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Vaccin Moderna : l’agent contaminant serait une particule métallique

août 29, 2021

Officiellement, la source de contamination des lots de vaccins Moderna livrés au Japon et suspendus par précaution reste inconnue. Mais des informations dans les médias japonais témoignent que le ministère de la Santé japonais est sur une piste et progresse dans l’identification de la substance étrangère.

La découverte de ces lots contaminés est un nouveau revers dans la campagne de vaccination pour le Japon alors qu'il lutte pour persuader de nombreuses personnes - en particulier les plus jeunes - de se faire vacciner.
La découverte de ces lots contaminés est un nouveau revers dans la campagne de vaccination pour le Japon alors qu’il lutte pour persuader de nombreuses personnes – en particulier les plus jeunes – de se faire vacciner. (Crédits : Reuters)

Selon la chaîne télévision japonaise NHK citant des sources du ministère de la Santé, la substance étrangère découverte dans des lots de vaccins Covid-19 de Moderna livrés au Japon et qui a justifié la suspension par les autorités de la vaccination avec les doses suspectes, serait une particule métallique.

Jeudi dernier, les responsables du ministère ont prévenu les 863 sites de vaccination répartis dans tout le pays de cesser l’utilisation des quelque 1,63 million de doses en provenance du sous-traitant européen Rovi, dont l’usine est située en Espagne.

Cette décision est intervenue plus d’une semaine après que le distributeur national, Takeda Pharmaceutical, ait reçu des informations faisant état d’une contamination de certains flacons.

La substance étrangère serait une particule métallique

Un responsable du ministère de la Santé a déclaré que l’identité de l’agent contaminant n’avait pas été confirmée. Mais la NHK a rapporté que selon ses sources du ministère de Santé, la particule avait réagi à la présence d’aimants et était donc soupçonnée d’être un métal.

La nouvelle pourrait constituer un nouveau revers pour la campagne de vaccination -très en retard- du Japon alors qu’il lutte pour persuader de nombreuses personnes – en particulier les plus jeunes – de se faire vacciner.

Le ministère avait déclaré que la suspension des lots Moderna était une précaution. Le ministère de la Santé affirmait que ces substances étrangères n’ont été découvertes pour l’instant que dans des flacons faisant partie du lot 3004667, mais les flacons de deux autres lots provenant de la même chaîne de production et fabriqués à la même période ont par précaution également été mis de côté.

Annulations de vaccinations et retard accru du programme

Cependant, cette décision a incité plusieurs entreprises japonaises à annuler les vaccinations des travailleurs et le régulateur européen des médicaments, l’EMA, à lancer une enquête.

Il était prévisible que l’affaire n’en reste pas là car, dimanche, deux préfectures japonaises ont déclaré avoir découvert de nouveaux lots contaminés et suspendu la vaccination avec les doses suspectes.

Le sous-traitant espagnol Rovi enquête dans son usine

La société pharmaceutique espagnole Rovi, qui embouteille les vaccins Moderna pour des marchés autres que les États-Unis, a déclaré que la contamination pourrait être due à un problème de fabrication dans une de ses lignes de production.

Un autre responsable a déclaré qu’il faudrait un certain temps pour confirmer combien d’injections du lot contaminé avaient déjà été administrées au Japon.

Jusqu’à présent, environ 54% de la population japonaise a reçu au moins une dose, selon un traqueur de vaccins de Reuters.

Pas de particules aimantées dans les vaccins ?

L’affaire est intéressante à plus d’un titre et s’il y a un enjeu sanitaire, il semble qu’il y ait aussi l’enjeu d’une curiosité scientifique à élucider car elle fait courir bien des imaginations sur les réseaux sociaux (TikTok et Instagram notamment), à en croire le quotidien français Le Figaro qui titrait le 1er juin dernier: « Non, les vaccins anti-covid ne contiennent pas de particules aimantées ». Dans cet article, Julien Bobroff, physicien et professeur des universités à Paris-Saclay, un physicien appelé à la rescousse, explique que les vaccins ne peuvent contenir des particules aimantées. Le Figaro cite aussi un autre physicien, Eric Palm, qui explique dans une animation vidéo sur le site de la BBC: « Non, votre injection n’est pas magnétique ».

Dans le même ordre d’idées (ou de « théories »), LCI explique qu’on ne trouve pas plus de nanoparticules dans les vaccins (en l’occurrence Pfizer). 

L’aluminium ne réagit pas à un aimant

En revanche, depuis près d’un siècle, certains vaccins contiennent des sels d’aluminium (hydroxyde d’aluminium, phosphate d’aluminium, et sulfate de potassium et d’aluminium), utilisés comme adjuvants afin d’améliorer la réponse immunitaire. L’aluminium suscite bien des polémiques depuis des années, mais il n’est semble-t-il pas en cause dans cette affaire semble-t-il puisque jusqu’à plus ample informé, l’aluminium ne réagit pas à un aimant. 
De fait, il faut attendre les résultats de l’EMA et de l’enquête japonaise sur cet agent contaminant métallique.

Avec Reuters par

Jérôme Cristiani

Jérôme Cristiani

Moderna retire 1,63 million de doses au Japon à cause d’une anomalie

août 27, 2021
PHOTO EUGENE HOSHIKO, ASSOCIATED PRESSLe groupe pharmaceutique japonais Takeda, qui importe et distribue dans l’archipel nippon le vaccin du groupe américain Moderna, a déclaré dans un communiqué avoir reçu « des signalements de plusieurs centres de vaccination, selon lesquels des corps étrangers ont été découverts » dans des fioles de vaccin scellées.

(Tokyo et Madrid) Le Japon a annoncé jeudi suspendre l’utilisation de 1,63 million de doses du vaccin Moderna contre le coronavirus, après des signalements de la présence d’impuretés dans certaines fioles de ce produit.

Le groupe pharmaceutique japonais Takeda, qui importe et distribue dans l’archipel nippon le vaccin de ce groupe américain, a déclaré dans un communiqué avoir reçu « des signalements de plusieurs centres de vaccination, selon lesquels des corps étrangers ont été découverts » dans des fioles de vaccin scellées.

« Après consultation avec le ministère de la Santé, nous avons décidé de suspendre l’utilisation » de tous les vaccins issus de trois lots à compter de jeudi, soit 1,63 million de doses au total, a ajouté Takeda.

De son côté, Moderna « enquête sur ces signalements et s’engage à travailler sans tarder avec son partenaire Takeda et les autorités réglementaires pour y répondre », d’après un communiqué séparé.

Cette compagnie américaine suppose que le problème provient d’une ligne de production de son sous-traitant en Espagne, Rovi, qui produit ses vaccins contre la COVID-19 pour les marchés hors États-Unis.

« À ce jour, aucun problème de sécurité ou d’efficacité n’a été identifié », a ajouté Moderna, sans préciser la nature des contaminants.

Seulement un lot affecté

Le ministère espagnol de la Santé a indiqué à l’AFP que « les données disponibles montrent qu’il n’y aurait pas d’autres lots » affectés par ces anomalies, et que les lots déjà identifiés « n’ont été distribués dans aucun autre pays

De son côté, la société Rovi a signalé qu’une enquête était « en cours », dans un communiqué, alors que son titre plongeait de -13,38 % jeudi à la clôture de la bourse de Madrid.

La présence de contaminants a été constatée dans 39 fioles scellées de vaccins, dans huit centres de vaccination différents au Japon, y compris à Tokyo, selon la chaîne de télévision publique japonaise NHK.

Ces fioles provenaient toutes d’un seul des trois lots retirés de la distribution au Japon. L’utilisation des deux autres lots a été arrêtée par mesure de précaution, a expliqué jeudi le porte-parole du gouvernement Katsunobu Kato.

« Pour l’heure, rien n’indique que des doses contenant ces contaminants aient été administrées », a-t-il ajouté au cours d’un point de presse régulier.

Par conséquent, « nous n’avons pas eu de remontées d’informations » sur d’éventuels dommages sur la santé liés à l’injection de telles doses suspectes, a ajouté M. Kato.

Avant de préparer et d’administrer des doses, le personnel médical inspecte par ailleurs les fioles à l’œil nu, a de son côté précisé le ministère nippon de la Défense, qui gère des centres de vaccination de masse.

Le ministère de la Santé va coopérer avec Takeda pour distribuer des doses alternatives, afin d’éviter une interruption du programme national de vaccination qui accélère depuis quelques mois, après un lent démarrage.

Environ 43 % de la population du Japon est totalement vaccinée. Mais cela n’empêche pas ce pays de se débattre actuellement avec des niveaux record d’infections quotidiennes, du fait notamment du variant Delta, plus résistant et plus contagieux.

La majeure partie de l’archipel est désormais concernée par des restrictions contre la COVID-19, mais celles-ci demeurent limitées et leur efficacité douteuse, les moyens coercitifs du gouvernement pour les imposer étant restreints.

Avec AP

Prix scientifique : Francine Ntoumi représentera le Congo au Japon

août 7, 2021

Le ministre de la Santé et de la Population, Gilbert Mokoki, a annoncé le 5 août que la responsable de la Fondation congolaise pour la recherche médicale, la Pr. Francine Ntoumi, représentera le Congo au prix scientifique du Japon, lors de sa visite guidée au Centre de recherche sur les maladies infectieuses Christophe-Mérieux à la cité scientifique.

Visite du ministre de la Santé à la FCRM (Adiac)

Les prix scientifiques distinguent des chercheurs qui contribuent au progrès de la connaissance et aux avancées de la recherche médicale d’aujourd’hui et de demain. Pour sa contribution remarquable dans le domaine de la recherche, la Pr Francine Ntoumi a été désignée pour la réception du Prix scientifique au Japon. L’information a été livrée par le ministre de la Santé et de la Population au terme de la visite effectuée dans son laboratoire.

Cette visite lui a permis de s’enquérir du travail réalisé, notamment sur les recherches des pathogènes responsables des maladies diarrhéiques, bacille de Koch (la tuberculose), du plasmodium falciparum (du paludisme), VIH (Sida) ainsi que pour la Covid-19. Elle a concerné le plateau technique et tous les compartiments de cet édifice.

Gilbert Mokoki a apprécié le travail effectué par la Fondation congolaise pour la recherche médicale(FCRM). En effet, il a émis le souhait de formaliser la relation de coopération entre les deux laboratoires : le laboratoire national et le Centre de recherche sur les maladies infectieuses Christophe-Mérieux.

« C’est ici dans ce laboratoire que je trouve la réponse parce qu’il peut traiter vingt-quatre échantillons par jour tandis que le Congo a envoyé cent échantillons à Kinshasa en République démocratique du Congo dont cinquante-deux échantillons sont de retour », a-t-il dit.

Il a, par ailleurs, promis d’instruire la sous-commission de laboratoire et de recherche de travailler en collaboration avec la FCRM.  « Je vous encourage de poursuivre la recherche, car si un pays ne se lance pas dans la recherche il est voué à l’esclavage. La recherche fait partie des moyens de riposte », a fait savoir le ministre de la Santé et de la Population.

De son côté, la Pr. Francine Ntoumi a énuméré les activités du centre, soulignant également la présence des étudiants de l’Université Marien-Ngouabi.

Le Centre de recherche sur les maladies infectieuses Christophe-Mérieux est le seul à avoir doté d’un laboratoire du séquençage pour des souches qui circulent dans le contexte du Covid-19 au Congo. A cet effet, poursuit-elle, il était important au ministère d’avoir connaissance du centre pour savoir quel type de variant circule pour pouvoir adapter la riposte.

Avec Adiac-Congo par Lydie Gisèle Oko

Japon-Tokyo : 9 usagers d’un train attaqués au couteau

août 6, 2021

Les faits se sont produits à bord d’un train de banlieue, ce vendredi pendant la soirée. Le suspect, interpellé, a reconnu être l’auteur de l’attaque.

Les faits se sont deroules a Tokyo, dans un train de banlieue, ce vendredi dans la soiree.
Les faits se sont déroulés à Tokyo, dans un train de banlieue, ce vendredi dans la soirée.© DAVID GANNON / AFP

Ce vendredi 6 août, neuf personnes ont été blessées dans une attaque au couteau à bord d’un train de banlieue à Tokyo. Un suspect a été interpellé peu après les faits. Il s’était d’abord enfui puis s’en rendu, reconnaissant être l’auteur de l’agression, selon des médias locaux.

L’agression a eu lieu en soirée à bord d’un train de banlieue à Setagaya, un arrondissement de l’ouest de Tokyo. Une femme d’une vingtaine d’années a été grièvement blessée, selon la chaîne de télévision publique NHK citant les services de secours. Des actes violents de ce genre sont très rares au Japon, et cette attaque survient alors que la capitale du pays est en alerte maximale, en tant que ville hôte des Jeux olympiques.

Le suspect est âgé d’une vingtaine d’années

Le lieu de l’agression est situé à quelques kilomètres du site olympique des compétitions équestres. La compagnie de train concernée, Odakyu Electric Railway, a annoncé sur son site internet avoir suspendu une partie de son service en raison d’une « attaque dans une rame », sans donner plus de précisions. Le train a été acheminé vers un arrêt d’urgence.

Selon les médias, le suspect est un jeune homme âgé d’une vingtaine d’années. Il a été arrêté par la police après s’être rendu chez un commerçant, et avoir déclaré au gérant qu’il était l’auteur de l’attaque. Selon l’agence de presse Kyodo, l’auteur des faits avait abandonné à bord du train son arme blanche ainsi qu’un téléphone.

Des lois très strictes en matière d’armes

Sollicités par l’Agence France-Presse, la police locale et les services de secours ont décliné tout commentaire sur cette affaire dans l’immédiat. Les lois japonaises en matière d’armes à feu sont très strictes, mais des crimes ont été commis occasionnellement avec d’autres armes.

En 2019, un homme a tué deux personnes dont une écolière et blessé plus de dix personnes dans un déchaînement de violence qui a visé des enfants attendant un autobus. En 2018, un homme a été arrêté dans le centre du Japon après avoir poignardé à mort une personne et blessé deux autres à bord d’un train.

Avec Le Point par AFP

Japon-JO: Tokyo prépare davantage de lits d’hôpital, record de cas de COVID

juillet 27, 2021

JO: TOKYO PRÉPARE DAVANTAGE DE LITS D'HÔPITAL, RECORD DE CAS DE COVID

© Reuters/MAXIM SHEMETOV 

TOKYO (Reuters) – Tokyo a enregistré mardi 2.848 nouvelles infections au coronavirus depuis la veille, le bilan journalier le plus élevé depuis le début de la pandémie dans la ville hôte des Jeux olympiques, qui prépare davantage de lits d’hôpital pour les patients atteints du COVID-19, ont rapporté mardi les médias.

Le Japon a évité les précédentes vagues dévastatrices de la pandémie dont ont souffert d’autres pays comme l’Inde, l’Indonésie et les États-Unis, mais la cinquième vague, alimentée par le variant Delta du coronavirus, se fait sentir dans les hôpitaux de Tokyo.

Dimanche, 20,8% des 12.635 patients de la capitale japonaise atteints du COVID-19 avaient été hospitalisés. Un groupe consultatif conseillant le gouvernement considère qu’un taux inférieur à 25% est un élément déclencheur de l’état d’urgence.

La capitale japonaise a déclaré son quatrième état d’urgence ce mois-ci, qui durera jusqu’après la fin des Jeux olympiques, reportés d’un an en 2020 et célébrés finalement en 2021 sans spectateurs afin d’endiguer la propagation du virus.

En admettant davantage de patients, les hôpitaux de Tokyo ont pour objectif de porter le nombre de lits à 6.406 d’ici le début d’août, contre une capacité actuelle de 5.967, selon la chaîne TBS.

Les hôpitaux envisageraient également de reporter des opérations chirurgicales non urgentes et des soins pour des motifs autres que le coronavirus, a indiqué la chaîne, citant un avis des autorités municipales aux institutions médicales.

Les experts sanitaires avaient prévenu que les facteurs saisonniers, la mobilité accrue et la propagation des variants du virus entraînerait un rebond de la pandémie cet été.

Seule 36% de la population japonaise a reçu au moins une dose du vaccin contre le COVID-19, selon un décompte réalisé par Reuters.

La campagne de vaccination, initialement lente, a finalement pris de l’ampleur en juin mais elle s’est ensuite ralentie en raison de problèmes logistiques.

Nombreux sont les Japonais à estimer que les Jeux auraient dû être à nouveau repoussés ou annulés pour éviter une résurgence de la crise sanitaire.

Avec Reuters (Reportage Sam Nussey, Ami Miyazaki, Antoni Slodkowski et Kiyoshi Takenaka; version française Diana Mandiá, édité par Blandine Hénault)

La Guinée se retire des Jeux de Tokyo en raison de la pandémie de COVID-19

juillet 22, 2021

CONAKRY, Guinée — La Guinée a choisi de se retirer des Jeux olympiques de Tokyo en raison de la résurgence des cas de COVID-19 et de l’apparition des variants.

© Fournis par La Presse Canadienne

Le pays africain devait envoyer cinq athlètes au Japon.

Le ministère des Sports Sanoussy Bantama en a fait l’annonce dans une lettre envoyée mercredi au président du Comité olympique de Guinée.

«En raison de la propagation des variants de la COVID-19, le gouvernement, qui veut protéger la santé des athlètes guinéens, a décidé d’annuler la participation de la Guinée aux 32e Jeux olympiques, prévus à Tokyo», peut-on lire dans la déclaration.

Quelques jours seulement avant cette annonce, le secrétaire général du Comité olympique de Guinée, Ben Daouda Nassoko, avait mentionné à l’Associated Press que sa délégation venait de recevoir les fonds nécessaires pour se rendre à Tokyo.

La lutteuse Fatoumata Yarie Camara est l’une des athlètes qui seront privés d’une participation aux JO.

«La question que je me pose est: si le pays hôte — le Japon — n’a pas annulé les Jeux en raison de la pandémie, alors pourquoi la Guinée a choisi de ne pas participer?» a-t-elle souligné.

«Pourquoi? C’est ce que je me demande, mais je n’ai toujours pas trouvé de réponse.»

Les autres athlètes guinéens qui devaient participer aux compétitions sont les nageurs Mamadou Tahirou Bah et Fatoumata Lamarana Toure, le sprinteur Aissata Deen Conte et le judoka Mamadou Samba Bah.

La Guinée a envoyé une délégation lors de 11 Jeux olympiques, mais elle n’a jamais remporté de médaille.

La Corée du Nord est le seul autre pays à s’être retiré des Jeux de Tokyo, également en raison de la pandémie.

Avec Boubacar Diallo et Carley Petesch, The Associated Press

Au Japon, deux Américains condamnés à de la prison pour avoir aidé Carlos Ghosn à fuir

juillet 19, 2021

Les deux hommes, un père et son fils, avaient été arrêtés en mai 2020 aux Etats-Unis, puis extradés au Japon en février 2021. Ils ont respectivement été condamnés à vingt-quatre et vingt mois de prison.

Michael Taylor photographié à l’aéroport d’Istanbul, le 17 janvier 2020
Michael Taylor photographié à l’aéroport d’Istanbul, le 17 janvier 2020 HANDOUT / AFP

Deux Américains ont été condamnés, lundi 19 juillet, à deux ans de prison pour le premier, un an et huit mois pour le second, par un tribunal à Tokyo. Il leur est reproché d’avoir aidé Carlos Ghosn à fuir le Japon fin 2019.

Michael Taylor, soixante ans, qui a écopé de la peine la plus lourde, et son fils Peter Taylor, vingt-huit ans, étaient jugés depuis le mois dernier à Tokyo dans cette affaire retentissante, ayant ridiculisé les autorités japonaises. Tous deux avaient reconnu les accusations pesant contre eux et s’étaient excusés devant la cour, disant regretter leurs actes. Ils avaient aussi assuré n’avoir pas agi par appât du gain.

Carlos Ghosn avait réussi à fuir le Japon, caché dans un caisson de matériel audio. Au début du mois de juillet, le parquet avait requis deux ans et dix mois de prison contre Michael Taylor, ancien membre des forces spéciales américaines, et deux ans et demi pour son fils. Leurs avocats avaient plaidé pour des peines avec sursis, arguant notamment que Carlos Ghosn était le principal instigateur de toute l’opération, et que les Taylor avaient déjà passé dix mois en détention provisoire aux Etats-Unis avant d’être extradés au Japon.

500 000 dollars en bitcoins

Résidant en permanence au Liban depuis sa fuite, l’ancien grand patron de Nissan et Renault est hors de portée de la justice japonaise car le pays n’extrade pas ses ressortissants. Les Taylor avaient été arrêtés aux Etats-Unis en mai 2020, puis extradés au Japon en mars de cette année pour y être jugés. Un autre complice présumé, un homme d’origine libanaise du nom de George-Antoine Zayek, est toujours recherché.

Le juge principal, Hideo Nirei, a souligné lundi qu’il s’agissait d’un « crime grave », car la perspective de voir un jour M. Ghosn jugé au Japon s’est évaporée. « Les deux accusés ont mené à bien une fuite à l’étranger sans précédent » et ont joué un rôle proactif dans cette opération, a poursuivi le juge. M. Nirei a aussi estimé que les complices avaient été motivés par de l’argent, et non parce que Michael Taylor a, via son épouse, de lointaines relations de parenté avec la famille de M. Ghosn au Liban.

Les Taylor avaient reçu de l’entourage de M. Ghosn plus de 860 000 dollars pour préparer et financer l’opération, la moitié environ ayant servi à louer des jets privés. Ils avaient ensuite touché l’équivalent de 500 000 dollars en bitcoins pour payer leurs frais d’avocats, selon les enquêteurs.

Procès en cours

A la fin de l’année 2019, Carlos Ghosn était en liberté sous caution à Tokyo. Il avait l’interdiction de quitter le Japon dans l’attente d’un procès pour malversations financières présumées quand il était à la tête de Nissan. M. Ghosn a toujours clamé son innocence sur ce dossier.

Le 29 décembre 2019, après avoir voyagé incognito de Tokyo à Osaka en shinkansen, le train à grande vitesse japonais, il s’était caché dans un gros caisson percé de petits trous discrets pour lui permettre de respirer. M. Ghosn avait ainsi échappé aux contrôles à l’aéroport international du Kansai. Les contrôles de bagages n’étaient à l’époque pas obligatoires pour des passagers embarquant à bord d’un jet privé.

Dans la foulée, le Franco-libano-brésilien avait rejoint Beyrouth via Istanbul à bord de jets privés loués pour l’occasion. En février, trois personnes avaient été condamnées à plus de quatre ans de prison chacune par un tribunal d’Istanbul, en Turquie, dans cette affaire : un responsable d’une société turque de locations de jets, ainsi que deux pilotes.

La fuite de M. Ghosn n’a pas empêché l’ouverture, en septembre 2020, d’un procès pénal à Tokyo au sujet de rémunérations différées totalisant plusieurs dizaines de millions de dollars. Il était censé les toucher ultérieurement, mais sans que cela soit mentionné dans les rapports boursiers du groupe.

Un ancien responsable juridique de Nissan, Greg Kelly, qui avait été arrêté au Japon le même jour que M. Ghosn en novembre 2018, est toujours jugé dans cette affaire et encourt dix ans de prison, voire davantage. Cet Américain de soixante-quatre ans clame son innocence depuis le début, tandis que Nissan, jugé en tant que personne morale, a plaidé coupable. Les réquisitions dans ce procès sont programmées pour le 29 septembre, puis les plaidoiries de la défense pour le 27 octobre.

Par Le Monde avec AFP

Coulée de boue au Japon: deux morts, 20 disparus

juillet 3, 2021

Deux personnes sont présumées mortes et une vingtaine d’autres sont portées disparues après une coulée de boue provoquée par des pluies torrentielles samedi dans le centre du Japon.

Une photo tirée d'une vidéo prise par un habitant et distribuée par l'agence de presse japonaise Jiji montre, le 3 juillet 2021 à Atami, dans le centre du Japon, la coulée de boue qui a emporté plusieurs maisons et fait au moins 19 disparus

© Handout Une photo tirée d’une vidéo prise par un habitant et distribuée par l’agence de presse japonaise Jiji montre, le 3 juillet 2021 à Atami, dans le centre du Japon, la coulée de boue qui a emporté plusieurs maisons et fait au moins 19 disparusUGC: images des suites d'un glissement de terrain dans le centre du Japon

© Fournis par AFP UGC: images des suites d’un glissement de terrain dans le centre du Japon

« Sous l’action de pluies torrentielles, le terrain a cédé et la coulée est partie » du haut d’une rivière dans la ville côtière d’Atami, a précisé le gouverneur du département de Shizuoka, Heita Kawakatsu, aux journalistes. 

« Elle a balayé maisons et habitants sur son passage », coupant une route nationale, a-t-il ajouté. 

Pour ce qui est du bilan humain, « deux personnes sont en état d’arrêt cardio-respiratoire », a-t-il déclaré, utilisant le terme employé dans le pays avant la confirmation d’un décès par un médecin, et une vingtaine d’autres sont toujours portées disparues après le glissement de terrain qui s’est produit vers 10H30 locales (01H30 GMT).

Vue générale des dégâts après la coulée de boue qui a touché la ville de Atami dans le département du Shizuoka, le 3 juillet 2021

© CHARLY TRIBALLEAU Vue générale des dégâts après la coulée de boue qui a touché la ville de Atami dans le département du Shizuoka, le 3 juillet 2021

Des images diffusées par la télévision nippone montraient les torrents de boue détruisant des bâtiments à Atami, tandis que des habitants tentaient de se mettre à l’abri.

« J’ai entendu un bruit horrible et j’ai vu une coulée de boue dévaler la pente alors que les sauveteurs demandaient aux habitants d’évacuer. Alors j’ai couru » pour gagner un endroit plus élevé, a déclaré à la chaîne de télévision publique

« Quand je suis revenu, les maisons et les voitures qui étaient devant le temple avaient disparu », a-t-il raconté.

– « Niveau d’alerte maximum » –

Le Premier ministre nippon Yoshihide Suga a annoncé que les services d’urgence et les Forces d’auto-défense japonaises (nom officiel de l’armée) avaient lancé des opérations de sauvetage et d’évacuation, soulignant que davantage de pluies torrentielles étaient attendues.

« Nous devons être au niveau d’alerte maximum », a-t-il déclaré lors d’une réunion d’urgence.

La ville d’Atami a reçu vendredi et samedi 313 mm de pluie en 48 heures, selon la NHK – alors qu’elle enregistre en moyenne chaque année environ 240 mm pour l’ensemble du mois de juillet.

Cette station balnéaire située à environ 90 kilomètres au sud-ouest de Tokyo est connue pour ses sources d’eau thermale.

Plus de 2.800 foyers de la région étaient privés d’électricité, selon la compagnie d’électricité Tepco.

La circulation du Shinkansen, le train à grande vitesse japonais, a été temporairement suspendue entre Tokyo et Osaka (Ouest) à cause des fortes pluies, et d’autres trains ont également été stoppés, selon les sites des compagnies ferroviaires.

Une grande partie du Japon est actuellement en pleine saison des pluies, ce qui provoque souvent inondations et glissements de terrain, incitant les autorités locales à lancer des ordres d’évacuation.

Selon les scientifiques, le phénomène est accentué par le changement climatique car une atmosphère plus chaude retient davantage d’eau, accroissant le risque et l’intensité des précipitations extrêmes.

En 2018, les inondations dans l’ouest du Japon avaient tué plus de 200 personnes.

Avec AFP par nf-kaf-mac/ras/ia

Japon: l’ex-Premier ministre s’excuse devant le Parlement après un scandale

décembre 25, 2020

L’ancien Premier ministre japonais Shinzo Abe a présenté ses excuses devant le Parlement vendredi au sujet d’un scandale lié au financement de réceptions organisées pour ses partisans, à propos duquel les procureurs ont décidé de ne pas l’inculper.

L'ancien Premier ministre japonais Shinzo Abe devant le Parlement, le 25 décembre 2020 à Tokyo

© STR L’ancien Premier ministre japonais Shinzo Abe devant le Parlement, le 25 décembre 2020 à Tokyo

M. Abe, 66 ans, qui a démissionné en septembre pour raisons de santé après avoir battu des records de longévité au poste de Premier ministre (près de neuf ans), a nié toute malversation personnelle, mais a reconnu que certaines déclarations qu’il avait faites devant le Parlement s’étaient révélées erronées.

« Même si je ne le savais pas, je ressens une responsabilité morale. Je le regrette sincèrement et je m’excuse auprès de mes collègues » du Parlement, a-t-il déclaré devant la Chambre basse.

« Il s’avère que j’ai donné des explications qui sont contraires aux faits », a-t-il reconnu en s’engageant à « travailler dur pour pouvoir servir le peuple en gagnant sa confiance ».

Selon la loi japonaise, les dépenses effectuées pour des événements politiques doivent être déclarées, ce que le bureau de M. Abe n’a pas fait pour des dîners qu’un groupe politique le soutenant a organisés à plusieurs reprises la veille de la fête des cerisiers en fleurs, parrainée chaque printemps par le gouvernement.L'ancien Premier ministre japonais Shinzo Abe présente ses excuses devant le Parlement, le 25 décembre 2020 à Tokyo

© STR L’ancien Premier ministre japonais Shinzo Abe présente ses excuses devant le Parlement, le 25 décembre 2020 à Tokyo

Son bureau aurait ainsi dépensé plus de huit millions de yens (63.000 euros) pour ces événements sur une période de cinq ans, jusqu’en 2019, ont rapporté des médias locaux.

L’ancien dirigeant avait déjà tenu jeudi une conférence de presse, pour la première fois depuis sa démission, où il s’était  excusé « sincèrement », mais affirmé qu’il n’avait pas connaissance des paiements. 

Il a été interrogé à ce sujet par des procureurs, mais ceux-ci ont annoncé jeudi qu’il ne serait pas poursuivi.

Des élus de l’opposition au Parlement ont vivement appostrophé M. Abe vendredi. « Vous n’avez aucune intention de découvrir la vérité, ni de l’expliquer au public », lui a lancé Takahiro Kuroiwa, du Parti démocrate constitutionnel (PDC).

« Pourquoi ne démissionnez-vous pas de votre mandat d’élu? », a renchéri Kiyomi Tsujimoto, également membre du PDC.

Le successeur de M. Abe, l’actuel Premier ministre Yoshihide Suga, a aussi présenté des excuses pour des déclarations erronées au sujet de ces paiements.

M. Suga a longtemps été le bras droit de M. Abe.

Ce scandale tombe à un très mauvais moment pour son gouvernement, dont la popularité a plongé face à sa gestion de la troisième vague de coronavirus que connaît le pays.

M. Abe, issu de la droite nationaliste japonaise, a survécu à plusieurs scandales alors qu’il était au pouvoir, notamment en liaison avec la fête des cerisiers en fleurs.

Le gouvernement Abe a été accusé d’y avoir invité ses partisans et même un membre de l’organisation des yakuzas, la mafia japonaise. 

Avec AFP par kh-sah/mac/ras/ia

Japon: peine de mort pour un tueur en série qui repérait ses proies sur Twitter

décembre 15, 2020

Un Japonais de 30 ans a été condamné mardi par un tribunal de Tokyo à la peine capitale pour avoir assassiné en 2017 neuf personnes qu’il avait attirées chez lui après les avoir approchées sur Twitter.

Croquis d'audience de Masato Yamashita montrant le tueur en série Takahiro Shiraishi (C), le 30 septembre 2020 dans un tribunal de Tokyo

© Masato YAMASHITA Croquis d’audience de Masato Yamashita montrant le tueur en série Takahiro Shiraishi (C), le 30 septembre 2020 dans un tribunal de Tokyo

Takahiro Shiraishi avait admis durant son procès avoir tué et démembré dans son appartement neuf personnes âgées de 15 à 26 ans, dont huit femmes, en l’espace d’à peine deux mois.

« J’ai compris », a-t-il calmement déclaré mardi devant le tribunal quand les juges lui ont demandé s’il avait bien entendu l’énoncé du verdict.

Dès le mois dernier, l’accusé s’était dit « prêt » à accepter un tel verdict, écartant ainsi la possibilité de faire appel.

Il n’était cependant pas certain dans l’immédiat qu’il se tienne à cette résolution.

Ses avocats avaient plaidé pour une peine de prison en arguant que ses victimes, qui avaient exprimé des pensées suicidaires sur les réseaux sociaux, lui auraient donné leur consentement pour mourir. 

Mais cette version des faits, contestée par l’accusé lui-même, a été rejetée par le tribunal, tout comme la tentative de ses avocats de mettre en avant d’éventuels troubles psychiatriques chez leur client pour tenter d’obtenir un verdict plus clément.

– Dignité « piétinée » des victimes –

« Aucune des neuf victimes n’a consenti à être tuée, même tacitement », selon des propos du juge du procès rapportés par la chaîne de télévision publique NHK.

Le juge a aussi dénoncé des faits « d’une extrême gravité » et souligné que la « dignité » des victimes avait été « piétinée ».

Takahiro Shiraishi avait démembré leurs cadavres et les avait stockés dans son petit appartement de Zama, dans la grande banlieue sud-ouest de Tokyo.

Le 31 octobre 2017, la police avait découvert chez lui une véritable maison des horreurs: 240 morceaux de restes humains cachés dans des glacières et des boîtes à outils, saupoudrés de litière pour chat pour tenter de masquer les odeurs de putréfaction.

Croquis d'audience de Masato Yamashita montrant le tueur en série Takahiro Shiraishi (C), le 30 septembre 2020 dans un tribunal de Tokyo© Masato YAMASHITA Croquis d’audience de Masato Yamashita montrant le tueur en série Takahiro Shiraishi (C), le 30 septembre 2020 dans un tribunal de Tokyo

Ciseaux, couteaux, une scie et divers outils de menuiserie avaient été retrouvés à son domicile.

Cette affaire avait choqué le Japon, pays où le taux de criminalité est très faible, et avait également eu un fort retentissement à l’international.

Car au-delà des détails particulièrement sordides de l’affaire, Takahiro Shiraishi repérait ses proies sur Twitter, un réseau social très populaire, en leur disant qu’il pouvait les aider dans leurs projets suicidaires ou même mourir à leur côté.

– « Bourreau professionnel » –

La police l’avait finalement arrêté alors qu’elle enquêtait sur la disparition inquiétante d’une jeune femme de 23 ans, dont le frère avait pu se connecter à son compte Twitter, où il avait remarqué des échanges avec un compte suspect. Lequel s’était avéré être l’un de ceux qu’utilisait M. Shiraishi pour se présenter comme un « bourreau professionnel ».

Avant de devenir un meurtrier, cet homme à l’apparence ordinaire et effacée avait travaillé pendant quelques années comme recruteur de jeunes femmes pour des clubs pour adultes à Kabukicho, le grand quartier rouge de Tokyo.

L’affaire du « tueur de Twitter », comme la presse nippone l’avait surnommé, avait ravivé au Japon des débats sur le contrôle des réseaux sociaux ainsi que sur le suicide et sa prévention.

Le Japon a le plus fort taux de suicide parmi les pays industrialisés du G7, avec environ 20.000 personnes mettant fin à leurs jours par an, sur une population totale d’environ 126 millions d’habitants.

Ces chiffres ont baissé depuis un pic atteint en 2003, mais ils sont repartis à la hausse ces derniers mois, sur fond de pandémie aggravant des situations de détresse psychologique et de solitude. 

Le Japon est l’un des rares pays industrialisés à n’avoir pas aboli la peine de mort et l’opinion publique est très majoritairement favorable à son maintien.

La peine capitale pour M. Shiraishi est « appropriée », a déclaré à la NHK le père de l’une des victimes, même si « je ne sais pas comment apaiser ma colère ».

Le Japon compte actuellement plus de 100 condamnés à mort, et de nombreuses années s’écoulent généralement entre l’énoncé de la sentence et son exécution par pendaison.

La dernière exécution au Japon remonte à un an, celle d’un Chinois reconnu coupable des meurtres de quatre membres d’une même famille dans le sud-ouest du pays en 2003.

Avec AFP par bur-nf-etb/mac/mba