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États-Unis: en Floride, les Keys paradisiaques bouleversées par le passage d’Irma

septembre 14, 2017

Daniel Drum devant sa maison sur l’île de Cudjoe, la plus dévastée dans l’archipel des Keys au passage de l’ouragan sur la Floride, le 13 septembre 2017 / © AFP / Gaston De Cardenas

Irma a plongé « en enfer » la maison de Daniel Drum sur l’île de Cudjoe, la plus dévastée dans l’archipel enchanteur des Keys au passage de l’ouragan sur la Floride. Ce retraité a vécu quatre jours dans un tas de débris, sans eau ni nourriture, jusqu’à ce que les secours arrivent enfin.

En caleçon et sandales, Daniel Drum, âgé de 67 ans, descend à l’aide d’une échelle du premier étage de ce qui était sa maison. Le rez-de-chaussée n’est plus qu’un tas de décombres. Les murs ont disparu, la fenêtre gît au milieu du salon.

Presque toutes les habitations de Cudjoe Key sont dans le même état, retournées, comme soufflées par une force dévastatrice. Des panneaux se sont écrasés près des pompes d’une station-services et une odeur fétide d’eau croupissante flotte dans l’air.

« Tout est parti en enfer. J’avais deux sacs d’affaires propres et ils se sont envolés. Et mon pantalon, mon téléphone, mon porte-monnaie, tout est parti », se lamente-t-il.

Depuis l’impact brutal d’Irma qui a frappé les Keys à l’aube dimanche avec des bourrasques à plus de 215km/h, il erre dans les décombres, tentant de reconnaître parmi les gravats et débris détrempés des objets lui ayant appartenu.

L’avenir, il n’y pense pas, attendant simplement à court terme que les autorités rétablissent l’électricité et l’eau pour pouvoir commencer à reconstruire sa vie. « Je tente encore de voir ce qui me reste », dit-il.

– Des milliers de secouristes –

Iles coralliennes reliées par 42 ponts enjambant l’océan, les Keys s’étendent sur quelque 180 kilomètres à la pointe sud de la Floride. Célèbre destination balnéaire huppée à la végétation luxuriante, la dernière île de l’archipel, Key West, abrite aussi l’ancienne maison d’Ernest Hemingway et sa cinquantaine de chats à six doigts, qui ont survécu au passage de l’ouragan.

Irma a fait 20 morts en Floride, dont huit dans le comté de Monroe où se trouvent les Keys. Sur l’archipel, 85% des habitations ont été détruites ou endommagées, et 40 personnes blessées, selon les autorités.

Sur l’île de Marathon, à mi-chemin entre la terre ferme et Key West, des milliers d’employés publics s’affairent frénétiquement dans le Centre d’opérations des services d’urgence. Le vrombissement des avions et hélicoptères de l’armée emplit les airs tandis que sur la route, des véhicules militaires Humvee croisent bulldozeurs, ambulances, fourgons de police, camions de pompiers, ambulances et camionnettes chargées de vivres.

Sur Key West, les secouristes distribuent quatre cartons de nourriture par personne, chacun censé couvrir les besoins d’une journée.

Dans la queue longue d’une centaine de personnes, Julia Corrales, femme au foyer de 57 ans, raconte qu’elle est descendue du nord de la Floride jusqu’à Key West avant l’ouragan pour être au côté de son fils qui refusait d’évacuer malgré l’ordre des autorités.

« Je ne pouvais pas le laisser seul (…) Il a 41 ans mais c’est mon petit », explique-t-elle. « Grâce à Dieu, il ne nous est rien arrivé ».

Romandie.com avec(©AFP / 14 septembre 2017 17h44)                

Les Keys découvrent l’ampleur des dégâts d’Irma, colère dans les Antilles

septembre 12, 2017

Une maison à Naples en Floride après le passage de l’ouragan Irma, le 11 septembre 2017 / © AFP / NICHOLAS KAMM

L’ampleur des dégâts causés par l’ouragan Irma commence seulement à émerger, mardi, dans l’archipel des Keys, en Floride, où la quasi totalité des habitations sont détruites ou endommagées.

« En gros toutes les maisons dans les Keys ont été impactées d’une façon ou d’une autre », a indiqué mardi le chef de l’Agence américaine des situations d’urgence (Fema), Brock Long, citant une estimation selon laquelle « 25% des maisons dans les Keys ont été détruites et 60% ont été endommagées ».

Ce chapelet d’îles souvent très étroites et n’émergeant qu’à peine de quelques mètres de l’eau a été frappé dimanche matin avec toute la violence d’un ouragan de catégorie 4, par des vents de 215 km/h qui ont provoqué une hausse brutale du niveau de la mer.

Rétrogradé en simple dépression tropicale, Irma a fait au moins 40 morts sur son passage aux Caraïbes et en Floride. Il poursuivait mardi sa route vers le nord-ouest, au-dessus de l’Alabama, en continuant à se disperser.

Dans le reste de la Floride, moins sévèrement touché, 15 millions de personnes sont toujours privées d’électricité, auxquelles s’ajoutent un million de personnes dans l’Etat voisin de Géorgie.

L’aéroport de Miami a repris mardi une activité limitée, opérant à 30% de ses capacités. Un retour à la normale n’est pas attendu avant la fin de la semaine.

– Terrés dans un placard –

De nombreuses localités de la côte ouest offraient mardi le même spectacle: toitures arrachées, arbres déracinés, routes coupées, rues envahies par les eaux où flottent divers débris.

A Naples, un station balnéaire, ce sont les maisons préfabriquées qui ont payé le plus lourd tribu à Irma. Les bourrasques de près de 200km/h ont arrachés des pans complets de ces bâtisses très populaires et prisées des retraités comme lieux de villégiature.

Stasia Walsh, une septuagénaire qui n’avait pas trouvé de place dans un refuge, a laissé passer l’ouragan terrée avec son époux dans un placard capitonné d’un matelas.

La maison qui bénéficie d’un ancrage renforcé dans le sol a résisté. « Je rends grâce à Dieu pour cette épreuve et pour nous avoir permis d’y survivre », dit-elle, en décrivant cette expérience terrifiante.

Mais c’est dans les Caraïbes que l’ouragan Irma, le plus puissant ouragan jamais mesuré dans l’Atlantique, a été le plus destructeur.

Le président français Emmanuel Macron et le roi des Pays-Bas se sont rendus mardi dans les îles antillaises dévastées par l’ouragan Irma pour constater l’ampleur « inédite » des dégâts et tenter d’apaiser la colère des habitants face à l’organisation des secours.

Emmanuel Macron est attendu dans la journée sur les îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélémy, les plus affectées.

A Saint-Martin, cinq jours après le passage de l’ouragan, l’île franco-néerlandaise vit encore dans la psychose des pillages et l’entourage du président ne s’attend « pas à un accueil très chaleureux », alors qu’Irma a fait au moins onze morts et plusieurs disparus dans les îles françaises, ainsi que quatre dans la partie néerlandaise, selon le dernier bilan.

« On est restés quatre, cinq jours sans aide, à se défendre tout seuls contre des gens armés », a rapporté Fabrice, propriétaire de restaurant vivant à Saint-Martin depuis 15 ans et rapatrié en métropole lundi. « La gestion de l’Etat français ? Je suis vraiment désolé, mais zéro. On n’a pas du tout été soutenus », a-t-il estimé.

– Pillages –

Les commerces de l’île sont la cible de pillages auxquels assistent, impuissants, leurs propriétaires.

« Les gendarmes ont vu les tentatives de pillage sur notre magasin. Ils sont parfois à 50 mètres, mais ils ne font rien », rapportait Philippe Kalton, 57 ans, dont sept à Saint-Martin. « Ils m’ont dit que la sécurité civile prime, que le reste ce n’est que du matériel et ce n’est pas important. »

Face à cette situation, de nombreux habitants envisagent de quitter une île sinistrée, où l’avenir paraît bien incertain.

Malgré les promesses de reconstruction de l’île du gouvernement, Valérie Bouricand, une professeure de français dans le privé, se voit difficilement retrouver du travail à Saint-Martin.

« Maintenant, qui va être capable de mettre 350 euros pour que ses gamins aillent à l’école ? », s’interrogeait cette quadragénaire, disant redouter un « scénario catastrophe ».

« Si tous les gens avec un peu de revenus partent, il n’y aura plus qu’une population extrêmement pauvre, comme à Haïti », avançait-t-elle.

Le roi des Pays-Bas Willem-Alexander devait se rendre, lui, sur les îles de Saba et Sint-Eustatius après avoir passé la nuit dans la partie néerlandaise de Saint-Martin.

Accompagné du ministre néerlandais de l’Intérieur Ronald Plasterk, il a rencontré des habitants et pu observer le déploiement de l’aide humanitaire. Il a fait part de son choc.

« Depuis l’avion déjà j’ai vu des choses que je n’avais encore jamais vues auparavant. J’avais vu la guerre et d’autres catastrophes naturelles mais jamais rien de tel. Tout est dévasté », a-t-il déclaré à la chaîne publique NOS.

Romandie.com avec(©AFP / 12 septembre 2017 17h24)                

Irma: Macron défend son gouvernement à St-Martin et St-Barthélemy

septembre 12, 2017

Emmanuel Macron sur le tarmac de l’aéroport de Pointe-a-Pitre avant d’embarquer dans l’hélicoptère qui doit le mener sur les iles de Saint-Barthélemy et Saint-Martin, le 12 septembre 2017. / © POOL/AFP / Christophe Ena

Emmanuel Macron, au chevet des iles Saint-Barthélemy et Saint-Martin dévastées par l’ouragan Irma, a défendu l’action de l’exécutif face aux critiques et promis une reconstruction exemplaire, avec pour priorité le « retour à la vie normale ».

M. Macron a atterri peu avant 10h00 (heure locale) à Saint-Martin, où il doit rencontrer des sinistrés de l’ouragan, avant de se rendre à Saint-Barthélemy. Il doit ensuite passer la nuit à Saint-Martin avant de rentrer mercredi matin en Guadeloupe, pour « aller auprès des victimes et faire le point avec les élus ».

« Le retour à la normale est la priorité absolue », avait auparavant lancé le chef de l’Etat depuis le tarmac de l’aéroport de Pointe-à-Pitre, accompagné des ministres des Outre-mer, de l’Education, et de la Santé. Il a évoqué un bilan revu à la hausse de « onze morts » et « plusieurs blessés et disparus » après le passage d’Irma.

Défendant l’action du gouvernement en amont et en aval, critiquée par une partie de l’opposition mais aussi des sinistrés sur place, M. Macron a assuré que son équipe « a répondu dès que l’information a été donnée, donc plusieurs jours avant, et constamment tout au long de cette crise ».

Face aux critiques, le chef de l’Etat a appelé à l »union nationale ». Il s’est cependant dit « favorable » à une commission d’enquête parlementaire pour juger l’action du gouvernement, « mais au bon moment ».

Condamnant également des « débordement inacceptables » suite à la catastrophe, le président a annoncé un « retour à l’ordre public ». Il sera mardi soir « au côté des forces de l’ordre en patrouille » à Saint-Martin.

Emmanuel Macron a également annoncé un retour de la distribution d’eau potable sur le territoire « à partir du 20 », mais temporairement en « quantité moins importante que ce qu’il y avait avant l’ouragan ». Il a également promis que « d’ici la fin de semaine dans tous les points sensibles », l’électricité serait restaurée, notant que « 50% des foyers » ont retrouvé le téléphone.

Enfin concernant les écoles, le chef de l’Etat a souhaité que certaines ouvrent « dès la semaine prochaine, même pour quelques heures ». Des « tentes gonflables » seront livrées pour assurer des cours. Il vise un retour à la normale « d’ici à la Toussaint » pour l’ensemble des élèves.

Un délégué interministériel a été nommé pour assurer la coordination de la reconstruction.

– ‘4-5 jours sans aide’ –

Les ponts aériens et maritimes ont repris pour évacuer les plus vulnérables et acheminer du fret et des vivres. Environ 85 tonnes de nourriture, un million de litres d’eau et 2,2 tonnes de médicaments ont déjà été transportés.

À Saint-Martin, la population se pressait à l’aéroport pour quitter l’île.

« Je ne retournerai pas à Saint-Martin », a affirmé le correspondant de l’AFP, Laurent Czerniejewski, marqué par le passage d’Irma et ses conséquences apocalyptiques.

Des listes de tous ceux qui veulent partir seront « constituées », avec une priorité donnée « aux personnes les plus fragiles et dont les logements seraient inhabitables », a précisé la veille le Premier ministre Edouard Philippe.

Air France a annoncé mardi la mise en place d’un vol supplémentaire jeudi entre Pointe-à-Pitre et Paris, en plus du vol quotidien, pour « renforcer le rapatriement des sinistrés ».

Lundi, 278 rescapés sont arrivés à Roissy. « On est restés quatre, cinq jours sans aide, à se défendre tout seuls contre des gens armés », a raconté Fabrice, propriétaire de restaurant à Saint-Martin. « La gestion de l’État français? Je suis vraiment désolé, mais zéro. On n’a pas du tout été soutenus », a-t-il insisté.

Une porte-parole de la gendarmerie a évoqué « 23 arrestations depuis le 7 septembre », liées à des pillages. Le couvre-feu interdisant toute circulation entre 19H00 et 07H00 reste en vigueur à Saint-Martin jusqu’à mercredi.

Irma a fait au moins onze morts et plusieurs disparus dans les îles françaises, quatre dans la partie néerlandaise, selon le dernier bilan. Au total, 27 personnes sont mortes dans les Caraïbes.

L’ouragan, rétrogradé en tempête tropicale par les météorologues américains, a fait deux victimes en Floride et dix à Cuba.

Romandie.com avec(©AFP / 12 septembre 2017 17h48)                

Le cœur de l’ouragan Irma frappe le sud de la Floride

septembre 10, 2017

L’ouragan arrive à Islamorada en Floride le 9 septembre 2017 / © AFP / Gaston De Cardenas

Le coeur de l’ouragan Irma a frappé de plein fouet dimanche l’archipel des Keys dans le sud de la Floride, apportant des vents de 215km/h et une mer déchaînée, après avoir fait 25 morts et des dégâts considérables dans les Caraïbes.

Le mur de l’oeil de l’ouragan est la partie où le vent et les précipitations sont les plus intenses.

Irma s’est renforcé dans la nuit en catégorie 4 et se déplace lentement vers la côte ouest de la Floride continentale à 15 km/h, a précisé le Centre américain des ouragans dans un communiqué à 11H00 GMT (7H00 locale).

Les autorités de Floride appellent depuis plusieurs jours les habitant de ce chapelet d’îles, très basses sur l’eau, à évacuer en raison de la marée de tempête que ne manquera pas de créer Irma à son passage et qui risque de noyer les langues de terre sous des masses d’eau.

« Ceci est une situation extrêmement dangereuse et mortelle », a martelé le centre météo de Key West, enjoignant ceux qui n’avaient pas évacué de se mettre à l’abri « maintenant pour sauver votre vie ».

« (Les Keys) sont en train d’être pilonnées (…) Cela va aller sur ma ville de Naples, Floride, et remonter tout le long de la côte ouest », a indiqué le gouverneur de Floride Rick Scott sur la chaîne Fox News, disant craindre par-dessus tout les marées de tempête, une montée brutale des eaux provoquée par la dépression.

L’oeil d’Irma devrait traverser les Lower Keys dans les heures qui viennent puis se diriger « près ou le long » de la côte ouest de la Floride, selon le NHC avertissant que les vagues pourraient dépasser 4,6 mètres, suffisamment pour recouvrir une maison.

L’archipel des Keys avait déjà été aux trois-quarts détruit par l’ouragan Donna il y a 57 ans jour pour jour, le 10 septembre 1960.

Des centaines de milliers d’habitants de la Floride se sont réfugiés dans des abris ou ont pris la route pour fuir vers le nord. Au total, 6,3 millions d’habitants – plus du quart de la population – du « Sunshine State » ont eu l’ordre d’évacuer.

Plus de 430.000 foyers et entreprises en Floride sont privés d’électricité, selon la compagnie Florida Power and Light.

Sur la côte ouest de la Floride, les personnes évacuées attendaient dans l’angoisse l’arrivée de cette dépression de la taille du Texas. Dans un refuge près de la ville de Naples (sud-ouest), on priait: « tout ce que nous voulons, c’est de rester sains et saufs », a confié Viviana Serra.

– Centcom et Kennedy Space Center –

Des ordres d’évacuation avaient été donnés pour la base aérienne de MacDill, quartier général du commandement central américain au Moyen-Orient (Centcom), située à Tampa que l’ouragan devrait frôler ou frapper tôt lundi. A Orlando, le centre spatial Kennedy était fermé.

A Cuba, où l’ouragan est arrivé dans la nuit de vendredi à samedi en catégorie 5 –la plus élevée– avant d’être rétrogradé en catégorie 4 puis 3, Irma a provoqué des inondations jusqu’à La Havane à Cuba et semé de nombreuses destructions dans le centre et l’est de l’île mais sans décès recensé officiellement dans l’immédiat.

Des vagues de sept mètres ont été enregistrées sur la côte nord. La Havane, où vivent deux millions d’habitants, a été placée en « alerte » cyclonique face au risque d’inondations.

Un sort similaire attend maintenant une bonne partie de la Floride. L’ouragan est si gigantesque que les autorités se préparent à des dégâts des deux côtés de la péninsule. Les agglomérations ressemblaient à des villes-fantômes. Magasins et restaurants étaient fermés.

Sur l’autoroute 75 le long de la côte ouest de la Floride, un flot ininterrompu de voitures filait samedi vers le nord emportant des réfugiés de dernière minute.

Certains refusaient pourtant de partir, comme Scott Abraham, un agent immobilier qui compte rester avec sa femme et ses deux enfants dans son appartement, au 5e étage d’un immeuble donnant sur la plage. « Si j’habitais dans une maison, je serais parti », a-t-il expliqué. « Mais si on est inondés ici, ça va nous prendre au moins une semaine avant de pouvoir revenir, c’est hors de question ».

Plusieurs villes ont instauré un couvre-feu nocturne à partir de samedi soir, pour réduire les pertes humaines et empêcher les éventuels pillages. Le gouverneur de Floride a averti qu’Irma serait pire que l’ouragan Andrew qui avait tué 65 personnes en 1992 et demandé que les 20,6 millions d’habitants de la Floride se préparent à partir.

« C’est une tempête d’une énorme puissance destructrice, et je demande à tous ceux qui se trouvent sur le passage de la tempête de suivre TOUTES les consignes des responsables du gouvernement », a tweeté le président américain Donald Trump.

Il passe le week-end dans la résidence présidentielle de Camp David avec son cabinet et a été dûment informé de l’avancée d’Irma et des préparatifs des secours.

– Dévastation dans les Caraïbes –

L’ouragan Irma a dévasté auparavant plusieurs des Caraïbes, faisant au moins 25 morts: dix dans la partie française et deux dans la partie néerlandaise de Saint-Martin, quatre dans les îles Vierges américaines, six dans les Iles Vierges Britanniques et l’archipel d’Anguilla, deux à Porto-Rico, un à Barbuda.

Les îles ravagées de Saint-Martin et Saint-Barthélemy ont vu avec soulagmeent un deuxième ouragan attendu, José (catégorie 4), passer samedi finalement plus loin que prévu.

Confusion, désarroi et tensions régnaient toutefois chez les habitants de Saint-Martin après le passage d’Irma. Un chaos profitant aux pilleurs, qui se sont rués dans les magasins pour emporter frigos ou téléviseurs.

Ailleurs dans les Caraïbes, les 1.600 habitants de l’île de Barbuda, dévastée par Irma en milieu de semaine et également menacée par José, avaient été évacués vers Antigua.

Romandie.com avec(©AFP / 10 septembre 2017 14h29)

A Barbuda, Irma laisse misère et désolation

septembre 9, 2017

Destructions à Codrington à Antigua et Barbuda, le 8 septembre 2017 / © AFP / Gemma HANDY

Maisons rasées, magasins éventrés, palmiers déracinés: après avoir survécu à l’ouragan Irma qui a devasté Barbuda, les habitants devaient évacuer samedi l’île face à la tempête Jose qui menace les Caraïbes.

Avec ses vents de près de 300 km/h, Irma n’a fait qu’une bouchée de la petite île paradisiaque. Selon le gouvernement, près d’un tiers des maisons ont été totalement détruites et les infrastructures, les bâtiments gouvernementaux, les hôpitaux et les écoles ont été endommagés par l’ouragan qui n’a fait qu’un seul mort.

Le long des 20 km de la plage de Pink Sand qui bordent la côte ouest, les maisons en bois n’ont pas résisté et se sont écroulées comme des châteaux de cartes. Celles en béton ont parfois eu plus de chance, seul le toit s’est envolé. Le toit en tôle de l’entrepôt d’une station service est aussi éventré. Les rues sont jonchées de débris.

« Terrifiant, Horrible, le pire jamais vu »: sous le choc, les habitants peinent à décrire les scènes de désolation laissées par Irma, le plus fort ouragan a jamais avoir frappé la région.

Sira Berzas, 40 ans, a vu le toit de sa maison s’envoler face à la force de l’ouragan. Elle s’est réfugiée plus d’une heure dans un placard avec son amie Jackie en attendant une accalmie.

– Evacuation générale –

« Je n’ai jamais eu si peur de ma vie. Jackie et moi on s’accrochait l’une à l’autre et, en fait, on se disait adieu », dit-elle à l’AFP. Une fois dans l’oeil de l’ouragan, « en sous-vêtements, nous avons couru hors de la maison en criant au secours. Heureusement, il y avait un camion de police qui nous a emmenés dans un lieu plus sûr ».

– Houdini est sauf –

Sira Berzas a perdu sa maison, son café-restaurant. Son amie Jackie a laissé derrière elle son chaton. Le bien-nommé Houdini a finalement été retrouvé, trempé et apeuré mais bien vivant dans un coin de la maison.

Mais le calvaire des 1.600 habitants n’est pas terminé. Le gouvernement a ordonné une évacuation générale de Barbuda face à la menace de l’ouragan José, positionné sur l’Atlantique. Dès vendredi, plusieurs centaines de personnes ont été transférées sur l’île d’Antigua dans un avion militaire vénézuélien.

Si beaucoup d’entre elles ont de la famille pour les héberger, d’autres ne savent pas où aller.

« Je préfèrerais rester, je ne trouve ça pas bien de m’en aller. Il faudrait plutôt reconstruire », explique Beautymey John, qui attend avec ses cinq enfants un bateau pour être évacuée.

Maurice George, un enseignant de 30 ans, n’a pris que le strict nécessaire pour son séjour à Antigua et compte revenir sur Barbuda dès que son collège rouvrira.

« Ça me fend le coeur de voir notre île dans cet état, dit-il. Mais quand certains voient la désolation, d’autres voient une occasion de reconstruire ».

Samedi, la trajectoire de José semblait toutefois s’éloigner pour passer au nord de Barbuda et le gouvernement a relégué l’alerte « ouragan » en alerte « tempête tropicale ».

Romandie.com avec(©AFP / 09 septembre 2017 19h19)

Cuba: la ville côtière de Caibarién émerge de l’enfer d’Irma

septembre 9, 2017

Des habitants de Caibarien se préparent à évacuer avant le passage de l’ouragan Irma, le 8 septembre 2017 / © AFP / Adalberto ROQUE

Des vents déchaînés, des averses torrentielles et d’irrésistibles pénétrations maritimes: Caibarién, ville de pêcheurs du centre de Cuba, a subi samedi à l’aube la furie de l’ouragan Irma.

« Mon Dieu, la ville ne va jamais s’en remettre! », s’exclame la jeune Francis, 19 ans, une des premières à venir constater, dans la matinée, les ravages de l’ouragan qui sème mort et désolation depuis plusieurs jours dans les Caraïbes.

Vivant près de l’avenue de bord de mer, le « Malecon », Francis a dû se réfugier chez sa grand-mère, et elle entretient peu d’illusions sur l’état de son foyer. « L’eau était déjà au coin de ma maison (quand je suis partie), maintenant elle doit être inondée », se lamente-t-elle.

La mer a pénétré dans les rues de cette ville dépourvue d’égoûts sur une longueur d’environ 400 mètres, et certaines maisons du littoral baignent dans plus d’un mètre d’eau, a constaté un journaliste de l’AFP.

Les médias d’Etat affirment que Caibarién fait partie des localités les plus affectées par Irma.

L’ouragan a commencé à balayer en pleine nuit cette ville de 40.000 habitants située à 330 km à l’est de La Havane, avec des rafales atteignant 215 km/h et de fortes pluies qui ont provoqué une soudaine montée de la mer.

Une fois retombés les vents les plus violents en fin de matinée, quelques imprudents ont bravé les avertissements de la radio locale.

Ils s’aventurent à pied où à vélo en quête de proches ou pour constater les dégâts dans des rues jonchées de gravats, de morceaux de tôle et de tuiles arrachés des toits, de poteaux électriques, de branches et d’arbres déracinés.

– Tympans endoloris –

« Le toit de Ronaldo s’est envolé! Le pauvre, ça faisait à peine un mois qu’il l’avait installé », déplore Rosa, 64 ans, en désignant la modeste maison de son voisin.

Non loin de là, ambulances et camions de pompiers tentent de se frayer un chemin au milieu des décombres pour prendre en charge d’éventuels blessés et évacuer les occupants de maisons en mauvais état.

La famille Pacheco, réfugiée toute la nuit à l’étage dans leur maison proche du rivage, a fait ses valises pour évacuer, « car l’eau a déjà atteint la quatrième marche de leur escalier », commente une voisine.

Dans un parc à proximité, le vent a arraché plusieurs bancs pourtant solidement fixés sur des socles de ciment. Les arbres qui n’ont pas été déracinés ont été complètement dénudés et pelés par les rafales et les projections.

Les tympans encore meurtris par une nuit d’enfer, les plus de 40 ans revivent les scènes de cauchemar de 1985, lorsque l’ouragan Kate avait ravagé la ville.

Mais cette fois les autorités ont pris soin d’organiser l’évacuation de 6.250 personnes et ont adopté des mesures pour prévenir les éventuels pillages.

La maison de Rosa et de son époux Ramon Comas, 72 ans, est l’une des plus solides de la ville. Six membres de leur famille y ont passé la nuit, écoutant nerveusement les fragments de tôle, verre et autres débris frapper la paroi de la maison.

« Ici le pire peut arriver, un ouragan de cette force peut provoquer d’énormes dégâts, jusqu’à détruire cette maison », souffle Rosa, finalement soulagée, mais certaine que les rafales d’Irma étaient plus fortes que celles de Kate.

Romandie.com avec(©AFP / 09 septembre 2017 18h36)

Après Irma et avant José, course contre la montre aux Antilles

septembre 9, 2017

Les dégâts provoqués par le passage de l’ouragan Irma, le 7 septembre 2017 sur l’île de Saint-Martin / © AFP / Lionel CHAMOISEAU

Les îles de Saint-Martin et Saint-Barthélemy, déjà dévastées par le passage d’Irma, étaient engagées samedi dans une course contre la montre avant l’arrivée de l’ouragan José, qui risque de renforcer la catastrophe.

José, rehaussé en niveau 4, devrait passer dans la nuit de samedi à dimanche, heure de Paris, à 100 km au nord de Saint Martin, déjà détruite à 95% par Irma, qui a touché Cuba samedi et doit atteindre dimanche la Floride.

Le passage de José entraînera « de la houle avec des creux de 5 à 7 mètres, de fortes pluies orageuses et des rafales de vents allant jusqu’à 130 à 150 km/h », a indiqué Météo France.

Saint-Martin et Saint-Barthélémy ont été placées en alerte rouge cyclonique, dernière étape avant l’alerte violette, associée au confinement. Les deux îles sont « devenues hyper vulnérables après le passage de l’oeil d’Irma », ajoute le prévisionniste, précisant que « les conséquences sur les îles seront en fonction de la distance du centre » de José. Une nouvelle épreuve pour les habitants, déjà sous le choc et pas forcément informés.

« Le manque d’informations rend les gens hystériques, tendus », a raconté à l’AFP Sandrine Reynal, assistante sociale à Saint-Barthélémy. A Gustavia, l’aéroport de cette île, certains patientaient des heures dans l’espoir d’évacuer, non sans tensions.

« Il nous reste 12 bouteilles d’eau, pour trois, pour se laver et boire, ça devient difficile », racontait vendredi soir au téléphone Olivier Toussaint, habitant de l’île.

Les secours vont ouvrir sur l’île neuf abris capables d’abriter « 1.600 personnes » pendant le passage de José, a annoncé samedi la ministre des Outre-mer Annick Girardin.

Les secours sont lancés dans une course de vitesse en attendant l’arrivée du nouvel ouragan, qui devrait paralyser les liaisons aériennes. Un nouvel appareil militaire polyvalent doit arriver avec des équipages supplémentaires ainsi que du matériel et des moyens de liaison. Les liaisons maritimes sont, elles, déjà suspendues.

Les commandant de la marine néerlandaise, Peter Jan de Vin, a déclaré au journal NRC que ses équipes travaillaient toujours à enlever les débris d’Irma, jugeant « illusoire » que Saint-Martin puisse être correctement préparé à l’arrivée de José.

– 1,2 milliard de dommages –

Le coût des dommages provoqués par Irma sur les deux îles a été évalué samedi à 1,2 milliard d’euros par la Caisse centrale de réassurance (CCR), réassureur public spécialisé dans les catastrophes naturelles.

L’arrêté de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle pour Saint-Martin et Saint-Barthélémy, devant permettre l’indemnisation des dommages subis, a été publié au Journal officiel de samedi.

Selon le ministère de l’Intérieur, 1.105 personnes ont été déployées sur place, dont 300 sapeurs-pompiers, 65 techniciens et ingénieurs d’EDF, 74 ingénieurs spécialisés dans les crises, 384 gendarmes et une trentaine de personnels de santé.

Dans la ville de Marigot, chef-lieu de Saint-Martin, l’AFP a constaté que les toitures étaient crevées, que des débris de tôle, de ferraille et de végétaux jonchaient le sol et que les routes étaient encore légèrement inondées. La population dégage les obstacles, scie les arbres, fait des tas de branchages.

Une interdiction de circulation s’apparentant à un couvre-feu pour les personnes et les véhicules (hors missions de service publics) a été mise en place à Saint-Martin entre 19H00 et 07H00 jusqu’à mercredi.

Sur l’île, la sécurité reste difficile à assurer, a témoigné vendredi soir le major Mertz, détaché sur la ville de Marigot: entre les pillages et les rumeurs d’évacuation, « on n’arrive pas à sécuriser tous les points ».

Le chaos profite aux pilleurs: plusieurs témoignages recueillis ont fait état de magasins dévalisés après le passage de l’ouragan.

Deux hommes, dont un adjoint de sécurité de la Police aux frontières, ont été arrêtés sur l’île de Saint-Martin, en train de piller du matériel nautique. Le ministère de l’Intérieur a précisé que la lutte contre les pillages était une « priorité » des gendarmes, appuyés par des hélicoptères pour traquer les délinquants.

– Cuba touché, la Floride évacuée –

L’ouragan Irma a fait au moins dix morts et sept disparus, selon le dernier bilan donné vendredi en fin de journée par la préfète déléguée de Saint-Martin et Saint-Barthélemy, qui a fait état également de 247 personnes admises en consultation à l’hôpital de Saint-Martin.

Cela porte à 19 le nombre total de personnes ayant trouvé la mort lors de son passage dans les Caraïbes: outre les dix dans la partie française de Saint-Martin, on compte quatre personnes dans les îles Vierges américaines, deux à Porto-Rico, deux dans la partie néerlandaise de Saint-Martin, une à Barbuda.

Irma, repassé en catégorie 5, la catégorie la plus élevée, a atteint Cuba samedi à 03H00 GMT. Plus de 10.000 touristes étrangers et plusieurs milliers de vacanciers cubains ont été transportés en lieu sûr, la capitale La Havane était en état d’alerte.

En Floride, où Irma devrait arriver dimanche matin via l’archipel des Keys avant de toucher Miami, avec des vents d’au moins 240 km/h, les autorités ont appelé 5,6 millions de personnes à évacuer.

A Porto Rico, plus de la moitié des 3 millions d’habitants sont sans électricité, des refuges ont été ouverts pouvant accueillir jusqu’à 62.000 personnes. Une partie d’Haïti est sous les eaux et 19.000 personnes ont été évacuées en République dominicaine.

Romandie.com avec (©AFP / 09 septembre 2017 15h21)                

L’ouragan Irma balaie le centre de Cuba, « gravement affecté »

septembre 9, 2017

La Havane – L’ouragan Irma affectait « gravement » samedi le centre de Cuba avec des rafales atteignant jusqu’à 256 km/h, ont rapporté les médias d’Etat.

L’ouragan, le premier d’une telle force dont l’oeil touche directement l’île depuis 1932, « affecte gravement les provinces de Camagüey et Ciego de Avila », dans le centre du pays, a annoncé le météorologue cubain Elier Pila sur l’antenne de la télévision nationale.

Mais « du fait de sa grande taille, les effets d’Irma sont ressentis depuis la province de Las Tunas (est) jusqu’à celle de Villa Clara (centre-ouest) » distantes de près de 400 km, a-t-il ajouté.

« Partout ici c’est terrible », a témoigné à l’AFP Gisela Fernandez, infirmière de 42 ans résidant à Chaparra, un village de la province de Las Tunas balayé par Irma dans la nuit.

Jointe vers 12H00 GMT, celle-ci a expliqué que « la pluie était terminée » mais elle a décrit un paysage désolé d’arbres et de poteaux électriques arrachés, et de nombreux toits de tôle envolés.

M. Pila n’a pas fourni de détails sur les destructions occasionnés par Irma, mais la présidente du gouvernement de Camagüey Isabel Gonzalez Cardenas a confirmé de son côté des « dégâts importants » dans le nord et le centre de sa province.

Pour l’heure, a-t-elle poursuivi, la région n’a eu à déplorer aucune victime. Plus d’un million de personnes avaient été évacuées par précaution dans l’ensemble du pays, selon les autorités.

Samedi, les communications demeuraient impossibles avec de nombreuses localités de ces régions, où l’électricité avait aussi été préventivement coupée. Partout dans les pays, des militaires ont été déployés pour surveillés les logements évacués afin de prévenir tout pillage.

A Caibarien, principale ville de la côte nord de Villa Clara, un journaliste de l’AFP a fait état de violentes rafales et d’une forte houle à l’approche de l’ouragan samedi matin. Tous les habitants de cette ville de quelque 40.000 habitants demeuraient cloîtrés dans leurs maisons, chez des amis ou dans des abris ouverts par les autorités.

A 10H00 GMT, l’oeil de l’ouragan se trouvait au niveau de l’îlot de Cayo Santa Maria, situé à seulement 50 km de Caibarien. Il se déplaçait vers l’ouest à la vitesse de 19km/h, ont indiqué les autorités cubaines.

S’ils ne seront a priori pas exposés aux vents les plus violents, les deux millions d’habitants de La Havane devraient aussi subir les effets de l’ouragan dès samedi, avec notamment une importante pénétration maritime prévue par les autorités.

Oscillant entre les catégories 4 et 5, Irma devrait continuer de longer la côte cubaine avant d’effectuer un virage vers le nord-ouest samedi soir pour atteindre les côtes de Floride à partir de dimanche après-midi, selon le Centre national américain des ouragans (NHC). L’ouragan a déjà fait au moins 19 morts dans les Caraïbes.

Romandie.com avec(©AFP / 09 septembre 2017 14h45)                                            

Exode massif en Floride et à Cuba pour fuir l’ouragan Irma

septembre 8, 2017

Des automobilistes attendent de pouvoir faire le plein avant l’arrivée de l’ouragan Irma, le 8 septembre 2017 à Miami / © AFP / Michele Eve Sandberg

Des centaines de milliers de personnes se sont jetées sur les routes pour fuir vers le nord de la Floride vendredi et tenter d’échapper au puissant ouragan Irma, qui a déjà semé la destruction et fait près d’une vingtaine de morts dans les Caraïbes.

Les deux autoroutes, qui longent les côtes du « Sunshine State », offraient le même spectacle: voitures et pick-ups chargés parfois d’un matelas ou d’un kayak, parfois de jerricanes d’essence, pare-choc contre pare-choc.

L’ouragan, une gigantesque dépression plus grande que la Floride, doit arriver dans la nuit de samedi à dimanche avec ses vents de 240 km/h et devrait provoquer de brutales et massives montées des eaux.

A Cuba, où de fortes averses sont signalées, plus d’un million de personnes ont été contraintes vendredi de quitter préventivement leur domicile, dans l’est et le centre de l’île.

Irma, rétrogradé d’un cran la nuit dernière à la catégorie 4 sur une échelle de 5 doit ensuite frapper les Bahamas avant la Floride, selon le Centre américain des ouragans (NHC).

L’ouragan n’a fait qu’une bouchée des îles françaises de Saint-Barthélemy et franco-néerlandaise de Saint-Martin, frappées mercredi par des vents de 295 km/h.

« Les maisons sont éventrées, l’aérodrome est hors d’usage, les poteaux électriques et téléphoniques sont par terre », a expliqué à l’AFP Olivier Toussaint, un habitant de Saint-Barthélemy, une île très prisée de la jet set.

Les efforts pour acheminer des secours et lutter contre les pillages sont compliqués par l’arrivée d’un nouveau cyclone, Jose, dès samedi.

– ‘Dégagez de sa route’ –

« L’ouragan Irma a des proportions épiques, peut-être le plus gros que nous ayons jamais vu. Soyez en sécurité et dégagez de sa route, si possible. », a tweeté le président américain Donald Trump, appelant les civils situés sur la trajectoire de l’ouragan à évacuer en lieu sûr.

Le gouverneur de la Floride, Rick Scott, a appelé tous les habitants de l’Etat — ils sont plus de 20 millions– à « se préparer à évacuer bientôt ».

Mais partout l’essence faisait défaut même si le gouverneur a promis de tout faire pour réapprovisionner des stations-service et permettre à plus de gens de fuir.

Les produits de première nécessité ont souvent déjà disparus des étagères des supermarchés.

Irma « reste une tempête remarquablement dangereuse et la fenêtre vous permettant d’atteindre le bon endroit pour attendre que la tempête passe ou évacuer (…) se referme rapidement », a de son côté affirmé le ministre américain de la Santé, Tom Price, lors d’une conférence de presse.

Près de 14.000 militaires américains ont été déployés à Porto Rico, aux Iles Vierges américaines et en Floride pour participer aux missions de sauvetage et d’évacuation, a indiqué le Pentagone.

– Lunaire –

L’ambiance dans les rues de Miami Beach, une station balnéaire au style art déco d’ordinaire remplie de touristes, était lunaire avec de nombreux magasins fermés.

Irma pourrait toucher cet endroit d’ordinaire haut lieu de l’hédonisme de plein fouet et provoquer des inondations dévastatrices.

« J’espère que (l’ouragan) arrivera par le sud et y restera, sinon la tempête sera plus intense », dit David Wallack, 67 ans, le patron de la boîte de nuit Mango’s.

L’ouragan Andrew, qui a laminé la majeure partie du sud de la Floride en 1992, « était un ouragan de catégorie 5 très, très petit, compact, comparé à ce à quoi nous assistons avec Irma », a rappelé le patron de l’Agence américaine de gestion des situations d’urgence (Fema), Brock Long.

Et d’ajouter: « la question n’est pas de savoir si la Floride va être affectée, mais avec quelle gravité ».

– Traînée mortelle –

Avec des vents ayant atteint 295 km/h, Irma a déjà laissé une traînée de destruction et tué au moins 18 personnes. Au moins deux personnes ont été tuées à Porto Rico, quatre dans les Iles Vierges américaines et neuf à Saint-Martin et Saint-Barthélemy, qui comptent également sept disparus et 112 blessés. Deux personnes sont mortes dans la partie néerlandaise de Saint-Martin et une à Barbuda. Les autorités des Iles Vierges britanniques ont fait état de « morts ».

A Porto Rico, plus de la moitié des trois millions d’habitants se retrouvait sans électricité et des refuges ont été ouverts pouvant accueillir jusqu’à 62.000 personnes.

A Haïti, Irma a provoqué une forte montée des eaux dans le nord-est et des vents violents ont emporté les toitures. Plus de 5.000 sont réfugiés dans des abris provisoires. Un chauffeur de moto emporté par les eaux est porté disparu.

En République dominicaine, une centaine de maisons ont été détruites jeudi soir par des vents de 285 km/h et de fortes pluies.

L’île de Barbuda (1.600 habitants) est « totalement dévastée », selon Gaston Browne, le Premier ministre d’Antigua-et-Barbuda, territoire indépendant, comme l’île britannique d’Anguilla.

A Saint-Martin, l’eau potable est coupée, l’essence indisponible, et une partie des routes sont impraticables.

« Je n’ai plus rien, plus de toit, plus d’endroit pour dormir (…) Je suis venu avec une valise et là je repars à zéro! », a raconté à l’AFP un témoin qui souhaite rester anonyme.

Plusieurs témoignages recueillis sur place ont aussi fait état de magasins dévalisés. Des photos de l’AFP montrent notamment plusieurs personnes en train de piller un petit commerce à Quartier-d’Orléans.

« Le pire est devant nous », a averti vendredi le ministre français de la Transition écologique Nicolas Hulot, évoquant l’ouragan Irma et les conséquences du changement climatique dans une interview sur France 2.

« Ce qui est l’exception dans beaucoup de domaines, y compris chez nous la canicule, va devenir parfois la norme », a-t-il souligné.

Romandie.com avec(©AFP / 08 septembre 2017 23h51)                

Irma: niveau d’alerte relevé à Cuba, près de 10.000 touristes évacués

septembre 7, 2017

Image satellitaire de l’ouragan Irma, le 7 septembre 2017 / © NOAA/RAMMB/AFP / HO

En prévision de l’arrivée de l’ouragan Irma, la défense civile cubaine a relevé jeudi le niveau d’alerte dans sept provinces du centre et de l’est du pays, où près de 10.000 touristes étrangers ont déjà été placés en lieu-sûr.

L’Etat-major de la Défense civile, toujours très réactif face aux intempéries, a déclaré la « phase d’alarme » dans les provinces orientales de Guantanamo, Santiago de Cuba, Granma, Holguin, Las Tunas, et centrales de Camagüey et Ciego de Avila.

La « phase d’alarme » prévoit notamment l’interdiction totale de la circulation et la coupure préventive des réseaux électriques. Les agences de l’Etat ont notamment reçu pour instruction d' »augmenter les mesures de sécurité pour limiter les mouvements de personnes et de véhicules et d’autres activités pouvant mettre des vies en danger ».

Par ailleurs, la « phase d’alerte » a été maintenue à Villa Clara (centre) et élargie aux provinces voisines de Sancti Spiritus, Cienfuegos et Matanzas.

La région de La Havane et ses plus de deux millions d’habitants, qui pourrait être épargnée par les rafales les plus violentes, a pour l’heure été maintenue « en phase informative ».

Dans les zones touristiques les plus menacées, notamment les « Cayos » (« îlots », ndlr) de la partie nord, nord-est du pays, plusieurs milliers de touristes étrangers ont été évacués, a annoncé le ministère du Tourisme.

A Cayo Coco, Cayo Guillermo et Cayo Santa Maria, célèbres pour leurs plages de sable blanc, plus de 6.000 vacanciers ont été déplacés vers la station balnéaire de Varadero et La Havane, a priori situées hors de la zone de danger.

Dans la province de Camagüey, également riche en installations hôtelières, plus de 2.400 touristes ont également été évacués vers l’intérieur de l’île.

Ces « touristes, dont 60% de Canadiens (…) sont totalement à l’abri, ils ont été placés dans des installations préparées » pour les recevoir, a déclaré aux médias d’Etat le ministre du Tourisme Manuel Marrero, précisant que « les accès aux zones touristiques les plus vulnérables avaient été fermés ».

Ces jours derniers, plusieurs tour-opérateurs canadiens ont également rapatrié dans leur pays une partie de leurs clients, a précisé le ministère.

L’ouragan de catégorie 5, soit le maximum sur l’échelle permettant de mesurer l’intensité des ouragans, se dirigeait jeudi vers la République Dominicaine et Haïti, et est attendu vendredi soir à Cuba.

L’oeil de l’ouragan destructeur ne devrait toutefois pas toucher la plus grande île des Caraïbes, selon les prévisions du Centre national américain des ouragans (NHC).

Romandie.com avec(©AFP / 08 septembre 2017 01h55)