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Congo: Homélie de la messe des obsèques du Général Jacques Joachim Yhomby-Opango.

novembre 6, 2020

 

Excellence Mr le Président de la République et Madame

Excellence Mgr Victor Abagna Mossa Archevêque D’Owando

Chers Frères et Sœurs, en vos rangs, grades et fonctions

Le Général Jacques Joachim Yhomby Opango dans le silence de la mort reste miséricordieux et intercède pour nous comme Jésus dans l’évangile que nous venons d’entendre. 

Les premières paroles de Jésus sur la croix furent : « Père pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font ». Dans ces premières paroles, Jésus intercède en faveur de ceux qui l’ont crucifié et ouvre grand les portes au voleur repentant. « Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis ». Un simple acte de confiance en Jésus, un simple regret profond de ses actes mauvais, et ce malfaiteur obtient l’assurance de la vie éternelle. En somme, Jésus sur la croix a changé la plus grande douleur, injustement infligée à l’unique homme vraiment innocent de toute l’histoire, dans le grand amour. 

« Ils ne savent pas ce qu’ils font » Voilà qui rejoint tous nos péchés, notre aveuglément quand nous pensons qu’un mal pourra nous faire du bien.

Quand nous n’avons pas toujours conscience de toutes les conséquences désastreuses de nos agissements

« Ils ne savent pas ce qu’ils font », quand du fond de nos cœurs, nous nous réjouissons en disant : « Nous avons traqué le juste, car sa vie condamnait nos œuvres »

Parce qu’il n’est pas de notre obédience, de notre ethnie. Nous préférons les bricoleurs, les théoriciens et les affinités autrement dit le « moro oboso » à la place des gens compétents et pragmatiques.

« Ils ne savent pas ce qu’ils font » Quand la voix du peuple s’est portée sur le criminel Barrabas plutôt que sur le Messie. Cette voix illustre également notre attrait malsain à l’hypocrisie, notre tendance aux changements d’avis au gré de nos intérêts du moment, et notre propension plus ou moins consciente à suivre celui qui semble le plus fort.

« Ils ne savent pas ce qu’ils font » condamner le juste ou les gens capables de faire avancer les choses et laisser les délinquants jouir de leur liberté et continuer à commettre de plus bel des actes de vandalismes, de barbaries et de vols ne leur pose aucun problème de conscience et ne touche en rien leur sommeil. Mais, « il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent ». disait Voltaire

Oui, sur la croix le témoignage de Jésus est celui de l’innocent qui répond à la violence par la douceur, à la haine par la bonté, à l’agression par le pardon.

Sur la croix, Jésus a subi la trahison du disciple qui l’a vendu et du disciple qui l’a renié. (adouhi ilengui).Il a été trahi par les gens qui l’acclamaient et qui ensuite ont crié « Qu’il soit crucifié ! » Leboma wa ! Mt 27,22

Il a été trahi par l’institution religieuse qui l’a condamné injustement et par l’institution politique qui s’est lavé les mains.

« La chose la plus douloureuse c’est d’être trahi par celui qui a promis de vous être loyal et proche » Pape François 

Dans l’épaisseur du silence de la croix, le bruit des armes cesse. C’est le langage de la réconciliation, du pardon, du dialogue, de l’amour qui triomphe du mal, de la paix qui est parlé. C’est l’amour qui ouvre la voie de l’unité en écartant toute forme de discorde. 

[…] 

Pierre qui a renié Jésus, nous renvoie à notre manque de courage quand il s’agit de témoigner.

Pilate à notre lâcheté quand nos intérêts passent avant la justice et la vérité.

Hérode et Pilate, un couple qui symbolise notre complicité dans le mal et très souvent pour condamner les innocents. Pour faire le mal, Hérode et Pilate devinrent amis et complices. Alors qu’auparavant il y avait l’hostilité entre eux

 Joseph d’Arimathie est l’icône des courageux de l’histoire, des incompris de la vie, de ceux qui sortent de l’ordinaire quand il faut oser prendre le risque. Le risque de faire du bien lorsque personne d’autre n’ose le faire ou lever le petit doigt à cause de la peur de César. Joseph d’Arimathie un homme courageux qui alla trouver Pilate et demanda le corps de Jésus. Nous sommes arrivés à un tel affadissement des consciences que nous ne réalisons plus ce que signifie « témoigner de la vérité devant César ». Notre Seigneur nous jugera pour avoir été obéissants ou en complicités avec César dans le mal, alors que cela signifie désobéir à Dieu.

[…] 

Le chemin de la réconciliation ne nous demande pas d’oublier le passé ni d’ignorer, la souffrance et le mal fait, car pardonner ce n’est pas oublié, mais ouvrir à soi-même et à l’autre une possibilité d’aimer, de vivre, de faire un bout de chemin ensemble. 

Le caractère particulier du chemin de la réconciliation est qu’il rapproche et rassemble ce qui était divisé. Il réunit ce qui était séparé. Il remet en lien ce qui était désuni. Il est indispensable à la mise en chantier de toute construction physique, psychique ou spirituelle.

L’effort à entreprendre vers le chemin de la réconciliation ou du pardon consiste à ne plus s’habituer à entretenir pendant longtemps l’appétit de vengeance, la rancune, « EKIBA », car c’est une bombe à retardement. C’est un sentiment qui nous détruit et ne nous grandit pas.

Il est impérieux d’ouvrir nos cœurs sans hypocrisie à « Otweré » dans son sens noble et non pas comme il est galvaudé aujourd’hui, vidé de son humanité, son « Omoro » ou 

« Okani-à-ndzoro » la dignité. En dépit de ce qu’actuellement le monde entier est perturbé à cause de l’argent, pour en avoir plein les poches, un vrai « tweré » ne devrait pas pour autant vendre son âme au diable à cause de la mendicité, « Otema » et de la lâcheté « Obolo ou Oguendze »..

« Otweré » invite à la sagesse, à la tolérance, à savoir se taire quand c’est utile, parler pour ne pas être complice du mal, convaincre et rassurer à coup d’argument et non par l’argument de la force. Les kouyou disent : « Ondzanga Ali’Ikabi »

Tous, nous devons envisager le processus de réconciliation ; car il est très mal de voir comment, les filles et fils du même pays donnent de la place à diverses formes de haine, de division et de vengeance. 

Le processus de réconciliation ou du pardon, « n’est pas un oubli du passé, il est risque d’un avenir autre que celui imposé par le passé ou la mémoire » disait en substance le Père Jean Mombourquette.

[…]

Bien-chers Frères et Sœurs,

Le testament spirituel que l’illustre disparu laisse à sa famille et à son pays, le Congo, est essentiellement basé sur l’unité et la réconciliation.

Dans mes dernières conversations avec lui, sachant que son heure était proche bien que rien ne présageait encore le pire, il insistait sur l’unité dans sa famille et dans le pays.

À l’endroit de sa famille, il me confia, comme une prière, le vœu qu’il chérissait après son départ de ce monde : « Que chacun de mes enfants, disait-il, évite de poser des actes susceptibles de briser l’unité de la famille. Qu’ils évitent toute discorde et que l’amour, l’entente et l’unité règnent entre eux ».

Car la division est un piège pour détruire le tissu familial et une aubaine pour convoquer les forces du mal.

« Tout royaume, toute ville, ou toute famille qui a des conflits en son sein s’auto détruira, elle ne peut subsister » Mt 12,25

Aussi, conscient de ce que l’unité des filles et fils du Congo se révèle davantage profondément affectée, il n’a pas manqué à plusieurs reprises de souligner l’urgente nécessité de la réconciliation. Avec beaucoup de regret et un brin d’espoir il souhaitait « que s’ouvrent les voix du dialogue sincère entre les ennemis, que les adversaires se tendent la main, que s’exprime et se renforce tant de sollicitude envers le patrimoine commun que nous avons, le Congo ; Que ceux qui s’opposaient, acceptent de faire ensemble une partie du chemin » 

Seul le Seigneur peut évaluer les fruits de la vie du général sur terre. Mais pour le peu que notre illustre disparu a eu la possibilité de faire, avec toutes ses limites humaines ceux qui l’ont connu et apprécié s’accordent à reconnaitre en lui une icône de l’excellence, de l’unité, de la rigueur au travail, de l’ordre et de la discipline. Un homme humble, simple, généreux et accueillant dans son intimité. Il y ‘avait chez lui, cet homme chaleureux, caressant le gout du luxe et du bien-vivre, une propension objectivement diversement appréciée.

[…]

Oui, mon Général, « tout est accompli », Désormais comme pour paraphraser Mario : vous n’aurez plus le temps pour des réunions sans fin où l’on discute de lois, des règles, des procédures et des règlements, en sachant que cela n’aboutira à rien.

Vous n’aurez plus le temps pour supporter l’indécence, les humiliations, la mauvaise foi et de vous baigner dans la médiocrité ambiante.

Vous ne serez plus présent dans des réunions où défilent des egos agrandis, les manipulateurs et les opportunistes, qui ne discutent pas du contenu, seulement les titres.

Vous n’aurez plus à souffrir de la ruse des jaloux qui cherchent à nuire aux plus compétents, d’usurper leurs places, leurs talents et leurs réalisations.

Vous allez maintenant retrouver des gens, qui ne se gonflaient pas de leurs triomphes, qui ne se sentaient pas élus avant l’heure ;

Des gens qui ont rêvé une nation congolaise unie, travailleuse et prospère.

Votre objectif est d’être enfin satisfait de reposer dans la paix du Seigneur avec vos proches et votre conscience dans un monde où il n’y a ni haine, ni division, ni calomnie, ni diffamation, ni vengeance, ni  jalousie, ni désir de s’imposer aux autres à n’importe quel prix

Un monde sans douleur, sans souffrance, sans injustice et sans méchanceté.

          Que le Seigneur vous accueille dans les noces éternelles.

                            Père Urbain Braginel lkonga

Congo: la dépouille de Jacques Joachim Yhombi-Opango attendue ce jeudi à Brazzaville

octobre 29, 2020

La dépouille de l’ancien président de la République Joachim Yhombi Opango, décédé le 30 mars dernier à Paris en France à l’âge de 81 ans, arrive dans la capitale congolaise le 29 octobre par le vol d’Air France.

Mis en caveau provisoirement au cimetière parisien de Bagneux en raison des contraintes sanitaires dues à la Covid-19, Jacques Joachim Yhombi-Opango sera inhumé le 31 octobre à Owando, dans le département de la Cuvette. La nation reconnaissante lui rendra un dernier hommage le 30 octobre au Palais des congrès à Brazzaville, au cours d’une cérémonie solennelle en présence du chef de l’Etat, Denis Sassou N’Guesso.

Président de la République de 1977 à 1979, le général Jacques Joachim Yhombi-Opango est mort des suites du coronavirus.  

Avec Adiac-Congo par Parfait Wilfried Douniama

Congo: Jacques Joachim Yombi Opango hospitalisé en France

juin 19, 2018

 

Jacques Joachim Yombi Opango, le patriarche d’Owando
L’ancien président de la République populaire du Congo et du Comité Militaire du Parti (CMP) au lendemain de la mort du président Marien Ngouabi, et président fondateur du Rassemblement pour la Démocratie et le Développement (RDD), Jacques Joachim Yombi Opango est hospitalisé au CHU de Rennes en France, a-t-on appris auprès d’une source proche de la famille.

Âgé de 78 ans, le « patriarche d’Owando » s’était depuis quelques mois effacé de la scène publique, sa dernière apparition remontant à la présidentielle où il avait, devant les caméras, accompli son devoir civique.

Déjà, on sentait en lui un homme affaibli, marqué par le poids de l’âge qui supportait une santé précaire dont l’état était à peine dissimulé.

Sentant ses forces à mener les combats politiques l’abandonner, Jacques Joachim Yombi Opango s’était déchargé il y a quelques mois à peine de la présidence active du RDD, au profit de son fils Jean- Jacques Yombi Opango.

L’état de santé du battant qu’a toujours été Jacques Joachim Yombi Opango, par-delà les épreuves, demeure tout de même inquiétant.

Germaine MAPANGA / Les Echos du Congo Brazzaville

Congo-France: Jacques Joachim Yombi Opango dans un état critique

août 18, 2017

 

Après Raymond Damase N’Gollo, Jacques Joachim Yombi Opango serait dans un état très critique dans un hôpital en France.

Curieuse coïncidence que le plus haut gradé du 18 mars 1977 qui dirigea la république, de mains de fer, avec ses ténors et ses hommes de poigne, après le traquenard de Sassou Nguesso soit admis, à son tour à l’hôpital de Rennes en France comme quoi, le compte à rebours serait du côté des hommes du Comité militaire du parti de l’époque.

 

Circonstance naturelle ou programmation d’extinction de certains témoins gênants avant le plan du passage de flambeau à son successeur ? L’histoire nous le dira ?

 

Photo de BrazzaNews.
Général Jacques Joachim Yombi Opango
Avec Brazzanews.fr