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Khashoggi: le corps aurait été « dissous », la fiancée demande justice

novembre 2, 2018

Un manifestant tient un portrait du journaliste saoudien Jamal Khashoggi et une bougie à sa mémoire, devant le consulat saoudien à Istanbul le 25 octobre 2018 / © AFP / Yasin AKGUL

Un responsable turc a affirmé vendredi, un mois après le meurtre de Jamal Khashoggi au consulat saoudien à Istanbul, que son corps démembré avait été dissous alors que la fiancée du journaliste a appelé la communauté internationale à juger les coupables.

« Nous voyons à ce stade qu’ils ne se sont pas contentés de le démembrer, ils s’en sont débarrassé en le dissolvant », a déclaré au quotidien Hürriyet Yasin Aktay, conseiller du président Recep Tayyip Erdogan au sein de l’AKP, le parti au pouvoir.

« Selon les dernières informations dont nous disposons, la raison pour laquelle ils ont découpé le corps, c’est pour le dissoudre plus facilement », a-t-il ajouté.

Lors d’une conférence de presse à Washington jeudi, un porte-parole du Département d’Etat américain, Robert Palladino, a affirmé que « les restes de M. Khashoggi doivent être localisés et restitués à sa famille pour un enterrement approprié le plus tôt possible ».

L’éditorialiste Jamal Khashoggi, collaborateur du Washington Post, a été tué le 2 octobre dans le consulat saoudien d’Istanbul où il s’était rendu pour des démarches administratives en vue de son mariage avec une Turque, Hatice Cengiz.

– « une Arabie stable » –

Des manifestants protestent le 26 octobre 2018, devant l’ambassade saoudienne à Paris, contre le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi / © AFP / JACQUES DEMARTHON

Dans un communiqué publié mercredi, le parquet d’Istanbul a affirmé que « la victime a été démembrée » et que l' »on s’en est débarrassée », sans pourtant préciser comment.

Après les déclarations du parquet, un responsable turc anonyme a indiqué au Washington Post que les autorités examinaient une piste selon laquelle son corps aurait été dissous dans de l’acide au consulat ou dans la résidence du consul toute proche.

Après avoir d’abord affirmé que Khashoggi avait quitté le consulat peu après s’y être rendu, puis soutenu qu’il était mort dans une rixe, Ryad a fini par évoquer une « opération non autorisée » par le pouvoir.

« Aujourd’hui, je demande à la communauté internationale de prendre des mesures réelles, sérieuses et concrètes pour mettre au jour la vérité et traduire les responsables devant la justice », a écrit Mme Cengiz, sa fiancée turque, dans une tribune publiée dans plusieurs médias dont le quotidien français Le Monde.

Si plusieurs responsables et médias turcs ont directement incriminé le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dit MBS, Ryad s’efforce de le dédouaner en insistant sur le caractère « non autorisé » de l’opération.

L’affaire Khashoggi / © AFP / John SAEKI

Washington met en effet la pression sur Ryad pour que cette affaire soit élucidée, mais semble accorder le bénéfice du doute à MBS, un puissant allié de Washington au Moyen-Orient.

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a ainsi insisté jeudi sur le caractère « inacceptable » du meurtre du journaliste, tout en soulignant que les États-Unis avaient « l’intention de s’assurer que (leurs) relations (avec Ryad) restent intactes ».

Vendredi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dont le pays partage avec l’Arabie saoudite son implacable hostilité à l’Iran chiite, a souligné l’importance de la « stabilité » du royaume saoudien, tout en qualifiant d' »horrible » le meurtre de Khashoggi.

« Il est très important pour la stabilité du monde, pour la région et pour le monde, que l’Arabie saoudite reste stable », a-t-il dit lors d’une visite à Varna.

Selon des informations de presse, Washington compte en outre sur le prince ben Salmane pour promouvoir un plan de paix américain attendu au conflit israélo-palestinien et d’ores et déjà rejeté par les Palestiniens qui accusent les Etats-Unis de s’aligner sur les positions israéliennes.

Hommage à Khashoggi devant le consulat saoudien à Istanbul / © AFP /

Amnesty International a appelé vendredi les Etats membres de l’ONU « à mettre un terme à leur silence assourdissant face à l’Arabie saoudite », les exhortant à surveiller la « cruauté » du royaume après le meurtre de Khashoggi.

« L’épouvantable mort de Jamal Khashoggi a montré jusqu’où peuvent aller les autorités saoudiennes dans leur répression de toute opposition pacifique, une répression qui n’a fait que s’intensifier depuis que Mohammed ben Salmane est devenu prince héritier », a ajouté dans un communiqué la directrice des campagnes d’Amnesty International au Moyen-Orient, Samah Hadid.

A Londres, une rue longeant l’ambassade d’Arabie saoudite a été brièvement rebaptisée Khashoggi par des militants d’Amnesty International, à 13H14, l’heure exacte où le journaliste est entré dans le consulat de son pays en Turquie avant d’y être tué il y a un mois.

Les militants ont temporairement recouvert un panneau de stationnement de Curzon Street, dans le cœur de Londres, d’une plaque de rue similaire à une vraie mais portant l’inscription « Khashoggi Street » et le logo de l’organisation, une bougie entourée de barbelés.

Romandie.com avec(©AFP / (02 novembre 2018 18h43)

Khashoggi étranglé et démembré d’une manière préméditée, selon Ankara

octobre 31, 2018

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi à Manama au Bahreïn, le 15 décembre 2014 / © AFP/Archives / MOHAMMED AL-SHAIKH

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi a été tué par « strangulation » et son corps « démembré » au consulat de son pays à Istanbul d’une manière préméditée, a affirmé le parquet turc mercredi, Ankara regrettant un manque de coopération de Ryad dans l’enquête.

Parallèlement, le parti au pouvoir en Turquie, l’AKP, a estimé que le meurtre n’aurait pu être mené sans instructions de « haut niveau » de Ryad, qui a cherché à se dédouaner en affirmant que Khashoggi avait été tué lors d’une opération « non autorisée ».

Le parquet d’Istanbul a révélé des détails sur le meurtre, perpétré le 2 octobre, dans un communiqué publié quelques heures après le départ du procureur saoudien Saoud ben Abdallah Al-Muajab à l’issue d’une visite entamée dimanche en Turquie et qui n’a permis aucune avancée sur deux points clés de l’enquête: identifier les commanditaires du meurtre et ce qu’il est advenu du corps.

En annonçant que Khashoggi a été tué par strangulation et son corps démembré, le procureur d’Istanbul a confirmé pour la première fois des informations publiées depuis plusieurs semaines dans la presse turque sur les détails macabres du meurtre.

« Conformément à un plan prémédité, la victime Jamal Khashoggi a été étranglée à mort dès son entrée au consulat », a affirmé le procureur.

« Le corps de la victime a été démembré et on s’en est débarrassé suite à sa mort par strangulation, là encore conformément à un plan préparé d’avance », a-t-il ajouté.

– « Instructions de haut niveau » –

En insistant sur le caractère prémédité du meurtre et de la façon dont les tueurs se sont débarrassés du corps, le procureur démonte la version initiale des autorités saoudiennes selon laquelle Khashoggi a été tué lors d’un interrogatoire qui a mal tourné. Ryad a fini par admettre du bout des lèvres que le meurtre était prémédité mais seulement en se basant sur les éléments d’enquête fournis par les Turcs.

Avant la publication du communiqué du procureur, un haut responsable turc parlant sous couvert d’anonymat avait affirmé à l’AFP que les responsables saoudiens ne coopéraient pas « sincèrement » dans l’enquête.

L’affaire Khashoggi / © AFP / John SAEKI

Jamal Khashoggi, un éditorialiste saoudien collaborant notamment avec le Washington Post, a été tué par un commando saoudien dans le consulat de son pays à Istanbul après s’y être rendu pour des démarches administratives.

Son corps n’a pas été retrouvé depuis.

Le parquet s’est dit dans son communiqué « obligé » de révéler des éléments de l’enquête après avoir fait le constat que la visite à Istanbul du procureur général saoudien « n’a pas donné de résultat concret ».

Sous la pression internationale, Ryad avait reconnu, après plusieurs jours de dénégations, le meurtre du journaliste dans son consulat lors d’une opération « non autorisée », mais a avancé plusieurs versions contradictoires qui ont suscité le scepticisme.

Plusieurs responsables et médias turcs ont directement incriminé le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dit MBS, dans ce meurtre alors que Ryad s’efforce de le dédouaner en insistant sur le caractère « non autorisé » de l’opération.

« Qui a donné l’ordre? Il ne s’agit pas là d’une action qui aurait pu être menée sans des instructions de haut niveau », a martelé mercredi Omer Celik porte-parole de l’AKP, le parti au pouvoir en Turquie lors d’une conférence de presse à Ankara.

« Nous n’accusons personne mais nous ne tolérerons aucune opération de dissimulation et cela doit être clair », a-t-il ajouté.

– « Sauver MBS » –

Khashoggi: le procureur saoudien quitte le consulat d’Istanbul / © AFP / Celine Jankowiak

M. Celik en outre mis en doute les déclarations de Ryad affirmant ignorer où se trouve le corps du journaliste.

« Il est hors de question qu’ils n’en aient pas été informés », a-t-il dit, estimant que le consul saoudien à Istanbul, qui a regagné Ryad quelques jours après le meurtre, avait sans doute partagé cette information avec les autorités saoudiennes.

Des observateurs ont jugé les explications saoudiennes peu crédibles notamment en raison de la présence au sein du commando saoudien envoyé à Istanbul de plusieurs membres de services de sécurité directement rattachés au prince ben Salmane.

L’éditorialiste turc proche du pouvoir Abdülkadir Selvi a accusé mercredi dans le quotidien Hürriyet le procureur saoudien de travailler « pour sauver le prince héritier (saoudien) en manipulant cette enquête au lieu de faire la lumière sur ce meurtre ».

Commentant le déroulement de l’enquête, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a estimé mercredi que « le compte n’y est pas ».

« Aujourd’hui, même si les autorités saoudiennes ont reconnu qu’il y avait un meurtre, le compte n’y est pas. La vérité n’est pas au rendez-vous », a-t-il déclaré sur la radio RTL.

Romandie.com avec(©AFP / (31 octobre 2018 18h14)

Journaliste disparu: des enquêteurs américains travaillent avec Ankara et Ryad (Trump)

octobre 11, 2018

Washington – Donald Trump a indiqué jeudi que des enquêteurs américains travaillaient avec la Turquie et l’Arabie saoudite afin de faire la lumière sur la disparition du journaliste Jamal Khashoggi au consulat saoudien à Istanbul.

« On ne peut pas laisser cela arriver. Nous sommes très durs et nous avons des enquêteurs là-bas, et nous travaillons avec la Turquie et franchement nous travaillons avec l’Arabie saoudite », a déclaré le président américain dans un entretien téléphonique avec Fox.

« Nous allons étudier cela très, très sérieusement. Je n’aime pas cela du tout. Il n’y a pas de citoyens américains (impliqués), mais cela n’a pas d’importance dans ce cas. C’est un précédent terrible, terrible », a-t-il ajouté.

Interrogé sur le fait de savoir si la disparition suspecte de M. Khashoggi –exilé aux Etats-Unis depuis 2017 après être tombé en disgrâce à la cour du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane– pouvait mettre à mal les relations entre Washington et Ryad, Donald Trump a répondu qu’il fallait d’abord « trouver ce qui s'(était) passé ».

« Nous y sommes probablement plus proches que ce que vous pouvez penser », a-t-il précisé.

Le président américain avait déclaré mercredi s’être entretenu « au plus haut niveau » avec les Saoudiens, et ce « plus d’une fois », au sujet du journaliste saoudien, collaborateur du Washington Post.

Romandie.com avec(©AFP / 11 octobre 2018 13h26)                                                        

Khashoggi: Londres menace Ryad de « conséquences » si les accusations sont fondées

octobre 11, 2018

Londres – Le ministre des Affaires étrangères britannique a prévenu jeudi les autorités saoudiennes qu’elles s’exposeraient à de « graves conséquences » en cas de responsabilité dans la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

L’éditorialiste critique du pouvoir de Ryad et collaborateur du Washington Post n’a plus donné de signe de vie depuis son entrée le 2 octobre au consulat de son pays à Istanbul, où il s’était rendu pour obtenir un document en vue de son mariage avec une Turque.

Des responsables turcs ont affirmé samedi que, selon les premiers éléments de l’enquête, M. Khashoggi a été assassiné à l’intérieur du consulat.

« Si ces allégations sont vraies, il y aura de graves conséquences car notre amitié et nos partenariats sont fondés sur des valeurs communes », a déclaré Jeremy Hunt à l’AFP.

« Si les Saoudiens veulent parvenir à une conclusion satisfaisante (dans cette affaire), nous devons trouver M. Khashoggi. Ils disent que ces accusations ne sont pas vraies, alors où est M. Khashoggi? », a poursuivi le ministre.

Ankara affirme que Jamal Khashoggi n’est jamais ressorti du bâtiment, mais Ryad assure le contraire.

« Nous sommes extrêmement inquiets », a déclaré Jeremy Hunt, expliquant avoir transmis sa « vive préoccupation » à l’ambassadeur saoudien à Londres et au ministre des Affaires étrangères saoudien.

« Les gens qui se considèrent comme les amis de longue date de l’Arabie saoudite estiment qu’il s’agit d’un sujet très très grave », a-t-il déclaré, faisant notamment référence aux Etats-Unis qui ont demandé des explications à Ryad.

Le président américain a déclaré mercredi s’être entretenu « au plus haut niveau » avec les Saoudiens, et ce « plus d’une fois », au sujet du journaliste.

« Nous sommes très déçus de voir ce qui se passe. Nous n’aimons pas ça » et « nous voulons savoir ce qui se passe là-bas », a assuré Donald Trump.

Selon le Washington Post, les services de renseignement américains avaient connaissance d’un projet saoudien, impliquant le prince héritier Mohammed Ben Salmane, consistant à attirer le journaliste de 59 ans dans un piège pour l’arrêter.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a averti jeudi que son pays ne resterait pas silencieux au sujet de cette disparition.

Romandie.com avec(©AFP / 11 octobre 2018 12h49)                                                        

Journaliste saoudien disparu à Istanbul: une télévision diffuse des images de vidéosurveillance

octobre 10, 2018

Manifestation en faveur du journaliste saoudien Jamal Hashoggi, devant le consulat saoudien à Istanbul, le 5 octobre 2018. / © AFP/Archives / OZAN KOSE

Des éléments accréditant la thèse de la disparition forcée ou de l’assassinat d’un journaliste saoudien à Istanbul par des agents de son pays ont été révélés par les médias turcs mercredi, alors que sa fiancée demande l’aide de Donald Trump.

Des télévisions turques ont diffusé des images de vidéosurveillance montrant notamment l’entrée au consulat saoudien d’Istanbul du journaliste Jamal Khashoggi et de l’équipe soupçonnée d’être responsable de sa disparition.

M. Khashoggi, un journaliste critique du pouvoir de Ryad qui écrivait notamment pour le Washington Post, s’est rendu au consulat le 2 octobre, sur rendez-vous, pour des démarches administratives.

Selon la police turque, il n’en est jamais ressorti, mais Ryad affirme le contraire.

Sur les images, M. Khashoggi apparaît, entrant dans le consulat à 13h14. Un van noir est visible, garé à proximité.

D’autres images montrent un van entrer dans le consulat puis en ressortir et se rendre à 15h08, selon la chaîne 24 TV, à la résidence du consul toute proche.

Des sources turques, citant l’enquête en cours, ont affirmé durant le weekend que M. Khashoggi avait été assassiné dans le consulat. Mais certains médias ont évoqué mardi la possibilité qu’il ait été enlevé et emmené en Arabie saoudite.

Ryad a fermement démenti la thèse de l’assassinat.

Le Washington Post a affirmé, citant une source informée, que les services de renseignement américains avaient intercepté avant la disparition de M. Khashoggi des communications entre responsables saoudiens évoquant son enlèvement.

Journaliste saoudien disparu / © AFP / Thomas SAINT-CRICQ

– « Equipe d’assassinat » –

La police turque avait révélé samedi qu’un groupe de 15 Saoudiens avait fait l’aller et retour à Istanbul et au consulat le jour de la disparition du journaliste.

24 TV et d’autres chaînes ont aussi diffusé des images qu’elles affirment être celles des membres de ce groupe arrivant à l’aéroport d’Istanbul puis à leur hôtel. Selon ces sources, ils ont quitté l’hôtel dans la matinée pour se rendre au consulat puis sont repartis dans la soirée.

Le quotidien progouvernemental Sabah avait révélé mardi que deux avions privés étaient arrivés d’Arabie saoudite à Istanbul ce jour-là et que les personnes à leur bord avaient des chambres réservées dans des hôtels proches du consulat mais qu’ils n’y avaient pas passé la nuit.

Mercredi, le même journal a publié les noms, l’âge et les photographies de quinze hommes présentés comme l' »équipe d’assassinat » dépêchée par Ryad.

Le nom de l’une de ces personnes, Salah Muhammed Al-Tubaigy, correspond à celui d’un lieutenant-colonel du département de la médecine légale saoudien.

Les autorités turques ont obtenu mardi l’autorisation de fouiller le consulat saoudien, mais cette fouille n’a pas encore eu lieu.

La fiancée du journaliste a demandé mardi dans le Washington Post l’aide du président américain Donald Trump pour « faire la lumière » sur cette affaire.

L’opposition exhorte Ankara à élucider l’affaire Khashoggi / © AFP / Kadir Demir

« J’implore le président Trump et la Première dame Melania Trump d’aider à faire la lumière sur la disparition de Jamal », a écrit Hatice Cengiz dans une tribune publiée par le quotidien auquel collabore M. Khashoggi.

– « Moi, je parle » –

Le Saoudien s’était exilé en 2017 aux États-Unis, après être tombé en disgrâce à la cour du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, surnommé « MBS ».

Dans une interview réalisée par la BBC trois jours avant sa disparition, M. Khashoggi a affirmé qu’il n’avait pas l’intention de revenir dans son pays.

« Lorsque j’entends parler de l’arrestation d’un ami qui n’a rien fait qui mérite une arrestation, cela me fait penser que je ne dois pas y aller. Moi, je parle, cet ami à moi ne parlait même pas », a-t-il dit pour expliquer sa décision.

Au moment où la pression monte sur l’administration américaine pour intervenir sur ce dossier auprès de son allié saoudien, le ministre américain de la Défense Jim Mattis a assuré mardi que les Etats-Unis « suivent de très près la situation ».

M. Trump s’était dit « préoccupé » lundi par le sort de M. Khashoggi en relevant que « de mauvaises histoires circulent » à son sujet.

Déplorant une réaction américaine tardive et timorée, Sarah Margon, de l’organisation Human Rights Watch, estime que Washington « dispose des outils pour répondre rapidement, c’est une question de volonté politique ».

Romandie.com avec(©AFP / (10 octobre 2018 13h14)

Journaliste saoudien disparu en Turquie: la police évoque un assassinat, Erdogan attend l’enquête

octobre 7, 2018

Le portrait du journaliste disparu Jamal Khashoggi lors d’une manifestation devant le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, 5 octobre 2018 en Turquie / © AFP / OZAN KOSE

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé dimanche attendre toujours les résultats de l’enquête sur la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, après que plusieurs sources ont affirmé qu’il avait été tué au consulat de son pays à Istanbul, ce que Ryad a démenti.

La police turque estime que Jamal Khashoggi, porté disparu depuis mardi, a été tué au consulat saoudien à Istanbul, ont affirmé samedi soir des responsables turcs parlant sous couvert d’anonymat.

Mais M. Erdogan s’est gardé de donner du crédit aux informations sur l’assassinat de ce journaliste de renom, critique du pouvoir de Ryad et qui travaillait notamment pour le quotidien américain Washington Post.

Commentant pour la première fois sa disparition, le président turc a affirmé attendre le résultat de l’enquête en cours avant de se prononcer.

« Je suis le sujet et quel que soit le résultat (de l’enquête), nous le communiquerons au monde », a déclaré M. Erdogan à des journalistes. « Nous espérons avoir des résultats très rapidement ». « J’attends encore avec bon espoir », a-t-il poursuivi. « Si Dieu le veut, nous ne serons pas confrontés à ce que nous ne souhaitons pas ».

Les sources turques ayant rapporté la thèse de l’assassinat privilégiée par la police ont affirmé que l’opération avait été menée par un groupe composé de 15 personnes qui se sont rendues au consulat après être arrivées à Istanbul le même jour.

Istanbul / © AFP / Thomas SAINT-CRICQ

Jamal Khashoggi, qui avait pris un rendez-vous, s’y trouvait alors pour effectuer une démarche administrative en vue de son prochain mariage avec une Turque.

Il n’a jamais quitté le consulat, ont affirmé samedi soir des sources policières turques.

– « Ils savaient quand il serait » au consulat –

Le consulat saoudien a démenti sur son compte Twitter les informations « dénuées de fondement » selon lesquelles le journaliste y aurait été tué.

La Yéménite Tawakkol Karman, Prix Nobel de la Paix en 2011, tient un portrait du journaliste disparu Jamal Khashoggi lors d’une manifestation devant le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, 5 octobre 2018 en Turquie / © AFP / OZAN KOSE

Il a affirmé qu’une équipe d’enquêteurs saoudiens se trouvait depuis samedi soir en Turquie pour participer à l’enquête.

« J’attends une confirmation officielle du gouvernement turc pour y croire », a réagi sur Twitter la fiancée du journaliste, Hatice Cengiz.

Ryad assure que Jamal Khashoggi a quitté le consulat après y avoir effectué des démarches mardi.

Dans un entretien vendredi à l’agence Bloomberg, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a affirmé que Jamal Khashoggi était effectivement « entré » au consulat mais qu’il en était sorti peu après. Il a invité les autorités turques à « fouiller » le consulat. « Nous n’avons rien à cacher », a-t-il dit.

M. Khashoggi s’est exilé aux Etats-Unis l’année dernière, redoutant une arrestation après avoir critiqué certaines décisions de Mohammed ben Salmane et l’intervention militaire de Ryad au Yémen.

Le portrait du journaliste disparu Jamal Khashoggi lors d’une manifestation devant le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, 5 octobre 2018 en Turquie / © AFP / OZAN KOSE

« Il est allé au consulat avec un rendez-vous, donc ils savaient quand il y serait », explique à l’AFP un proche du journaliste, Yasin Aktay, également une figure du Parti de la Justice et du Développement (AKP, au pouvoir).

« Il avait appelé le consulat un peu avant d’y aller pour voir si ses documents étaient prêts, ils lui ont dit +oui, c’est prêt, vous pouvez venir+ », poursuit-il.

– « Acte monstrueux » –

« Si les informations sur l’assassinat de Jamal sont vraies, c’est un acte monstrueux et incompréhensible », a déclaré dans un communiqué Fred Hiatt, directeur de la rubrique opinion du Washington Post.

« Jamal était – ou, comme nous l’espérons, est – un journaliste courageux et engagé. Il écrit par amour pour son pays, et une foi profonde dans la dignité humaine et la liberté », poursuit M. Hiatt.

Turquie: le journaliste Khashoggi a été tué au consulat (police) / © AFP / Clotilde Gourlet

Le département d’Etat américain a indiqué samedi n’être « pas en mesure de confirmer » le sort de Jamal Khashoggi mais suivre « la situation de près ».

« Comme d’autres membres de la communauté internationale, nous avons demandé et nous attendons des éclaircissements des autorités saoudiennes sur le sort de M. Khashoggi », a déclaré un porte-parole de la Commission européenne.

Paris « suit la situation avec la plus grande attention », souligne-t-on au ministère français des Affaires étrangères, sans autre commentaire.

Ryad promeut une campagne de modernisation depuis que Mohammed ben Salmane a été désigné héritier du trône en 2017. Mais la répression contre les dissidents, avec des arrestations de religieux, de personnalités libérales et aussi de militantes féministes s’est accentuée depuis.

M. Khashoggi, 59 ans, est l’un des rares journalistes saoudiens en vue à élever la voix contre cette répression.

En septembre 2017, il avait annoncé avoir été interdit de contribution dans le quotidien Al-Hayat, propriété du prince saoudien Khaled ben Sultan al-Saoud. M. Khashoggi avait alors reconnu avoir défendu les Frères musulmans, classés par Ryad comme « organisation terroriste ». La Turquie, elle, est considérée comme l’un de leurs principaux soutiens.

Romandie.com avec(©AFP / (07 octobre 2018 18h22)

La police turque estime que le journaliste Khashoggi a été tué au consulat saoudien

octobre 6, 2018

La Yéménite Tawakkol Karman, Prix Nobel de la Paix en 2011, montre un portrait du journaliste disparu Jamal Khashoggi lors d’une manifestation devant le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, 5 octobre 2018. / © AFP / OZAN KOSE

La police turque estime que le journaliste saoudien Jamal Khashoggi, porté disparu depuis mardi à Istanbul, a été tué au consulat de son pays, a indiqué à l’AFP une source proche du gouvernement.

« La police estime dans ses premières conclusions que le journaliste a été tué au consulat par une équipe venue spécialement à Istanbul et repartie dans la même journée », a déclaré cette source.

La police turque avait affirmé un peu plus tôt qu’un groupe de 15 Saoudiens avait fait mardi l’aller-retour à Istanbul et se trouvait au consulat en même temps que Jamal Khashoggi, et que ce dernier n’a jamais quitté la représentation diplomatique.

La police, citée par l’agence étatique turque Anadolu, ajoutait que M. Khashoggi « n’est plus ressorti » de la représentation diplomatique après y être entré pour effectuer une démarche administrative.

L’agence de presse officielle saoudienne SPA dimanche, a rapporté qu’un responsable anonyme du consulat d’Arabie saoudite avait démenti les informations selon lesquelles le journaliste aurait été tué.

« Le responsable a démenti avec force ces accusations sans fondement », selon SPA. L’agence a ajouté qu’une équipe d’enquêteurs saoudiens se trouvait en Turquie et travaillait avec les autorités locales.

« Je ne crois pas qu’il ait été tué », a réagi auparavant sur Twitter la fiancée turque du journaliste, Hatice Cengiz.

Ryad assure que Jamal Khashoggi, un critique du pouvoir de Ryad écrivant notamment pour le Washington Post, a quitté le consulat après y avoir effectué ces démarches mardi.

« D’après ce que j’ai compris, il est entré et est ressorti après quelques minutes ou une heure. Je ne suis pas sûr », a déclaré dans un entretien à l’agence Bloomberg publié vendredi le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, surnommé « MBS ».

« Nous sommes prêts à permettre au gouvernement turc de venir fouiller nos locaux », a-t-il dit, ajoutant être « très soucieux de savoir ce qui lui est arrivé ». Ces lieux sont sous souveraineté saoudienne, mais « nous les laisserons entrer et chercher et faire ce qu’ils veulent. (…) Nous n’avons rien à cacher ».

M. Khashoggi s’est exilé aux Etats-Unis l’année dernière par crainte d’une arrestation, après avoir critiqué certaines décisions de Mohammed ben Salmane et l’intervention militaire de Ryad au Yémen.

Selon sa fiancée, il s’était rendu au consulat pour effectuer des démarches en vue de leur prochain mariage.

L’ambassadeur saoudien à Ankara a été convoqué par le ministère turc des Affaires étrangères mercredi au sujet de la disparition de Jamal Khashoggi.

Le procureur général d’Istanbul a annoncé samedi qu’une enquête judiciaire avait été ouverte pour faire la lumière sur cette affaire.

– « Farouchement indépendant » –

A New York, le Comité de protection des journalistes (CPJ) a exprimé son inquiétude et a pressé Ryad de s’expliquer.

« Le CPJ est alarmé par les informations de presse selon lesquelles Jamal Khashoggi pourrait avoir été tué à l’intérieur du consulat d’Arabie saoudite à Istanbul », a écrit dans un communiqué le directeur exécutif adjoint du CPJ, Robert Mahoney.

« Les autorité saoudiennes doivent donner immédiatement un compte rendu complet et crédible de ce qui est arrivé à Khashoggi dans leur mission diplomatique », a ajouté l’organisation.

Pour Reporters sans Frontières (RSF), qui a réagi sur Twitter, si les informations selon lequel Khashoggi aurait été tué étaient confirmées, « cela constituerait une attaque horrible, totalement déplorable et absolument inacceptable contre la liberté de la presse ».

Avant la publication des informations évoquant l’éventualité de la mort du journaliste, les organisations de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International ont toutes les deux mis en garde Ryad, affirmant que l’éventuelle détention du journaliste constituerait un cas de « disparition forcée ».

En signe de soutien, le Washington Post a décidé de laisser vide l’espace qui aurait dû être occupé par la tribune de M. Khashoggi dans son édition de vendredi.

Dans une tribune publiée sur Al-Jazeera en anglais, le journaliste et analyste Bill Law affirme connaître M. Khashoggi depuis 16 ans et le décrit comme « un journaliste brillant, doté d’un esprit farouchement indépendant mais d’un pragmatisme suffisant pour savoir jusqu’où il peut s’approcher des lignes rouges ». Une voix « que le prince héritier saoudien devrait écouter », ajoute-t-il.

L’Arabie saoudite figure à la 169e place sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF).

Ryad promeut une campagne de modernisation depuis que le prince Mohammed ben Salmane a été désigné héritier du trône en 2017. Mais la répression contre les dissidents, avec des arrestations de religieux, de personnalités libérales et aussi de militantes féministes s’est accentuée depuis.

M. Khashoggi, 59 ans, est l’un des rares journalistes saoudiens en vue à élever la voix contre cette répression.

Le 6 mars, il s’interrogeait dans un éditorial cosigné avec Robert Lacey dans le quotidien britannique The Guardian.

MBS, disait cet éditorial, « semble faire bouger le pays d’un extrémisme religieux d’une autre époque vers son propre extrémisme +Vous devez accepter mes réformes+, sans aucune consultation et avec des arrestations et des disparitions de ses détracteurs. Son programme ignore-t-il la plus importante des réformes, la démocratie ? »

Romandie.com avec(©AFP / (07 octobre 2018 05h38)

Un journaliste saoudien critique de Ryad porté disparu à Istanbul

octobre 3, 2018

La fiancée turque de Jamal Khashoggi et ses amis attendent le 3 octobre 2018 devant le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, où il a été vu pour la dernière fois / © AFP / OZAN KOSE

Un journaliste saoudien critique du pouvoir à Ryad était mercredi porté disparu depuis plus de 24 heures à Istanbul après s’être rendu au consulat de son pays.

Rédacteur d’articles d’opinion pour le Washington Post notamment, Jamal Khashoggi, 59 ans, n’a pas été vu depuis qu’il est entré au consulat mardi vers 10H00 GMT.

« Nous avons été dans l’incapacité de joindre Jamal aujourd’hui et nous sommes très inquiets de savoir où il pourrait se trouver », a indiqué dans un communiqué le rédacteur en chef de la rubrique opinion du Washington Post, Eli Lopez.

« Nous surveillons la situation de près et essayons de réunir des informations. Ce serait injuste et scandaleux qu’il soit détenu en raison de son travail de journaliste et de commentateur », a-t-il déclaré.

La fiancée turque de M. Khashoggi campait depuis mercredi matin devant le consulat saoudien à Istanbul en quête de nouvelles au lendemain de sa disparition.

« Je n’ai reçu aucune nouvelle de lui depuis 13 heures (10H00 GMT) hier. Nous voulons savoir où il se trouve », a déclaré à l’AFP la fiancée, Hatice A., qui ne souhaite pas donner son nom de famille.

« Nous voulons le voir sortir sain et sauf », a-t-elle ajouté.

Un ami de M. Khashoggi, Turan Kislakçi, à la tête d’une association turco-arabe de journalistes, a dit avoir contacté les autorités turques qui lui ont affirmé qu’elles « suivent l’affaire de près ».

« Nous sommes certains que Jamal est détenu à l’intérieur, sauf si le consulat a un tunnel », a-t-il déclaré à l’AFP.

– Silence des autorités turques –

Hatice A. a appelé le ministre turc des Affaires étrangères à contacter l’ambassadeur saoudien en Turquie pour s’enquérir du sort de M. Khashoggi, journaliste chevronné devenu critique du pouvoir saoudien ces derniers mois alors qu’il était auparavant considéré comme proche du gouvernement.

Selon elle, M. Khashoggi s’était rendu au consulat pour effectuer des démarches administratives en vue de leur mariage, mais n’en est jamais ressorti.

« Il voulait obtenir un document saoudien certifiant qu’il n’était pas déjà marié », a-t-elle expliqué.

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi, le 15 décembre 2014 à Manama / © AFP/Archives / MOHAMMED AL-SHAIKH

Aucune réaction à cette disparition n’a pu être obtenue auprès des autorités turques ni auprès du consulat ou de l’ambassade d’Arabie saoudite en Turquie.

M. Khashoggi s’est exilé aux Etats-Unis l’année dernière par crainte d’une possible arrestation, après avoir critiqué certaines décisions du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et l’intervention militaire de Ryad au Yémen.

Le département d’Etat américain a indiqué qu’il cherchait à en savoir davantage sur son sort.

Dans un article écrit pour le Washington Post en septembre 2017, M. Khashoggi écrivait: « Quand je parle de peur, d’intimidation, d’arrestations et de dénonciations publiques des intellectuels et des chefs religieux qui osent donner leur avis et que je vous dis que je viens d’Arabie saoudite, êtes-vous surpris? »

– Modernisation et répression –

Le même mois, M. Khashoggi avait annoncé avoir été interdit de contribution dans le quotidien Al-Hayat, propriété du prince saoudien Khaled ben Sultan al-Saoud. M. Khashoggi avait alors reconnu avoir défendu les Frères musulmans, ce qui ne semble pas avoir plu à son employeur.

Si les autorités saoudiennes ont classé les Frères musulmans comme « organisation terroriste », la Turquie est quant à elle considérée comme l’un de leurs principaux soutiens.

Le hashtag « enlèvement de jamalkhoshoggi » est l’un des plus partagés en arabe sur Twitter depuis mardi soir.

L’Arabie saoudite figure à la 169e place sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF. Ryad promeut une campagne de modernisation depuis que le prince Mohammed ben Salmane a été désigné héritier du trône en 2017.

Mais la répression contre les dissidents, avec des arrestations de religieux, de personnalités libérales et aussi de militantes de la cause des femmes, s’est accentuée depuis.

M. Khashoggi est l’un de rares journalistes saoudiens en vue à élever la voix contre cette répression. Dans l’un de ses derniers tweets, il avait ainsi critiqué le procès intenté à un économiste saoudien de renom, Essam Al-Zamel, après son arrestation par les autorités saoudiennes.

Romandie.com avec(©AFP / (03 octobre 2018 15h07)