Posts Tagged ‘Jérôme Salomon’

France/Covid-19 : «la tendance est préoccupante», s’inquiète Jérôme Salomon

janvier 3, 2021

Le directeur général de la Santé s’inquiète notamment du brassage d’élèves avec la rentrée : «Les enfants reviennent de différents endroits, en France ou à l’étranger, ça peut rebattre les cartes de la situation épidémiologique».

Le Conseil scientifique disait craindre un rebond «incontrôlé» de l’épidémie dans les prochaines semaines. En cette rentrée, les autorités sanitaires ont donc les yeux rivés sur les données épidémiologiques, alors que le Covid-19 a déjà causé la mort de 64.921 personnes en France. Dans les hôpitaux, l’impact réel des fêtes de fin d’année devrait être connu la semaine prochaine, l’état des malades pouvant se dégrader au bout de plusieurs jours après l’apparition des symptômes. Mais certains signaux ne sont pas de bon augure: le nombre de patients hospitalisés et en réanimation a légèrement augmenté samedi 2 janvier, après plusieurs jours de baisse, selon les données de Santé Publique France.

Le taux de positivité des tests est passé de 3,8% à 4,6% samedi, celui d’incidence remonte aussi doucement à 132 cas positifs pour 100.000 habitants sur une semaine glissante (le seuil d’alerte étant fixé à 50). Dans les colonnes du Journal du Dimanche, le directeur général de la santé Jérôme Salomon admet ainsi que «la tendance est déjà préoccupante», avec une incidence «de nouveau en hausse après un plateau assez long».

L’ombre des variants plus contagieux

Selon le site de collecte des données Covidtracker, 24 départements voient en effet leur incidence augmenter. La France reste coupée en deux : on recense par exemple un peu moins de 50 cas pour 100.000 habitants en Charente-Maritime, contre près de 325 dans les Alpes-Maritimes. Une situation qui a poussé le gouvernement à renforcer dès samedi le couvre-feu dans 15 départements de l’est du pays, où quelque six millions de Français doivent désormais rester cloîtrés dès 18h.

«Si la situation était amenée à se dégrader davantage dans certains territoires, on prendra les décisions qui s’imposent», a prévenu le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, vendredi sur TF1. Le reste du pays – déjà sous le coup d’un couvre-feu à 20h – est donc en sursis. La perspective de voir les bars et les restaurants rouvrir le 20 janvier s’éloigne, celle de retrouver les lieux culturels le 7 janvier est déjà définitivement écartée.

Dans Le JDD, le professeur Jérôme Salomon fait aussi part de ses craintes vis-à-vis de la rentrée scolaire. «Les enfants reviennent de différents endroits, en France ou à l’étranger, ça peut rebattre les cartes de la situation épidémiologique», explique-t-il.

Outre les conséquences des vacances, il s’inquiète du froid qui favorise les transmissions, mais aussi des deux variantes du virus identifiées en Grande-Bretagne et en Afrique du Sud, et déjà détectées en France. Elles «ne sont pas forcément plus dangereuses mais elles sont nettement plus contagieuses. Elles toucheraient aussi davantage les jeunes (…) Il faut donc qu’on soit très attentif au milieu scolaire et universitaire», précise Jérôme Salomon. Après plus de deux mois de «distanciel», les universités doivent en principe accueillir quelques élèves dès lundi. Beaucoup attendront toutefois.

L’épidémie pèsera «au moins jusqu’au printemps», avait prévenu Emmanuel Macron lors de ses vœux le 31 décembre. Pour le DGS, «on a encore quatre mois d’efforts collectifs à faire».

Par Anne-Laure Frémont et Nicolas Daguin

France/Covid-19 : «La deuxième vague pourrait être supérieure à la première», selon Jérôme Salomon

octobre 28, 2020

La «deuxième vague» de l’épidémie de Covid-19 qui frappe la France «pourrait être supérieure à la première» car le nombre de malades en réanimation va encore «augmenter mécaniquement, quoi qu’on fasse», a déclaré mercredi 28 octobre le numéro 2 du ministère de la Santé Jérôme Salomon. «C’est justement parce qu’on est dans l’anticipation que les autorités tirent la sonnette d’alarme, alors même que les services hospitaliers ne sont pas encore arrivés à saturation», a expliqué le directeur général de la Santé devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la gestion de la crise sanitaire.

Plus de 2900 malades du Covid-19 étaient hospitalisés en réanimation mardi, occupant ainsi la moitié des lits actuellement disponibles en France dans ces services accueillant les patients les plus gravement atteints, selon les derniers chiffres officiels. Au pic de la première vague épidémique, en avril, plus de 7000 malades étaient hospitalisés en réanimation.

«Ce qu’on voit dans les statistiques» quotidiennes du nombre de nouveaux cas positifs, ce sont des personnes qui ont été contaminées en moyenne «une semaine avant» «on regarde dans le rétroviseur», a indiqué le Pr Salomon, prenant en exemple le chiffre de plus de 50.000 nouvelles contaminations publié dimanche. Parmi elles se trouvent des «personnes fragiles» (âgées, obèses, diabétiques, etc.) qui ont «une probabilité élevée d’être hospitalisées, voire d’aller en réanimation ou de décéder, mais pas aujourd’hui», a-t-il ajouté.

Les «symptômes de difficulté respiratoire nécessitant une hospitalisation» apparaissent généralement «plusieurs jours après» les premiers symptômes et le diagnostic, avait déjà déclaré le Pr Salomon mercredi matin, au cours d’un point presse en ligne. «Nous ne sommes pas encore, loin de là, arrivés au pic de cette 2e vague, compte tenu de cet effet de latence», a-t-il ajouté.

L’infectiologue de formation a par ailleurs souligné devant les députés qu’«avoir trois à quatre fois plus de lits de réanimation ne supprimerait pas le problème», expliquant qu’il s’agissait d’éviter au maximum que des patients développent des formes graves nécessitant une hospitalisation dans ces services. Outre le fait que le taux de mortalité en réanimation est d’environ 30%, «un séjour en réanimation est horriblement traumatisant psychologiquement et laisse des séquelles» dont il est difficile de se remettre, a-t-il insisté.

Par Le Figaro avec AFP