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Tunisie : Kaïs Saïed, l’Iran et le chiisme

août 5, 2022

Rumeurs de visites de pèlerins chiites, tropisme iranien de Kaïs Saïed, changement d’identité religieuse… Depuis plusieurs semaines, la question chiite agite la très sunnite Tunisie.

Commémoration du martyre de l’imam Hussein, petit-fils du Prophète, pendant la ‘Achoura, à Kerbala, en Irak. © HAIDAR MOHAMMED ALI / AFP

Depuis quelques jours, la rumeur se fait insistante à Tunis : 263 Iraniens sont attendus à Mahdia (Est) pour commémorer la ‘Achoura, les 7 et 8 août. Et un autre groupe d’Algériens chiites devrait en faire autant à Kairouan (Centre). Un événement qui ne revêt pas le même sens pour les sunnites et les chiites.

Pour ces derniers, la ‘Achoura est la commémoration du martyre de l’imam Hussein et de sa famille durant la bataille de Kerbala, en 680, alors que les sunnites rendent grâce à Dieu d’avoir permis à Moïse de traverser le mer Rouge et d’échapper à Pharaon.

L’information surprend, la Tunisie n’étant pas une terre de pèlerinage ou de tourisme religieux. Mais ces derniers mois, la question chiite revient de manière régulière et persistante.

Les chaînes télé Telvza TV et Attounissia se sont emparées du sujet avec un reportage de vulgarisation sur Kerbala en Irak ou des débats avec le cheikh chiite Ahmed Salmane de l’association Ahl El Beyt. Cette petite musique interpelle une opinion essentiellement sunnite malékite, peu coutumière des confrontations confessionnelles.

Les liens MTI-Téhéran

« Pourquoi parle-t-on autant du chiisme, qui a toujours existé en Tunisie de manière minoritaire ? » s’interroge Kamel, qui admet assimiler les chiites « aux invasions arabes des Banou Hilal au XIe siècle ». Les esprits s’échauffent avec un imaginaire nourri d’approximations historiques. « Il faudrait rétablir la vérité sur les chiites, qui sont musulmans, croient au Prophète et au Coran. On devrait en avoir fini avec la grande discorde… », déplore de son côté un enseignant de Skhira converti au chiisme en 2019.

Sans réellement distinguer le chiisme et l’ismaélisme (une branche du chiisme) des Fatimides, la plupart des Tunisiens situent l’âge d’or des chiites dans leur pays à l’époque du califat fatimide (909-1171). En Tunisie, ce dernier a renversé la dynastie aghlabide (800-909), fondé la ville côtière de Mahdia, avant de s’établir au Caire en 973.

La communauté chiite compte aujourd’hui en Tunisie près de 5 000 fidèles. Une progression qui remonte à la lointaine révolution iranienne de 1979. À ses premières heures, la République islamique a accueilli des militants tunisiens du Mouvement de la tendance islamique (MTI) persécutés par le régime de Bourguiba, puis de Ben Ali. Ultime témoignage de ses liens, en 2018, le président d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, était présent à la fête de la révolution à l’ambassade iranienne à Tunis.

Impressionnés par l’effervescence et les promesses de la révolution iranienne, certains Tunisiens ont cherché à s’en inspirer pour provoquer une révolution islamique sunnite similaire. Un moment marquant qui a également conduit des islamistes au chiisme, comme Mbarek Baadech, chef de la communauté à Gabès. Mais, de façon contre-intuitive, la sphère chiite intéresse également des militants de la gauche nationaliste arabe, davantage attirés par l’anti-impérialisme du régime iranien et de son protégé libanais le Hezbollah que par le mysticisme chiite.

Le Sud, terre de prosélytisme

Une tendance générale que l’ancien président Zine al-Abidine Ben Ali a contrée « en s’accordant avec l’Iran pour que la révolution islamique ne fasse pas de prosélytisme en Tunisie et ne se rapproche pas des islamistes tunisiens », rappelle le politologue Slaheddine Jourchi.

« C’est après 2011 et la chute du régime que des associations, dont l’influente Ahl El Beyt et son réseau international, ont eu pignon sur rue en finançant et en menant des actions dans le cadre culturel et associatif », raconte un proche du courant chiite qui rappelle le rôle du centre culturel iranien, lequel se livrait discrètement au prosélytisme sous couvert d’activités culturelles.

Mais la chute du régime de Ben Ali et la sortie de la clandestinité des islamistes tunisiens ont favorisé l’apparition d’un courant salafiste violemment anti-chiite. Dans ses prêches en 2012-2013, le cheikh intégriste Béchir Ben Hassen réclamait ainsi la déchéance de nationalité, voire l’exécution pour les chiites tunisiens. Des propos brutaux qui ont fait dire au cheikh Mbarek Baadach que la religion des adeptes du cheikh Ben Hassen « est autre que celle de Mohammed ».

« Il n’y a pas de déploiement chiite en Tunisie mais une minorité qui jouit des libertés accordées par le pays », tempère le journaliste Wajdi Ben Messaoud, qui a travaillé sur le sujet.

De nombreux Tunisiens ignorent que le chiisme a pris ses quartiers principalement dans le Sud, région rude et conservatrice. « C’est une survivance des Fatimides. Le chiisme a été préservé par le fait qu’il était vécu en communauté, mais comme un secret de famille ou de tribu », explique Wajdi Ben Mansour. Reste que le travail du cheikh Mbarek Baadech a fait de Gabès un foyer chiite qui rayonne jusqu’à Ksibet El Mediouni (Sahel).

Dans la région du Djerid (Sud-Ouest), le cheikh Tijani Smaoui relaie depuis Gafsa la tradition chiite à laquelle il s’est initié après un voyage initiatique qui l’a conduit jusqu’en Irak.

Mais dans cette région profondément marquée par le soufisme et où le prestige des marabouts est encore vivace, cette présence soulève des inquiétudes. « Il faudrait aimer suffisamment ce pays pour lui éviter d’être divisé en deux clans qui s’affronteraient sans raison tangible sur un si petit territoire… », assène Meriem, une militante pour la laïcité originaire de Mahdia.

Sur la dernière décennie, Téhéran a ainsi pu, par son entregent en Tunisie, poser un pied au Maghreb et s’ouvrir vers l’Afrique, une approche inenvisageable en Algérie et au Maroc.

Fascination pour l’Iran

Le petit tropisme iranien du président Kaïs Saïed suscite également des interrogations. Son rapport à l’Iran intrigue depuis sa prise de fonction en octobre 2019 et sa volonté de s’entourer de proches comme l’ancien ambassadeur tunisien à Téhéran, Tarak Bettaieb, qui sera son chef de cabinet. Naoufel Saïed, frère et conseiller officieux du président, co-dirigeant de la Ligue tunisienne pour la culture et la pluralité, est un admirateur notoire de la pensée de l’Iranien Ali Shariati, l’idéologue de la révolution iranienne.

« De là à affirmer que le président est un crypto-chiite, il y a une grande marge. Il n’y a que quelques présomptions », commente le sociologue Mouldi Gassoumi. Qui reprend : « Le régime que veut instaurer Kaïs Saïed est un régime présidentiel ultra renforcé où il incarne un pouvoir absolu », à l’image des pouvoirs extensifs que l’article 107 de la Constitution iranienne octroie au Guide de la révolution. « Sa fascination pour l’Iran est évidente mais le chiisme n’est pas le monopole de l’Iran… », admet un soutien de Kaïs Saïed.

Ce tropisme iranien de Kaïs Saïed provoque incontestablement des remous, notamment au sein du Parti destourien libre (PSL) de Abir Moussi, dont l’un des membres dénonce dans les colonnes du médias Business News « la falsification de la volonté des Tunisiens et le recours à un référendum illégitime et illégal afin de forcer le passage, en Tunisie, vers un système politique similaire et inspiré de l’expérience de la révolution iranienne et du règne de l’ayatollah Rouhollah Khomeiny ».

Le juriste Sadok Belaïd, dont le projet de Constitution n’a pas été retenu par le président Kaïs Saïed, se fait le relais de ces craintes dans une conférence sur la loi fondamentale donnée le 22 juillet 2022. Évoquant l’émergence du chiisme en Tunisie avec le consentement du pouvoir, il a ainsi affirmé que « l’enjeu est la transformation profonde de l’identité tunisienne ».

Avec Jeune Afrique par Frida Dahmani – à Tunis

Syrie: des combattants iraniens tués par des missiles, Israël pointé du doigt

avril 30, 2018

Des soldats syriens rassemblés à Ubayd avant leur progression vers l’aéroport militaire de la province d’Alep, le 18 janvier 2018 / © AFP/Archives / George OURFALIAN

Au moins 26 combattants en « majorité » iraniens ont été tués dans des tirs de missiles contre des positions militaires du régime syrien, selon une ONG, une opération portant la marque d’Israël, qui est déterminé à empêcher tout « ancrage » de Téhéran en Syrie.

L’Etat hébreu confirme rarement ses interventions en Syrie, et une porte-parole de l’armée israélienne s’est refusée à tout commentaire après les frappes qui ont visé dimanche soir des positions militaires syriennes dans le centre et le nord du pays.

Mais, ces dernières semaines, les responsables israéliens ont multiplié les déclarations fracassantes pour dénoncer l’implantation en Syrie de Téhéran, allié indéfectible du régime de Bachar al-Assad dans la guerre meurtrière qui ravage le pays depuis 2011.

Le 9 avril, déjà, le pouvoir de Damas et son allié iranien avaient accusé l’Etat hébreu à la suite d’un raid meurtrier qui avait visé une base militaire dans la province centrale de Homs.

Dimanche soir, les médias étatiques syriens ont dénoncé une « nouvelle agression » sans en identifier les auteurs, assurant que des « missiles ennemis » avaient visé « des positions militaires dans les provinces de Hama et d’Alep ».

Un aéroport militaire d’Alep (nord) et la Brigade 47 à Hama (centre), où sont stationnées des forces iraniennes, ont été visés par ces bombardements « probablement israéliens », a de son côté affirmé l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Dans la Brigade 47, « au moins 26 combattants ont été tués, dont quatre syriens. Les autres sont des combattants de nationalités étrangères, avec une écrasante majorité d’Iraniens », a indiqué à l’AFP le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.

« De par la nature des cibles, il s’agit probablement de bombardements israéliens », a-t-il précisé, ajoutant que « des entrepôts de missiles sol-sol » avaient été visés.

– « Agression directe » –

Israël et la Syrie sont officiellement en état de guerre depuis des décennies. Les relations sont d’autant plus tendues que trois ennemis d’Israël opèrent sur le théâtre syrien: le régime lui-même et ses grands alliés, l’Iran et le Hezbollah chiite libanais.

Sans évoquer nommément les tirs nocturnes, Bachar al-Assad a estimé lundi que « les pays hostiles » à la Syrie étaient passés « au stade de l’agression directe », en recevant à Damas une délégation iranienne présidée par un haut responsable du Parlement iranien, Allaeddine Boroujerdi.

Il a fustigé « l’escalade des agressions », qui ne fait que « renforcer la détermination des Syriens à lutter contre le terrorisme et préserver la souveraineté » du pays.

Interrogé à la radio militaire israélienne, le ministre des Transports, chargé également des renseignements, Yisrael Katz, a affirmé qu’il « n’est pas au courant de cet incident ».

Depuis le début du conflit syrien, qui a fait plus de 350.000 morts, l’Etat hébreu a mené de nombreux raids aériens ciblés en Syrie.

« Tout site dans lequel nous constatons une tentative iranienne de s’implanter militairement en Syrie sera attaqué. Nous ne permettrons pas que cela se produise quel qu’en soit le prix » avait récemment averti le ministre de la Défense, Avigdor Lieberman.

Le 9 avril, au moins 14 combattants, dont sept Iraniens, avaient été tués dans la frappe contre la base militaire T4 à Homs, imputée à Israël.

Le Hezbollah avait dénoncé une « erreur historique », estimant que le raid engageait l’Etat hébreu dans un « combat direct avec l’Iran ».

En février, l’armée israélienne avait visé ce même aérodrome militaire en affirmant qu’un drone avait été envoyé par l’Iran au-dessus de son territoire depuis ce lieu, présenté comme une « base iranienne ».

– Evacuations –

Soutenu par la Russie et l’Iran, le régime syrien a réussi à enchaîner les conquêtes de bastions rebelles ces deux dernières années, jusqu’à reprendre le contrôle de plus de la moitié du territoire.

Sur un autre front syrien, des préparatifs étaient en cours lundi pour des évacuations de combattants dans le camp palestinien de Yarmouk, dernier réduit du groupe Etat islamique (EI) dans la périphérie sud de Damas.

Toutefois, les jihadistes de l’EI ne sont vraisemblablement pas concernés par l’accord, qui inclut principalement d’autres factions jihadistes et islamistes, selon l’OSDH.

Les forces loyalistes poursuivent depuis plus d’une semaine une opération militaire d’envergure contre l’EI à Yarmouk et dans des quartiers adjacents.

L’accord, qui devait entrer en vigueur lundi, prévoit le transfert des combattants vers la province d’Idleb, dans le nord-ouest syrien, selon l’agence de presse officielle Sana.

Cette région est dominée par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham, organisation formée autour de l’ex-branche d’Al-Qaïda et rivale de l’EI.

En contrepartie, les insurgés dans la province d’Idleb vont autoriser l’évacuation, en deux étapes, de quelque 5.000 personnes depuis deux localités chiites prorégime qu’ils encerclent: Kefraya et Foua.

Romandie.com avec(©AFP / 30 avril 2018 15h23)                

Décret Trump : six Iraniens bloqués depuis samedi à l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol

janvier 31, 2017

La Haye – Six Iraniens voyageant vers les États-Unis ont déjà passé trois nuits bloqués dans la zone de transit de l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol, en proie à la colère et se sentant humiliés après la soudaine décision de Donald Trump de leur interdire d’entrer dans son pays.

C’est « très déroutant », a confié à l’AFP Pedram, un médecin de 33 ans joint au téléphone de la zone de transit de l’aéroport, qui a dit éprouver des sentiments « très contradictoires ».

Lui et cinq autres personnes, un doctorant et deux couples voulant rendre visite à leurs enfants aux États-Unis, ont été sidérés par le décret anti-immigration du président américain interdisant provisoirement l’accès aux États-Unis aux ressortissants de sept pays où la population est en majorité musulmane, dont l’Iran.

Le groupe, en transit à l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol, avait quitté Téhéran à bord d’un appareil de la compagnie KLM et devait prendre à Amsterdam des vols vers différentes villes américaines.

« Quand nous sommes partis de Téhéran, on ne nous a rien dit au sujet des nouvelles règles de Trump », a raconté un autre membre du groupe, souhaitant conserver l’anonymat : « ils m’ont donné une carte d’embarquement et tout était OK ».

Mais quand leur avion a atterri samedi, un employé des services américains de l’immigration « m’a dit que je n’avais pas le droit d’entrer » aux Etats-Unis, a ajouté ce doctorant de 29 ans.

Sans visa pour entrer dans l’Union européenne, le petit groupe s’est retrouvé coincé, dormant trois nuits sur les sofas ou les chaises de l’aéroport.

– « Aucun sens » –

Les employés de KLM leur ont apporté de la nourriture et ont mis à leur disposition un endroit où prendre une douche, mais malgré les visites des employés de l’ambassade et d’avocats néerlandais, les sept Iraniens sont dans l’incertitude concernant la prochaine étape qui les attend.

Bien qu’ils puissent embarquer mardi soir à bord d’un avion pour l’Iran, tous n’ont pas encore décidé s’ils retournaient chez eux ou restaient encore un peu, dans l’espoir de continuer leur voyage.

Pedram allait à l’université de Pittsburgh (nord des États-Unis) pour y effectuer des recherches sur la pancréatite. Comme les autres, il lui a fallu des mois de stricts contrôles de sécurité pour obtenir son visa.

« Je n’imagine pas que quelqu’un puisse autant être éloigné d’une menace terroriste que moi », assure-t-il : « je me considère comme un médecin faisant de la recherche, un travail scientifique ».

« Je sais qu’il y a beaucoup de politique derrière tout ça, mais pour moi, cela n’a aucun sens ! », s’est-il exclamé.

Les députés néerlandais ont eu un débat sur le sujet mardi après-midi, en présence du ministre des Affaires étrangères Bert Koenders : « le chaos dans le trafic aérien que nous observons et cette législation n’aident en aucun cas à lutter contre le terrorisme ».

« Ce n’est pas efficace et, au contraire, cela divise les gens », a-t-il ajouté.

KLM a été « interloquée et surprise, comme toutes les autres compagnies aériennes du monde », quand le décret est entré en vigueur, a réagi un de ses porte-parole, Koen van Zijl.

« Nous ne pouvions tout simplement pas les laisser partir » pour les États-Unis, a-t-il par ailleurs regretté en parlant de Pedram et de ses compagnons de voyage après leur l’arrivée à Schiphol.

Romandie.com avec(©AFP / 31 janvier 2017 15h35)  

Pèlerinage: 90 Iraniens parmi les morts, Téhéran accuse l’Arabie saoudite

septembre 24, 2015

Téhéran – L’Iran a accusé l’Arabie saoudite de failles dans la sécurité, après la bousculade qui a fait jeudi plus de 700 morts, dont 90 citoyens iraniens, pendant le pèlerinage annuel de La Mecque.

Pour des raisons qu’on ignore, un chemin a été fermé près de l’endroit où les pèlerins effectuent le rituel de la lapidation symbolique de Satan, a affirmé le chef de l’organisation iranienne du hajj (pèlerinage). C’est cela qui a causé ce tragique incident, a ajouté Saïd Ohadi sur la télévision d’Etat iranienne.

Cette bousculade est le deuxième drame à frapper les pèlerins cette année en Arabie saoudite après la chute d’une grue sur la Grande mosquée de La Mecque, et le premier mouvement de foule meurtrier dans le cadre du hajj depuis 2006.

M. Ohadi a indiqué qu’avec la fermeture du chemin, il ne restait plus que trois autres voies à emprunter pour rejoindre le lieu où les pèlerins accomplissaient le rite de la lapidation.

Lincident d’aujourd’hui est le résultat d’une mauvaise gestion et d’un manque de sérieux concernant la sécurité des pèlerins. Il n’y a pas d’autre explication. Les responsables saoudiens doivent être tenus responsables.

Le vice-ministre des Affaires étrangères iranien Amir Abdollahian a indiqué que le représentant de l’Arabie saoudite en Iran allait être convoqué au ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour s’expliquer sur l’accident qui a causé selon un bilan encore provisoire saoudien, 717 morts et 863 blessés.

Nous ne pouvons en aucun cas rester indifférents face à l’irresponsabilité dont a fait preuve l’Arabie saoudite et cela doit être réglé par les canaux diplomatiques, a-t-il déclaré à la télévision d’Etat.

M. Abdollahian a également accusé les responsables saoudiens d’avoir grossièrement géré les mesures de sécurité durant le hajj et a annoncé que l’Iran avait installé une cellule d’accueil spéciale sur le lieu de l’accident pour venir en aide aux pèlerins iraniens.

Les responsables saoudiens sont responsables de cet accident et doivent immédiatement prendre des mesures concrètes pour gérer la crise et assurer la plus haute sécurité des pèlerins, a-t-il dit à l’agence de presse officielle Irna.

Le ministre saoudien de la Santé, Khaled al-Faleh a attribué ce drame à un manque de discipline des pèlerins.

Plus prudent, le porte-parole du ministère saoudien de l’Intérieur, le général Mansour Turki, a recommandé de ne pas devancer les conclusions de l’enquête, ordonnée plus tôt par le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Nayef.

Romandie.com avec(©AFP / 24 septembre 2015 18h44)

Espionnage: certains responsables iraniens privés de smartphone

juin 13, 2015

Certains responsables iraniens ayant accès à des informations confidentielles ne pourront pas utiliser leur smartphone pour un usage professionnel, a déclaré samedi un responsable de la défense civile. Téhéran souhaite éviter ainsi les risques d’espionnage.

Ces déclarations interviennent après que les autorités suisses et autrichiennes ont indiqué jeudi avoir ouvert, séparément, des enquêtes sur des soupçons d’espionnage informatique dans des hôtels où se déroulaient des négociations sur le nucléaire iranien. Israël est pointé du doigt par des experts informatiques.

« Les responsables qui ont accès à des informations classifiées n’ont pas le doit d’utiliser des smartphones et doivent utiliser d’autres téléphones pour un usage professionnel », a déclaré le général Gholamreza Jalali, cité par l’agence Isna.

« Il y a toujours une copie des informations qui sont entrées dans un smartphone et d’une certaine manière la société qui a fabriqué l’appareil a accès à ces informations », a expliqué le général Jalali. Il a ajouté que cette « directive » était en préparation, sans préciser quand elle entrerait en application.

Ces dernières années, l’Iran a été la cible de plusieurs attaques informatiques, en particulier contre son programme nucléaire, notamment par les virus Duqu et Stuxnet.

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