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Mamadou Coulibaly, le fabuleux destin d’un Sénégalais sans-abri devenu footballeur en Italie

novembre 27, 2021
Le milieu de terrain, Mamadou Coulibaly, à l’occasion du match de Série A, en Italie, le 22 Septembre 2021. © Carmelo Imbesi/LiveMedia/Shutterstock/SIPA

Arrivé clandestinement en Europe en 2015, Mamadou Coulibaly évolue aujourd’hui en Série A et fait partie de l’élite du foot italien. Un parcours hors du commun, qu’il a raconté à « Jeune Afrique ».

Il y a encore six ans, Mamadou Coulibaly errait clandestinement en Italie. Le Sénégalais, issu de la classe moyenne, venait de quitter son pays au péril de sa vie. Il n’avait que 16 ans. Après de longs mois passés dans la clandestinité, il est aujourd’hui footballeur professionnel de Série A italienne, à la Salernitana, où il a été prêté par l’Udinese.

Jeune Afrique : Vous êtes entrés clandestinement en Europe, il y a six ans. Les mois qui ont suivi ont été très durs. Au Sénégal, vous ne veniez pourtant pas d’un milieu défavorisé…

Mamadou Coulibaly : En effet. Je suis né à Thiès, où mon père était professeur de sport. Mais nous n’étions ni riches ni pauvres.  Mon père gagnait correctement sa vie, assez en tout cas pour qu’à la maison, on ne manque de rien. Ma mère ne travaillait pas, et avec un seul salaire, une fois que tout était payé, il ne restait pas grand-chose. Quand mon frère aîné est devenu professeur d’anglais, cela a amélioré les choses. Mais quand vous êtes jeune, et que vous voyez votre père se décarcasser tous les jours pour finalement gagner juste de quoi vivre, c’est dur.

Jeune, étiez-vous déjà passionné par le football ?

Oui. Je voulais réussir dans le foot. Mon père, qui y a joué, voulait bien que je le pratique, mais sous forme de loisir. Il préférait que je me concentre sur les études, pour ensuite avoir un métier. Le problème, pour lui, n’était pas que je joue au foot, mais il avait peur que je ne réussisse pas à devenir professionnel et que je ne sache quoi faire. Il m’a donc inscrit dans un établissement sport-études. Mais honnêtement, ce qui m’intéressait, c’était jouer au foot.

J’AI PRIS UN BUS POUR LE MAROC

À 16 ans, vous décidez de quitter le Sénégal, sans prévenir vos parents. Était-ce le fruit d’un coup de tête ou d’une longue réflexion ?

Depuis l’âge de dix ans, j’avais en tête de partir en Europe pour jouer au foot. Là-bas, les parents peuvent mettre de l’argent de côté pour leurs enfants. En Afrique, cela ne marche pas comme ça. Il faut apprendre à se débrouiller, d’autant que les États ne font pas grand-chose pour les jeunes. Alors, j’ai décidé de partir. J’ai juste prévenu deux amis, j’ai pris un bus pour le Maroc, où je suis resté une semaine, en me débrouillant comme je le pouvais. Puis j’ai rejoint Marseille et Grenoble, où j’avais une tante. Comme elle ne pouvait pas me garder trop longtemps et que j’avais débarqué sans prévenir, elle m’a mis en relation avec l’une de ses connaissances, qui vivait en Italie, à Livourne.

Et c’est là que les galères ont vraiment commencé…

Dans un premier temps, je me suis retrouvé dans une maison avec d’autres personnes qui étaient quasiment toutes dans la même situation que moi. C’était difficile, je ne mangeais pas à ma faim tous les jours. Je faisais comme je pouvais, sans argent. Et je ne parlais pas italien… Au bout d’un moment, je suis parti et j’ai dormi dans la rue, ou dans des supermarchés, pour éviter d’avoir froid.

J’ai cependant recommencé à jouer au foot, dans une équipe de futsal. Ma crainte, comme je n’avais pas de titre de séjour, c’était d’être arrêté par la police et d’être renvoyé au Sénégal. Alors, quand j’apercevais des policiers, je me faisais discret. Heureusement, je n’ai jamais été arrêté… Puis je suis parti à Pescara et enfin, à 40 kilomètres de là, à Roseto.

Avez-vous envisagé de repartir en France, ou même au Sénégal ?

J’ai appelé des gens en France, des connaissances. Comme ils ne connaissaient pas le numéro, la première fois, ils ont décroché. Puis ils n’ont plus pris mes appels, car ils étaient désormais au courant de ma situation. Mais je n’ai pas rancœur. Repartir à Thiès ? Non, jamais. Je savais que ce serait un calvaire si j’y retournais. Quand tu quittes le pays pour une vie meilleure et que tu reviens, c’est compliqué. Mes parents ont été mis au courant de ma situation. Ma mère, sans nouvelles de moi, pensait même que j’étais mort.

JE NE CONSEILLE À PERSONNE DE FAIRE CE QUE J’AI FAIT. JE ME SUIS MIS EN DANGER

À Roseto, votre situation a commencé à s’améliorer…

J’avais galéré pendant des mois. Je me suis installé près du terrain de foot du club de la ville, et un jour, alors que je dormais dans les vestiaires du stade, des policiers sont arrivés. Avec eux, il y avait un homme, Girolamo Bizzarri, un ancien joueur professionnel qui entraînait à Roseto. Il était au courant de ma situation et m’a aidé.

On m’a emmené dans les locaux de la police, je croyais que j’allais être expulsé. Mais Bizzarri a entamé des démarches pour que je dispose d’un titre de séjour provisoire. La police m’a aussi aidé, et j’ai été placé dans un foyer d’accueil pour jeunes migrants. Là, j’ai appris l’italien et Bizzarri m’a proposé de faire des tests dans différents clubs, notamment à Ascoli et Sassuolo. Comme ma situation administrative n’était pas réglée, je ne pouvais pas signer de licence. Et puis un jour, j’ai pu signer à Pescara, et j’ai commencé à jouer avec les moins de 19 ans, puis avec l’équipe professionnelle. J’ai commencé à réaliser mon rêve.

Vous avez ensuite signé à Udinese, qui vous a prêté à plusieurs clubs, dont Salernitana, promu cette saison en Série A….

Je réalise pleinement ce qui m’arrive. Je suis quelqu’un de têtu, je ne voulais rien lâcher. Mais attention : je ne conseille à personne de faire ce que j’ai fait. C’est très risqué, très dangereux, je me suis mis en danger. Je sais qu’il y a de nombreux jeunes Africains qui viennent en Europe clandestinement pour essayer de trouver un club, mais combien y parviennent ? J’ai eu la chance d’être aidé par certaines personnes. Comme j’avais fait du foot dans un sport-études au Sénégal, j’avais de bonnes bases et j’ai beaucoup appris à Roseto et surtout Pescara. J’ai rattrapé le temps perdu, quand je ne jouais plus parce que je dormais dans la rue. Tout ce que je fais, c’est pour ma famille, pour l’aider à vivre mieux.

Aujourd’hui je gagne bien ma vie, je peux les aider et c’est le plus important. Je retourne à Thiès dès que je le peux pour voir mes proches Mon objectif, c’est bien sûr de continuer à jouer au haut niveau. J’évolue en Italie, dans un des meilleurs championnats du monde, et j’ai envie de jouer pour le Sénégal. Je vise la Coupe du monde 2022, au Qatar.

Votre père, qui vous imaginait plutôt faire un autre métier, est-il fier de vous ?

Oui. C’est une personne dure et exigeante, mais très juste. Il m’a dit qu’il était fier de moi, heureux que j’ai réussi à atteindre le but que je m’étais fixé. Je sais qu’il le pense sincèrement.

Avec Jeune Afrique par Alexis Billebault

Le Catalan Carles Puigdemont libéré et autorisé à quitter l’Italie

septembre 24, 2021
Le Catalan Carles Puigdemont libere et autorise a quitter l'Italie
Le Catalan Carles Puigdemont libéré et autorisé à quitter l’Italie© AFP/Gianni BIDDAU

Arrêté jeudi en Sardaigne, Carles Puigdemont a été libéré vendredi et autorisé à quitter l’Italie, selon son avocat, même si la justice de ce pays doit encore trancher sur la demande d’extradition déposée par l’Espagne, où le leader indépendantiste catalan est poursuivi pour son rôle dans une tentative de sécession en 2017.

Salué par ses partisans, l’ex-président régional catalan a quitté vendredi la prison de Sassari, en Sardaigne, où il était détenu.

Selon son avocat italien Agostinangelo Marras, il a été autorisé à quitter l’Italie dans l’attente d’une prochaine audience à laquelle il prévoit d’assister le 4 octobre. La décision sur son extradition pourrait prendre « des semaines », avait indiqué plus tôt cet avocat.

« L’Espagne ne perd jamais une occasion d’être ridicule », a dénoncé M. Puigdemont à sa sortie.

En visite sur l’île de La Palma, où un volcan est entré en éruption, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a appelé de ses voeux un procès du leader indépendantiste. Carles Puigdemont, qui a fui en 2017 en Belgique où il vit depuis lors, pour échapper aux poursuites judiciaires, doit « se soumettre à la justice » espagnole, a-t-il insisté.

Âgé de 58 ans, M. Puigdemont a été arrêté jeudi soir à son arrivée à l’aéroport d’Alghero, ville sarde de culture catalane où il devait participer à un festival culturel et s’entretenir avec des élus de l’île italienne.

Cette arrestation a provoqué la colère des indépendantistes catalans, dont plusieurs centaines ont manifesté vendredi devant le consulat d’Italie à Barcelone (nord-est de l’Espagne). D’autres appels à manifester ont été lancés pour vendredi soir ou dimanche.https://3a8d1e40c7adb1bf9ee487eacba271d9.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-38/html/container.html

« C’est un autre exemple de la répression espagnole à l’égard des politiciens catalans », a affirmé Monica, 33 ans, qui participait à la manifestation de vendredi matin.

Le président séparatiste catalan Pere Aragones avait lui convoqué une réunion d’urgence de son gouvernement et exigé « la libération immédiate de Carles Puigdemont ».

« L’amnistie est la seule voie. L’autodétermination la seule solution », avait-il écrit jeudi soir sur Twitter.

Accusé de « sédition »

Carles Puigdemont est toujours réclamé par la justice espagnole, qui l’accuse de « sédition » et de « détournements de fonds publics ».

En mars 2018, il avait été arrêté une première fois à la demande de l’Espagne, en Allemagne cette fois. Mais il avait été libéré quelques jours plus tard. Eurodéputé depuis 2019, l’indépendantiste a bénéficié un temps d’une immunité parlementaire mais le Parlement européen l’a levée le 9 mars à une large majorité. Une mesure confirmée le 30 juillet par le Tribunal de l’Union européenne.

Mais la décision du Parlement européen a fait l’objet d’un recours dont le jugement définitif sur le fond de la part de la justice de l’UE doit être prononcé « à une date ultérieure ». L’avocat de M. Puigdemont, Gonzalo Boye, considère donc que la décision du Parlement est « suspendue », tout comme l’application du mandat d’arrêt, et que son client doit encore bénéficier de son immunité.

Vers une nouvelle crise ?

Cette affaire, qui intervient dans un moment de relative détente, fait planer le risque d’une nouvelle crise entre Madrid et les indépendantistes.

Le gouvernement Sanchez a gracié en juin les neuf dirigeants indépendantistes qui avaient été arrêtés en 2017 et condamnés à la prison en 2019, à l’issue d’un procès historique dont M. Puigdemont était le grand absent.

Le gouvernement espagnol a repris le 15 septembre ses négociations avec le gouvernement séparatiste régional, destinées à trouver une issue à la crise séparatiste en Catalogne.

Vendredi, M. Sanchez a « revendiqué » l’importance du dialogue « aujourd’hui plus que jamais » tandis que M. Aragones a, lui, jugé que cette arrestation « n’aidait pas à résoudre le conflit » en Catalogne.

La tentative de sécession de la Catalogne, en octobre 2017, a été l’une des pires crises vécues par l’Espagne depuis la fin de la dictature franquiste en 1975.

Malgré l’interdiction de la justice, le gouvernement régional présidé par M. Puigdemont avait organisé un référendum d’autodétermination émaillé de violences policières et suivi, quelques semaines plus tard, d’une déclaration d’indépendance mort-née.

Madrid avait réagi en mettant la région sous tutelle et en arrêtant les principaux dirigeants du mouvement indépendantiste qui n’avaient pas fui à l’étranger.

Par Le Point avec AFP

500 fausses œuvres de Francis Bacon saisies en Italie

septembre 13, 2021

La police italienne a mis sous séquestre ces contrefaçons de tableaux du peintre britannique, évitant leur circulation sur le marché de l’art.

500 contrefacons du celebre artiste ont ete saisies par les forces de l'ordre transalpines, a Bologne, dans le nord-est de l'Italie, ainsi que de l'argent liquide et des biens dont la valeur est estimee a pres de 3 millions d'euros.
500 contrefaçons du célèbre artiste ont été saisies par les forces de l’ordre transalpines, à Bologne, dans le nord-est de l’Italie, ainsi que de l’argent liquide et des biens dont la valeur est estimée à près de 3 millions d’euros.© ULF ANDERSEN / Ulf Andersen / Aurimages via AFP

Il compte parmi les artistes les plus cotés du marché de l’art. Son triptyque Trois Études de Lucian Freud peint en 1968 était adjugé 142,4 millions de dollars chez Christie’s à New York en 2013, le classant parmi les dix tableaux les plus chers jamais vendus aux enchères. Aussi, le travail du peintre britannique Francis Bacon, mort en 1992, attire-t-il à lui faussaires et collectionneurs peu scrupuleux.

Cinq cents contrefaçons du célèbre artiste ont ainsi été saisies par les forces de l’ordre transalpines, à Bologne, dans le nord-est de l’Italie, ainsi que de l’argent liquide et des biens dont la valeur est estimée à près de 3 millions d’euros, ont annoncé, vendredi 10 septembre, les autorités italiennes. Cinq personnes ont été inculpées pour association de malfaiteurs ayant pour but « l’authentification et la mise en circulation de fausses œuvres d’art » et « la fraude et le blanchiment d’argent », précise leur communiqué.

Le principal suspect, un collectionneur bolognais, faisait déjà l’objet de deux enquêtes lancées en 2018, par la police et les autorités fiscales, ajoutent les médias italiens. Les carabiniers enquêtaient, en effet, sur le collectionneur, propriétaire de « nombreuses œuvres d’art contemporain, dont deux dessins signés par Francis Bacon ». Et le fisc, sur les « flux financiers [de l’intéressé, NDLR] avec l’étranger, incompatibles avec ses sources de revenus légales ».

« Revendre à des acheteurs peu méfiants »

« À partir d’une reconstitution minutieuse des flux de trésoreries issus de ventes frauduleuses, nous avons vu comment l’organisation […] a utilisé une société domiciliée au Royaume-Uni pour réunir les sommes obtenues qui, une fois blanchies, ont été redistribuées parmi les suspects, directement ou par l’intermédiaire de sociétés nationales et étrangères domiciliées en Espagne et en Pologne », précise le communiqué des autorités.

Le dessein du groupe criminel était ambitieux : « présenter les dessins sur le marché de l’art à travers des expositions nationales et internationales prestigieuses, des catalogues, des sites Internet, des fondations », précise le site d’informations swissinfo, pour augmenter leur prix et « les revendre à des acheteurs peu méfiants ».

Par Le Point avec Alice Pairo-Vasseur

La police italienne saisit une enveloppe contenant des balles envoyée au pape

août 9, 2021

LA POLICE ITALIENNE SAISIT UNE ENVELOPPE CONTENANT DES BALLES ENVOYÉE AU PAPE

© Reuters/REMO CASILLI 

ROME (Reuters) – La police italienne a annoncé lundi qu’une enveloppe adressée au pape François contenant trois balles de pistolet avait été saisie dans un centre de tri postal près de Milan.

Les postiers ont appelé la police après avoir intercepté l’enveloppe durant la nuit de dimanche à lundi dans la ville de Peschiera Borromeo.

La police a déclaré à Reuters que l’enveloppe, envoyée de France, était adressée au « Pape, Vatican, Place Saint-Pierre ».

Aucun commentaire n’a été obtenu dans l’immédiat auprès d’un porte-parole du Vatican.

Avec Reuters (Reportage Angelo Amante et Philip Pullella, version française Valentine Baldassari, édité par Marc Angrand)

Congo-FOCEB: Visite d’une délégation italienne à Brazzaville

août 8, 2021

Avec Archidiocèse de Brazzaville

La chute d’un téléphérique en Italie fait au moins neuf morts et deux blessés

mai 23, 2021

 

ROME — Neuf personnes ont été tuées dimanche à la suite de la chute d’un téléphérique dans la région du Piémont, en Italie. Deux enfants ont aussi été blessés et transportés à l’hôpital, indiquent les autorités. Leur état était considéré comme sérieux.

© Fournis par La Presse Canadienne

Une photo prise par les pompiers montre la cabine écrasée au sol entourée de débris dans une clairière au milieu d’un secteur boisé

près du sommet du mont Mottarone qui surplombe le lac Majeur, dans le nord du pays.

À cet endroit, les câbles sont très hauts, a indiqué Walter Milan, porte-parole de l’équipe de secours alpine.

La cause de cet écrasement n’avait pas encore été déterminée. Le temps était ensoleillé dans la région, a ajouté M. Milan.

Les autorités italiennes ont souligné que cette ligne de câbles avait été rénovée en 2016. Elle a été rouverte à la population récemment, après le confinement et les fermetures imposées aux remontées mécaniques des stations de ski à travers le pays dans la foulée de la pandémie de COVID-19.

Le mont Mottarone, qui atteint 1491 mètres d’altitude, offre une vue pittoresque sur le lac Majeur et les Alpes.

La montagne accueille au sommet le petit parc d’attractions Alpyland, qui offre une vue imprenable.

Avec The Associated Press

Italie : un automobiliste renverse et tue deux hommes qui venaient de lui voler sa montre

mars 27, 2021

Un automobiliste italien a pris en chasse, renversé et écrasé deux hommes circulant à scooter, les tuant sur le coup, parce qu’ils venaient de lui voler sa montre, ont rapporté samedi les médias.

Les faits se sont produits vendredi soir près de Naples (sud), lorsque deux hommes à bord d’un puissant scooter ont menacé un automobiliste avec une arme de poing pour lui subtiliser sa montre de marque Rolex.

La victime, âgée de 26 ans, a alors engagé une course-poursuite à grande vitesse, percuté le scooter et écrasé ses agresseurs. Puis il a abandonné son véhicule et s’est présenté aux carabiniers de Marano, en banlieue napolitaine. Ses déclarations ont été corroborées par des témoins, rapporte notamment le quotidien Il Corriere della Sera.

Les deux voleurs présumés, âgés de 30 et 40 ans, étaient des délinquants notoires au lourd passé judiciaire. Un pistolet dont le numéro de série avait été effacé, ainsi qu’une montre, ont été retrouvés sur les lieux de l’accident.

Par Le Figaro avec AFP

RDC-Diplomatie : les dépouilles de Luca Attanasio et de son garde du corps rapatriés en Italie

février 24, 2021

Les corps inertes de l’ambassadeur italien et de son garde du corps, tués le 22 février, lors d’une attaque à Nyrangongo au Nord-Kivu, sont arrivés à Rome en Italie, le  24 février par l’aéroport militaire de Ciampino. Elles ont été réceptionnées par le Premier ministre italien Mario Draghi. 

mediacongo.net - Actualités - Attaque d'un convoi du PAM à Nyiragongo :  l'ambassadeur italien Luca Attanasio est décédé des suites de ses blessures

L’ambassadeur italien Luca Attanasio

Auparavant, une délégation du cabinet du chef de l’État s’était rendue quelques heures plus tôt à Goma pour rendre les derniers hommages à l’ambassadeur Luca Attanasio. Ce dernier et son aide de camp, Vittorio Lacovacci, ont reçu les hommages des autorités congolaises au cours d’une sobre cérémonie non autorisée aux médias.

Le gouverneur du Nord-Kivu, Carly Nzanzu Kasivita, et le conseiller principal du chef de l’Etat au collège diplomatique, M. Boshiri, se sont recueillis devant les  deux cercueils enveloppés de drapeaux italiens exposés sous une tente au cœur du dispositif militaire de la Monusco à leur terminal de l’aéroport international de Goma. Après  avoir déposé deux gerbes de fleurs au nom du chef de l’Etat, Felix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, les deux personnalités ont échangé quelques mots avec les délégués du gouvernement italien venus pour assurer le rapatriement de leurs compatriotes. Le gouverneur de province a remis le message de condoléances de sa province aux officiels italiens.

Un gros porteur de l’armée de l’air italienne a atterri en milieu de la journée à Goma avec, à son  bord, une dizaine d’officiers militaires. Visiblement émus, les  délégués italiens se sont opposés à toute cérémonie d’hommage aux deux illustres disparus. Aucune prise d’images n’a été autorisée et le lieu de l’exposition des dépouilles mortelles n’a pas été accessible aux autres autorités provinciales civiles et militaires. L’avion militaire de l’armée de l’air italienne a décollé le même jour en direction de  Rome.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

RDC : ce que l’on sait de l’attaque qui a coûté la vie à l’ambassadeur d’Italie

février 23, 2021
Des soldats de la paix de l’ONU surveillent la zone où le convoi a été attaqué, à Nyiragongo, province du Nord-Kivu, le 22 février 2021.

Luca Attanasio, son garde du corps et son chauffeur ont été attaqués par des hommes armés alors qu’ils faisaient partie d’un convoi du PAM qui faisait route près de Goma, dans le Nord-Kivu.

L’attaque a eu lieu dans la matinée du 22 février, autour de 10 heures, à une dizaine de kilomètres de Goma, dans le territoire de Nyiragongo, dans le Nord-Kivu. Le convoi du Programme alimentaire mondial (PAM) faisait route vers Rutshuru, sur la route du parc des Virungas, lorsqu’il a été pris d’assaut. Selon le gouverneur de la province, Carly Nzanzu Kasivita, les assaillants étaient au nombre de six.

Selon l’agence onusienne qui a réagi dans un communiqué, « la délégation se rendait de Goma à Rutshuru pour visiter un programme d’alimentation scolaire du PAM lorsque l’incident a eu lieu ». Le convoi a été arrêté au niveau du lieu-dit « Trois antennes », rapporte de son côté le Baromètre sécuritaire du Kivu, projet conjoint de Human Rights Watch et du Groupe d’étude sur le Congo (GEC), qui observe l’activité des nombreux groupes armés dans l’est du pays.

Assaillants inconnus

Le déroulé des évènements reste flou, mais il semble que la Jeep dans laquelle se trouvait l’ambassadeur d’Italie a d’abord été arrêtée par des tirs de sommation avant d’être attaquée. Les assaillants auraient alors tenté de kidnapper les membres du convoi.

Alerté, un contingent de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), qui patrouillait près du lieu de l’attaque avec une unité des Forces armées de la RDC (Fardc), est alors intervenu. Des tirs ont été échangés et le garde du corps du diplomate, Vittorio Iacovacci, ainsi que le chauffeur congolais du véhicule du PAM, Mustapha Milambo, ont péri sur place. Gravement touché à l’abdomen et transféré vers un hôpital, Luca Attanasio a perdu la vie quelques instants plus tard.

LA RÉPUBLIQUE ITALIENNE EST EN DEUIL POUR CES SERVITEURS DE L’ÉTAT QUI ONT PERDU LEUR VIE DANS L’EXERCICE DE LEURS FONCTIONS

Plusieurs questions subsistent. Selon le PAM, l’attaque s’est produite sur une route sur laquelle le convoi été autorisé à circuler sans escorte. « Les services de sécurité et les autorités provinciales n’ont pu ni assurer des mesures de sécurisation particulière du convoi, ni leur venir en aide faute d’informations sur leur présence dans cette partie du pays », a néanmoins affirmé en fin de journée le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité dans un communiqué.

L’identité des assaillants n’est pas encore connue, mais une source sécuritaire contactée par Jeune Afrique évoque la responsabilité de « certains éléments des FDLR [Forces démocratiques de libération du Rwanda] ». La zone dans laquelle l’attaque a eu lieu est toutefois le repère de plusieurs autres groupes armés, y compris des milices Nyatura et des membres de l’ex-M23.

Le dernier rapport du Baromètre sécuritaire du Kivu évoque la présence de 122 groupes armés distincts dans l’est de la RDC (Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri et Tanganyika). Ce chiffre est en baisse par rapport à la dernière recension, qui se focalisait uniquement sur le Kivu. Pourtant, le nombre de civils tués dans cette région en proie à l’insécurité depuis plus de vingt-cinq ans est en nette augmentation depuis la fin de 2019.

« Attaque lâche »

Arrivé en RDC en tant que chargé d’affaires à l’ambassade d’Italie, Luca Attanasio, 43 ans, était en poste depuis octobre 2019.

Sa mort, ainsi que celles de son garde du corps et de son chauffeur, ont provoqué une vague de réactions tant en RDC qu’en Europe. Le président italien, Sergio Mattarella, a dénoncé une « attaque lâche ». « La République italienne est en deuil pour ces serviteurs de l’État qui ont perdu leur vie dans l’exercice de leurs fonctions », a-t-il ajouté.

Les autorités congolaises ont, quant à elles, réagi par la voix de la ministre des Affaires étrangères, Marie Tumba Nzeza, qui a promis que la RDC « mettrait tout en œuvre pour découvrir qui est à la base de cet ignoble meurtre ». Accompagnée du secrétaire général aux Affaires étrangères, Dominique Kilufya, la cheffe de la diplomatie congolaise a rendu visite à l’épouse et aux enfants de l’ambassadeur.

Avec Jeune Afrique par Romain Gras et Stanis Bujakera Tshiamala

Meurtre de l’ambassadeur de l’Italie en RDC : le Mouvement des Indignés relève l’urgence de la mise en place d’une force neutre

février 22, 2021

Pour ce mouvement citoyen, c’est la présence des armées étrangères et des mouvements rebelles dans cette partie du pays qui y intensifie les tueries, qui vont jusqu’à atteindre les diplomates en visite régulière dans le coin.

Photo: l’ambassadeur Lucca Attanasio/Adiac.

S’appuyant sur le meurtre de l’ambassadeur de l’Italie en République démocratique du Congo (RDC), Luca Attanasio, dans le Nord-Kivu, le Mouvement des indignés de la situation sécuritaire en RDC (Miss-RDC) appelle à la mise en place urgente d’une force neutre dans cette partie du pays.

Ce mouvement dit, par ailleurs, regretter que rien ne soit fait pour mettre fin à l’insécurité dans la région. Le Miss-RDC, qui dénonce l’insécurité et les tueries des populations civiles dans cette partie du pays, rappelle-t-on, mène des plaidoyers qui appellent notamment le chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, à réaliser ses promesses de campagne dont l’installation de son Etat-major dans l’est du pays, afin de mettre fin à cette situation chaotique qui dure depuis plus de deux décennies. Ce mouvement citoyen et d’autres  organisations demandent le départ de la mission onusienne, la Monusco, qu’ils accusent de complicité ou de passivité dans la situation d’insécurité dans cette partie de la RDC.

Dans ses plaidoyers, le Miss-RDC recommande également la purge au sein de l’armée afin d’y extirper les officiers affairistes et tous ceux qui sont impliqués dans la situation d’insécurité dans l’est du pays.

Le mouvement s’attend donc à ce que le meurtre de l’ambassadeur d’Italie en RDC conduise les autorités congolaises et la communauté internationale à prendre une fois pour toute, une décision en vue d’enrayer l’insécurité dans cette partie du pays. « Cela doit être la goutte d’eau qui déborde le vase », indique un autre activiste de mouvement citoyen.

Dans une courte vidéo, la ministre congolaise en charge des Affaires étrangères, Marie Tumba Nzeza, qui s’est rendue à la résidence de l’ambassadeur Lucca Attanasio pour réconforter sa famille, a fait une promesse ferme du gouvernement congolais de tout mettre en œuvre pour découvrir les auteurs de ce meurtre. « C’est avec peine et beaucoup de tristesse que nous venons d’apprendre le décès du jeune ambassadeur Italien ici chez nous en RDC dans un convoi du PAM. Je promets au gouvernement italien que le gouvernement de mon pays mettra tout en œuvre pour découvrir qui est à la base de cet ignoble meurtre », a-t-elle déclaré.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza