Posts Tagged ‘Issa Hayatou’

CAF : pourquoi Issa Hayatou a été sanctionné par la Fifa

août 9, 2021
Issa Hayatou en 2016, à Zurich

La Fifa suspend l’ancien président de la Confédération africaine de football de toute activité liée au football pour un an. En cause : le contrat signé entre le Camerounais et Lagardère Sports en 2016.

C’est une nouvelle à laquelle Issa Hayatou (74 ans) devait s’attendre : l’ancien président de la CAF ne pourra pas exercer une quelconque activité liée au football jusqu’au 3 août 2022. Celui qui est depuis janvier 2021 président d’honneur de l’instance qu’il a dirigée pendant presque trente ans (1988-2017) – et qui préside en outre le conseil d’administration de l’Académie nationale de football au Cameroun – ne pourra plus exercer pendant douze mois ces deux fonctions, certes purement honorifiques. Hayatou a pris acte de cette sanction, assortie d’une amende de 28 000 euros, prononcée par la chambre de jugement de la Commission d’éthique de la Fifa.

« Verdict purement politique »

Après avoir mené sa petite enquête, la Fifa a motivé sa décision par deux points précis : le Camerounais n’aurait pas respecté les règles de la concurrence dans la signature du contrat avec Lagardère Sports, et n’aurait pas tenu informés certains membres du comité exécutif de la CAF de la reconduction de cette collaboration avec le groupe français. Contactée par Jeune Afrique, la Fifa n’a pas souhaité faire de commentaires supplémentaires, nous renvoyant au communiqué de presse expliquant sa décision.

C’EST AUSSI UN MOYEN DE PUNIR HAYATOU À QUELQUES MOIS DE LA CAN AU CAMEROUN »

« Ce verdict est purement politique. La Fifa vient de fournir des leviers à Patrice Motsepe, le nouveau président de la CAF pour mieux aborder la bataille juridique avec Lagardère Sports. C’est aussi un moyen de punir Hayatou à quelques mois de la CAN au Cameroun, où il aurait pu jouer un rôle, même mineur », estime un ancien membre de la CAF et bon connaisseur du dossier.

Cela fait plusieurs années que cette affaire de contrat signé avec Lagardère Sports en 2016 poursuit l’ancien patron du football africain, avec qui JA n’est pas parvenu à entrer en contact. Alors qu’il présidait la CAF, Issa Hayatou avait reconduit le bail pour la période 2017-2018 pour un montant de 906 millions d’euros, le groupe français s’engageant à assurer les droits TV et marketing des principales compétitions organisées par la CAF, et notamment la Coupe d’Afrique des nations (CAN), le Championnat d’Afrique des nations (CHAN) et la Ligue des Champions.

Devant la justice suisse

À l’époque, la société égyptienne Presentation Sports s’était elle-aussi positionnée, et avait même proposé une somme supérieure (environ 1 milliard d’euros). Elle n’avait cependant pas été choisie. S’estimant lésée, elle avait ensuite saisi la justice de son pays, estimant que les règles de la concurrence n’avaient pas été respectées par les instances africaines du football. Les tribunaux égyptiens avaient alors jugé qu’Issa Hayatou n’avait pas lancé d’appel d’offres, favorisant ainsi Lagardère Sports, partenaire de la CAF depuis 1993.

Le Camerounais et le Marocain Hicham el-Amrani, secrétaire général de la CAF, avaient été condamnés à une amende d’un montant total de 49,5 millions d’euros, somme qui ne sera évidemment jamais réglée par les deux hommes. En novembre 2019, la CAF, alors présidée par le Malgache Ahmad Ahmad, avait mis un terme au contrat avec Lagardère Sports, en se réfugiant derrière le verdict rendu par les tribunaux cairotes. Mais l’affaire se poursuit en Suisse, devant la Chambre de commerce internationale de Genève, Lagardère Sports estimant avoir à son tour subi un préjudice lors de la résiliation du contrat par la CAF.

Avec Jeune Afrique par Alexis Billebault

CAF – Claude Le Roy : « Hayatou aurait dû partir de lui-même »

mars 19, 2017

Claude Le Roy à Durban pendant la CAN en Afrique du Sud, le 28 janvier 2013. © Rebecca Blackwell / AP / SIPA

Occupé à préparer les matchs amicaux en Égypte contre la Libye (24 mars) et les Pharaons (28 mars), Claude Le Roy, le sélectionneur du Togo, a pris quelques minutes pour revenir sur la défaite historique d’Issa Hayatou le 16 mars, lors de l’élection du président de la CAF.

Jeune Afrique : Vous attendiez-vous à ce que Ahmad Ahmad fasse tomber Issa Hayatou ?

Claude Le Roy : Je n’y croyais pas trop, même si j’avais cru comprendre qu’Ahmad Ahmad, que je ne connais pas, était soutenu par Gianni Infantino, le président de la FIFA, lequel voulait se débarrasser de Hayatou. Je m’attendais à une victoire serrée de ce dernier. Je crois qu’il n’avait pas vraiment préparé cette élection, et qu’il n’a pas été très conseillé. Ses proches n’avaient semble-t-il pas pris la mesure de l’activisme du camp adverse. Je regrette que Hayatou, que j’ai connu au Cameroun quand j’étais le sélectionneur des Lions – il a été notamment Secrétaire général puis président de la fédération – ne soit pas parti de lui-même. Cela aurait été mieux pour lui que d’endurer une lourde défaite.

Hayatou a fait progresser le foot africain de manière évidente

Quel bilan faites-vous de l’action d’Issa Hayatou à la tête de la CAF ?

Beaucoup de choses ont été faites. Le nombre de places pour l’Afrique en phase finale de Coupe du Monde, le format de la CAN et des compétitions de club, la création du CHAN notamment. La CAF est en bonne santé financière, parce qu’il a su attirer des sponsors importants. En presque trente ans de présence, il a fait progresser le foot africain de manière évidente. Tout le monde, même ses détracteurs, peuvent s’en rendre compte. Mais j’attends du nouveau président qu’il agisse, car tout n’a pas été fait par le passé.

À quoi pensez-vous plus précisément ?

Il y a des choses urgentes à mettre en place. Notamment s’attaquer au problème de l’âge des joueurs, dans certains pays. Au niveau international, l’Afrique est capable de gagner des titres chez les jeunes, mais pas chez les seniors. Il y a quelque chose qui ne va pas. Autre urgence : obliger les clubs de Division 1 en Afrique à avoir au moins deux équipes de jeunes engagées dans des championnats de jeunes. Il faut aussi mettre l’accent sur la formation des entraîneurs. On nous parle de Florent Ibenge (RD Congo) ou d’Aliou Cissé (Sénégal), mais ils ont été formés en France. Je sais que toutes ces politiques ont un coût, mais la progression du football africain passera par là.

Que l’État aide, d’accord, mais dans des proportions moindres qu’actuellement

Quelles sont les autres urgences ?

Développer un professionnalisme à l’africaine. Ainsi, cela évitera à des milliers de jeunes africains de tenter de rejoindre l’Europe ou l’Asie, et parfois au péril de leur vie, pour gagner trois francs six sous. Si on leur propose des bonnes conditions de travail dans leur pays, avec un contrat type, ils resteront. Pas tous, mais beaucoup. Il y a aussi quelque chose qui n’est pas viable : à 90 %, les sélections nationales dépendent totalement de l’État, y compris dans des pays comme le Sénégal ou la RD Congo. Ce n’est pas normal. Les fédérations doivent pouvoir trouver des sponsors. Que l’État aide, d’accord, mais dans des proportions moindres qu’actuellement. Il n’est pas normal que des sélections nationales ne puissent pas s’engager dans des qualifications pour la CAN ou la Coupe du Monde car elles on ne leur donne pas les moyens de se déplacer.

Jeuneafrique.com par

Mondial 2022 au Qatar : trois hauts dirigeants du football africain nommément accusés de corruption

mai 18, 2015

Issa Hayatou, tout puissant patron du football africain.
Issa Hayatou, tout puissant patron du football africain. © Archives/AFP

Au mois de juin 2014, le « Sunday Times » publiait une enquête dénonçant l’existence d’un système de pot de vin ayant conduit à l’attribution de la coupe du monde de football au Qatar. Trois hauts dirigeants sportifs africains sont désormais clairement cités par la principale accusatrice.

Un documentaire diffusé sur la chaine de télévision allemande ARD au début du mois de mai lève un peu plus le voile sur les accusations de corruption qui secouent la Fédération internationale de football association (Fifa). Phaedra Almajid, ancienne membre du comité de candidature de Qatar 2022 cite le nom de trois dirigeants du football africain qui auraient perçu des sommes d’argent pour soutenir la candidature du riche émirat du Golfe.

Sont indexés le tout puissant patron de la Confédération africaine de football (CAF), le Camerounais Issa Hayatou et deux autres grands noms du football continental, le Nigérian Amos Adamu et l’Ivoirien Jacques Anouma.

1,5 million de dollars

Chacune de ces personnalités aurait touché la coquette somme de 1,5 million de dollars censée représenter un « encouragement » financier pour leur fédération.

L’ancienne responsable de la communication du comité de candidature du Qatar assurait déjà en 2014 que la scène se serait déroulée dans un hôtel en Angola en 2010. Elle n’avait à l’époque nommé personne. Elle avait néanmoins décrit la scène dans une interview à France Football : « Une personne indique que les Qataris sont ravis de la présence d’un haut dirigeant du foot africain et qu’ils souhaitent faire bénéficier sa fédération d’un don d’un million de dollars ». Et de poursuivre : « Ce monsieur répond, sans même un regard pour le Qatari : Ah, un million de dollars… Pourquoi pas un million et demi de dollars ? » Le Qatari aurait ensuite demandé s’il pouvait compter sur son soutien. L’intéressé lui aurait assuré que c’était le cas.

Les mis en cause n’ont pour l’heure par réagi à cette charge.

Jeuneafrique.com par Edmond d’Almeida

Congo/Guinée-équatoriale: La présence du président Sassou-Nguesso à Bata n’a-t-elle pas retenu l’attention des commentateurs de Canal+?

janvier 20, 2015

Le président congolais Denis Sassou Nguesso. © Baudouin MOUANDA pour Jeune Afrique

Le président congolais Denis Sassou Nguesso. © Baudouin MOUANDA pour Jeune Afrique

Denis Sassou-Nguesso, était invité par son homologue de la Guinée Equatoriale, pour assister, samedi 17 janvier 2015, à l’ouverture de la Coupe d’Afrique des nations de football qui se déroule dans ce pays, et en a profité pour encourager ses compatriotes, les Diables-Rouges. Cette cérémonie protocolaire a été retransmise par plusieurs chaînes de télévision, dont Canal Plus.

Les réalisateurs ont fait des gros plans sur les deux chefs d’Etat et aussi sur le président de la Caf (Confédération africaine de football), Issa Hayatou,  mais fait curieux, à aucun moment le commentateur et le consultant de la chaîne française n’ont annoncé la présence remarquée par tous du président congolais, ni cité son nom.

Des téléspectateurs ont vite fait d’interpréter ce fait comme étant la manifestation, ces derniers temps, de l’attitude critique des médias hexagonaux à l’égard du président Sassou-Nguesso.

Lasemaineafricaine.net avec Jeuneafrique.com

Afrique centrale et occidentale au rendez-vous des prochaines CAN 2019, 2021 et 2023

septembre 21, 2014

 

Des supporters camerounais à Yaoundé, le 17 novembre 2014.
Des supporters camerounais à Yaoundé, le 17 novembre 2014. © AFP

En choisissant samedi de donner la Coupe d’Afrique des nations (CAN) au Cameroun en 2019, à la Côte d’Ivoire en 2021 et la Guinée en 2023, la Confédération africaine de football (CAF) a mis à l’honneur l’Ouest et le centre du continent.

« Si l’on prête attention au football au jour d’aujourd’hui, on remarque que l’Afrique de l’Ouest est l’endroit d’Afrique qui domine le football », a dit Lambert Feh Kesse, président du Comité national de pilotage de la candidature ivoirienne. « Aussi, il est juste de récompenser cet état de fait », a-t-il ajouté, alors que le pays n’a plus organisé le tournoi depuis 1984.

Le Cameroun est également le grand vainqueur de cette annonce qui a été faite à Addis Abeba, au siège de l’Union africaine (UA), par Issa Hayatou, président de la Confédération africaine de football (CAF). « Il faut remonter à 1972 pour retrouver date de la dernière organisation de la CAN au Cameroun », a rappelé Adoum Garoua, ministre camerounais des sports. « Vous pouvez ainsi imaginer l’importance de la nouvelle pour les habitants », a-t-il ajouté.

L’annonce du pays organisateur de la CAN-2023 a constitué une surprise car la CAF devait seulement effectuer des annonces pour les éditions 2019 et 2021. D’autant que la Guinée est durement touchée par le virus Ebola. « Nous avons fait une bonne présentation à la CAF », a expliqué le ministre guinéen des télécommunications Oye Guilavogui. « Certes, Ebola constitue actuellement un véritable défi pour le pays mais nous allons avoir beaucoup de temps d’ici 2023 pour organiser la compétition ».

L’Algérie et la Zambie étaient les autres candidats à ces éditions de la CAN et n’ont donc pas été choisis par les quatorze membres du comité exécutif de la CAF qui ont pris part au vote. Mais la CAF est aussi à la recherche d’un pays d’accueil pour l’édition 2017, initialement attribuée à la Libye. Tripoli s’est désisté en raison des troubles qui agitent régulièrement le pays.

L’Algérie, qui a accueilli la compétition pour la dernière fois en 1990, a déjà fait part de son intérêt pour 2017. La prochaine édition de la CAN aura lieu au Maroc en janvier et février prochains. La dernière édition, disputée en Afrique du Sud en 2013, a été remportée par le Nigeria

Jeuneafrique.com avec AFP

Mondial 2022 au Qatar : qui sont les principaux dirigeants du foot africain accusés de corruption ?

juin 2, 2014

Selon le « Sunday Times », le Qatari Mohamed Bin Hammam, ex-membre du Comité exécutif de la Fifa, a versé d’importants pots-de-vin aux dirigeants du football africain pour s’assurer de leur soutien en vue de l’organisation de la coupe du monde 2022. « Jeune Afrique » a relevé pour vous les principales personnalités africaines impliquées dans cette vaste affaire de corruption.

L’enquête du Sunday Times sur l’attribution du Mondial 2022 au Qatar est une bombe pour le football africain. Selon le journal britannique, le riche émirat gazier a versé des pots-de-vin à la quasi-totalité des dirigeants de fédérations africaines pour gagner leur soutien en vue de l’organisation du plus gros évènement sportif de la planète.

Pendant plus de deux ans, de juin 2008 à décembre 2010, le haut responsable qatari Mohamed Bin Hammam aurait distribué des centaines de milliers de dollars aux gouvernants du football continental. Objectif : les rallier à la candidature de son pays pour l’organisation de la coupe du monde 2022. Le Sunday Times indique être en possession de milliers de courriels et d’autres documents attestant de présumés versements d’argent. Une première série, publiée sur le site du journal, comporte des noms africains biens connus des amateurs de ballon rond : Issa Hayatou, Jacques Anouma, ou encore George Weah.

D’après le journal londonien, Bin Hammam, alors membre du Comité exécutif de la Fifa et président de la Confédération asiatique, se servait de caisses noires pour financer son circuit de corruption. Ces importantes sommes d’argent étaient directement remises, en cash ou par virement bancaire, aux dirigeants des fédérations africaines. Elles pouvaient aussi servir à des voyages tout frais payés en Malaysie ou au financement de soirées caritatives sur le continent.

Jeune Afrique a lu l’enquête de ses confrères britanniques avec attention. Voici une synthèse des principales personnalités du football africain mentionnées dans cette vaste affaire de corruption qatarie.

•Anjorin Moucharafou

Le président de la Fédération béninoise de football et membre du comité exécutif de la CAF aurait fait partie, avec 24 autres dirigeants africains, d’un premier voyage tout frais payés organisé par Bin Hammam en juin 2008 à Kuala Lumpur, en Malaysie. D’après le Sunday Times, environ 200 000 dollars en cash ont été distribués aux invités. À l’issue du voyage, le lobbyiste qatari aurait ordonné à son équipe de faire un virement direct à Moucharafou et trois autres délégués africains.

•Lydia Nsekera

La présidente de la Fédération burundaise et première femme membre du comité exécutif de la Fifa aurait quant à elle fait partie d’un second voyage payé par Bin Hammam à Kuala Lumpur, en octobre 2008. Les quarante invités, tous issus du continent, auraient chacun reçu 5 000 dollars à leur arrivée. Ils auraient aussi trouvé un sac Nike remplis de cadeaux dans leurs chambres d’hôtel cinq étoiles.

•Général Seyi Memene

Selon le Sunday Times, le général togolais Seyi Memene, vice-président de la CAF, a reçu un virement de 22 400 dollars de la part de Bin Hammam pour financer un pélerinage à La Mecque avec sa femme en novembre 2008.

•Seedy Kinteh

En juin 2009, Seedy Kinteh, président de la Fédération gambienne de football, participe au congrès annuel de la Fifa à Nassau, au Bahamas. Mohamed Bin Hammam est également présent pour poursuivre son entreprise de séduction autour du Mondial qatari. Le Sunday Times affirme que au Kinteh a envoyé un mail à Bin Hammam après le Congrès. « Comme nous l’avons évoqué aux Bahamas, j’ai de nouveau vraiment besoin de votre aide fraternelle. Je vous joins donc les coordonnées bancaires complètes que vous pouvez utiliser pour n’importe quel virement ». Une dizaine de jours plus tard, le Gambien aurait fait parvenir un nouveau courriel à son « ami » qatari pour le remercier d’un virement de 10 000 dollars. Le journal britannique fait également état d’un autre virement de 50 000 dollars, effectué cette fois depuis le compte de la fille de Bin Hammam.

•Saïd Belkhayat

Saïd Belkhayat, président de la Fédération royale marocaine de football, aurait lui aussi bénéficié des faveurs de Bin Hammam. Le Sunday Times publie un échange de mail dans lequel il fournirait ses coordonnés bancaires personnelles à Najeeb Chirakal, bras droit de Bin Hamman. Ni le montant ni le but de la dépense ne sont toutefois précisés.

•Issa Hayatou, Jacques Anouma et Amos Adamu

Issa Hayatou, tout-puissant président camerounais de la CAF, Jacques Anouma, président de la fédération ivoirienne, et Amos Adamu, celui de la fédération nigériane, auraient été eux aussi au centre des attentions de Mohamed Bin Hammam. Et pour cause : ces trois hommes sont alors membres du comité exécutif de la Fifa et doivent voter, en décembre 2010, pour l’organisateur de la coupe du monde 2022.

D’après le Sunday Times, un des premiers contacts entre ces trois dirigeants de premier plan et le lobbyiste qatari remonte à décembre 2009, lors d’un nouveau voyage tous frais payés réunissant 35 présidents de fédérations africaine à Doha, au Qatar.

Quelques jours avant l’arrivée de Hayatou, Anouma et Adamu dans l’émirat gazier, trois virements de 400 000 dollars provenant du fonds « Fifa goal programme », contrôlé par Bin Hammam, auraient été versés aux fédérations camerounaise, ivoirienne et nigériane. Un autre virement de 400 000 dollars aurait également été accordé à la fédération ivoirienne pour l’année 2010. Après ce séjour des dirigeants africains à Doha, le comité de candidature du Qatar annonce début janvier 2010 un accord exclusif d’un million de dollars pour parrainer le congrès annuel de la CAF à la fin du mois en Angola.

En juin 2010, Hayatou, Anouma et Adamu se rendent en Afrique du Sud pour la coupe du monde. Présent à Johannesburg, Mohamed Bin Hammam aurait ordonné à son staff de payer les notes de ses invités. C’est ainsi qu’Hayatou aurait reçu une soixantaine de billets pour un montant total de 3 800 dollars et que près de 10 000 dollars auraient été payés pour le « diner et les chambres des membres du comité exécutif ». Dans les semaines qui suivent, Bin Hammam aurait ensuite mis le jet de l’émir du Qatar à disposition de Hayatou, Anouma et Adamu pour les rencontrer en privé à Doha ou au Caire.

•George Weah

« Mister George » n’est pas président de fédération mais il est une figure influente du football africain. D’après le journal britannique, il a également profité des largesses qataries. Lors du congrès annuel de la CAF, fin janvier 2010, en Angola, l’ancien attaquant libérien aurait envoyé un mail à Najeeb Chirakal, bras droit de Bin Hammam. « Je vous écris parce qu’après notre discussion, le président (Bin Hammam, NDLR) m’a dit de vous envoyer en urgence mes coordonnées et mon relevé d’identité bancaire ». Début février, dans un autre échange de mail, Chirakal affirmerait qu’un montant de 50 000 dollars a été versé sur le compte personnel de Weah.
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Jeuneafrique.com par Benjamin Roger par Benjamin Roger