Posts Tagged ‘Jacob Zuma’

Afrique du Sud: le président élu Ramaphosa promet de défaire la corruption

février 15, 2018

Cyril Ramaphosa devant les députés au Cap, le 15 février 2018 / © POOL/AFP / MIKE HUTCHINGS

L’ancien syndicaliste et homme d’affaires Cyril Ramaphosa a officiellement pris jeudi les rênes de l’Afrique du Sud en promettant de faire la guerre à la corruption, qui a terni le règne de neuf ans de son prédécesseur Jacob Zuma.

Seul candidat en lice, le patron du Congrès national africain (ANC) au pouvoir a été élu chef de l’Etat par le Parlement, sans surprise et même sans recours à un vote formel.

« Je déclare l’honorable Cyril Ramaphosa officiellement élu président de la République d’Afrique du Sud », a proclamé le président de la Cour constitutionnelle, Mogoeng Mogoeng, dans un tonnerre d’applaudissements et de chants de victoire.

Sitôt élu, le nouveau chef de l’Etat s’est engagé devant les députés à éradiquer la corruption.

« Ce sont des problèmes auxquels nous allons nous atteler », a promis M. Ramaphosa, « je travaillerai très dur pour essayer de ne pas décevoir le peuple sud-africain ».

Il a indiqué qu’il détaillerait devant les députés certaines de ses propositions en la matière lors de son premier discours sur l’état de la nation, prévu vendredi soir (17h00 GMT).

Comme un symbole, la police a annoncé jeudi avoir lancé un mandat d’arrêt contre l’un des frères de la sulfureuse et jusque-là intouchable famille Gupta, Ajay, recherché dans le cadre d’une des nombreuses affaires dites de « capture de l’Etat ».

La fratrie Gupta est accusée d’avoir mis en place, avec la complicité de l’ancien président et de ses proches, un système de pillage des ressources publiques. Leur luxueuse propriété de Johannesburg a été perquisitionnée mercredi et huit personnes inculpées, a annoncé la police.

– ‘Désaccord’ –

Au terme d’un long bras de fer avec Cyril Ramaphosa, Jacob Zuma a rendu les armes mercredi soir.

« J’ai décidé de démissionner du poste de président de la République avec effet immédiat, même si je suis en désaccord avec la décision de la direction de mon organisation », a-t-il déclaré lors d’une allocution télévisée.

Dès qu’il a pris les rênes de l’ANC en décembre, M. Ramaphosa a tenté d’obtenir un départ en douceur de M. Zuma, convaincu que son maintien au pouvoir conduirait l’ANC à une cuisante défaite aux élections générales de 2019.

Mais il s’est heurté de front au refus du chef de l’Etat, dont le mandat n’expirait que l’an prochain. Jusqu’à ce que l’ANC le menace d’une motion de défiance.

« Je ne suis pas d’accord car il n’y a aucune preuve que j’aie fait quoi que ce soit de mal », s’est défendu, amer, M. Zuma, avant finalement de démissionner.

Sa capitulation a été accueillie par un ouf de soulagement quasi unanime dans une Afrique du Sud épuisée par une fin de règne marquée par l’instabilité politique, la corruption généralisée et des difficultés économiques persistantes.

« C’est la fin d’une période où la plus haute fonction du pays a été détournée en vue d’un pillage généralisé des coffres du pays », s’est réjouie la fondation Nelson Mandela.

Les marchés ont salué jeudi le départ de Jacob Zuma par une hausse de l’indice de la bourse de Johannesburg (jusqu’à +2,7%) et de la devise nationale, le rand, à son plus haut niveau face au dollar depuis trois ans (11.65 R pour 1 USD).

– ‘Imposteur’ –

L’élection de Cyril Ramaphosa « marque la fin d’une période d’incertitudes politique et économique qui a considérablement pesé sur la croissance de l’Afrique du Sud », a résumé l’économiste Raymond Parsons, de la Northwest University.

L’opposition a aussi applaudi l’annonce du départ de Jacob Zuma.

« Toute la nation a été victime depuis plus de dix ans d’un délinquant et d’un imposteur (…), il va rejoindre les poubelles de l’histoire », a raillé Julius Malema, le chef des Combattants pour la liberté économique (EFF, gauche radicale).

Mais M. Malema a refusé d’accorder le bénéfice du doute à son successeur, qu’il a promis de surveiller de « très près ». « Zuma est parti, maintenant je vais m’occuper d’eux », a-t-il lancé.

« Nous n’avons pas un problème avec Jacob Zuma, nous avons un problème avec l’ANC », a renchéri le chef de l’Alliance démocratique (DA), Mmusi Maimane, devant les députés, appelant à la dissolution du Parlement et à des élections anticipées « pour un vrai renouveau » du pays.

La DA et les EFF ont infligé un sérieux revers à l’ANC aux élections locales de 2016 et espèrent le priver l’an prochain de la majorité absolue qu’il détient depuis 1994.

Conscient du danger, M. Ramaphosa a promis de tourner rapidement la page Zuma, assurant à qui voulait l’entendre que l’Afrique du Sud était entrée dans « une nouvelle ère ».

Le défi s’annonce à la hauteur des espoirs placés en lui. « Toute l’Afrique du Sud vous regarde », lui a lancé Hanyani Mangwani, un habitant de Johannesburg interrogé par l’AFP, « nous attendons beaucoup de vous ».

Romandie.com avec(©AFP / 15 février 2018 17h40)                

Publicités

Corruption en Afrique du Sud: mandat d’arrêt contre l’un des frères Gupta(police)

février 15, 2018

Johannesburg – La police sud-africaine a annoncé jeudi avoir émis un mandat d’arrêt contre l’un des frères de la sulfureuse famille d’hommes d’affaires Gupta, proche de Jacob Zuma qui a été contraint de démissionner la veille de son poste de président de la République.

« Il y a un mandat d’arrêt qui a été émis contre Ajay Gupta » dans un vaste scandale de détournement de fonds et de corruption, a déclaré à l’AFP un porte-parole de la police, Hangwani Mulaudzi.

« Les avocats d’Ajay ont été informés qu’il est désormais considéré comme un fugitif », a-t-il ajouté. Ils « ont été prévenus qu’ils devaient le remettre à la police, faute de quoi ils s’exposeraient à des poursuites pour complicité ».

Mercredi, la police avait fait une perquisition dans une maison cossue de Johannesburg appartenant à la famille Gupta et procédé à l’arrestation de huit personnes, poursuivies pour fraude, blanchiment d’argent et vols d’argent public dans un projet d’exploitation laitière.

Ces individus ont comparu jeudi au tribunal de Bloemfontein (centre) et ont obtenu leur libération sous caution.

Les Gupta et des personnes qui leur sont associées sont soupçonnés d’avoir bénéficié frauduleusement de fonds publics versés par la province du Free State pour ce projet d’exploitation laitière qui ne s’est jamais concrétisé.

Selon la presse locale, un total de 220 millions de rands (15 millions d’euros) auraient été détournés au profit de la fratrie.

Ajay Gupta est lui recherché dans une autre affaire de corruption, selon Hangwani Mulaudzi, qui s’est refusé à donner plus de détails.

Selon un rapport de la médiatrice de la République publiée en 2016, les trois frères Gupta sont impliqués dans la gestion des affaires de l’Etat sud-africain, de la nomination de ministres aux pressions pour obtenir de juteux contrats publics.

Leur propriété de Saxonwold est devenue une sorte de présidence bis, où les frères d’origine indienne ont offert des postes de ministres, selon plusieurs témoignages recueillis par la médiatrice.

Cet immense scandale a contribué à faire chuter le président Jacob Zuma, qui a été contraint par son parti, le Congrès national africain (ANC), de remettre sa démission mercredi soir.

Il a été remplacé dès jeudi par Cyril Ramaphosa, le patron de l’ANC, qui s’est engagé à faire de la lutte anticorruption l’une de ses « priorités ».

Romandie.com avec(©AFP / 15 février 2018 15h13)                                            

Après le départ de Zuma, l’Afrique du Sud entre dans l’ère Ramaphosa

février 14, 2018

Le président sud-africain Jacob Zuma, annonçant sa démission au cours d’une conférence de presse le 14 février 2018 à Pretoria. / © AFP / Phill Magakoe

L’Afrique du Sud s’apprêtait jeudi à accueillir son nouveau président Cyril Ramaphosa, 65 ans, au lendemain de la démission de son prédécesseur Jacob Zuma au terme de plusieurs semaines d’un féroce combat avec son parti, le Congrès national africain (ANC).

Eclaboussé depuis des années par les scandales de corruption, M. Zuma a mis fin tard mercredi soir à son règne de neuf ans à la tête du pays en obtempérant aux ordres de son parti, qui le menaçait d’un vote de défiance au Parlement.

« J’ai décidé de démissionner du poste de président de la République avec effet immédiat, même si je suis en désaccord avec la direction de mon organisation », a déclaré M. Zuma lors d’une allocution d’une demi-heure, retransmise en direct à la télévision.

« J’ai servi le peuple d’Afrique du Sud de mon mieux », a-t-il ajouté, concédant toutefois ne pas avoir été « un parangon de vertu ».

A la tête de l’ANC depuis décembre, M. Ramaphosa, un ancien hommes d’affaires, devait être élu par le Parlement pour lui succéder dès jeudi, au plus tard vendredi.

Depuis des semaines, l’actuel vice-président du pays tentait d’obtenir un départ en douceur du chef de l’Etat, éclaboussé par les scandales, afin d’éviter une catastrophe électorale en 2019.

Mais il s’est heurté de front au refus de l’obstiné président, dont le mandat n’expire que l’an prochain.

Au bout de plusieurs jours de vaines tractations, la direction du parti s’est résolue mardi à prendre le taureau Zuma par les cornes en le « rappelant », ainsi qu’elle peut le faire pour tous ses membres « délégués » à un mandat gouvernemental.

Mais M. Zuma, qui n’avait aucune obligation juridique de se soumettre aux ordres de son parti, a résisté jusqu’au bout.

L’opposition, qui a vainement tenté depuis des années de pousser vers la sortie celui qu’elle appelle le « délinquant » Zuma, a applaudi des deux mains l’annonce de sa démission.

– Soulagement –

« M. Zuma a fait beaucoup de mal à notre pays (…). Sous son règne, la corruption a fleuri au point de presque détruire notre pays », a déclaré Mmusi Maimane, le chef de l’Alliance démocratique (DA).

Quelques heures avant son allocution d’adieu au pouvoir, M. Zuma s’est invité sur la chaîne de télévision publique SABC pour dire toute sa rancoeur à l’endroit de la direction de l’ANC.

« J’ai trouvé très injuste que la question (de ma démission) soit posée », s’est-il plaint lors d’un long entretien à bâtons rompus. « Je ne suis pas d’accord car il n’y a aucune preuve que j’aie fait quoi que ce soit de mal. »

Après des semaines de vives tensions qui ont souligné les fractures qui traversent ses rangs, l’ANC a accueilli la démission du chef de l’Etat par un « ouf » de soulagement.

« Nous n’allons pas faire la fête », a confié une de ses responsables, Jessie Duarte. « Nous avons dû +rappeler+ un dirigeant du mouvement qui a servi notre mouvement pendant plus de soixante ans, ce n’est pas une mince affaire. »

A un peu plus d’un an des élections générales, la tâche du futur président Cyril Ramaphosa s’annonce rude.

Ancien homme d’affaires devenu millionnaire, il a promis de relancer l’économie du pays, désespérément atone, et d’éradiquer la corruption qui gangrène son parti et le sommet de l’Etat.

Coïncidence ou non, la police a mené mercredi sa première opération contre la sulfureuse et jusque-là intouchable famille Gupta, au coeur des scandales qui impliquent le président.

Cinq personnes ont été arrêtées et le luxueux domicile de la fratrie à Johannesburg perquisitionné dans le cadre d’une enquête sur les détournements de fonds publics, a indiqué l’unité d’élite de la police sud-africaine (Hawks).

Dans la ligne de mire de la justice, l’ex-président Zuma a laissé entendre qu’il vendrait chèrement sa peau.

« C’est un personnage encore très influent au sein de l’ANC », a rappelé à l’AFP l’analyste politique Ralph Mathekga. « S’il veut garder le calme dans ses rangs, l’ANC va devoir le ménager ».

Romandie.com avec(©AFP / 15 février 2018 04h04)                

Afrique du Sud: Zuma continue à résister à l’ANC

février 14, 2018

Jacob Zuma, président sud-africain, le 08 août 2017, devant le parlement du pays, au Cap / © AFP/Archives / PIETER BAUERMEISTER

Le président sud-africain Jacob Zuma a refusé mercredi de dire s’il accepterait ou pas de démissionner, ainsi que le lui a ordonné son parti le Congrès national africain (ANC), et il a renvoyé l’annonce de sa décision à une déclaration solennelle plus tard dans la journée.

Lors d’un entretien à bâtons rompus diffusé en direct par la télévision publique SABC, M. Zuma est sorti du silence qu’il observe depuis son « rappel » par l’ANC pour défendre son refus de quitter sur le champ le pouvoir.

« C’est très injuste que ce sujet soit soulevé en permanence », a estimé le chef de l’Etat, « je n’ai rien fait de mal (…), je suis en désaccord avec la décision » du parti.

Mais il a refusé de préciser ses intentions. « Je vais faire une déclaration aujourd’hui sur le sujet, c’est important que je la fasse », s’est-il contenté d’indiquer.

Après des semaines de vaines tractations qui ont plongé le pays dans une crise politique majeure, la direction de l’ANC a ordonné mardi au chef de l’Etat, éclaboussé par de multiples affaires de corruption, de quitter immédiatement ses fonctions.

Deux heures avant l’entretien de M. Zuma, l’ANC, lassé d’attendre le bon vouloir du président, a pris les devants en annonçant qu’il voterait jeudi au Parlement une motion de défiance contre le chef de l’Etat.

« On procède avec la motion de défiance demain (jeudi) pour que le président Jacob Zuma soit démis de ses fonctions », a annoncé le trésorier du parti, Paul Mashatile, à l’issue d’une réunion à huis clos de son groupe parlementaire au Cap.

« La direction de l’ANC ne peut pas attendre au-delà d’aujourd’hui », a ajouté M. Mashatile.

– Refus –

Si la motion est adoptée – ce qui fait peu de doute -, M. Zuma n’aura alors pas d’autre choix que de se retirer, ce qu’il a concédé mercredi. « Si le parlement dit qu’il ne me veut pas, je partirai », a-t-il déclaré.

L’ANC est déterminé à aller très vite. Le parlement devrait élire « d’ici vendredi » le nouveau chef de l’ANC et actuel vice-président du pays, Cyril Ramaphosa, au poste de président de la République, a précisé Paul Mashatile.

Depuis son arrivée à la tête du parti en décembre, M. Ramaphosa tente en vain d’obtenir au plus vite une sortie en douceur du chef de l’Etat, afin d’éviter une catastrophe électorale en 2019.

Mais M. Zuma, dont le mandat expire normalement l’année prochaine, n’a aucune obligation juridique de se soumettre à l’ordre de son parti de démissionner.

Depuis des semaines, il a systématiquement balayé d’un revers de main l’idée d’une sortie de scène rapide. Lundi soir encore, il a opposé une fin de non-recevoir très sèche à Cyril Ramaphosa, venu personnellement le prier de se démettre.

Lors de son entretien télévisé à la SABC mercredi, Jacob Zuma a longuement justifié sa position.

Avec force détails, il a expliqué être convenu avec M. Ramaphosa de partir en douceur « après le mois de juin », mais que la nouvelle direction du parti lui avait assuré qu’une frange du parti refusait cet accord et qu’il devait partir plus tôt.

– ‘Histoire ancienne’ –

« Je leur ai dit +je ne suis pas d’accord avec votre approche (…). Si vous voulez me rappeler, rappelez-moi+ », a-t-il raconté, « je trouve très étrange que mon parti me dise de partir parce qu’il y a un nouveau président à l’ANC, cette règle n’existe pas ».

Lui aussi sommé en 2008 par l’ANC de rendre son tablier, le président Thabo Mbeki avait obtempéré sans rechigner.

L’opposition, qui exige depuis des années le départ de Jacob Zuma, s’est réjoui qu’une motion de défiance ait été inscrite à l’ordre du jour du Parlement dès jeudi.

« A partir de demain, Jacob Zuma sera de l’histoire ancienne », a déclaré à l’AFP Floyd Shivambu, le chef du groupe parlementaire des Combattants pour la liberté économique (EFF).

« Je suis sûr que nous tous élus seront d’accord pour mettre un terme à la présidence Zuma (…) qui s’est soldée par un désastre pour tout le pays », a-t-il ajouté. « J’espère que ce vote sera la première décision unanime du Parlement depuis 1994 ».

Coïncidence ou non, la police a perquisitionné mercredi le domicile à Johannesburg de la sulfureuse famille Gupta, au coeur de la plupart des scandales qui impliquent le président.

L’opération a été menée dans le cadre des enquêtes sur la « capture de l’Etat », c’est-à-dire les soupçons de trafic d’influence et de détournements de fonds publics reprochés à la fratrie d’hommes d’affaires proches du chef de l’Etat.

Trois personnes ont été arrêtées dans le cadre de cette opération, a indiqué l’unité d’élite de la police sud-africaine (Hawks).

Romandie.com avec(©AFP / 14 février 2018 15h27)                

Afrique du Sud: l’ANC exige la démission de Zuma, la balle est dans son camp

février 13, 2018

Le président sud-africain Jacob Zuma à Davos le 27 janvier 2011 / © AFP/Archives / Johannes EISELE

Le Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir en Afrique du Sud, a ordonné mardi au président Jacob Zuma de démissionner et attend sa réponse, avec l’espoir qu’elle mette enfin un point final à la crise politique qui paralyse le pays.

Depuis son arrivée à la tête de l’ANC en décembre, Cyril Ramaphosa cherche à pousser vers la sortie Jacob Zuma, mis en cause dans de nombreuses affaires de corruption, afin d’éviter une catastrophe aux élections générales de 2019.

L’ancien homme d’affaires a d’abord choisi la manière douce et négocié directement avec le président. Mais ces tractations ont échoué, et devant la frustration de l’opposition, de l’opinion publique et de membres de son parti, il est passé à l’offensive en convoquant lundi l’organe le plus puissant du parti.

Au terme de discussions-marathon, le Comité national exécutif (NEC) de l’ANC a « rappelé » mardi avant l’aube le président, a annoncé le secrétaire général du parti, Ace Magashule.

« Nous ne lui avons donné aucune date butoir » mais « je sais que le président va répondre demain », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse à Johannesburg.

Le chef de l’Etat, muet depuis plusieurs jours, n’a pas encore communiqué officiellement sa position.

En théorie, c’est donc la fin pour Jacob Zuma. Mais le président, réputé retors, n’a aucune obligation constitutionnelle de se soumettre à la décision du NEC.

S’il refuse d’obtempérer, l’ANC n’aura pas d’autre choix – à moins de se renier – que de lui forcer la main et déposer une motion de défiance au Parlement.

– ‘Arrogant’ –

Les discussions du NEC se sont éternisées, laissant planer un temps le doute sur leur issue. En plein milieu de la nuit, la réunion a été interrompue le temps pour Cyril Ramaphosa d’aller à la résidence officielle du président pour lui proposer, une dernière fois, une sortie digne: la démission.

Inflexible, Jacob Zuma a encore joué les prolongations. « Il racontait n’importe quoi, il voulait rester au pouvoir jusqu’en août », a raconté à l’AFP un membre du NEC. « On s’est dit qu’il voulait encore trois mois pour piller » le pays, a-t-il ajouté sous couvert de l’anonymat.

Le président « était très arrogant », a expliqué un autre membre du NEC cité par l’hebdomadaire Mail & Guardian.

Cyril Ramaphosa lui a dit « de démissionner dans les 48 heures, sinon l’ANC déposerait une motion de défiance d’ici jeudi », a ajouté ce responsable du parti.

L’ANC, tout puissant en l’absence de scrutin présidentiel au suffrage universel direct, n’a donc eu d’autre choix que d’exiger de Jacob Zuma qu’il quitte le pouvoir.

– ‘Arrêt de mort’ –

L’opposition, qui réclame depuis des années le départ du président n’a pas crié victoire mardi.

« Zuma peut tout bonnement ignorer » l’ordre de l’ANC, a relevé l’Alliance démocratique (DA), qui a appelé à voter le 22 février en faveur d’une motion de défiance.

Pour la Cosatu, alliée de la coalition gouvernementale, l’ANC, qui a été « humiliée » par Jacob Zuma, devrait aller plus loin et faire tomber le président au Parlement. « Le temps est venu pour l’ANC de mettre fin à ce théâtre politique pathétique », a estimé la centrale syndicale.

En rappelant M. Zuma, l’ANC « a de toute façon signé l’arrêt de mort » du président, a relevé Ben Payton, analyste au cabinet Maplecroft. « Il n’a pas d’échappatoire possible. Au final, peu importe s’il démissionne ou pas » puisque s’il refuse de le faire, « il est certain de perdre une motion de défiance ».

« Il y a unanimité à l’ANC, donc les jeux sont faits », a aussi estimé le membre du NEC interrogé par l’AFP.

Le parti est « décidé à mettre un point final à la crise avant la présentation du budget » le 21 février, a pur sa part affirmé l’analyste politique Dirk Kotze.

Jacob Zuma est éclaboussé par une série de scandales qui ternissent l’image de son parti, au pouvoir depuis la fin de l’apartheid en 1994.

Il a été reconnu coupable de violation de la Constitution, il est menacé d’inculpation dans une vieille affaire de pots-de-vins et son nom est intimement associé à celui de la sulfureuse famille d’hommes d’affaires Gupta, au coeur d’autres dossiers de détournements de fonds ou de trafic d’influence.

« Nous sommes déterminés à restaurer l’intégrité des institutions publiques », a insisté mardi Ace Magashule.

Si Jacob Zuma démissionne, il sera remplacé par le vice-président Cyril Ramaphosa, a confirmé l’ANC. Dans le cas d’un vote de défiance, la présidente du Parlement assurerait l’intérim jusqu’à l’élection par les députés de Cyril Ramaphosa, dans un délai de trente jours.

Romandie.com avec(©AFP / 13 février 2018 23h58)                

Afrique du Sud: l’ANC pousse le président vers la sortie

février 13, 2018

Le président sud-africain Jacob Zuma à Davos le 27 janvier 2011 / © AFP/Archives / Johannes EISELE

Le Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir en Afrique du Sud, a ordonné mardi au président Jacob Zuma de démissionner et attend sa réponse d’ici mercredi, avec l’espoir qu’elle mette enfin un point final à la crise politique qui paralyse le pays.

Depuis son arrivée à la tête de l’ANC en décembre, Cyril Ramaphosa cherche à pousser vers la sortie Jacob Zuma, mis en cause dans de nombreuses affaires de corruption, afin d’éviter une catastrophe aux élections générales de 2019.

L’ancien homme d’affaires a d’abord choisi la manière douce et négocié directement avec le président. Mais ces tractations ont échoué, et devant la frustration de l’opposition, de l’opinion publique et de membres de son parti, il est passé à l’offensive en convoquant lundi l’organe le plus puissant du parti.

Au terme de discussions-marathon, le Comité national exécutif (NEC) de l’ANC a « rappelé » mardi avant l’aube le président, a confirmé le secrétaire général de l’ANC, Ace Magashule.

« Nous ne lui avons donné aucune date butoir » mais « je sais que le président va répondre demain », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse à Johannesburg.

Jacob Zuma, muet depuis plusieurs jours, n’a pas encore communiqué officiellement sa position.

En théorie, c’est donc la fin pour Jacob Zuma. Mais le président, réputé retors, n’a aucune obligation constitutionnelle de se soumettre à la décision du NEC. S’il refuse d’obtempérer, l’ANC pourrait lui forcer la main et déposer une motion de défiance au Parlement.

– Prolongations –

Après d’autres discussions sans résultats, les discussions du NEC mardi se sont encore éternisées, laissant planer un temps le doute sur leur issue. En plein milieu de la nuit, la réunion a été interrompue le temps pour Cyril Ramaphosa d’aller à la résidence officielle du président pour lui proposer, une dernière fois, une sortie digne: la démission.

Inflexible, le président a encore joué les prolongations. « Il racontait n’importe quoi, il voulait encore trois mois, il voulait rester au pouvoir jusqu’en août », a raconté le membre du NEC.

« On s’est dit qu’il voulait encore trois mois pour piller » le pays, a-t-il ajouté sous couvert de l’anonymat.

Le président « était très arrogant. Il a dit qu’il n’irait nulle part parce qu’il n’a rien fait de mal », a expliqué un autre membre du NEC cité par l’hebdomadaire Mail & Guardian.

M. Ramaphosa lui a dit « de démissionner dans les 48 heures, sinon l’ANC déposerait une motion de défiance d’ici jeudi », a ajouté ce responsable du parti.

L’ANC, tout puissant en l’absence de scrutin présidentiel au suffrage universel direct, n’a donc eu d’autre choix que de sanctionner Jacob Zuma en lui ordonnant de se démettre.

– Les jeux sont faits –

L’opposition, qui réclame depuis des années le départ de Jacob Zuma, n’a pas crié victoire mardi.

« Zuma peut simplement ignorer » l’ordre de l’ANC, a relevé l’Alliance démocratique (DA), qui a appelé à soutenir une motion de défiance de l’opposition à débattre le 22 février et a demandé la dissolution du Parlement.

« Il y a unanimité à l’ANC, donc les jeux sont faits », a cependant estimé un membre du NEC interrogé par l’AFP.

L’ANC est « décidé à mettre un point final à la crise avant la présentation du budget » le 21 février, a résumé à l’AFP l’analyste politique Dirk Kotze.

Jacob Zuma est associé à une série de scandales qui ternissent l’image de son parti, au pouvoir depuis la fin de l’apartheid en 1994.

Il a été reconnu coupable de violation de la Constitution, il est menacé d’inculpation dans une vieille affaire de pots-de-vins et son nom est intimement associé à celui de la sulfureuse famille d’hommes d’affaires Gupta, au coeur d’autres dossiers de détournements de fonds ou de trafic d’influence.

Le chef du parti d’opposition des Combattants pour la liberté économique (EFF, gauche radicale), le bouillant Julius Malema, ne le désigne plus que sous le nom de « délinquant ».

« Nous sommes déterminés à restaurer l’intégrité des institutions publiques, créer la stabilité économique et relancer l’économie de façon urgente », a insisté mardi Ace Magashule, alors que la première puissance économique du continent enregistre un taux de chômage record (27%).

Si Jacob Zuma démissionne, il sera remplacé par le vice-président Cyril Ramaphosa, a confirmé mardi l’ANC. Dans le cas d’un vote de défiance, le président du Parlement assurerait l’intérim jusqu’à son élection, dans un délai de trente jours.

Romandie.com avec(©AFP / 13 février 2018 14h39)                

Afrique du Sud: l’ANC réunie pour « finaliser » le départ de Zuma

février 12, 2018

Le président sud-africain Jacob Zuma lors d’un sommet panafricain le 28 janvier 2018 à Addis Abeba / © AFP/Archives / SIMON MAINA

Le parti au pouvoir en Afrique du Sud, le Congrès national africain (ANC), doit « finaliser » lundi, selon son chef Cyril Ramaphosa, la question du départ anticipé du président Jacob Zuma, sous la pression de l’opposition qui a réclamé la dissolution du Parlement.

MM. Zuma et Ramaphosa ont engagé la semaine dernière des tractations directes pour tenter de sortir de la crise mais, à ce jour, elles semblaient n’avoir accouché d’aucun progrès.

Les 107 membres de la plus haute instance de décision de l’ANC, le Conseil national exécutif (NEC), étaient réunis lundi à huis clos dans un hôtel de Pretoria pour, officiellement, faire le point des discussions.

Cette instance a le pouvoir de « rappeler » M. Zuma, comme elle l’avait fait en 2008 pour le président Thabo Mbeki.

Mais l’actuel chef de l’Etat, empêtré dans des scandales de corruption, peut toutefois refuser d’obtempérer. Dans ce cas, l’ANC pourrait déposer devant le Parlement une motion de défiance qui le contraindrait à partir.

« Nous savons que vous voulez tourner la page », a lui-même concédé dimanche M. Ramaphosa lors d’un discours prononcé à l’occasion des 100 ans de la naissance de Nelson Mandela, le père de la nation « arc-en-ciel ».

« C’est le souhait de notre peuple de finaliser tout ça et c’est précisément ce que le NEC va faire », a promis celui qui succéderait à M. Zuma en cas de démission du président.

Impatiente, l’opposition, qui demande depuis des années le départ de M. Zuma, est allé plus loin: elle a exigé lundi la dissolution du Parlement et la tenue d’élections anticipées.

« Il est important que le Parlement soit dissout et que nous repartions de zéro », a déclaré lundi lors d’une conférence de l’opposition Kenneth Meshoe, chef du Parti démocratique chrétien africain (ACDP).

« Parce que s’il est remplacé par son vice-président Cyril Ramaphosa, le même groupe de personnes qui défendent et protègent la corruption seront au pouvoir », a-t-il justifié.

L’opposition a aussi réclamé que soit avancée une motion de défiance, inscrite à l’ordre du jour du parlement pour le 22 février.

– Dernier carré –

« La pression est telle que la direction de l’ANC se doit de prendre une décision », a estimé l’analyste Somadoda Fikeni sur la chaîne d’information eNCA.

« Si elle ne le fait pas, elle va céder l’initiative à ses alliés, à certaines factions de l’ANC, à l’opposition et à la société civile, qui seront créditées d’avoir poussé le président vers la sortie. »

Mais M. Ramaphosa se heurte à deux obstacles de taille pour obtenir le départ anticipé du président, dont le second mandat expire en 2019: l’obstination du chef de l’Etat, qui s’accroche au pouvoir, et les divisions de l’ANC.

Le 4 février, M. Zuma a exclu de démissionner, malgré l’appel pressant de la direction de son parti.

Dans les négociations en cours, il tenterait d’obtenir l’immunité pour les nombreuses affaires de corruption dans lesquelles il est impliqué, ainsi qu’à obtenir la prise en charge de ses frais de justice, ont rapporté les médias locaux.

Dimanche, M. Ramaphosa a toutefois exclu tout passe-droit pour le président, rappelant que « ceux qui sont corrompus et ont volé l’argent des pauvres seront jugés ».

Le patron de l’ANC a cependant reconnu que son parti émergeait d’une période de « désunion et de discorde ».

Même si la fin de son règne semblait proche, le président Zuma reste soutenu par un carré de fidèles.

« Ils ont atteint le pic de leur carrière politique, certains sont visés par des plaintes (…), ils sont animés par leur seul instinct de survie », a résumé Somadoda Fikeni.

L’autorité du président Zuma a commencé à vaciller depuis l’élection en décembre de M. Ramaphosa qui lui a succédé à la tête de l’ANC, le parti au pouvoir en Afrique du Sud depuis l’avènement de la démocratie en 1994.

Mais l’actuel vice-président n’a toujours pas réussi à écarter l’actuel président, condition à ses yeux incontournable pour redorer le blason du parti avant les élections générales de 2019.

Le blocage actuel a commencé à ternir la réputation de M. Ramaphosa, dont l’autorité est déjà mise en cause.

« Zuma détient toujours le pouvoir », a égratigné lundi le chef de l’opposition, Mmusi Maimane. « Le fait qu’il (Ramaphosa) qu’il veuille toujours négocier une amnistie avec Zuma montre qu’il existe un appétit pour la corruption au sein de l’ANC », a déploré M. Maimane dans un entretien à l’AFP.

Romandie.com avec(©AFP / 12 février 2018 16h42)                

Politique en Afrique du Sud: réunion spéciale de l’ANC

février 11, 2018

 

La pression sur Jacob Zuma pour obtenir son départ n’a jamais été aussi grande. © Themba Hadebe/AP/SIPA

Le principal organe de décision du Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir en Afrique du Sud, se réunira d’urgence lundi, a indiqué dimanche la formation, alors que les négociations pour obtenir un départ anticipé du président Jacob Zuma s’éternisent.

« Une réunion du NEC (conseil national exécutif) est prévue demain (lundi) à Pretoria », a déclaré à l’AFP une porte-parole de l’ANC, Khusela Diko.

Elle a refusé de préciser l’ordre du jour de la réunion.

Le nouveau patron de l’ANC, Cyril Ramaphosa, a engagé depuis plusieurs jours des négociations directes avec le très controversé président Zuma, pour discuter de la « transition » politique.

L’ANC avait promis jeudi une conclusion « imminente » de ces tractations, avant d’appeler deux jours plus tard à la « patience ».

Interrogée dimanche sur le statut de ces discussions, Khusela Diko a affirmé qu’elles étaient « productives et fructueuses ».

Des appels à la démission ignorés

Cyril Ramaphosa tente d’obtenir au plus vite le départ du très encombrant président Zuma, empêtré dans une litanie de scandales qui pourraient coûter cher à l’ANC aux élections générales de 2019.

Le 4 février, la direction de l’ANC avait enjoint au chef de l’État de démissionner. Un appel qu’il avait rejeté d’un revers de la main.

Le NEC est en mesure de rappeler Jacob Zuma, ce qu’il avait déjà fait en 2008 avec le président Thabo Mbeki.

Jeuneafrique.com avec AFP

Afrique du Sud: Zuma s’accroche, la crise politique s’éternise

février 9, 2018

Des membres du parti au pouvoir en Afrique du Sud réclament le départ du président Jacob Zuma, à Johannesburg, le 5 février 2018. / © AFP/Archives / MARCO LONGARI

L’Afrique du Sud était suspendue vendredi à l’issue de tractations au sommet pour obtenir le départ anticipé du président Jacob Zuma, exigé par la direction de son parti qui a annulé ses engagements publics pour accélérer la fin de la crise.

La liste des scandales autour de M. Zuma, au pouvoir depuis 2009, ne cesse de s’allonger, discréditant son parti, le Congrès national africain (ANC) à l’approche des élections générales de 2019.

Pour enrayer la chute de popularité du parti, son tout nouveau chef Cyril Ramaphosa, élu en décembre, tente d’obtenir au plus vite le départ de l’encombrant chef de l’Etat.

Une tâche difficile, compte tenu des divisions au sein de l’ANC et de la ténacité de Jacob Zuma. Réputé insubmersible, le président a jusqu’à présent toujours su habilement manoeuvrer pour se maintenir au pouvoir malgré ses déboires judiciaires, ses piètres résultats économiques et un taux de chômage record (27,7%).

Dimanche, les six plus hauts responsables de l’ANC – le Top Six – l’ont prié de démissionner. Il a refusé, déclenchant une crise qui a bouleversé le calendrier politique.

Pour tenter d’en sortir, MM. Zuma et Ramaphosa ont entamé mardi des discussions directes et constructives sur la « transition ». Leur issue est « imminente », a assuré jeudi l’ANC.

Vendredi, le Top Six a annulé tous ses engagements publics prévus dans la journée dans le cadre du centenaire de la naissance de la figure historique de l’ANC, Nelson Mandela.

Cette décision de dernière minute a été prise « en raison d’autres engagements nécessitant leur présence », a expliqué le parti sans donner plus de détails, laissant penser que le Top Six se concentrait sur la crise qui paralyse le pays.

Plus tôt cette semaine, le discours annuel du président devant le Parlement, temps fort de la vie politique sud-africaine, avait été reporté pour la première fois de l’histoire à une date ultérieure.

– ‘Derniers détails’ –

M. Zuma était attendu vendredi à Pretoria, la capitale politique, après une série de réunions au Cap, siège du Parlement.

Il se battra jusqu’au bout, a prévenu l’une de ses quatre épouses, la discrète Thobeka Madiba-Zuma, en lui apportant un soutien très remarqué sur son compte Instagram.

« Umsholozi (nom de clan de Zuma) n’a pas rejoint l’ANC en 1991, (…) il n’a pas zappé de la lutte (contre l’apartheid) à l’accumulation de richesses », a-t-elle lancé en visant le chef de l’ANC, ex-syndicaliste reconverti en richissime homme d’affaires.

M. Zuma « a quitté jeune sa maison pour combattre l’apartheid. (…) il terminera ce qu’il a commencé », a assuré Thobeka Madiba-Zuma, dans une note en forme de déclaration d’amour. « J’ai le béguin pour toi tous les jours », a-t-elle déclaré.

Selon le journal The New Age, appartenant à la sulfureuse famille Gupta, très proche du président, M. Zuma « doit rencontrer ce week-end sa famille à Pretoria pour discuter de son départ ».

« On s’attend à ce qu’il donne sa démission au plus tôt lundi », a ajouté une source anonyme cité par le quotidien. « Entretemps, il continuera à discuter avec le président (de l’ANC) Ramaphosa pour régler les derniers détails ».

Les négociations achoppent sur les termes du départ de M. Zuma, selon des sources concordantes. Le président tente coûte que coûte de garantir son immunité, mais aussi celle de membres de sa famille impliqués dans plusieurs dossiers judiciaires.

Il aurait également demandé que ses frais judiciaires soient pris en compte par l’Etat, selon les médias locaux. Une exigence « ridicule », s’est immédiatement indigné le parti d’opposition UDP (Mouvement démocratique uni).

Si M. Zuma démissionne, il sera remplacé par M. Ramaphosa, vice-président de l’Afrique du Sud en exercice, pour un intérim de trente jour maximum, le temps pour le Parlement d’élire un nouveau chef de l’Etat. Sauf nouveau coup de théâtre, M. Ramaphosa est assuré d’être élu.

L’ANC, au pouvoir depuis la fin officielle du régime d’apartheid en 1994, doit agir au plus vite. Le parti « se retrouve au pied du mur, il doit donc prendre une décision claire », a estimé M. Mathekga.

La présentation du budget est prévue le 21 février. Et le 22, le Parlement doit débattre d’une motion de défiance, la neuvième déposée contre M. Zuma depuis son arrivée au pouvoir. La dernière, en août, avait échoué à 24 voix près.

Romandie.com avec(©AFP / 09 février 2018 16h44)                

Afrique du Sud: l’ANC confirme « discuter » du départ anticipé du président Zuma

janvier 22, 2018

Le président sud-africain Jacob Zuma, le 12 avril 2017 à Soweto / © AFP/Archives / John WESSELS

Le parti au pouvoir en Afrique du Sud, le Congrès national africain (ANC), a confirmé lundi avoir « discuté » lors d’une réunion de sa direction du départ anticipé du controversé président Jacob Zuma, sans lui fixer cependant de « date butoir ».

« Nous avons convenu que le sujet était entre les mains des responsables. Il y aura des discussions entre les responsables (du parti), le président Zuma et le président (du parti Cyril) Ramaphosa », a déclaré le secrétaire général du parti, Ace Magashule, lors d’une conférence de presse.

« Il n’y a pas de décision prise pour renvoyer Jacob Zuma », a-t-il assuré. « Il n’y a pas de date butoir. On ne fonctionne pas comme ça (…) donnez-nous du temps à l’ANC pour discuter de nos problèmes ».

« Nous n’avons pas pris de décision pour dire que le président Zuma doit partir ou que le président Zuma doit rester », a-t-il précisé.

L’ANC est « décidé à regagner la légitimité morale » et est « entré dans une nouvelle période de renouvellement », a assuré Ace Magashule, lui-même impliqué dans des affaires de corruption.

« Nous disons que là où il y a corruption, la justice doit suivre son cours », a-t-il dit.

Au pouvoir depuis la fin officielle du régime d’apartheid en 1994, l’ANC a vu sa popularité chuter depuis plusieurs années, minée par les accusations de corruption qui pèsent sur M. Zuma et les difficultés persistantes de son économie.

Fin décembre, Jacob Zuma a été remplacé à la tête de son parti par l’actuel vice-président du pays, Cyril Ramaphosa, qui avait fait de la lutte contre la corruption son leitmotiv de campagne.

Selon les analystes, ce dernier veut à tout prix se débarrasser du président au plus vite pour permettre à l’ANC de reconquérir ses électeurs avant les législatives de 2019.

Cyril Ramaphosa joue gros: en cas de victoire de l’ANC en 2019, il deviendra chef de l’Etat.

Romandie.com avec(©AFP / 22 janvier 2018 17h27)