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États-Unis/Italie: Trump et Conte défendent la fermeté de Washington et Rome sur l’immigration

juillet 30, 2018

Donald Trump et le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte, s’apprêtent à donner une conférence de presse conjointe à la Maison Blanche, le 30 juillet 2018 / © AFP / SAUL LOEB

Donald Trump a salué lundi la fermeté sur l’immigration du nouveau chef du gouvernement italien Giuseppe Conte, reçu avec chaleur à la Maison Blanche, où le président des Etats-Unis a mis l’accent sur ses affinités avec ce dirigeant européen populiste.

« Nous sommes tous les deux des outsiders en politique », a lancé le milliardaire républicain lors d’une conférence de presse commune.

« Mon gouvernement et l’administration Trump représentent tous deux le changement. Ils ont été choisis par les citoyens pour changer le statu quo et améliorer leurs conditions de vie », a renchéri Giuseppe Conte.

Selon la presse italienne, la visite à Washington de ce professeur de droit sans expérience politique devait lui permettre de se doter d’une stature internationale, lui qui, en Italie, est régulièrement dans l’ombre de ses deux encombrants vice-Premiers ministres qui l’ont choisi pour diriger le gouvernement: Luigi Di Maio, chef des antisystème du Mouvement 5 Etoiles, et Matteo Salvini, patron de la Ligue, une formation d’extrême droite.

Le président du Conseil italien a en tout cas reçu un hommage appuyé de Donald Trump pour sa politique migratoire résolument ferme — adoptée sous l’impulsion de Matteo Salvini, également ministre de l’Intérieur.

« J’ai décrit au président Trump l’approche novatrice de l’Italie », a-t-il dit, assurant que, grâce au bras de fer engagé par Rome, le reste de l’Union européenne avait désormais la « responsabilité de ne pas laisser toute la charge de la gestion de l’immigration sur les épaules des pays » en première ligne face aux arrivées par la mer Méditerranée.

Le président américain Donald Trump (à droite) reçoit le premier ministre italien Giuseppe Conte, dans le Bureau ovale, le 30 juillet 2018 / © AFP / SAUL LOEB

« C’est un homme qui fait un travail formidable », « je sais qu’il a une position très ferme à la frontière », a estimé le président américain, qui en a profité pour plaider la cause d’une réforme restrictive sur l’immigration aux Etats-Unis, qu’il peine à imposer au Congrès.

« Beaucoup d’autres pays en Europe devraient faire pareil », a estimé le locataire de la Maison Blanche, volontiers critique à l’égard de l’UE.

« Giuseppe » et « Donald » ont échangé plusieurs marques de chaleur et de proximité tout au long de leur rencontre, comme ils avaient commencé à le faire lors du sommet du G7, début juin au Canada, lorsque M. Trump avait trouvé le Premier ministre italien « super ». Ce dernier a assuré que son interlocuteur américain avait reconnu le rôle de l’Italie en faveur de la stabilisation de la Libye.

– Amis de la Russie –

Autre point commun entre les deux hommes: leur volonté d’améliorer les relations avec la Russie.

Photo des dirigeants du G7, le 8 juin 2018 à La Malbaie, au Canada / © POOL/AFP/Archives / Ludovic MARIN

« L’Italie est favorable à un dialogue avec la Russie, mais l’Italie considère également que le dialogue entre les Etats-Unis et la Russie est fondamental », a dit l’Italien alors que le récent sommet entre Donald Trump et Vladimir Poutine a été vivement critiqué à Washington. Il a aussi estimé que les sanctions contre Moscou ne devaient pas être « une fin en soi », tout en reconnaissant qu’elles ne pourraient pas être levées du jour au lendemain.

Tout en défendant à nouveau sa « magnifique rencontre » avec le président russe, l’Américain a lui tenu à préciser que les sanctions américaines contre la Russie seraient « maintenues en l’état », soucieux de ne pas donner prise à ceux qui l’accusent de faiblesse face au maître du Kremlin.

Sur le commerce, les deux hommes partagent le même scepticisme à l’égard du libre-échange: M. Trump a dénoncé plusieurs accords internationaux comme l’Aléna (avec le Canada et le Mexique) ou l’accord de libre-échange transpacifique (TPP), tandis que le gouvernement de M. Conte refuse de ratifier l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (CETA).

Donald Trump a toutefois estimé que « quelque chose » serait fait pour réduire le déficit commercial américain à l’égard de l’Italie.

Selon Nick Ottens, de l’Atlantic Council, le président américain « risque de ne pas trouver l’allié auquel il s’attend » avec le chef du gouvernement italien.

Sur les échanges commerciaux, le rejet par le nouveau gouvernement italien des accords multinationaux risque de compromettre l’objectif de M. Trump de parvenir à éliminer tout tarif douanier avec l’Union européenne, explique cet expert.

Romandie.com avec(©AFP / 30 juillet 2018 22h02)

Italie: le gouvernement se divise autour de la ligne ferroviaire Lyon-Turin

juillet 27, 2018

Milan – Le gouvernement italien se divisait vendredi autour de la question de la ligne ferroviaire Lyon-Turin, le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) réclamant un arrêt du projet, tandis que la Ligue (extrême droite) plaide pour sa poursuite.

Le sujet avait déjà divisé les deux alliés fin mai lors de l’élaboration de leur programme commun, dans lequel ils s’étaient finalement engagés à « suspendre les travaux d’exécution » de la ligne ferroviaire et à « rediscuter intégralement le projet ».

Mais ces derniers jours, le M5S, depuis toujours hostile au projet, a multiplié les attaques et, selon les quotidiens La Stampa et La Repubblica, le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, aurait décidé de stopper le projet.

Il n’y a cependant pas eu de communication officielle. Des sources proches de l’entourage de M. Conte ont assuré à d’autres médias que le dossier n’était pas sur la table pour l’instant.

« Quand j’étudie un dossier comme celui du Turin-Lyon, je ne peux qu’éprouver de la colère et du dégoût concernant l’argent gaspillé des citoyens italiens », a récemment dénoncé le ministre des Transports, Danilo Toninelli (M5S).

« Cela a été un énorme gaspillage d’argent public pour favoriser les habituels potentats, les clans politico-économiques et même la criminalité organisée », a-t-il ajouté.

Mais la Ligue de Matteo Salvini s’oppose à un abandon du projet.

« De mon point de vue, il faut aller de l’avant, pas revenir an arrière », a affirmé vendredi le vice-Premier ministre à la radio. « Il faut faire l’analyse coûts-bénéfices: l’infrastructure sert ou non, est-ce que cela coûte davantage de la bloquer ou de poursuivre? ».

L’opposition a pour sa part fustigé un éventuel abandon: « Deux milliards d’euros de pénalités, le blocage des financements européens, 4.000 emplois en péril. Le pays entier paiera la folie du gouvernement de bloquer le Turin-Lyon », a twitté le secrétaire du Parti démocrate (centre gauche), Maurizio Martina.

Et le patronat défendait lui aussi cette ligne. « Nous sommes le deuxième pays manufacturier d’Europe » et pour être compétitives, les entreprises doivent avoir « des infrastructures dignes d’un grand pays industriel », a fait valoir Vincenzo Boccia, le patron du principal syndical patronal.

Interrogé sur ce dossier, un porte-parole de la Commission européenne a souligné que le « Lyon-Turin était un important projet, pas seulement pour la France et l’Italie, mais aussi pour l’Europe dans son ensemble ».

« Le projet est en cours. Il est important que toutes les parties maintiennent leurs efforts pour le réaliser dans les temps », a-t-il ajouté.

Mais les grands travaux ne sont pas les seuls sujets de contentieux entre les deux alliés. Ainsi, le ministre de la Famille, Lorenzo Fontana (Ligue) a rouvert une faille jeudi en réclamant l’arrêt des inscriptions à l’état civil d’enfants de couples gays conçus à l’étranger via des pratiques interdites en Italie.

La maire M5S de Turin, Chiara Appendino, a répliqué que sa commune continuerait à le faire.

Romandie.com avec(©AFP / 27 juillet 2018 12h28)                                                        

L’emblématique patron de Fiat Sergio Marchionne est mort, l’Italie en deuil

juillet 25, 2018

L’Italio-Canadien Sergio Marchionne, emblématique patron de Fiat Chrysler (FCA) pendant 14 ans, est mort mercredi / © GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives / Kevin Hagen

L’Italo-Canadien Sergio Marchionne, qui a été l’emblématique patron de Fiat Chrysler (FCA) pendant 14 ans, est mort mercredi, plongeant l’Italie dans le deuil.

« C’est avec la plus grande tristesse qu’Exor a appris le décès de Sergio Marchionne », à l’âge de 66 ans, a fait savoir Exor, la holding de la famille Agnelli dans un communiqué, alors que FCA doit annoncer ce jour ses résultats trimestriels qui s’annoncent record.

« Malheureusement, ce que nous craignions est arrivé. Sergio Marchionne, l’homme et l’ami, est parti. Je pense que le meilleur moyen d’honorer sa mémoire est de construire sur l’héritage qu’il nous a laissé, cultiver (ses) valeurs d’humanité, de responsabilité et d’ouverture morale », a affirmé le patron d’Exor, John Elkann, petit-fils de Gianni Agnelli, la figure historique de Fiat.

« Ma famille et moi-même serons toujours reconnaissants de ce qu’il a fait, et nos pensées vont vers (sa compagne) Manuela et ses fils Alessio et Tyler », a-t-il ajouté.

M. Marchionne était hospitalisé à Zurich, en Suisse, depuis une opération fin juin, officiellement à une épaule. Mais il a souffert de « complications inattendues » la semaine dernière et FCA avait annoncé samedi qu’il ne reviendrait pas.

Le manager aux éternels pulls ou polos noirs, qui avait pris les commandes de Fiat en 2004, prévoyait de passer les rênes de FCA dans le courant de l’année 2019.

En 14 ans, il a profondément remodelé le groupe, d’abord en redressant Fiat, puis en l’alliant en 2014 à l’américain Chrysler, tout en détachant d’une part les activités gros engins/camions en 2011 pour créer CHN Industrial et d’autre part le joyau Ferrari en janvier 2016.

A l’annonce de son décès, les députés italiens ont observé une minute de silence, qui s’est terminée par des applaudissements.

« Merci pour le travail, la fatigue, les résultats. C’est l’orgueil italien porté dans le monde », a twitté l’ancien président du Conseil italien, Paolo Gentiloni (centre gauche).

« Honneur à un homme qui a fait tellement et aurait encore pu faire énormément », a déclaré pour sa part le ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini (extrême-droite).

– « Chapeau » –

M. Marchionne est l’homme qui a sauvé Fiat de la faillite. Les médias et une grande partie de la classe politique n’ont cessé ces derniers jours de lui rendre hommage, même si son franc-parler et sa culture anglo-saxone ont souvent fait grincer des dents.

« Marchionne a été un grand protagoniste de la vie économique des 15 dernières années (…). Il a réussi à donner un avenir à Fiat quand cela semblait impossible (…). Chapeau », avait salué samedi l’ancien chef du gouvernement Matteo Renzi (centre gauche). « Que la terre lui soit légère », a-t-il écrit mercredi.

Silvio Berlusconi avait lui souligné que son histoire était « une belle histoire italienne, celle du fils d’un carabinier (…) obligé d’émigrer, qui a su faire honneur à son pays par les études et le travail jusqu’à devenir l’un des symboles du génie italien dans le monde ».

« C’est une terrible nouvelle », avait réagi le syndicaliste Marco Bentivoglio, secrétaire général de la branche métallurgie du CISL. « Nous avons eu des divergences sur certaines choses (…) mais ensemble nous avons défié la petite Italie paresseuse qui préfère fermer les usines plutôt que se retrousser les manches ».

Samedi, le groupe a dû trouver en urgence des successeurs à M. Marchionne.

Le patron de Jeep, Mike Manley, a pris la tête de FCA, et celui de Philip Morris, Louis Carey Camilleri, celle de Ferrari, tandis que la présidence de CNH Industrial est désormais assurée par la Britannique Suzanne Wood.

Romandie.com avec(©AFP / 25 juillet 2018 12h58)

L’Italie menace de faire capoter le sommet européen sur les migrations

juin 28, 2018

Le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte à Bruxelles, le 28 juin 2018 / © AFP / Ben STANSALL

L’Italie a menacé de bloquer l’adoption d’un texte commun lors d’un sommet réuni jeudi à Bruxelles, si elle n’obtenait pas plus de solidarité des autres pays de l’UE face au défi migratoire, qui conditionne le « destin » de l’Europe selon Angela Merkel.

Les déclarations du Premier ministre italien Giuseppe Conte à son arrivée à Bruxelles ont d’emblée accentué la pression, après plus de deux semaines de bras de fer diplomatiques autour de navires transportant des migrants secourus en Méditerranée, auxquels Rome avait refusé l’accostage.

« L’Italie n’a plus besoin de signes verbaux, nous attendons des actes » de solidarité, a déclaré le chef du nouveau gouvernement populiste italien. Si le texte final sur lequel doivent s’entendre les dirigeants européens ne satisfait pas Rome, a-t-il averti, il n’y aura « pas de conclusions partagées » à la fin du sommet.

Ce Conseil européen est aussi marqué par la fragilité inédite de la chancelière allemande, dont l’autorité est défiée sur la question migratoire. Son ministre de l’Intérieur menace ainsi de refouler aux frontières les migrants déjà enregistrés ailleurs, de manière unilatérale, faute de mesures européennes contre les déplacements de migrants dans l’UE.

« L’Europe a beaucoup de défis mais celui lié à la question migratoire pourrait décider du destin de l’Union européenne », a prévenu jeudi Angela Merkel, appelant à des solutions « multilatérales » et non « unilatérales ».

Le président français Emmanuel Macron est allé dans le même sens, écartant les « solutions nationales » à la question migratoire. « Je défendrai des solutions européennes de coopération dans l’UE », a-t-il plaidé à son arrivée à Bruxelles.

– Débat « enflammé » –

« Le débat sur les migrations s’enflamme de plus en plus », a pour sa part souligné le président du Conseil européen, Donald Tusk, craignant que l’absence de solution européenne fournisse « un nombre croissant d’arguments » à des mouvements populistes et anti-européens « avec une tendance à l’autoritarisme manifeste ».

Arrivées par la mer en Europe du Sud / © AFP / Gillian HANDYSIDE

« Les enjeux sont très élevés. Et le temps est court », a-t-il mis en garde dans sa lettre d’invitation aux dirigeants des 28, où il rappelle pourtant que les arrivées sur les côtes européennes ont chuté de manière spectaculaire comparé au pic enregistré à l’automne 2015.

Le sommet devait initialement permettre de débloquer la réforme du régime d’asile européen, enlisé depuis deux ans. Mais cet objectif a été abandonné, les divergences étant trop fortes sur la réforme du Règlement de Dublin, qui confie aux pays de première entrée dans l’UE la responsabilité des demandes d’asile.

La Commission propose de déroger à ce principe ponctuellement en période de crise, avec une répartition des demandeurs d’asile dans l’UE. Mais des pays comme la Hongrie et la Pologne, soutenus par l’Autriche, s’y opposent frontalement.

L’Italie, elle, exige au contraire un système permanent de répartition des demandeurs d’asile arrivant sur les côtes européennes, et souhaite l’abandon pur et simple du principe de la responsabilité du pays d’arrivée.

– « Plateformes de débarquement » –

Face à cette impasse, Donald Tusk proposera jeudi aux dirigeants des pays de l’UE de se concentrer sur un objectif consensuel: la poursuite de la lutte contre les arrivées irrégulières.

Il mettra ainsi sur la table une proposition nouvelle, la création de « plateformes de débarquement hors de l’Europe » pour les migrants secourus en mer, qui « mettrait fin au modèle économique des passeurs », selon le projet de conclusions du sommet.

Macron et Merkel arrivent à Bruxelles pour un sommet clé / © EBS/AFP / –

Débarquer les migrants hors de l’UE épargnerait aux Européens de se quereller pour la prise en charge de navires. Mais les contours du projet restent encore très flous, et il suscite de nombreuses questions sur sa compatibilité avec le droit international.

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) ont apporté jeudi leur soutien à la quête d’une « nouvelle approche collaborative pour rendre le débarquement des personnes secourues en mer plus prévisible et gérable ».

« Les personnes secourues dans les eaux internationales devraient être rapidement ramenées à terre dans des lieux sûrs dans l’UE, et potentiellement ailleurs également », ont-ils plaidé, ajoutant toutefois que les Européens devraient en contrepartie offrir davantage de places d’accueil de réfugiés depuis des pays tiers.

Le texte sur lequel tenteront de s’accorder jeudi les dirigeants européens pourrait aussi appeler les Etats membres à prendre des mesures contre les « mouvements secondaires » de migrants se déplaçant dans l’UE, y compris par des accords entre eux comme le souhaite Angela Merkel.

Ce sujet est au cœur du débat politique en Allemagne, où cherchent à se rendre de nombreux migrants arrivés par la Méditerranée. C’est pour y faire face que la CSU, l’aile droite de la coalition au pouvoir, met Angela Merkel sous pression.

Vendredi, au deuxième jour du sommet, la chancelière défendra avec Emmanuel Macron leur feuille de route commune pour la zone euro.

Mais leur proposition d’un budget pour la zone euro, modeste en comparaison de l’ambition initiale de la France, rencontre de fortes résistances parmi les Etats membres, Pays-Bas en tête, et ne devrait être mentionnée qu’implicitement dans les conclusions finales du sommet.

Ce débat à 27, sans la Première ministre britannique Theresa May, sera précédé plus tôt dans la matinée de vendredi d’une discussion sur la difficile négociation du Brexit, l’un des rares sujets qui cimente les pays qui resteront dans l’Union après le départ britannique fin mars 2019.

Romandie.com avec(©AFP / 28 juin 2018 15h54)

Migrants: le Lifeline n’ira pas en Italie, confirme Matteo Salvini

juin 25, 2018

Rome – Le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini a confirmé lundi lors d’une conférence de presse que le navire humanitaire Lifeline, avec 234 migrants à son bord, ne serait pas autorisé à entrer dans un port italien.

Ce navire, affrété par l’ONG allemande du même nom, se trouvait lundi en Méditerranée, à environ 30 milles nautiques des côtes maltaises, où il attendait une indication sur le port où il pourrait enfin débarquer ses migrants.

« Voyons si l’Europe se rappelle si elle existe parce qu’il y a encore un bateau chargé de migrants dans les eaux maltaises qui attend d’être accueilli, et nous réaffirmons qu’il sera accueilli dans un port qui ne sera pas italien », a-t-il dit devant la presse au retour d’une visite éclair à Tripoli en Libye.

M. Salvini, parti en guerre contre les ONG qui viennent en aide aux migrants au large des côtes libyennes, a jugé lundi qu’elles étaient « consciemment ou inconsciemment les complices » des trafiquants d’êtres humains en Libye.

Le Lifeline, qui bat pavillon néerlandais, s’est vu refuser l’autorisation d’accoster dans un port italien par les autorités italiennes qui lui ont demandé de s’adresser à la Libye.

Interrogé sur sa proposition d’ouvrir des centres d’accueil de migrants à la frontière sud de la Libye, M. Salvini a indiqué qu’il y aurait « cette semaine une mission technique avec la participation de l’Italie impliquant le Niger, le Mali, le Tchad, le Soudan ».

« Il faut impliquer ces pays et pour les impliquer il faut une action forte de l’UE », a-t-il ajouté.

Romandie.com avec(©AFP / 25 juin 2018 16h38)                                                        

Un porte-conteneurs Maersk bloqué au large de la Sicile avec une centaines de migrants

juin 25, 2018

Photo prise le 22 juin 2018 au large des côtes libyennes et fournie par l’ONG Mission Lifeline montrant des migrants secourus embarquant à bord du porte-conteneurs Maersk / © Mission Lifeline e. V./AFP / Danilo CAMPAILLA

L’armateur danois Maersk Line a annoncé lundi qu’un de ses porte-conteneurs, avec à bord 108 migrants secourus en Méditerranée, restait bloqué au large de la Sicile dans l’attente d’une réponse des autorités italiennes.

« Le port le plus près est Pozallo en Sicile », a indiqué à l’AFP Mikkel Elbek Linnet, porte-parole de Maersk Line, précisant que le bateau n’étant pas amarré en port.

« Le navire reçoit un soutien opportun du Centre de coordination des secours maritimes, qui a permis samedi soir à cinq personnes, majoritairement des enfants et une femme enceinte de débarquer », a ajouté M. Linnet.

L’équipage attend désormais « des instructions des autorités », a dit le porte-parole.

« Je m’attends à ce que le gouvernement italien mette en place (une solution) pour que les migrants ne restent pas sur le bateau », a pour sa part affirmé la ministre danoise à l’Immigration et l’intégration, Inger Støjberg, à l’agence locale Ritzau.

« Ce sont des migrants qui se dirigeaient vers l’Italie, et bien sûr, c’est aussi à l’Italie de les accepter », a-t-elle martelé.

Le porte-conteneurs, baptisé Alexander Maersk, a changé de cap après avoir reçu un signal de détresse tôt vendredi matin, à 04h30 (02h30 GMT), alors qu’il était en route de la Libye vers Malte.

Après avoir secouru 113 migrants en mer, il a été dirigé vers la Sicile, a expliqué Maersk Line. Il est arrivé au large de Pozallo vendredi en fin d’après-midi.

Bateaux de migrants / © AFP / Simon MALFATTO

Le Centre de coordination des secours maritimes « a livré des provisions au navire, notamment des couvertures et de la nourriture », a indiqué l’armateur.

Le nouveau gouvernement populiste italien, au pouvoir depuis trois semaines, veut réduire les arrivées de migrants sur ses côtes en refusant d’ouvrir ses ports aux navires des ONG qui vont les chercher en mer.

Après l’Aquarius, affrété par Médecins sans Frontières (MSF) et SOS Méditerranée, qui a dû amener jusqu’en Espagne les migrants qu’il avait secourus, un autre bateau le Lifeline attend dans les eaux maltaises une solution diplomatique pour plus de 200 migrants à son bord.

L’Italie accuse l’ONG allemande Mission Lifeline qui l’a affrété d’avoir agi en contravention du droit international en prenant à son bord les migrants alors que les garde-côtes libyens étaient en train d’intervenir.

Depuis 2015, le Alexander Maersk a participé à sept opérations de sauvetage et a accueilli des personnes à bord à trois reprises.

Romandie.com avec(©AFP / 25 juin 2018 15h10)

Migrants: la France « n’a pas de leçons à recevoir de personnes », réplique Macron à l’Italie

juin 24, 2018

Le président français Emmanuel Macron, le 24 juin 2018 à Bruxelles / © AFP / Aris Oikonomou

Emmanuel Macron a déclaré dimanche que la France « n’a de leçons à recevoir de personne » sur le dossier des migrants car elle est « le deuxième pays d’accueil des demandeurs d’asile cette année », en réplique aux critiques de Rome sur la position française.

« N’oublions jamais nos valeurs, je serai intraitable sur ce point », a ajouté le président français, en arrivant au mini-sommet européen sur la question migratoire qui déchire l’Union.

« Nous avons des valeurs, c’est ce qui nous a fait. Chaque fois que nous les avons trahies nous avons créé le pire », a-t-il martelé. « C’est le respect des droits de l’homme, de l’individu, des autres Etats et de leur intégrité et cette solidarité qui nous lie ».

Les dirigeants italiens se sont indignés des déclarations du président français, vendredi, selon lesquelles l’Italie « ne vit pas une crise migratoire mais une crise politique » alimentée par « des extrêmes qui jouent sur les peurs ».

Paris a aussi fait valoir que depuis le début de l’année la France a reçu davantage de demandes d’asile que l’Italie et dénoncé l’esprit de « manipulation et d’hypersimplication ».

Migration: les dirigeants européens réunis à Bruxelles / © EBS/AFP / ed

« 650.000 débarquements en 4 ans, 430.000 demandes, 170.000 présumés réfugiés », lui a répliqué le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini.

« Si pour l’arrogant président Macron cela n’est pas un problème, nous l’invitons à cesser ses insultes et à prouver sa générosité par les faits en ouvrant les nombreux ports français et en cessant de refouler hommes, femmes et enfants à Vintimille », à la frontière franco-italienne ».

Romandie.com avec(©AFP / 24 juin 2018 16h59)

Naomi Campbell et Monica Bellucci en mannequins stars de Dolce & Gabbana

juin 16, 2018

La mannequin Naomi Campbell défile pour la maison italienne Dolce&Gabbana à Milan, le 16 juin 2018 / © AFP / MIGUEL MEDINA

L’actrice Monica Bellucci et la mannequin Naomi Campbell, star des années 80, ont créé la sensation en défilant samedi pour la maison italienne Dolce&Gabbana, qui a offert un show autour des « contraires qui s’attirent », au deuxième jour de la Fashion week de Milan.

Un décor baroque doré, de grands chandeliers, des miroirs ovales, des anges… le duo de stylistes siciliens Domenico Dolce et Stefano Gabbana avaient créé, comme à leur habitude, un décor tout en excentricité pour ce défilé conçu comme un voyage autour de l’ADN « revisité » de leur marque.

Le défilé, mixte, se voulait le reflet de la diversité de la société. Couple hétérosexuel, d’hommes, de femmes, « cougar » avec jeune homme ou quinquagénaire avec jeune femme, sans oublier la famille avec enfant.

La maison, dont les millenials (ces jeunes nés entre 1980 et 2000) sont la cible de choix, a de nouveau fait défiler quelques uns des plus célèbres d’entre eux, comme l’acteur Cameron Dallas, connu grâce à ses vidéos postées sur Vine, le chanteur chinois Karry Wang, ou encore Kailand Wander, le fils du chanteur Stevie Wonder.

Monica Bellucci défile pour Dolce&Gabbana à MIlan le 16 juin 2018 / © AFP / MIGUEL MEDINA

Mais la première surprise est venue avec l’apparition, pour ouvrir le défilé, de Monica Bellucci, dont le dernier défilé remontait à 1992, déjà pour le duo sicilien. Cheveux en un carré long lissé, l’actrice portait un costume noir, sur des talons vertigineux.

Le public a eu droit à deux autres surprises, avec l’arrivée des mannequins Marpessa et Naomi Campbell, toutes deux vêtues de costumes masculins, casquette gavroche pour l’une et chapeau pour l’autre.

Le reste du défilé était beaucoup moins sobre, conformément à l’ADN de la marque: vestes incrustées de pierres précieuses, redingotes noires ou rouges à paillettes, ensemble noir recouvert de pâtes géantes ou tenues à l’inspiration gothique tagué « Devotion », sans oublier un groupe de mamies en goguette vêtues dans un style « rappeur ».

Naomi Campbell (2EG) et Monica Bellucci (c) lors d’un défilé de Dolce&Gabbana à Milan, le 16 juin 2018 / © AFP / MIGUEL MEDINA

– Sensualité chez Versace –

L’autre poids lourd de cette journée était la marque italienne Versace, qui a proposé elle aussi un défilé mixte (co-ed), une tendance de plus en plus prégnante au sein du monde de la mode, avec comme mannequin vedette Bella Hadid.

Chez Versace, hommes et femmes peuvent s’habiller assortis, en motif serpent rouge ou gris, imprimés fleuris, motifs baroques colorés sur fond noir ou pour les plus aventureux en fluo vert ou rose.

Un modèle au défilé Versace à Milan, le 16 juin 2018 / © AFP / MIGUEL MEDINA

Les hommes portent leur costume ou short sur des baskets ou des claquettes revisitées.

Donatella Versace, la directrice créative de la marque, a expliqué avoir conçu sa collection masculine en pensant à trois types d’hommes, la star en « street style », le fashionista et le haut dirigeant, des « hommes qui s’affranchissent des règles » et « font leurs propres choix vestimentaires ».

« L’homme Versace n’est pas ordinaire, il est regardé, on parle de lui », affirme-t-elle. Et la nouvelle collection joue avec ce côté sensuel.

Un modèle au défilé Versace à Milan, le 16 juin 2018 / © AFP / MIGUEL MEDINA

La maison Marni a de son côté remporté la palme de l’originalité du lieu, en organisant son défilé dans un parking souterrain.

Assis sur de gros ballons d’exercice, journalistes, blogueurs et fashionistas ont pu découvrir une collection très inspirée par le sport, du cricket au baseball, avec des pantalons ou bermudas longs souples, des superpositions de tissus. La collection de Francesco Risso faisait aussi la part belle aux imprimés des artistes Betsay Podlach et Florian Hetz.

Dimanche défileront notamment le numéro un du luxe italien Prada, Dsquared2, des jumeaux canadiens Dean et Dann Catten, ou encore la marque montante Isabel Benenato, qui avait séduit en janvier les fashionistas avec son minimalisme sophistiqué.

Romandie.com avec(©AFP / 16 juin 2018 19h42)

Migrants: si la France ne s’excuse pas, mieux vaut annuler la rencontre Conte-Macron (Salvini)

juin 13, 2018

Rome – Le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini a estimé mercredi que sans « excuses officielles » de la France il valait mieux annuler la rencontre prévue vendredi entre le président français Emmanuel Macron et le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte.

« Si les excuses officielles n’arrivent pas, le Premier ministre Conte fera une bonne chose en n’allant pas en France » pour ce sommet, a déclaré à des journalistes M. Salvini, qui est aussi le patron de la Ligue (extrême droite) .

M. Macron avait dénoncé mardi la « part de cynisme et d’irresponsabilité du gouvernement italien », qui a refusé d’accueillir le navire Aquarius avec plus de 600 migrants à son bord tandis que le porte-parole de son parti La République en marche, Gabriel Attal, a déclaré que la position de l’Italie était « à vomir ».

« Le gouvernement italien considère inacceptables les paroles utilisées dans des déclarations publiques hier à Paris », ajoute mercredi un communiqué du ministre italien des Affaires étrangères Enzo Moavero Milanesi, qui avait convoqué dans la matinée l’ambassadeur de France en Italie.

C’est finalement la numéro deux de l’ambassade, Claire Anne Raulin, qui s’est rendue à cette convocation, l’ambassadeur ne se trouvant pas à Rome.

Selon M. Moavero, « de telles déclarations compromettent les relations entre l’Italie et la France ».

« Les tons utilisés sont injustifiables » et même si M. Moavero « comprend qu’un Etat ami et allié puisse être en désaccord avec les positions d’un autre Etat, le désaccord doit être exprimé d’une manière et dans des formes cohérentes avec un tel rapport d’amitié ».

Dans un ton très diplomatique, M. Moavero réclame lui aussi des excuses de la part de la France.

« Le gouvernement italien souhaite que les autorités françaises, une fois faites les réflexions opportunes, assument rapidement des initiatives de nature à réparer la situation qui s’est créée », a conclu M. Moavero.

Romandie.com avec(©AFP / 13 juin 2018 11h19)                                                        

Les populistes au pouvoir en Italie, Giuseppe Conte Premier ministre

mai 31, 2018

L’Italie s’est dotée jeudi soir d’un gouvernement populiste avec la nouvelle désignation de Giuseppe Conte au poste de Premier ministre, après un compromis auquel sont parvenus les chefs de file du Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisystème) et de la Ligue (extrême droite).

Cette fois, le président Sergio Mattarella a validé la liste des membres de l’équipe gouvernementale âprement négociée par les deux alliés pour appliquer le programme anti-austérité et sécuritaire sur lequel ils s’étaient accordés il y a près de deux semaines.

Les deux dirigeants des antisystème et de l’extrême droite, Luigi Di Maio et Matteo Salvini, deviennent ainsi vice-Premiers ministres, le premier étant chargé du Développement économique et le second de l’Intérieur, a annoncé dans la soirée Giuseppe Conte

Le ministère de l’Économie et des Finances revient à Giovanni Tria, un professeur d’économie politique proche des idées de la Ligue en particulier sur la baisse radicale et la simplification des impôts, mais résolument en faveur du maintien de l’Italie dans l’euro.

Paolo Savona, l’économiste de 81 ans au départ pressenti pour ce poste, mais qui faisait peur à l’Union européenne parce qu’il prône un « plan B » contre l’euro, est quant à lui ministre des Affaires européennes.

Et c’est le très européen Enzo Moavero Milanesi, qui a travaillé pendant 20 ans à Bruxelles et a été ministre des Affaires européennes de Mario Monti et d’Enrico Letta (2011-2014), qui est placé aux Affaires étrangères.

Le gouvernement doit prêter serment vendredi à 16H00 (14H00 GMT).

« Toutes les conditions sont réunies pour un gouvernement politique M5S/Ligue », avaient annoncé Luigi di Maio (M5S) et Matteo Salvini (Ligue) dans un communiqué transmis par le M5S à l’issue d’une après-midi de discussions venue conclure près de trois mois de tractations.

Dans la foulée, Carlo Cottarelli, qui avait été chargé lundi de former un gouvernement d’experts après l’échec de la première tentative de M. Conte, avait remis son mandat au président jeudi soir, ouvrant la voie à la convocation de M. Conte.

Ce dernier, un juriste de 53 ans novice en politique choisi par MM. Di Maio et Salvini il y a deux semaines, avait encore assuré dans la matinée son cours de droit privé à Florence.

Déjà nommé il y a huit jours, il avait jeté l’éponge dimanche soir après le veto du président à la nomination de M. Savona.

Selon des sources à la présidence, la prestation de serment du nouveau gouvernement pourrait avoir lieu dès vendredi matin. Les médias évoquent un discours de politique générale et un vote de confiance lundi et mardi dans les deux chambres du Parlement.

– Les Italiens pour l’euro –

« Engagement, cohérence, écoute, travail, patience, bon sens, tête et coeur pour le bien des Italiens. Peut-être qu’on y est enfin, après tant d’obstacles, d’attaques, de menaces et de mensonges », s’est réjoui M. Salvini sur Facebook.

Même si le chef du gouvernement sortant, Paolo Gentiloni, est toujours en place, le temps presse : l’Italie aurait besoin d’un Premier ministre pour le défilé militaire de samedi, le jour de la fête nationale, et pour le G7 de La Malbaie la semaine prochaine au Canada.

Alors qu’une extrême incertitude a prévalu toute la journée de jeudi, les marchés financiers ont maintenu leurs gains de mercredi.

La Bourse de Milan a terminé à l’équilibre, avec une baisse de 0,06% au lendemain d’une hausse de 2%, et le « spread », l’écart très surveillé entre les taux allemand et italien à dix ans qui avait franchi la barre des 300 points mardi, a continué à baisser pour atteindre 238 points.

Selon deux sondages diffusés mercredi par les médias, entre 60 et 72% des Italiens souhaitent un maintien dans l’euro et M. Di Maio répète que le M5S ne souhaite pas un abandon par son pays de la monnaie européenne. La position de la Ligue est moins claire : M. Salvini n’envisage pas une sortie unilatérale mais considère l’euro comme un échec et que l’UE devra tôt ou tard y renoncer.

Romandie.com avec (©AFP / 31 mai 2018 22h34)