Posts Tagged ‘IRAN’

Iran : les gardiens de la Révolution assument la responsabilité de la destruction de l’avion ukrainien

janvier 11, 2020

Les gardiens de la Révolution assument l’entière responsabilité de la destruction de l’avion d’Ukraine Airline, abattu mercredi près de Téhéran, dit le commandant des forces aérospatiales du corps d’élite de l’armée iranienne, dans une déclaration mise en ligne samedi par la télévision publique.

«J’endosse la responsabilité totale, j’aurais préféré mourir plutôt que d’assister à un tel incident», a déclaré le général Amir Ali Hajizadeh, ajoutant que l’avion a été pris par erreur pour un missile de croisière.

L’Iran a reconnu avoir détruit par erreur le Boeing 737, à la suite de l’«aventurisme américain».

Par Le Figaro avec Reuters

L’ayatollah Sistani condamne la confrontation US-Iran en Irak

janvier 10, 2020

Le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité chiite d’Irak, a condamné vendredi la confrontation en cours entre les Etats-Unis et l’Iran sur le sol irakien, dénonçant une violation de souveraineté et un mépris flagrant pour un peuple déjà éprouvé par plusieurs décennies de guerre.

Les Etats-Unis ont mené le 3 février une frappe aérienne près de l’aéroport de Bagdad visant le général iranien Qassem Soleimani, entraînant une riposte de l’Iran qui a tiré une série de missiles contre des bases irakiennes abritant des forces américaines en Irak.

«L’utilisation de méthodes excessives par les différentes parties (…) ne va qu’aggraver la crise et empêcher de parvenir à une solution», a estimé l’ayatollah Sistani dans un message lu par l’un de ses représentants lors de la prière du vendredi, dans la ville sainte de Kerbala. Ces «actes agressifs et dangereux» constituent des «violations répétées de la souveraineté irakienne» et contribuent «à la détérioration de la situation» dans la région, a ajouté le dignitaire irakien de 89 ans. «Le peuple (irakien) a suffisamment souffert des guerres».

Voix influente en Irak, le grand ayatollah Sistani n’intervient publiquement sur les questions politiques qu’en cas de crise et est respecté aussi bien par les chiites et les sunnites pour son refus notamment du confessionnalisme.

Par Le Figaro avec Reuters

Canada/ Écrasement d’avion en Iran: les nouveaux mariés au destin brisé

janvier 10, 2020

PHOTO FOURNIE PAR LA PRESSE CANADIENNE

Siavash Ghafouri-Azar et Sara Mamani ont célébré leur mariage pendant les vacances des Fêtes avec leurs familles, en Iran. Ils font partie des 176 passagers tués mercredi dans l’écrasement du Boeing 737-800 d’Ukraine International Airlines près de Téhéran.

Siavash Ghafouri-Azar et Sara Mamani venaient d’acheter une maison à Longueuil. Ils se préparaient à la rénover, après leur mariage, célébré pendant les vacances des Fêtes avec leurs familles en Iran.

« Ils étaient très enthousiastes à l’idée de se lancer dans les travaux pour l’améliorer et la mettre à leur goût », raconte Navid Sharisi, un ami et ex-collègue de Siavash Ghafouri-Azar.

Mais les nouveaux mariés ne sont jamais revenus dans leur maison de la Rive-Sud pour réaliser leurs projets : ils font partie des 176 passagers tués mercredi dans l’écrasement du Boeing 737-800 d’Ukraine International Airlines près de Téhéran.

L’avion transportait au moins 63 Canadiens, dont six vivant au Québec. Parmi les passagers du vol, 138 avaient le Canada comme destination finale.

Outre le couple de nouveaux mariés, un autre couple habitant à Montréal fait partie des victimes : il s’agit d’Aida Farzaneh, 33 ans, et Arvin Mottarab, 35 ans. La cinquième victime québécoise, Mohammad Moeini, 35 ans, habitait Sherbrooke.

Siavash Ghafouri-Azar, 35 ans, et Sara Mamani, 34 ans, étaient tous deux ingénieurs spécialisés en aéronautique.

Ils s’étaient rencontrés dans les couloirs de l’Université Concordia, où ils ont tous deux fait une maîtrise récemment, au Concordia Institute of Aerospace Design & Innovation. Ils étaient fiancés depuis plus d’un an.

« Siavash était arrivé à Montréal comme immigrant reçu, il y a quatre ans, et était très motivé à s’intégrer au Canada et au Québec », souligne le professeur Christian Moreau, codirecteur de M. Ghafouri-Azar lors de ses études de maîtrise, dans un domaine très pointu touchant les matériaux utilisés dans les moteurs d’avion.

L’ingénieur était très impliqué dans les projets de recherche auxquels il a participé, puis à son travail chez Pratt & Whitney à Montréal, où il a été embauché comme spécialiste des matériaux avant même de terminer sa maîtrise, témoigne le professeur Moreau.

Sa conjointe travaillait pour sa part chez Bombardier, comme gestionnaire des changements aux produits.

« Sara était très travaillante et s’entendait bien avec tout le monde », a témoigné le professeur Suong Van Hoa, qui a dirigé la thèse de maîtrise de Mme Mamani, de 2014 à 2016.

Un autre couple d’ingénieurs

Arvin Mottarab et son épouse Aida Farzaneh étaient aussi ingénieurs et avaient obtenu récemment leurs doctorats de l’École de technologie supérieure (ÉTS), à Montréal, où on était sous le choc, hier. M. Mottarab avait terminé ses études en 2018, alors que Mme Farzaneh avait déposé la version finale de sa thèse le mois dernier.

PHOTO TIRÉE DE FACEBOOK

Aida Farzaneh et Arvin Mottarab

« C’est une année qui commence de façon bien triste, c’est une communauté qui est sous le choc. Leurs collègues étudiants et professeurs sont bien sûr très émus », a affirmé Stéphanie Sauvé, porte-parole de l’ÉTS. « On a une petite communauté iranienne ici à l’ÉTS qu’on va s’assurer de soutenir. »

La professeure Danielle Monfet avait travaillé de près avec Mme Farzaneh, puisqu’elle dirigeait sa thèse de doctorat sur l’efficacité énergétique. « C’était une excellente étudiante, qui a été très appréciée pendant ses stages dans l’industrie », a-t-elle témoigné en entrevue téléphonique. « Elle travaillait bien, elle travaillait fort. C’est extrêmement triste, ce qui est arrivé. »

Mme Farzaneh avait récemment commencé à travailler au sein de la firme d’architecture Lemay.

« Bien qu’Aida était avec Lemay depuis moins de trois mois, elle avait déjà fait sa marque au sein de l’équipe », a affirmé Cristine Tessier au nom de l’entreprise. « Elle a impressionné son entourage par son approche intelligente et structurée. »

Arvin Morattab avait récemment accepté un emploi dans une entreprise de Saint-Bruno, Eaton Electricla, après avoir travaillé pendant cinq ans au sein de la firme technologique OPAL-RT.

Un ancien collègue a exprimé son désarroi sur les réseaux sociaux. « Tous ceux qui le connaissaient vont se souvenir à jamais de son sourire et de son talent », a affirmé Vahid Jalili-Marandi.

Le couple aurait immigré ensemble au Canada il y a six ou sept ans. Les deux frères de M. Morattab, Arash et Armin, vivaient aussi au pays.

« Toute ma gratitude va à mon épouse, Aida, pour son soutien, sa grande patience et sa compréhension. Durant toutes ces années, elle était celle qui était constamment à mes côtés avec son amour, dans les hauts comme dans les bas », avait écrit M. Morattab dans l’introduction de sa thèse de doctorat.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a manifesté sa tristesse, dans un message publié sur Twitter. « Mes pensées accompagnent les familles et les proches des Montréalais.e.s et de toutes les victimes de cette terrible tragédie », a-t-elle écrit.

Étudiant à Montréal

Shahab Raana, 36 ans, habitait pour sa part Montréal depuis sept ou huis mois seulement. L’étudiant a écrit à ses amis alors qu’il se trouvait dans l’avion à Téhéran : il voulait les rassurer, en raison des tensions dans la région, sur son retour imminent dans la métropole.

PHOTO TIRÉE DE L’INTERNET

Shahab Raana

« C’était quelqu’un de très gentil, qui se faisait du souci pour les autres et qui a eu beaucoup de courage », a dit au téléphone son ami Hamidreza Zahedi.

Les deux hommes s’étaient rencontrés il y a une quinzaine d’années à Téhéran. Il y a environ sept mois, Shahab Raana avait décidé de venir étudier à Montréal, dans le domaine de la soudure.

« Il avait choisi Montréal parce qu’il voulait connaître une autre culture, apprendre la langue française et avoir une expérience canadienne », a souligné M. Zahedi, ajoutant que le néo-Montréalais faisait de grands efforts pour s’intégrer à la vie québécoise.

Pendant les vacances des Fêtes, M. Raana avait décidé de surprendre ses parents en leur rendant visite. Il devait rentrer à Montréal pour reprendre ses cours.

Un Sherbrookois parmi les victimes

Ingénieur de 35 ans, Mohammad Moeini s’était installé en région en acceptant un emploi chez Bombardier produits récréatifs, à Valcourt, il y a trois ans. Il y était concepteur mécanique.

PHOTO TIRÉE DE LINKEDIN

Mohammad Moeini

« Nous sommes bouleversés d’apprendre le décès de l’un de nos employés, a dit Elaine Arsenault, conseillère aux relations avec les médias chez BRP. Nous offrons nos plus sincères condoléances à la famille de Mohammad ainsi qu’à toutes les familles des victimes de cette terrible tragédie. »

M. Moeini résidait à Sherbrooke, non loin de son lieu de travail. Le maire de la ville s’est dit « attristé d’apprendre le décès du Sherbrookois […] dans l’écrasement d’avion survenu ce matin, à Téhéran ». « Mes plus sincères sympathies à la famille, aux amis ainsi qu’aux collègues de travail de la victime », a continué Steve Lussier sur les réseaux sociaux.

Des sièges vides dans l’avion

Le premier ministre Justin Trudeau, en conférence de presse à Ottawa mercredi après-midi, a souligné le fait que la majorité des victimes de l’écrasement avaient des liens avec le Canada, puisqu’ils se dirigeaient vers l’aéroport Pearson de Toronto, après un arrêt à Kiev, en Ukraine.

« Il y a une heure, un avion d’Ukrainian Airlines en partance de Kiev a atterri à Toronto, a dit le premier ministre Trudeau. Selon la compagnie aérienne, 138 passagers n’étaient pas à bord parce qu’ils sont morts dans un écrasement dans la première portion de leur voyage. Des mesures sont prises pour soutenir les familles à l’aéroport Pearson. »

« De la part de tous les Canadiens, je veux exprimer mes condoléances les plus profondes à ceux qui font le deuil d’un être aimé. […] Je veux que vous sachiez qu’un pays entier est avec vous. Dans les moments les plus tragiques, les Canadiens ont l’habitude de se serrer les coudes, d’être là les uns pour les autres », a continué le premier ministre.

Par Isabelle Ducas et Philippe Teisceira-Lessard avec la collaboration de Philippe Mercure et Janie Gosselin, La Pressecanadienne.com

Les tirs de missiles sur les bases américaines «ne sont qu’un début», assure un commandant iranien

janvier 9, 2020

Selon le chef de la Force aérospatiale des pasdarans, ces tirs marquent le début d’une série d’attaques dans toute la région.

Amir Ali Hajizadeh à Téhéran, le 21 septembre 2019.
Amir Ali Hajizadeh à Téhéran, le 21 septembre 2019. ATTA KENARE / AFP

Les tirs de missiles iraniens de mercredi contre des bases en Irak n’avaient pas pour objectif de tuer des soldats américains mais d’endommager la «machine militaire» des États-Unis; ils marquaient le début d’une série d’attaques dans toute la région, a déclaré jeudi un haut commandant des Gardiens de la révolution, cité par la télévision nationale iranienne.

Amir Ali Hajizadeh, le chef de la force aérospatiale des pasdaran, a déclaré que le départ des forces américaines stationnées au Moyen-Orient serait une «vengeance appropriée» pour l’Iran après la mort du général Qassem Soleimani, tué vendredi dernier dans une frappe américaine à Bagdad. L’officier a affirmé que Téhéran avait, avant son attaque de mercredi, procédé à des «cyberattaques pour désactiver les systèmes de navigation d’avions et de drones américains».

Par Le Figaro avec Reuters

Canada: Trudeau condamne les tirs iraniens contre les Américains en Irak

janvier 8, 2020

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a condamné mercredi les tirs de missiles iraniens sur des bases abritant des soldats canadiens et américains en Irak en représailles à l’élimination par Washington du général Qassem Soleimani. «Le Canada condamne les attaques de missiles lancées par l’Iran la nuit dernière», a déclaré Justin Trudeau lors d’une conférence de presse portant sur le crash d’un Boeing en Iran, appelant de nouveau à une «désescalade des tensions et au dialogue dans la région».

«Je peux confirmer qu’il y avait des Canadiens sur la base canadienne d’Erbil lorsque les missiles se sont abattus, mais ils sont tous en sécurité», a-t-il annoncé.

Après l’attaque américaine qui a tué le 3 janvier à Bagdad le puissant général iranien, Donald Trump avait expliqué que ce raid était nécessaire pour «arrêter» une guerre. Appelé à commenter ces propos, Justin Trudeau a estimé que les «Américains avaient pris une décision en fonction de leur évaluation de la menace», se refusant à préciser s’il partageait cette évaluation.

L’opération «Martyr Soleimani» a été lancée par l’Iran au beau milieu de la nuit en représailles à l’élimination du général Soleimani. Selon le Pentagone, 11 missiles tirés par l’Iran ont touché la base aérienne de Aïn al-Assad (ouest) et un celle d’Erbil (nord), où sont stationnés certains des 5.200 soldats américains déployés en Irak. «Aucun Américain n’a été blessé dans les attaques de la nuit dernière», s’était félicité le président américain Donald Trump plus tôt mercredi avant d’annoncer de nouvelles sanctions économiques contre la République islamique.

Avant même ces frappes de la nuit, le Canada avait annoncé le déplacement d’une partie de ses troupes d’Irak vers le Koweït. Le Canada compte quelque 800 militaires dans la région, dont environ 500 en Irak où ils participent notamment à la mission de formation de l’OTAN, dirigée par la majore-générale canadienne Jennie Carignan. Des soldats canadiens participent également à une autre mission dans le cadre de la coalition internationale luttant contre le groupe Etat islamique, emmenée par les Etats-Unis.

Le Canada a coupé ses relations diplomatiques avec l’Iran en 2012.

Par Le Figaro avec AFP

Des Montréalais parmi les victimes de l’écrasement d’avion en Iran

janvier 8, 2020

 

© Fournis par Journal Métro
 

Au moins quatre Montréalais se retrouvent parmi les 63 victimes canadiennes de l’écrasement de l’avion en Iran ce matin, ont confirmé les autorités locales. Siavash Ghafouri-Azar, Aida Farzaneh, Arvin Morattab et Mohammed Moeini étaient à bord de l’avion de la compagnie Ukraine International Airlines.

Selon les informations qui ont été relayées mercredi, l’ingénieur Siavash Ghafouri-Azar, employé de Pratt & Whitney Canada, se trouvait à bord de l’appareil parce qu’il rentrait d’une visite dans son pays d’origine. L’homme de 35 ans venait de se marier en Iran. Il avait récemment terminé une maîtrise à l’université Concordia.

Aida Farzaneh, 34 ans et Arvin Morattab, 36 ans étaient aussi en Iran en couple. Aida était chargée de cours à l’École de technologie supérieure. Elle était aussi chef de projet pour la firme d’architecture Lemay. Arvin était étudiant à l’École de technologie supérieure et travaillait pour la compagnie Eaton, basée en Irlande.

Mohammad Moeini 36 ans, pour sa part, travaillait pour la division des produits récréatifs de l’entreprise québécoise Bombardier.

Onde de chocs à l’international

L’écrasement de l’appareil s’est produit près de Téhéran quelques heures après que l’Iran ait envoyé 22 missiles sur des bases américaines en Irak. L’appareil venait tout juste de décoller de la capitale.

Tous les 176 passagers du vol PS-752 ainsi que l’équipage à bord du Boeing 737-800 sont décédés. La plupart des passagers étaient en transit de Téhéran vers Kiev.

Selon l’Ukraine International Airlines, l’avion a pris feu avant de toucher le sol vers 6 h 10 heure locale, à environ 45 km au nord-ouest de l’aéroport de Téhéran, dans la ville de Chahriar.

Mercredi, en début d’après-midi, le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a pour sa part prévenu que le bilan des Canadiens tués dans l’écrasement d’avion en Iran pourrait évoluer, à mesure que d’autres renseignements sont disponibles. Certaines victimes auraient notamment la double nationalité.

«On continuera de travailler de près avec nos partenaires pour veiller à ce qu’une enquête approfondie relative à cet écrasement soit menée», a quant à lui insisté le premier ministre Justin Trudeau.

Lela Savic en collaboration avec Henri Ouellette-Vézina

La France déconseille à ses ressortissants de se rendre en Iran et en Irak

janvier 7, 2020

Le ministère français des Affaires étrangères a déconseillé mardi les déplacements en Iran et en Irak, en raison des tensions suscitées par la mort du général iranien Qassem Soleimani, commandant de la force Al Qods, tué la semaine dernière à Bagdad par un drone américain.

«En raison d’une situation sécuritaire régionale extrêmement volatile, il est formellement déconseillé aux ressortissants français de se rendre en Iran», dit-il dans un communiqué diffusé sur son site internet. Un autre communiqué au sujet de l’Irak reprend la même formulation. «Les ressortissants français qui ne seraient pas en mesure de quitter le pays temporairement sont invités à faire preuve de la plus grande vigilance et à prendre les précautions indispensables pour assurer leur sécurité», ajoute le quai d’Orsay.

Par Le Figaro avec Reuters

«Ne menacez jamais la nation iranienne», répond Rohani à Trump

janvier 6, 2020

«Ne menacez jamais la nation iranienne», a lancé mardi sur Twitter le président iranien Hassan Rohani en réponse aux déclarations martiales du président américain Donald Trump, qui a menacé samedi de viser 52 cibles iraniennes.

«Ceux qui font référence au nombre 52 devraient également se souvenir du nombre 290. #IR655», écrit Rohani dans une référence à la tragédie de l’Airbus du vol Iran Air 655, abattu en juillet 1988 par un navire américain au-dessus du Golfe et ayant coûté la vie à 290 personnes.

Plus de trente ans après les faits, cette catastrophe, pour laquelle l’Iran attend toujours des excuses officielles des Etats-Unis, hante encore la mémoire collective iranienne, tout comme aux Etats-Unis la prise d’otages de 1979 à l’ambassade de Téhéran pendant laquelle 52 diplomates ont été retenus captifs pendant 444 jours. Trump a averti samedi Téhéran que les Etats-Unis avaient identifié 52 sites en Iran et qu’ils les frapperaient «très rapidement et très durement» si la République islamique attaque du personnel ou des objectifs américains. Certains de ces sites iraniens « sont de très haut niveau et très importants pour l’Iran et pour la culture iranienne », a précisé M. Trump dans un tweet. «Les Etats-Unis ne veulent plus de menaces!», a-t-il prévenu.

Trump a souligné la valeur symbolique de ce chiffre en faisant un lien avec la crise des otages de 1979. Le président américain multiplie les messages menaçants envers la République islamique depuis l’élimination, vendredi, dans un raid américain à Bagdad, du général iranien Qassem Soleimani. Téhéran a promis de «venger durement» cette mort, au moment opportun, et notamment par une action militaire. Dimanche, Donald Trump a encore menacé Téhéran de «représailles majeures» en cas d’attaque iranienne contre des installations américaines au Moyen-Orient.

Par Le Figaro avec AFP

Des Iraniens de Montréal retiennent leur souffle

janvier 6, 2020

 

Leila Ghaffari, une des organisatrices de la manifestation de dimanche à Montréal, espère un retour au calme.
© Valérian Mazataud Le Devoir Leila Ghaffari, une des organisatrices de la manifestation de dimanche à Montréal, espère un retour au calme.
 

Plusieurs membres de la communauté iranienne de Montréal s’inquiètent de l’escalade des tensions entre l’Iran et les États-Unis, craignant notamment pour leurs familles et amis restés au pays.

« La perspective d’une guerre, c’est une image très effrayante pour la grande majorité d’entre nous », affirme Khosro Shemirani, cofondateur du magazine iranien Hafteh.

Dans son bureau surchargé du boulevard Maisonneuve, tout près de l’Université Concordia, à Montréal, le journaliste raconte qu’il s’est pris la tête dans les mains il y a quelques jours en réalisant que c’était possiblement le début d’une guerre. « J’avais 13 ans quand la guerre entre l’Iran et l’Irak a débuté. Tout sentait la guerre dans mon pays et je le ressentais dans tout mon corps. Nous avions peur […] Et aujourd’hui, quand je parle à ma famille en Iran, ils ont peur à nouveau. Ils sentent la guerre à nouveau. Mais que peuvent-ils faire ? »

 

Selon lui, l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani — l’un des hommes les plus puissants du pays — a redonné du souffle au régime iranien, qui était lourdement critiqué par la population ces derniers mois. « Plusieurs personnes qui étaient opposées au régime aiment le général Soleimani parce qu’ils croient qu’il a sauvé l’Iran de Daech [groupe État islamique]. Maintenant, il semble qu’une grande partie de la population se rejoint pour dénoncer son assassinat. Ça ne sert définitivement pas la cause des Iraniens qui veulent la démocratie en Iran », affirme-t-il.

Retour de manifestation

Dans la salle adjacente du centre communautaire Nowruzland, hommes, femmes et enfants commencent à affluer. Certains arrivent avec des plats de muffins, d’autres avec des chaudrons de soupe et des réchauds. On met des nappes persanes sur les tables pendant que d’autres s’activent dans la petite cuisine en préparation d’une soirée portant sur le lien entre éducation et pauvreté.L’initiatrice de l’événement, Leila Ghaffari, arrive directement d’une manifestation contre la guerre en Iran, qui a rassemblé environ 200 personnes dimanche matin devant le Consulat des États-Unis, sur la rue Sainte-Catherine. Avec son mari, Amir Naimi, elle était l’une des organisatrices de la manifestation visant à condamner les attaques américaines.

« Avec les gestes injustifiés [du gouvernement] Trump, nous avons peur de ce qu’il peut faire, affirme Leila Ghaffari. Il peut agir à l’encontre des lois internationales et ceci aura des conséquences pour nous. Il faut que la communauté internationale dénonce ces gestes et prenne une position claire en faveur de l’élimination des sanctions contre l’Iran et du maintien de la paix. Il faut calmer la situation et agir dans l’intérêt du peuple. Nos familles sont dans l’insécurité, elles ne savent pas ce qui va arriver. »

Comme plusieurs membres de la communauté à qui Le Devoir a parlé dimanche, Mme Ghaffari était outrée par la menace formulée samedi par le président américain d’attaquer 52 sites iraniens, incluant des lieux « importants pour la culture iranienne ». « Avec notre héritage, les sites culturels sont très importants pour nous. C’est quelque chose que nous prenons très au sérieux », affirme-t-elle.

« Cette menace, c’est une démonstration de l’hypocrisie du gouvernement américain, ajoute son mari, Amir Naimi. Comment peut-on parler de démocratie pour le peuple, dire qu’on veut engager un dialogue avec une nation et les menacer, en même temps, de détruire leur héritage culturel ? »Citoyen canadien d’origine iranienne et militant politique, Bijan Jalali s’est rendu lui aussi à la manifestation pour la paix. Mais il a vite désenchanté quand il a vu dans la foule des photos du général Soleimani, qu’il considère comme un « boucher ».

« Comment peut-on être pour la paix et présenter des photos de ce gars-là ? » s’indigne-t-il. Il soutient que, malgré les apparences, plusieurs personnes en Iran sont heureuses du fait qu’il ait été assassiné.« Mais il n’aurait pas fallu qu’on le tue. Cet homme aurait dû être jugé dans un tribunal international. »

Le Devroi.com par Jessica Nadeau

Nucléaire : l’Iran s’affranchit de toute limite à l’enrichissement d’uranium

janvier 5, 2020

Téhéran a annoncé dimanche soir de nouvelles mesures, s’éloignant un peu plus de l’accord de 2015 sur son programme nucléaire.

Une foule d'Iraniens, à Mashhad, rendant hommage au général Soleimani tué lors d'un raid américain. Son assassinat a torpillé les dernières chances de sauver l'accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015.
Une foule d’Iraniens, à Mashhad, rendant hommage au général Soleimani tué lors d’un raid américain. Son assassinat a torpillé les dernières chances de sauver l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015. MEHDI JAHANGHIRI/AFP

L’Iran a annoncé dimanche qu’il s’affranchissait davantage de l’accord de 2015 sur son programme nucléaire et qu’il ne s’imposait plus de limites pour l’enrichissement d’uranium.

D’après un porte-parole du gouvernement cité par la télévision d’État, l’Iran ne va plus respecter les limites fixées dans cet accord au nombre de centrifugeuses qu’il a le droit d’utiliser, ce qui signifie qu’il n’y aura plus de plafond à ses capacités d’enrichissement d’uranium ni au degré d’enrichissement de l’uranium ou encore à ses activités de recherche et développement dans le domaine nucléaire. Toutes ces activités dépendront désormais des besoins techniques du pays.

L’Iran va néanmoins continuer de coopérer avec l’Agence internationale de l’Énergie atomique (AIEA) et pourrait revenir sur ces mesures si les États-Unis lèvent leurs sanctions à son encontre. L’accord de Vienne signé avec les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (États-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne) et l’Allemagne prévoit une limitation des capacités nucléaires de l’Iran en échange de la levée de sanctions internationales. Les États-Unis se sont désengagés de cet accord en 2018 et ont rétabli leurs propres sanctions contre Téhéran.

Par Le Figaro avec Reuters