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« Caricatures de Mahomet » – Youssef Seddik : « Les musulmans ne devraient pas se sentir concernés »

novembre 8, 2020

L'islamologue et philosophe tunisien Youssef Seddik.

Pour l’islamologue et philosophe tunisien, les musulmans doivent reconsidérer leur perception de leur histoire religieuse. Et soumettre les textes sacrés à un examen rationnel.

Le discours d’Emmanuel Macron sur le séparatisme a laissé les Tunisiens perplexes, puisque le président français les a cités pour illustrer la montée de l’islam politique et le recul de la laïcité. Ces propos ont été d’autant plus mal perçus que l’Occident a précisément soutenu les islamistes lors des Printemps arabes, notamment en Syrie et en Libye.

Entre temps, l’assassinat de Samuel Paty, puis l’attaque meurtrière de Nice, perpétrée par un jeune migrant clandestin tunisien, ont provoqué une sidération telle que le séparatisme islamiste est passé au second plan.

Pourtant, la republication des caricatures du Prophète suscite toujours autant d’émotion que d’incompréhension dans les pays musulmans. Une blessure qui alimente un vif sentiment anti-français. Sans parti pris ni surenchère, l’islamologue et philosophe tunisien Youssef Seddik pointe, pour Jeune Afrique, les failles des uns et des autres.

Jeune Afrique : De nombreux pays arabes ont condamné la republication en France des caricatures du Prophète, considérant que c’est une atteinte au sacré…
Youssef Seddik : Il ne s’agit pas vraiment d’atteinte au sacré ; tout est parti du discours du président français, Emmanuel Macron, sur le séparatisme. Évidemment, il faut distinguer religion et terrorisme, surtout quand celui-ci donne lieu à des abominations plurisymboliques, comme cela a été le cas avec l’assassinat de Samuel Paty.

Il faut rejeter en bloc ces actes et les dénoncer haut et fort. Mais pour ce qui est de la position des pays musulmans au sujet des caricatures, je crois que nous devons reconsidérer complètement notre perception de notre histoire religieuse. Pas de notre religion, car la foi est personnelle, mais il s’agit d’interroger les époques et surtout la nôtre.

C’est-à-dire ?
Il n’est pas normal que partout dans le monde musulman, on enseigne le Coran à des enfants sans qu’ils comprennent de quoi il retourne. J’ai souvent soulevé cette problématique sans recevoir de réponse. Avant d’apprendre, il faut pouvoir comprendre. Cela est valable pour toutes les disciplines. Il est absurde qu’il en soit autrement.

Pour le Coran, c’est encore plus grave ; en apprenant des termes qui semblent solennels, on suggère que le texte est autonome, qu’il échappe à la réflexion et à l’examen rationnel, qu’il ne faut surtout pas s’interroger. Il est temps de faire une distinction entre le mythique et le discursif, comme l’a fait l’Occident. Quand on dit à des enfants que le bâton de Moïse s’est transformé en serpent, ils considèrent que c’est vrai. Si on leur dit que c’est une métaphore, on est traité de mécréant.

NOUS DEVONS PROCÉDER À UNE REFONTE COMPLÈTE DE L’ENSEIGNEMENT DE NOTRE HISTOIRE

Il faut profiter du fait qu’il n’y ait pas de clergé en islam pour que chacun choisisse le chemin qui lui convient. Nous devons procéder à une refonte complète de l’enseignement de notre histoire et distinguer ce qui est de l’ordre de la répétition incantatoire et rituelle de ce qui relève de l’histoire, du rationnel, du discutable.

Rien ne nous empêche d’expliquer, dès le début de l’enseignement du Coran, qu’il y a dans le monde des attitudes de foi, révélées ou pas, différentes.

Il faut aussi spécifier ce qu’est la Révélation. Est-ce une inspiration ou une attitude morale révélée parce qu’elle était objet d’un discours ? Nous avons un chantier énorme à ce niveau là et il faut s’y atteler. Que chacun conçoit le Créateur comme il l’entend, c’est un atout énorme.

Est-ce une réponse suffisante face à la violence et aux attaques actuelles ?
Il faut s’attendre malheureusement à ce que ce genre d’événement se répète. Mais il convient de se demander pourquoi le ou les assassins sont le plus souvent éliminés. Ils sont un énorme document humain à même de fournir des renseignements clés. Cette attitude interpelle. Que veut-on cacher en éliminant ces hommes ?

L’islam est en fâcheuse posture. S’achemine-t-on vers le déclin de l’islam politique ?
C’est un oxymore, une contradiction dans les termes. L’islam et la politique n’ont rien à faire ensemble. Il y a l’islam et il y a la politique. La politique est une urbanité qui n’a rien à voir avec la religion. Pour rappel, la social-démocratie chrétienne était complètement laïque et totalement hors religion.

En Tunisie, nous avons été à l’avant-garde sur cette question du rapport entre religion et politique, mais nous le payons cher, puisqu’on ne cesse de nous considérer, dans les médias arabes, comme de mauvais musulmans, voire des athées.

DANS CERTAINS PAYS MUSULMANS, ON INVENTE DES OBLIGATIONS QUI N’ONT RIEN À VOIR AVEC LA RELIGION ET ON LES INTRODUIT DANS LES DÉBATS POLITIQUES

Dans certains pays musulmans, on invente des obligations qui n’ont rien à voir avec la religion et on les introduit dans les débats politiques. Nous avons été gagnés par cette tendance ; aujourd’hui, le port du voile s’est imposé, alors qu’il n’est pas une obligation, et la Tunisie a reculé par rapport à ses positions plus tolérantes des années 1970.

Manifestations au Bangladesh contre la publication des caricatures du Prophète, le 27 octobre 2020.

À la lumière des derniers événements, que pensez des propos d’Emmanuel Macron sur le séparatisme ?
Il a fait une erreur en faisant de l’islam une exclusivité du séparatisme. Il aurait dû dire, comme nous en avions parlé lors de sa visite en Tunisie, qu’aucun séparatisme n’était acceptable et au moins rappeler qu’il y a eu historiquement un séparatisme chrétien qui a scindé l’Europe entre catholiques et protestants.

Reconnaître que le séparatisme a concerné toute les religions, même si pour certaines il est dépassé, est aussi une manière de ne pas trahir la mémoire des peuples. Il faudrait aussi que l’on arrête de confondre islamique et islamiste ; cela relève d’une provocation inutile.

UN BLASPHÈME N’ENGAGE FINALEMENT QUE CELUI QUI LE PROFÈRE

Le péché originel est précisément tous les amalgames qui sont faits. La chancelière allemande, Angela Merkel, n’a pas fait de discours sur l’islam en prenant son peuple à témoin. Macron l’a fait. Mais les musulmans n’ont pas à se sentir touchés par les caricatures du Prophète. Un blasphème n’engage finalement que celui qui le profère.

Que les musulmans cessent donc de pousser des cris d’orfraie pour des faits qui ne les concernent pas. Si on est traité de débile dans la rue, est-ce qu’on l’est pour autant ? Il faut se demander pourquoi les musulmans se sentent à ce point touchés. Cette surenchère serait-elle chez eux un signe de doute ?

S’ils jugent la liberté de certaines civilisations insoutenable, qu’ils cessent d’envoyer leurs enfants dans les universités occidentales, qu’ils cessent de venir tenter leur chance au nord de la Méditerranée. Assez d’hypocrisie! D’autant que leur étroitesse de vue a des conséquences désastreuses pour ceux de leurs coreligionnaires qui vivent ou aspirent à vivre en Europe.

Avec Jeune Afrique par Frida Dahmani

Mauritanie : le gouvernement «indigné» par les attaques contre l’islam et son prophète

octobre 27, 2020

Le gouvernement mauritanien s’est dit «indigné» par les attaques contre l’islam «sous le fallacieux prétexte de la liberté de la presse», tout en «dénonçant» tout acte de «terreur» au nom de la religion, après la défense par le président français Emmanuel Macron de la liberté de caricaturer le prophète Mahomet.

«La République islamique de Mauritanie suit avec indignation les actions d’incitation menées depuis un certain temps contre l’islam sous le fallacieux prétexte de la liberté de la presse, ainsi que la provocation des musulmans en portant atteinte à notre Prophète» Mahomet, a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué reçu mardi 27 octobre. Le pays sahélien, où est appliquée la charia (loi islamique), «dénonce» cependant «tout acte de terreur commis au nom de la religion contre des innocents», dans ce communiqué.

Emmanuel Macron est devenu la cible de manifestations dans plusieurs pays après avoir promis que la France continuerait à défendre ce genre de caricatures, lors d’un hommage national le 21 octobre à Samuel Paty, un professeur décapité dans un attentat islamiste le 16 octobre pour en avoir montré certaines à ses élèves. Des dizaines de jeunes ont par ailleurs manifesté lundi près de l’ambassade de France à Nouakchott pour dénoncer les propos du dirigeant français, a constaté un journaliste de l’AFP.

Le parti islamiste Tewassoul, première force de l’opposition à l’Assemblée nationale, a quant à lui appelé le gouvernement mauritanien à prendre «une forte position contre les propos indécents et inacceptables de Macron» et appelé «à un boycott économique de la France», à l’instar de celui prôné par le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Par Le Figaro avec AFP

France: Une adolescente harcelée et menacée de mort après avoir critiqué l’islam

janvier 22, 2020

Une lycéenne de 16 ans a reçu plusieurs centaines de menaces en ligne après avoir publié une vidéo dans laquelle elle affirme que «l’islam c’est de la merde».

Mila, 16 ans, adolescente de la région lyonnaise, a reçu de nombreuses menaces après une vidéo dans laquelle elle critiquait l'islam.
Mila, 16 ans, adolescente de la région lyonnaise, a reçu de nombreuses menaces après une vidéo dans laquelle elle critiquait l’islam. Capture d’écran Instagram

Une jeune femme de 16 ans nommée Mila se trouve depuis ce week-end au cœur d’une polémique grandissante après avoir publié le 18 janvier sur Instagram une vidéo dans laquelle elle critique l’islam. Relayés sur les réseaux sociaux, ses propos lui ont valu de nombreuses insultes et menaces de mort.

L’affaire a commencé samedi, après que Mila, adolescente de la région lyonnaise et chanteuse à ses heures, a ouvert un live en ligne pour parler de sa passion avec ses abonnés. D’après le magazine Marianne, un internaute l’aurait alors pris à partie pour la «draguer de manière insistante ». Recadré par l’adolescente ouvertement lesbienne, il réagit en l’insultant et en l’accusant de racisme et d’islamophobie, ce à quoi Mila répond par une diatribe sans pincettes.

«Je déteste la religion, le Coran il n’y a que de la haine là-dedans, l’islam c’est de la merde, c’est ce que je pense», affirme-t-elle face caméra. «Je ne suis pas raciste, pas du tout. On ne peut pas être raciste envers une religion. Votre religion, c’est de la merde, votre Dieu, je lui mets un doigt dans le trou du cul, merci, au revoir.»

Diffusée sur Instagram et reprise sur Twitter, la vidéo déclenche un torrent d’insultes et de menaces à l’encontre de la jeune femme. «Je recevais 200 messages de pure haine à la minute», affirme Mila dans une interview parue sur le site féministe identitaire Bellica. Ses informations personnelles sont diffusées. « Je ne peux plus mettre un pied dans mon lycée», poursuit-elle.

Haine en ligne: comprendre la polémique sur la loi Avia
Alors que le texte de la loi Avia revient à l’Assemblée Nationale, retour sur le contenu et les aspects polémiques de la future loi. Contenus haineux, risque de censure, rôle du CSA…

La campagne de harcèlement a provoqué l’indignation d’une partie des internautes, qui ont rappelé que le blasphème n’était pas illégal en France, et partagé un hashtag de soutien #JeSuisMila, auquel a rapidement répondu un hashtag #JeNeSuisPasMila. Des personnalités politiques, au nombre desquelles Marine Le Pen et Jean Messiha, ont également apporté leur soutien à la jeune femme.

«Les propos de cette jeune fille sont la description orale des caricatures de Charlie, ni plus ni moins», a affirmé sur Twitter la présidente du Rassemblement national. «On peut trouver ça vulgaire, mais on ne peut pas accepter que, pour cela, certains la condamnent à mort, en France, au XXIe siècle.»

Par Le Figaro.fr

Le cardinal Tauran, fin diplomate et inlassable artisan du dialogue avec l’islam

juillet 6, 2018

Le cardinal français Jean-Louis Tauran, le 9 février 2005 au Vatican, à Rome / © AFP/Archives / Vincenzo PINTO

Il aura servi trois papes: le cardinal français Jean-Louis Tauran, mort jeudi à l’âge de 75 ans, s’est révélé comme un fin diplomate et un artisan inlassable du dialogue de l’Église avec l’islam, qu’il voyait comme seul « chemin » possible vers la paix.

Cet homme discret au visage doux fut « ministre des Affaires étrangères » du pape Jean Paul II durant une douzaine d’années (1991-2003), avant de présider le très stratégique Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux (2007-2018) auprès du pape Benoît XVI, puis du pape François.

Né le 5 avril 1943 à Bordeaux (sud-ouest de la France), où il s’est formé au grand séminaire et a été ordonné prêtre en 1969, le père Tauran n’a servi en paroisse, comme vicaire, que pendant cinq ans.

Le plus romain des cardinaux français, bien plus connu dans les grandes capitales du monde, notamment celles du Moyen-Orient, que dans son diocèse de Gironde, a fait l’essentiel de ses études à Rome: séminaire français, Académie pontificale (« l’école des nonces », les ambassadeurs du Vatican)…

Jean-Louis Tauran a brûlé les étapes de la carrière diplomatique. Conseiller de nonciature en République dominicaine, il a ensuite passé quatre ans au Liban, où son « coeur est resté », confiait-il. En décembre 1990, il est porté à la tête d’une des diplomaties les plus cotées du monde, devenant secrétaire des relations de l’Église avec les États, le plus jeune de l’histoire contemporaine.

Entré au service diplomatique du Vatican en 1975, il y reste jusqu’en 2003, lorsque le pape Jean Paul II le crée cardinal, juste avant de le nommer bibliothécaire et responsable des archives secrètes du Vatican. Il mettra alors en route les programmes d’ouverture anticipée de certaines archives.

Le cardinal Tauran reçu à Ryad, sur une photo fournie le 18 avril 2018 par Etidal, Centre international pour la lutte contre l’idéologie extrémiste / © Etidal/AFP/Archives / –

– « Habemus papam » –

En 2007, le pape Benoît XVI en fait le successeur d’un autre cardinal français, Paul Poupard, à la tête du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux: son dossier le plus sensible concerne les relations avec les musulmans, dans un monde touché par la résurgence de formes radicales de l’islam.

A ce poste, ce polyglotte continuera de parcourir la planète, tentant d’apaiser les remous nés notamment du fameux « discours de Ratisbonne » dans lequel, en septembre 2006, le pape allemand avait évoqué un lien entre islam et violence.

Le cardinal Tauran grondera contre « l’ignorance » de l’islam en Occident, y voyant la raison de la peur qu’elle inspire à beaucoup. « Ils n’ont jamais rencontré de musulmans et se basent sur ce qu’ils voient ou entendent à la télévision », déplorait-il.

« L’Église regarde avec estime les musulmans », soulignait-il en rappelant cette conviction issue de la déclaration « Nostra Aetate » du concile Vatican II (1962-1965). Il appelait à un dialogue non pas circonscrit aux élites mais inscrit dans le quotidien ordinaire de la vie des fidèles. Sans renoncer bien sûr, pour les chrétiens, à annoncer l’Évangile.

Le cardinal Tauran reçu à Ryad, sur une photo fournie par Etidal, Centre international pour la lutte contre l’idéologie extrémiste / © Etidal/AFP/Archives / –

« Nous n’avons pas d’autre chemin que celui du dialogue » afin de « favoriser la paix », estimait-il.

Très affaibli par la maladie de Parkinson, le cardinal Tauran a continué à promouvoir la liberté religieuse jusqu’au bout de ses forces. En avril dernier, il avait été reçu à Riyad, fief du très rigoriste wahhabisme, par des autorités saoudiennes affichant une volonté d’ouverture. « Je pense que nous avons deux ennemis: l’extrémisme et l’ignorance », avait-il déclaré.

« Cardinal protodiacre », il avait à ce titre prononcé la formule rituelle « Habemus papam » pour annoncer en 2013, depuis le balcon de la basilique Saint-Pierre, l’élection du pape François. Ce dernier l’avait élevé en 2014 au rang de « camerlingue de la Sainte Eglise romaine », le prélat qui gère les biens du Saint-Siège entre deux pontificats.

En Bordelais – son père, André, était négociant et possédait une affaire d’import-export de primeurs en Gironde -, Jean-Louis Tauran avouait un goût pour le bon vin et la table.

Mélomane et musicien lui-même (piano et orgue), il confessait une passion pour Bach et dévorait les livres. Il en a aussi écrit quelques-uns. Son dernier, « Je crois en l’Homme », paru en 2016, résonne comme un manifeste autour de son sous-titre: « Les religions font partie de la solution, pas du problème ».

Romandie.com avec(©AFP / 06 juillet 2018 15h37)

Allemagne: un élu d’extrême droite se convertit à l’islam

janvier 31, 2018

Berlin – Un élu local du parti d’extrême droite anti-islam AfD en Allemagne a annoncé mercredi s’être converti à l’islam, pour protester notamment contre le laxisme moral à ses yeux du christianisme.

« Une des raisons (de cette conversion) est liée aux changements intervenus dans l’Église, qui ne correspondent plus à mes valeurs », a déclaré au quotidien Bild Arthur Wagner, 48 ans, qui était jusqu’ici membre de l’Eglise protestante et responsable d’une fédération locale de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), parti islamophobe et anti-immigrés, dans le Brandebourg, près de Berlin.

Pour justifier sa décision, il a mentionné les positions de l’Eglise protestante « à l’égard de l’AfD, son soutien au mariage pour tous ou encore la participation de pasteurs au +Christopher Street Day+ où se trouvent des enfants ». « Ce n’est pas possible! », a-t-il lancé.

Le Christopher Street Day est un rassemblement annuel de la communauté LGBT en Allemagne.

Ce élu est un Allemand originaire de la région de la Volga en Russie, issu d’une communauté qui après la disparition de l’Union soviétique a massivement émigré en Allemagne et est aujourd’hui fortement représentée au sein de l’extrême droite du pays.

La conversion d’Arthur Wagner a d’autant plus surpris qu’il occupait une fonction de responsabilité au sein de l’Eglise protestante.

Elle a eu lieu en octobre dernier lors d’un voyage qu’il a effectué dans la République russe du Bachkortostan, à majorité musulmane, située entre la Volga et les Monts Oural, a-t-il expliqué plus tard avec un fort accent russe, lors d’une conférence de presse où il est apparu très exalté.

L’homme a aussi indiqué qu’il allait prochainement partir sur place pour étudier dans une université coranique.

La décision n’a pas été appréciée par son parti politique, dont il est toujours membre. Son responsable direct au niveau local, Kai Berger, s’est dit « très déçu ». « De nombreux adhérents attendent à présent qu’il quitte le parti, malheureusement nos statuts ne permettent pas de l’exclure », a-t-il dit.

L’intéressé a lui refusé de quitter l’AfD. « Je reste dans mon parti, comme simple adhérent », a-t-il dit, soulignant qu’il renonçait en revanche à son poste de cadre local.

Et il a lancé un appel au mouvement d’extrême droite à ne plus rejeter par principe l’islam. « Je dis aux conservateurs et aux nationaux-conservateurs : faites travailler votre cerveau! Nous sommes confrontés à des problèmes » dans le monde « et nous devons nous parler ».

Romandie.com avec(©AFP / 31 janvier 2018 17h19)

Canada/Québec: L’islam ne peut être dissocié des gestes commis en son nom, dit Couillard

juin 22, 2017

Les policiers et enquêteurs ont passé toute la... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE)

Les policiers et enquêteurs ont passé toute la nuit dans l’appartement de Amor Ftouhi, l’auteur de l’attentat de Flint. Photo Patrick Sanfaçon, La Presse

(Québec) L’islam ne peut être dissocié des actes terroristes commis en son nom, comme celui qui a été perpétré par un Montréalais à l’aéroport de Flint au Michigan, a affirmé Philippe Couillard jeudi.

Le premier ministre a dénoncé le geste «très triste» commis la veille par Amor Ftouhi, ce résidant de Montréal qui a poignardé un policier aux États-Unis.

Il a dit craindre que la communauté musulmane soit montrée du doigt dans la foulée du geste, un geste qui serait «injuste» selon lui. Mais du même souffle, il a ajouté que la religion ne peut être séparée des gestes perpétrés en son nom.

«Malheureusement, vous ne pouvez déconnecter ce type d’événement – le terrorisme – de l’islam en général», a-t-il indiqué M. Couillard en anglais.

Citant le nouveau président français Emmanuel Macron, le premier ministre a invoqué une «double responsabilité» de l’État et de la communauté musulmane dans la lutte au terrorisme.

«Nous avons tous une responsabilité face au terrorisme, a-t-il dit. L’État pour assurer la sécurité, pour prévenir autant que possible avec la communauté. Et la communauté d’engager le dialogue avec elle-même, si j’ose dire, pour rappeler à tous que ce n’est pas ce que la religion enseigne.»

 

Pas de risque accru

Amor Ftouhi, un père de famille de 50 ans, n’était pas sur le radar des policiers. La Presse a révélé que ce résidant du quartier Saint-Michel était titulaire d’une carte EXPRES lui permettant de passer la frontière canado-américaine plus rapidement, un privilège obtenu après la vérification de ses antécédents.

Philippe Couillard convient qu’il n’est pas irréaliste de penser que ce «loup solitaire» aurait pu frapper au Québec.

«Est-ce que ce serait impossible? Non. Quelqu’un qui vous dirait qu’il n’y a aucun risque chez nous ne vous dirait pas la vérité», a-t-il dit.

«Ce qu’on a comme information qu’on a des organisations de sécurité, c’est que le risque ne dépasse pas le niveau habituel, a-t-il toutefois ajouté. Il n’y a pas de risque accru.»

La délégation du Québec à Chicago est en contact avec les autorités du Michigan, a indiqué le premier ministre. Il compte s’entretenir prochainement avec le gouverneur de cet État, Rick Snyder.

Il dit n’avoir aucune raison de craindre un resserrement des frontières à cause de l’attentat.

Le premier ministre n’a pas précisé si des mesures particulières seront prises pour assurer la sécurité des nombreux rassemblements publics – festivals, Fête nationale, etc. – qui auront lieu dans les prochaines semaines.

«Ces événements sont encadrés, mais pas de façon à restreindre la joie de vivre de la population, a dit M. Couillard. Je pense que c’est important aussi. Je ne voudrais pas qu’on devienne un peuple frileux, recroquevillé, craintif. On a au contraire l’occasion, malgré cette tragédie, d’affirmer notre désir de vivre ensemble dans une société ouverte et démocratique où les droits des gens sont importants.»

Lapresse.ca par Martin Croteau

Trump prononcera un discours sur une « vision pacifique » de l’islam

mai 16, 2017

 

Donald Trump à la Maison Blanche le 16 mai 2017 / © AFP / SAUL LOEB

Donald Trump, qui avait proposé durant sa campagne de barrer l’entrée des musulmans aux États-Unis, prononcera dimanche en Arabie saoudite, lors de son premier déplacement à l’étranger, un discours sur une « vision pacifique » de l’islam.

Le président américain a signé un décret -actuellement bloqué par la justice- extrêmement controversé visant à fermer temporairement les frontières aux ressortissants de six pays majoritairement musulmans (Iran, Libye, Syrie, Somalie, Soudan et Yémen).

Accusé par ses détracteurs d’attiser l’islamophobie, il a défendu bec et ongles son initiative au nom de la lutte contre « les terroristes islamiques radicaux ».

Au deuxième jours de sa visite en Arabie saoudite, où il est attendu samedi, le président septuagénaire s’exprimera devant les dirigeants de « plus de 50 pays musulmans ».

A cette occasion, il prononcera un discours sur « la nécessité d’affronter les idéologies radicales » et sur ses « espoirs » pour « une vision pacifique de l’islam », a déclaré le général H.R. McMaster, qui dirige le Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche.

Cette allocution visera « à rassembler le monde musulman contre les ennemis communs de la civilisation et à démontrer l’engagement de l’Amérique envers nos partenaires musulmans », a-t-il ajouté.

Le président Trump participera ensuite à l’inauguration d’un centre dont l’objectif affiché est de combattre la radicalisme.

Ce centre démontre la volonté « de nos amis musulmans, dont l’Arabie saoudite, de prendre une position ferme contre l’extrémisme et contre ceux qui utilisent une interprétation dénaturée de la religion pour promouvoir leurs objectifs politiques et criminels », a encore souligné le patron du NSC.

Après son étape en Arabie saoudite, le président américain se rendra en Israël, au Vatican, à Bruxelles (sommet de l’Otan) et en Sicile (G7).

Discours du Caire d’Obama

Ce discours de Donald Trump, dont la tonalité sera scrutée avec attention à travers le monde, interviendra huit ans après celui prononcé par son prédécesseur démocrate Barack Obama au Caire, le 4 juin 2009.

En commençant en arabe par un « Salam aleikum » (« que la paix soit sur vous ») à l’adresse des 1,5 milliard de musulmans du monde, ce dernier avait appelé à mettre fin « au cycle de la méfiance et de la discorde ».

« Je suis venu chercher un nouveau départ entre les États-Unis et les musulmans à travers le monde, un départ fondé sur l’intérêt mutuel et le respect mutuel », avait-il lancé.

Dans une allocution prononcée depuis une mosquée de Baltimore à la fin de son deuxième mandat, en février 2016, le président démocrate avait, en pleine campagne électorale, mis en garde contre la « rhétorique haineuse » visant les musulmans.

Dénonçant la tentation de faire des amalgames entre « des actes terroristes et une religion », il avait pointé du doigt – sans le citer nommément – Donald Trump qui avait proposé, dans la foulée de la fusillade de San Bernardino (Californie) d’interdire l’accès des musulmans aux États-Unis par crainte d’attentats jihadistes.

La visite la plus célèbre d’un président dans une mosquée restera probablement encore pour longtemps celle de son prédécesseur, le républicain George W. Bush.

Six jours après les attentats du 11 septembre 2001, revendiqués par Al-Qaïda, il s’était rendu dans une mosquée de Washington.

« L’islam, c’est la paix », avait-il lancé dans une brève allocution restée dans les mémoires, soulignant que « le visage de la terreur » n’avait rien à voir avec cette religion pratiquée par des centaines de millions de personnes à travers le monde.

Romandie.com avec(©AFP / 16 mai 2017 23h08)                

Suisse: Après la burqa, il s’attaque au Coran

avril 17, 2017

L’UDC Walter Wobmann veut interdire la distribution dans la rue du livre sacré de l’islam.

 

Walter Wobmann ne veut pas voir ce genre de stand
dans les rues en Suisse.

Walter Wobmann ne veut pas voir ce genre de stand dans les rues en Suisse. Image: Mario Vedder/Keystone

Déjà à l’origine de l’initiative antiminaret et de celle contre la burqa, le conseiller national Walter Wobmann (UDC/SO) s’est trouvé un nouveau combat. Désormais, ce sont les distributions de Corans dans les rues helvétiques qu’il veut faire interdire. «Il ne doit pas être possible que des livres aussi extrêmes que le Coran, qui s’attaquent à nos systèmes sociétal et juridique, soient distribués», justifiait-il, hier, dans Ostschweiz am Sonntag et Zentralschweiz am Sonntag.

Les dominicaux alémaniques précisent également que l’initiative contre la burqa est actuellement en difficulté. À cinq mois du terme, il lui manque toujours 30 000 voix et les caisses sont vides. En ce qui concerne le Coran, Walter Wobmann ne sait pas encore s’il formulera sa proposition par la voie parlementaire ou par le biais d’une nouvelle initiative populaire.

S’il reconnaît que le sujet est important, le conseiller national Yannick Buttet (PDC/VS) souligne qu’interdire la distribution du Coran n’a aucun sens. «Le problème, ce n’est pas le livre en soi. Le problème, et les services de renseignements de la Confédération le savent, c’est que certaines de ces distributions servent de moyen de recrutement pour l’EI», détaille-t-il. Fin 2016, l’Allemagne a interdit l’organisation «Die wahre Religion», qui distribuait des Corans dans la rue. Soupçonnée d’avoir joué un rôle dans la radicalisation de jeunes musulmans, celle-ci est également active en Suisse.

Pour Yannick Buttet, il faut donc faire preuve d’une attention accrue à ce sujet. «Plutôt que d’interdire les distributions, il faut cibler les associations ou les mosquées qui sont actives dans le recrutement», indique-t-il. Sa collègue du Conseil national Laurence Fehlmann Rielle (PS/GE) abonde. «En soi, distribuer le Coran n’a rien de répréhensible. En revanche, si on prouve que certains en profitent pour créer des réseaux conduisant au djihad, alors ce sont ces associations-là qu’il faut interdire», affirme-t-elle.

«Un créneau qui séduit»

À ses yeux, la proposition de Walter Wobmann participe surtout d’une volonté de stigmatiser l’islam. «Cela contribue à semer le soupçon sur l’immense majorité des musulmans qui sont modérés ou non pratiquants et qui ne sont absolument pas dangereux», regrette-t-elle. Pour elle, le sujet est devenu un fonds de commerce, régulièrement alimenté par certains. Une vision partagée par Yannick Buttet. «On peut se demander si Walter Wobmann ne prépare pas sa prochaine campagne. Électoralement, il vit de ce créneau qui séduit une minorité», analyse-t-il. Si, pour lui, ces stigmatisations sont inacceptables, l’élu PDC invite les musulmans de Suisse à prendre position de manière encore plus claire. «On peut trouver cela injuste mais pour éviter l’amalgame, ils doivent répéter tout le temps: «Ces gens-là ne sont pas des musulmans, ces gens-là sont des terroristes.»

De son côté, la conseillère nationale Lisa Mazzone (Les Verts/GE) dénonce l’idée formulée par Walter Wobmann. «C’est grave de proposer quelque chose comme cela. Cela porte atteinte à la liberté de religion en vigueur en Suisse», pointe-t-elle. À ses yeux, cela va clairement à rebours de ce qu’il faut faire pour assurer la cohésion sociale. «Encore une fois, c’est une mesure qui ne s’applique qu’à une seule religion. On stigmatise de manière continue et répétée une partie de la population, en l’occurrence les musulmans», regrette la conseillère nationale. Elle rappelle par ailleurs que l’arsenal législatif permettant de lutter contre l’incitation à la violence existe déjà et qu’il sera encore renforcé le 1er septembre prochain avec l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur le renseignement.

Avec Le Matin.ch par Fabien Feissli, Créé: 17.04.2017, 09h06

Au Maroc, œil au beurre noir cherche poudre libre pour maquillage de violences

décembre 7, 2016

Une émission diffusée sur une chaîne publique apprenait aux femmes à dissimuler les traces de coups, symptomatique du conservatisme des islamistes au pouvoir.

Manifestation à Rabat lors de la Journée internationale de la femme, le 8 mars 2015.

Manifestation à Rabat lors de la Journée internationale de la femme, le 8 mars 2015. Crédits : AFP
« La’akar’al khnouna ! », dit une expression marocaine intraduisible (littéralement « du rouge à lèvres sur de la morve »). Plus parlante, la version anglaise : « Lipstick on a pig », pour dire comment une réalité crue peut être embellie. Mercredi 23 novembre, la présentatrice de la matinale « Sabahiyat » de 2M, la deuxième chaîne de télé marocaine, a justement proposé une leçon d’embellissement et de « make up » aux femmes battues. Evoquant la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, l’animatrice a donné à ses « chères auditrices » des conseils pour masquer ecchymoses et hématomes à l’aide d’une palette de fards.

Lilia Mouline, l’une des figures de la chaîne, détaille ses gestes sur une cobaye en plateau : « Cette zone est sensible, n’appuyez pas, mais vous pouvez tapoter avec un petit pinceau. » Toute la game chromatique y passe. « Pour finir, appliquer de la poudre libre, qui est transparente, va fixer le maquillage pour votre journée au travail ou si vous avez des tâches à effectuer ». Si le fond de teint résiste, l’honneur est sauf.

« Erreur d’appréciation »

Ce dérapage télévisuel a déclenché une tempête de protestations au Maroc, notamment sur les réseaux sociaux, avant de tourner en boucle sur les médias internationaux. « On parle de nous dans le métro de Hongkong ! », se désole un internaute. Prenant la mesure de l’indignation, la chaîne a réagi via un communiqué sur sa page Facebook, présentant ses « excuses les plus sincères pour cette erreur d’appréciation », mais seulement après avoir souligné son « engagement depuis vingt-sept ans en faveur de la défense des droits de la femme ».

Des sanctions ont été promises contre les responsables de l’« erreur d’appréciation » et le communiqué a été lu lors du journal télévisé du soir.

La bourde serait peut-être passée inaperçue sur une obscure chaîne d’un bouquet satellite, mais 2M est une chaîne publique, la plus regardée du royaume. Détenue majoritairement par l’Etat, elle attire une large audience grâce à une programmation généraliste faisant la part belle aux feuilletons populaires (y compris des telenovelas doublées en darija, l’arabe marocain), aux émissions d’actualité et au divertissement. De plus, la chaîne se targue d’être à l’avant-garde sur les problématiques et sujets de société, ce qui la met souvent en porte-à-faux avec le courant islamiste.

62,8 % des femmes victimes de violences

Les violences contre les femmes sont un phénomène massif au Maroc. En 2010, le Haut Commissariat au plan révélait que 62,8 % des femmes âgées de 18 à 65 ans avaient subi un acte de violence sous une forme ou une autre durant les douze mois précédant l’enquête. 23 % des femmes disent avoir subi un acte de violence sexuelle au cours de leur existence, 55 % ont indiqué être victimes de violences dans un cadre conjugal et 35 % ont déclaré des violences physiques.

Ces chiffres sont très élevés. A titre de comparaison, l’Observatoire français des violences faites aux femmes estime que 223 000 femmes en France sont victimes chaque année de violences conjugales sous ses formes les plus graves, soit 1 % de la population de référence. Et surtout, au Maroc, la loi du silence atteint des proportions abyssales. Le même rapport précise que la violence conjugale n’est rapportée à une autorité compétente que dans 3 % des cas. Même quand les forces de sécurité sont sollicitées, 25 % des plaintes se soldent par le seul établissement d’un procès-verbal, et 38 % par la conciliation entre les conjoints et la renonciation à la poursuite. Seul 1,3 % des coupables désignés sont arrêtés.

Adoptée en 2011, la nouvelle Constitution marocaine prône l’égalité et prohibe toutes les formes de discriminations, prévoyant même des mécanismes de lutte contre la violence, qui restent à adopter. « Malheureusement, toutes les avancées concernant les droits des femmes sont menacées par la montée des conservateurs lors des législatives en 2011 et reconduits en 2016 », s’inquiète Ilhame Ouadghiri, présidente d’Initiatives pour la protection des droits des femmes. Cette ONG gère depuis 2009 le centre d’accueil et d’orientation Batha à Fès, qui accompagne des femmes victimes de violences.

Ministre anti-féministe

Mme Ouadghiri juge « scandaleuse » l’émission télévisée de 2M : « Il est surréaliste que la banalisation de la violence de genre en arrive là. » Elle réserve cependant ses critiques les plus acerbes à la ministre de la solidarité, de la famille et de la femme, l’islamiste Bassima Hakkaoui, qui est aussi porte-parole par intérim du gouvernement. Figure de proue de l’opposition à la nouvelle Moudawana, une réforme libérale du Code de la famille imposée par le roi Mohammed VI en 2004 contre une opinion largement conservatrice, Mme Hakkaoui continue de ferrailler avec les féministes depuis son entrée en gouvernement en janvier 2012.

« Quand le premier ministre Benkirane assure que les femmes sont des lustres et que leur place est à la maison, les partis ne réagissent même pas » Ilhame Ouadghiri, présidente d’Initiatives pour la protection des droits des femmes

« Tout le travail de la société civile est aujourd’hui menacé par un gouvernement conservateur à majorité islamique et où le compromis politique semble se faire au dépend des droits des femmes », dénonce la responsable d’ONG, qui parle de régression depuis cinq ans. Et d’ajouter : « Quand le premier ministre Abdelilah Benkirane assure que les femmes sont des lustres et que leur place est à la maison, les partis politiques ne réagissent même pas ! »

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Comme la majorité des représentants de la société civile, elle s’agace de n’avoir pas été associée au projet de loi contre les violences faites aux femmes, qu’elle a découvert « dans les médias », et dont elle critique toute la philosophie : « Contradiction des approches adoptées, absence de la dimension de genre, lien exclusif établi entre les femmes et les enfants, confusion des registres de la prévention, de la protection et de la prise en charge des victimes. » La liste n’est pas exhaustive. La ministre Bassima Hakkaoui, elle, n’a pas souhaité réagir à cette mise en cause.

Un exemple récent de l’ambiguïté et du conservatisme qui dominent est le slogan choisi en cette fin d’année 2016 par le gouvernement islamiste pour la campagne nationale de lutte contre les violences : « La violence contre les femmes est méprisable. Les respecter est preuve de virilité. » Pas sûr que l’argument soit repris par les féministes.

 

Quatre mosquées d’Ile-de-France fermées pour cause « d’idéologie radicale »

novembre 2, 2016

D’après le ministère de l’intérieur, ces lieux de prières « abritaient des réunions visant à promouvoir une idéologie radicale, contraire aux valeurs de la République ».

« Sous couvert de but cultuel, ces lieux abritaient des réunions visant à promouvoir une idéologie radicale, contraire aux valeurs de la République et susceptible de constituer un risque grave d’atteinte à la sécurité et à l’ordre publics », écrit la Place Beauvau dans un communiqué.

« Islam rigoriste »

Dans le Val-de-Marne, il s’agit de la mosquée Al-Islah, située à Villiers-sur-Marne, où une école coranique clandestine avait été découverte fin août lors d’une perquisition. Elle était connue des services de renseignement pour avoir été fréquentée, selon eux, par douze personnes condamnées en avril pour leur participation présumée à une filière djihadiste à destination de la Syrie.

Dans les Yvelines, c’est la salle de prières d’Ecquevilly qui a été fermée. Il s’agit « d’un lieu de référence influent de la mouvance salafiste, prônant un islam rigoriste, appelant à la discrimination et à la haine, voire à la violence », selon l’arrêté du préfet des Yvelines. Et en Seine-Saint-Denis, les mosquées fermées étaient situées à Stains et à Clichy-sous-Bois.

Une vingtaine de lieux de culte fermés

Le ministère s’est appuyé sur l’article 8 de la loi sur l’état d’urgence, qui permet la fermeture des lieux de culte au sein desquels sont tenus des propos constituant une provocation à la haine ou à la violence ou une provocation à la commission d’actes de terrorisme.

Mi-octobre, le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, avait fait savoir qu’une vingtaine de mosquées et de salles de prière considérées comme radicales avaient été fermées depuis décembre 2015.

Lemonde.fr avec AFP