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Jean-Luc Mélenchon, l’autre discours de Ouagadougou

juillet 22, 2021

En visite au Burkina Faso, le président du groupe La France insoumise à l’Assemblée nationale s’est dit prêt, s’il est élu, à annuler tous les accords de défense signés avec des Etats africains.

Pour exposer sa conception des relations franco-africaines, forcément renouvelées selon la promesse de tous les candidats en campagne, Jean-Luc Mélenchon avait projeté une tournée de dix jours au Sahel avec des visites au Niger, au Mali et au Burkina Faso. Les restrictions dues au Covid-19 et le débat parlementaire en France sur le passe sanitaire l’ont finalement amené à concentrer son déplacement sur quatre jours, du 18 au 21 juillet, et un pays.

Inévitablement, le choix s’est porté sur le Burkina Faso pour une visite dans une nation qui s’enorgueillit de ses contestations. Un voyage en pays ami – accompagné de Mathilde Panot, la vice-présidente du groupe La France insoumise (LFI) à l’Assemblée, et du député de Seine-Saint-Denis Bastien Lachaud – avec ses étapes officielles et ses hommages aux figures révolutionnaires passées et présentes. M. Mélenchon a ainsi eu droit à un entretien avec le président Kaboré qui l’a reçu « avec une forme de courtoisie et de fraternité » en dépit de son statut d’opposant.

Il est également allé chercher l’inspiration auprès du Balai citoyen, mouvement-phare de « la révolution citoyenne » de 2014 qui mena à la chute du président Blaise Compaoré. M. Mélenchon a, enfin, salué comme il se doit pour toute personnalité de gauche de passage la mémoire de Thomas Sankara« haute figure de l’insoumission ». Le groupe LFI avait demandé, en 2017, l’ouverture des archives françaises sur l’assassinat de ce capitaine trente ans plus tôt.

Opposition à l’opération « Barkhane »

Le Burkina Faso est le lieu idéal pour tenir un discours de rupture à destination d’une jeunesse d’Afrique francophone qui manifeste ouvertement sa défiance à l’égard de l’ancien colonisateur. Emmanuel Macron avait ainsi choisi à dessein en novembre 2017 l’université de Ouagadougou pour assurer devant un auditoire dubitatif « qu’il n’y a plus de politique africaine de la France » et amorcer un récit où « l’Afrique n’est ni un encombrant passé ni un voisin parmi d’autres ».about:blankclose

A moins d’un an de la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon est donc venu marcher sur les pas du chef de l’Etat, mais avec l’ambition affichée d’effacer sa trace. Mercredi 21 juillet, dans cette même université Joseph-Ki-Zerbo connue pour son esprit frondeur, il a tenté de faire entendre « une autre voix de la France », forcément débarrassée des maux de « l’impérialisme », du « néocolonialisme » et du « paternalisme ».

Le député LFI a ainsi réitéré son opposition à l’opération « Barkhane », en voie de disparaître, et déploré l’absence de consultation sur l’intervention au Sahel dont le président Macron a annoncé une diminution des effectifs. « Il n’existe aucune solution militaire à un problème politique. Les premiers qui l’ont dit ce sont les militaires de mon pays. Je ne supporte pas que nous soyons depuis huit ans en guerre et que nous n’en ayons discuté qu’une fois à l’Assemblée nationale », a-t-il dénoncé une nouvelle fois, avant de se dire, s’il est élu, « prêt à annuler tous les accords de défense » qui lient Paris avec plusieurs capitales africaines en cas d’attaque extérieure. « Le départ de l’armée française, c’est quand vous voulez ! », a-t-il lancé à son jeune public.

Alors que l’une des premières préoccupations des Burkinabés est la perte de contrôle de leur Etat face aux groupes djihadistes, Jean-Luc Mélenchon a délivré sa vision du combat qui doit être mené. « Je crois à la guerre idéologique, à la guerre sociale (…), à la guerre du financement » contre des groupes sur lesquels il dit avoir « de petits doutes sur les motivations religieuses ».

« Il n’est pas là pour nous, il parle aux Français »

Pour lui, à l’origine de tous les maux se trouvent « des puissants », animés par des logiques d’accaparement auxquels devrait être opposée la réalisation d’ « un horizon commun ». Son outil pour rétablir les ponts entre une France où se renforce « un sentiment xénophobe insupportable » et une Afrique où le sentiment antifrançais « est un crève-cœur » ? Une langue française et un monde créolisés. « Je sais quels soupçons pèsent sur la francophonie. Un instrument de l’impérialisme français », a t-il concédé. Mais, selon lui, « la langue est un usage commun », « un bien commun » pour 300 millions de locuteurs présumés. « J’en appelle à une langue francophone qui soit une langue d’opinions et de projets », a-t-il plaidé, dessinant les batailles à venir : contre « le Big Pharma » dans la crise sanitaire actuelle, contre le changement climatique avec la création d’une force « pour intervenir à chaque fois qu’il y a une catastrophe » et pour « la souveraineté alimentaire, où cela a été compris au Burkina Faso plus vite qu’ailleurs ».

A l’issue de deux heures de discours et d’échanges, dans l’auditoire les avis se partageaient entre ceux conquis par l’ardeur de la dénonciation et ceux revenus de toutes les promesses venues d’ailleurs. Aucun n’était dupe des intentions. « Il n’est pas là pour nous, il parle aux Français », jugeait Kelgwendé Sawadogo, un étudiant en philosophie de 28 ans. Notamment à un électorat issu de l’immigration africaine, dont une partie garde un œil attentif sur les déclarations relatives au continent. Jean-Luc Mélenchon a répété durant son voyage qu’il était venu « apprendre et pas pour donner des leçons ». Une démonstration d’humilité aux allures de numéro de séduction.

Avec Le Monde par Cyril Bensimon et Sophie Douce (Ouagadougou, correspondance)

France: L’homme soupçonné d’avoir enfariné Jean-Luc Mélenchon en garde à vue

juin 12, 2021

L’homme soupçonné d’avoir enfariné Jean-Luc Mélenchon au départ de manifestation contre l’extrême droite samedi à Paris a été arrêté pour «violence volontaire» sur l’élu et placé en garde à vue en fin de journée.

Cet homme, qui avait fait l’objet d’un contrôle d’identité peu après les faits, a été interpellé à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) pour «violence volontaire sans ITT (incapacité totale de travail) sur personne dépositaire de l’autorité publique», a précisé la source policière. L’enquête a été confiée à la Sûreté territoriale parisienne.

Vers 14 heures, alors qu’il répondait à la presse place de Clichy, le patron de LFI et candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon avait reçu de la farine sur le visage.

Le leader de La France insoumise a dénoncé un acte «lâche» qui «aurait pu être pire» et a fait état d’«une grande tension» et d’«un seuil qui a été franchi» quelques jours après que le chef de l’Etat eut reçu une gifle lors d’un déplacement dans la Drôme.

Devant des journalistes qui le filmaient après son geste, l’auteur présumé s’était présenté comme un «souverainiste». «Je ne crois pas au débat», a-t-il ajouté, se disant «très énervé». Interrogé sur la violence de son geste, il a évoqué «un geste de contestation, comme beaucoup de gens en font».

Par Le Figaro avec AFP

France: Jean-Luc Mélanchon et sa part de farine au visage

juin 12, 2021

Avec Les News 2

France: Mélanchon a été enfariné au cours d’une manifestation contre l’extrême droite

juin 12, 2021

PARIS — Le chef de la France insoumise, un parti de la gauche radicale, Jean-Luc Mélanchon, a été enfariné lors d’une manifestation contre l’extrême droite, quelques jours après que le président Emmanuel Macron eut été giflé par un citoyen.

© Fournis par La Presse Canadienne

Des syndicats, des groupes communautaires et des dirigeants de la gauche française avaient exhorté les Français à manifester dans l’Hexagone, à une semaine du premier tour des élections régionales et départementales. On s’attend à une forte poussée du Ralliement national, le parti de Marine Le Pen.

M. Mélanchon manifestait à Paris lorsqu’il a été atteint par un sac de farine.

La chaîne de télévision BFMTV, qui a parlé à celui qui a lancé le sac de farine, a indiqué que celui-ci s’était décrit comme un opposant à l’ensemble «de la classe politique» et a nié être un partisan de l’extrême droite.

L’ambiance politique est actuellement délétère en France.

Un tribunal français a condamné jeudi à quatre mois d’emprisonnement un homme de 28 ans pour avoir giflé le président de la République, Emmanuel Macron, deux jours auparavant.

Vendredi, un candidat du Ralliement national et un militant ont été agressés à Arles pendant qu’ils posaient des affiches. Selon une vidéo, un homme aurait projeté ce qui semble être de l’essence avant de leur donner des coups de bâton. Le militant souffrirait d’une fracture à la jambe.

La gauche est si divisée en France depuis la victoire de M. Macron aux élections de 2017 qu’elle n’a même pas pu se rassembler pour les manifs de samedi.

Avec The Associated Press

France-Attentats et présidentielle: Mélenchon suscite l’indignation, attaque l’extrême droite

juin 7, 2021
Attentats et presidentielle: Melenchon suscite l'indignation, attaque l'extreme droite
Attentats et présidentielle: Mélenchon suscite l’indignation, attaque l’extrême droite© AFP/Archives/Lionel BONAVENTURE

Jean-Luc Mélenchon renoue avec la polémique: les propos du chef de file de LFI liant terrorisme et élection présidentielle ont suscité l’indignation. L’insoumis a réagi en dénonçant une « ambiance violente » entretenue par ses détracteurs, braquant les projecteurs sur « l’appel au meurtre » d’une vidéo d’extrême droite.

Après son « la République, c’est moi » lancé lors d’une perquisition houleuse au siège de La France Insoumise en 2018, le candidat à l’Élysée se retrouve de nouveau dans la tourmente, accusé d’avoir tenu dimanche des propos « indécents » voire « complotistes », à moins d’un an de la présidentielle.

« Vous verrez que dans la dernière semaine de la campagne présidentielle, nous aurons un grave incident ou un meurtre. Ça a été Merah en 2012 (auteur jihadiste des tueries de Toulouse et de Montauban), ça a été l’attentat la dernière semaine sur les Champs Élysées (en 2017, un jihadiste assassine le policier Xavier Jugulé). Avant on avait eu Papy Voise (un retraité agressé chez lui à Orléans en avril 2002), dont plus personne n’a jamais entendu parler après. Tout ça, c’est écrit d’avance », a déclaré le chef des Insoumis sur France Inter.

Ces propos ont aussitôt provoqué l’indignation, dans la classe politique mais aussi auprès de proches de victimes d’attentats, tels Latifa Ibn Ziaten, dont le fils militaire a été tué par Mohammed Merah, et qui a dénoncé des propos « inadmissibles ».

Plusieurs membres du gouvernement, à l’image de Marlène Schiappa, l’ont accusé de tenir « des propos complotistes » et « honteux » qui « manquent de respect aux familles de victimes » des attentats terroristes. A droite, mais aussi côté socialiste et écologiste, plusieurs voix se sont élevées pour critiquer « des propos irresponsables, pas dignes d’un homme d’État ».

« Il est en pleine dérive », a taclé la présidente du RN, Marine Le Pen. « Je suis malheureuse pour ses propres électeurs qui très certainement ne doivent pas le reconnaître », a-t-elle ajouté.

« Ambiance morbide »

En guise de réaction à la polémique, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé une « odieuse manipulation » de ses propos et braqué les projecteurs sur une vidéo postée dimanche après-midi – et depuis supprimée – par le youtubeur d’extrême droite « Papacito », qui simule le meurtre d’un électeur insoumis, représenté par un mannequin.

D’abord depuis le siège de LFI, drapeau tricolore en arrière plan, puis à la tribune de l’Assemblée nationale, l’Insoumis, le visage fermé et le verbe lent, a clamé: « Je mets en garde contre le fait que cette vidéo est parue en fin de journée dimanche, alors même que commençait à s’orchestrer une odieuse manipulation de mes propos à propos des attentats qui ont eu lieu au cours des précédentes élections, et à propos desquels je veux renouveler l’expression de ma compassion pour les victimes ».

Selon Jean-Luc Mélenchon, la vidéo est l’aboutissement de « l’ambiance morbide et violente » entretenue par ses détracteurs. Il a donc appelé à « faire redescendre le niveau de violence verbale et en images qui règne dorénavant, à l’initiative de groupes dont le danger n’est plus à signaler », tout en annonçant son intention de porter plainte contre le youtubeur.

Le candidat PCF à la présidentielle Fabien Roussel a également annoncé « saisir le procureur » parce que les communistes sont aussi désignés comme cibles.

« Que ce genre de vidéo circule librement sur internet est effroyable », a tweeté le maire de Grenoble et potentiel candidat EELV à la présidentielle Éric Piolle.

Jean-Luc Mélenchon a également reçu le « soutien républicain » des députés LREM Sacha Houlié et Fabien Matras. « Cette vidéo est abjecte », a dénoncé le secrétaire d’État au Numérique Cédric O, interrogé sur LCP, qui au nom du gouvernement, « condamne » ces images.

L’épisode de la vidéo n’a fait que resserrer les rangs des Insoumis, qui avaient déjà fait bloc derrière leur chef, comme l’a démontré le soutien de la députée LFI Clémentine Autain, qui n’a pas hésité à exprimer ses désaccords par le passé.

« Ce qu’il a voulu dire, c’est que nous n’acceptons pas l’instrumentalisation de ces faits gravissimes qui arrivent la dernière semaine d’un scrutin important », a-t-elle défendu.

La candidate à la présidence de la région Île-de-France a toutefois concédé un « propos ramassé » qu’il était aisé de « mal interpréter ».

Le chef des Insoumis est coutumier des controverses, qu’il dit considérer à chaque fois comme la défense d’un « système » contre sa candidature.

Par Le Point avec AFP

France: Mélenchon prédit « un meurtre » la semaine avant la prochaine élection

juin 6, 2021

Il a aussi affirmé que plusieurs attentats avant les élections présidentielles étaient « écrits d’avance » sur le plateau de « Question politique ».

« Vous verrez que dans la dernière semaine de la campagne présidentielle, nous aurons un grave incident ou un meurtre », lance le chef de file de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, aux journalistes, alors qu’il est invité, ce dimanche, sur le plateau de « Question politique », diffusé sur France Info. Les propos du candidat à la présidentielle flirtent avec le complotisme. « Ça a été Merah en 2012, ça a été l’attentat la dernière semaine sur les Champs Élysées, avant on avait eu Papy Voise, dont plus personne n’a jamais entendu parler après. Tout ça, c’est écrit d’avance », poursuit-il.

« Nous aurons le petit personnage sorti du chapeau, nous aurons l’événement gravissime qui va une fois de plus permettre de montrer du doigt les musulmans et d’inventer une guerre civile, voilà, c’est bateau tout ça », conclut finalement le chef de file de LFI sur le sujet.

« On a élu des petits Macron »

Jean-Luc Mélenchon a également indiqué souhaiter qu’Emmanuel Macron « se représente », car « on aura de quoi dire » sur son « bilan ». « Sinon, on nous sort un autre petit Macron du chapeau, (…) on ne sait pas qui c’est, pouf, il se fait élire président. C’est le système qui l’invente. La dernière fois, Macron, il est arrivé au dernier moment. Là, ils vont peut-être en trouver un autre », a-t-il enchaîné.

« À chaque fois, ils en trouvent un. Dans tous les pays du monde, on a élu des petits Macron, il s’appelait Macri en Argentine, (…) c’était en Ukraine un type qui jouait dans une série de télévision. Dans tous les pays du monde, ils ont inventé un type comme ça, qui sortait de rien, et qui était porté par un système oligarchique », a poursuivi le patron des insoumis.

« Complotisme particulièrement nauséabond »

Des propos qui ont fait réagir sur Twitter, surtout la classe politique et notamment ceux de la majorité présidentielle. La députée européenne, Nathalie Loiseau, s’indigne : « Jean-Luc Mélenchon assène que les meurtres commis par Mohammed Merah étaient « écrits d’avance » et tombaient à pic avant une élection. Et personne sur le plateau pour réagir à ce complotisme particulièrement nauséabond ».

« Notez qu’il ne dit jamais « attentat islamiste » […] On est vraiment au-delà de la honte », s’insurge, quant à elle, Aurore Bergé, députée LREM des Yvelines. François Jolivet dénonce, lui, « des propos gravissimes, qui souillent la mémoire collective ».

« Désormais il crache aux visages des morts pour la France »

« Il y a beaucoup de gens bien à La France insoumise. Je n’imagine pas qu’ils puissent être d’accord avec ces propos, ni même les traiter comme des petits dérapages dont on s’accommode », a ajouté Laurence Rossignol, sénatrice socialiste et ancienne ministre.

Le syndicat des Commissaires de police SICP a, lui aussi, réagi aux propos du leader des Insoumis, rappelant le nom du « policier assassiné : Xavier Jugelé », que Jean-Luc Mélenchon a oublié d’évoquer, selon le syndicat, lors de son intervention.

Et le syndicat des Commissaires de police SICP de conclure : « Désormais il crache aux visages des morts pour la France ». 

Par Le Point avec AFP

France: Mélenchon fait l’éloge de Philippe «l’élégant» pour mieux critiquer Macron «le bandit»

mai 6, 2020

Dans un entretien à La Tribune de Genève, le chef des Insoumis a salué les performances oratoires d’Édouard Philippe, regrettant qu’il soit contraint d’obéir à Emmanuel Macron.

Jean-Luc Mélenchon et Edouard Philippe à l'Assemblée, le 3 mars
Jean-Luc Mélenchon et Edouard Philippe à l’Assemblée, le 3 mars AFP

Constatant que la tension monte, en coulisses, entre Emmanuel Macron et son premier ministre sur la gestion de la crise, Jean-Luc Mélenchon a jugé bon d’aller apporter son petit grain de sel. Dans un entretien à La Tribune de Genève ce mercredi, le chef de file de La France Insoumise a défendu Edouard Philippe. «Tout le monde sait que c’est le président qui a choisi le 11 mai (la date du déconfinement, ndlr), seul et contre tout le monde. L’autre il obéit», a-t-il certifié. «Pourquoi douter de sa bonne volonté personnelle?», a interrogé l’ancien candidat à la présidentielle.

«Regardez le faire!»

Jean-Luc Mélenchon en a même profité – une fois n’est pas coutume – pour faire un long éloge du premier ministre. «Edouard Philippe est de droite et n’a jamais prétendu autre chose. C’est un homme élégant, d’un côtoiement agréable, un libéral assumé et qui le dit clairement», a assuré le chef de LFI. Avant d’embrayer sur la passion du locataire de Matignon pour la boxe : «Savoir le sport qu’il pratique aide à comprendre un homme politique. Lui, c’est la boxe. Regardez le faire! Quand il répond, il tourne et danse sur le ring le temps qu’il faut pour que vous baissiez la garde. À ce moment-là, il choisit le point où frapper : c’est un mot qu’il a pris dans votre discours, et il en fait ce qu’il veut, pan!», raconte-t-il. Reconnu pour ses joutes oratoires, Jean-Luc Mélenchon ajoute : «On peut aussi faire un peu d’esthétique en politique, j’y tiens».

Mélenchon n’épargne pas Macron

S’il se montre donc, à la surprise générale, grand défenseur d’Édouard Philippe, l’Insoumis ne mâche pas ses mots à l’encontre du chef de l’État. Emmanuel Macron serait, selon lui, «un bandit de grand chemin». «Lui-même dit qu’il a fait un hold-up sur le pouvoir!», rappelle Jean-Luc Mélenchon. «Il a trompé tout le monde; Il est sans foi ni loi, capable d’entrer, grâce à nous, les gens de gauche, dans la présidence de M. Hollande. Puis d’en sortir en disant qu’il n’est ni de droite ni de gauche, puis de devenir chef de la droite», déplore-t-il.

Jean-Luc Mélenchon défend par ailleurs toujours la thèse qui affirme que le président de la République aurait été à l’initiative des perquisitions au siège de La France Insoumise à l’automne 2018. À l’époque, le député de Marseille avait perdu ses nerfs devant les forces de l’ordre. Un dérapage qui l’a condamné à trois mois de prison avec sursis et 8000 euros d’amende par le tribunal correctionnel de Bobigny fin 2019. «Un libéral qui fait perquisitionner ses rivaux! C’est insupportable, cet opportunisme», conclut-il.

Avec Le Figaro par Pierre Lepelletier

France/Perquisition à LFI: trois mois de prison avec sursis requis contre Mélenchon

septembre 20, 2019

FRANCE-TRIAL-POLITICS-PARTIES-INVESTIGATION

Jean-Luc Mélenchon était poursuivi pour «actes d’intimidation contre l’autorité judiciaire, rébellion et provocation». MARTIN BUREAU / AFP

Des amendes, allant de 2 000 à 10.000 euros, ont été requises contre les cinq autres prévenus. Les plaidoiries de la défense débutent ce vendredi 20 septembre.

Le parquet de Bobigny a requis vendredi trois mois de prison avec sursis contre le leader de la France Insoumise Jean-Luc Mélenchon pour les incidents ayant émaillé la perquisition au siège de son parti LFI en octobre 2018.

Jean-Luc Mélenchon est poursuivi pour «actes d’intimidation contre l’autorité judiciaire, rébellion et provocation». Des amendes, allant de 2000 à 10.000 euros, ont par ailleurs été requises contre les cinq autres prévenus.

Le ministère public n’a requis une peine de prison avec sursis que pour le chef du parti LFI. Il a aussi demandé 8.000 euros d’amende pour Jean-Luc Mélenchon, les députés Alexis Corbière et Bastien Lachaud et l’eurodéputé Manuel Bompard, 10.000 euros contre le président de l’association «L’Ere du peuple» Bernard Pignerol et 2000 euros contre l’attachée de presse du mouvement. «La loi a prévu 10 ans, de 10 ans on passe à trois mois avec sursis… Tout ce souk pour ça!», s’est exclamé Jean-Luc Mélenchon devant la presse, après avoir salué les dizaines de militants qui attendaient dans le hall pour le soutenir.

«J’estime que sur le plan moral notre victoire est totale (…). Il faut que tout se termine par une relaxe et qu’on passe à autre chose», a-t-il ajouté. Pour justifier ses réquisitions, le parquet a souligné le rôle décisif de Jean-Luc Mélenchon dans l’escalade de tensions ayant mené à l’interruption de la perquisition, scène dont les images filmées par des journalistes ont été largement reprises dans les médias. «La rébellion monte d’un cran dans l’escalier lorsque Jean-Luc Mélenchon arrive», a estime la procureure Juliette Gest, égrenant plusieurs phrases du leader insoumis: «Allez enfoncez-moi cette porte», «rentrez on en a rien à foutre de ce qu’ils disent» ou encore «Allez, vas-y, essaie de me pousser pour voir». «Il lève le doigt menaçant, son visage a touché le sien (du procureur, ndlr), dit  »ne me donnez pas d’ordre ou de consigne », puis il le pousse: la rébellion est constituée», a déclaré Juliette Gest. Selon elle, il s’agit «sans conteste d’un acte de résistance violente, avec usage de la force».

Plus tôt dans la matinée, Me Eric Dupond-Moretti, avocat de policiers constitués parties civiles, s’est exclamé dans sa plaidoirie: «De grâce, arrêtez votre cirque!» Il a dénoncé l’argumentaire des six prévenus Insoumis qui dénoncent un «procès politique»: «On n’est pas au Venezuela ici. On est en France et quand on outrage un policier, on est condamné». Suivront cet après-midi les plaidoiries de la défense. Le jugement sera mis en délibéré.

Lors de la première journée d’audience, Jean-Luc Mélenchon a raconté son «sentiment d’humiliation» au moment de la perquisition ce 16 octobre, et expliqué sa véhémence d’alors, notamment sa phrase «La République, c’est moi», criée à la figure d’un policier en faction. Il a affirmé n’avoir pas voulu s’opposer à la perquisition mais simplement avoir tenté d’y assister pour s’assurer que le fichier des inscrits à LFI ne soit pas emporté. «J’ai eu l’attitude que j’estimais politiquement nécessaire, car je pensais être la cible d’une attaque politique», a expliqué le patron des députés LFI, qui s’est défendu de toute violence physique. La perquisition au cœur du procès avait été menée dans le cadre de deux enquêtes du parquet de Paris: sur les comptes de la campagne présidentielle de 2017 et sur les conditions d’emploi d’assistants d’eurodéputés de LFI, confiées depuis à des juges d’instruction.

Filmant en direct sur Facebook une première perquisition de son domicile, Jean-Luc Mélenchon avait d’abord dénoncé une «énorme opération de police politique» avant de se rendre avec des proches au siège du mouvement. Devant des caméras, il avait appelé à «enfoncer la porte» pour entrer dans les locaux. On le voyait également bousculer un représentant du parquet, ainsi qu’un policier qui tentait de s’interposer. Les cinq autres prévenus ont présenté une défense similaire.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Francophonie: Le Pen et Mélenchon dénoncent le soutien français à la candidate rwandaise

octobre 11, 2018

Paris – L’extrême droite et l’extrême gauche françaises ont critiqué mercredi le soutien apporté par la France à la candidature de la Rwandaise Louise Mushikiwabo à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

« Je suis indignée que la France puisse soutenir une ministre de Kagame (le président du Rwanda, NDLR) qui est violemment anti-française, d’un pays qui a choisi de faire de l’anglais sa langue d’enseignement, sa langue d’administration, qui a tourné le dos au français », a déclaré la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen.

Mme Mushikiwabo, « de surcroît, a sur la France, des propos qui sont presque insultants », a affirmé la finaliste de la dernière élection présidentielle, sans préciser à quelles déclarations elle faisait référence.

« Que le président de la République puisse soutenir cette candidature, c’est absolument incompréhensible », a ajouté la dirigeante d’extrême droite.

Le dirigeant de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a estimé jeudi que le président français Emmanuel Macron était « l’ennemi de la francophonie » en soutenant la candidate d’un Rwanda « grossièrement anglophile ».

« Macron se fait l’ennemi de la francophonie. Il montre sa fascination morbide pour la langue du libéralisme et des États-Unis », a affirmé le député d’extrême gauche dans un communiqué.

Mme Mushikiwabo est l’actuelle ministre des Affaires étrangères du Rwanda, « c’est-à-dire une membre du régime dictatorial de Paul Kagame (…) au pouvoir depuis 18 ans », a ajouté l’ex-candidat à l’élection présidentielle française.

La France a décidé de soutenir la candidature de la ministre rwandaise, geste de réchauffement dans les relations tendues entre Paris et Kigali, près d’un quart de siècle après le guerre au Rwanda et le génocide.

Le président Kagame, dirigeant du Front patriotique rwandais (FPR) qui a pris le pouvoir à Kigali quelques jours avant la fin du génocide, accuse les autorités françaises d’avoir soutenu le pouvoir hutu et d’avoir été un acteur des tueries, ce que Paris a toujours fermement démenti.

La Francophonie, réunie à partir de jeudi à Erevan en Arménie, devrait nommer à sa tête cette diplomate rwandaise de 57 ans, consacrant ainsi la victoire d’une candidature africaine face à la sortante canadienne Michaëlle Jean. Avant Mme Jean, les deux précédents dirigeants de la Francophonie étaient africains. Le continent est le principal vivier de locuteurs francophones au monde.

M. Kagame, président en exercice de l’Union africaine, a jeté tout son poids derrière la candidature de Mme Mushikiwabo, qui a suscité des réserves, son pays étant dénoncé par certaines ONG pour des violations des droits de l’homme.

Romandie.com avec(©AFP / 11 octobre 2018 13h07)                               

France: L’enquête sur les assistants parlementaires élargie à Jean-Luc Mélenchon

juillet 18, 2017

 

C’est la conséquence d’un signalement déposé par la députée européenne du FN Sophie Montel.

Le député de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, le 12 juillet à l’Assemblée nationale. CHARLES PLATIAU / REUTERS

Le parquet de Paris a élargi l’enquête sur les soupçons d’emplois fictifs d’assistants parlementaires au Parlement européen à Jean-Luc Mélenchon, a appris l’Agence France-Presse de source judiciaire, mardi 18 juillet, confirmant une information du Parisien. Cette annonce intervient à la suite d’un nouveau signalement déposé le 27 juin par la députée européenne du Front national (FN) Sophie Montel visant le patron de La France insoumise.

Après un premier signalement de l’élue d’extrême droite, le parquet de Paris avait ouvert le 22 mars une enquête préliminaire pour « abus de confiance » visant une vingtaine d’eurodéputés de tous bords. Les investigations ont été confiées à l’Office anticorruption de la police judiciaire. Après ce second signalement de Mme Montel, le parquet de Paris a alors décidé d’élargir ses investigations aux activités de l’ancien eurodéputé du Parti de gauche (2009-2017) ainsi qu’à quatre de ses anciens assistants parlementaires.

Le FN également visé par une enquête

« Aucun de mes assistants n’a jamais exercé aucune responsabilité politique ni à l’intérieur du Parti de gauche ni pour La France insoumise, jamais aucun de toute la période du Parlement européen, donc je ne sais pas pourquoi on me cherche », a réagi M. Mélenchon mardi lors d’un point presse à l’Assemblée nationale.

Dans cette enquête, les enquêteurs cherchent à savoir si des fonds européens, dévolus à l’embauche d’assistants parlementaires, ont été détournés afin de rémunérer des cadres employés à d’autres tâches au sein de leur formation politique. Des eurodéputés et ex-eurodéputés de tous bords sont concernés par ces investigations : les LR Brice Hortefeux et Michèle Alliot-Marie, le socialiste Edouard Martin ou encore l’écologiste Yannick Jadot.

Le FN est lui-même visé par une enquête des juges d’instruction, soupçonné d’avoir mis en place un système pour rémunérer ses permanents avec des crédits européens, en les faisant salarier comme assistants de ses eurodéputés. Dans cette affaire, la patronne du parti, Marine Le Pen, a été mise en examen pour abus de confiance fin juin.

La députée du Pas-de-Calais est soupçonnée d’abus de confiance en sa qualité de députée européenne, pour l’utilisation de fonds du Parlement européen pour sa chef de cabinet au FN, Catherine Griset, et pour son garde du corps Thierry Légier sur la période 2009-2016. Mme Le Pen est également mise en examen pour complicité d’abus de confiance pour des faits commis entre 2014 et 2016 en sa qualité de présidente du FN

Lemonde.fr avec AFP