Posts Tagged ‘Jeune Afrique’

Sénégal : si Wade perdait…

mars 20, 2012

En cas de victoire de Macky Sall lors du second tour de  l’élection présidentielle sénégalaise, fixé au 25 mars, le camp d’Abdoulaye Wade  doit s’attendre à rendre des comptes. L’ancien Premier ministre a promis des  audits, même s’il exclut toute « chasse aux sorcières ».

C’est le porte-parole de la présidence, Serigne Mbacké Ndiaye, qui l’affirme  : « Si Wade perd, on ira tous en prison. » La première fois qu’il l’a  dit, c’était en privé, lors d’un séminaire du Parti démocratique sénégalais (PDS). Puis il l’a répété devant des  journalistes, dans le but d’expliquer le fond de sa pensée : « Je veux dire  par là que l’opposition a tellement parlé de malversations et de corruption  qu’elle fera tout pour nous mettre en prison si elle arrive au  pouvoir. »

Dans cette perspective peu réjouissante pour les cadres du parti, Macky Sall  semble être un moindre mal. L’ancien Premier ministre de Wade n’a cessé de le  clamer : « Il n’y aura pas de chasse aux sorcières. » Il l’a dit  presque tous les jours de la semaine qui a suivi le premier tour de la présidentielle sénégalaise, tout en affirmant qu’il  commanderait des audits pour savoir où en sont les caisses de l’État. « Il  n’est pas question de se venger de quoi que ce soit, explique-t-il à Jeune  Afrique. Mais l’une des premières mesures sera de faire un état des lieux sur  les comptes de la nation et sur les grands chantiers. » Et d’ajouter : « Pas question de transiger avec la loi. »

« Meilleur gouvernance »

Longtemps mises sous le tapis, les affaires de corruption, de détournement de  fonds et d’accaparement de terres évoquées par la presse ces dernières années  pourraient ressurgir à la faveur d’une alternance. Macky Sall, qui promet « une meilleure gouvernance » et plus de « transparence », aurait bien du mal à protéger ses anciens alliés. Il y a fort à parier cependant  que la famille Wade échappera à d’éventuelles poursuites. « On ne va tout  de même pas mettre le « Vieux » en prison », glisse un conseiller de  Sall.

C’est au moment où le camp Wade vacille que la menace la plus sérieuse vient de  Paris. Récemment interrogé par le quotidien français Le Parisien,  Me William Bourdon, président de l’association Sherpa et avocat de l’ONG  Transparency International, a révélé que la plainte concernant les « biens mal acquis pourrait  être élargie au président sénégalais » et aux membres de sa famille. « Plusieurs éléments liés au climat de corruption du deuxième mandat du  président font l’objet de vérifications et devraient déboucher sur cette  procédure judiciaire », indique-t-il.

Jeuneafrique.com par Rémi Carayol

Gbagbo en prison : le quotidien carcéral de l’ex-président ivoirien à la CPI

mars 3, 2012

Transféré le 29 novembre dernier à la prison de la Cour pénale   internationale (CPI), Laurent Gbagbo se remet progressivement des dures   conditions de détention de Korhogo dans le nord de la Côte d’Ivoire. Que   fait-il de ses journées ? Qui voit-il ? Quel est son état  d’esprit ?  Dans le n°2669 de Jeune Afrique, à paraître lundi 5 mars, notre  enquête  répond à ces questions.

Incarcéré dans le quartier VIP du centre  pénitentiaire de Scheveningen près de La Haye, Laurent Gbagbo est convenablement nourri et hébergé dans une  cellule individuelle. Il bénéficie de soins médicaux et peut, chaque jour, se  promener dans la cour de la prison ou aller à la salle de sports. Il y côtoie  des détenus célèbres comme Jean-Pierre Bemba, ancien vice-président du Congo, et Charles Taylor, l’ex chef d’État du Liberia.

À lire aussi dans JA n°2669

Enquête : Reines  déchues

Leïla Ben Ali, Suzanne Moubarak, Safia Kaddafi… Que sont devenues et qui  étaient vraiment les épouses des anciens dictateurs destitués ? Jeune Afrique  replonge dans l’histoire tourmentée des ex-premières dames tunisienne,  égyptienne et libyenne.

Tunisie : l’interview de  Beji Caïd Essebsi

« Ce gouvernement, même si ce n’est pas celui que j’aurais choisi, doit  réussir », dit l’ancien Premier ministre tunisien. S’il admet qu’il est un peu  tôt pour juger l’action de son successeur, il estime que le processus de  transition démocratique ne progresse pas assez vite.

L’ex-président a complètement réorganisé sa vie autour de trois axes :  le spirituel, le politique et le juridique. Il reçoit la visite de ses  défenseurs piloté par le Français Emmanuel Altit, l’ancien avocat des  infirmières bulgares. Et voit aussi sa famille, ses amis et ses anciens  compagnons de route du Front populaire ivoirien (FPI) comme récemment, son président  par intérim, Sylvain Miaka Ouretto.

Fort du soutien de ses proches et de la  mobilisation de ses sympathisants en Europe, il a retrouvé un moral combattif et  prépare activement l’audience du 18 juin prochain où il comparaîtra devant  la chambre préliminaire III de la CPI. Une échéance décisive puisqu’elle  influencera la décision des juges, à savoir de l’inculper ou non.

Jeuneafrique.com

CAN 2012 – Quarts de finale : affrontez nos pronostics

février 2, 2012

http://platform.twitter.com/widgets/hub.1326407570.htmlLe premier tour de la CAN 2012 a apporté son lot de surprises.  Si des  équipes comme la Côte d’Ivoire et le Ghana ont tenu leur rang et font   toujours figure de favoris, d’autres ont fait leurs preuves et se posent en   sérieux prétendants. Tour d’horizon des quarts de finale, avec les pronostics de  la  rédaction de Jeune Afrique.

Zambie  –  Soudan (4  février, 17h00, à Bata)

La Zambie est une des surprises de ce premier tour et surtout une des équipes  en confiance qui peut prétendre à une demi-finale, stade de la compétition  qu’elle n’a pas atteint depuis 1996. Sortie leader d’un groupe A où le Sénégal faisait figure de grand  favori, les Chipolopolos ont profité de la faillite des Lions de la Teranga, qu’ils ont d’ailleurs  battu (1-0) lors de leur premier match. Surtout, en assurant un nul face à la  Libye et, mieux encore, en battant la Guinée Équatoriale grâce à un but de la  star de l’équipe, Christopher Katongo, les hommes d’Hervé Renard ont su arracher  la première place de leur poule. Ils évitent donc un quart de finale périlleux  face à la Côte d’Ivoire et s’offrent une rencontre a priori plus accessible face  au Soudan.

Les Soudanais, sortis seconds du groupe B, dominés de la tête et des épaules  par la Côte d’Ivoire, ont fait sensation. Considérée comme l’équipe la plus  faible de leur poule, le Soudan n’a pas démérité et a arraché au courage sa  qualification, comme en témoigne le nul obtenu de haute lutte (2-2) face à  l’Angola. Les Faucons du désert ne partiront cependant pas favoris de ce quart  de finale.

–> Le pronostic de JA :  victoire de la Zambie (2-0)

 

Côte d’Ivoire – Guinée Équatoriale  (4 février, 20h00, à Malabo)

Sans doute le match le plus attendu entre l’équipe favorite du tournoi et le  pays co-organisateur, qui aura la chance de disputer son quart de finale chez  lui à Malabo. Malgré cet avantage, la Guinée Équatoriale aura sans doute bien du  mal à éviter la défaite face aux Ivoiriens, vainqueurs sans coup férir de leurs trois adversaires  de poule, sans encaisser le moindre but.

Les Éléphants de François Zahoui ne manquent pas d’atouts et les  Drogba, Yaya Touré et Gervinho ont été efficacement secondés par un banc de  touche au rendez-vous, qui a assuré la victoire lors de l’ultime journée (2-0  face à l’Angola). Reste aux Ivoiriens  à assumer une difficile étiquette de  grand favori et à ne pas se faire piéger par la Guinée Équatoriale, bourreau du  Sénégal en phase de poules.

–> Le pronostic de JA :  victoire de la Côte d’Ivoire (2-0)

 

Gabon – Mali (5 février, 17h00, à  Libreville)

Une rencontre équilibrée entre deux défenses solides où le Gabon part avec  l’avantage de la confiance après avoir remporté ses trois matchs de poule et  montré un visage séduisant. Vainqueurs logiques du Niger (1-0), les Gabonais ont  surtout enchaîné deux victoires importantes face à deux prétendants au titre, le Maroc (3-2) puis la Tunisie (1-0). Derrière un Pierre-Emerick Aubameyang  omniprésent et un Daniel Cousin au rendez-vous, les Panthères disputeront,  dans leur stade de Libreville, une place en demi-finale face au Mali emmené par le Barcelonais Seydou Keita.

Les Aigles sont pourtant passés tout près de la sortie lors de la dernière  journée de la phase de poules et ont même été virtuellement éliminés pendant  plus de 50 minutes, voyant la Guinée leur subtiliser la deuxième place du groupe  D. C’était sans compter sur Dembélé puis sur Keita qui permettaient aux Maliens de se qualifier en quarts de finale pour la première  fois depuis 2004. Néanmoins, les hommes d’Alain Giresse vont devoir proposer autre chose que  le jeu lent et prévisible de leur dernier match s’ils veulent stopper l’aventure  gabonaise.

–> Le pronostic de JA :  victoire du Gabon (2-1 après prolongation)

 

Ghana – Tunisie (5 février, 20h00, à  Franceville)

C’est le choc de deux prétendants au titre. Le Ghana, qui a déçu au niveau du  jeu, notamment en n’obtenant qu’un nul face à la Guinée réduite à 10 en clôture  de la phase de poules, a tout de même bouclé ce premier tour sans connaître la  défaite, assurant la première place du groupe D. Il lui faudra cependant hausser  son niveau pour être présent en demi-finales, surtout dans la construction du  jeu, en espérant le réveil de ses animateurs offensifs André Ayew et Asamoah Gyan, peu en réussite face à la  Guinée.

Les Aigles de Carthage ont de leur côté démarré en trombe le tournoi avec une victoire inattendue sur le Maroc mais se sont montrés  plus irréguliers par la suite, notamment face au Niger, avec une défense  centrale assez fébrile. Les joueurs de Sami Trabelsi, parfois absents des  débats, devront retrouver leur niveau de jeu « marocain » pour espérer  contrecarrer les plans ghanéens.

–> Le pronostic de JA :  victoire du Ghana (2-1)

________

Résultats  des matchs

Date Ville Résultat Heure *
04/02 Bata Zambie Soudan 17h00
04/02 Malabo Côte d’Ivoire Guinée Équatoriale 20h00
05/02 Libreville Gabon Mali 17h00
05/02 Franceville Ghana Tunisie 20h00

Jeuneafrique.com

Sénégal : climat insurrectionnel à Dakar

janvier 29, 2012

http://platform.twitter.com/widgets/hub.1326407570.htmlL’opposition sénégalaise appelle à la résistance, après  la validation de la candidature de Wade par le Conseil constitutionnel.

Les heurts ont repris à Dakar et dans sa banlieue en fin de journée, samedi  28 janvier. Après avoir constaté une accalmie durant la journée, les radios  locales faisaient état, vers 19 heures, d’affrontements entre des manifestants opposés à la candidature du  président sortant, Abdoulaye Wade, jugée valide vendredi par le Conseil  constitutionnel, et les forces de l’ordre, en plusieurs endroits de la capitale sénégalaise. Un peu plus tôt dans la journée, Fadel Barro,  l’un des leaders du mouvement de jeunes « Y’en a marre », affirmait à Jeune  Afrique ne plus vouloir parler, mais agir désormais. « Le temps est venu de  passer à l’action. L’heure est grave », expliquait-il.

La tension est montée d’un cran lorsque les Sénégalais ont appris  l’arrestation d’Alioune Tine, le leader de la Raddho (Rencontre africaine pour  la défense des droits de l’Homme) et le coordinateur du M23 (Mouvement du 23  juin), la coalition de partis et d’organisations de la société civile opposés à  une nouvelle candidature de Wade. Gardé à vue à la Division des investigations  criminelles (DIC) depuis le début de l’après-midi, l’une des figures de la  contestation était questionnée, selon un porte-parole de la présidence, en tant  que coordinateur de la manifestation de la veille, qui a dégénéré après  l’annonce de la validation de la candidature de Wade. Dans la nuit, un policier  a été abattu par des manifestants, a affirmé une source officielle. Des  journalistes et des manifestants ont été blessés.

« Wade a déclaré la guerre au peuple »

Au lendemain de ces émeutes, le discours des opposants s’est radicalisé. Plusieurs leaders ont appelé à la résistance tout au long de la  journée. Dans une déclaration lue à la presse après plusieurs heures de  réunion à huis clos, les leaders du M23 ont lancé un « appel à la résistance  active contre le coup d’Etat constitutionnel » d’Abdoulaye Wade. « Nous invitons  toute la population à s’organiser et à se mobiliser pour faire face à Wade. Le  combat ne fait que commencer », indique ce texte.

Pour Amath Dansokho, un opposant historique, « le Conseil constitutionnel, en  validant la candidature de Wade, a plongé le Sénégal dans une crise sans  précédent. Wade a déclaré la guerre au peuple. Dans les jours suivants, la  preuve lui sera administrée que ce pays est un pays libre. »

Après leur conférence de presse, les leaders du M23 se sont rendus devant la  DIC pour montrer leur solidarité avec Alioune Tine. Mais les policiers postés  devant les bâtiments leur ont refusé l’accès. Ils sont repartis après quelques  minutes de vaines négociations.

Youssou Ndour dénonce un « Etat policier »

En début de soirée, le chanteur Youssou Ndour, qui n’était pas présent à la  réunion du M23, a lui aussi organisé une conférence de presse au siège de son  mouvement, « Fekke maci bolé ». Après l’invalidation de sa candidature par le  Conseil constitutionnel, « You » a déposé un recours qui sera étudié ce  dimanche. Les cinq « sages » estiment que le nombre de signatures d’électeurs  ayant apporté leur soutien au chanteur n’est pas suffisant. Dans leur décision,  ils estiment que sur 12 936 noms, seuls 8 911 ont pu être identifiés – hors il  en faut 10 000. Mais les avocats de Ndour assurent, document à l’appui, avoir  déposé une liste portant 13 087 signatures. Cette « erreur » prouve le manque de « sérieux » et de « rigueur » de l’institution. C’est « une faute grave », « une  décision politique », a accusé Youssou Ndour. « Ils ont tellement peur de moi,  car les Sénégalais qu’ils endormaient, je les réveillés ! »

Appelant lui aussi à la résistance – « il faut marcher, manifester ! », « You » a dénoncé « un Etat policier » et a parlé de menaces contre sa personne. « Je  n’ai pas peur. Je suis prêt à aller en prison. Wade ne respecte plus rien, alors  nous aussi, on ne respectera plus rien », a-t-il lancé à la foule de ses  partisans, des dizaines de femmes et de jeunes massés devant le siège de son  mouvement au cœur du quartier populaire de la Medina.

Jeuneafrique.com

André Silver Konan à « Jeune Afrique », c’est maintenant officiel !

juillet 6, 2011

Anciennement journaliste au quotidien ivoirien « Le Nouveau Réveil » où il a occupé successivement les fonctions de Chef de Service, Secrétaire général de la Rédaction, Rédacteur en chef Adjoint et grand reporter, André Silver Konan était annoncé à Jeune Afrique, mais ne s’était jusque-là, pas encore prononcé sur cette promotion qui a comblé toute la presse ivoirienne.

Depuis lundi, c’est chose faite. «Depuis le 1er juillet, officiellement, j’ai pris fonction au sein du groupe panafricain de presse « Jeune Afrique », au 57 bis rue d’Auteuil (Paris). A tous ceux qui m’ont félicité, encouragé, accompagné par leurs prières, je dis merci. Grand merci. J’essayerai de ne pas vous décevoir, en restant fidèle à ma ligne, celle qui consiste à être du côté du peuple. Qui vivra verra !», a écrit André Silver Konan, sur son mur facebook suivi par près de 2.500 personnes, lundi dernier. Le journaliste-écrivain qui se trouve sur les bords de la Seine a été recruté en tant que spécialiste de l’Afrique de l’ouest.

Dans la parution de « Jeune Afrique » de ce lundi, il a dressé un portrait succinct de Nana Konadu Rawlings, l’épouse-candidate de l’ex-présidente Jerry Rawlings du Ghana. Nous ne pouvons que souhaiter bon vent au confrère André Silver Konan, qui rappelons-le a eu plusieurs prix dont le prestigieux prix Norbert Zongo du journalisme d’investigation en Afrique de l’ouest.

Autre Presse par GUY TRESSIA