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Jean-François Copé : blessé par les propos de Sophie Marceau, il demande des excuses

mai 17, 2015
Sophie Marceau vs Jean-François

Sophie Marceau vs Jean-François!

Touché en plein cœur

Jean-François Copé est un homme blessé. Au cours d’un entre­tien avec Society, Sophie Marceau, pas toujours répu­tée pour sa sympa­thie, n’a pas eu que des mots tendres à son égard. Elle a notam­ment déclaré qu’il était « impur », et qu’il aurait « rendu service » à la poli­tique en n’en faisant pas. Dur à encais­ser, surtout pour le cœur d’un fan.

Attristé et un peu remonté, Jean-François Copé s’est donc emparé de son clavier pour réagir sur son blog. « Une insulte. Comme cela. En passant. Qui pour­rait lui en faire reproche ? La méchan­ceté gratuite, la violence verbale sont deve­nues telle­ment natu­relles en France dans le débat public. D’autres se sont lâchés. Alors pourquoi pas elle ?, a-t-il tout d’abord raisonné, avant de s’inter­ro­ger sur les moti­va­tions de la star. Pour­tant, je ne la connais pas person­nel­le­ment. Je n’ai jamais eu avec elle le moindre diffé­rend. Ni la moindre conver­sa­tion au fond. Non, au contraire, comme ciné­phile passionné je vous l’ai dit, je l’ad­mire. »

Un coup dur pour l’ancien président de l’UMP, pour­tant habi­tué aux critiques. Tentant le tout pour le tout, Jean-François Copé s’est donc donné pour mission d’atten­drir la belle Sophie Marceau. « Les mots de Sophie Marceau m’ont blessé, assure-t-il. Non pas qu’ils aient été les pires que j’ai eu à subir. (…) Mais j’ai le souve­nir des calom­nies, des mensonges et des rumeurs affreux dont Sophie Marceau a elle même été victime. Et j’ai pensé, bête­ment pensé, qu’en le lui rappe­lant simple­ment par ce petit texte, elle voudrait bien m’adres­ser un simple mot de regret… »

De son côté, Sophie Marceau conti­nue se s’écla­ter comme une petit folle sur la Croi­sette… Pas sûr que le message soit passé !

Voici.fr par J. D.

France: UMP – Comment Copé a été poussé vers la sortie

mai 27, 2014

RÉCIT. Le président déchu de l’UMP a tout tenté pour rester dans son bunker. Retour sur la descente aux enfers d’un homme que la politique a rendu « fou ».

L'affaire Bygmalion aura coûté son poste de président de l'UMP à Jean-François Copé. © GUILLAUME SOUVANT / AFP

L’affaire Bygmalion aura coûté son poste de président de l’UMP à Jean-François Copé. © GUILLAUME SOUVANT / AFP

« Je souhaite une très bonne année au plus brillant de sa génération. » En ce 1er janvier 1998, cette bonne amie de Jean-François Copé lui a écrit une jolie carte de vœux pour moquer « ce jeune homme brillant » mais « imbu de lui-même » qui rêve depuis qu’il est gosse de s’asseoir dans le fauteuil de l’Élysée. Son destin présidentiel, Copé l’a chevillé au corps depuis son plus jeune âge. Dans sa vie, tout est tendu vers ce but. Mais, depuis deux ans, le député-maire de Meaux a enchaîné les faux pas, déchirant chaque jour davantage le costume présidentiel qu’il essayait de se tailler. L’histoire de Jean-François Copé, c’est celle d’un homme que la politique a rendu « fou ». « Il s’est enfermé dans une bulle avec des collaborateurs qui voient en lui une star, voire un demi-dieu », regrette l’un de ses anciens amis.

« Tricheur en chef »

La descente aux enfers de Jean-François Copé commence le dimanche 18 novembre 2012. Ce soir-là, la salle de presse du siège parisien de l’UMP est noire de monde. Les journalistes attendent les résultats de l’élection du président du parti. À 23 h 32, Copé débarque en trombe et s’empare du micro pour revendiquer sa victoire : « Les militants viennent de m’élire président de l’UMP. C’est pour moi une grande émotion et je leur suis reconnaissant; » À quelques kilomètres de là, dans le 7e arrondissement de Paris, François Fillon regarde le « putsch » de Copé en direct à la télévision, médusé. Quelques minutes plus tard, le téléphone de l’ex-Premier ministre sonne : c’est Copé qui le presse de reconnaître sa victoire. Furieux, Fillon lui rentre dedans : « Je conteste ta victoire. Tu as été bien imprudent d’annoncer toi-même les résultats, d’autant plus que le scrutin est ultra-serré. » La guerre des chefs est déclarée et se déroule en direct sous les yeux ébahis de millions de téléspectateurs. « L’UMP est morte », jubilent socialistes et frontistes. Grâce à la médiation de Jean-Pierre Raffarin, sénateur de la Vienne, l’armistice est signé le 17 décembre 2012. Mais cette guerre sanglante a laissé des traces. Dans les rangs du parti, les adversaires de Copé ne l’appellent plus « Jean-François » mais « putschiste et tricheur en chef ». Le député-maire de Troyes, François Baroin, refuse même de lui serrer la main quand ils se croisent. De plus en plus exaspéré, François Fillon a fini par boycotter les réunions présidées par Copé pour ne pas cautionner « un simulacre de gestion collective ».

Copé contre-attaque

Dans le même temps, l’ancien ministre du Budget apparaît chaque jour davantage comme un ambitieux prêt à tout pour le pouvoir et comme un homme d’argent imprudent. En février, Le Point révèle que Bygmalion, une société de communication fondée par deux proches de Copé, a siphonné les caisses du parti. La justice s’est saisie de l’affaire en lançant une enquête préliminaire sur les comptes du parti. Le 15 mai, Libération affirme que, sur les 20 millions d’euros déboursés par l’UMP à Bygmalion, 13 millions ont été versés pour 55 conventions thématiques dont certaines n’auraient jamais eu lieu… C’est ce jour-là que le patron de l’UMP assure avoir mesuré l’ampleur du scandale. Pour sauver sa peau, le député-maire de Meaux tente de calmer ses détracteurs en promettant « un moment de vérité » après les élections européennes. Il demande à Éric Cesari, directeur général de l’UMP, de rédiger un rapport complet en vue du bureau politique prévu le mardi 27 mai. Il prend rendez-vous avec René Ricol le 21 mai pour lui demander de réaliser un audit des finances du parti. L’ex-pilier de la sarkozie et actuel président du cabinet d’expertise et de conseil financier Ricol Lasteyrie refuse : « Non, je ne ferai pas d’audit financier, il fallait y penser avant que les policiers ne débarquent pour des perquisitions. » Il accepte tout de même de donner ses conseils pour instaurer une « gouvernance exemplaire » à l’UMP. De plus en plus inquiet, Copé est pendu à son téléphone pour convaincre les élus membres du bureau politique statutaire. « Ces douze millions d’euros ont servi à financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, qui a coûté extrêmement cher. Ils n’ont pas été reversés dans une caisse secrète qui pourrait me servir de trésor de guerre le moment venu : c’est honteux d’insinuer cela », répète-t-il à chacun.

Fillon monte au créneau

En vain. Le triomphe de Marine Le Pen aux élections européennes de dimanche sonne l’hallali. Copé est au bord du précipice. Il le sait. Lundi après-midi, Jérôme Lavrilleux, son directeur de campagne, passe aux aveux, les larmes aux yeux, sur le plateau de BFM TV : « Il y a eu des factures présentées à l’UMP qui correspondaient à des dépenses faites pour la campagne de Nicolas Sarkozy. (…) Ni Nicolas Sarkozy ni Jean-François Copé n’ont été mis au courant des dérives des comptes de cette campagne. » Un « moment de cinéma » – dixit un filloniste – qui ne suffira pas à sauver Copé. Il est trop tard. François Fillon a décidé de porter le coup de grâce à celui qui lui a « volé » sa victoire à la présidence du parti. Lundi, l’ex-Premier ministre s’entretient avec François Baroin. « Je vais prendre des risques. Même si je suis minoritaire, je compte demander à Copé de se retirer. Je le fais en pensant à nos militants », lui explique-t-il. Dans la soirée, le député de Paris réunit une quinzaine de parlementaires dans son bureau de l’Assemblée nationale pour leur faire part de sa décision. Pendant ce temps, les sarkozystes s’activent en coulisse. Un mot d’ordre est passé : « Préservons l’unité du parti avant tout. Ce n’est pas le moment de faire tomber Copé. » Ils ne seront pas écoutés. Se contentant tout d’abord d’appeler Copé à « une transparence totale », Bruno Le Maire, Xavier Bertrand et les autres réclament eux aussi sa tête.

Copé au « tribunal »

Mardi matin, à 8 h 30, la salle de l’Assemblée nationale dévolue aux députés UMP devient « tribunal », dixit un élu. Jean-François Copé déplace une chaise et s’assoit seul face à tous les membres du bureau politique. L’air grave et les traits tirés, il plaide sa cause. Sont notamment présents Alain Juppé, François Fillon, François Baroin, Nathalie Kosciusko-Morizet. « Je ne te crois pas ! » lâche cette dernière après l’explication du président contesté de l’UMP. « Tu ne peux pas rester, tu dois démissionner », assène Baroin. « Nous n’avons que quelques semaines pour sauver l’UMP du désastre », souffle Fillon. Les discussions s’éternisent, mais Copé tient bon. Finalement, il cède en entendant que Jean-Pierre Raffarin – ce bon ami avec qui il a marché sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle – le pousse aussi à la démission. « Entre l’amitié et l’éthique, il faut choisir », se justifie ce dernier. Il est décidé que toute la direction de l’UMP – dont son président – démissionnera le 15 juin. En attendant une nouvelle élection mi-octobre, une direction collégiale sera mise en place.

« L’orage passera »

Malgré sa déchéance, Copé affiche un sourire forcé. « J’ai démissionné pour préserver l’unité de ma famille politique. L’orage passera. Je ne renonce pas à la vie politique », confie-t-il après coup à Jean-Pierre Raffarin, Christian Jacob, Michèle Tabarot et Valérie Debord, venus le réconforter. Dans les jours qui viennent, Jean-François Copé quittera son bureau de président au 8e étage de l’immeuble de la rue de Vaugirard. Sur son bureau trône une statuette de Zorro à cheval, cadeau de sa mère lors de son entrée au gouvernement en 2002. La figurine suivra Copé dans ses prochaines aventures : « Zorro ne désarçonne jamais ». Cela sonne comme un avertissement. Jusqu’à la prochaine offensive. Sa liberté de parole retrouvée, Copé ambitionne de redevenir le héraut de la « droite décomplexée » lors de la prochaine présidentielle.

Lepoint.fr par Ségolène de Larquier avec Hugo Domenach

France/Révélations: « Tout le monde savait pour Copé », dit le député UMP Lionel Tardy

février 27, 2014

À la suite des révélations du « Point » sur Jean-François Copé, l’élu a publié un tweet dans lequel il explique pourquoi il n’a « pas participé au Sarkothon ».

« Tout le monde savait pour Copé », dit le député UMP Lionel Tardy

La guerre fait rage au sein de l’UMP. Le député UMP Lionel Tardy, proche de François Fillon, a profité des révélations du Point sur les 8 millions d’euros versés à ses amis par Jean-François Copé pour dézinguer son patron. « Tout le monde savait pour Copé, c’est la raison pour laquelle je n’ai pas participé au Sarkothon », explique l’élu de Haute-Savoie dans son message. Selon BFM TV, le directeur de campagne de Jean-François Copé, Jérôme Lavrilleux, a annoncé son intention de porter plainte contre Lionel Tardy. Le Point a révélé jeudi comment Jean-François Copé a sponsorisé avec l’argent de son parti la société de communication fondée par deux de ses proches. Selon des documents dont Le Point a eu connaissance, Event & cie, la filiale événementielle de Bygmalion, a profité de la période faste de la présidentielle pour charger la mule sur certaines prestations facturées à l’UMP hors appels d’offres. Lors des meetings, les frais de traiteur, de retransmission vidéo et d’éclairage atteignaient parfois le double des tarifs habituels.

Interrogé par BFM TV, Lionel Tardy a répété que, pour lui, « ce n’est pas une surprise » et qu’il l’avait « déjà dit à l’époque ». « Surpris » que cette affaire ne ressorte que « deux ans après », l’homme appelle à « réellement s’intéresser au fonctionnement financier de notre parti politique ». « Tout cela s’est passé bien avant la guerre de chefs au sein de l’UMP », mais « cela a fait partie de mes critères de choix » entre Copé et Fillon, a encore précisé le soutien de l’ancien Premier ministre à la chaîne d’information en continu. Lionel Tardy a aussi évoqué un « coût stratosphérique » de meetings de campagne présidentielle.

« Il faut qu’on ait la transparence qu’on n’a pas aujourd’hui, avec de vraies réponses sur tous les frais de l’UMP : qui, à quel prix, avec une mise en concurrence », selon le député. « Il s’agit de « savoir si l’argent de nos adhérents est bien utilisé ». Pour lui, « le schéma de la présidentielle est toujours en cours à l’UMP entre Copé, Lavrilleux et Bygmalion ». « Ce qui me gêne, c’est qu’il ait fallu demander une participation financière aux militants » qui ont comblé le trou de 11 millions d’euros creusé par le rejet des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy. Pour M. Tardy, il y a eu « des coûts stratosphériques de meetings de campagne présidentielle » qui ont empêché l’UMP d’avoir une marge de manoeuvre. « S’ils avaient pris un peu plus de précautions, on n’aurait jamais dépassé les plafonds des comptes de campagne ».

Lepoint.fr

Théorie du genre : la littérature jeunesse, un danger pour nos enfants ?

février 13, 2014

Le mouvement anti-genre s’en prend à la littérature jeunesse, accusée de semer aujourd’hui la « confusion » chez les enfants. Mais a-t-elle vraiment évolué ?

Illustration de couverture de l'album "Tango a deux papas... et pourquoi pas ?" de Béatrice Boutignon (Le Baron perché). © Le baron perché

Illustration de couverture de l’album « Tango a deux papas… et pourquoi pas ? » de Béatrice Boutignon (Le Baron perché). © Le baron perché

Estomaqués, les éditeurs. « Tristes », « consternés », malgré, parfois, une légère envie de rire. La croisade de Jean-François Copé contre Tous à poil ! n’a pas (seulement) permis au livre de se classer en deux jours en tête des meilleures ventes Amazon. Elle a aussi redonné du souffle aux « anti-genre » qui, depuis plusieurs semaines, traquent dans les catalogues jeunesse les titres qu’ils jugent inconvenants. Des « parents soucieux de l’éducation de leurs enfants », selon les termes de la chef de file du Printemps français Béatrice Bourges, exigent désormais des bibliothèques le retrait de livres qui, selon eux, « sèment la confusion » dans le crâne des petits. Comme Tango a deux papas, que le maire du Chesnay (Yvelines), à force de harcèlement, a fini par déplacer du rayon enfants… au rayon parents.

À l’appui de cette entreprise d’inquisition : des listes comme « 92 albums jeunesse pour bousculer les stéréotypes fille-garçon », produite par l’association ardéchoise L’atelier des merveilles, qui ne s’impose absolument pas aux enseignants, et où depuis 2012 figure Tous à poil ! Farida Belghoul, qui a lancé la « journée de retrait de l’école » ou le blog réactionnaire « Salon Beige », égrène, comme certains leaders de l’opposition, des titres désormais bien connus : Jean a deux mamans, Papa porte une robe, Mademoiselle Zazie a-t-elle un zizi ?, Dis… mamans… De quoi donner l’impression d’une vaste campagne en faveur de la « théorie du genre » et de la communauté LGBT.

« Petit-Bleu et Petit-Jaune », héros gays ?

Les livres sur l’identité n’ont pourtant rien de neuf, expliquent les éditeurs. « Mademoiselle Zazie a-t-elle un zizi ? a été publié en 1998 et s’est écoulé à plus de 100 000 exemplaires », souligne Marianne Durand, directrice générale de Nathan Jeunesse. Le héros du livre est un petit garçon pour qui le monde se découpe en « avec zizi » et « sans zizi » – les premiers étant, bien sûr, plus forts que les seconds -, jusqu’à ce qu’il rencontre une gamine qui se bat aussi bien que lui, grimpe aux arbres et ne fait pas de dessins nunuches. « La conclusion est simplement qu’il ne manque rien aux filles », explique l’éditrice. « La littérature jeunesse a toujours capté les questions que se posaient les enfants, de façon d’ailleurs légitime, les relations entre filles et garçons en font évidemment partie. »

Même analyse à L’École des loisirs, visée pour Jean a deux mamans, publié en 2004. « Nous ne travaillons pas par commandes : nous partons des projets des auteurs et notre but premier est de faire des livres intelligents, qui aient du talent », souligne Louis Delas, directeur général de la maison. Parmi les stars du catalogue, rappelle-t-il, figure depuis les années cinquante Petit-Bleu et Petit-Jaune, de Léo Lionni, vendu à des centaines de milliers d’exemplaires et où certains lisent une évocation de l’homosexualité. « Le livre parle des différences et de la tolérance, note Louis Delas. Il a été révolutionnaire, c’est désormais un classique. »

Manchots et homos

« N’en déplaise à Jean-François Copé, la littérature pour enfants n’est pas le lieu de l’apprentissage et de l’éducation, ni morale ni sexuelle, s’insurge dans une tribune publiée par Le Monde Sylvie Vassallo, directrice du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis. La littérature raconte des histoires. La fiction permet aux enfants de se comprendre, d’apprendre l’autre, de se confronter aux peurs qui les taraudent, d’apporter des réponses aux multiples questions qui les traversent. » Faut-il interdire Le Petit Poucet, où des parents pauvres cherchent à se débarrasser de leurs enfants ? Peau d’âne, où un père s’éprend furieusement de sa propre fille ? Sans parler de Titeuf, le héros de Zep obsédé par le « zizi sexuel »…

Si évolution il y a, elle ne date donc pas de l’arrivée du gouvernement socialiste au pouvoir, de la loi Taubira sur le mariage pour tous ni des ABCD de l’égalité. Mais elle tient, sans doute, à une évocation plus explicite dans les albums de l’homosexualité ou de l’homoparentalité. Tango a deux papas vient ainsi d’une histoire vraie, passionnément suivie en son temps par les New-Yorkais : celle d’un couple de deux manchots mâles au zoo de Central Park à qui, en 2000, un oeuf avait été confié. « Les albums prennent évidemment en compte les évolutions de la société, estime Brigitte Stephan, codirectrice du Baron perché, qui a édité le livre. Ils ont aussi un rôle de médiation, afin de faire comprendre aux enfants un certain nombre de choses. » Le livre, admet-elle, aurait « sans doute » été plus difficile à faire il y a dix ou quinze ans. Il est sorti début 2010 sans rencontrer le moindre problème.

Pas de déferlante

Anne Rambach, qui en 2003 a publié Dis… mamans aux éditions Gaies et Lesbiennes qu’elle avait fondées avec sa compagne en 1997, le dit plus nettement : « Aucun titre, il y a une dizaine d’années, n’évoquait la question de l’homoparentalité. À l’époque où nous avons publié ce livre, nous attendions notre première fille – nous nous étions rendu compte que la particularité de notre famille n’existait nulle part dans les collections jeunesse », explique-t-elle. Si l’ouvrage passe alors sans problème sous les fourches caudines de la commission qui, depuis 1949, inspecte les livres destinés aux enfants, les libraires se montrent plus mitigés. « Certains ne voulaient pas le mettre en rayon, ni le commander », raconte-t-elle.

Aujourd’hui pourtant, les titres qui hérissent les réactionnaires suscitent l’intérêt. « On nous demande davantage depuis quelques mois des livres qui ne véhiculent pas les clichés filles-garçons, témoigne une libraire spécialisée à Paris. Mais nous avons aussi des clients manifestement crispés sur la question, qui revendiquent par exemple d’acheter à une petite fille une histoire de princesse, comme si ce n’était plus possible… » En dix ans, confirme-t-elle, les albums évoquant l’homoparentalité se sont développés. Pas de déferlante, cependant. Ils sont souvent achetés par des familles directement concernées par la question, estime-t-elle. Et restent très peu nombreux.

Lepoint.fr par Marion Cocquet