Posts Tagged ‘Isabel dos Santos’

Angola: Isabel dos Santos sommée par la justice de restituer 422 millions d’euros d’actions

juillet 30, 2021
Isabel dos Santos, ici à Porto le 5 mars 2015, était absente à l’audience.

L’Institut néerlandais d’arbitrage (NAI) a rendu sa décision concernant la fille de l’ancien président angolais José Eduardo dos Santos. Elle devra restituer des actions d’une valeur de 422 millions d’euros à la compagnie nationale pétrolière Sonangol.

Selon cet Institut, qui fait partie de la Cour internationale d’arbitrage, la transaction par laquelle Isabel Dos Santos a acquis en 2006 une participation indirecte de 6% dans le groupe pétrolier et gazier portugais Galp Energia via une société néerlandaise est « nulle et non avenue ».

La décision du NAI est datée du 23 juillet et entrevue vendredi après sa publication par le quotidien néerlandais Financieel Dagblad (FD). La décision n’a pas été rendue publique par l’Institut lui-même.

Dans les procédures d’arbitrage, les parties conviennent souvent que la décision reste confidentielle, rapporte le FD.

Luanda Leaks

Isabel dos Santos, fille de l’ancien président angolais José Eduardo dos Santos, est accusée de corruption par la justice de son pays. Elle fait aussi l’objet d’une enquête au Portugal, ancienne puissance coloniale, alors qu’elle a également été mise en cause par les « Luanda Leaks », enquête du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) fondée sur la fuite de 715 000 documents.

Isabel dos Santos avait été nommée « première femme milliardaire d’Afrique » en 2013 par le magazine américain Forbes.

Une décision contraignante

Avant de quitter la présidence en 2017, son père l’avait nommée à la tête de la puissante compagnie pétrolière nationale Sonangol, poste dont l’actuel chef de l’État João Lourenço l’a limogée en 2018.

La décision du NAI évoque des « transactions kleptocratiques » via lesquelles Isabel dos Santos et son époux, Sindika Dokolo, décédé l’année dernière, se sont personnellement enrichis avec des biens de l’État angolais. Il s’agit d’un jugement de droit civil juridiquement contraignant, a souligné le quotidien FD.

Par Jeune Afrique

Angola : entre Isabel dos Santos et João Lourenço, la tension monte d’un cran

mars 29, 2021
Isabel dos Santos à Londres, le 9 janvier 2020.

La femme d’affaires angolaise et fille aînée de l’ancien président dos Santos accuse l’exécutif angolais d’avoir mené « un complot » pour saisir illégalement ses actifs.

La crispation monte d’un cran entre Isabel dos Santos et la présidence angolaise. Dans un communiqué diffusé le 29 mars par une agence de relations publiques anglaise, la femme d’affaires, en difficulté depuis l’arrivée au pouvoir en 2017 du successeur de son père, João Lourenço, dénonce un « complot gouvernemental » mis en œuvre par l’actuel exécutif pour « saisir illégalement » ses actifs.PUBLICITÉ

Dans le cadre d’un litige autour de l’opérateur télécom Unitel, dont Isabel dos Santos et l’État angolais (via la compagnie pétrolière Sonangol) sont actionnaires, la fille aînée de l’ancien président dos Santos indique avoir produit devant un tribunal commercial de Londres des enregistrements audio et vidéo démontrant l’existence d’un « groupe de travail formel au niveau du gouvernement dont le but explicite est de concevoir et coordonner une campagne de saisie d’actifs » contre elle.

Les éléments fournis – collectés par la controversée société de renseignement privée Black Cube, créée par des anciens agents du Mossad israélien et qui a compté parmi ses clients le producteur américain Harvey Weinstein et l’homme d’affaires franco-israélien Beny Steinmetz – attestent aussi, selon Isabel dos Santos, de pressions de l’exécutif sur la justice angolaise pour obtenir le gel préventif de ses avoirs.

Nouvelle offensive

Celui-ci, prononcé fin 2019 en Angola puis début 2020 au Portugal, a, affirme le camp dos Santos, empêché la femme d’affaires de se porter candidate (via sa société Vidatel) au rachat de la participation de 25 % d’Unitel détenue par le groupe brésilien Oi et de régler le montant dû à l’une de ses filiales (PT Ventures) dans le cadre d’un arbitrage international.

Début 2020, c’est Sonangol (via la société Mercury) qui s’est porté acquéreur des 25 %, faisant ainsi passer à 50 % sa participation au capital d’Unitel, contre 25 % pour Vidatel d’Isabel dos Santos et 25 % pour une autre société, Geni, détenue par le général et ancien homme de confiance de José Eduardo dos Santos, Leopoldino do Nascimento « Dino ».

Cette prise de parole, couplée à la publication par le Financial Times d’un article présentant les éléments versés au dossier, est une nouvelle offensive du clan dos Santos contre la présidence Lourenço et la justice angolaise.

Lourenço sous pression

Menée par l’agence Powerscourt, qui défend les intérêts d’Isabel dos Santos depuis début 2020 et a notamment eu pour clients Beny Steinmetz et Dan Gertler – elle intervient après deux premières communications, début et fin mai 2020, dénonçant l’utilisation de documents falsifiés par les autorités de Luanda pour prononcer le gel des avoirs.

Sollicités par Jeune Afrique, la présidence angolaise et le bureau du procureur général de la République, qui rejettent depuis l’ouverture des procédures l’idée d’un processus politique contre Isabel dos Santos, n’ont pas adressé de réponse avant la publication.

Tendues, les relations entre la femme d’affaires – engagée dans des procédures à Londres, Amsterdam, Lisbonne, aux Îles Vierges Britanniques – et l’exécutif angolais se dégradent encore alors que le président Lourenço est sous pression pour produire des résultats dans le cadre de sa lutte contre la corruption comme vis-à-vis de sa promesse d’améliorer les conditions de vie de la population.

Avec Jeune Afrique Estelle Maussion

Angola : la justice portugaise gèle les avoirs d’Isabel dos Santos

février 11, 2020

 Isabel dos Santos

Isabel dos Santos © AP Photo/Paulo Duarte/SIPA

 

La décision a été prise à la demande de la justice angolaise dans le cadre d’une enquête pour mauvaise gestion et détournement de fonds durant le mandat d’Isabel dos Santos à la tête de la société pétrolière publique Sonangol.

Nouveau coup dur pour la fille de l’ancien président angolais José Eduardo dos Santos. La justice portugaise a gelé les avoirs d’Isabel dos Santos, selon des informations publiées mardi 11 février par le quotidien portugais Expresso.

La mesure a été prise à la demande de la justice angolaise, qui a mis en examen, fin janvier, la femme d’affaires angolaise pour mauvaise gestion et détournement de fonds lors de son temps à la tête de la compagnie nationale pétrolière Sonangol, de juin 2016 à novembre 2017.

La justice angolaise enquête notamment sur des transferts d’un montant de 115 millions de dollars qui seraient partis des comptes de Sonangol pour aller vers une société à Dubaï contrôlée par Isabel dos Santos. Cette dernière, qui peut contester le gel, n’a pas officiellement réagi dans l’immédiat.

« Luanda Leaks »

Cette décision est la dernière étape de derniers mois très difficiles pour Isabel dos Santos. Fin décembre 2019, la justice angolaise avait annoncé le gel préventif de ses avoirs, une mesure  – contestée par la fille de l’ex-président angolais – visant à obtenir le paiement à l’État d’un préjudice estimé à 1,1 milliard de dollars.

Quelques jours après, le Portugal avait annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire pour faire la lumière sur les fonds angolais investis dans le pays. Enfin, mi-janvier, les révélations des « Luanda Leaks », levant le voile sur les dessous de l’empire financier d’Isabel dos Santos et de son mari Sindika Dokolo, avaient fini d’écorner l’image de femme d’affaires à succès de la milliardaire angolaise.

Le gel de ses avoirs au Portugal intervient alors qu’Isabel dos Santos a annoncé sa sortie de deux de ses importantes positions dans le pays, la banque Eurobic et le groupe énergétique Efacec.

Avec Jeuneafrique.com par Estelle Maussion

Un banquier d’Isabel dos Santos retrouvé mort à Lisbonne

janvier 23, 2020

Isabel dos Santos, le 15 mars 2019.

Isabel dos Santos, le 15 mars 2019. © Unitel Angola/AP/SIPA

 

Le gestionnaire des comptes d’Isabel dos Santos a été retrouvé mort mercredi 22 janvier, trois jours après la publication des Luanda Leaks, qui accusent la femme la plus riche d’Afrique d’avoir « siphonné les caisses du pays » et citent le nom du banquier.

Un banquier portugais, dont le nom apparaît dans les « Luanda Leaks » et qui travaillait pour la banque Eurobic dont la fille de l’ex-président angolais Isabel dos Santos est l’actionnaire principale, a été retrouvé mort mercredi 22 janvier 2020 à Lisbonne et se serait probablement suicidé.

« Le corps » de Nuno Ribeiro da Cunha « a été retrouvé hier soir et tous les indices portent à croire qu’il s’agit d’un suicide », a indiqué un porte-parole de la police portugaise.

L’homme de 45 ans, qui travaillait pour la banque Eurobic, dont Isabel dos Santos est l’actionnaire principale, a été comme elle mis en cause mercredi par la justice angolaise.

Gestionnaire des comptes d’Isabel dos Santos

Le nom de Nuno Ribeiro da Cunha apparaît dans les documents des « Luanda Leaks », l’enquête du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) publiée dimanche et qui accusait Isabel dos Santos d’avoir « siphonné les caisses du pays » africain.

Selon les médias portugais, le banquier était le responsable de la banque privée au sein d’Eurobic et le gestionnaire des comptes d’Isabel dos Santos.

La fille de l’ancien président angolais José Eduardo dos Santos a été formellement accusée en Angola de toute une série de délits, parmi lesquels fraude, détournement de fonds et blanchiment d’argent. Elle est également visée par des accusations de trafic d’influence, d’abus de biens sociaux et faux en écritures durant son mandat à la tête du groupe pétrolier public Sonangol.

Eurobic avait coupé les ponts avec Isabel dos Santos

Le procureur général angolais Helder Pitta Gros est arrivé jeudi à Lisbonne où il doit rencontrer son homologue portugais, a confirmé le ministère public, sans donner plus de précisions.

Après la mise en cause d’Isabel dos Santos dans l’enquête du Consortium, Eurobic avait annoncé sa décision de mettre fin à toute « relation commerciale » avec sa principale actionnaire.

Mercredi, Eurobic a indiqué que la femme d’affaires allait vendre ses parts au sein de la banque. Selon les médias portugais, elle aurait transféré des fonds d’origine douteuse au Portugal via cette banque.

 Par Jeune Afrique avec AFP

Angola : Isabel dos Santos mise en examen pour mauvaise gestion et détournement

janvier 23, 2020

Isabel dos Santos

Isabel dos Santos © AP Photo/Paulo Duarte/SIPA

 

L’étau se resserre autour de la fille de l’ancien président angolais José Éduardo dos Santos. Alors que les “Luanda Leaks” viennent d’éclater, la justice angolaise décide de poursuivre Isabel dos Santos dans le cadre d’une enquête lancée en mars 2018 sur sa gestion lorsqu’elle dirigeait la compagnie pétrolière nationale, Sonangol.

Le procureur général de la République angolaise, Hélder Pitta Grós, a déclaré mercredi 22 janvier au soir qu’Isabel dos Santos venait d’être mise en examen pour mauvaise gestion et détournement de fonds durant son mandat à la tête de la société pétrolière publique Sonangol, de juin 2016 à novembre 2017.

L’annonce a été faite juste avant le départ du procureur angolais pour le Portugal. À son arrivée ce jeudi 23 janvier au matin à Lisbonne, il a précisé qu’il venait « demander de l’aide sur beaucoup de choses », relate la presse portugaise. Hélder Pitta Grós doit rencontrer son homologue portugaise, Lucília Gago, à 15 heures.

Transfert suspect de 38 millions de dollars

La mise en examen d’Isabel dos Santos intervient après le dépôt d’une plainte pour mauvaise gestion par son successeur à la direction de Sonangol, Carlos Saturnino, et qui avait donné lieu à l’ouverture d’une enquête en mars 2018 . Une accusation qu’avait fortement contestée Isabel dos Santos via Twitter et auprès des médias. Elle avait même lancé un site internet, baptisé « Factos Sonangol », pour « rétablir la vérité ».

La justice angolaise, elle, s’est penché sur un transfert suspect de 38 millions de dollars de la Sonangol, réalisé alors que la fille de l’ancien président José Éduardo dos Santos n’en était plus la dirigeante, ce vers une société lui appartenant basée à Dubaï. La société en question, Matter Business Solutions, gérait un groupe de consultants détachés auprès de Sonangol.

Dans le cadre des « Luanda Leaks », la presse portugaise, et notamment le journal Expresso, fait état de plus de 100 millions de dollars qui auraient été transférés vers Dubaï dans des conditions suspectes. Plus de la moitié de la somme (57 millions) apparaît avoir été versée après le départ d’Isabel dos Santos de son poste. Certaines factures ne détaillent pas les prestations effectuées. Et l’autorisation des transactions aurait été signée par une nouvelle directrice de la filiale de Sonangol au Royaume-Uni, précédemment nommée par Isabel dos Santos.

Quatre autres mises en examen

Dans le cadre de la procédure sur le volet Sonangol, quatre autres personnes de nationalité portugaise sont également mises en examen en Angola. Il s’agit de Sarju Raikundalia, ancien administrateur financier de Sonangol, de Mário Leite da Silva, le principal gestionnaire des affaires d’Isabel dos Santos au Portugal (également président du conseil d’administration de la banque angolaise BFA), de Paula Oliveira, proche d’Isabel dos Santos et administratrice du groupe portugais de télécommunication NOS, et Nuno Ribeiro da Cunha, le directeur de la banque Eurobic

Jeuneafrique.com par Aurélie M’Bida et Estelle Maussion. 

 

Angola : Isabel dos Santos envisage de briguer la présidence

janvier 16, 2020

Isabel dos Santos, Chairwoman of Sonangol, speaks during a Reuters Newsmaker event in London, Britain, October 18, 2017. REUTERS/Toby Melville - RC147A8AF7D0

Isabel dos Santos, Chairwoman of Sonangol, speaks during a Reuters Newsmaker event in London, Britain, October 18, 2017. REUTERS/Toby Melville – RC147A8AF7D0 © toby melville/REUTERS

 

La milliardaire Isabel dos Santos, accusée par la justice angolaise de détournements de fonds publics, a évoqué l’hypothèse d’une candidature à la présidence de son pays dans un entretien accordé à un média portugais.

Isabel dos Santos n’exclue pas d’occuper un jour, comme son père, José Eduardo dos Santos,  le fauteuil présidentiel en Angola. « C’est possible », a-t-elle indiqué lors d’un entretien diffusé mercredi soir par la radio-télévision publique portugaise (RTP).

« Je ferai tout ce que j’aurais à faire pour défendre et servir ma terre et mon pays », a-t-elle déclaré, sans autre détail.  A deux ans des élections présidentielles, ces propos ont une résonance particulière, d’autant plus que la femme d’affaires rencontre actuellement des problèmes avec la justice de son pays.

Soupçons de détournement de fonds

Le mois dernier, un tribunal de Luanda a ordonné le gel des comptes bancaires et des actifs de la femmes d’affaires, présentée comme la femme la plus riche d’Afrique, dans plusieurs entreprises angolaises.

La justice la soupçonne d’avoir détourné, avec son époux le Congolais Sindika Dokolo et un homme d’affaires portugais, plus d’un milliard de dollars des comptes des entreprises publiques Sonangol (pétrole) et Endiama (diamants).

Depuis plusieurs semaines, Isabel dos Santos, 46 ans, nie farouchement ces allégations dans la presse et sur les réseaux sociaux et crie au « règlement de comptes politique ». « Il n’est pas possible d’utiliser de manière sélective la prétendue lutte contre la corruption pour neutraliser ceux que l’on pense être de futurs candidats politiques », a-t-elle estimé lors de son entretien à la RTP.

Depuis la venue du président João Lourenço en 2017, le clan Dos Santos a été  écartés de plusieurs institutions, des entreprises publiques et de l’appareil sécuritaire du pays au nom de la lutte contre la corruption.

Fin 2017, le nouveau président a notamment mis fins aux fonctions d’Isabel dos Santos à la tête de la toute-puissante compagnie pétrolière nationale Sonangol, qu’elle a dirigée pendant un an. Son demi-frère Jose Filomeno dos Santos est jugé depuis décembre à Luanda, soupçonné de détournements de fonds alors qu’il dirigeait le fonds souverain du pays.

Jeuneafrique.com avec AFP

Sonangol: la justice angolaise enquête sur la gestion d’Isabel dos Santos

mars 4, 2018
Isabel dos Santos, à Londres en octobre 2017. © REUTERS/Toby Melville/File Photo

Le parquet de Luanda a indiqué avoir ouvert une enquête après la découverte d’un transfert suspect de 38 millions de dollars, alors que la fille de l’ancien président dirigeait la compagnie.

La justice angolaise a ouvert vendredi une enquête sur un transfert suspect de 38 millions de dollars de la société pétrolière nationale Sonangol, réalisé alors qu’Isabel dos Santos en était la dirigeante. Ce virement aurait eu pour destination une société basée à Dubaï. Des « transferts financiers irréguliers » ont été signalés par la nouvelle direction de la Sonangol, ont indiqué les procureurs dans un communiqué.

Mercredi, le nouveau directeur général de Sonangol, Carlos Saturnino, avait critiqué avec virulence la gestion financière de l’ancienne dirigeante lors d’un point de presse.

« Nous avons pris nos fonctions le 16 novembre 2017, et sommes en mesure de prouver que l’ancien directeur financier a ordonné le transfert de 38 millions de dollars (28 millions d’euros) vers une société basée à Dubaï », a-t-il déclaré. Le transfert aurait été exécuté par l’établissement Banco BIC, une banque qui compte Isabel dos Santos parmi ses administrateurs.

À la tête de la Sonangol pendant 1 an

La fille de l’ancien président Jose Éduardo dos Santos avait été nommée à la tête de la Sonangol en novembre 2016, avant d’en être limogée un an plus tard par le nouveau président João Lourenço. Dès décembre, la nouvelle direction avait lancé un audit des comptes et vite découvert des transferts financiers suspects d’une valeur de plusieurs dizaines de millions de dollars. Carlos Saturnino n’est quant à lui pas un inconnu au sein de la maison, ayant lui-même été limogé de la compagnie pétrolière par Isabel dos Santos.

La lutte contre la corruption était l’un des thèmes de la campagne du nouveau président angolais, arrivé au pouvoir en août 2017. Il y a deux semaines, le Parlement a adopté une loi permettant aux citoyens et aux entreprises de rapatrier des capitaux frauduleusement placés à l’étranger sans être poursuivi jusqu’au mois d’août prochain.

Jeuneafrique.com par

Angola: Isabel Dos Santos limogée de la présidence de la compagnie pétrolière nationale

novembre 15, 2017

Luanda – La PDG de la compagnie pétrolière nationale Isabel dos Santos, fille de l’ex-chef de l’Etat José Eduardo dos Santos et symbole du népotisme reproché à son régime, a été limogée mercredi par le nouveau président angolais Joao Lourenço.

Cette éviction spectaculaire constitue un geste fort de M. Lourenço, qui a promis à plusieurs reprises de rompre avec l’héritage de son prédécesseur.

M. Lourenço a décidé de « relever de leurs fonctions les membres du conseil d’administration » de la Sonangol, a indiqué la présidence dans une déclaration diffusée à la presse.

Surnommée la « princesse », Isabel dos Santos, 44 ans, avait pris en 2016 la direction de la compagnie, en grande difficulté.

La nomination de celle que le magazine américain Forbes présente comme la femme la plus riche d’Afrique avait suscité les plus vives critiques des adversaires de son père, accusé d’avoir privatisé l’économie du pays au bénéfice d’une poignée de proches.

Successeur désigné de M. dos Santos qui a régné pendant trente-huit ans sans partage sur le pays, Joao Lourenço a pris les rênes du pays en septembre après la victoire du parti au pouvoir aux élections générales d’août 2017.

Pendant sa campagne électorale, l’ancien ministre de la Défense, 63 ans, avait promis de prendre ses distances avec son puissant prédécesseur, toujours chef du parti au pouvoir, et de lutter contre la corruption.

« Personne ne sera au-dessus des lois », avait-il proclamé à la veille de sa victoire devant la presse étrangère.

Dans son premier discours devant le Parlement le mois dernier, Joao Lourenço avait plaidé pour un « renforcement du système démocratique » et s’était engagé à « corriger certaines pratiques générales » en « donnant l’exemple ».

Je veux continuer

Le départ d’Isabel dos Santos constitue une surprise, car elle avait elle-même affirmé à plusieurs reprises vouloir garder ses fonctions à la tête de la Sonangol.
« Le mandat de PDG de Sonangol n’est pas dépendant du processus électoral (…) je veux continuer », avait assuré la patronne de l’entreprise avant le scrutin du mois d’août.

Malgré ses efforts, la compagnie pétrolière nationale reste encore très fragile à cause du bas niveau persistant des prix du baril.

Depuis la fin en 2002 de la guerre civile, le pétrole a offert à l’Angola, un de ses deux principaux producteurs d’Afrique subsaharienne avec le Nigeria, une croissance à deux chiffres exceptionnelle, avec un pic de 20% en 2007.

Ses ventes contribuent aujourd’hui pour plus de 70% aux recettes fiscales du pays.

Mais lorsque le cours du brut a commencé à fléchir en 2014, il a mis la Sonangol en difficulté, contraint l’Etat à se serrer la ceinture et entraîné dans sa chute toute l’économie du pays, un des plus pauvres du continent.

L’économie angolaise a connu en 2016 une croissance quasiment nulle qui devrait rebondir pour atteindre 1,3% cette année, selon le Fonds monétaire international (FMI).

En décembre dernier, la compagnie a annoncé qu’elle ne verserait pas de dividendes à l’Etat, une première.

Mme dos Santos sera remplacée à la tête de la Sonangol par l’ancien secrétaire d’Etat au Pétrole Carlos Saturnino, selon le décret présidentiel.

Romandie.com avec(©AFP / 15 novembre 2017 15h34)

Angola – Isaías Samakuva: « Si je suis élu, Isabel dos Santos devra partir »

août 16, 2017

Isaias Samakuva, l’opposant angolais qui défend une démocratisation pacifique © AFP

 

À moins d’une semaine des élections générales, Isaías Henriques Ngola Samakuva, le candidat de l’Unita, espère convaincre les Angolais qu’il est une alternative crédible au MPLA – au pouvoir. Interview.

À 71 ans, Isaías Henriques Ngola Samakuva, le président de l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (Unita, premier parti d’opposition) se présente pour la troisième fois aux élections générales (législatives et présidentielle). Cette année, elles sont prévues le 23 août.

Face à lui – et là, c’est une première – se trouvera João Lourenço, le candidat du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), dirigé par José Eduardo dos Santos, le chef de l’Etat sortant au pouvoir depuis presque 38 ans, qui a décidé de passer la main.

Avec ce départ, mais aussi sur fond d’une des pires crises économiques qu’a connu le pays, l’ancien compagnon de route de Jonas Savimbi, fondateur de l’Unita, pense pouvoir faire mieux qu’en 2012, où il n’avait recueilli que 18,33% des voix – huit points de plus qu’en 2008 lors des premières élections du pays depuis la fin de la guerre civile en 2002. Entre deux meetings, il a répondu à nos questions par téléphone.

Jeune Afrique : Nous sommes à moins d’une semaine du scrutin. Comment s’est passée votre campagne ?

Isaías Henriques Ngola Samakuva : La tendance est bonne. Partout où nous passons, nous recevons énormément de soutien, ce qui nous donne bon espoir.

Votre parti a traversé des crises internes, comme la démission en 2011 de plusieurs cadres, dont votre ancien responsable de campagne, Abel Chivukuvuku, qui a créé le Casa Ce. Ne craignez-vous pas une dispersion des voix ?

Absolument pas. D’abord, ils sont nombreux parmi ces cadres à être revenus dans le giron de l’Unita. Ensuite, je pense que la création d’un nouveau parti est une bonne chose pour la démocratie. On ne pourra plus accuser l’Unita d’hégémonie sur l’opposition.

Le MPLA travaille pour s’enrichir

En 2012, vous étiez tout aussi optimiste. Et pourtant vous n’avez remporté que 18,33% des voix…

Beaucoup de choses ont changé depuis. Par exemple, tout le monde a compris que les accusations contre l’Unita, rendu responsable de la guerre civile et qui voudrait enflammer le pays, sont infondées, et qu’en réalité nous travaillons vraiment pour la paix. Quand le MPLA, lui, travaille pour s’enrichir.

Que ferez-vous de mieux que José Eduardo dos Santos, en poste depuis presque 38 ans ?

Nous répondrons aux besoins de tous les Angolais, en leur fournissant de l’eau potable, de l’électricité, des médicaments, de l’emploi… Ce dont ils sont actuellement privés.

Comment vous y prendrez-vous concrètement alors que le pays traverse l’une des pires crises économiques de son histoire ?

Il faut réellement diversifier notre économie. Mais pour cela nous avons besoin d’attirer les investisseurs étrangers dans d’autres secteurs que celui du pétrole. Ils n’ont actuellement pas accès aux opportunités et ne sont pas totalement libres d’investir. Rien que pour obtenir un visa, c’est pour eux une épreuve !

Quelle sera votre première mesure si vous êtes élu président ?

Réviser la loi qui encadre les investissements étrangers, car actuellement elle ne les protège pas. Nous devons donner des garanties.

Vivez-vous comme une aubaine le départ de José Eduardo dos Santos ?

En quelque sorte. Car le candidat João Lourenço n’apportera aucun changement, et les Angolais le savent. Notamment parce que dos Santos sera toujours à la tête du MPLA, et que c’est ce parti qui dirige en sous-main.

Si l’Unita remporte l’élection, qu’adviendra-t-il d’Isabel dos Santos, la fille du président nommée en novembre 2016 à la tête de la Sonangol, la compagnie pétrolière nationale ?

Nous pensons que sa nomination n’était pas éthique. Elle a été beaucoup contestée par le peuple angolais. Si je suis élu, elle devra partir.

Même si elle est compétente ?

A-t-elle vraiment bien géré ? Nous étudierons cela. Mais d’autres qu’elle sont compétents également.

J’accepterai le résultat des urnes si celui-ci exprime la volonté du peuple

L’Unita n’a jamais dirigé le pays. N’est-ce pas un handicap ?

Ce n’est pas compliqué de diriger un pays si la volonté politique existe et si nous agissons de manière transparente pour répondre aux besoins des citoyens. Le MPLA s’y prend mal, nous avons aujourd’hui un pays désorganisé, plongé dans la misère.

Accepterez-vous sans histoire le résultat des urnes, quel qu’il soit ?

Oui, si celui-ci exprime la volonté du peuple.

Comment jugerez-vous cela ?

Nous nous assurerons que l’élection a respecté la loi et les procédures. Si c’est le cas, nous accepterons le choix du peuple, quel qu’il soit.

À 71 ans, il s’agit de votre troisième campagne électorale. Est-ce la dernière ?

Oui, je me présente pour la dernière fois.

Jeuneafrique.com par Michael Pauron

Angola: des juristes contestent la nomination de la fille du président à Sonangol

juin 4, 2016

Luanda – Un groupe de juristes angolais a annoncé samedi son intention de contester en justice la nomination de la fille du président dos Santos à la tête de la compagnie pétrolière publique Sonangol.

Cette nomination est illégale. Nous allons demander sa destitution (…) Le droit est en notre faveur pour empêcher cette nomination, a indiqué devant la presse l’avocat David Mendes, à l’issue d’une réunion de douze juristes, convoquée pour l’occasion.

Les juristes contestataires ont annoncé leur intention d’attaquer en trois axes différents. Un document sera remis au chef du gouvernement, c’est-à-dire au président lui-même, nous allons déposer une plainte auprès du procureur général de la République, et nous allons déposer une demande de blocage d’acte administratif devant la Cour suprême, a précisé Me Mendes.

Jeudi, la présidence angolaise avait annoncé la nomination de Mme dos Santos à la tête de Sonangol.

Fille aînée du président angolais, Isabel dos Santos, surnommée la Princesse, est la femme la plus riche d’Afrique et la huitième fortune du continent, selon le magazine américain Forbes.

Son patrimoine est estimé à 3,3 milliards de dollars, dont une importante partie serait placée au Portugal, l’ancienne puissance coloniale de l’Angola, selon Forbes.

Cette femme d’affaires de 43 ans et mère de trois enfants possède en Angola notamment 25% du capital de la principale compagnie de téléphonie mobile Unitel et des parts dans la banque BIC. Au Portugal, elle contrôle environ 19% de la banque BPI et près de 30% de l’opérateur de télécommunications NOS.

Elle a obtenu cette semaine le feu vert des autorités namibiennes pour créer la Bank BIC Namibia, dont la maison mère se trouve en Angola.

Isabel dos Santos est accusée par ses détracteurs d’avoir fait fortune grâce à la protection de son père, qui dirige l’Angola depuis 1979.

Deuxième producteur d’or noir en Afrique après le Nigeria, l’Angola subit de plein fouet la chute du prix du baril qui assèche ses finances. Le pays a été contraint en avril de demander l’assistance financière du Fonds monétaire international (FMI).

Romandie.com avec(©AFP / 04 juin 2016 17h54)