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« Les femmes en islam »: l’islamologue marocaine Asma Lamrabet jette l’éponge

mars 21, 2018

 

Asma Lamrabet est l’auteur du livre « Islam et femmes : les questions qui fâchent ». Ici en mai 2014 à Rabat. © Hassan Ouazzani pour JA

La chercheuse Asma Lamrabet, connue pour ses travaux sur l’image de la femme dans le Coran et qui dirigeait depuis 2011 le Centre des études féminines en Islam, a présenté sa démission. Ses positions progressistes lui avaient valu des torrents d’insultes.

En 2017, la médecin biologiste et essayiste Asma Lamrabet, a publié Les femmes en islam : les questions qui fâchent (Éditions En Toutes lettres, 2017). Comme l’indique le titre de l’ouvrage, celle qui était alors directrice du Centre des études féminines en Islam, connue depuis des années pour déconstruire  les référentiels des penseurs conservateurs sur la femme en retournant contre eux leurs propres arguments, ne s’attendait pas à se faire que des amis.

Pourtant, il semblerait que la pression ait fini par se faire trop forte : lundi 19 mars, l’écrivaine a annoncé, sur Twitter, avoir présenté sa démission de ce centre de recherche dépendant de la Ligue des théologiens du Maroc.

Refus de toute « lecture discriminatoire »

Si la chercheuse se garde bien de donner des raisons à son départ, les médias marocains relient sa décision à ses prises de position sur la question controversée de l’héritage, ce qui a été confirmé à l’AFP par l’entourage d’Asma Lamrabet. Dans le débat sur la question successorale, qui a été ouvert en 2015 au Maroc, les progressistes critiquent une législation « inégalitaire », la femme n’ayant droit qu’à une demi-part successorale. De leur côté, les milieux conservateurs rejettent tout débat sur la question, et les dernières sorties d’Asma Lamrabet avaient « provoqué un tollé notamment parmi les salafistes, qui n’ont pas lésiné sur les insultes », rappelle le site Médias24.

« Je ne prétends pas donner une réponse figée mais je questionne, j’interroge, j’ouvre le débat. Ce qui est essentiel, c’est que je refuse toute lecture discriminatoire », confiait la chercheuse à Jeune Afrique en mars 2017, lors de la sortie de son dernier livre. Outre la question de l’héritage, elle se demandait « pourquoi l’homme musulman a-t-il le droit de se marier avec une non-musulmane sans que cette dernière ne soit obligée de se convertir alors que cela est interdit pour les femmes ? » et s’interrogeait sur la question du voile, estimant qu’il émane plus d’une recommandation que d’une obligation.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont exprimé leur soutien à cette chercheuse, médecin biologiste de formation, qui prône une lecture dépolitisée des textes religieux pour permettre aux femmes musulmanes de s’émanciper.

Jeuneafrique.com avec AFP

L’islamologue suisse Tariq Ramadan, accusé de viols, placé en garde à vue à Paris

janvier 31, 2018

Paris – L’islamologue suisse Tariq Ramadan, visé depuis octobre par deux plaintes pour viol en France, a été placé en garde à vue mercredi par les enquêteurs de la police judiciaire parisienne, a-t-on appris de source judiciaire.

Tariq Ramadan s’est rendu mercredi matin à la convocation des policiers « dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte à Paris des chefs de viols et violences volontaires », a précisé cette source, confirmant une information de la radio française RTL.

Dans le sillage du scandale Weinstein aux Etats-Unis cet automne, qui a entraîné dans de nombreux pays une libération de la parole de femmes victimes d’abus sexuels, deux femmes ont accusé le théologien de les avoir violées en 2009 et en 2012 en France.

Depuis le début de l’affaire, Tariq Ramadan a catégoriquement démenti les accusations.

La première plaignante, Henda Ayari, accuse l’islamologue de l’avoir violée dans un hôtel parisien en 2012.

La défense du théologien a versé au dossier des pièces censées, selon elle, discréditer la parole de cette ancienne salafiste devenue militante féministe.

Parmi ces documents figurent notamment des conversations sur Facebook au cours desquelles une femme qui se présente comme Henda Ayari fait en 2014 – soit deux ans après les faits présumés -, des avances explicites au théologien qui n’y donne pas suite.

Une seconde plainte visant Tariq Ramadan, pour des faits similaires dans un hôtel à Lyon (est) en 2009, a été déposée fin octobre quelques jours après la première plainte.

Les deux femmes ont été entendues par la police, à Rouen (nord-ouest) et à Paris. L’essayiste française Caroline Fourest, qui a indiqué avoir remis des documents aux enquêteurs, a également été auditionnée.

Les avocats de M. Ramadan avaient riposté début novembre en déposant une plainte pour subornation de témoin visant nommément Caroline Fourest, qui combat médiatiquement l’islamologue depuis plusieurs années.

Cette affaire a suscité de vifs débats entre défenseurs et détracteurs de M. Ramadan et de Mme Ayari. Cette dernière a porté plainte contre X à la mi-novembre après avoir fait l’objet d’injures et de menaces.

Romandie.com avec(©AFP / 31 janvier 2018 12h51)