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Le Japon fait un pas légal vers l’abdication de l’empereur Akihito

mai 19, 2017

L’empereur japonais Akihito et son épouse l’impératrice Michiko, le 19 avril 2017 à Tokyo / © AFP/Archives / Behrouz MEHRI

Le Japon a fait un pas vers la première abdication d’un empereur en 200 ans, en validant vendredi en conseil des ministres un projet de loi spéciale qui ne vaudra que pour l’actuel souverain Akihito.

Le texte doit être présenté en commission parlementaire rapidement et l’exécutif espère un vote définitif de la Diète au cours de l’actuelle session.

Si tout se passe comme prévu, Akihito pourrait, selon la presse, renoncer à ses fonctions dès fin 2018 et laisser à son fils aîné Naruhito le trône du Chrysanthème début 2019.

Les éléments du texte donnés par le porte-parole du gouvernement indiquent que « l’abdication doit avoir lieu à une date fixée par décret dans un délai qui ne dépasse pas 3 ans après sa promulgation ».

Un calendrier trop serré serait de nature à inquiéter les administrations et fabricants d’agendas et calendriers, car ils travaillent déjà sur les versions de 2019 et le Japon ne fonctionne pas seulement en année après Jésus-Christ mais aussi, pour les documents administratifs et professionnels, en années d’ère impériale.

Celle d’Akihito, débutée en janvier 1989 immédiatement après le décès de son père Hirohito, est l’ère Heisei (« Parachèvement de la paix »), qui en est à sa 29e année.

Celle de son successeur portera un autre nom, qui devra être défini en s’assurant qu’il n’existe pas de précédent identique ou synonyme au Japon ni dans aucun autre pays, un travail de titan selon les experts.

La loi mentionne aussi les appellations proposées pour Akihito et son épouse Michiko une fois que ces derniers auront passé la main. D’après les médias, il seraient nommés en japonais par des expressions équivalant à « empereur retraité » et « impératrice retraitée ».

Le projet de loi n’évoque pas en revanche le fait que l’empereur lui-même avait laissé filtrer en août dernier son intention de renoncer à son titre de son vivant, car la Constitution précise que le souverain ne peut en théorie pas prononcer des paroles qui entraînent une action politique.

Boîte de Pandore

Reste que la façon dont il avait émis des inquiétudes sur ses capacités à tenir son rôle de « symbole du peuple et de l’unité de la nation » en raison de son âge (83 ans actuellement) avait été interprétée par tous comme une volonté d’être déchargé de ses lourdes tâches – il signe des milliers de documents, assiste à des dizaines de célébrations et effectue de nombreux déplacements chaque année.

L’empereur avait dans le même temps signifié à demi-mot que le système de régence, qui existe dans la loi actuelle régissant la Maison impériale, ne lui convenait pas car il resterait souverain en titre sans remplir ses fonctions. Conscient de son importance aux yeux des citoyens, il plaide pour que l’empereur le soit pleinement ou pas du tout.

L’été dernier, immédiatement après la diffusion du message télévisé dans lequel Akihito avait exprimé ses craintes liées à la vieillesse, le Premier ministre Shinzo Abe avait répondu « prendre ces paroles avec sérieux et souhaiter un débat serein » sur cette épineuse question.

Il avait alors mis en place une commission de personnalités dont les recommandations se reflètent pleinement dans le projet de loi actuel.

Selon divers sondages, 90% des Japonais considèrent qu’il faut autoriser l’empereur à abdiquer.

L’existence de cette loi spéciale ne change pas le fait que la règle fondamentale reste la législation de la Maison impériale, qui encadre les droits et devoirs de l’empereur et des siens.

A contrario d’une partie de l’opposition et de constitutionnalistes, les proches de M. Abe, en l’occurrence les membres du Parti libéral-démocrate qu’il préside, ont toujours appuyé l’idée d’une loi d’exception, afin de ne pas ouvrir la boîte de Pandore de la révision de la « loi sur la Maison impériale ».

Les nationalistes veulent en effet éviter que ne soit remis en cause le système patrilinéaire. Même si la fille de l’empereur donnait naissance à un garçon, ce dernier n’apparaîtrait pas dans l’ordre de succession, pas plus que les filles des princes.

Cette stricte patrilinéarité, conjuguée au fait que la famille impériale se réduit à chaque fois qu’un de ses membres décède ou qu’une fille se marie à un roturier (elle sort de la famille), fait craindre une interruption de la dynastie la plus ancienne du monde dans les décennies à venir.

Romandie.com avec(©AFP / 19 mai 2017 13h21)                

Corée du Nord: Etats-Unis et Japon veulent une réunion d’urgence du Conseil de sécurité

mai 14, 2017

Nations unies (Etats-Unis) – Les Etats-Unis et le Japon ont demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU après le dernier tir de missile effectué dimanche par la Corée du Nord, ont indiqué des diplomates, Washington évoquant de nouveau des sanctions.

Selon la représentation aux Nations unies de l’Uruguay, qui préside le Conseil au mois de mai, la réunion devrait se dérouler mardi après-midi au siège de l’ONU à New York.

Pyongyang a effectué dimanche matin son deuxième tir de missile en 15 jours, un essai interprété comme une forme de mise au défi du nouveau chef de l’Etat sud-coréen Moon Jae-In, tout juste élu.

Lancé de la base militaire nord-coréenne de Kusong, dans la province du Nord Pyongan, vers 05H30 dimanche (20h30 GMT samedi), le projectile a parcouru environ 700 kilomètres avant de s’abîmer en mer du Japon.

« Il n’y a aucune excuse qui justifie les agissements de la Corée du Nord. (Le missile) est (tombé) près de la Russie. La Chine ne peut pas compter sur un dialogue. La menace est réelle », a tweeté dimanche matin l’ambassadrice américaine Nikki Haley, dont l’administration réclame depuis des semaines un renforcement des sanctions et un durcissement de la position de la Chine, principale alliée de Pyongyang.

« Ce que nous allons faire, c’est continuer à serrer la vis (…) Nous allons continuer, qu’il s’agisse de sanctions, qu’il s’agisse de déclarations à la presse, tout ce que nous devrons faire nous le ferons », a martelé Mme Haley sur la télévision américaine ABC.

Réagissant samedi soir à ce nouveau tir de missile, la Maison Blanche avait demandé à ce « que cette nouvelle provocation soit un appel à toutes les nations pour mettre en oeuvre des sanctions bien plus fortes contre la Corée du Nord ».

De son côté, le Trésor américain avait indiqué samedi qu’il examinait « tous les moyens à sa disposition » pour couper les sources de financement international à Pyongyang.

Romandie.com avec(©AFP / 14 mai 2017 20h14)                                            

Le porte-avions américain dans quelques jours en mer du Japon (Pence)

avril 22, 2017

Sydney – Le porte-avions américain Carl Vinson et son groupe arriveront en mer du Japon dans quelques jours, a annoncé samedi le vice-président américain Mike Pence, sur fond de tensions entre la Corée du Nord et les Etats-Unis.

Le navire, accompagné de deux destroyers lanceurs de missile et d’un croiseur lanceur de missile, « sera en mer du Japon d’ici quelques jours, avant la fin du mois », a précisé M. Pence en visite à Sydney dans le cadre d’une tournée asiatique.

Un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères a estimé samedi dans un communiqué publié par l’agence officielle de Pyongyang KCNA que « les autorités de l’administration Trump débitent un flot d’ordures ».

‘Ce chantage et cette intimidation ne pourront jamais effrayer la RPDC », a-t-il ajouté en se référant au nom officiel de la Corée du Nord, République populaire démocratique de Corée.

De son côté, M. Pence a loué le rôle de la Chine dans cette crise en Corée du Nord tout en renouvelant son appel pour que Pékin utilise sa position « unique » afin de convaincre Pyongyang.

« Les mesures que nous voyons prises par la Chine, à de nombreux égards sans précédent, pour faire peser une pression économique sur la Corée du Nord sont vraiment bienvenues », a dit M. Pence, ajoutant néanmoins: « nous pensons que la Chine peut faire davantage ».

« Là où le régime nord-coréen ne doit pas se tromper, c’est que les Etats-Unis ont les ressources, le personnel et la présence dans cette région du monde pour préserver nos intérêts et la sécurité de ces intérêts ainsi que de nos alliés », a-t-il encore déclaré.

Alors que plane toujours la menace d’un sixième essai nucléaire de la part du régime reclus, les deux parties montrent les muscles depuis quelques semaines.

Le 8 avril, Washington, mentionnant clairement la menace nucléaire nord-coréenne, avait ainsi annoncé que le groupe aéronaval était en route pour la péninsule coréenne, où Donald Trump avait promis d’envoyer une « armada très puissante » comme mesure dissuasive.

– Accord migratoire avec l’Australie –

Dix jours après ce supposé envoi, alors qualifié d' »insensé » par Pyongyang, un responsable américain de la Défense a reconnu que la flotte voguait en réalité dans la direction opposée pour y effectuer des exercices militaires avec la marine australienne.

En début de semaine, après un nouvel essai -raté- de missile, Donald Trump a conseillé au dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un de « bien se tenir ». La Corée du Nord avait répliqué en se disant prête à répondre à « n’importe quel type de guerre ».

Par ailleurs, M. Pence a assuré que Washington allait honorer un accord pour accueillir des réfugiés relégués par l’Australie dans des camps offshore controversés, que le président américain Donald Trump avait qualifié de « stupide ».

« Les Etats-Unis entendent honorer l’accord, sous condition des résultats des vérifications qui s’appliquent maintenant à tous les réfugiés pour l’admission aux Etats-Unis », a dit M. Pence, « cela ne veut pas dire que nous admirions l’accord ».

Le Premier ministre australien Malcolm Turnbull l’a remercié pour cet engagement « très important ».

Fin janvier, cet accord avait été au centre d’un coup de fil tendu entre M. Turnbull et M. Trump qui venait de prendre ses fonctions. Le porte-parole de la Maison blanche Sean Spicer avait toutefois confirmé que l’accord serait maintenu et M. Turnbull assuré qu’il serait respecté par le président américain malgré sa politique migratoire très restrictive.

L’Australie, l’un des alliés les plus proches des Etats-Unis, mène elle-même une politique extrêmement dure à l’égard des réfugiés tentant d’atteindre son territoire.

L’accord avait été négocié en novembre 2016 par l’ex-président américain Barack Obama pour l’accueil d’un nombre inconnu des 1.600 migrants parqués dans les camps de rétention de l’île de Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, et de Nauru, minuscule île du Pacifique.

Romandie.com avec(©AFP / 22 avril 2017 14h33)

Japon: peine de mort maintenue pour une « veuve noire »

avril 14, 2017

 

Photo d’archives non datée obtenue le 13 avril 2012 de la Japonaise Kanae Kijima, à présent âgée de 42 ans, condamnée à mort pour le meurtre de trois compagnons / © JIJI PRESS/AFP/Archives / JIJI PRESS

Une « veuve noire » japonaise reconnue coupable du meurtre de trois compagnons rencontrés en ligne et dont elle convoitait l’argent a vu vendredi sa peine de mort maintenue après le rejet par la Cour suprême d’un ultime recours.

En 2012, Kanae Kijima, à présent âgée de 42 ans, avait été condamnée à la mort par pendaison. Elle empoisonnait ses victimes au monoxyde de carbone après les avoir préalablement endormies à l’aide de somnifères.

Un porte-parole de la Cour suprême a confirmé le rejet de son appel. Sa défense avait clamé son innocence, affirmant que les trois hommes avait dû se suicider, selon la chaîne de télévision publique NHK.

Une autre femme surnommée « la veuve noire » en allusion à cette araignée mangeuse de mâles, Chisako Kakehi, 70 ans, accusée du meurtre de plusieurs hommes pour toucher la prime d’assurance, attend son procès en juin.

La « veuve noire » Chisako Kakeh, le 13 mars 2014 à Kyoto, accusée du meurtre de plusieurs hommes pour toucher la prime d’assurance / © JIJI PRESS/AFP/Archives / JIJI PRESS

Le Japon et les Etats-Unis sont les seules démocraties industrialisées à appliquer la peine capitale, une pratique régulièrement dénoncée par les associations internationales de défense des droits de l’homme.

Ces organisations soulignent par ailleurs que le système japonais est cruel car les condamnés peuvent attendre leur exécution pendant des années et ne sont informés du moment de leur mort que quelques heures avant.

Les sondages montrent cependant que la peine capitale est largement soutenue par les Japonais.

Romandie. avec(©AFP / 14 avril 2017 14h41)

Abe: 3 missiles nord-coréens tombés dans la zone économique du Japon

mars 5, 2017

Tokyo – La Corée du Nord a tiré quatre missiles lundi, dont trois sont tombés dans la zone économique exclusive (ZEE) du Japon, a annoncé le Premier ministre japonais Shinzo Abe.

« La Corée du Nord a tiré presque simultanément quatre missiles balistiques qui ont parcouru environ 1.000 km. Trois d’entre eux sont tombés dans la zone économique exclusive de notre pays », a déclaré M. Abe devant le Parlement.

« Ceci montre clairement que la Corée du Nord a atteint un nouveau degré de menace. Après cette séance (au Parlement), je vais convoquer le Conseil national de sécurité », a dit le Premier ministre.

« Les tirs répétés de la Corée du Nord sont un acte de provocation pour notre sécurité et une violation flagrante des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Nous ne pouvons en aucun cas tolérer cela », a ajouté M. Abe.

Les garde-côtes japonais ont indiqué à l’AFP qu’aucun navire n’avait été endommagé par ces tirs.

La Corée du Sud et les Etats-Unis ont lancé la semaine dernière leurs manoeuvres militaires conjointes annuelles, qui suscitent régulièrement la colère de Pyongyang. Le régime nord-coréen condamne ces manoeuvres, qu’il considère comme des provocations et des préparatifs pour une invasion de son territoire, tandis que Séoul et Washington assurent qu’elles sont purement défensives.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un avait ordonné à l’armée le 1e mars « d’élaborer des contre-mesures exhaustives en vue d’une frappe sans merci contre une attaque aérienne soudaine de l’ennemi », avait annoncé l’agence de presse officielle KCNA, le jour du lancement des manoeuvres américano-sud-coréennes.

La Corée du Nord est sous le coup de résolutions de l’ONU qui lui interdisent toute activité dans le domaine nucléaire et dans celui des missiles balistiques.

Romandie.com avec(©AFP / 06 mars 2017 02h03)             

Trump affirme l’engagement des Etats-Unis pour « la sécurité » du Japon

février 10, 2017

Washington – Donald Trump a affirmé l’engagement des Etats-Unis pour « la sécurité » du Japon, au cours d’un conférence de presse, vendredi à la Maison Blanche, avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe.

Le président américain a insisté sur le lien et l’amitié « très, très profonds » entre les États-Unis et le Japon.

« L’alliance entre les Etats-Unis et le Japon est la pierre angulaire de la paix et de la stabilité dans la région du Pacifique », a insisté Donald Trump.

Shinzo Abe est venu à Washington pour obtenir des assurances de l’administration Trump sur le devenir de l’alliance américano-japonaise. Les propos de Donald Trump pendant la campagne sur une possible remise en cause de l’engagement militaire des États-Unis dans la région, avaient inquiété Tokyo.

Donald Trump a dit considérer comme « une priorité très, très haute » de se défendre contre « le missile nord-coréen et la menace nucléaire », que fait peser la Corée du Nord sur la région.

Romandie.com avec(©AFP / 10 février 2017 19h38)      

Trump affirme que le japonais SoftBank est d’accord pour investir 50 milliards aux Etats-Unis

décembre 6, 2016

New York – Le président élu américain Donald Trump a affirmé mardi que le géant japonais des télécommunications SoftBank est d’accord pour investir 50 milliards de dollars dans l’économie américaine et créer 50.000 nouveaux emplois.

Dans les deux tweets qui annoncent la nouvelle après une entrevue avec le PDG de SoftBank, Masayoshi Son, à New York, M. Trump ne donne aucun détail sur la nature ou le calendrier des investissements.

Masa (le PDG de SoftBank) est d’accord pour investir 50 milliards de dollars aux Etats-Unis dans des entreprises et (créer) 50.000 nouveaux emplois, a tweeté le président élu, qui a ensuite été vu en compagnie du milliardaire japonais dans le hall d’entrée de la Trump Tower.

Masa a dit qu’il ne ferait jamais ça si nous (Trump) n’avions pas remporté l’élection, a-t-il encore écrit sur Twitter.

M. Son a précisé aux journalistes que les emplois allaient être créés par le biais d’investissements dans des startups.

Je suis venu fêter son nouveau travail, a dit M. Son. Je lui ai dit ‘c’est super, les Etats-Unis vont retrouver leur grandeur’, a déclaré le PDG, en paraphrasant le slogan de campagne du président élu.

En guise de confirmation de son engagement, le PDG a brandi une feuille de papier frappée du logo de son groupe et de celui du groupe de technologie taïwanais Foxconn, sur laquelle on peut lire s’engage à investir 50 milliards de dollars + 7 milliards aux Etats-Unis, crée 50.000 + 50.000 nouveaux emplois aux Etats-Unis dans les 4 ans.

Cette annonce est très peu orthodoxe pour un investissement d’une telle ampleur.

Interrogé par le Wall Street Journal, M. Son a précisé que l’argent viendrait du fonds d’investissement qu’il a créé mi-octobre.

Le SoftBank Vision Fund, qui sera géré par une filiale basée au Royaume-Uni, recevra d’abord de SoftBank au minimum 25 milliards de dollars en cinq ans, avait alors précisé le groupe du milliardaire nippon.

Pourraient s’y ajouter jusqu’à 45 milliards de dollars apportés par le fonds souverain d’Arabie saoudite, Public Investment Fund, avec lequel SoftBank a signé une lettre d’intention peu avant l’annonce.

SotfBank disait alors espérer attirer d’autres investisseurs de premier plan pour arriver aux 100 milliards.

M. Son avait alors affirmé que grâce à ce fonds, nous serons à même d’investir dans des entreprises de technologies à l’échelle mondiale et le SoftBank Vision Fund deviendra le plus gros pourvoyeur d’argent du secteur afin d’accélérer la révolution de l’information.

Romandie.com avec(©AFP / 06 décembre 2016 22h12)

Prix Nobel de médecine 2016 attribué au japonais Yoshinori Ohsumi, pour l’autophagie

octobre 3, 2016

Le biologiste japonais Yoshinori Ohsumi, 71 ans, a été récompensé du prix Nobel de médecine, lundi 3 octobre.

Le biologiste japonais Yoshinori Ohsumi, 71 ans, a été récompensé du prix Nobel de médecine, lundi 3 octobre. INAMORI FOUNDATION, HO / AFP
Le biologiste japonais Yoshinori Ohsumi, 71 ans, s’est vu décerner le prix Nobel de médecine, lundi 3 octobre, pour avoir élucidé les mécanismes de l’autophagie, processus de dégradation et de recyclage des composants des cellules.

Ses recherches sont cruciales pour comprendre le renouvellement des cellules et la réponse du corps aux privations alimentaires et aux infections. « Les mutations des gènes de l’autophagie peuvent provoquer des maladies et le processus autophagique est impliqué dans plusieurs affections comme le cancer et les maladies neurologiques », a précisé le jury, lundi.

« Expériences brillantes »

« Les découvertes d’Ohsumi ont conduit à un nouveau paradigme dans notre compréhension de la manière dont la cellule recycle son contenu », affirme l’académie Nobel dans un communiqué.

Le concept d’autophagie est apparu dans les années 1960 lorsque les chercheurs ont observé pour la première fois la destruction par les cellules de leur propre substance en l’évacuant vers un « compartiment de recyclage » appelé lysosome. Les déchets des cellules se concentrent dans de petites vésicules, qui sont ensuite transportées jusqu’aux lysosomes, des organites fonctionnant comme une station d’épuration des constituants cellulaires.

La connaissance du phénomène est cependant restée limitée jusqu’aux travaux de M. Ohsumi qui, au début des années 1990, a mené des « expériences brillantes », selon le jury du Nobel. Le biologiste, professeur à l’Institut de technologie à Tokyo, est le sixième Japonais à remporter le prix Nobel de médecine. Il s’est impliqué dans ce champ de recherches à partir de la fin des années 1980. Il a d’abord travaillé sur des levures, chez lesquelles il a démontré l’existence de mécanismes d’autophagie en les affamant. Ensuite, par des milliers d’expériences, toujours chez les levures, il a mis en évidence les 15 gènes clés impliqués dans ces processus. Les résultats de cette percée scientifique ont été publiés en 1992. Le biologiste a ensuite poursuivi ses travaux et montré que des mécanismes sophistiqués comparables sont à l’œuvre dans les cellules humaines.

« Il s’agit d’un mécanisme cellulaire de défense ancestral contre les infections et le manque de nutriments, qui constitue la première menace pour un organisme » Martine Biard-Piechaczyk (CNRS)

« C’est absoument mérité, Ohsumi est une référence dans le domaine, c’est lui qui le premier a découvert le mécanisme de l’autophagie, après des travaux extraordinaires », souligne Martine Biard-Piechaczyk, qui dirige l’équipe « Autophagie et infection » à Montpellier (CNRS). « Il s’agit d’un mécanisme cellulaire de défense ancestral contre les infections et le manque de nutriments, qui constitue la première menace pour un organisme, explique-t-elle. Il permet le recyclage de tout ce qui peut l’être pour rester en vie plus longtemps. »

Dégradation et recyclage sont à l’œuvre dans l’autophagie, qui met en jeu deux processus principaux: un système de vésicules capables d’entourer les constituants à dégrader (microbes ou éléments cellulaires défaillants); leur fusion avec un lysosome, sorte de sac à enzymes qui dégradent ces constituants et permet ensuite leur recyclage par la cellule.

Vieillissement et infections

Les dérèglements de l’autophagie sont impliqués dans nombre de pathologies et dans le vieillissement. « C’est par exemple le cas dans les maladies neurodégénératives, où des agrégats protéiques ne sont pas éliminés, indique Martine Biard-Piechaczyk. Mais aussi dans le cancer ou les maladies infectieuses. » Son équipe étudie ainsi le rôle de l’autophagie dans l’infection par le VIH – « c’est très compliqué, et on est loin d’avoir tout compris », relève-t-elle.

L’autophagie mobilise une communauté de recherche grandissante. Le Japon et les Etats-Unis sont clairement en tête dans la compétition internationale, « mais la France n’a pas à rougir », estime Mme Biard-Piechaczyk. Un Club francophone de l’autophagie (CFATG) réunit les principaux acteurs français, et un réseau européen est en voie de constitution.

Lemonde.fr

L’empereur du Japon va s’adresser au peuple pour évoquer son avenir

août 7, 2016

L’empereur du Japon Akihito le 23 décembre 2015 à Tokyo.

L’empereur du Japon Akihito le 23 décembre 2015 à Tokyo. ? Thomas Peter / Reuters / REUTERS
L’empereur va parler. Le 8 août à 15 heures, heure du Japon, l’archipel découvrira le message vidéo de son souverain Akihito. Un moment rare, puisque depuis 1945, les empereurs du Japon ne se seront directement adressés au peuple que trois fois. La première quand Hirohito (1901-1989) a annoncé la reddition nippone à la fin de la deuxième guerre mondiale, le 15 août 1945. La seconde, par Akihito, cinq jours après le séisme, le tsunami et la catastrophe nucléaire du 11 mars 2011.

Cette fois, la question tournera autour de l’avenir du souverain, sur fond de rumeurs autour de sa possible abdication avant 2020 au profit de son fils aîné, Naruhito, 56 ans, évoquée par les médias le 13 juillet. Le premier ministre, Shinzo Abe, doit également s’exprimer le 8 août, en réaction à cette intervention.

Lire aussi :   Japon : l’empereur s’adressera à la nation lundi

« Symbole de l’Etat et de l’unité du peuple »

En tant que « symbole de l’Etat et de l’unité du peuple » selon la Constitution, Akihito a toujours accordé une grande importance aux devoirs liés à sa charge. Mais le 125e empereur du Japon, monté sur le trône en 1989, est aujourd’hui âgé de 82 ans.

S’il semble plutôt en forme, Akihito a souffert d’une grippe cet hiver. En 2012, il a subi un pontage coronarien, un an après avoir été soigné pour une pneumonie. En 2003, il avait été traité pour une tumeur à la prostate. Il a ces dernières années réduit ses activités protocolaires et aurait fait part à son entourage de ses inquiétudes sur sa capacité à continuer.

En décembre 2015, il avait confié avoir commis des erreurs lors de cérémonies et sentir le poids des ans. L’idée de l’abdication aurait été évoquée. Selon les médias locaux, Akihito s’inspirerait de l’exemple du pape Benoît XVI, qui a cédé sa place en 2013 à François, ou de la reine Béatrice des Pays-Bas, qui a abdiqué la même année à l’âge de 75 ans.

La définition du rôle de l’empereur fixée par la Constitution lui interdisant toute activité à caractère politique, elle l’empêche de mentionner explicitement le mot « abdication ». D’après l’agence de la Maison impériale, pendant son intervention du 8 août, le souverain présentera son opinion sur les devoirs de sa charge et ne devrait que suggérer son désir d’abdiquer.

Pour une abdication, Il faudrait modifier l’actuelle législation sur la Maison impériale, adoptée en 1946, qui ne prévoit pas un tel cas de figure. Le législateur avait semble-t-il voulu éviter d’éventuels débats sur l’abdication d’Hirohito, évoquée après la guerre pour son rôle dans le conflit et finalement rejetée.

De même autrefois, quand l’abdication était fréquente (la dernière date de 1817), les empereurs ayant cédé le trône dans le cadre du système appelé « Insei », le « gouvernement retiré », pouvaient créer de l’instabilité politique en se mêlant des affaires en cours. Ce fut le cas lors de la rébellion Hogen entre 1156 et 1159.

Aujourd’hui, pour modifier la loi, l’empereur doit convaincre l’opinion. Ce qui ne devrait pas être difficile pour ce souverain populaire, qui a toujours cultivé une certaine proximité avec le peuple. Selon un sondage réalisé début août par l’agence Kyodo, 90 % des Japonais trouvent les activités d’Akihito trop importantes. Et 85 % approuvent l’idée de modifier la loi pour permettre son abdication.

Or l’idée de changer la loi embarrasserait le gouvernement du très conservateur premier ministre Shinzo Abe, avec lequel Akihito serait en désaccord sur certains points. L’empereur n’hésite pas à exprimer des excuses pour l’attitude du Japon pendant la guerre alors que l’attitude de M. Abe confine plutôt au révisionnisme. De même, le souverain semble attaché à l’actuelle Constitution affirmant le renoncement à la guerre du Japon, que M. Abe rêve de modifier.

Les débats sur la modification de la loi sur la Maison impériale pourraient repousser ceux que le premier ministre, fort de sa victoire du 10 juillet aux sénatoriales, aimerait lancer sur la révision de la Constitution.

Une succession féminine ?

Le camp conservateur craint également une relance des discussions sur la possibilité d’une succession féminine. La question avait été soulevée après la naissance le 1er décembre 2001 de la princesse Aiko, enfant unique du prince héritier, Naruhito, et de son épouse, Masako.

Le frère cadet de Naruhito, le prince Akishino, avait lui aussi des filles. À terme, la question de l’arrivée d’une femme sur le trône aurait donc pu se poser. Le premier ministre Junichiro Koizumi, en poste de 2001 à 2006, avait évoqué une modification de la législation pour permettre aux femmes de monter sur le trône impérial. Il avait même mentionné la question lors de son discours de politique générale en janvier 2006. La naissance, le mois suivant du prince Hisahito, fils d’Akishino et premier garçon à voir le jour dans la famille impériale depuis 41 ans, avait mis fin au débat.

Shinzo Abe, qui a succédé à M. Koizumi pour un premier mandat à la tête du gouvernement en 2006-2007, avait fait savoir qu’il rejetterait toute tentative pour changer la loi. De nouveau au pouvoir, il ne semble pas près de changer d’avis.

 Lemonde.fr par   Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)

Le Japon commémore le bombardement atomique de Hiroshima

août 6, 2016

Les Japonais ont commémoré samedi le premier bombardement atomique de l’Histoire, effectué il y a 71 ans sur Hiroshima. Le maire de cette ville du sud du Japon a appelé le monde à interdire les armes nucléaires.

La cérémonie annuelle a eu lieu quelques mois après la visite historique de Barack Obama, premier président américain en exercice à se rendre à Hiroshima.

Le 6 août 1945, à 08h15 heure locale, un bombardier B-29 américain baptisé « Enola Gay » larguait sur cette cité la bombe atomique « Little Boy ». Trois jours plus tard une autre bombe atomique, « Fat Man », frappait Nagasaki, conduisant à la reddition japonaise le 15 août et à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

D’une puissance équivalant à près de 16 kilotonnes de TNT, la bombe de Hiroshima a causé une déflagration faisant monter la température au sol à 4000 degrés. « Little Boy » a provoqué le jour même et dans les semaines suivantes le décès de 140’000 personnes.

Interdire l’arme nucléaire
Samedi, 50’000 personnes, dont le Premier ministre japonais Shinzo Abe et les représentants de dizaines de pays, ont observé une minute de silence à l’heure exacte où la bombe avait explosé sur Hiroshima.

Au cours de la cérémonie solennelle, le maire de Hiroshima, Kazumi Matsui, a rappelé dans son allocution la visite de M. Obama et son discours historique.

Cette visite « a été la preuve que le profond désir de Hiroshima de ne pas tolérer le ‘mal absolu’ était partagé par le président Obama », a-t-il affirmé. M. Matsui a appelé le monde à prendre des mesures allant vers l’interdiction de l’arme nucléaire, « forme ultime de l’inhumanité ».

Reste de cet événement l’image émouvante d’un Barack Obama serrant la main d’un survivant et en étreignant un autre. M. Obama, « venu pour rendre hommage aux morts », s’était alors exprimé pour un « monde sans armes nucléaires ».

Engagement de Shinzo Abe
Après avoir déposé une couronne de fleurs, Shinzo Abe a de son côté répété samedi que Tokyo continuerait à travailler à un monde sans armes nucléaires. « Je suis convaincu que (la visite de M. Obama) a apporté un grand espoir au Japon, dans le monde et (particulièrement) à Hiroshima et Nagasaki », a-t-il dit.

Hiroshima et Nagasaki sont un symbole dont le souvenir doit être entretenu de par le monde, jugent les Japonais.

Le 25 juillet dernier, près de 500 écoliers et collégiens nippons participaient à une commémoration au Parc du Mémorial de la Paix de Hiroshima, où ils ont déposé le nombre symbolique de 1000 grues japonaises blanches en origami (papier plié) sur la statue de Sadako Sasaki, la petite fille de 13 ans représentant tous les enfants morts à cause de la bombe atomique.

Des collégiens de l’île de la Réunion ont aussi envoyé récemment des milliers de grues, représentant la paix, en signe de solidarité.

Romandie.com avec(ats / 06.08.2016 12h59)