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Chine: un pétrolier iranien en feu après une collision, 32 disparus

janvier 7, 2018

Image prise par la garde côtière sud-coréenne, diffusée le 7 janvier, montrant le tanker iranien « Sanchi » en feu après une collision en mer, au large de la côte orientale chinoise, avec un navire cargo chinois. Trente deux personnes, pour la plupart de nationalité iranienne, sont portées disparues, a indiqué le ministère chinois des Transports. / © KOREA COAST GUARD/AFP / handout

Un tanker iranien était en flammes et son équipage de 32 personnes porté disparu, dimanche en mer de Chine orientale, après une collision avec un navire de fret chinois, selon les autorités chinoises qui s’efforçaient de contenir les fuites d’hydrocarbures.

Le pétrolier Sanchi, avec 136.000 tonnes d’hydrocarbures légers (condensats) à son bord, a « entièrement pris feu » suite à la collision, intervenue samedi vers 20h00 (12h00 GMT) à 300 km des côtes, a annoncé le ministère chinois des Transports dans un communiqué.

Vers 01h00 GMT dimanche, « le navire restait à flot et l’incendie continuait de faire rage, et l’on voyait des flaques de pétrole à la surface de l’eau », a précisé le ministère, sans livrer de détail sur l’ampleur des fuites d’hydrocarbures.

L’équipage du Sanchi, comptant 30 Iraniens et deux Bangladais, restait porté disparu dimanche en fin de journée, alors que s’intensifiaient les opérations de recherche.

Le second navire impliqué dans la collision n’a pas, pour sa part, subi d’avaries « mettant en péril sa sécurité » et son équipage de 21 personnes, toutes de nationalité chinoise, « a déjà été secouru », selon le ministère.

Sur des images diffusées par la télévision d’Etat CCTV, on voyait dimanche le tanker en proie à un intense brasier, dominé par d’épaisses volutes de fumée noire s’élevant dans le ciel.

L’accident est intervenu à environ 160 milles nautiques (300 kilomètres) au large de la région de Shanghai, dans l’est du pays.

– Opérations de nettoyage –

Parallèlement aux opérations de recherche des marins disparus, Pékin s’efforçait de contenir l’impact environnemental: sur les huit navires dépêchés sur place par les autorités chinoises, selon l’agence officielle Chine nouvelle, plusieurs étaient spécialisés dans les opérations de nettoyage.

L’objectif est « d’éviter tout désastre secondaire » résultant de la collision, a précisé Geng Shuang, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, dans un communiqué. De son côté, Séoul a envoyé sur les lieux un navire de garde-côtes et un avion, à la demande du gouvernement chinois.

Enfin, « l’enquête se poursuit pour (déterminer) les cause de la collision », survenue en pleine mer, a ajouté M. Geng.

Le Sanchi, un pétrolier sous pavillon panaméen et long de 274 mètres, faisait route vers la Corée du Sud pour y livrer sa cargaison d’hydrocarbures iraniens, selon le gouvernement chinois.

Le tanker appartient à la National Iranian Tanker Company (NITC), l’opérateur administrant la flotte de navires pétroliers de l’Iran, a détaillé le porte-parole du ministère iranien du Pétrole, Kasra Nouri.

Selon lui, la cargaison était constituée de produits de condensat commercialisés par la société pétrolière nationale iranienne NIOC et destinés à la firme sud-coréenne Hanwha Total (coentreprise entre le français Total et le conglomérat sud-coréen Hanwha).

Le navire de fret chinois naviguait quant à lui sous pavillon hong-kongais et transportait 64.000 tonnes de céréales américaines à destination de la Chine, selon le ministère chinois des Transports.

Il s’agit, en l’espace de quelques années, de la deuxième collision impliquant un navire de la NTIC: un supertanker appartenant à l’opérateur iranien avait ainsi heurté à l’été 2016 un porte-conteneur dans le détroit de Singapour, mais sans faire de victime ni causer de pollution.

L’étroit détroit de Singapour est une route maritime extrêmement fréquentée, ce qui accroît le risque d’accrochage — à l’instar de la collision meurtrière intervenue en août dernier entre un pétrolier et le destroyer américain USS John McCain. Mais les collisions en pleine mer restent plus rares.

Romandie.com avec(©AFP / 07 janvier 2018 13h58)                

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Il y a quarante ans, le début de la Révolution iranienne

janvier 6, 2018

Des touristes et des religieux près du sanctuaire de Fatima Massoumeh, dans la ville sainte de Qom en Iran, le 14 décembre 2017 / © AFP / ATTA KENARE

Dans les yeux d’enfant de Mohammad Hassan Sharifizadeh, la révolution qui allait emporter le dernier chah d’Iran a commencé il y a quarante ans par une scène particulièrement inhabituelle dans une mosquée de Qom.

Le 18 dey 1357 du calendrier iranien (8 janvier 1978), « j’avais huit ans » et « nous avions une cérémonie religieuse », se souvient ce vendeur de confiseries sur l’esplanade du sanctuaire de Fatima Massoumeh, lieu de pèlerinage qui vaut à Qom d’être l’une des villes saintes les plus importantes d’Iran: le mollah « a enlevé son turban et l’a jeté par terre en affirmant qu’on avait insulté notre source d’inspiration », l’ayatollah Ruhollah Khomeiny.

Symboliquement, ce geste qui revient à se déposséder d’un signe sacré est extrêmement fort et ne peut être justifié que par une offense des plus violentes. Et ce jour-là, l’affront est de taille.

La veille, le journal gouvernemental Ettelaat a publié un pamphlet intitulé « L’Iran et le colonialisme rouge et noir » et particulièrement insultant pour l’ayatollah Khomeiny, opposant au chah Mohammad Reza Pahlavi et en exil depuis 1964.

L’article accuse celui qui allait devenir le père de la République islamique d’Iran d’être un agent britannique, insinue qu’il n’est pas vraiment Iranien, qu’il complote avec les communistes et tente de discréditer son autorité religieuse.

Publié le matin à Téhéran, le quotidien n’arrive alors que dans l’après-midi à Qom, à 120 km plus au sud. Enseignant dans l’une des « hawzat » (séminaires théologiques) de la ville, l’ayatollah Seyyed Hossein Moussavi Tabrizi, 70 ans, se souvient de la façon dont il a pris connaissance du pamphlet.

– ‘Provocation’ –

« Il était environ 19H00, deux ou trois de mes étudiants très en colère m’ont apporté le journal et dit de lire l’article », raconte à l’AFP cet ancien procureur général et élu par deux fois député avant de revenir enseigner à Qom.

« C’était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase », dit-il. « Insulter (Khomeiny) comme ça, en disant qu’il était le valet des Anglais, c’était insulter l’ensemble du clergé, une provocation ».

Rapidement, la riposte s’organise. Le soir même, l’ayatollah Tabrizi réunit une dizaine de dignitaires religieux. Il y est « décidé d’arrêter les cours le lendemain en signe de protestation », une mesure rarissime, « et de dénoncer l’article le surlendemain lors des cours et de prendre position en faveur de l’imam » Khomeiny.

Le 8 janvier, la grève des étudiants s’accompagne de manifestations et de heurts sans gravité avec la police. Le 9, se souvient l’ayatollah Tabrizi, la contestation grossit avec le soutien des marchands du bazar, qui se mettent eux aussi en grève.

Des milliers de personnes scandent dans la rue des slogans hostiles au gouvernement et au monarque, dont l’autorité est minée par une politique de réformes et de modernisation hautement impopulaire, tout comme son alliance avec les Etats-Unis, dans un environnement d’aggravation des inégalités sociales sur fond de corruption généralisée et de dérive autocratique.

– ‘Ils ont tiré’ –

Religieux au front ceint d’un turban blanc, Abolfazl Soleimani, avait 24 ans à l’époque. « J’étais présent dans les manifestations, la police a commencé a tirer, d’abord en l’air, je crois, et ensuite sur les gens, des religieux, des non religieux, des bazaris. Il y a eu des morts et des blessés ».

« Les premières informations font état de 20 ou 30 morts, mais en réalité, il n’y en eut peut être pas plus que cinq », note l’écrivain et historien britannique Michael Axworthy dans son livre « Revolutionary Iran » -non traduit en français.

Quoi qu’il en soit, la nouvelle de la répression à Qom se répand et provoque des manifestations ailleurs dans le pays. Le 18 février, conformément à la tradition chiite, des commémorations sont organisées dans douze villes au 40e jour du deuil en l’honneur des morts de Qom.

A Tabriz (nord-ouest), la situation dégénère. La police tire sur la foule, tuant vraisemblablement 13 personnes, écrit M. Axworthy: un cycle de manifestations/répression meurtrière de « quatre fois quarante jours » est lancé, qui s’arrêtera en juin, sans doute par peur de violences à grande échelle de la part du pouvoir.

Mais l’Histoire est en marche. La deuxième moitié de l’année 1978 voit la contestation s’amplifier. « Tout régime répressif creuse sa propre tombe », estime l’ayatollah Tabrizi.

Le 16 janvier 1979, le chah quitte l’Iran. Il n’y reviendra plus. L’ayatollah Khomeiny quitte la France pour rentrer à Téhéran le 1er février où il est accueilli par une foule immense. Le dernier gouvernement de l’Iran impérial tombera 10 jours plus tard.

Les autorités prévoient de grandes cérémonies pour célébrer le 40e anniversaire de la « victoire de la révolution » dans un an, signe de la longévité du régime islamique malgré les prédictions des opposants et les rares mouvements de protestation.

Romandie.com avec(©AFP / 06 janvier 2018 14h48)

Iran: la réunion du Conseil de sécurité est une ingérence des États-Unis (Moscou)

janvier 5, 2018

Moscou – La réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur les manifestations en Iran, demandée par les Etats-Unis, est une ingérence de Washington dans les affaires du pays, a affirmé vendredi Moscou.

« Les Etats-Unis continuent à interférer ouvertement et de manière cachée dans les affaires intérieures des autres pays, ils le font sans aucune honte », a lancé vendredi le vice-ministre russe Sergueï Riabkov, cité par l’agence de presse Interfax.

« C’est de ce point de vue là que nous jugeons l’initiative américaine de réunir le Conseil de sécurité de l’ONU sur une situation purement nationale en Iran », a-t-il ajouté, accusant Washington d' »attaquer directement la souveraineté d’autres Etats sous prétexte d’être préoccupé par la démocratie et les droits de l’Homme ».

A la demande des Etats-Unis, une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur l’Iran est prévue vendredi.

Alors que l’Iran connaît ces derniers jours une vague de contestation et des violences ayant déjà fait 21 morts, Donald Trump multiplie les attaques contre le régime iranien. Il a estimé lundi que « le temps du changement » était venu en Iran.

Le président américain a aussi promis mercredi de soutenir « le moment venu » les Iraniens qui « essayent de reprendre le contrôle de leur gouvernement corrompu », et Washington a imposé jeudi de nouvelles sanctions contre des groupes industriels soupçonnés de participer au programme de missiles balistiques de Téhéran.

De son côté, la Russie a mis en garde jeudi Washington contre toute intervention dans les « affaires intérieures » de ce pays, dont elle s’est rapprochée ces dernières années à la faveur d’intérêts géopolitiques communs.

Sergueï Riabkov a également dénoncé vendredi les propos tenus par le vice-président américain Mike Pence, qui a remis en question l’accord nucléaire international conclu en 2015 avec l’Iran pour garantir l’usage pacifique de son programme atomique.

« Si (les Etats-Unis) cherchent, pour renforcer la pression sur l’Iran, des raisons qui n’ont rien à voir avec cet accord, et c’est ce qui semble se passer d’après ce que nous voyons, il s’agit d’une méthode inadmissible et indigne d’une grande puissance », a déclaré le vice-ministre, cité par l’agence de presse RIA Novosti.

La Russie, de son côté, « ne voit aucune raison de modifier cet accord », a assuré M. Riabkov.

Romandie.com avec(©AFP / 05 janvier 2018 15h11)                                            

Iran: Rohani demande à Macron d’agir contre « les terroristes » basés en France

janvier 2, 2018

Téhéran – Le président iranien Hassan Rohani a demandé mardi à son homologue français Emmanuel Macron de prendre des mesures contre les activités d’un « groupe terroriste » iranien basé en France et impliqué selon lui dans les récentes manifestations en Iran, a rapporté la télévision d’Etat.

« Nous critiquons le fait qu’un groupe terroriste ait une base en France et agisse contre le peuple iranien et encourage la violence. Nous attendons du gouvernement français qu’il agisse contre ce groupuscule terroriste », a déclaré le président iranien lors d’une conversation téléphonique, dans une claire allusion aux Moudjahidine du peuple.

Les autorités iraniennes accusent les Moudjahidine du peuple, qualifiés par le pouvoir iranien d’hypocrites (monafeghines) d’alimenter les violences et d’être liés à l’Arabie saoudite, rivale régionale de l’Iran.

La demande de M. Rohani intervient au sixième jour d’un mouvement de contestation marqué par des violences meurtrières et des centaines d’arrestations dans son pays.

Le général Rassoul Sanaïrad, l’adjoint politique du chef des puissants Gardiens de la révolution, a affirmé mardi que le groupe Moudjahidine du peuple « avait été chargé par les Al-Saoud (la dynastie qui règne sur l’Arabie saoudite) et certains pays européens de créer de l’insécurité », selon l’agence Tasnim.

Enfin, le vice-gouverneur de Téhéran a affirmé qu’aucun incident n’avait été signalé mardi soir à Téhéran, selon l’agence Isna.

La capitale iranienne a connu de petites manifestations les trois nuits précédentes avec à chaque fois quelques centaines de personnes lançant des slogans contre le pouvoir dans le quartier de l’université dans le centre de Téhéran.

Romandie.com avec(©AFP / 02 janvier 2018 19h21)                                            

Iran: Macron dit à Rohani sa « préoccupation », appelle à « retenue »

janvier 2, 2018

Paris – Le président français Emmanuel Macron a dit mardi à son homologue iranien Hassan Rohani sa « préoccupation » face « au nombre de victimes liées aux manifestations » des derniers jours en Iran et a appelé à « la retenue et à l’apaisement », a indiqué la présidence française.

Lors d’un entretien téléphonique, les deux dirigeants ont décidé de reporter à une date ultérieure la visite que devait effectuer le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, à Téhéran à la fin de la semaine, a précisé le palais de l’Elysée.

Cet entretien est intervenu au sixième jour d’un mouvement de contestation marqué par des violences meurtrières et des centaines d’arrestations dans plusieurs villes iraniennes.

Au cours de cet appel, prévu avant ces évènements, M. Macron a fait « part de sa préoccupation face au nombre de victimes liées aux manifestations » et a « encouragé son homologue à la retenue et l’apaisement. Les libertés fondamentales, notamment les libertés d’expression et de manifestation, doivent être respectées », a indiqué l’Elysée dans un communiqué.

Rendant compte un peu plus tôt de cette discussion, la télévision iranienne a indiqué que M. Rohani avait demandé à M. Macron de prendre des mesures contre les activités d’un « groupe terroriste » iranien basé en France et impliqué selon lui dans les récentes manifestations. Téhéran accuse notamment les Moujahidine du peuple, qualifiés par le pouvoir iranien d’hypocrites (monafeghines), d’alimenter les violences et d’être liés à l’Arabie saoudite, rivale régionale de l’Iran.

« Ces propos reflètent avant tout l’affolement du régime des mollahs face à l’étendue du soulèvement contre la dictature religieuse et face à la popularité grandissante de l’organisation des Moujahidine du peuple d’Iran (OMPI) et de la Résistance iranienne », a affirmé dans un communiqué envoyé dans la nuit à l’AFP à Paris Afchine Alavi, membre du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI). Il affirme, sans préciser ses sources, que « jusqu’à ce jour, on dénombre des dizaines de manifestants sans défense tués par les gardiens de la révolution et des milliers d’autres arrêtés ».

Selon des chiffres officiels, 21 personnes ont été tuées depuis le début le 28 décembre à Machhad (nord-est) des rassemblements contre les difficultés économiques et le pouvoir.

Le communiqué de l’Elysée n’a pas fait état de la présence en France de moujahidine mais a précisé que les deux présidents avaient évoqué l’accord nucléaire de 2015, « dont la France soutient l’application stricte, sous supervision internationale ». M. Rohani « a demandé l’appui de la communauté internationale pour défendre cet accord et respecter les engagements pris », a précisé la présidence française.

L’avenir de cet accord est incertain après la décision du président américain Donald Trump de le remettre en cause.

MM. Rohani et Macron ont également discuté de la situation au Moyen-Orient, notamment en Irak et en Syrie, le président français appelant à « un dialogue renforcé sur le contrôle des armements, y compris balistiques, dans la région » selon l’Elysée.

La visite de M. Le Drian, pour laquelle une nouvelle date sera trouvée selon l’Elysée, doit préparer celle de M. Macron, qui a annoncé mi-octobre son intention de se rendre en Iran en 2018.

Romandie.com avec(©AFP / 03 janvier 2018 00h53)                                            

Iran: Trump dénonce un régime « brutal et corrompu »

janvier 2, 2018

Donald Trump lors d’un discours à Washington le 18 décembre 2017 / © AFP/Archives / MANDEL NGAN

Le président américain Donald Trump a dénoncé mardi le régime « brutal et corrompu » au pouvoir en Iran, au sixième jour d’un mouvement de contestation marqué par des violences.

« Les Iraniens agissent enfin contre le régime iranien brutal et corrompu », a lancé M. Trump dans un tweet matinal.

« Le peuple a peu de nourriture, une forte inflation et pas de droits de l’homme », a ajouté le locataire de la Maison Blanche qui multiplie les attaques contre Téhéran depuis le début des troubles.

Lundi, il avait estimé que « le temps du changement » était venu dans ce pays dont il dénonce régulièrement le comportement depuis son arrivée au pouvoir il y a un an.

Au total, 21 personnes -dont 16 manifestants- ont été tuées depuis le début jeudi des rassemblements contre les difficultés économiques et le pouvoir, qui ont commencé à Machhad (nord-est) pour se propager rapidement à l’ensemble de l’Iran.

Dénonçant une nouvelle fois l’accord conclu en 2015 par son prédécesseur démocrate Barack Obama avec Téhéran concernant son programme nucléaire, M. Trump a estimé que ce dernier avait « bêtement donné » au régime des fonds qui sont allés « au terrorisme et dans leurs +poches+ ».

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, est sorti mardi de son silence pour accuser les « ennemis » de l’Iran de s’unir pour porter atteinte au régime.

Romandie.com avec(©AFP / 02 janvier 2018 14h55)

L’Iran limite l’accès aux réseaux sociaux, eux manifestants tués

décembre 31, 2017

Une Iranienne lève le poing dans la fumée des gaz lacrymogènes lors d’une manifestation à Téhéran, le 30 décembre 2017 / © AFP / STR

L’Iran a averti dimanche que les manifestants antigouvernementaux allaient « payer le prix » et a limité l’accès aux réseaux sociaux pour tenter d’empêcher de nouvelles protestations, après trois jours de contestation durant lesquelles deux personnes ont été tuées.

Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux ont montré des milliers de personnes défilant à travers l’Iran dans la nuit contre les difficultés économiques et le pouvoir. Les médias officiels ont aussi diffusé des vidéos de manifestations en présentant comme des « contre-révolutionnaires » ceux qui brûlent des drapeaux iraniens ou attaquent des biens publics.

Il s’agit des plus importantes manifestations depuis le mouvement de contestation contre la réélection de l’ex-président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad en 2009, qui avait été violemment réprimé.

« Ceux qui détruisent les biens publics, créent du désordre et agissent dans l’illégalité doivent répondre de leurs actes et payer le prix. Nous agirons contre ceux qui provoquent la terreur », a averti le ministre de l’Intérieur Abdolreza Rahmani Fazli, en faisant la distinction entre « ceux qui ont des revendications légitimes » et « les contre-révolutionnaires ».

Les manifestations ont éclaté jeudi à Machhad, la deuxième ville du pays avant de prendre de l’ampleur et de toucher de nombreuses autres cités vendredi et samedi. Mais dimanche en fin d’après-midi, les médias et les réseaux sociaux n’avaient rapporté aucune nouvelle manifestation antigouvernementale.

Et pour tenter de les empêcher, « les hauts responsables chargés de la sécurité ont décidé de bloquer provisoirement Telegram et Instagram », a affirmé le site de la télévision d’Etat.

Les autorités accusent des groupes « contre-révolutionnaires » basés à l’étranger d’utiliser les réseaux sociaux, en particulier Telegram, pour appeler les gens à manifester et faire usage de cocktails Molotov et d’armes à feu.

Samedi, deux manifestants ont été tués à Doroud (ouest), a dit un responsable local, Habibollah Khojastehpour, en assurant que les policiers n’avaient pas tiré sur les protestataires. « Notre objectif était de mettre fin pacifiquement aux protestations mais en raison de la présence de certains individus et groupes, deux personnes ont été tuées ».

Selon un canal Telegram des Gardiens de la révolution, armée d’élite du régime, « des gens armés se sont infiltrés parmi les protestataires et ont tiré à l’aveuglette sur les citoyens ».

– Silence Khamenei et Rohani –

Selon l’agence Ilna, 80 personnes ont été arrêtées à Arak (centre) durant les manifestations alors qu’au moins trois personnes ont été blessées samedi. Des individus ont tenté d’attaquer des bâtiments publics.

Ni le numéro un de la République islamique d’Iran, le guide suprême l’ayatollah Ali Khamenei, ni le président Hassan Rohani n’ont encore réagi publiquement depuis le début des troubles.

C’est la première fois qu’autant de villes sont touchées par un tel mouvement depuis 2009.

Mais le régime continue d’avoir un large soutien parmi la population, avec la mobilisation de dizaines de milliers de personnes samedi pour marquer l’anniversaire du rassemblement qui a mis fin à la contestation de 2009.

Et dimanche, des centaines d’étudiants ont manifesté à l’université de Téhéran pour soutenir le gouvernement tout en dénonçant « la corruption et la vie chère ».

Durant les manifestations des trois derniers jours, les Iraniens sont descendus dans la rue pour exprimer leur colère contre le chômage, la vie chère et les scandales financiers dans le pays, isolé et soumis pendant des années à des sanctions internationales pour ses activités nucléaires sensibles. Des slogans comme « Mort au dictateur » y ont été lancés.

« Ces protestations sont le fait d’une partie de la société frappée par les difficultés économiques majeures, notamment ceux qui ont perdu leur argent avec la faillite des établissements de crédit », estime Payam Parhiz, rédacteur en chef du réseau de média réformateur Nazar.

– Contestation limitée à Téhéran –

La contestation a été très limitée dans la capitale Téhéran. Une manifestation a eu lieu samedi à l’intérieur de l’université de Téhéran et une deuxième dans le quartier de l’université, où des centaines de personnes ont tenu tête aux forces de l’ordre avant d’être dispersées par des tirs de gaz lacrymogènes.

Des vidéos ont montré des manifestants attaquant une mairie à Téhéran, renversant une voiture de police et brûlant des poubelles.

« Des dégâts mineurs ont été causés aux services de la mairie », a déclaré le maire Mohammad-Ali Najafi.

Des médias conservateurs iraniens soutiennent que la majorité des appels à manifester viennent de l’étranger, d’Arabie saoudite, rivale régionale de l’Iran, ou de groupes d’opposition en exil.

Fustigeant à nouveau le régime iranien, bête noire des États-Unis, le président Donald Trump a écrit dimanche sur Twitter: « Grosses manifestations en Iran. Le peuple a finalement compris comment son argent et ses richesses sont volés et gaspillés sur le terrorisme. On dirait qu’il ne supporte plus. Les États-Unis surveillent de près en cas de violation des droits de l’Homme ».

Téhéran avait déjà rejeté une précédente critique de M. Trump, en disant n’accorder « aucune valeur » à ses déclarations.

Romandie.com avec(©AFP / 31 décembre 2017 15h01)                

Manifestations prorégime en Iran après deux jours de protestations

décembre 30, 2017

Des Iraniens manifestent en soutien au régime, brandissant notamment des portraits de l’ayatollah Ali Khamenei, le 18 février 2011 à Téhéran / © AFP/Archives / ATTA KENARE

Le régime en Iran a mobilisé samedi des dizaines de milliers de personnes dans les rues après deux jours de protestations contre le pouvoir et la vie chère, les plus importantes de ces dernières années dans le pays.

La télévision d’Etat diffusait en boucle samedi des images de ces manifestations officielles organisées dans de nombreuses villes du pays et prévues depuis plusieurs semaines.

Elles marquent en effet l’anniversaire du grand rassemblement prorégime qui avait sonné la fin du mouvement de protestation contre la réélection de l’ex-président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad en 2009.

Les manifestants portaient notamment des pancartes avec des inscriptions « Mort à la sédition », en référence au mouvement de 2009.

Ces rassemblements officiels interviennent après deux jours de manifestations contre l’inflation et le chômage dans une dizaine de villes iraniennes, durant lesquelles certains protestataires ont scandé des slogans hostiles au pouvoir.

Samedi, les médias iraniens évoquaient ces protestations mais sans rentrer dans le détail ni publier des témoignages.

Le nombre des protestataires est resté limité à plusieurs centaines mais c’est la première fois depuis 2009 qu’autant de villes ont été touchées par de telles protestations sociales.

Elles avaient commencé jeudi à Machhad, deuxième ville du pays, où une cinquantaine de manifestants ont été arrêtés. Ces arrestations ont été fermement condamnées par l’administration américaine, qui a fait de Téhéran une de ses bêtes noires.

« Le gouvernement iranien devrait respecter leurs droits, notamment leur droit de s’exprimer. Le monde regarde », a tweeté le président américain Donald Trump au sujet des protestataires, avec le hashtag #IranProtests.

– ‘Signal d’alarme’ –

Des vidéos mises en ligne sur les réseaux sociaux ont montré des personnes manifestant vendredi dans la ville sainte de Qom (nord) en scandant notamment « Mort au dictateur » ou encore « Libérez les prisonniers politiques ».

Certains manifestants ont même scandé des slogans en faveur de la monarchie, renversée par la révolution islamique en 1979. D’autres ont demandé au régime d’abandonner son soutien à des mouvements régionaux alliés pour s’occuper de sa population.

Sur Telegram ou Instagram, réseaux sociaux largement utilisés en Iran, on pouvait voir des vidéos de manifestants dans les villes de Rasht (nord), Kermanshah (ouest), Hamedan (ouest) ou Qazvin (nord).

La police est intervenue dans certaines villes, notamment avec des canons à eau. Ailleurs, des officiers de police tentaient de calmer les gens.

Samedi, le quotidien réformateur Arman titrait en Une « Signal d’alarme pour tout le monde » alors que les appels se multipliaient pour appeler le gouvernement à prendre des mesures afin de régler les maux économiques du pays.

Le quotidien conservateur Javan parlait de « mouvement social » et reprenait une phrase du président Hassan Rohani affirmant que « les ennemis (de l’Iran) visaient le soutien populaire au régime » et cherchaient à créer des « divisions » entre les Iraniens.

Des voix se sont également élevées dans le camp conservateur pour dénoncer l’utilisation des protestations des deux derniers jours par des « contre-révolutionnaires ».

– ‘Totale surprise’ –

La promesse de relancer l’économie, affaiblie par des sanctions internationales, a été au coeur des campagnes présidentielles de M. Rohani, un religieux modéré réélu en mai pour un deuxième mandat.

S’il a pu parvenir à la levée de certaines sanctions économiques après l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015 et qu’il a réussi à maîtriser l’inflation à environ 10%, le taux de chômage demeure élevé (12%) en Iran selon des chiffres officiels.

« C’est difficile de prédire si ces protestations vont continuer car elles ont été une totale surprise », a déclaré à l’AFP Payam Parhiz, le rédacteur en chef de la plate-forme Nazar (réformateur), présente sur des réseaux sociaux.

Hesamoddin Ashna, conseiller culturel du président Rohani, a estimé sur Twitter que « le pays faisait face à des défis importants avec le chômage, l’inflation, la corruption, le manque d’eau et les disparités sociales ».

« Les gens ont le droit d’être entendu », a-t-il ajouté.

Des conservateurs ont de leur côté appelé le gouvernement à mieux s’occuper des problèmes quotidiens des Iraniens.

« Le peuple, en particulier les petites gens, est sous pression. Le règlement des problèmes économiques est la priorité du pays », a indiqué Ebrahim Raissi, candidat conservateur à la présidentielle battu par Hassan Rohani en mai.

« Si les membres du gouvernement montrent de la détermination à régler les problèmes économiques, le peuple les soutiendra », a-t-il assuré.

Romandie.com avec(©AFP / 30 décembre 2017 11h40)                

Iran: 52 personnes arrêtées lors des manifestations (responsable)

décembre 29, 2017

Téhéran – Cinquante deux personnes ont été arrêtées à Machhad, deuxième ville d’Iran, lors de manifestations la veille contre le chômage et l’inflation, a indiqué vendredi un responsable iranien.

Des centaines de personnes ont manifesté jeudi dans cette cité du nord-est de l’Iran en scandant des slogans contre le gouvernement du président Hassan Rohani, jugé incapable de répondre aux problèmes économiques.

Le chef du tribunal révolutionnaire de Machhad, Hossein Heidari, a indiqué que ces personnes avaient été arrêtées pour avoir scandé des « slogans sévères », selon l’agence de presse iranienne Fars, proche des conservateurs.

Il a également mis en garde les protestataires contre toute dérapage, tout en rappelant le droit du peuple à manifester.

« Certains incidents survenus dans le pays (ont eu lieu) sous le prétexte de problèmes économiques mais il semble qu’il y ait autre chose derrière eux », a affirmé pour sa part le premier vice-président Eshaq Jahangiri, cité par la télévision d’Etat Irib, affirmant que leurs responsables devaient être identifiés.

« Je suis certain que cela va se retourner contre » eux, a-t-il ajouté.

Selon des images vidéo diffusées par le média réformateur Nazar, les manifestants ont scandé « Mort à Rohani » mais aussi « Pas Gaza, pas le Liban, ma vie en Iran », semblant ainsi critiquer les engagements de l’Iran dans des causes régionales.

Nazar a aussi fait état de manifestations jeudi, de moindre ampleur, à Yazd (sud), Sharhoud (nord) et Kachmar (nord-est).

La promesse de relancer l’économie, atone en raison des sanctions internationales passées et de mauvaise gestion, ont été au coeur des campagnes présidentielles de Hassan Rohani, réélu pour un deuxième mandat en mai.

Il s’est notamment appuyé sur l’accord sur le nucléaire signé avec les grandes puissances en 2015 et qui s’est accompagné de la levée de certaines sanctions. Mais s’il a réussi à maîtriser l’inflation à moins de 10% (jusqu’à 40% sous son prédécesseur Mahmoud Ahmadinejad), le taux de chômage demeure élevé (12%), selon des chiffres officiels.

Hamid Garmabi, représentant de la ville de Neychabour, près de Machhad, a de son côté parlé de « crise majeure à Machhad causée par les institutions illégales de prêt », en référence au développement d’organisations illégales de prêt sous la présidence Ahmadinejad (2005-2013).

La mauvaise régulation du secteur bancaire combinée à un boom de la construction ont gravement affecté les établissements de crédit, qui croulent sous les dettes et sont incapables de rembourser les investisseurs.

Le gouvernement Rohani a cherché à faire le ménage dans le secteur de la finance, fermant trois des plus grands établissements de crédit, Mizan, Fereshtegan et Samen al-Hojaj.

Machhad a été l’une des villes les plus touchées par la fermeture de Mizan, qui totalisait environ un million de comptes, engendrant plusieurs manifestations depuis 2015 dans la ville selon l’agence officielle IRNA.

Romandie.com avec(©AFP / 29 décembre 2017 14h31)                   

Manifestation à Téhéran contre les États-Unis et Israël

décembre 11, 2017

Un manifestant brûle un portrait du président américain Donald Trump, le 11 décembre 2017 à Téhéran / © AFP / ATTA KENARE

Quelques centaines de conservateurs iraniens ont manifesté lundi à Téhéran contre la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, brûlant des portraits du président américain et du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ainsi que des drapeaux des deux pays.

La manifestation s’est déroulée au son de musique dance, chose normalement interdite en Iran, et de slogans comme « Les Etats-Unis sont des meurtriers », les « Mères palestiniennes perdent leurs enfants » ou le classique « Mort à l’Amérique ».

Le futur transfert de l’ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, à une date non précisée, est « une cruauté qui vient s’ajouter aux précédentes oppressions américaines », a estimé Ali Esfahani, un étudiant de 23 ans.

Il s’est montré déçu par la faible mobilisation, qu’il a mise sur le compte de la mauvaise communication des organisateurs conservateurs.

Près de la manifestation, un écran affichait qu’il restait 8.240 jours d’existence à Israël, en référence à un discours du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, prévoyant la fin de l’Etat hébeu d’ici 2030.

« (Avec sa décision sur Jérusalem) Trump a permis d’accélérer les choses », a estimé Seyed Abdullah Hosseini, un religieux interrogé par l’AFP. « On s’attendait à ce qu’Israël soit démantelée plus tard (…) mais (cette décision) c’est le début de la fin pour Israël. On doit remercier (Donald Trump) ».

Depuis que M. Trump a annoncé mercredi sa décision sur Jérusalem, les condamnations internationales se sont succédé, y compris à l’ONU, et de nombreuses manifestations ont eu lieu dans le monde arabe et musulman.

A Jérusalem et dans les Territoires palestiniens, la décision américaine a engendré des confrontations entre Palestiniens et forces israéliennes qui ont coûté la vie à quatre Palestiniens et fait des centaines de blessés.

Romandie.com avec(©AFP / 11 décembre 2017 16h49)