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France: Les «Rafale Papers», enquête explosive de Mediapart

avril 9, 2021

Une enquête de Mediapart révèle les dessous de l’un des plus gros contrats d’armement jamais conclus par l’État français : la vente de trente-six chasseurs Rafale à l’État indien pour 7,8 milliards d’euros.
Une enquête de Mediapart révèle les dessous de l’un des plus gros contrats d’armement jamais conclus par l’État français : la vente de trente-six chasseurs Rafale à l’État indien pour 7,8 milliards d’euros. AP

Une enquête de Mediapart révèle les dessous de l’un des plus gros contrats d’armement jamais conclus par l’État français : la vente de trente-six chasseurs Rafale à l’État indien pour 7,8 milliards d’euros. Entre commissions occultes, documents confidentiels qui ont fuité ou encore clauses anticorruption supprimées, Yann Philippin, le journaliste auteur de l’enquête en trois volets, explique ce que son équipe a découvert. 

RFI : Que dévoile votre enquête en trois volets ?

Yann Philippin : Notre enquête dévoile beaucoup de choses. Mediapart révèle des documents qui montrent que, d’une part, Dassault et son partenaire Thales ont versé des millions d’euros de commissions occultes à un intermédiaire qui était au cœur du contrat Rafale, que cet intermédiaire, dans une note, fait des avertissements très explicites, par exemple, « des gens en fonction demandent de l’argent, si on ne les paie pas, on va aller en prison… »

D’autre part, ce même intermédiaire, trois ans plus tard – en 2015 – en pleine négociation sur le prix des Rafale, a obtenu des documents confidentiels du ministère indien de la Défense, sur l’activité des négociateurs indiens et notamment la manière dont ils calculaient les prix, ce qui est évidemment, dans une négociation, un élément très fort.

Enfin, nous avons découvert que, parallèlement à toutes ces manœuvres que l’on peut qualifier de suspectes, c’est la France et les industriels français, dont Dassault, qui se sont battus pour que les clauses anticorruption soient retirées des annexes à l’accord gouvernemental.

C’est là que c’est embarrassant pour le pouvoir, parce que c’était un contrat d’État à État qui a été signé par Jean-Yves Le Drian, à l’époque ministre de la Défense, aujourd’hui ministre des Affaires étrangères d’Emmanuel Macron. Donc c’est lui qui avait l’autorité sur les négociations et nous aimerions bien savoir s’il a accepté le retrait de ces clauses anticorruption et s’il en a été informé. Il ne nous a malheureusement pas répondu précisément. Tout ce qu’il nous a dit, c’est : « Je ne valide pas vos informations ».

En quoi cette enquête peut-elle être explosive pour le gouvernement français ?

Cette enquête est explosive pour le gouvernement français, d’une part, de par le rôle qu’a joué un éminent ministre, qui est Jean-Yves Le Drian. Et d’autre part, parce qu’il y avait déjà eu des soupçons en 2018 au sujet du partenaire de Dassault en Inde, Reliance, qui aurait été imposé par le gouvernement indien. Ce monsieur est un très proche du Premier ministre indien. Il y avait deux épisodes qui étaient susceptibles de concerner, d’une part l’ancien président François Hollande et d’autre part, l’actuel président Emmanuel Macron, qui était à l’époque du deal, ministre de l’Économie.

Dans votre enquête, vous dites que l’Agence française anticorruption (AFA) a découvert des choses suspectes, mais n’a rien fait ?

C’est vraiment un mystère. Ce que l’on révèle, c’est que l’AFA, lors d’un contrôle de routine de Dassault, a découvert un paiement suspect d’un million d’euros à cet intermédiaire, au cœur du contrat Rafale, pour l’achat de maquettes de Rafale. Et malgré les suspicions, l’Agence française anticorruption n’a pas signalé ces faits à la justice.

De son côté, le Parquet national financier avait reçu un signalement de Sherpa, une ONG anticorruption. Ce que nous révélons dans l’enquête, c’est que cette affaire a été classée dans des circonstances troubles, étant donné que l’ancienne patronne du Parquet national financier a classé l’affaire contre l’avis d’un de ses adjoints en charge du dossier et n’a effectué aucune vérification sérieuse. À tel point que, la seule personne qu’elle a reçue dans son bureau, c’est l’avocat de Dassault et ce, sans qu’aucun procès-verbal de cette rencontre ne soit rédigé.

Éliane Houlette a dit publiquement dans Paris Match que, si elle l’a classée, c’est en partie parce qu’elle jugeait que les soupçons n’étaient pas assez sérieux, mais aussi parce que – dit-elle – il fallait « préserver les intérêts de la France ». Or, c’est une déclaration qui n’avait pas fait beaucoup de bruit à l’époque, mais c’est quand même très étonnant de voir une figure de la lutte anticorruption comme madame Houlette – qui a été la toute première patronne du Parquet national financier – justifier ainsi le classement d’une affaire sensible, au nom de la raison d’État.

À quoi vous attendez-vous suite à vos révélations ?

Ce qui nous a frappés, dans cette enquête, c’est que cette affaire a été enterrée en France, et que – semble-t-il – les autorités indiennes ne se sont pas montrées très diligentes non plus. Je ne suis que journaliste, mais j’ai la conviction qu’aujourd’hui il y a suffisamment d’éléments sur la table, entre les premières révélations de 2018 et ces nouvelles révélations de Mediapart avec les Rafale Papers, pour qu’une enquête soit ouverte.

Avec RFI Texte par :Clea Broadhurst

États-Unis: Mike Pompeo reçu par Emmanuel Macron et Jean-Yves Le Drian

novembre 15, 2020

 

C’est dans ce contexte de transition tendu que le chef de la diplomatie américaine est attendu à l’Elysée. Après un week-end privé dans la capitale avec son épouse Susan, Mike Pompeo sera reçu ce lundi par le président Macron, après un entretien avec son homologue Jean-Yves Le Drian. Il poursuivra son voyage en Turquie, Géorgie, Israël, aux Emirats arabes unis, au Qatar et enfin en Arabie saoudite. Une tournée d’adieu en quelque sorte.

Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, ici à New York le 20 août 2020.© Mike Segar/Reuters Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, ici à New York le 20 août 2020.

Alliés, partenaires et amis :  le département d’Etat insiste sur les liens historiques qui unissent la France et les Etats-Unis à la veille de la visite de Mike Pompeo. Une visite qui restera discrète; elle a lieu à la demande des Américains, précise-t-on à Paris, et « en toute transparence avec l’équipe de Joe Biden ».

La période de transition complique les relations diplomatiques mais les sujets de discussion ne manqueront pas. Côté américain on évoque l’importance de la coopération transatlantique en matière économique, une alliance clé au sein de l’Otan, une convergence de vues sur la Russie et un partenariat indéfectible dans la lutte contre le terrorisme.

Mais le ton devrait être moins consensuel et plus tendu sur d’autres sujets; en particulier sur la possibilité d’une accélération du retrait militaire américain d’Irak et d’Afghanistan : Jean-Yves Le Drian l’a dit vendredi, il fera part à son homologue du désaccord français sur une telle éventualité. Avant la mise en place de l’équipe démocrate, l’administration Trump a deux mois devant elle. Autres dossiers sur lesquels les vues divergent radicalement et qui pourraient être évoqués, l’Iran, et le Proche-Orient.

Avec RFI

Côte d’Ivoire : Paris demande à Ouattara de prendre des initiatives pour calmer le jeu

novembre 13, 2020

Le chef de la diplomatie française Jean-Yves le Drian a demandé au président ivoirien Alassane Ouattara, réélu pour un troisième mandat controversé, de «prendre des initiatives» pour favoriser le retour à la paix civile et à l’union nationale vendredi 13 novembre.

«Il importe, pour éviter des dérives et des violences, que le président Ouattara prenne les initiatives nécessaires pour que la sérénité revienne et que l’union nationale soit au rendez-vous», a déclaré le ministre sur BFM et RMC. «Je sais qu’il en a l’intention, je souhaite qu’il le fasse vite», a-t-il assuré.

Alassane Ouattara a été réélu pour un troisième mandat à l’issue d’une élection, le 31 octobre, boycottée par l’opposition qui dénonce un coup d’État constitutionnel, et dans un climat de violence. Depuis le 10 août, après l’annonce de sa candidature, 85 personnes ont été tuées et 484 blessées dans ces troubles politiques qui ont souvent dégénéré en affrontements inter-communautaires, selon des chiffres officiels. Plusieurs leaders de l’opposition, dont l’ancien premier ministre Pascal Affi N’Guessan, son porte-parole, ont été arrêtés, alors que d’autres étaient bloqués à leur domicile par les forces de l’ordre.

Dans une tentative d’apaisement, Alassane Ouattara a rencontré mercredi à Abidjan son principal opposant, l’ex-président Henri Konan Bédié. Les deux hommes ont «brisé la glace» et ont promis de se rencontrer de nouveau pour faire baisser la tension et sortir de l’impasse.

Paris était resté très silencieux depuis l’annonce d’Alassane Ouattara, 78 ans, de se présenter à un troisième mandat, revenant sur son engagement initial à ne pas le faire, salué à l’époque par le président Emmanuel Macron. La France, qui a «pris note» des résultats de l’élection, a toutefois appelé cette semaine les protagonistes de la crise à mettre fin «aux provocations et aux actes d’intimidation» et demandé la reprise du dialogue politique.

Par Le Figaro avec AFP