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Violences en Egypte: les autorités ordonnent l’arrestation du chef des Frères musulmans

juillet 10, 2013

LE CAIRE – Le procureur général égyptien a ordonné mercredi l’arrestation du Guide suprême des Frères musulmans, Mohamed Badie, et d’autres hauts responsables de la confrérie dans le cadre des violences qui ont fait plus de 50 morts lundi, a-t-on indiqué de source judiciaire.

Selon la même source, ils sont accusés d’incitation à la violence, en relation avec ces heurts sanglants survenus devant le siège de la Garde républicaine au Caire, durant une manifestation de partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi.

M. Badie et d’autres responsables des Frères musulmans sont déjà sous le coup d’un mandat d’arrêt, pour de précédentes violences.

Alors que les services de sécurité avaient annoncé son arrestation la veille, le Guide suprême était apparu publiquement vendredi dernier au Caire, appelant les partisans de Mohamed Morsi à rester mobilisés par millions jusqu’au retour du président destitué.

Romandie.com avec (©AFP / 10 juillet 2013 13h54)

Les pro-Morsi s’apprêtent à manifester en Egypte

juillet 5, 2013

L’Egypte se prépare à des manifestations des partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi. Ceux-ci veulent dénoncer le coup militaire et la vague d’arrestations des dirigeants du mouvement des Frères musulmans, faisant craindre un nouveau bras de fer et des violences.

Regroupées au sein du « Front national de défense de la légitimité », les principales forces islamistes ont appelé les partisans du président renversé à manifester en masse et « pacifiquement » pour un « vendredi du refus » contre « le coup d’Etat militaire ». Les manifestations devaient commencer après la traditionnelle prière hebdomadaire musulmane, en milieu de journée.

De son côté, la coalition de l’opposition à Mohamed Morsi a lancé vendredi un appel « urgent » à manifester en masse.

Le ministère de l’Intérieur a averti qu’il répondrait « fermement » aux troubles. Des blindés ont été déployés au Caire. Mais l’armée a souligné que « les rassemblements pacifiques et la liberté d’expression sont des droits garantis pour tous ».

Les Frères musulmans qui ont dénoncé, « la terreur de l’Etat policier qui a arrêté des figures de la confrérie et du parti » et « un coup d’Etat militaire contre la légitimité (de M. Morsi) », ont néanmoins appelé leurs partisans à la retenue.

Morsi en détention « préventive »

Premier président démocratiquement élu d’Egypte, M. Morsi a été placé en résidence surveillée. Plusieurs cadres de la confrérie islamiste et de son émanation politique, le Parti liberté et justice (PLJ), ont été arrêtés.

Cette épreuve de force fait craindre de nouveaux accrochages avec les forces de sécurité ou même avec des groupes de manifestants pro-Morsi qui restent rassemblés au Caire, particulièrement sur la place Tahrir.

Attaques dans le Sinaï

Par ailleurs, des militants islamistes ont attaqué des postes militaires et de police dans le Sinaï. Un soldat égyptien a été tué et deux autres ont été blessés vendredi matin dans une attaque coordonnée à la roquette et à la mitrailleuse, a-t-on indiqué de source médicale et sécuritaire. Les attaques n’ont pas été revendiquées.

Romandie.com

ALERTE – L’armée déploie ses blindés au Caire près de rassemblements islamistes

juillet 3, 2013

LE CAIRE – Des dizaines de blindés de l’armée égyptienne se sont déployés mercredi après-midi aux abords de rassemblements des partisans du président islamiste Mohamed Morsi au Caire, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Une source militaire, citée par l’agence officielle Mena, a déclaré que les troupes s’étaient massivement déployées dans les quartiers de Nasr City, d’Héliopolis et près de l’université du Caire, alors qu’un conseiller du chef d’Etat a dénoncé un coup d’Etat militaire.

Romandie.com avec (©AFP / 03 juillet 2013 19h17)

Nigeria : couvre-feu 24h/24 dans plusieurs quartiers de Maiduguri, fief de Boko Haram |

mai 19, 2013
Des soldats patrouillant dans les rues de Maiduguri, au Nigeria, le 30 avril 2013. Des soldats patrouillant dans les rues de Maiduguri, au Nigeria, le 30 avril 2013. © AFP

L’armée nigériane a imposé samedi un couvre-feu total dans une partie de Maiduguri, capitale de l’Etat de Borno (nord-est) et fief des islamistes de Boko Haram, pour y mener des « opérations spéciales », signe d’une extension de l’offensive à une zone urbaine fortement peuplée

Mis à jour le 19/05/13 à 11h10

L’armée nigériane a imposé samedi un couvre-feu total dans une partie de Maiduguri, capitale de l’Etat de Borno (nord-est) et fief des islamistes de Boko Haram, pour y mener des « opérations spéciales », signe d’une extension de l’offensive à une zone urbaine fortement peuplée. « En vue de mener des opérations spéciales suite aux récentes attaques de Boko Haram, (un) couvre-feu est imposé 24h/24 dans les secteurs suivants » de Maiduguri, a annoncé l’armée dans un communiqué, citant 12 quartiers considérés comme des fiefs de l’organisation islamiste.

Le Nigeria mène depuis mercredi une offensive majeure contre le groupe islamiste, déployant plusieurs milliers de soldats dans les États de Borno, Yobe et Adamawa, dans le Nord-Est, où l’état d’urgence a été décrété pour reconquérir des zones passées sous contrôle des insurgés. Cette opération pourrait être la plus importante jamais menée contre le groupe islamiste et c’est la première fois que l’armée a recours à des frappes aériennes sur son propre sol depuis 25 ans.

L’armée avait annoncé vendredi avoir tué « plusieurs dizaines » d’insurgés et avoir détruit des camps de « terroristes » et « des armes lourdes, dont des canons antiaériens et antichar ». Les combats, concentrés sur des zones faiblement peuplées jusqu’à présent, pourraient faire beaucoup plus de victimes s’ils s’étendent aux villes de la région.

Le général Chris Olukolade, porte-parole des armées, a annoncé samedi dans un communiqué la mort de « dix terroristes présumés » dans un quartier de Maiduguri et l’arrestation de 65 autres qui tentaient d’infiltrer la ville.

En 2009, des soldats avaient mené une vaste offensive à Maiduguri, tuant plus de 800 personnes, dont le chef charismatique de Boko Haram à l’époque, Mohamed Yusuf, et forçant les islamistes à cesser leurs activités pendant près d’une année.

Un hélicoptère militaire a été touché par les insurgés « mais il a pu rentrer à la base sans qu’il y ait de victimes », a déclaré samedi une source militaire sous couvert d’anonymat. Des habitants de Marte, un des districts contrôlés par Boko Haram, dans le nord de l’Etat de Borno, ont fui samedi en direction de la frontière camerounaise, effrayés par les bruits d’explosions.

« C’était effrayant ces trois derniers jours, les avions et les hélicoptères de combat n’ont pas cessé de sillonner le ciel et on entendait d’énormes explosions au loin », a rapporté Buba Yawuri, un habitant du village de Kwalaram, à Marte, qui a trouvé refuge dans la ville frontalière nigériane de Gomboru Ngala. « On nous a demandé de ne pas sortir, les combattants de Boko Haram étaient poursuivis par les soldats, nous n’avions ni eau, ni nourriture, je ne pouvais plus tenir », a-t-il raconté.

M. Yawuri a dû prendre la fuite en cachette, parce que « les soldats n’ont autorisé que les femmes et les enfants à partir ». « On n’arrête pas d’accueillir des gens qui fuient les villages autour de Marte », a rapporté Shafi’u Breima, un habitant de Gomboru Ngala, où l’ambiance reste « tendue » également.

Le réseau de téléphonie mobile ne fonctionne pratiquement plus dans tout l’Etat de Borno, épicentre de l’insurrection islamiste, depuis l’instauration de l’état d’urgence. Les habitants de Gomboru Ngala peuvent cependant être joints de façon aléatoire via des lignes camerounaises.

Cette région a des frontières extrêmement poreuses, et les groupes criminels ainsi que les armes y circulent librement depuis des années. Les postes frontières jusqu’ici inoccupés « ont tous été pris en charge par des agents de la sécurité pour éviter la fuite ou l’infiltration d’insurgés », a déclaré l’armée dans un communiqué.

Dans un communiqué vendredi, le secrétaire d’Etat américain John Kerry s’est dit « profondément préoccupé par les combats dans le nord-est du Nigeria ».
Tout en condamnant « dans les termes les plus forts la campagne de terreur de Boko Haram », les Etats-Unis sont également « profondément inquiets face à des allégations jugées crédibles selon lesquelles les forces de sécurité nigérianes violent les droits de l’homme ».

L’armée nigériane a été accusée de violations des droits de l’homme pendant les campagnes de répression menées contre Boko Haram, à tel point qu’elle pourrait être condamnée pour crimes contre l’humanité, selon Human Rights Watch (HRW). Certains craignent que, malgré son ampleur, l’opération en cours échoue à enrayer l’insurrection islamiste.

« Je ne crois pas qu’on puisse venir à bout de Boko Haram avec un coup de force », estime Marc-Antoine Pérouse de Montclos, spécialiste du Nigeria à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) à Paris. L’offensive militaire de 2009 à Maiduguri avait empiré les choses en transformant la secte en organisation terroriste, selon M. de Montclos. « Il y a donc de quoi être sceptique ».

« Cette opération peut être un tournant majeur s’il y a des négociations derrière » mais, pense-t-il, il n’y a pas de réelle volonté de l’État de négocier avec ses « fantômes », tels que le président Goodluck Jonathan a qualifié les insurgés islamistes lors de sa visite à Maiduguri récemment.

L’insurrection de Boko Haram et sa répression par les forces de l’ordre nigérianes ont fait environ 3.600 morts depuis 2009 selon HRW.

Jeuneafrique.com avec AFP

Tunisie : le gouvernement interdit le rassemblement salafiste de dimanche à Kairouan

mai 18, 2013
Seifeddine Raïs, porte-parole d'Ansar al-Charia, groupe islamiste radical, le 16 mai 2013 à Tunis. Seifeddine Raïs, porte-parole d’Ansar al-Charia, groupe islamiste radical, le 16 mai 2013 à Tunis. © Hosni Manoubi/AFP

Le ministère tunisien de l’Intérieur a finalement pris la décision, vendredi 17 mai, d’interdire le grand rassemblement salafiste prévu dimanche à Kairouan. Explication : celui-ci présente, selon le gouvernement, une « menace pour la sécurité et l’ordre public ».

Après plusieurs jours d’attentisme, le gouvernement tunisien a finalement tranché. Le ministère de l’Intérieur a décidé, vendredi 17 mai, d’interdire le rassemblement salafiste prévu dimanche à Kairouan.

« Nous avons décidé d’interdire ce rassemblement en raison d’une violation de la loi et de la menace qu’il représente pour la sécurité et l’ordre public », a indiqué un communiqué du ministère dirigé par Lotfi Ben Jeddou. Celui-ci avait indiqué plus tôt qu’aucune demande d’autorisation n’avait été présentée par Ansar al-Charia, le principal groupe salafiste jihadiste du pays, qui ne reconnaît même pas l’autorité de l’État.

« Tous ceux qui défieront l’autorité de l’Etat et de ses institutions, ceux qui tenteront se semer le chaos, ceux qui inciteront à la violence et à la haine en porteront toute la responsabilité », a averti le ministère. Et de menacer de représailles « tous ceux tenteront de s’attaquer aux forces de l’ordre », non sans assurer que la police et l’armée sont « hautement mobilisées pour protéger la sécurité des citoyens et leurs biens ».

Liberté d’expression

Le chef du parti islamiste au pouvoir Ennahdha, Rached Ghannouchi, avait affirmé jeudi que le gouvernement avait interdit le rassemblement des salafistes qui en retour avaient appelé « 40 000 partisans » à défier les autorités et à se réunir pour leur congrès annuel.

Dans son communiqué, le ministère affirme que l’Etat est « engagé à respecter le droit de manifester pacifiquement, à préserver la liberté d’expression, la pratique religieuse et la prédication pacifique pour tous les citoyens conformément aux procédures et lois en vigueur ».

Jeuneafrique.com avec AFP

Tunisie: milliers de manifestants pour un hommage à Chokri Belaïd

mars 16, 2013

 Quelques milliers de personnes ont manifesté samedi à Tunis pour marquer la fin d’un deuil de 40 jours après l’assassinat de l’opposant anti-islamiste Chokri Belaïd. Ce crime qui a exacerbé la crise politique n’a pas encore été entièrement élucidé.

Les manifestants se sont d’abord rassemblés à la mi-journée au cimetière du sud de Tunis où repose l’opposant tué par balles à bout portant le 6 février par un groupuscule islamiste radical selon les autorités. Des complices ont été arrêtés, mais le tueur est en fuite et le commanditaire n’a pas été identifié.

Le cortège, dans lequel se trouvaient la veuve de l’opposant Besma Khalfaoui et plusieurs dirigeants de partis d’opposition, s’est ensuite rendu sur l’avenue Habib Bourguiba, au centre-ville, reprenant des slogans hostiles au parti islamiste Ennahda et à son chef Rached Ghannouchi.

Vérité exigée

De nombreux manifestants brandissaient des portraits du défunt barré de la phrase « Qui a tué Chokri Belaïd? » et des drapeaux tunisiens. « Le peuple est convaincu que Ghannouchi a tué Belaïd », « Ghannouchi assassin », « Vengeance » ou encore « dans la rue, affrontements jusqu’à la chute du gouvernement », ont-ils scandé, encadrés par un important dispositif sécuritaire.

« Nous sommes ici pour rendre hommage à Chokri Belaïd (…) mais nous sommes aussi là pour exiger du gouvernement qu’il révèle qui a tué Chokri Belaïd, qui est derrière le meurtre et pourquoi il a été tué », a déclaré à l’AFP Maya Jribi, une des dirigeantes du parti républicain (opposition laïque).

D’autres commémorations sont prévues dimanche, notamment des manifestations culturelles et un lâché de ballons.

Crise politique

Le meurtre de l’opposant a exacerbé une crise politique qui a culminé avec la démission du Premier ministre Hamadi Jebali, membre d’Ennahda, faute d’avoir pu convaincre son parti de mettre en place un gouvernement de technocrates pour diriger le pays jusqu’à l’adoption d’une Constitution et des élections.

Romandie.com

Tunisie : les sondages confirment la baisse de popularité d’Ennahdha

mars 1, 2013

Ghannouchi ne recueille que 3,7% d'intentions de vote, contre 29,1% pour Caïd Essebsi. Ghannouchi ne recueille que 3,7% d’intentions de vote, contre 29,1% pour Caïd Essebsi. © AFP/Montage J.A.

Plusieurs sondages, dont le dernier publié le 1er mars par le cabinet Sigma Conseil, montrent que la cote du parti islamiste Ennahdha s’effrite. Tandis que celle de son principal rival, Nida Tounès, grimpe.

Présenté le 1er mars, le sondage effectué par le cabinet Sigma conseil offre un premier enseignement sur la situation politique compliquée de la Tunisie : 47,7% des sondés n’adhérent pas à la désignation d’Ali Laarayedh, ancien ministre de l’intérieur, comme Premier ministre chargé de réunir une nouvelle équipe gouvernementale après la démission du gouvernement Jebali. Seuls 31,5% le soutiennent tandis que 20,8% sont hésitants.

À la question de savoir « quelle est la personnalité politique en qui vous avez le plus confiance ? », les Tunisiens désignent à 31,5% Béji Caïd Essebsi, ancien premier ministre et fondateur de « Nida Tounès », parti rival d’Ennahdha. Ali Laarayedh, n’arrive qu’en 2e position, avec 18,2 % d’opinions positives. Hamadi Jebali, ancien chef du gouvernement dont l’initiative de mettre en place un gouvernement de technocrates a été rejetée par son propre parti, obtient 15,6 %, suivi de Hamma Hammami, secrétaire général du Front Populaire (11,9 %). Rached Ghannouchi (leader d’Ennahdha) ne recueille que 5,4%.

Trois grands pôles

Les intentions de vote reflètent presque le même classement. Caïd Essebsi arrive en tête avec 29,1 %, suivi de Hamadi Jebali (21,7%), Hamma Hammami (12%) et Ali Laarayedh (7,3%). Comme dans les sondages précédents, les autres leaders politiques se placent loin derrière. Moncef Marzouki, actuel président de la république obtient 4,6%, Ahmed Néjib Chebbi 3,8%, Rached Ghannouchi 3,7%, Taieb Baccouche 3,5%, Kamel Morjane 2,1%, et Mustapha Ben Jaafar 1,9%.

Ces résultats rejoignent ceux publiés par le bureau 3 C études, le 22 février dernier. Et confirment la tendance des précédents du mois de janvier. Il en ressort que le paysage politique tunisien s’articule autour de trois pôles : Nida Tounès, Ennahdha et le Front populaire. Une situation qui explique le bras de fer avec Nida Tounès qu’a engagé Ennahdha, visiblement pénalisé par son mauvais bilan après plus d’un an au pouvoir.

Jeuneafrique.com par Frida Dahmani, à Tunis

Mali: des journalistes évacués du centre de Gao par l’armée française

février 10, 2013

PARIS – Une cinquantaine de journalistes ont été évacués par l’armée française du centre de Gao, dans le Nord du Mali, après l’attaque lancée dimanche par un groupe islamiste, a annoncé à l’AFP le porte-parole de l’état-major, Thierry Burkhard.

L’officier n’a pas fait état de blessés parmi ce groupe de journalistes, qui ont été conduits vers l’aéroport.

Selon Thierry Burkhard, l’attaque s’est déroulée en début d’après-midi lorsqu’un groupe d’islamistes s’est réfugié dans l’ancien commissariat central de Gao, dans l’ouest de la ville, après avoir été repéré par la population.

Un échange de tirs s’est alors engagé avec l’armée et la police maliennes, qui les a encerclés en deux endroits. Les journalistes se trouvaient dans un restaurant et dans un hôtel à proximité immédiate des tirs, selon le récit du porte-parole de l’état-major.

Des soldats et des véhicules de l’armée française sont alors arrivés depuis l’aéroport pour extraire les journalistes, dont certains avaient déjà été mis sous la protection des Maliens, a-il poursuivi. Ils ont alors été conduits vers l’aéroport.

Un groupe islamiste, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), a revendiqué auprès de l’AFP l’attaque dans cette ville déjà frappée par deux attentats-suicide en deux jours.

Beaucoup d’islamistes auraient été tués lors de ces combats, selon un officier de l’armée malienne, mais des journalistes de l’AFP sur place n’étaient pas encore en mesure de vérifier cette affirmation.

Romandie.com par (©AFP / 10 février 2013 20h43)

Tunisie : Ennahdha refuse le « gouvernement de technocrates » annoncé par Hamadi Jebali

février 7, 2013
Rached Ghannouchi, leader du parti islamiste Ennahdha, le 26 mars 2012 à Tunis. Rached Ghannouchi, leader du parti islamiste Ennahdha, le 26 mars 2012 à Tunis. © Nicolas Fauquié/Imagesdetunisie.com

Le parti islamiste Ennahdha, au pouvoir en Tunisie, a annoncé jeudi 7 février qu’il refusait la formation d’un gouvernement de technocrates apolitiques, pourtant annoncé la veille par le Premier ministre Hamadi Jebali, lui même membre éminent de la même formation politique. Le pays traverse une grave crise politique depuis l’assassinat de l’opposant Chokri Belaïd, tué par balles jeudi matin alors qu’il sortait de son domicile à Tunis.

La scission guette Ennahdha. Jeudi, le parti islamiste tunisien a refusé la dissolution du gouvernement souhaitée par le Premier ministre issu de ses rangs, Hamadi Jebali, et annoncé vouloir poursuivre les discussions sur un éventuel remaniement.

« Le Premier ministre n’a pas sollicité l’opinion de son parti », a déclaré le vice-président d’Ennahdha, Abdelhamid Jelassi. « Nous croyons que la Tunisie a besoin aujourd’hui d’un gouvernement politique (…) Nous allons poursuivre les discussions avec les autres partis sur la formation d’un gouvernement de coalition », a-t-il ajouté.

Mercredi soir, après une journée de violences déclenchées par l’assassinat dans la matinée de l’opposant de gauche Chokri Belaïd, Hamadi Jebali a annoncé sa décision de former un gouvernement composé de technocrates apolitiques et sa volonté d’organiser rapidement des élections… pour tenter de calmer les violentes manifestations provoquées par l’assassinat du dirigeant de l’opposition laïque, Chokri Belaïd.

Mandat limité

« J’ai décidé de former un gouvernement de compétences nationales sans appartenance politique qui aura un mandat limité à la gestion des affaires du pays jusqu’à la tenue d’élections dans les plus brefs délais », a-t-il déclaré dans une adresse télévisée à la nation.

Le Premier ministre a assuré que cette décision était arrêtée avant l’assassinat de Belaïd. Celui-ci « a accéléré ma prise de position pour laquelle j’assume ma responsabilité entière devant Dieu et devant notre peuple », a-t-il déclaré, sans pour autant préciser de date pour l’annonce de la nouvelle équipe gouvernementale.

Depuis des mois, la troïka au pouvoir ne parvient pas à s’entendre sur la distribution des ministères régaliens. Les alliés laïcs des islamistes réclament que ces ministères soient confiés à des indépendants, ce à quoi la frange dure d’Ennahdha est opposée. Les nouvelles élections générales ne pourront pas avoir lieu avant l’adoption d’une Constitution dont la rédaction est dans l’impasse depuis des mois faute de compromis à la Constituante formée en octobre 2011.

Grève générale

En signe de protestation après l’assassinat de Chokri Belaïd, quatre formations de l’opposition laïque – le Front populaire, Al-Massar (gauche), le Parti républicain et Nidaa Tounès (centre) – ont appelé à une grève générale et suspendu leur participation à l’Assemblée nationale constituante. Le débrayage doit avoir lieu vendredi 8 février, jour des funérailles.

De leur côté, les syndicats des avocats, magistrats et du parquet ont annoncé qu’ils se mettaient en grève dès jeudi, tout comme les enseignants de la plus grande université du pays, à la Manouba, en banlieue de Tunis.

Chokri Belaïd, 48 ans, a été tué par balles mercredi matin, vers 7h30, alors qu’il sortait de son domicile situé dans le quartier résidentiel d’El Menzah VI à Tunis. Les proches de la victime ont rapidement accusé le parti islamiste au pouvoir Ennahdha d’être responsable du meurtre, laissant craindre un nouveau cycle de violences dans le pays.

« Mon mari a été menacé plusieurs fois et avait lancé des avertissements à maintes reprises, sans résultat. On lui répondait qu’il devait assumer le fait d’être un opposant », a déclaré Besma Khalfaoui, à l’hôpital, le pantalon taché de sang. Elle, ainsi que le frère de la victime, Abdelmajid Belaïd, ont accusé le chef d’Ennahdha, Rached Ghannouchi. « Ghannouchi sale chien ! » a crié en larmes le père de l’opposant.

« Le peuple veut la chute du régime ! »

Après de premiers heurts entre policiers et manifestants dans la matinée, une foule a accompagné l’ambulance transportant le corps de l’opposant qui s’est arrêté avenue Bourguiba, à Tunis, devant le ministère de l’Intérieur, symbole de répression pour les opposants. « Le peuple veut la chute du régime ! Le peuple veut une révolution de nouveau ! Ennahdha tortionnaire du peuple ! » ont scandé les manifestants, entonnant plusieurs fois l’hymne national.

Après le passage de l’ambulance, une foule de jeunes a de nouveau attaqué la police avec des pierres. Un blindé de la garde nationale a tiré des lacrymogènes alors que les manifestants ont érigé des barricades. Après plusieurs heures d’affrontements, le calme semblait être revenu en début de soirée dans le centre de Tunis. Le ministère de l’intérieur a annoncé la mort d’un policier mortellement touché par des jets de pierres.

Ailleurs dans le pays, la police a également fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants qui tentaient de prendre d’assaut son siège à Sidi Bouzid (centre-ouest), berceau de la révolte de 2011. À Mezzouna, Gafsa, Monastir (centre) et Sfax (sud), des protestataires ont incendié et saccagé les locaux d’Ennahdha. À Kasserine, Béja et Bizerte, des foules criaient « Vengeance, vengeance ! »

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Nejib Chebbi sur une « liste de personnalités à assassiner »

Chokri Belaïd se savait menacé et avait confié à des proches qu’il s’apprêtait à faire, vers le 15 février, des révélations sur des affaires de corruption. Mais un autre opposant tunisien, Ahmed Nejib Chebbi, est aussi dans le viseur des fous de dieu. Lors d’une interview à la radio française RTL, le chef du Parti républicain (libéral) a déclaré jeudi : « Je suis menacé. Le ministère de l’Intérieur m’a officiellement informé il y a déjà quatre mois que j’étais sur une liste de personnalités à assassiner. Le président de la république m’a accordé une garde depuis trois ou quatre mois ».

« Les groupes extrémistes religieux qui se sont attaqués aux galeries d’art, aux manifestations politiques, aux artistes, aux restaurants, aux bars. Ils veulent établir une dictature religieuse violente, donc ils me prennent pour un ennemi à abattre », ajoute celui qui est l’un des opposants historiques à Ben Ali, aujourd’hui opposé aux islamistes.

« L’enquête n’en est qu’à ses débuts, on ne peut rien dire », a encore estimé Chebbi, à propos de l’assassinat de Belaïd. « Le changement de gouvernement nous permet d’espérer une nouvelle situation », a-t-il ajouté. Mais rien n’est encore fait…

Jeuneafrique.com avec AFP

Mali : un responsable d’Ansar Eddine arrêté dans la région de Kidal

février 4, 2013
Des véhicules supposés appartenir aux groupes armés islamistes. Des véhicules supposés appartenir aux groupes armés islamistes. © AFP

Le numéro trois et idéologue du groupe islamiste armé Ansar Eddine, Mohamed Moussa Ag Mouhamed, a été arrêté dimanche 3 février au nord de Kidal par le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). La veille, l’aviation française a mené d’importantes frappes dans la région.

La région de Kidal, dans l’extrême nord-est du Mali, est au centre de toutes les attentions. Suspectée être le sanctuaire des groupes islamistes armés, elle a été intensément bombardé par l’aviation française dans la nuit de samedi à dimanche. Le lendemain, c’est dans cette même zone, proche de la frontière algérienne, qu’un haut responsable du mouvement Ansar Eddine, Mohamed Moussa Ag Mouhamed, un autre du Mujao (Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest), Oumeïni Ould Baba Akhmed, ont été arrêtés pas les Touaregs du MNLA.

Selon Paris, c’est également autour de Kidal, dans le massif des Ifoghas, que seraient détenus les sept otages français au Sahel. Évoquant leur sort samedi, François Hollande a jugé que « les ravisseurs doivent comprendre que le moment est venu de libérer les otages », ajoutant que les forces françaises au Mali en étaient désormais « tout près ».

Le président nigérien Mahamadou Issoufou a aussi jugé dimanche que les quatre otages français enlevés au Niger en septembre 2010 étaient « vivants » et qu’ils se trouvaient « probablement » dans le nord du Mali, « vers la frontière avec l’Algérie, dans les montagnes des Ifoghas ».

La zone de Tessalit, à 200 km au nord de Kidal, près de l’Algérie, a été la cible dans la nuit de samedi à dimanche « d’importantes frappes aériennes », selon le porte-parole de l’armée française, le colonel Thierry Burkhard. Il a précisé que ces bombardements visaient « des dépôts logistiques et des centres d’entraînement » des groupes islamistes armés liés à Al-Qaïda, un peu plus de trois semaines après le début de l’intervention militaire française.

« Tête pensante »

D’après des experts et des sources de sécurité régionales, c’est dans cette vaste zone de montagnes et de grottes autour de Kidal qu’une bonne partie des chefs et des combattants des groupes islamistes se sont réfugiés. Parmi eux se trouveraient l’Algérien Abou Zeïd, un des émirs les plus radicaux d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et Iyad Ag Ghaly, chef d’Ansar Eddine (Défenseurs de l’islam), un ex-rebelle touareg malien des années 1990, originaire de Kidal, qui connaît parfaitement la région.

Deux d’entre eux, Mohamed Moussa Ag Mouhamed, présenté comme le numéro trois et idéologue d’Ansar Eddine, et Oumeïni Ould Baba Akhmeda, responsable du Mujao, ont été arrêtés dimanche dans cette région par les hommes du MNLA. Selon un cadre du mouvement touareg, l’arrestation s’est produite après un accrochage entre le MNLA et un convoi de rebelles qui tentait de passer la frontière algérienne.

« Mohamed Moussa Ag Mouhamed, celui qui ordonnait de couper les mains (à Tombouctou), a été arrêté par un groupe armé. Il est conduit vers Kidal », a confirmé une source de sécurité malienne jointe depuis Gao (nord-est). « C’était l’idéologue d’Ansar Eddine à Tombouctou (nord-ouest), la tête pensante de l’organisation là-bas. Il a été arrêté à In Hallil, près de la frontière algérienne », a précisé Abdoulaye Touré, un fonctionnaire au gouvernorat de Kidal.

Charia

Kidal, à 1 500 km de Bamako, a longtemps été le bastion d’Ansar Eddine. Mais, avant même l’arrivée dans la nuit du 29 au 30 janvier de soldats français qui ont pris le contrôle de l’aéroport de la ville, elle était passée sous le contrôle du Mouvement islamique de l’Azawad (MIA, groupe dissident d’Ansar Eddine) et du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA, rébellion touarègue).

Ces deux groupes ont affirmé soutenir l’entrée des soldats français à Kidal, mais refusent la présence de militaires maliens et ouest-africains, notamment par crainte d’exactions contre les membres des communautés arabe et touarègue de la ville, parfois assimilées aux groupes islamistes armés. Un petit contingent de soldats tchadiens (dont le pays ne fait pas partie de l’Afrique de l’Ouest) est aussi déployé à Kidal.

Mohammed Moussa, présenté par des habitants de Tombouctou comme un Touareg originaire de la région, a été décrit comme le responsable de la « police islamique » faisant régner la terreur, selon des témoignages recueillis dans cette ville par des journalistes de l’AFP. Aqmi et Ansar Eddine, qui ont occupé Tombouctou pendant dix mois, ont commis dans le Nord de très nombreuses exactions, au nom d’une interprétation rigoriste de la charia (loi islamique) : amputations, coups de fouets aux couples « illégitimes », aux fumeurs. Ils ont imposé le port du voile intégral aux femmes, interdit la mixité dans les écoles, le football, la danse, la musique et l’alcool.

Poursuite de l’engagement français

Ils ont également choqué le monde en détruisant à Tombouctou des mausolées de saints musulmans adulés par les populations locales, assimilant cette vénération à de « l’idolâtrie », mutilant cette ville qui fut capitale culturelle de l’islam en Afrique sub-saharienne et qui est inscrite au patrimoine mondial de l’humanité. À Alger, le ministre algérien des Affaires étrangères Mourad Medelci a estimé dimanche qu’en dépit du recul des islamistes, « les Maliens et ceux qui les aident » font encore face à des « problèmes » pour « rétablir la stabilité et la sécurité », sans réagir aux bombardements français dans la région de Kidal.

L’Algérie, qui partage près de 1 400 km de frontières terrestres avec le Mali, a toujours milité en faveur d’une solution politique pour régler le conflit dans ce pays, mais elle a autorisé le survol de son territoire par les avions militaires français engagés au Mali.

Samedi, le chef de l’État français – « Papa François Hollande », comme l’ont surnommé les habitants de Tombouctou, « frère de tous les Maliens », selon le président par intérim Dioncounda Traoré – a promis aux Maliens que la France n’avait pas encore « terminé sa mission » face aux « terroristes » et assuré que les soldats français seraient au côté des militaires maliens pour, « plus au Nord, finir cette opération ».

Jeuneafrique.com  avec AFP