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Québec: Lisée quitte son poste de chef après la défaite crève-cœur du PQ

octobre 2, 2018

 

Lisée quitte son poste de chef après la défaite crève-coeur du PQ
© Graham Hughes Lisée quitte son poste de chef après la défaite crève-cœur du PQ
 

Devant le douloureux revers encaissé par sa formation, qui a perdu son statut de groupe parlementaire à l’Assemblée nationale en obtenant son pire nombre de sièges depuis 1973, et sa propre défaite dans sa circonscription de Rosemont, Jean-François Lisée a annoncé lundi soir qu’il quittait son poste de chef du Parti québécois, deux ans après avoir pris le relais de Pierre Karl Péladeau à la tête du PQ.

 

« La volonté populaire de choisir la CAQ, de s’assurer de déloger les libéraux était plus forte que tout. Il s’agissait d’un courant puissant irrésistible », a déclaré Jean-François Lisée devant des dizaines de militants affligés à l’Usine C, à Montréal.

Pour l’emporter, il nous fallait remonter les chutes du Niagara à la rame. Nous avons ramé mes amis, nous avons ramé à nous en arracher la peau des mains.

Jean-François Lisée

Défait dans sa circonscription par l’ex-chroniqueur Vincent Marissal, de Québec solidaire, Jean-François Lisée a également annoncé qu’il quittait son poste de chef de parti.

« Je serai à vos côtés lors des prochaines batailles, toujours. Je prends une bonne part de responsabilité dans les résultats d’aujourd’hui. Mais j’aime croire aussi que le parti, ses membres, son financement, son programme, son énergie en disent bien plus loin sur notre travail commun que le nombre de nos députés », a affirmé le chef péquiste.

C’est dans une ambiance mortuaire teintée d’amertume que les dizaines de militants péquistes réunis à l’Usine C ont assisté toute la soirée à la déroute de leur parti.

Lorsque les médias ont annoncé que la CAQ formerait le prochain gouvernement, les organisateurs ont coupé le son des chaînes de télévision pour mettre de la musique dans la salle.

Dans les haut-parleurs, la chanson de Gilles Vigneault : « Tout l’monde est malheureux… Tam ti dela da ti… »

Le même scénario s’est répété chaque fois que les caméras montraient les caquistes célébrant leur victoire.

« Après des milliers de mains serrées […] on peut être fiers […] C’est le PQ qui a fait la meilleure campagne! », clame l’animateur de la soirée, le comédien Fabien Dupuis, devant une foule à la mine déconfite.

« Il y a une consolation, les libéraux sont chassés », confie Éric Leblanc, un militant qui s’était habillé tout en bleu avec son chapeau de cowboy pour la soirée. Chaque fois qu’un péquiste était réélu, la salle applaudissait. Chaque petite victoire, comme Pascal Bérubé dans Matane-Matapédia ou Harold Lebel dans Rimouski, était soulignée.

Peu avant 21 h, la présidente du Parti québécois répète sur scène que le PQ a fait une bonne campagne.

« Le Parti québécois a étonné, a impressionné », insistait Gabrielle Lemieux, alors que les chiffres du parti dégringolaient sur deux gros écrans derrière elle. Sur Twitter, le chef Jean-François Lisée a félicité le nouveau premier ministre, François Legault. « La grande volonté de changement s’est canalisée en sa faveur », a-t-il dit.

« Les Québécois veulent du changement, mais je ne pense pas qu’ils savent ce que ça veut dire comme changement », maugréait un militant qui a préféré ne pas donner son nom.

Peu de consolations

La réélection de la vice-cheffe du PQ a fait office de mince consolation.

« C’est un bon résultat pour Joliette, j’ai même augmenté mon pourcentage, je veux leur dire merci [à mon équipe] du fond du cœur », a dit Véronique Hivon sur les ondes de Radio-Canada.

Au cours de la journée, Jean-François Lisée avait confié avoir uniquement préparé deux discours : un scénario de gouvernement péquiste « majoritaire » et « minoritaire ».

C’est celui de la défaite qu’il livrera. Non sans décocher quelques flèches à ses adversaires.

« Alors que nous ramions pour remonter avec quelques succès, d’autres travaillaient dans nos circonscriptions pour nous arracher des rames », a-t-il dit, en référence à Québec solidaire.

Jean-François Lisée semble avoir gardé un goût amer de l’échec de la convergence.

« Il y a deux ans […] je visualisais cet engouement nouveau de la jeunesse autour du PQ et de QS. Je proposais que nos deux partis additionnent leurs forces, notre offre était sincère. Si le congrès de QS avait accepté notre main tendue, il y a fort à parier que l’élection de ce soir offrirait un tout autre résultat », affirme-t-il.

Appel au rassemblement

« On ne peut pas réécrire le passé, mais il faut en tirer des leçons à l’avenir », a ajouté M. Lisée, appelant les forces souverainistes à s’unir.

Pour l’heure, le peuple a parlé.

Jean-François Lisée

Jean-François Lisée dit également avoir appelé François Legault pour l’inviter à utiliser certaines idées du PQ.

« J’ai dit à François […] je t’invite toi et tes futurs ministres à lire notre programme et à prendre le maximum d’idées possibles! Il n’a pas dit non! J’ai dit : « regarde surtout le bout sur l’environnement » », a-t-il expliqué.

Jean-François Lisée a terminé son discours en saluant son équipe, ses conseillers, sa conjointe Sylvie Bergeron et les 125 candidats du PQ.

« Écoutez-moi bien, les 125. Le verdict de l’électorat ne porte pas sur votre talent, votre dévouement […] vous avez été emportés par une vague et lorsque la vague se retirera. »

Radio-canada.ca par Julie Marceau avec msn

Canada/Québec: Opération charme au PQ

janvier 9, 2017

Jean-François Lisée a rencontré les médias pour discuter... (Photothèque Le Soleil)

Jean-François Lisée

Jean-François Lisée a rencontré les médias pour discuter de son plan d’action qui vise à attirer dans le giron péquiste les Québécois issus de l’immigration, une clientèle qui a tendance à voter davantage pour le Parti libéral du Québec.

Le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, souhaite «aller plus loin qu’avant» pour rejoindre les communautés culturelles et il croit que sa proposition de ne pas faire de référendum dans un premier mandat risque de l’avantager en ce sens.

«Le fait qu’on n’ait pas décidé de tenir de référendum dans le premier mandat est une façon de détendre l’atmosphère», a expliqué M. Lisée, en point de presse, dimanche après-midi, à Montréal.

Le chef du PQ a rencontré les médias pour discuter de son plan d’action qui vise à attirer dans le giron péquiste les Québécois issus de l’immigration, une clientèle qui a tendance à voter davantage pour le Parti libéral du Québec (PLQ).

Pour ce faire, il a confié le mandat à sa conseillère spéciale en matière de diversité, Évelyne Abitbol, de tenter de tisser des liens avec ces électeurs. Carole Poirier, la whip en chef du PQ et porte-parole sur l’immigration et les communautés culturelles, s’occupera pour sa part à mobiliser les membres et ses collègues députés sur cette question.

«Pendant la campagne au leadership, Jean-François a réuni une vaste coalition de la diversité. Cette vaste coalition, il faut maintenir ces liens et la rendre active», a soutenu Mme Poirier.

Selon le chef du Parti québécois, le fait de mettre le référendum de côté pendant quatre ans permettra au parti d’accueillir plus de communautés culturelles, qui seront plus réceptives à ses messages.

Communication «fluide»

«Il y a des gens qui sont d’accord avec nous, mais qui ne nous connaissent pas assez […] Nous, on a décidé de ne pas en tenir [de référendum], alors est-ce qu’on peut ouvrir les portes, les oreilles, les conversations? On pense qu’il va y avoir plus de fluidité», a-t-il expliqué.

M. Lisée estime que certains de ces électeurs ne connaissent pas assez bien de son parti parce qu’ils se font toujours dire par le PLQ qu’un vote pour le PQ équivaut à un vote contre le Canada.

Le chef du PQ ne s’est pas avancé sur ce qui a pu nuire à son parti par le passé auprès des communautés culturelles, mais il dit vouloir profiter du vent de changement amené par la récente course à la direction.

«Cette curiosité et cette présence de beaucoup de membres de la diversité dans ma campagne, dans celle d’Alexandre [Cloutier], de Martine [Ouellet] et de Véronique [Hivon], pour moi, c’est un fait nouveau intéressant. Il faut miser là-dessus», a-t-il souligné.

Interrogé sur la possibilité que le PQ ravive la Charte des valeurs de l’ancien gouvernement Marois sur laquelle il avait été très critiqué, M. Lisée a fait valoir que ses propositions sur laïcité étaient beaucoup plus «pragmatiques» et «ouvertes» que l’ancienne politique prônée par son parti.

«C’est clair que notre message est plus attrayant pour les membres de la diversité qui ont une vision plus laïque sur l’avenir du Québec et ils sont très nombreux», a-t-il soutenu en anglais.

Le Parti québécois affirme qu’il mettra en place une «série d’actions» dans les prochaines semaines, ce qui inclut la création d’un comité pour la diversité dans les instances du parti.

Lapresse.ca avec Le Soleil

Charte : Marois salue la contribution du « citoyen » Parizeau

octobre 3, 2013

La première ministre Marois réagit à la lettre ouverte de Jacques Parizeau sur le projet de charte des valeurs québécoises. La première ministre Marois accueille favorablement la contribution de Jacques Parizeau comme citoyen québécois au débat sur la Charte des valeurs. Pauline Marois réagit ainsi à la lettre d’opinion de l’ancien premier ministre sur le projet de charte du gouvernement.

« M. Parizeau est un citoyen québécois, il a droit de prendre position comme tous les citoyens du Québec et de contribuer au débat, alors c’est dans ce sens que j’accueille son point de vue. »
— Pauline Marois

Même discours du côté de Bernard Drainville, ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, et de Jean-François Lisée, ministre responsable de la région de Montréal.

Bernard Drainville salue la contribution constructive de Jacques Parizeau, comme citoyen québécois, tout en reconnaissant que l’ancien premier ministre péquiste a un poids certain dans le débat.

Quant au ministre Lisée, il souligne qu’aucun grand débat ne peut se dérouler au Québec depuis les années 60 sans que M. Parizeau ne donne son avis, et qu’il enrichit toujours la discussion. Il fait valoir que, sur la question du balisage des accommodements religieux, M. Parizeau est d’accord avec le projet de charte du PQ.

Le ministre Lisée estime que la position de M. Parizeau sur l’interdiction des signes religieux ostentatoires est plus ambitieuse que celle des libéraux, et moins ambitieuse que celle de la CAQ. Quant au crucifix à l’Assemblée nationale, le ministre y est allé avec une boutade : « Sur la question du crucifix, il est plutôt Femen ». M. Lisée faisait allusion aux trois militantes se réclamant du mouvement Femen qui ont perturbé la période de questions à l’Assemblée nationale pour protester contre la présence du crucifix au Salon bleu.

« Une remontrance au Parti québécois »

Le chef parlementaire libéral, Jean-Marc Fournier, constate pour sa part que Jacques Parizeau « a fait une remontrance au Parti québécois sur les excès de son champ de bataille électoral ».

Il ajoute que « le code vestimentaire reste un champ de bataille électoral qui constitue des menaces à la cohésion sociale ». Il affirme que le PQ ne veut de toute façon pas de consensus sur le sujet : « Il veut gratter le bobo parce que c’est ça son champ de bataille électoral ».

Bien des discussions à venir

Le ministre Drainville affirme qu’il n’est pas question de reculer sur les grands principes du projet de charte, soit la laïcité de l’État et l’égalité homme-femme. Pour le reste, « on va prendre en considération tous les commentaires qu’on a eus ». Tout est sur la table dit-il, que ce soit le droit de retrait des institutions quant à l’interdiction des signes religieux ostentatoires, la prière aux séances des conseils municipaux, ou encore le crucifix à l’Assemblée nationale

Radio-Canada.ca