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Au Brésil, des dizaines de milliers de manifestants réclament la destitution de Jair Bolsonaro

juillet 25, 2021

Pour le quatrième week-end consécutif, la gauche appelait à défiler contre la mauvaise gestion de la pandémie par le gouvernement.

Manifestation contre Jair Bolsonaro à Rio de Janeiro, au Brésil, le 24 juillet 2021.
Manifestation contre Jair Bolsonaro à Rio de Janeiro, au Brésil, le 24 juillet 2021. CARL DE SOUZA / AFP

Des dizaines de milliers de Brésiliens sont descendus dans les rues, samedi 24 juillet, réclamant la destitution du président, Jair Bolsonaro, pour sa gestion de la crise sanitaire, alors que le bilan de l’épidémie dépasse le demi-million de morts. Les manifestants ont défilé pour le quatrième week-end d’affilée à l’appel des partis de gauche et des syndicats notamment contre le président de droite, qui est visé par une enquête pour avoir présumément fermé les yeux sur des détournements de fonds publics dans l’achat de vaccins.

A Rio, des milliers de personnes habillées de rouge et portant des masques ont défilé sous des slogans comme « Dehors le criminel corrompu ». Les organisateurs avaient appelé à manifester dans tout le pays « pour défendre la démocratie, la vie des Brésiliens et pour mettre Bolsonaro dehors ». A Rio comme ailleurs, les manifestants ont dénoncé le démarrage tardif de la campagne de vaccination au Brésil, le chômage massif et ont réclamé davantage d’aides pour les populations pauvres confrontées à la pandémie.

« Pour le retour de la démocratie »

« Il est très important que quiconque se sent offensé ou opprimé par ce gouvernement sorte dans la rue parce que nous devons lutter pour le retour de la démocratie », explique Laise de Oliveira, une employée des services sociaux de 65 ans venue manifester. La presse brésilienne faisait état, dans l’après-midi, de manifestations dans 20 des 26 Etats brésiliens. Ni les organisateurs ni les autorités n’avaient rendu publiques d’estimations du nombre de manifestants à cette heure. Mais des grandes manifestations étaient attendues à Sao Paulo, la ville brésilienne la plus peuplée avec 12,3 millions d’habitants, et dans la capitale, Brasilia.

Jair Bolsonaro est confronté au pire moment de sa présidence, entamée en 2019. Son taux d’approbation a atteint un plus bas de 24 % et les sondages suggèrent qu’il perdrait l’élection présidentielle d’octobre face à son prédécesseur de gauche, Luiz Inacio Lula da Silva, dont le Parti des travailleurs soutenait les manifestations de samedi.

Le Brésil a enregistré officiellement près de 550 000 morts du Covid-19, un bilan dépassé par les seuls Etats-Unis, dont la population est supérieure de 120 millions à celle du géant sud-américain. Jair Bolsonaro s’est montré ouvertement sceptique quant à la crise sanitaire, à la nécessité du port du masque et des autres mesures visant à réduire la propagation du virus. L’opposition a présenté, le 30 juin, une plainte en destitution constituée de 20 accusations différentes contre le président, mais Jair Bolsonaro dispose toujours de suffisamment de soutien au Congrès pour bloquer ces initiatives.

Avec Le Monde avec AFP

Brésil: Jair Bolsonaro autorisé à quitter l’hôpital

juillet 18, 2021

BRÉSIL: JAIR BOLSONARO AUTORISÉ À QUITTER L'HÔPITAL

© Reuters/Amanda Perobelli 

BRASILIA (Reuters) – Le président brésilien Jair Bolsonaro a obtenu l’autorisation dimanche de quitter l’hôpital de Sao Paulo où il était pris en charge depuis mercredi pour des complications liées à l’agression au couteau dont il a été victime lors de la campagne électorale de 2018.

Dans un communiqué, l’hôpital Vila Nova Star a déclaré que le dirigeant resterait sous la surveillance d’une équipe médicale.

Le président brésilien de 66 ans est entré mercredi à l’hôpital pour y subir des examens médicaux et recevoir des soins à la suite d’une occlusion intestinale. Il n’a pas subi d’intervention chirurgicale.

« Je vais bien, Dieu merci. Le problème que j’ai eu plus tôt cette semaine était encore dû au coup de couteau que j’ai reçu en 2018. De temps en temps, cela affecte l’intestin « , a déclaré Jair Bolsonaro lors d’un événement diffusé en direct sur internet samedi.

« Je suis impatient de reprendre le travail, de voir mes amis et de faire avancer le Brésil », a-t-il ajouté.

Avec Reteurs (Reportage Alexandre Caverni, Eduardo Simoes et Jamie McGeever; version française Camille Raynaud et Gwénaëlle Barzic)

Brésil : Jair Bolsonaro condamné pour non-port du masque

juin 13, 2021

Samedi, le président brésilien a participé à une manifestation de motards et il ne portait pas le masque. La police lui a infligé une amende.

Cent huit dollars, c’est le montant de l’amende qui a été infligée à Jair Bolsonaro pour non-port du masque. Le président brésilien a participé samedi à une manifestation de motards – baptisée « Accélérons pour le Christ » – dans l’État de Sao Paulo et n’a respecté aucune mesure sanitaire. Il a même pris la tête du cortège, le casque ouvert et, donc, sans masque.

Les autorités de l’État de São Paulo ont indiqué qu’elles avaient infligé une amende de 552 reais (environ 108 dollars) à Jair Bolsonaro, à son fils Eduardo, membre du Congrès, et au ministre des Infrastructures, Tarcisio Gomes, pour ne pas avoir porté de masque et ne pas avoir respecté les mesures de distanciation sociale lors du rassemblement. La présidence brésilienne n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.

Le Covid-19 a tué près de 485 000 personnes au Brésil

Jair Bolsonaro, qui a appelé à des rassemblements dans tout le Brésil en vue de l’élection présidentielle de l’année prochaine, n’a pas tenu compte des avertissements du gouverneur de São Paulo, João Doria, un rival politique, qui avait déclaré que le président serait condamné à une amende s’il ne respectait pas les lois de l’État.

Jair Bolsonaro s’est opposé à plusieurs reprises à João Doria et à d’autres gouverneurs au sujet des mesures imposées pour lutter contre la pandémie du Covid-19, qui a fait près de 485 000 morts au Brésil.

Le président critique régulièrement les mesures de confinement et le port du masque, et fait la promotion de médicaments tels que la chloroquine, alors que des études montrent qu’ils sont inefficaces. S’adressant à une foule de partisans brandissant des drapeaux, Jair Bolsonaro s’est à nouveau élevé contre le port du masque.

Le président a estimé que les personnes vaccinées ne devraient pas avoir à porter le masque. « Il est impossible pour une personne vaccinée de transmettre le virus », a-t-il déclaré. Il n’y a pas de consensus scientifique sur la question de savoir si les personnes vaccinées peuvent être contagieuses.

Par Le Point avec AFP

Brésil : Jair Bolsonaro annonce qu’il est désormais négatif au coronavirus

juillet 25, 2020

 

Le président brésilien Jair Bolsonaro a annoncé samedi 25 juillet avoir été testé négatif au nouveau coronavirus, après avoir été diagnostiqué positif le 7 juillet, une guérison qu’il attribue à son traitement à l’hydroxychloroquine.

Jair Bolsonaro a fait cette annonce sur son compte Twitter après avoir subi un nouveau test: «RT-PCR pour SARS-CoV 2: négatif. Bonne journée à tous», a-t-il écrit, accompagné d’une photo de lui souriant, levant le pouce et montrant une boîte d’hydroxychloroquine, au petit déjeuner.

Bolsonaro, 65 ans, avait annoncé le 7 juillet qu’il avait contracté le Covid-19. Depuis le début de la crise, il a souvent minimisé la gravité de la pandémie, qu’il a longtemps qualifiée de «grippette». Il a critiqué les mesures de confinement décidés par les gouverneurs des Etats brésiliens, mettant en avant la nécessité de ne pas bloquer l’économie nationale.

Par Le Figaro avec AFP

Brésil: manifestations pour et contre Bolsonaro

juin 7, 2020

 

Des Brésiliens sont descendus dans la rue dimanche à Sao Paulo et Brasília pour manifester pour ou contre le président d’extrême droite Jair Bolsonaro, critiqué notamment pour sa gestion de l’épidémie de coronavirus.

Des milliers de personnes se sont rassemblées dans l’après-midi à Sao Paulo, arborant des banderoles en défense de la démocratie, contre le racisme et la politique du président brésilien. De nombreux manifestants portaient des vêtements et des masques noirs.

Gabriela Vitoria, 18 ans, qui n’avait jamais participé à une manifestation, s’est mobilisée parce que «Bolsonaro est contre tout». «Il ne veut pas des noirs, des gays, des femmes, il ne pense qu’aux riches. Nous traversons une pandémie et il veut tout ouvrir, sans regarder les bons exemples des autres pays.»

Sur l’avenue Paulista, à environ six kilomètres de là, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées avec des drapeaux brésiliens pour exprimer leur soutien à Jair Bolsonaro et demander la fin des mesures de confinement mises en place par les autorités locales pour freiner la pandémie. «La maladie existe, mais ce n’est pas comme on nous dit. Il est temps d’ouvrir le commerce», a déclaré une manifestante qui a refusé de donner son nom.

Les autorités régionales ont demandé que les événements soient organisés à distance afin d’éviter les confrontations, alors que des heurts avaient eu lieu dimanche dernier entre des supporteurs d’équipes de football marchant «contre le fascisme» et des soutiens de Bolsonaro qui circulaient dans les rues pour dénoncer le confinement.

Mêmes scènes à Brasília

À Brasília, plusieurs centaines de personnes ont marché dans la matinée contre le chef de l’État. «Tous pour la démocratie», «Contre le racisme et le fascisme» proclamaient des pancartes. «Recule fasciste, recule, le pouvoir du peuple est dans les rues», ont chanté les manifestants.

Parallèlement, un groupe plus restreint de manifestants favorables au président s’est également rassemblé dans la capitale. Les partisans du président d’extrême-droite, qui minimise l’épidémie de Covid-19, ont l’habitude de manifester le week-end, en présence du chef de l’État, pour demander la fin des restrictions et attaquer les représentants du Congrès et de la Cour suprême.

Le pays de 210 millions d’habitants a enregistré plus 670.000 cas de coronavirus et 35.900 morts, un nombre que bien des spécialistes considèrent comme largement sous-évalué, faute de tests en nombre suffisant.

Par Le Figaro avec AFP

 

Brésil/Coronavirus : Bolsonaro menace de quitter l’Organisation mondiale de la santé

juin 6, 2020

 

Le président brésilien accuse l’OMS de «parti pris idéologique».

Le président brésilien Jair Bolsonaro a menacé vendredi 5 juin de quitter l’Organisation mondiale de la santé (OMS) après que l’agence des nations unies a averti les gouvernements latino-américains du risque que représente la levée des mesures de confinement avant d’avoir réussi à ralentir la propagation de l’épidémie de coronavirus dans la région.

«Je vous le dis ici, les Etats-Unis sont partis de l’OMS, nous y songeons, à l’avenir (…). Soit l’OMS travaille sans parti pris idéologique, soit nous la quittons aussi. Nous n’avons pas besoin de gens de l’extérieur pour donner leur sentiment sur la santé ici», a-t-il déclaré à la presse à Brasilia. «Trump leur a retiré l’argent et ils sont revenus sur tout», a commenté Bolsonaro. «La chloroquine est de retour», a-t-il ajouté.

Jeudi, un nouveau record de décès a fait passer le Brésil devant l’Italie en terme de nombre de morts. Cependant, Bolsonaro continue de demander une levée rapide des mesures d’isolement ordonnées, affirmant que le coût économique de l’épidémie est supérieur aux risque sanitaire.

Dans un éditorial publié en une du journal de Sao Paulo, Folha, le quotidien soulignait que seulement 100 jours se sont écoulés depuis que Bolsonaro a décrit le virus qui «tue un brésilien par minute» comme «une légère grippe». «Tandis que vous lisiez cela, un brésilien est mort du coronavirus», déclare le journal.

Les deux pays les plus peuplés d’Amérique latine, le Brésil et le Mexique, voient leurs taux d’infections au coronavirus être bien supérieur à ceux des autres pays de la région.

Vendredi soir, le Brésil a fait état de 1005 morts supplémentaires et le Mexique en a recensé 625.

Par Le Figaro avec Reuters

Coronavirus/Brésil: «Désolé, certains vont mourir», dit Bolsonaro

mars 28, 2020
CORONAVIRUS/BRÉSIL: "DÉSOLÉ, CERTAINS VONT MOURIR", DIT BOLSONARO
© Reuters/UESLEI MARCELINO CORONAVIRUS/BRÉSIL: « DÉSOLÉ, CERTAINS VONT MOURIR », DIT BOLSONARO RIO DE JANEIRO/SAO PAULO (Reuters) –
Jair Bolsonaro a émis vendredi des doutes sur le nombre de décès liés au coronavirus à Sao Paulo et a accusé son gouverneur de manipuler les chiffres à des fins politiques, sans apporter de preuves, une nouvelle étape dans la querelle que se livrent sur la question le président brésilien et les élus locaux.

Le chef de l’Etat s’est attiré les foudres d’une grande partie de la classe politique en estimant qu’une paralysie de l’économie serait plus néfaste qu’un confinement généralisé visant à limiter la propagation de l’épidémie, qualifiant le coronavirus de « petite grippe ».

Suivant les recommandations des experts en santé publique, la grande majorité des 26 gouverneurs du pays ont interdit les activités commerciales et les services publics non-essentiels afin d’endiguer l’épidémie dans leurs Etats respectifs, notamment à Sao Paulo et Rio de Janeiro, quasiment à l’arrêt.

« Je suis désolé, certaines personnes vont mourir, c’est la vie », a déclaré Jair Bolsonaro lors d’un entretien télévisé vendredi soir. « Vous ne pouvez pas arrêter une usine automobile à cause des accidents routiers », a-t-il ajouté.

Le président d’extrême droite a dit que le bilan semblait « trop élevé » dans l’Etat de Sao Paulo, coeur économique du pays. « Nous devons regarder ce qu’il s’y passe, cela ne peut pas être un jeu chiffré pour favoriser des intérêts politiques », a-t-il poursuivi.

Sao Paulo a rapporté le bilan le plus élevé dans le pays, avec 1223 cas de contamination et 68 décès liés à l’épidémie.

PLUS DE 3400 CAS DANS LE PAYS, SELON LE MINISTÈRE DE LA SANTÉ

Plus tôt dans la journée, le gouverneur de Sao Paulo, Joao Doria, ancien allié de Bolsonaro qui devrait être son rival lors de l’élection présidentielle de 2022, a accusé le chef de l’Etat de propager une « désinformation » avec une campagne publicitaire télévisée critiquant les restrictions en vigueur.

Des alliés de Jair Bolsonaro ont partagé sur les réseaux sociaux cette publicité au slogan #LeBrésilNePeutPasS’Arrêter. « Pour le vendeur de quartier, pour les propriétaires de commerces dans les centre-villes, pour les employés de maison, pour des millions de Brésiliens, le Brésil ne peut pas s’arrêter », dit la publicité télévisée, montrant des salles de classe et des rues commerçantes bondées.

Selon deux personnes au fait de la question, cette campagne a été préparée sur demande des services du président sans consultation avec le ministère de la Santé, et a coûté environ 1 million de dollar.

Un représentant du ministère de la Santé a déclaré aux journalistes qu’il ne ferait aucun commentaire sur Bolsonaro et que les recommandations sur la distanciation sociale n’avaient pas changé.

Le gouvernement brésilien a interdit vendredi aux étrangers ne disposant pas d’un titre de résidence d’entrer dans le pays via ses aéroports afin d’éviter la propagation du virus. Émise par le ministère de la Justice et publiée au Journal officiel, cette interdiction prend effet lundi pour une durée de 30 jours.

Plus de 3400 cas de contamination ont été confirmés au Brésil, selon le dernier bilan communiqué vendredi par le ministère de la Santé, contre près de 1.900 cas lundi. Le nombre de décès s’est alourdi à 92.

La popularité de Bolsonaro a décliné depuis le début de la crise sanitaire, et de nombreuses personnes à travers le pays affichent chaque soir leur désaccord avec Bolsonaro depuis leurs fenêtres.

Avec Reuters par Pedro Fonseca et Marcelo Rochabrun

Le Brésil rappelle «tout» son personnel diplomatique du Venezuela

mars 5, 2020

 

Le gouvernement brésilien d’extrême droite a rappelé jeudi «tout» son personnel diplomatique du Venezuela et demandé à Caracas de retirer ses représentants au Brésil, a annoncé à l’AFP une source gouvernementale.

«Tout le personnel diplomatique brésilien a été rappelé. Il n’y aura plus personne au Venezuela», a déclaré cette source. Les deux pays entretiennent des relations tendues depuis l’arrivée au pouvoir du président brésilien Jair Bolsonaro début 2019. Selon la presse locale, le processus de retrait devrait prendre deux mois environ.

Mais cette mesure ne signifie pas pour autant une fermeture de l’ambassade, souligne cette source gouvernementale. «Le gouvernement brésilien est en train d’évaluer la façon dont l’assistance consulaire sera assurée», a-t-elle ajouté, en référence aux quelque 10.000 Brésiliens vivant au Venezuela qui pourraient se voir affectés.

Cette mesure intervient peu avant la visite du président Bolsonaro aux Etats-Unis, prévue samedi.

Par Le Figaro avec AFP

Transfert à Jérusalem de l’ambassade du Brésil: Netanyahu salue une décision « historique »

novembre 1, 2018

Jérusalem – Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a qualifié jeudi d' »historique » la décision confirmée le même jour par le président élu du Brésil Jair Bolsonaro de déplacer de Tel-Aviv à Jérusalem l’ambassade de son pays en Israël.

« Je félicite mon ami le président élu du Brésil Jair Bolsonaro pour son intention de déplacer l’ambassade brésilienne à Jérusalem, un pas historique, juste et enthousiasmant », a déclaré M. Netanyahu dans un communiqué.

M. Bolsonaro avait auparavant confirmé son intention sur Twitter.

« Comme nous l’avons déjà annoncé lors de la campagne, nous avons l’intention de transférer l’ambassade du Brésil de Tel-Aviv à Jérusalem », avait-il écrit. « Israël est un Etat souverain et nous devons respecter cela pleinement », avait-il ajouté.

Peu après ce tweet publié en portugais et en anglais, le président élu d’extrême droite a affirmé lors d’une conférence de presse qu’il ne pensait pas que cette annonce pourrait créer « un climat pesant » dans les relations entre le Brésil et le Proche-orient.

« Nous avons le plus grand respect pour le peuple d’Israël et pour le peuple arabe. Nous ne voulons créer de problèmes avec personne. Nous voulons faire du commerce avec tout le monde et rechercher des solutions pacifiques pour résoudre les problèmes », a-t-il déclaré.

Dans un entretien publié jeudi par le journal israélien Hayom, Jair Bolsonaro avait déjà estimé qu’Israël devrait être libre de choisir sa capitale.

– Après Trump –

La question de l’emplacement des ambassades en Israël est particulièrement sensible.

L’Etat hébreu considère toute la ville de Jérusalem comme sa capitale, alors que les Palestiniens aspirent à faire de Jérusalem-Est la capitale de leur futur Etat.

Pour la communauté internationale, le statut de la Ville sainte doit être négocié par les deux parties et les ambassades ne doivent pas s’y installer tant qu’un accord n’a pas été trouvé.

Le président américain Donald Trump a rompu en décembre 2017 avec des décennies de diplomatie américaine en reconnaissant Jérusalem comme capitale d’Israël. Le président palestinien Mahmoud Abbas a depuis coupé les ponts avec l’administration Trump.

Des médias brésiliens se sont inquiétés qu’un transfert de l’ambassade puisse provoquer des représailles commerciales de la part de pays arabes, grands importateurs de viande brésilienne de boeuf, agneau et poulet.

Le Brésil avait reconnu l’Etat de Palestine sous le président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010).

Mais Israël s’est félicité de l’accession au pouvoir de Bolsonaro. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a estimé que l’élection du candidat d’extrême droite conduirait à une « grande amitié entre (leurs) peuples et au renforcement des relations entre le Brésil et Israël ».

Le Premier ministre israélien assistera d’ailleurs « très probablement » à la cérémonie d’investiture de Bolsonaro à Brasilia au début janvier, a indiqué à l’AFP un responsable de son bureau.

L’ambassade des Etats-Unis a été transférée de Tel-Aviv à Jérusalem le 14 mai, avant que le Guatemala et le Paraguay n’annoncent vouloir emboîter le pas à Washington. Asuncion a depuis fait marche arrière en annonçant le retour de son ambassade à Tel-Aviv.

Romandie.com avec(©AFP / 01 novembre 2018 22h45)                                                        

Bolsonaro président, une ère de rupture s’ouvre pour le Brésil

octobre 29, 2018

Des partisans du candidat d’extrême droite célèbrent la victoire de Jair Bolsonaro à la présidentielle à Rio de Janeiro le 28 octobre 2018 / © AFP / Mauro Pimentel

La jeune démocratie brésilienne a basculé dans l’inconnu lundi au lendemain de l’élection de Jair Bolsonaro, son premier président d’extrême droite depuis la fin de la dictature, qui commençait à préparer la transition vers un régime de rupture.

Jair Bolsonaro, qui prendra ses fonctions le 1er janvier après sa victoire contre le candidat de gauche Fernando Haddad, n’a pas eu d’activité publique lundi, mais il a accordé une interview en soirée à la télévision Record où il a légèrement modéré son ton martial.

Il a en effet assuré, à propos du Venezuela dont il a souvent vertement dénoncé le régime chaviste, que le Brésil allait « toujours chercher la voie pacifique pour résoudre ce problème » qu’est « la dictature » de Nicolas Maduro.

Un article du quotidien Folha de Sao Paulo de lundi affirmait que la Colombie serait prête à donner son soutien au Brésil s’il aidait à « renverser Nicolas Maduro à travers une intervention militaire ». Le journal a cité un haut fonctionnaire à Bogota sous couvert d’anonymat, mais le gouvernement colombien a opposé un net démenti lundi soir dans un communiqué.

Présidentielle au Brésil : résultats par commune / © AFP / Dario INGIUSTO

Interrogé là-dessus, Jair Bolsonaro a dit qu’il n’avait pas abordé ce sujet dans sa « discussion protocolaire » avec le président colombien Ivan Duque.

Ses premiers discours — trois au soir de son élection — prononcés sur un ton martial et dans lesquels il n’a pas eu un mot pour son adversaire défait — auguraient d’un virage radical.

Bolsonaro veut une rupture par rapport à tout ce qui a été fait par sa bête noire, le Parti des travailleurs (PT), qui avait remporté les quatre dernières présidentielles et est jugé par des dizaines de millions de Brésilliens responsable des maux du pays.

La victoire de Jair Bolsonaro à la présidentielle en Une des journaux brésiliens le 29 octobre 2018 / © AFP / EVARISTO SA

Haddad, du PT, qui avait rompu avec tous les usages en n’appelant pas son adversaire au soir de sa victoire, a fini par lui souhaiter lundi « bonne chance » dans un tweet.

Bolsonaro va succéder, pour quatre ans, au conservateur Michel Temer, qui lui laissera les rênes d’un pays miné par la violence, le chômage et la corruption.

Jair Bolsonaro devrait se rendre à Brasilia la semaine prochaine pour s’entretenir avec M. Temer, si ses médecins l’y autorisent.

Jair Bolsonaro lors de son vote le 28 octobre 2018 à Rio de Janeiro / © POOL/AFP / RICARDO MORAES

Depuis l’attentat ayant failli lui coûter la vie le 6 septembre, Jair Bolsonaro, qui a subi des perforations de l’intestin, porte une poche de stomie. Il limite les sorties de son domicile et fuit la foule.

– « Changer le modèle économique » –

Le nouveau gouvernement « va changer le modèle économique du pays », a lancé dès dimanche soir Paulo Guedes, futur « super ministre » ultra-libéral, fustigeant le « modèle socio-démocrate » et évoquant les privatisations et la réforme des retraites qui s’annonce épineuse et extrêmement impopulaire.

Bolsonaro élu / © AFP / Aude GENET

Bolsonaro, qui avoue son incompétence en la matière, « devra remettre l’économie en mouvement le plus rapidement possible, car il n’aura une marge que de six mois, ou un an », dit Leandro Gabiati, directeur du cabinet de consultants Dominium, à Brasila.

La Bourse de Sao Paulo a accueilli avec prudence l’élection du candidat fraîchement converti à l’ultra-libéralisme, qu’elle avait déjà anticipée en engrangeant 10% en un mois.

Elle a même perdu 2,24% en clôture sur des prises de bénéfices après avoir ouvert en hausse de plus de 3%. Le réal est momentanément monté à 3,60 pour un dollar, au plus haut face à la devise américaine depuis avril, avant de retomber lui aussi en fin de séance.

Bolsonaro : ce qu’il veut faire / © AFP / Valentina BRESCHI

Les marchés sont dans l’expectative de mesures concrètes et rapides pour redresser une 8e économie mondiale chancelante.

Le président élu, qui n’a fait voter que deux lois en 27 ans de députation, arrive à la tête d’un pays de 208 millions d’habitants sans aucune expérience du pouvoir, comme ses futurs ministres.

Une fois installé dans le palais du Planalto à Brasilia, l’ancien capitaine aura aussi fort à faire pour recoller les morceaux d’un pays qui s’est fracturé profondément.

Haddad félicite Bolsonaro, président élu au Brésil, sur Twitter / © twitter/AFP / –

Les plus optimistes pensent que cet admirateur de la dictature militaire (1964-85) abandonnera sa rhétorique au vitriol une fois au pouvoir. Mais d’autres le voient gouverner d’une manière très idéologique et faire prendre un virage vertigineux au Brésil.

– « Consolider la démocratie  » –

Bolsonaro sera sous la surveillance de la communauté internationale. Il a déjà reçu lundi de l’Union européenne, qui lui a demandé de « consolider la démocratie », le signal qu’il serait sous le radar. A Paris, le président Emmanuel Macron lui a aussi rappelé la nécessité du « respect » des « principes démocratiques ».

Mais à Rome, Matteo Salvini, patron de l’extrême droite italienne et homme fort du gouvernement, s’est félicité qu' »au Brésil aussi les citoyens ont chassé la gauche! ». Steeve Bannon, ex-conseiller de la Maison blanche, s’est réjoui de l’arrivée au pouvoir d’un « leader populiste nationaliste ».

Le président américain Donald Trump avait téléphoné à Bolsonaro, qui l’admire, dès dimanche soir pour le féliciter, ce qu’a fait lundi le président russe Vladimir Poutine dans un communiqué. Lundi, Trump a souhaité dans un tweet « un rapprochement dans les domaines commercial et militaire » avec Brasilia.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu l’a invité en Israël. Bolsonaro veut, comme Trump en mai, faire le transfert hautement polémique de l’ambassade du Brésil de Tel-Aviv à Jérusalem.

Bolsonaro aura-t-il les moyens de mettre en oeuvre sa politique? « Il sera face au Congrès le plus fragmenté de l’Histoire », relève Gaspard Estrada, specialiste de l’Amérique latine à Sciences Po.

Le président « sera tenté de prendre des mesures très dures, sans passer par le Parlement », où il aura beaucoup de mal à former une majorité, dit M. Estrada, qui « craint des dérapages dès le début de son mandat ».

Romandie.com avec(©AFP / (30 octobre 2018 02h34)