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France/Islamisme : le Conseil d’État confirme la dissolution de l’association BarakaCity

novembre 25, 2020

Saisis en référé, les juges ont estimé que les propos incriminés du président de l’association constituaient bien des discours incitant à la discrimination, à la haine ou à la violence. Ils ont également confirmé la dissolution de la Grande mosquée de Pantin.

Saisi en référé, le Conseil d’État a confirmé mercredi la fermeture de la Grande mosquée de Pantin et la dissolution de l’association BarakaCity.

Les propos incriminés d’Idriss Sihamedi, le président de l’association, «peuvent être imputés à l’association elle-même et constituent des discours incitant à la discrimination, à la haine ou à la violence pouvant justifier une dissolution», ont estimé les juges du référé.

Le 28 octobre, douze jours après l’assassinat de Samuel Paty par un jeune islamiste radicalisé, le gouvernement dissolvait BarakaCity en l’accusant d’«inciter à la haine», d’entretenir des liens avec «la mouvance islamiste radicale» et de «justifier des actes terroristes». Le décret de dissolution reprochait à l’ONG de diffuser et d’inviter à la diffusion «d’idées haineuses, discriminatoires et violentes» en ligne avec l’islam radical, notamment via ses comptes Facebook et Twitter ou le compte Twitter personnel de son président et fondateur, Idriss Sihamedi.

Les avocats de l’ONG, créée en 2010 et qui dit apporter de l’aide à plus de 2 millions de démunis dans le monde, ont contesté cette décision «brutale et discrétionnaire» devant le Conseil d’État. L’ONG agit dans un cadre «strictement humanitaire», ne participe à aucune activité «susceptible de troubler l’ordre public, encore moins de nature terroriste», avaient-ils plaidé dans leur requête, examinée lundi.

Populaire, notamment chez des jeunes musulmans des quartiers populaires, BarakaCity a fait l’objet ces dernières années d’enquêtes approfondies des autorités, qui n’ont débouché sur aucune poursuite. Elle fait partie, avec le collectif «Cheikh Yassine», des deux organisations dont le gouvernement a annoncé la dissolution après la mort de Samuel Paty. Le gouvernement en a depuis annoncé une troisième, imminente: celle du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), une association de lutte contre les discriminations visant les musulmans accusée d’être une «officine islamiste œuvrant contre la République».

Quant aux «propos tenus par les responsables de la Grande mosquée de Pantin et les idées ou théories diffusées en son sein, [ils] constituent une provocation, en lien avec le risque de commission d’actes de terrorisme, à la violence, à la haine ou à la discrimination» et sont de nature à justifier la fermeture du lieu de culte, selon le juge des référés du Conseil d’État.

Le juge reproche en premier lieu la diffusion, le 9 octobre, de la vidéo d’un père d’élève du collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) indigné après un cours sur la liberté d’expression dispensé par Samuel Paty, «ainsi que d’un commentaire mentionnant sur ce même compte l’identité de ce professeur». Cette vidéo avait été à l’origine de l’engrenage qui a conduit à l’assassinat du professeur d’histoire-géographie, le 16 octobre.

Le juge fait également valoir que l’imam en poste au moment des faits, qui s’est depuis «retiré de ses activités», «a été formé dans un institut fondamentaliste du Yémen», «que ses prêches sont retransmis (…) sur un site internet qui diffuse des fatwas salafistes de cheikhs saoudiens» et «qu’il est impliqué dans la mouvance islamiste radicale d’Ile-de-France».

Autre argument avancé, la mosquée de Pantin «est devenue un lieu de rassemblement pour des individus appartenant à la mouvance islamique radicale dont certains n’habitent pas le département de Seine-Saint-Denis et ont été impliqués dans des projets d’actes terroristes».

Le juge précise toutefois que la fédération pourra «demander la réouverture du lieu de culte lorsqu’elle estimera avoir pris les mesures de nature à prévenir la réitération des dysfonctionnements constatés, notamment par le choix des imams autorisés à officier, l’adoption de mesures de contrôle effectif de la fréquentation de la mosquée et des réseaux sociaux placés sous sa responsabilité».

Avec Le Figaro par Paule Gonzalès

France/Lutte contre l’islamisme: «Il y a trop d’agitation au gouvernement», affirme Jadot

octobre 25, 2020

Yannick Jadot, député européen EELV, a affirmé qu’en matière de lutte contre l’islamisme radical, il y avait «trop d’agitation au gouvernement», ce dimanche 25 octobre sur France Inter, France Info et Le Monde. «Notre première priorité aujourd’hui, c’est de combattre l’islamisme radical, sans trembler, avec intransigeance, avec fermeté», a affirmé Yannick Jadot. Mais «on ne réussira à combattre les ennemis de la République que si l’on tient la promesse républicaine».

Au contraire, «si on laisse la ghettoïsation dans les quartiers, les discriminations économique, sociale, territoriale, religieuse, s’installer et s’empirer, à ce moment-là, toutes les associations islamistes pullulent et gangrènent» ces quartiers. Selon lui, «lutter contre l’islamisme radical, c’est aussi pour protéger les Françaises et les Français de confession ou de culture musulmane».

«Tenons la promesse républicaine, luttons avec fermeté contre l’islamisme radical, évitons les agitations et mettons un terme définitif à toutes les complaisances qu’il a pu y avoir dans les mairies, avec des associations, ou avec ce gouvernement, comme les précédents, avec l’Arabie saoudite», a-t-il ajouté.

«Pas de leçons»

L’eurodéputé a également souligné que les ministres comme Gérald Darmanin (Intérieur), Bruno Le Maire (Economie) ou encore le premier ministre Jean Castex avaient «gouverné avec Nicolas Sarkozy», qui a «supprimé 13.000 postes de policiers et gendarmes, a déstabilisé tous les acteurs du terrain sur le renseignement» et «a mené une guerre en Libye qui a armé tous les terroristes du Sahel».

«Donc, pas de leçons de ces personnes qui nous ont désarmé sur la question du terrorisme. Ce que les Françaises et les Français attendent, ce n’est pas les discours de [Jean-Michel] Blanquer [ministre de l’Education nationale, NDLR] qui dit que l’université bientôt, c’est le berceau du terrorisme islamiste, c’est pas les invectives de Gérald Darmanin ou du premier ministre. Ce qu’ils attendent, c’est l’unité, le rassemblement et la fermeté». «Du côté du gouvernement, il y a trop d’agitation», a-t-il affirmé.

Yannick Jadot veut également «un réarmement idéologique sur les réseaux. Nous avons un problème sur les réseaux: 95% des messages autour de l’islam relèvent de l’islamisme radical […] Laisser les salafistes tenir les réseaux sociaux, c’est une faute politique lourde», a-t-il affirmé.

Par Le Figaro avec AFP

Mali : Ansar Eddine et Aqmi « consolident leurs relations »

mai 29, 2012

Après l’absorption annoncée – mais pas encore finalisée – des ex-laïcs du MNLA par le groupe radical Ansar Eddine, c’est au tour de ce dernier de conforter son alliance avec Aqmi. Une longue réunion à Tombouctou entre chefs islamistes a ainsi consacré le triomphe du djihadisme au Nord-Mali, l’application de la charia semblant prendre le pas sur l’irrédentisme touareg.

Commencée jeudi dernier à Tombouctou (Nord-Mali), la réunion entre les chefs djihadistes de Ansar Eddine (Défenseur de l’islam, en arabe) et de la mouvance Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) s’est achevée lundi sur un franc succès. « La rencontre est terminée. Ils ont consolidé leurs relations », a déclaré à l’AFP l’entourage d’un imam de la grande ville.

Selon des sources concordantes, étaient présents à la rencontre l’Algérien Nabil Makloufi, qui coordonne les actions d’Aqmi dans les « katiba » (cellules combattantes) du Sahel, et deux autres chefs d’Aqmi Abou Zeid et Mokhtar Belmokhtar, ainsi que Iyad Ag Ghali, le leader de Ansar Eddine.

Après la fusion annoncée la semaine dernière entre le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et Ansar Eddine, avec à la clé la création d’un État islamique de l’Azawad, les radicaux proches d’Aqmi ont le vent en poupe, comme le démontre à nouveau la rencontre de Tombouctou. D’autant que le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’ouest (Mujao), présenté comme une branche dissidente d’Aqmi, « est venu finalement également à la réunion », selon une source religieuse de Tombouctou.

Dynamique djihadiste

Son chef était présent dans la « Ville aux 333 saints » pour participer à la dynamique unitaire djihadiste. Le groupe « garde son autonomie, mais n’a plus désormais de différends avec les autres djihadistes a affirmé une source proche de la rencontre. Ils ont la même ambition de faire le djihad, mais ils se partagent le terrain ».

Seule ombre au tableau de l’islamisme conquérant du septentrion malien : lundi, le MNLA et Ansar Eddine n’étaient toujours pas parvenus à s’entendre sur le communiqué final sanctionnant le protocole d’accord signé entre eux samedi dernier sur leur fusion au sein d’un « Conseil transitoire de l’État islamique de l’Azawad ». « Il y avait toujours des divergences. Iyad voulait inscrire des choses et retirer d’autres choses dans le communiqué », a rapporté une personnalité ayant assisté aux entretiens.

Charia « pure et dure »

« Nous avons refusé d’approuver le communiqué final, parce qu’il est différent du protocole d’accord que nous avons signé. Toute la journée d’aujourd’hui, nous avons discuté, mais il n’y a pas eu d’entente », a déclaré Ibrahim Assaley, élu du Nord malien et membre du MNLA. « Dans le communiqué écrit par Ansar Eddine, on parle d’application de la charia « pure et dure », on parle aussi d’interdire le Nord aux organisations humanitaires non-musulmanes : ce n’était pas précisé dans le protocole d’accord », a-t-il poursuivi.

« C’est comme si on voulait nous dissoudre dans Ansar Eddine », a-t-il poursuivi. On n’a pas accepté ça. » (…) Selon Moussa Ag Achérif, l’un des proches de Iyad Ag Ghali, celui-ci « vient à Gao mardi matin pour régler le problème ».

Jeuneafrique.com avec AFP

Tunisie – Libye : la presse française et la peur de l’islamisme

octobre 25, 2011

Devant la large avance des islamistes d’Ennahdha aux premières élections libres en Tunisie le dimanche 23 octobre et l’instauration de la charia en Libye, la presse française s’inquiètent de la montée de l’islamisme.

Il n’a donc fallu que quelques jours pour que la presse française change son fusil d’épaule. Devant la large avance des islamistes d’Ennahdha aux premières élections libres en Tunisie dimanche et l’instauration de la charia en Libye les éditorialistes de la presse française s’inquiètent, au point presque de revoir leur soutien jusque-là inconditionnel au printemps arabe.

« Automne islamiste ? »

Les louanges caressant le courage des révolutionnaires ont cédé la place à la peur de l’islamisme et de l’ « obscurantisme ».

« Une fois de plus, une consultation électorale, jugée libre et sans incidents, débouche, dans un pays arabe, sur une victoire indiscutable des islamistes », affirme Pierre Rousselin dans Le Figaro. Pour Nicolas Demorand de Libération, « la fin des dictatures du monde arabe risque d’installer l’islam politique au pouvoir », car, selon lui, « aspirer à la liberté ne suscite pas magiquement une société sécularisée ».

« Chacun voit bien le danger que peut représenter un groupe parlementaire islamiste tout-puissant » en Tunisie, même « si les responsables d’Ennahdha ont pris soin de se désolidariser des récentes exactions de mouvements islamistes, comme les salafistes », écrit Jean-Emmanuel Ducoin dans L’Humanité.

La question de l’islamisme passionne également les éditorialistes des parutions régionales. Michel Vagner de l’Est Républicain pose la question : « Le printemps arabe n’a-t-il été que le prélude à un automne islamiste ? » « C’était pourtant, sinon attendu, du moins prévisible », ajoute-t-il. « Le printemps arabe qui s’éternisait depuis des mois, a connu dimanche deux coups de semonce : le temps pourrait fort se gâter », estime Patrick Fluckiger de l’Alsace.

Commentaires plus nuancés

Jacques Guyon de La Charente Libre se demande si Nicolas Sarkozy et David Cameron ont été « assez naïfs pour croire qu’une démocratie allait naître franco de port du largage des bombes alliées sur les troupes kaddafistes? » « N’a-t-on pas rejoué à la roulette russe ? » s’interroge-t-il.

« Pour les Occidentaux, l’arbre démocratie a caché la forêt islamique » note Hervé Cannet dans La Nouvelle République du Centre-ouest. Très sévère, Olivier Picard des Dernières Nouvelles d’Alsace, juge que « aveuglés par la manne pétrolière à récupérer, ni Paris, ni Londres, ni Washington n’ont vraiment réfléchi sérieusement à l’après-Kaddafi ».

Quelques oiseaux rares sont malgré tout plus nuancés. Jean Levallois de La Presse de la Manche optimiste évoque l’Histoire de France car, selon lui, « cela veut dire, comme pour la Révolution française, qu’il pourra y avoir bien des bouleversements et des rebondissements pendant les prochains mois et les prochaines années ».
Dans La Croix, Dominique Quinio reconnaît que « malgré ces points d’alerte, il ne saurait être question de regretter que des tyrans soient tombés ».

Jeuneafrique.com avec AFP