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Le patron des éditions Stock est mort

mars 25, 2013
 Jean-Marc Roberts, patron des éditions Stock voulait rire de tout, même de son cancer. Au point de publier ce mois-ci un livre sur celle qui vient de le tuer, Deux vies valent mieux qu’une. Ecrivain précoce, il publia son premier roman à l’âge de 17 ans. Un livre bref et élégant, la marque de fabrique du Prix Renaudot 1979 pour Affaires étrangères (adapté deux ans plus tard par Pierre Granier-Deferre). « Mes livres semblent tellement légers que je finirai par m’envoler avec eux », avait d’ailleurs coutume de dire celui qui fut successivement éditeur au Seuil, chez Mercure de France puis chez Fayard, avant de s’installer chez Stock et d’en devenir directeur il ya dix ans maintenant.

Dans cette maison, il tissa des liens forts avec des écrivains comme Michel del Castillo, Erik Orsenna, Philippe Claudel, Didier Decoin, Vassilis Alexakis ou Jean-Louis Fournier. Ce père de cinq enfants a toujours pris des positions fortes vis-à-vis du monde de l’édition. Il semblait assez las ces dernières années de ses rituels, notamment des bagarres de la rentrée littéraire. Son dernier combat aura été la publication de Belle et Bête, le livre de Marcela Iacub sur DSK. Il s’est éteint ce lundi 25 mars à l’âge de 61 ans.

 
Lefigaro.fr par François Aubel

Qui fait la littérature?

juin 29, 2012
D’après Aurélie Filippetti, « C’est l’éditeur qui fait la littérature ». Des propos qui mettent en rage le collectif d’auteurs Le droit du serf. 

« C’est l’éditeur qui fait la littérature ». Les propos d’Aurélie Filipetti, ministre de la Culture, interviewée par Actualitte.com en marge de l’assemblée générale du Syndicat nationale de l’édition, sèment la pagaille parmi les auteurs. « L’écrivain ne naît qu’au travers du regard de l’éditeur. Et moi je l’ai ressenti en tant qu’auteur […]… si je n’avais pas eu Jean-Marc Roberts, le résultat n’aurait pas été le même. » (Aurélie Filippetti a publié Les derniers jours de la classe ouvrière, chez Stock, en 2003.) 

L’écrivain Ayerdhal, animateur du collectif d’auteurs Le droit du serf qui milite contre la nouvelle loi sur la numérisation des ouvrages indisponibles, lui répond, toujours sur Actualitte, dans une anaphore digne de François Hollande: « Je récuse l’assimilation de la culture à l’industrie culturelle… Je récuse l’éminence du rôle de l’éditeur dans le processus de création… Je récuse la préséance accordée aux exploitants de la chaîne du livre… Je récuse l’affirmation que l’écrivain ne naît qu’au travers du regard de l’éditeur. » 

Un débat a priori absurde. Difficile de nier le rôle littéraire de l’éditeur qui aide un auteur à rendre son livre plus digeste. Impossible de faire un livre sans son auteur. Ne pourrait-on pas se mettre d’accord? 

Lexpress.fr par