Posts Tagged ‘Islam’

Malaisie: un rappeur en détention préventive pour insulte à l’islam

août 22, 2016

Kuala Lumpur – Un rappeur populaire en Malaisie a été placé en détention provisoire lundi par un tribunal pour avoir insulté l’islam en tournant un clip vidéo en partie dans une mosquée de ce pays d’Asie du Sud-Est à majorité musulmane, a indiqué la police.

Le rappeur Namewee, dont la véritable identité est Wee Meng Chee, sera détenu pendant quatre jours, a déclaré à l’AFP un responsable de la police de l’Etat du Penang (nord-ouest), Mior Faridalathrash Wahid.

Le rappeur est interrogé pour avoir profané un lieu de culte avec l’intention d’insulter une religion, a précisé cette même source.

L’artiste, qui est aussi réalisateur de cinéma, risque une amende et/ou une peine de prison allant jusqu’à deux ans.

Il lui est également reproché d’avoir utilisé le mot Allah et des sons de l’appel à la prière chez les musulmans dans ce clip vidéo de quatre minutes titré Oh mon Dieu.

Namewee et d’autres chanteurs y apparaissent à l’intérieur d’une mosquée et d’une église, de même que dans des temples hindous, bouddhistes, et taoïstes. Ils portent des habits représentant différentes cultures et religions.

Le rappeur a été interpellé à l’aéroport international de Kuala Lumpur dimanche soir à son retour de l’étranger.

Son arrestation a été critiquée lundi par Amnesty International, pour qui il s’agit d’un nouveau signe de l’intensification de la répression exercée par les autorités malaisiennes contre ceux, qui critiquent le gouvernement, y compris les artistes.

La Malaisie est généralement connue pour sa pratique modérée de l’islam, mais des tensions religieuses sont apparues ces dernières années. Des musulmans modérés et des représentants d’autres religions se disent régulièrement préoccupés par la montée de pratiques conservatrices de l’islam.

En juillet, plusieurs associations ont déposé plainte affirmant que la vidéo de Namewee insultait l’islam.

En réponse, le rappeur a publié une vidéo sur YouTube expliquant qu’il n’avait aucune intention d’insulter une quelconque religion et que cette chanson avait été écrite pour promouvoir l’harmonie.

Le clip vidéo controversé n’est plus disponible en ligne, mais une version éditée sans les scènes dans la mosquée a été téléchargée le weekend dernier sur YouTube.

Romandie.com avec(©AFP / 22 août 2016 14h47)

Le pape François refuse d’associer islam et terrorisme

juillet 31, 2016

A bord de l’avion papal – Le pape François a refusé dimanche tout amalgame entre islam et terrorisme, expliquant que les catholiques pouvaient être aussi violents que les musulmans et déclarant que l’Europe était en train de pousser une partie de sa jeunesse vers le terrorisme.

Il n’est pas vrai et il n’est pas exact (de dire) que l’islam c’est le terrorisme, a déclaré le souverain pontife. Il était interrogé, après le récent assassinat d’un prêtre en France par deux jihadistes, sur son choix de ne jamais mentionner l’islam lorsqu’il condamne ce type d’attentats.

Je ne pense pas qu’il soit juste d’associer islam et violences, a dit le pape.

Tous les jours quand j’ouvre les journaux, je vois des violences en Italie, quelqu’un qui tue sa petite amie, un autre qui tue sa belle-mère, et ce sont des catholiques baptisés, a déclaré François, qui s’exprimait au cours d’une conférence de presse dans l’avion qui le ramenait de Pologne.

Si je dois parler de violences islamiques, je dois aussi parler de violences chrétiennes. Dans presque toutes les religions, il y a toujours un petit groupe de fondamentalistes. Nous en avons nous aussi, a-t-il insisté.

Comme dans plusieurs interventions au cours de son voyage de cinq jours en Pologne à l’occasion des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ), le pape François a assuré que la religion n’était pas le vrai moteur des violences.

On peut tuer avec la langue aussi bien qu’avec un couteau, a-t-il lancé, se référant apparemment à la montée des partis populistes qui attisent le racisme et la xénophobie.

Le terrorisme prospère quand le dieu de l’argent est placé en premier et quand il n’y a pas d’autre option, a dit le pape.

Combien parmi nos jeunes Européens avons-nous abandonnés sans idéal, sans travail ? Alors ils se tournent vers les drogues, vers l’alcool, et vont là-bas s’engager avec les groupes fondamentalistes, a-t-il estimé.

Refusant que l’islam soit associé aux violences, des représentants musulmans de France mais également d’Italie se sont rendus à la messe dans des églises dimanche matin, en signe de solidarité et de fraternité.

Romandie.com avec(©AFP / 01 août 2016 01h32)

Le ramadan commence lundi en France

juin 5, 2016

Devant l’institut de théologie de la grande mosquée de Paris.

Devant l’institut de théologie de la grande mosquée de Paris. PATRICK KOVARIK / AFP
Le ramadan, mois sacré de jeûne dans l’islam, commencera lundi 6 juin, selon le Conseil français du culte musulman (CFCM). Cette période de jeûne, quatrième pilier de l’islam, interviendra cette année pendant l’Euro 2016 de football (10 juin-10 juillet) et durant les épreuves du baccalauréat, qui débutent le 15 juin.

Réuni dimanche à la grande mosquée de Paris « en présence de dignitaires religieux et de représentants de fédérations musulmanes », le CFCM a fixé au 6 juin le « premier jour du mois sacré du ramadan pour l’an 1437 de l’Hégire » – année utilisée dans le calendrier musulman et qui compte entre 354 et 355 jours.

La grande mosquée de Paris, attachée à l’observation lunaire pour déterminer les dates du calendrier musulman, se réunissait dans le cadre de la traditionnelle « nuit du doute », la veille ou l’avant-veille du début du ramadan, et suit l’enseignement du Prophète qui aurait prescrit dans un hadith (commentaire oral): « Ne jeûnez que lorsque vous verrez le croissant lunaire et ne rompez le jeûne que lorsque vous le verrez aussi ».

De 70 % à 80 % de jeûneurs chez les musulmans français

Le CFCM « présente ses meilleurs vœux aux musulmans de France et leur souhaite un heureux mois du jeûne, mois de la piété et du partage », et assure « l’ensemble de [ses] concitoyens de toutes confessions, de toutes origines et de toutes conditions, de ses prières fraternelles pour que leur Nation vive dans la paix, l’unité et la solidarité ».

L’islam est la deuxième religion de France. Le ramadan est un rite massivement suivi par les musulmans français, avec plus de 70 %, voire 80 % de jeûneurs, selon les études. Durant ce mois sacré, les musulmans sont invités à s’abstenir de boire, de manger et d’avoir des relations sexuelles, des premières lueurs de l’aube – dès que l’on peut « distinguer un fil blanc d’un fil noir », dit le Coran – jusqu’au coucher du soleil.

Le jeûne est prescrit à tout musulman pubère. Des dispenses appelant des compensations – par un jeûne différé – sont prévues pour les voyageurs, les malades, les personnes âgées, les femmes enceintes ou venant d’accoucher. L’Aïd el-Fitr, la fête de la rupture du jeûne qui suit le ramadan, aura lieu autour du 5 juillet, chaque mois durant vingt-neuf ou trente jours dans le calendrier musulman.

Lemonde.fr avec AFP

La mort du Prophète de l’islam : contre-enquête sur une ténébreuse affaire

avril 25, 2016

Des musulmans de différentes nationalités se sont réunis à l'université d'Al-Azhar au Caire, en avril 2016.

Des musulmans de différentes nationalités se sont réunis à l’université d’Al-Azhar au Caire, en avril 2016. Crédits : AFP
Au terme d’une étude très fouillée des sources de la Tradition musulmane, Hela Ouardi, professeur à l’Institut supérieur des sciences humaines de l’université Tunis El Manar, et membre associé du Laboratoire d’études sur les monothéismes du CNRS, apporte un éclairage inédit sur les derniers jours de Mahomet.

Vous venez de publier un ouvrage très documenté intitulé « Les derniers jours de Muhammad ». Quelles ont été vos sources ?

Mes sources sont le Coran et ses multiples exégèses ainsi que les livres les plus anciens de la Tradition musulmane (sunnite et chiite) : les recueils d’hadiths du Prophète, les différents récits biographiques écrits sur lui et ses compagnons ainsi que les chroniques historiques comme celle, majeure, de Tabarî (IXe – Xe siècle).

Soit des milliers de pages contenant des versions diverses, tantôt concordantes, tantôt contradictoires. Il m’a donc fallu me livrer à une minutieuse enquête, pour essayer, en historienne, de restituer les faits ou en tout cas de s’en approcher.

Lire aussi : Saba Mahmood : « Il existe chez les croyants une relation d’intimité avec le Prophète »

La Tradition musulmane a élaboré une représentation idéalisée de Mahomet alors que le Coran rappelle qu’il n’est qu’un homme semblable aux autres. Il aurait été en quelque sorte déshumanisé. Dans votre livre ne retrouve-t-il pas toute son humanité ?

« Mahomet a manifestement beaucoup souffert durant les derniers mois de sa vie. Il ne s’agissait pas seulement de la douleur physique due à la maladie qui lui a été fatale »

Je le souhaite en tout cas ! Mon objectif était en effet de rendre le Prophète de l’islam à son humanité, à laquelle renvoie explicitement le Coran dans les sourates 18 et 41. Pour ce faire, j’ai tenté de mettre en évidence l’aspect tragique qui caractérise la fin de son existence et qui donne au personnage une dimension esthétique sublime, comparable à celle des héros de la tragédie grecque.

Comme le dit le philosophe Arthur Schopenhauer « la tragédie est la forme suprême de la poésie ». Mahomet a manifestement beaucoup souffert durant les derniers mois de sa vie. Il ne s’agissait pas seulement de la douleur physique due à la maladie qui lui a été fatale. Quand on examine les ouvrages de la Tradition, on constate que l’homme était dans une situation d’abattement psychologique, fruit d’une crise politique profonde qui menaçait son autorité.

A quoi tenait cette crise ?

On a coutume de dire qu’à la fin de sa vie le Prophète avait pacifié l’Arabie, réduit la turbulence des tribus arabes et qu’il avait entamé la marche victorieuse en dehors de son territoire.

En réalité, peu avant sa mort, il venait d’essuyer deux défaites face aux armées chrétiennes de l’Empire byzantin. Il fut l’objet de tentatives d’assassinat, probablement de la part de certains de ses plus proches compagnons, et il dut faire face à l’émergence de « faux prophètes » appelant les tribus à la sédition.

A cela s’ajoute le drame personnel que fut la perte de son fils Ibrahim, mort quelques mois avant lui. Cette dimension tragique est exprimée par le Prophète lui-même de manière expressive dans des phrases empreintes de pathos, rapportées unanimement par les plus importantes autorités de la Tradition.

Par exemple, il se plaint à l’ange Gabriel : « je me sens accablé, je me sens affligé ». De même, dans une scène très théâtrale digne de Hamlet, on le voit accomplir une visite nocturne au cimetière de Médine : s’adressant aux morts, il leur dit qu’ils sont dans une situation enviable car « les discordes se profilent à l’horizon comme des lambeaux de nuit noire ». Force est de constater que ses sombres prédictions se sont bel et bien réalisées.

Une prière de l'Aid à Rabat, au Maroc, en juillet 2015.

Une prière de l’Aid à Rabat, au Maroc, en juillet 2015. Crédits : AFP

Ainsi, les derniers jours de Mahomet ont un relent de « fin de règne » où tous les coups sont permis pour lui succéder.

Effectivement, tous les coups étaient permis pour les compagnons du Prophète, notamment les deux futurs premiers califes Abou Bakr et Omar. L’illustration la plus éloquente et sans doute la plus scandaleuse de ce machiavélisme est la confiscation par Omar des dernières volontés du Prophète.

Quand celui-ci décide, le jeudi qui précède sa mort, de dicter son testament, Omar l’en empêche en disant : « l’envoyé de Dieu délire ». D’ailleurs, ce n’est pas la seule fois où le Prophète à l’article de la mort apparaît malmené par son entourage.

D’autres scènes décrites dans les livres les plus orthodoxes, soulignent clairement que les deux futurs premiers califes, assistés de leurs filles respectives Aïcha et Hafsa, épouses du Prophète, ont tissé autour du moribond une véritable toile d’araignée pour ne pas laisser le pouvoir leur échapper.

Ce qui m’a le plus étonnée c’est que ces scènes « compromettantes » pour la mémoire d’Abou Bakr et Omar ont été rapportées par la tradition sunnite pourtant si favorable à ces deux figures. Voilà qui déconstruit la vision mythique d’un « âge d’or » de l’islam et de ses « pieux ancêtres » auxquels se réfèrent aujourd’hui les salafistes.

Deux éléments coexistent dans la Tradition musulmane que vous interrogez : d’une part l’imminence de la fin des temps, prophétisée par Mahomet, et, d’autre part, la fondation d’un Etat, appelé à étendre son empire au-delà de ses frontières d’origine. Comment cette contradiction a-t-elle été surmontée ?

« En somme, avec la mort de Mahomet, nous sommes face au moment fondateur d’une religion qui, désormais sans son Prophète, a été confrontée à l’épreuve de sa propre survie »

En effet, les sources musulmanes soulignent le caractère eschatologique de la mission du Prophète qui affirmait être venu annoncer la fin du monde. Après sa mort, certains de ses adeptes ont été pris de panique, croyant l’apocalypse imminente.

Mais comme l’apocalypse n’a pas eu lieu, il fallait y remédier, sinon l’islam annonciateur de la fin des temps et le message du Prophète aurait pu voir leur crédibilité compromise.

En somme, avec la mort de Mahomet, nous sommes face au moment fondateur d’une religion qui, désormais sans son Prophète, a été confrontée à l’épreuve de sa propre survie. Au-delà de l’autorité du Maître disparu, l’islam devait se réinventer ou peut-être même s’inventer.

Lire aussi : « Le soufisme peut être un rempart à l’islam radical »

C’est là qu’on mesure le rôle décisif d’Abou Bakr et Omar. En créant le califat qui allait durer plusieurs siècles, ils ont donné un avenir à ce qui était au départ une doctrine de la fin des temps.

En instituant le prétendu Etat islamique (Daech), Abou Bakr Al-Baghdadi son calife autoproclamé ne cherche-t-il pas répéter les origines tragiques de cette histoire ?

Absolument ! Cette volonté manifestée par Daech de répéter l’histoire en revenant à l’origine est d’autant plus dangereuse qu’elle est incohérente, car elle investit deux récits antagoniques.

Elle s’inscrit d’une part dans la dimension eschatologique de la prédication initiale de Mahomet. La littérature djihadiste actuelle est en effet truffée d’hadiths du Prophète annonçant l’imminence de la fin des temps qui doit advenir en Syrie, « terre du jugement dernier ». On est là dans la perspective de la « fin de l’Histoire ».

Lire aussi : Olivier Roy : « Le djihadisme est une révolte générationnelle et nihiliste »

D’autre part et paradoxalement, Daech fonde un califat, c’est-à-dire qu’il réactualise le moment du « début de l’Histoire » quand Abou Bakr Al-Baghdadi a créé, au prix d’un bain de sang, une institution politique qui ouvrira la voie à l’avènement d’un empire musulman.

On comprend du coup pourquoi le chef de Daech Ibrahim Awad s’est choisi comme pseudonyme Abou Bakr al-Baghdadi Al-Qouraychi (Qouraychi : membre de la tribu du Prophète). Ainsi, l’Etat islamique est une sorte de monstre politique. C’est le fruit d’un croisement « contre-nature » entre deux genèses religieuses antithétiques, qui lui donnent les moyens symboliques d’une double légitimation de la violence. Avec Daech, on peut dire que la barbarie est élevée « au carré » !

Votre livre a été censuré au Sénégal sous la pression d’organisations islamistes et d’hommes politiques. Le travail historique et critique sur les Ecritures tel qu’il a été opéré dans le judaïsme et le christianisme serait-il inconcevable concernant l’islam ?

La censure de mon livre au Sénégal ne signifie pas que le travail de critique historique est inconcevable en islam. Ce n’est pas en cassant le thermomètre qu’on fait disparaître la fièvre ! J’ajouterai que le travail critique sur les sources a été entrepris depuis des décennies par plusieurs chercheurs issus de la culture musulmane. Ils ont été intimidés et persécutés par les institutions politico-religieuses qui veulent continuer à manipuler les sources et par là même à manipuler musulmans.

Lire aussi : Au Sénégal, les réseaux très prospères de la confrérie mouride

Mais les temps ont changé, on n’a plus à faire à une sorte de « querelle des Anciens et des Modernes ». L’enjeu de la critique historique sur l’islam n’est plus seulement la réforme d’une religion mais, dans le contexte actuel, le salut de valeurs et de vies humaines.

Les derniers jours de Muhammad, de Hela Ouardi, éd. Albin Michel, 368 pages, 19,50 euros.

Ruth Grosrichard est professeur agrégée de langue arabe et de civilisation arabo-islamique à Sciences-Po Paris et contributrice du « Monde Afrique ».

Egypte: 5 ans de prison pour trois adolescents chrétiens pour outrage à l’islam

février 25, 2016

Le Caire – Trois adolescents chrétiens coptes ont été condamnés jeudi à cinq années de prison en Egypte accusés d’outrage à l’islam parce qu’ils ont parodié dans une vidéo une scène de prière, a-t-on appris auprès du parquet.

Un quatrième, âgé de 15 ans, a été condamné à être enfermé dans un centre de détention pour enfant, pour une durée non déterminée, par un tribunal correctionnel de Minya (centre).

Leur avocat assure à l’AFP que les trois jeunes issus de la minorité copte et âgés de 15 à 17 ans au moment des faits, voulaient en réalité parodier une décapitation telle que la pratique le groupe jihadiste Etat islamique (EI). Les quatre n’avaient pas été encore arrêtés jeudi selon leur avocat qui entend faire appel, ce dernier étant suspensif.

Dans la vidéo, filmée en janvier 2015 par un de leurs professeurs qui avait lui-même été condamné à 3 ans de prison dans un procès séparé, on peut voir l’un des ados s’agenouiller et mimer une prière musulmane, les autres gesticulant hilares autour de lui. L’un d’eux fait ensuite mine, avec le pouce, de décapiter celui qui priait.

Romandie.com avec(©AFP / 25 février 2016 14h21)

Michel Onfray renonce à publier en France son essai sur l’islam

novembre 27, 2015

 onfray

Le philosophe Michel Onfray, lors du lancement de « l’Université populaire » à Hérouville-Saint-Clair, le 15 octobre 2010 près de Caen. afp.com/CHARLY TRIBALLEAU

Le philosophe Michel Onfray renonce à la publication en France de Penser l’islam. Il a aussi annoncé la fermeture de son compte Twitter pour « retourner dans son bureau ».

Le philosophe Michel Onfray a renoncé à publier, en France, son essai critique sur l’islam. « Aucun débat serein n’est plus possible » dans le pays sur ce sujet, a argumenté ce vendredi Grasset, sa maison d’édition. « Michel Onfray, convaincu qu’aucun débat serein n’est plus possible en France au sujet de l’islam dans le contexte actuel, renonce à publier Penser l’Islam comme prévu au mois de janvier 2016″, a écrit Grasset. Le livre paraîtra cependant « à l’étranger ».

Michel Onfray « n’est pas l’ami des religions »

Le livre Penser l’Islam devait être publié le 27 janvier. Il était annoncé comme un livre d’entretien entre le philosophe et la journaliste algérienne Asma Kouar. « Son livre paraîtra à l’étranger, mais l’auteur a pris la décision de sursoir sans date à sa publication en France », a précisé l’éditeur.

 « Depuis son Traité d’athéologie, nul n’ignore que Michel Onfray n’est pas l’ami des religions – qu’il considère, en homme des Lumières, comme des maladies propices à la haine, au fanatisme, à la négation des corps. Evidemment, l’islam ne fait pas exception à cette critique radicale – au contraire… », affirmait son éditeur en octobre dans la fiche de présentation de ce livre qui devait compter environ 200 pages.
 Michel Onfray a lu le Coran « de très près », affirmait son éditeur. « De telle sorte qu’il ne craint pas d’y percevoir – comme dans les autres monothéismes – de fréquentes apologies de la violence et de la guerre », ajoutait-il.

« Citant de nombreuses sourates, confrontant les interprétations, il place les musulmans devant la réalité d’un texte qui, à côté de ces élans sublimes, fait également la part belle à la cruauté, à la haine des femmes, à l’esprit de conquête », avait mis en avant Grasset.

Fermeture du compte Twitter

Depuis, il y a eu les attentats du 13 novembre et Michel Onfray a fait entendre une voix discordante en dénonçant « la politique islamophobe » de Paris, des propos polémiques récupérés par la propagande djihadiste. Au lendemain des attentats qui ont fait 130 morts, le philosophe avait écrit sur Twitter: « Droite et gauche qui ont internationalement semé la guerre contre l’islam politique récoltent nationalement la guerre de l’islam politique ».

Le groupe Etat islamique a utilisé les propos du philosophe dans une vidéo de propagande. « Le travail du philosophe est de mettre en perspective ce qui est avec les conditions qui ont rendu possible ce qui advient », a expliqué Michel Onfray après cette vidéo.

« Je ne défends pas l’Etat islamique », a-t-il insisté. Interrogé sur l’utilisation de son discours par l’organisation Etat islamique, il explique qu' »on est toujours instrumentalisé par tout le monde ».

Parallèlement, le philosophe annonce dans Le Point la fermeture de son compte Twitter, suivi par plus de 100 000 abonnés. « J’en ai assez que mes tweets soient plus importants que mes livres, déclare-t-il. Je veux retourner dans mon bureau. Commenter les commentaires, ça ne m’intéresse pas. »

Lexpress.fr avec AFP

Sénégal: Macky Sall appelle à promouvoir un islam tolérant en Afrique

novembre 10, 2015

Dakar – Le président sénégalais Macky Sall a appelé lundi soir les pays africains à promouvoir un islam tolérant et à échanger du renseignement pour lutter contre l’expansion du jihadisme sur le continent.

Il faut développer un discours philosophique et théologique, une formation des imams dans le sens d’un islam tolérant, a-t-il déclaré lors du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique.

Nous venons d’arrêter des imams au Sénégal, quelques-uns, a souligné M. Sall, mettant en garde contre toute exploitation politique de cette affaire relatée par les médias sénégalais, selon lesquels cinq personnes, dont deux femmes, ont été inculpées la semaine dernière et placées sous mandat de dépôt.

Nous ne saurions accepter qu’on vienne nous imposer une autre forme de religion, avec des pratiques qui ne correspondent ni à nos traditions, ni à notre conception de l’islam, a-t-il ajouté, en citant notamment en exemple le port du voile intégral.

Nous ne pouvons accepter que des modèles qui viennent de je ne sais où soient imposés en Afrique simplement parce que les Africains sont pauvres, qu’il faut financer des mosquées, des écoles, a martelé le président sénégalais.

Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a aussi plaidé pour une promotion de l’islam modéré, en riposte à la propagande jihadiste sur les réseaux sociaux.

Il va falloir que les acteurs se concertent pour mettre en oeuvre une vraie synergie de médiatisation théologique de l’islam modéré et pour répondre à l’offensive caricaturale mais hautement technologique utilisée par les groupes terroristes, a-t-il souligné.

Le chef d’état-major des armées françaises, le général Pierre de Villiers, rappelant tous les moyens utilisés par ces groupes – cyberattaques, mines, attaques suicides, actions en direction des opinions – a noté qu’ils étaient d’autant plus dangereux que peu coûteux, aisément accessibles.

Le président sénégalais a également insisté sur la nécessité d’échanger plus de renseignement entre les pays du Sahel alors que les groupes armés islamistes ne connaissent pas de frontières.

Il faut renforcer la coopération de nos services en matière de renseignement, l’échange d’informations (…) de données de surveillance des réseaux de la criminalité transnationale, a assuré M. Sall en invitant à examiner cette question au prochain sommet de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), dont il est le président en exercice.

Le général de Villiers a aussi souhaité une meilleure coopération en matière de renseignement et de formation des forces spéciales, proposant l’aide de la France en la matière.

A l’instar de Macky Sall, le général Mohammed Babagana Monguno, conseiller pour la Sécurité nationale du Nigeria, a insisté sur l’importance de l’Etat de droit dans la lutte contre le terrorisme et réclamé une approche coordonnée en vue d’une meilleure gouvernance et d’un renforcement des institutions.

Une telle approche devrait accorder la priorité à l’instauration d’Etats démocratiques et des droits de la personne, a-t-il dit.

Romandie.com avec(©AFP / 10 novembre 2015 13h27)

Pèlerinage de La Mecque : une bousculade fait 717 morts et 863 blessés

septembre 24, 2015
Des pèlerins réunis à La Mecque, le 23 septembre 2015. © Mosa'ab Elshamy/AP/SIPA

Des pèlerins réunis à La Mecque, le 23 septembre 2015. © Mosa’ab Elshamy/AP/SIPA

Réunis à La Mecque pour accomplir le hajj, l’un des cinq piliers de l’islam, 717 pèlerins ont trouvé la mort jeudi matin dans une bousculade, ont annoncé les services saoudiens de la défense civile. 863 autres personnes blessées ont été transportées à l’hôpital selon le dernier bilan.

Le pèlerinage de La Mecque est à nouveau endeuillé, plus de 10 jours après l’effondrement d’une grue sur la Grande Mosquée qui avait fait 111 morts. Jeudi 24 septembre au matin, au premier jour de la fête de l’Adha, une bousculade survenue aux environs de La Mecque, au niveau d’un croisement entre deux rues, a fait 717 morts et 863 blessés, ont annoncé les services saoudiens de la défense civile. Un bilan qui n’a cessé de s’alourdir au fil de la journée.

Les opérations de secours ont été menées par la défense civile et le Croissant rouge et les blessés de nombreuses nationalités ont été transportés vers différents hôpitaux pour y recevoir les soins nécessaires. Pour l’instant, la nationalité de toutes les victimes n’a pas été divulguée, mais au moins 43 Iraniens ont péri.

L’Iran a imputé l’accident à des erreurs de sécurité. « Pour des raisons qu’on ignore », un chemin a été fermé près de l’endroit où les pèlerins effectuent le rituel de la lapidation symbolique de Satan, a affirmé le chef de l’organisation iranienne du hajj. « C’est cela qui a causé ce tragique incident », a ajouté Saïd Ohadi sur la télévision d’État iranienne.

Au moins six Algériens ont été blessés, d’après le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Abdelaziz Ben Ali Chérif qui cite un bilan provisoire.

Les pèlerins avaient commencé le rituel de lapidation de Satan, dans la vallée de Mina, dans l’ouest de l’Arabie Saoudite, lorsque la bousculade s’est produite. Ce rituel consiste à jeter sept pierres le premier jour de l’Aïd al-Adha sur une grande stèle représentant Satan, et 21 pierres le lendemain ou le surlendemain sur les trois stèles (grande, moyenne, petite). Le trajet emprunté pour se rendre à Mina le premier jour de l’Aïd a été meurtrier pour les pèlerins, à plusieurs reprises. Le dernier drame remonte à 2006, lorsqu’une bousculade a causé la morte de plus de 300 personnes.

Jeuneafrique.com

Les préparatifs pour une intervention armée dans le nord du Mali s’accélèrent

novembre 8, 2012
Les préparatifs pour une intervention armée dans le nord du Mali s'accélèrent Les préparatifs pour une intervention armée dans le nord du Mali s’accélèrent © AFP

Les préparatifs en vue d’une intervention militaire dans le nord du Mali s’accélèrent, les chefs d’Etat ouest-africains devant se réunir dimanche à Abuja pour en approuver les modalités, qui seront transmises la semaine prochaine à l’ONU pour un feu vert définitif.

Parallèlement à ces préparatifs, la médiation burkinabé dans la crise malienne, mandatée par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), poursuit ses discussions avec Ansar Dine (Défenseurs de l’islam) un des trois groupes armés islamistes qui occupent le nord du Mali depuis sept mois.

La Cédéao a annoncé qu’un sommet des chefs d’Etat de ses quinze pays membres se tiendrait dimanche à Abuja, précédé vendredi d’une réunion de ses ministres des Affaires étrangères et de la Défense.

Le sommet doit adopter un plan d’intervention militaire au Mali avec une force composée de 3. 000 à 4. 000 soldats, essentiellement ouest-africains.

Ce plan précise la composition de la force, soutenue sur le plan logistique par des pays occidentaux, le niveau de participation des pays de la Cédéao, le financement et les moyens militaires dont elle devra disposer.

Une fois adopté, il sera transmis « avant le 15 novembre » au Conseil de sécurité de l’ONU, selon un communiqué de la Cédéao. Le 12 octobre, le Conseil avait donné à la Cédéao 45 jours pour préciser ses plans de reconquête du nord du Mali.

Quand il aura en pris connaissance, le Conseil de sécurité devra, s’il l’accepte, voter une résolution donnant son accord définitif au déploiement de la force, dont le financement pourrait être arrêté lors d’une conférence des donateurs proposée par la Cédéao.

Trois groupes islamistes armés occupent totalement le nord du Mali depuis fin juin: Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Ansar Dine et le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao).

Ils y imposent la charia (loi islamique) avec rigueur: lapidations de couples non mariés, amputations de présumés voleurs, coups de fouets au buveurs d’alcool et aux fumeurs. Ils y commettent aussi de nombreuses exactions.

500. 000 personnes en situation « tragique »

Cette occupation, combinée aux pénuries alimentaires et à l’effondrement des structures de l’Etat dans cette région, a placé dans une situation « tragique » quelque 500. 000 personnes, a estimé Peter Maurer, président du Comité international de la Croix Rouge.

A Ouagadougou, le président burkinabé Blaise Compaoré, médiateur de la Cédéao, a obtenu d’Ansar Dine qu’il se distance de ses alliés d’Aqmi et du Mujao, puisqu’il a publié une déclaration rejetant « le terrorisme » et se disant prêt au « dialogue » avec Bamako.

Les discussions entre la médiation burkinabé et des représentants d’Ansar Dine, entamées il y a près d’une semaine, se sont poursuivies jeudi avec un nouvel interlocuteur du groupe armé, Hamada Ag Bibi, arrivé à Ouagadougou en provenance d’Alger où il a eu des entretiens avec les autorités algériennes.

L’Algérie, puissance militaire régionale incontournable, privilégie également le dialogue pour tenter de résoudre la crise malienne, sans exclure la force contre les « groupes terroristes » et contre ceux qui prônent la partition du Mali.

En visite à Alger, l’envoyé spécial de l’ONU au Sahel, Romano Prodi, a déclaré qu’une intervention militaire n’interviendrait qu’en « dernier ressort ».

Le dialogue avec Ansar Dine, composée essentiellement de Touareg, ainsi qu’avec la rébellion laïque touareg du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) qui revendique l’autodétermination pour le nord du Mali, n’exclut pas l’usage de la force armée.

Cette « double approche » devait être évoquée à Ouagadougou par Blaise Compaoré qui a rencontré le général guinéen Sékouba Konaté, chargé par l’Union africaine de préparer une intervention militaire au Mali.

Les groupes islamistes reçoivent pendant ce temps des renforts venus de l’étranger, dont l’Europe.

Un jihadiste « franco-africain » et deux complices « arabes » récemment arrêtés dans le centre du Mali et qui souhaitaient rejoindre le Nord, ont été transférés à Bamako, a appris l’AFP jeudi de source proche de l’enquête.

A Paris, une enquête a été ouverte mercredi après l’arrestation dans le centre du Mali d’un Français. Il n’est cependant pas encore formellement établi qu’il s’agit du « franco-africain » évoqué au Mali.

En revanche, le seul Noir d’Afrique subsaharienne qui dirigeait une katiba (brigade combattante) d’un groupe islamiste armé dans le nord du Mali, a fait défection et est rentré dans son pays d’origine, le Niger.

Jeuneafrique.com avec AFP

Des manifestants attaquent le consulat américain de Benghazi

septembre 11, 2012

Des manifestants armés se sont attaqués au consulat américain à Benghazi, dans l’est de la Libye, pour dénoncer un film offensant l’islam, selon eux, a-t-on appris de sources concordantes.

« Des manifestants ont attaqué le consulat américain à Benghazi. Ils ont tiré en l’air avant d’entrer dans le bâtiment », a déclaré à l’AFP le vice-ministre libyen de l’Intérieur chargé de la région est, Wanis al-Charef.

Interrogée par l’AFP, une source de l’ambassade américaine à Tripoli a confirmé l' »attaque », sans donner plus de détails.

« Oui malheureusement, le consulat de Benghazi a été attaqué », a indiqué cette source sous couvert de l’anonymat.

Peu après, un témoin a indiqué à l’AFP que des manifestants avaient mis le feu au consulat.

« Des dizaines de manifestants ont attaqué le consulat et y ont mis le feu », a déclaré à l’AFP Omar, un habitant de Benghazi, qui se trouvait sur les lieux, affirmant qu’on pouvait entendre des coups de feu autour du périmètre du bâtiment.

Un autre témoin a confirmé des tirs autour du consulat, ajoutant que des hommes armés avaient bloqué les routes menant au bâtiment.

Ce témoin a indiqué que des salafistes se trouvaient parmi les assaillants.

Dans la journée, des milliers d’Egyptiens, en majorité des salafistes, avaien manifesté devant l’ambassade américaine au Caire pour dénoncer le même film de coptes vivant aux Etats-Unis, selon eux « hostile à l’islam ». Certains manifestants ont arraché le drapeau américain pour le remplacer par un étendard islamique.

AFP