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Congo-Décès de Clément Mouamba : Jean Itadi se souvient de la modestie, du savoir et de la sagesse du disparu

octobre 30, 2021

Le président du Congrès africain pour le progrès (CAP), Jean Itadi, au cours d’une interview accordée à la presse le 30 octobre à Brazzaville, a salué la mémoire de l’ancien Premier ministre, Clément Mouamba, décédé la veille à Paris, en France.

Jean Itadi/Adiac

Tous deux anciens membres de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (Upads) et ministres dans le premier gouvernement de Pascal Lissouba, Jean Itadi garde un témoignage émouvant de Clément Mouamba. « Je perds, à titre personnel, beaucoup. Clément c’est un confident, un ami, un camarade, parce que nous n’avons pas eu d’ombre, c’est terrible », s’ est exprimé le président du CAP.

Selon lui, le député de Sibiti 1 était le triomphe de l’intelligence d’autant plus qu’il n’était pas quelqu’un sorti d’un milieu de riches. « Clément est orphelin, il s’est fait. Depuis Ingambelé, à Sibiti, en passant par le lycée technique jusqu’à ses formations de banquier et d’économiste, son ascension politique : ministre des Finances et Premier ministre, il s’est fait par l’intelligence conceptuelle, émotionnelle et sociale. C’est un homme qui méritait d’apporter encore… », a-t-il témoigné.

En termes d’héritage à tirer de Clément Mouamba, Jean Itadi a cité une capacité du travail, une certaine relation à l’humain et une volonté de ne pas bousculer les choses, tout en voulant des changements. « Clément était un réformiste, il pensait que les choses devaient évoluer, mais il faut donner le temps au temps. Clément a été un sage. Avec sa sagesse, il apparaissait même parfois trop modeste que ce qu’il était. Combien de gens ont le parcours et la connaissance de Clément ?… Il n’y en a pas beaucoup. On peut tirer de lui l’humilité, la modestie, le savoir, la connaissance, la sagesse. C’est une éducation pour la vie », a poursuivi le président du CAP.

La mort de Clément Mouamba est intervenue quelques semaines après celle de Christophe Moukouéké et de Dominique Nimi Madingou, tous anciens membres de l’Upads. De quoi à inquiéter Jean Itadi. « Quand vous perdez en moins de deux mois Christophe Moukouéké, Nimi Madingou, Clément Mouamba, on se pose de questions. C’est dévastateur parce qu’on perd des intelligences, un confort spirituel et moral, des compagnons et des amis. Je suis désolé au sens où il y a un désert autour de moi…La disparition de Clément Mouamba est un départ de trop, on en avait pas besoin », a-t-il laissé entendre.

Interrogé sur la disparition de cette classe politique qui se fait au fur et à mesure, le président du CAP pense qu’il n’est pas loin d’une ère de bouleversement. « Oui, il y a un monde qui s’en va, c’est clair que les générations d’avant indépendance vont partir les unes après les autres et que malheureusement, on perdra avec beaucoup d’entre eux des bibliothèques entières », a conclu Jean Itadi, espérant que de toutes ces disparitions naîtront d’autres potentialités pour faire avancer le pays. 

Avec Adiac-Congo par Parfait Wilfried Douniama

Congo: Interview de Jean Itadi, président du Cap, après la disparition de Nimi Madingou et de Christophe Moukoueké

octobre 4, 2021

Le Congrès africain pour le progrès (CAP) pleure depuis quelques jours ses deux vice-présidents, Dominique Nimi Madingou et Christophe Moukouéké, décédés respectivement le 23 septembre à Paris, en France, et le 30 septembre à Brazzaville. Dans une interview accordée à la presse, le président du CAP, Jean Itadi, revient sur ce double choc, les préparatifs des prochaines élections ainsi que la main tendue du premier secrétaire de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (Upads).

Jean Itadi/Adiac

Les Dépêches de Brazzaville (L.D.B) : Vous venez de perdre deux membres influents du parti, comment vivez-vous ces moments ? 

Jean Itadi (J.I) : C’est un moment difficile, ce n’est pas simplement deux co-fondateurs du CAP, mais ils sont les vice-présidents du parti. Ils partent en une semaine pratiquement, le destin est parfois cruel. C’est une période très difficile, je ne peux être que triste parce qu’il est évident que j’étais bien plus content quand j’avais ces camarades autour de moi. Maintenant que je perds quelques-uns parmi les plus importants, c’est comme si vous dirigiez une troupe et que les principaux officiers tombent. Il n’y a pas de gaité, ce n’est pas possible.

L.D.B : Peut-on dire que votre rêve vient d’être brisé ?

J.I : Non ! Pas du tout. Ce que nous avons appris de notre éducation personnelle, c’est que dans la diversité, il faut s’affirmer. Si nous devions baisser les bras maintenant, nous ne serons pas à la hauteur de la tâche qui est la nôtre. Ils nous ont choisi pour diriger ce parti, c’est pour faire aboutir les rêves qui sont les nôtres. C’est l’occasion plus que jamais de mobiliser celles et ceux qui auraient pu douter pour dire : ils sont partis mais nous devons tout faire pour gagner afin qu’ils se disent que nous sommes partis, mais le travail se poursuit.

Parce que très peu de partis gagnent avec leur créateur. Pascal Lissouba est l’un des rares, dans les partis démocratiques. Généralement, les créateurs partent et ce sont les générations futures qui viennent et qui gouvernent. Mais, si dans cette marche, les successeurs, les uns avec les autres abandonnent le combat parce qu’il y a un premier obstacle, c’est la catastrophe.

L.D.B : Avec qui allez-vous continuer le combat ?

J.I : En fait, c’est un peu curieux. Il y a quelques temps, nous avons décidé de rajeunir la direction du parti, de faire entrer des intelligences nouvelles, dirigeants généralement jeunes, plein de talent et qui avaient pour le pays un amour certain. Ces jeunes-gens étaient déjà avec nous, il y a d’autres qui arrivent, ils vont faire de sorte que l’instrument soit dans les bonnes mains. Il y a des gens qui viennent, ils savent que leur place est au CAP. Que la disparition des deux vice-présidents n’amène pas le président à lâcher. Il y en a qui adhèrent, qui veulent jouer le rôle. Nous allons transformer ce malheur en force et nous serons plus forts.

L.D.B : Le premier secrétaire de l’Upads, Pascal Tsaty-Mabiala, a tendu la main aux anciens du parti pour le regagner, comment avez-vous appris cette invite ?

J.I : La chance que certains ont, c’est qu’ils n’ont pas été les compagnons de Lissouba, ils ne le connaissent pas. Beaucoup d’entre eux croient que Pascal Lissouba et son combat politique ont commencé avec l’Upads. Le Premier secrétaire de l’Upads nous a tendu la main, mais en politique, on ne procède pas de la sorte. S’il veut qu’on se retrouve, il faut poser les bonnes questions : nous allons nous retrouver pourquoi ? Est-ce qu’on se retrouve parce que nous avons été à des étapes différentes? Le Congo connaît des évolutions, on a défini une ligne politique qui nous permet de nous retrouver mais on ne se retrouve pas comme cela.

Un parti politique ce n’est pas un « matanga », un parti politique ce sont les hommes et les femmes qui se retrouvent pour un combat, mais un combat suppose une direction. Quelle est la direction ? Est-ce qu’on viendra-là pour dire que vous étiez les vice-présidents, on va vous mettre quelque part, puis allons-y seulement? …Ils étaient bien contents qu’on se sépare, pourquoi maintenant on devrait se retrouver ? S’ils veulent, qu’ils mettent en place un programme politique et demandent que l’actuelle direction de l’Upads discute avec les partis politiques qui ont la même ligne. Tendre la main pourquoi, nous avons commis quel crime?

L.D.B: Vous avez boycotté l’élection présidentielle de mars dernier, ce sera-t-il le cas pour les législatives et locales à venir ?

J.I : Je dois vous dire que c’est triste pour le pays, depuis les élections de 1992, le Congo n’a jamais organisé des élections justes, libres et transparentes. C’est la honte du pouvoir parce que c’est une de ses missions de faire que l’alternance, la dévolution du pouvoir se fasse selon les règles démocratiques. Nous ne pouvons pas nous dire qu’on se prive d’élections définitivement sinon pourquoi avoir créé un parti politique? Mais, nous sommes simplement attristés du fait que c’est un coup d’épée dans l’eau. Quand vous avez l’exécutif qui est de la même couleur de manière complète que le législatif, il y a des chambres introuvables parce qu’en démocratie, il y a la séparation des pouvoirs.

 En démocratie, il faut accepter le pluralisme, la compétition, il faut que la population choisisse les meilleurs fils du pays pour conduire les destinées ou la représenter. Nous serons aux élections, nous ferons notre part de travail pour aller aux élections et nous espérons que le pouvoir va bien les organiser cette fois-ci. 

Avec Adiac-Congo propos recueillis par Parfait Wilfried Douniama

Congo: Les raisons du refus du CAP de Jean Itadi suite à l’invitation du CSCPRC de Marius Mouabenga

mars 26, 2015

COMMUNIQUE DU CAP

Le CAP a été invité par le Comité de Suivi de la Convention pour la Paix et la Reconstruction du Congo, en vue d’un entretien relatif au changement ou non de la constitution du 20 janvier 2002 et au dialogue.

CONGRES AFRICAIN POUR LE PROGRÈS

PRESIDENCE

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COMITE PERMANENT

Par la lettre no 36/PR/CSCPRC/CG/CAB du 27 février 2015, le CAP a été invite par le Comité de Suivi de la Convention pour la Paix et la Reconstruction du Congo, en vue d’un entretien relative au changement ou non de la Constitution du 20 janvier 2002 et au dialogue.

Le Comité de Suivi de la Convention pour la Paix et la Reconstruction du Congo a été mis en place au lendemain d’un dialogue non inclusif abusivement dit « dialogue national sans exclusive » tenu à Brazzaville en 2001.

C’était, pensions-nous, pour veiller à la paix et préserver l’unité et la cohésion nationales. Voici donc 14 ans depuis que votre Comité a été mis en place.  Pourrions-nous faire son bilan aux plans de la paix, de l’unité et de la cohésion nationale ?

En tout cas, nous avons été étonnés de l’initiative de ce Comité à discuter avec nous du changement ou non de la constitution et du dialogue national inclusif.

Nous avons répondu à cette initiative par simple civilité, car nous considérons que ce Comité n’ a aucune compétence pour discuter avec les partis politiques qui ont dit NON au changement de la constitution, donc NON à un troisième mandat du Président D. Sassou Nguesso et ont exigé la convocation d’un dialogue national en vue de revoir fondamentalement la gouvernance électorale dans notre pays.

La position du CAP est donc bien connue par vous

– Nous sommes contre le changement de la constitution,

– Nous exigeons sans délai la convocation du dialogue, non pas pour discuter du changement ou non de la constitution, débat inopportun selon nous, mais de reformes sur la gouvernance électorale.

Nous n’avons en réalité rien à discuter avec votre Comité. Nous allons simplement profiter de cette occasion que vous nous donnez pour vous poser trois questions:

  1. Le Comité pense-t-il que le changement de la constitution par le Président D. Sassou Nguesso n’est-il pas un acte d’incivisme, de trahison du serment, et une forfaiture qui pourraient troubler l’ordre public et mettre la paix en péril ? Le meilleur moyen d’éviter les troubles et la guerre ne consiste-t-il pas précisément à respecter l’ordre constitutionnel et les lois de la République ?
  2. Le Comité, pense-t-il que le dialogue que nous appelons de tous nos vœux en vue de régler la question  électorale dans notre pays est une mauvaise chose? Croit-il que les élections se passent si bien dans notre pays qu’il n’est pas nécessaire d’en parler dans l’intérêt de la paix?
  3. N’est-ce pas que c’est avec le Président D. Sassou Nguesso que votre comité devrait discuter pour l’amener à comprendre qu’après 32 ans de présidence de notre pays, il lui faut aider son pays à préparer proprement l’alternance   démocratique en 2016, dans la paix, dans la quiétude et dans la confiance mutuelle? Au lieu de cela, il procède malheureusement par la manipulation, l’intimidation, l’achat des consciences, l’intrigue pour ensuite prétendre que c’est le peuple congolais souverain qui demande le changement de la Constitution. Le peuple congolais, nous le savons tous, n’a rien demandé de tel. Arrêtons donc d’amuser la galerie.

Pour le CAP, depuis la création, et malgré les missions qui lui sont dévolues, votre Comité n’a donc  pas répondu à ce que tout le monde attendait après ces guerres atroces qui ont profondément meurtri notre pays:

–  Rien n’a été fait pour une véritable réconciliation nationale;

–  Les réparations des méfaits de la guerre ont été effectuées de manière sélective;

–  Les injustices de tous genres sont monnaie courante: il y a aujourd’hui dans notre pays des citoyens de première  zone  et des citoyens de deuxième zone, c’est à dire des sous citoyens congolais;

–  Les inégalités sociales actuelles accentuent la division du pays et constituent un risqué d’implosion due à la mauvaise répartition de la richesse nationale;

–  La volonté d’accaparement du pouvoir, de puissance et de mise en œuvre d’une dynastie en République, est  une dérive totalitaire inacceptable.

Autant de situations qui menacent gravement la paix et qui auraient dû préoccuper votre Comité.

Au regard de ce qui précède, le CAP ne juge pas utile d’exposer devant vous son approche du dialogue et encore moins s’expliquer sur son NON au changement de la Constitution. Le CAP considère que devant l’importance des enjeux et la gravité de la situation politique du moment, l’interlocuteur de l’Opposition c’est le Président de la République lui-même et son gouvernement. Ici encore, le Comité n’a pas vu comment le Président D. Sassou Nguesso a toujours montré son indifférence à l’égard de l’Opposition de son pays en refusant viscéralement de parler avec elle, lui dont on dit qu’il se dépense sans compter dans la résolution des conflits qui ont lieu en Afrique, comment il l’a toujours méprisée, la considérant comme une quantité négligeable:  » Le chien aboie, la caravane passe ». Telle est restée sa règle. Que pense votre Comité d’une telle attitude de la part du Président de la République?

Au sujet du changement de la Constitution, nous espérons que votre Comité est conscient de la gravité de la situation et des risques que le Président D. Sassou Nguesso prendrait en voulant sauter et opérer un passage en force. Le CAP s’opposera énergiquement a toute idée de Référendum en vue de changer de Constitution, Référendum qu’il gagnerait forcément grâce à son système électoral vicié et inique.

Quant au dialogue, il est nécessaire parce que c’est le seul moyen, selon le CAP, d’aller vers une alternance apaisée. Pour nous, il n’est pas du tout question d’aller à l’élection présidentielle de 2016 avant d’avoir réglé la brulante question de la gouvernance électorale.

Pour conclure, nous conseillons à votre Comité, qui par ailleurs est rattaché à la Présidence de la République, de faire entendre raison au Président de la République, en lui montrant les risques pour lui d’aller à contre-courant de l’histoire.

Fait à Brazzaville, le 17 Mars 2015

Pour la direction du CAP

Le Président

Jean Itadi

Le Congo voit un nouveau parti, composé de dissidents de l’UPADS

octobre 12, 2014

 

Un nouveau parti de l’opposition, dénommé le « Congrès africain pour le Progrès » (CAP), a fait sa sortie officielle samedi au Palais des congrès de Brazzaville.

La direction de cette nouvelle formation politique est composée essentiellement de dissidents de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS, ancien parti au pouvoir). La présidence du CAP a été confiée à Jean Itadi, qui conduira le parti jusqu’à son congrès constitutif.

« Le CAP est né à la demande des milliers d’anciens militants de l’UPADS », a déclaré son porte-parole, Christophe Moukouéké.

« Le CAP est né pour que tourne court le règne insolent des antivaleurs qui plombent dangereusement notre pays », a-t-il souligné.

Le parti a pour devise : unité, démocratie, progrès. Et son logo est un régime de noix de palme, produit du palmier, « une plante qui symbolise l’Afrique ; la noix de palme signifie génération, renaissance, développement, et progrès », a expliqué Moukouéké.

A cette occasion, Jean Itadi a lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle contribue à la construction et la reconstruction de l’Afrique dans la paix.

Les responsables du CAP ont dit « non » au changement de la Constitution congolaise du 20 janvier 2002 qui limite à deux le nombre de mandat présidentiel et limite l’âge des candidats à la présidentielle à 70 ans. Fin

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