays indépendants et fiables tels que la Chine ».

Avec AFP

L’ONU condamne une nouvelle exécution d’un mineur délinquant en Iran

décembre 31, 2020

L’ONU a vivement condamné jeudi 31 décembre l’exécution en Iran d’un homme pour un crime qu’il aurait commis alors qu’il avait 16 ans, la quatrième d’un mineur délinquant cette année dans ce pays, appelant Téhéran à cesser cette pratique.

Selon l’ONU, Mohammad Hassan Rezaiee a été exécuté tôt jeudi. D’après Amnesty International, il avait été arrêté en 2007 dans le cadre d’une affaire où un homme avait été tué à coups de couteau lors d’une rixe et il a passé plus de douze ans dans le quartier des condamnés à mort.

«L’exécution de mineurs délinquants est catégoriquement prohibée par les lois internationales et l’Iran a l’obligation de respecter cette interdiction», a déclaré une porte-parole du Bureau des droits de l’homme des Nations unies à Genève, Ravina Shamdasani. La Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Michelle Bachelet, «condamne vivement cette exécution», a-t-elle ajouté.

Ravina Shamdasani a ajouté que le Bureau des droits de l’homme de l’ONU était consterné que l’exécution ait eu lieu en dépit de ses efforts pour un dialogue avec Téhéran sur cette question. «Il existe des allégations extrêmement troublantes selon lesquelles il a été condamné sur la base d’aveux extorqués sous la torture», a-t-elle dit, ajoutant qu’il y avait également «de nombreuses autres inquiétudes au sujet des violations de son droit à un procès équitable».

La porte-parole a souligné que l’exécution de Rezaiee est la quatrième d’un mineur délinquant en 2020 et intervient après une série d’exécutions récentes en Iran.L’exécution par Téhéran le 12 décembre d’un journaliste et dissident basé en France, Ruhollah Zam, avait provoqué un tollé international, des gouvernements occidentaux accusant l’Iran de l’avoir kidnappé à l’étranger avant de le juger.

Ravina Shamdasani a souligné qu’au moins huit personnes avaient été exécutées dans différentes prisons iraniennes pour la seule période entre le 19 et le 26 décembre. Elle a ajouté que selon des informations non confirmées, huit autres personnes couraient le risque d’une «exécution imminente». Plusieurs personnes condamnées pour des crimes qu’elles auraient commis alors qu’elles étaient mineures sont dans le couloir de la mort, d’après elle.

«L’ONU a appelé à plusieurs reprises l’Iran à cesser d’exécuter des mineurs délinquants, mais nous pensons qu’au moins 80 d’entre eux sont dans le couloir de la mort», a-t-elle dit. Elle a souligné que Michelle Bachelet «a exhorté les autorités iraniennes à arrêter toutes les exécutions de mineurs délinquants et à reconsidérer immédiatement leur cas conformément aux lois internationales sur les droits de l’homme.»

Par Le Figaro avec AFP

L’Iran convoque l’ambassadeur de France après l’exécution de Rouhollah Zam

décembre 13, 2020
L'IRAN CONVOQUE L'AMBASSADEUR DE FRANCE APRÈS L'EXÉCUTION DE ROUHOLLAH ZAM

L’ambassadeur d’Allemagne a lui aussi été convoqué, son pays assumant la présidence tournante de l’Union européenne.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a transmis à ces diplomates les protestations de l’Iran à la suite des critiques françaises et européennes contre l’exécution de Rouhollah Zam.

Ce dernier, qui a vécu un temps en exil en France avant d’être capturé en Irak puis transféré en Iran, a été pendu samedi. Il a été jugé coupable d’incitation à la violence lors du mouvement de contestation de 2017 en Iran.

La France a dénoncé un « acte barbare et inacceptable » et a condamné « avec la plus grande fermeté cette atteinte grave à la liberté d’expression et à la liberté de la presse ».

L’UE a pour sa part dit condamner cette exécution « dans les termes les plus forts ».

Avec Reuters (version française Bertrand Boucey)

Iran : un responsable du programme nucléaire assassiné

novembre 27, 2020

Un scientifique de haut rang travaillant pour le secteur nucléaire en Iran a été assassiné vendredi près de Téhéran.

Un scientifique de haut rang travaillant pour le secteur nucléaire en Iran a succombé à ses blessures après l’attaque de son véhicule par des «terroristes armés» près de Téhéran, a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué.

L’homme – identifié officiellement comme étant Mohsen Fakhrizadeh, chef du département recherche et innovation du ministère – a été «gravement blessé» lorsque sa voiture a été prise pour cible par plusieurs assaillants, qui ont en retour été pris à partie par l’équipe de sécurité du scientifique, a poursuivi le communiqué, précisant que l’équipe médicale n’était pas parvenue à le ranimer.

Par Le Figaro avec AFP

L’Iran lance des missiles souterrains lors d’exercices dans le Golfe

juillet 29, 2020

 

La veille, les Gardiens de la révolution avaient attaqué un faux porte-avions américain.

Les forces armées de la République islamique ont tiré mercredi 29 juillet des missiles balistiques «depuis les profondeurs de la terre» au dernier jour d’exercices militaires dans les eaux du Golfe, selon des médias iraniens. Ces tirs interviennent un jour après que les Gardiens de la révolution, armée idéologique de l’Iran, ont visé la maquette d’un porte-avions américain près du détroit d’Ormuz, important couloir de navigation notamment pour les pétroliers.

Des images diffusées par la télévision d’État ont montré des rafales de flammes, de la fumée et de la poussière, et quelque chose qui ressemblait à quatre projectiles s’élevant dans le ciel depuis un terrain désertique.

Dans une déclaration publiée sur leur site Sepahnews, les Gardiens de la révolution ont affirmé que c’était «la première fois au monde» qu’un tel exercice était réalisé, sans autre détail. Ils ont salué «le lancement réussi de missiles balistiques depuis les profondeurs de la terre de manière totalement camouflée», selon eux «une réalisation importante qui pourrait poser de sérieux défis aux organisations de renseignement ennemies».

Les Gardiens de la révolution ont également indiqué avoir lancé des bombes de chasseurs-bombardiers Soukhoï Su-22 pour viser des «positions prédéterminées» sur l’île de Bani Farur dans les eaux territoriales iraniennes. «Ces lancements ont été effectués sans la plate-forme et les équipements habituels», a déclaré le général de brigade Amirali Hajizadeh, chef de la branche aérospatiale des Gardiens de la Révolution, dans une interview télévisée. «Les missiles enterrés percent soudainement le sol et frappent leurs cibles avec précision», a-t-il ajouté.

Par Le Figaro avec AFP

 

L’Iran a visé un faux porte-avions américain lors d’exercices dans le Golfe

juillet 28, 2020

 

Ces manœuvres surviennent alors que les tensions entre Washington et Téhéran ne cessent de croître.

Les forces armées iraniennes ont détruit avec des missiles la maquette d’un porte-avions américain, mardi 28 juillet, lors d’exercices militaires dans les eaux du Golfe au sud de l’Iran, a annoncé la télévision d’État. Les exercices, appelés «Prophète Mohammed 14», ont eu lieu près du détroit d’Ormuz, important couloir de navigation notamment pour les pétroliers.

Ces manœuvres surviennent alors que les tensions entre Washington et Téhéran ne cessent de croître, en particulier depuis le retrait unilatéral en 2018 des États-Unis de l’accord international sur le nucléaire iranien et le rétablissement de sanctions américaines contre la République islamique.

Une attaque aérospatiale et navale

Selon des images diffusées à la télévision d’État, des forces terrestres et aériennes iraniennes se sont préparées à une attaque au large de la côte située au sud-ouest du pays. Des vedettes rapides étaient chargées de tirer et de lancer des roquettes sur le porte-avions. Par la suite, des missiles sol-mer ciblaient et détruisaient le faux transporteur.

La maquette d’un porte-avions de classe Nimitz est apparue ensuite avec des rangées de faux avions de combat visibles de chaque côté de sa piste d’atterrissage. La télévision d’État a coupé la séquence pour montrer des roquettes tirées vers la mer à l’arrière de camions, avant de montrer des dégâts à la coque de la maquette du faux porte-avions. Un autre missile tiré depuis un hélicoptère laisse une traînée de fumée avant de s’écraser sur le côté du faux navire de guerre Nimitz.

Des forces armées ont ensuite été vues en train de descendre sur le pont du navire, alors qu’une dizaine de vedettes rapides l’entouraient. «Ce qui a été montré aujourd’hui dans ces exercices, au niveau des forces aérospatiales et navales, était tout à fait offensif», a déclaré le général Hossein Salami, chef des Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique.

«Irresponsable et dangereux»

De son côté, la marine américaine a dénoncé le comportement «irresponsable et dangereux» de l’Iran. «Cet exercice n’a pas perturbé les opérations de la coalition dans la région et n’a eu aucun impact sur la libre circulation du commerce dans le détroit d’Ormuz et les eaux environnantes», a néanmoins tempéré la porte-parole de la Cinquième flotte américaine, Rebecca Rebarich.

Par Le Figaro avec AFP

Iran: le coronavirus a fait plus de 15.000 morts

juillet 23, 2020

 

 

Le 21 juillet dernier, 229 personnes sont décédées du Covid-19 en 24h dans le pays du Moyen-orient le plus touché par la crise sanitaire actuelle.

Le bilan des décès causés par le nouveau coronavirus en Iran a franchi la barre symbolique des 15.000, a annoncé ce jeudi 23 juillet le ministère de la Santé, signalant une hausse du nombre de morts, d’hospitalisations et de contagions dans l’ensemble du pays. «Nous avons malheureusement perdu 221 de nos chers compatriotes à cause de la maladie Covid-19 au cours des dernières 24 heures», a déclaré Sima Sadat Lari, porte-parole du ministère, sur la télévision d’État.

Ce qui porte le bilan à 15.074 décès en Iran, pays du Moyen-Orient le plus touché par la pandémie. La République islamique fait face depuis fin juin à une nette augmentation de la mortalité quotidienne due au virus, enregistrant mardi un nouveau record de décès (+229) depuis le début de l’épidémie en février.

La porte-parole a appelé les Iraniens à éviter tout voyage inutile ainsi que les endroits bondés et à ne pas organiser de cérémonies funéraires ni de mariages. Le président iranien Hassan Rohani a indiqué jeudi que l’Iran allait commémorer la mort au VIIème siècle de l’imam Hossein, figure emblématique du chiisme, à partir du 21 août. Pendant ces célébrations, qui doivent durer deux mois, aucun mariage n’est célébré.

D’après Mme Lari, 2.621 personnes ont été testées positives au Covid-19 ces dernières 24 heures, portant le total des infections à 284.034. «Nous constatons une augmentation des cas de maladie, d’hospitalisation et de décès dans tout le pays», a-t-elle déploré, précisant que les hospitalisations avaient récemment doublé dans les provinces de Fars (sud) et de Khorassan-é Razavi (nord-est). Selon elle, la situation est préoccupante dans 25 des 31 provinces où l’épidémie semble de nouveau se propager depuis début mai.

Par Le Figaro avec AFP

Coronavirus: port du masque obligatoire dès dimanche en Iran, 148 nouveaux décès

juillet 4, 2020

Le port du masque va être obligatoire pour entrer dans certains lieux publics couverts en Iran, a indiqué ce samedi 4 juillet le président Hassan Rohani, alors que 148 nouveaux décès ont été recensés dans le pays, le plus touché par la pandémie au Moyen-Orient.

Lors d’une réunion du Comité de lutte contre l’épidémie, Rohani a annoncé l’entrée en vigueur de la nouvelle mesure dès dimanche: «A partir de demain, il faudra porter un masque si on veut entrer dans un endroit couvert», a-t-il dit. Depuis fin juin, le ministère de la Santé avait lancé une campagne «Je porte un masque» pour inciter les Iraniens à se protéger contre le virus.

Le nouveau bilan quotidien porte le nombre total des victimes à 11.408 morts, a déclaré samedi à la télévision d’Etat la porte-parole du ministère de la Santé Sima, Sadat Lari. «Au cours des dernières 24 heures, nous avons recensé 2.449 nouveaux cas liés au virus, portant à 237.878 le total des contaminations», a ajouté Lari.

L’application de la nouvelle mesure pourrait cependant être difficile car, selon la Municipalité de Téhéran, de nombreuses personnes ne portent pas de masque en utilisant les transports en commun de la capitale où il est déjà obligatoire. Rohani a également affirmé que la mise en oeuvre de cette consigne nécessitait «une sorte de garantie d’application». «Dans les bureaux administratifs, cela pourrait être plus facile: par un décret, nous pouvons empêcher des gens sans masques d’y entrer», a-t-il encore dit.

La République islamique, qui a annoncé ses premiers cas de virus SARS-CoV-2 le 19 février, est de loin le pays le plus touché du Moyen-Orient. Selon Lari, les provinces du Khouzestan, de l’Azerbaïjan Occidental et Oriental, du Khorassan-é-Razavi, du Kurdistan, de Kermanshah, de Bouchehr, d’Ilam et d’Hormozgan sont classées «rouge» selon l’échelle de risque établie par les autorités. Celles de Téhéran, de Fars, d’Ispahan, de Mazandaran, de Hamadan, de Zanjan, de Sistan-Balouchistan, d’Alborz et du Lorestan sont en alerte, a-t-elle ajouté.

Par Le Figaro avec AFP