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Mali : six mois après, quel espoir de libération pour Olivier Dubois ?

octobre 8, 2021
Manifestation de soutien à Olivier Dubois, le 8 juin 2021, à Paris © SEVGI/SIPA

Alors que le ton monte entre Paris et Bamako, certains s’inquiètent de possibles répercussions sur les négociations en vue de la libération du journaliste français, otage des jihadistes.

C’est sur le terrain qu’il aimait donner à voir et à entendre. C’est aussi là qu’il se sentait le mieux. Comme lors de chacun de ses déplacements, juste avant de se rendre à Gao où il a été enlevé le 8 avril, Olivier Dubois a laissé un protocole de sécurité à Déborah Al Hawi Al Masri, son épouse. Il lui demandait d’alerter les autorités si elle n’avait pas de ses nouvelles au plus tard le 10 avril à 17h. Il était prudent, mais n’aurait jamais imaginé voir un jour son nom inscrit sur la liste des Français pris en otage à l’étranger.

Voilà maintenant six mois que ce journaliste hyperactif, collaborateur notamment de Jeune Afrique, est otage, laissant sa compagne et ses deux enfants dans un état d’angoisse… mais aussi d’espoir. L’espoir de le voir un jour revenir et reprendre le cours de sa vie.

« Je ne suis informée de rien »

À l’annonce de son enlèvement, un comité de soutien baptisé #FreeOlivierDubois s’est très vite constitué, et multiplie depuis les actions à Paris comme à Bamako. Surtout, ne pas oublier Olivier Dubois, alors même que de nombreuses interrogations demeurent. Où se trouve-t-il ? Comment se porte-t-il ? Comment les États français et maliens œuvrent-ils pour qu’il soit libéré le plus vite possible ? Les questions fusent dans la tête de ses proches, sans réponse. Ils affirment ne rien savoir d’éventuelles négociations. « Je ne suis informée de rien, confie sa compagne. Je ne sais pas si des discussions ont été entamées parce que le Mali et la France travaillent dans une totale discrétion. »

Les jours passant, cette mère de famille éprouve une certaine frustration et un sentiment d’impuissance. Mais elle veille à ne pas laisser leurs enfants dans l’ignorance : « Olivier est omniprésent dans nos pensées et sa situation n’est pas un tabou. On en parle régulièrement. Je préfère leur répondre plutôt que d’engendrer des angoisses chez eux ». Le dernier message de leur père date du 5 mai, c’est une courte vidéo de 20 secondes. Habillé en tunique traditionnelle avec une barbe de trois jours, l’otage confirmait son enlèvement à Gao, par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), la nébuleuse sahélienne d’Al Qaïda dirigée par le Malien Iyad Ag Ghaly.

Le 29 septembre dernier, le journaliste Wassim Nasr, spécialiste des réseaux jihadistes, a affirmé avoir été en contact avec une source « propre » du GSIM. Contrairement au scenario avancé jusqu’alors, celle-ci affirme qu’Olivier Dubois n’a pas été attiré dans un piège ou « trompé » et que son cas « peut être ouvert à la discussion ».

Crispation

Si c’est le cas, la France – qui a officiellement pour doctrine de ne pas négocier avec les terroristes – accepterait-elle d’ouvrir des négociations ? La récente crispation des relations entre Paris et Bamako va-t-elle entraver l’avancée du dossier du seul otage français au monde ? « Je n’ai pas de craintes par rapport à la situation d’Olivier parce que les deux États m’ont affirmé qu’il est une priorité, veut croire Déborah Al Hawi Al Masri. Les problèmes géopolitiques ne seront pas un frein. » 

Depuis la fin septembre, le ton est monté d’un cran entre les deux pays. Paris n’apprécie guère que Bamako ait entamé des discussions avec des sociétés de sécurité russes de la nébuleuse Wagner. Et Emmanuel Macron a vivement réagi aux propos du Premier ministre malien, Choguel Maïga, qui a qualifié « d’abandon » le retrait progressif des troupes de Barkhane dans le nord du Mali.

Journaliste indépendant et spécialiste des questions de sécurité, Walid Ag Menani estime toutefois que ce changement de dispositif militaire n’aura pas de réel impact sur le dossier Dubois. Selon lui, cela ne veut pas nécessairement dire que la sécurité et la libération du journaliste seront compromises. « Sophie Pétronin [enlevée à Gao en 2016 et libérée en octobre 2020] a été arrêté dans une ville où des soldats français étaient présents et elle a été libérée à quelques kilomètres d’une base de l’armée française », rappelle-il. Autrement dit, la présence des troupes françaises dans la zone n’a pas empêché ce rapt.

« Il est très compliqué de tirer des conclusions, nuance Marc de Boni, membre du comité de soutien à Olivier Dubois. Il est certain que cette crispation est un facteur d’angoisse pour tous. Mais Quand Sophie Petronin a été libérée, les relations entre la France et le Mali n’étaient pas au beau fixe non plus. » Six mois après l’enlèvement d’Olivier Dubois, l’espoir est toujours aussi grand. 

Avec Jeune Afrique par Fatoumata Diallo

Mozambique : face aux jihadistes, les troupes de la SADC peuvent-elles pallier l’échec de l’armée ?

juillet 7, 2021
Journée de distribution de nourriture, le 28 avril 2021, dans la région de Cabo Delgado, où 700 000 personnes ont été déplacées, à cause des attaques jihadistes.

Les chefs d’État de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) ont décidé d’intervenir militairement dans le pays. Cependant, ce soutien extérieur risque de ne pas suffire.

Fragilisé par la crise sécuritaire au Cabo Delgado, sa région d’origine, le président Filipe Nyusi a finalement changé d’avis. Bien que, depuis 2017, le nord-est du Mozambique fait figure de nouvelle brèche du jihadisme en Afrique, le président mozambicain avait toujours refusé la moindre intervention militaire étrangère. « Ce n’est pas une question de fierté, c’est une question de souveraineté », plastronnait-il encore début avril, quelques jours après la prise du très stratégique port de Palma par les jihadistes d’Al-Shabab, groupe affilié à l’État islamique. Pour répondre à la crise, Nyusi affirmait alors pouvoir s’appuyer sur ses propres forces armées – à la puissance pourtant limitée – et recourir aux services d’agences de sécurité paramilitaires.

Mais les mercenaires russes de Wagner et sud-africains de Dick Adisory Group, recrutés par Maputo, ne sont pas parvenus à empêcher la dégradation de la situation sécuritaire. En trois ans, le conflit a fait plus de 2 800 morts, et 800 000 déplacés, dont certains ont trouvé refuge en Tanzanie. Soumis à une très forte pression de la part de ses homologues, inquiets de voir se développer un nouveau point d’instabilité, le chef de l’État mozambicain a donc fini par céder. Le 23 juin, à l’issue du sommet extraordinaire de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) qui s’est tenu à Maputo, les chefs d’État ont « approuvé la mission de la force d’attente de la SADC pour soutenir le Mozambique dans son combat contre le terrorisme et les violences extrémistes au Cabo Delgado », a annoncé Stergomena Tax, la secrétaire exécutive de l’organisation. 

Pénuries de carburant et de munitions

Auparavant, Nyusi a tout fait pour éviter cette issue, sans succès. En acceptant notamment de nouer des partenariats militaires avec des puissances étrangères. Les États-Unis avaient annoncé l’envoi, dès la mi-mars, d’un contingent de formateurs, déployés pour une période de deux mois dans le cadre du programme Joint Combined Exchange Training. Objectif : former les fusiliers marins aux techniques de contre-guerilla pour tenter de reprendre le nord-est. 

« Le gouvernement a augmenté le budget de la défense ces dernières années, mais cet effort financier ne s’est pas encore concrétisé sur le terrain. L’armée est confrontée à des pénuries de carburant et de munitions, et le problème perdure », constate le Britannique Nathan Hayes, analyste pays au sein de The Economist Intelligence Unit, un organisme rattaché au célèbre magazine économique. « Résoudre ces problèmes prendra du temps. Un soutien extérieur est donc indispensable », juge l’analyste. 

La meilleure preuve de la nécessité de cette implication étrangère est venu le jour même de l’annonce de la SADC d’envoyer des troupes sur place. Lors d’un accrochage avec les milices jihadistes Al-Shabab, un hélicoptère de l’armée qui transportait des troupes sur une zone d’opération, a été victime d’une avarie technique qui l’a forcé à atterrir en urgence près du site d’Afungi, l’un des nombreux sites d’extraction offshore au large des côtes du Mozambique dont la richesse en gaz lui vaut le surnom de « Qatar de l’Afrique ».

« Le manque de moyens aériens – avions, hélicoptères et drones – est l’un des principaux problèmes auxquels est confronté l’armée mozambicaine », souligne Éric Morier-Genoud, professeur à la Queen’s University de Belfast et spécialiste du pays. Mais le chercheur insiste : il est loin d’être le seul. La riposte sécuritaire mozambicaine est aussi minée par les conflits au sein de la chaîne hiérarchique entre les différents acteurs présents sur le terrain.

« Les forces qui combattent au Cabo Delgado sont constituées de l’armée et de la police, cela complique les choses », explique Éric Morier-Genoud. D’autant que « les rivalités entre le ministère de l’Intérieur et la police, d’un côté, et le ministère de la Défense et l’armée, de l’autre, portent préjudice à la lutte contre les milices Al-Shabab », estime en écho Nathan Hayes. Dans ce contexte, Éric Morier-Genoud en vient même à défendre le recours de Maputo aux société militaires privées. « Elles présentent l’avantage d’être moins dépendantes des pouvoirs politiques et sont relativement discrètes », glisse le chercheur. 

Crainte d’un conflit sans fin

Mais le constat est là. Forte de quelque 12 000 hommes, l’armée mozambicaine, même soutenue par les supplétifs privés, n’est pas parvenue à mettre en échec les jihadistes d’Al-Shabab, qui comptent de 1 500 à 4 000 combattants, selon des estimations toujours difficiles à établir. L’appui militaire des pays de la région permettra-t-il de palier aux défaillances de l’armée mozambicaine ? Alors que les contours, l’ampleur et le calendrier du déploiement de la force d’attente promise par la SADC ne sont pour l’heure pas connus, le doute est permis. « Les membres de la SADC veulent une intervention, mais craignent de s’enliser dans un conflit sans fin. En face, les autorités mozambicaines vont faire leur possible pour cantonner le soutien de la coalition à la protection des installations gazières qui représentent une manne financière pour le pays », juge Nathan Hayes.

« Il faut trois ans pour lancer une guérilla et dix ans, au minimum, pour y mettre fin, tranche Eric Morier-Genoud. Et dans cette région, le terrain est extrêmement difficile, avec des forêts très denses. Il ne faut pas mettre trop d’espoir dans une résolution rapide grâce à l’intervention promise par la SADC. » Le chercheur est d’autant plus prudent que l’intervention sera de faible ampleur, « probablement moins de 3 000 hommes », estime-t-il.

Les interventions étrangères et les pressions de la communauté internationale ne sont également pas exemptes d’arrière-pensées. « Nyusi a fini par reconnaître qu’Al-Shabab représente une menace grave qu’après avoir rencontré le président Emmanuel Macron et le PDG de Total, Patrick Pouyanné », rappelle Nathan Hayes. Initialement prévue pour 2021, « la reprise des travaux sur le site Area 1 de Total est prévue pour 2023 », ajoute l’analyste. De là à considérer que la France s’est employée à ce que l’Union européenne envoie des formateurs militaires, comme cela a été annoncé le 30 juin, il n’y a qu’un pas. Quoiqu’il en soit, ce soutien supplémentaire ne sera pas de trop pour Maputo.

Avec Jeune Afrique par Achraf Tijani

Burkina : plus de 100 morts dans l’attaque la plus meurtrière depuis 2015

juin 5, 2021
Des soldats burkinabè patrouillent lors d’une opération à Gorgadji, dans le nord du pays, en mars 2019.

Au moins 114 civils ont été tués en quelques heures dans la nuit de vendredi à samedi, lors de deux attaques dans le Nord du Burkina Faso, dont l’une a fait une centaine de morts, la plus meurtrière dans ce pays depuis le début des violences jihadistes en 2015.

Ces attaques ont été commises dans la zone dite « des trois frontières » entre Burkina, Mali et Niger, régulièrement ciblée par des assauts meurtriers de jihadistes présumés liés à Al-Qaïda et à l’État islamique contre des civils et des militaires.

« Dans la nuit de vendredi à samedi, des individus armés ont mené une incursion meurtrière à Solhan, dans la province du Yagha. Le bilan, toujours provisoire, est d’une centaine de personnes tuées, des hommes et femmes », a indiqué une source sécuritaire.

L’attaque et le bilan « provisoire » ont très vite été confirmés par le gouvernement qui précise dans un communiqué que les victimes sont des « civils sans distinction d’âge, tués par les terroristes » et que « plusieurs habitations et le marché (de Solhan) ont été incendiés ».

Deuil national

« Face à cette tragédie des forces obscures, un deuil national de 72 heures, à compter de ce jour 5 juin à 00H00 au lundi 7 juin à 23H59, est décrété », ajoute le gouvernement qui affirme que « les forces de défense et de sécurité sont à pied d’oeuvre pour neutraliser ces terroristes et ramener la quiétude au sein des populations ».

Dans un message de condoléances aux familles des victimes, le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a dénoncé « cette attaque barbare » et « ignoble ». « Nous devons rester unis et soudés contre ces forces obscurantistes », a-t-il ajouté.

Selon une source locale, « l’attaque, qui été signalée aux environs de 02H00 (locales et GMT), a d’abord visé le poste des Volontaires pour la défense de la Patrie », les VDP, des supplétifs civils de l’armée, et « les assaillants ont ensuite visité les concessions (maisons) et procédé à des exécutions ».

Solhan est une petite localité située à une quinzaine de kilomètres de Sebba, chef-lieu de la province du Yagha qui a enregistré de nombreuses attaques attribuées à jihadistes ces dernières années.

Le 14 mai, le ministre de la Défense Chériff Sy, et des membres de la hiérarchie militaire s’étaient rendus à Sebba, assurant que la situation était revenue à la normale, après de nombreuses opérations militaires.

14 morts dans un autre village

Cette attaque massive en a suivi de près une autre, menée tard vendredi soir, sur un village de la même région, Tadaryat, au cours de laquelle au moins 14 personnes, dont un supplétif civil, ont été tuées.

Ces attaques surviennent une semaine après deux autres attaques dans la même zone, au cours desquelles quatre personnes, dont deux membres des VDP, avaient péri. Créés en décembre 2019, les VDP interviennent aux côtés des forces armées pour des missions de surveillance, d’information et de protection, après une formation militaire de 14 jours. Ils font également office de pisteurs et combattent souvent avec l’armée, au prix de lourdes pertes, avec plus de 200 morts dans leurs rangs depuis 2020, selon un décompte de l’AFP.

Les 17 et 18 mai, quinze villageois et un soldat avaient déjà été tués lors de deux assauts contre un village et une patrouille dans le Nord-Est du pays, selon le gouverneur de la région burkinabè du Sahel.

Depuis le 5 mai, face à la recrudescence des attaques jihadistes, les forces armées ont lancé une opération d’envergure dans les régions du Nord et du Sahel. Malgré l’annonce de nombreuses opérations de ce type, les forces de sécurité peinent à enrayer la spirale de violences jihadistes qui ont fait depuis 2015 plus de 1.400 morts et déplacé plus d’un million de personnes, fuyant les zones de violences.

Par Jeune Afrique avec AFP

Côte d’Ivoire : nouvelles attaques attribuées à des jihadistes à Kafolo et Tehini, près du Burkina Faso

mars 29, 2021
Un militaire ivoirien, à Abidjan en avril 2015. Photo d’illustration.

Une position militaire ivoirienne à Kafolo et un poste de gendarmerie à Tehini, près de la frontière avec le Burkina Faso, ont été la cible d’attaques ce lundi. Les services de sécurité ivoiriens soupçonnent les hommes de la katiba Macina, du jihadiste malien Amadou Kouffa.

L’attaque de Kafolo a été lancée aux premières heures de la journée de ce lundi 29 mars contre un poste avancé de l’armée de Kafolo, situé non loin de la frontière avec le Burkina Faso. Une autre attaque a été menée à peu près au même moment, visant cette fois un poste de gendarmerie à Kolobougou, dans le département de Téhini, plus à l’est le long de la frontière avec le Burkina.

Menées par un groupe armé encore non identifié, ces attaques ont fait au moins trois morts – dont deux soldats tués à Kafolo, et un gendarme tué à Kolobougou – et six blessés parmi les hommes des services de sécurité ivoiriens, qui sont cependant parvenus à repousser les assaillants dans les deux cas. Au moins trois d’entre eux ont été tués au cours des affrontements à Kafolo, selon un bilan encore provisoire délivré par une source de Jeune Afrique au sein des services de sécurité ivoiriens. Des armes, des véhicules et des équipements de communication ont été saisis.

« Ce sont les hommes d’Amadou Koufa »

Des renforts de militaires et de gendarmes ont été déployés dans la zone, où une opération de ratissage est en cours pour retrouver les assaillants qui ont pris la fuite. «  Il est clair que le mode opératoire est celui d’une attaque terroriste, confie notre source. Les premiers indices en notre possession montrent que ce sont les hommes de la katiba Macina, du chef terroriste malien Amadou Koufa. »À LIRE [Série] Terrorisme : de Kafolo à Tengrela, comment la Côte d’Ivoire fait face à la menace (2/4)

C’est la seconde fois en moins d’un an que Kafalo est la cible d’une attaque de ce type. Les forces de sécurité avaient déjà payé un lourd tribut lors de l’assaut mené dans la nuit du 10 au 11 juin dernier contre le poste mixte de la gendarmerie et de l’armée, qui avait fait douze morts et huit blessés. Première attaque d’envergure dans le nord de la Côte d’Ivoire, l’assaut contre le poste militaire de Kafalo avait fortement inquiété dans les milieux sécuritaires, entre préoccupations sur de possibles défaillances et interrogations sur la nécessité de revoir la stratégie face à la menace jihadiste.

Une trentaine de combattants et d’individus suspectés de liens avec des jihadistes avaient été arrêtés dans les jours et semaines suivant l’attaque. Parmi eux, notamment, le Burkinabè Sidibé Ali, dit « Sofiane », chef présumé de l’un des trois commandos à avoir mené l’assaut contre le poste mixte de Kafolo, dont l’arrestation avait été annoncée le 25 juin par le chef d’état-major des armées, le général Lassina Doumbia.

Les services de sécurité ivoiriens sont convaincus que l’attaque de ce lundi 29 mars a été, comme la précédente, perpétrée par les hommes de Sidibé Abdramani – alias « Hamza » -, l’un des lieutenants d’Amadou Koufa qui aurait été envoyé dans cette zone frontalière entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire il y a plus de deux ans, avec pour « mission » d’y installer la katiba Macina. Le groupe, affilié au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), cherche notamment à recruter de nouveaux combattants dans la région.

Avec Jeune Afrique par Baudelaire Mieu – à Abidjan

Au moins 110 civils tués dans une attaque jihadiste au Nigeria

novembre 29, 2020
Les funérailles des personnes tuées dans une attaque à Zaabarmar, au Nigeria, le 29 novembre 2020.

Au moins 110 civils ont été tués samedi par des membres présumés de Boko Haram dans un village du nord-est du Nigeria, selon un bilan des Nations unies, ce qui en fait une des attaque les plus meurtrières dans cette région, en proie à une sanglante insurrection jihadiste.

L’attaque s’est déroulée le jour des élections locales dans cet État, les premières organisées depuis le début de l’insurrection de Boko Haram en 2009. Depuis cette date, on dénombre plus de 36 000 tués et plus de deux millions de personnes ont dû fuir leur foyer.

« Le 28 novembre, en début d’après-midi, des hommes armés sont arrivés à moto et ont mené une attaque brutale sur des hommes et des femmes qui travaillaient dans des champs à Koshobe », a déclaré dimanche le coordinateur humanitaire de l’ONU au Nigeria, Edward Kallon.

« Au moins 110 civils ont été froidement tués, et de nombreux autres blessés dans cette attaque », a-t-il ajouté.

Le communiqué de l’ONU ne mentionne pas le groupe jihadiste Boko Haram, qui multiplie les attaques dans cette région depuis plus de dix ans et contrôle une partie du territoire.

L’attaque s’est produite dans une rizière située à moins de dix kilomètres de Maiduguri, la capitale de l’État du Borno, épicentre de l’insurrection islamiste. Le mois dernier, 22 agriculteurs avaient déjà été tués dans leurs champs, non loin de cette ville.

« Egorgés »

Samedi, le responsable d’un groupe d’autodéfense pro-gouvernemental avait fait état de 43 morts.

« Nous avons retrouvé 43 corps sans vie, tous ont été égorgés », avait déclaré Babakura Kolo. « C’est sans aucun doute l’oeuvre de Boko Haram qui opère dans la région et attaque fréquemment les agriculteurs ».

Les funérailles des personnes tuées dans une attaque à Zaabarmar, au Nigeria, le 29 novembre 2020.

Ces 43 premières victimes ont été enterrées dimanche dans le village voisin de Zabarmari, en présence du gouverneur de l’État du Borno, Babaganan Umara Zulum. Les recherches d’autres victimes dans ces eaux marécageuses et difficile d’accès se poursuivaient.

Le gouverneur avait affirmé dimanche que 70 agriculteurs avaient été tués, tout en prévenant que ce bilan pourrait s’alourdir dans les prochaines heures.

Figurent notamment parmi les victimes des dizaines d’ouvriers agricoles originaires de l’État de Sokoto, à environ 1 000 km à l’ouest, qui s’étaient rendus dans l’Etat de Borno pour trouver du travail dans les rizières.

Le président du Nigeria Muhammadu Buhari a « condamné » samedi soir « le meurtre de ces agriculteurs dévoués à leur travail par des terroristes « , dans un communiqué. « Le pays entier est blessé par ces assassinats insensés », a-t-il ajouté.

« Devoir de voter »

L’attaque est survenue le jour des élections des représentants et conseillers régionaux des 27 circonscriptions de l’État du Borno, un scrutin repoussé depuis 2008 pour des raisons de sécurité.

« C’est mon devoir de venir et de voter pour les représentants et les conseillers régionaux car ils sont les responsables de ma localité », avait témoigné samedi Bukar Amar, un déplacé du conflit qui a voté pour sa localité depuis le camp de Bakassi.

Depuis plusieurs mois, les autorités encouragent les personnes déplacées à retourner dans leur village, affirmant qu’il n’est plus possible financièrement de les prendre en charge, les déplacés – qui n’ont plus accès à leurs champs – dépendant presque entièrement de l’aide humanitaire pour survivre.

Un nombre important de déplacés ont ainsi regagné leurs villages, pourtant ravagés par les violences.

Par Jeune Afrique avec AFP

Des djihadistes s’emparent d’un port important dans le nord gazier du Mozambique

août 12, 2020

Le port de Mocimboa da Praia est situé à environ 80 km de la péninsule d’Afungi, qui abrite d’importantes installations pour le développement de gaz naturel liquéfié (GNL), auquel participe le groupe Total.

Photo d'illustration.
Photo d’illustration. ADRIEN BARBIER / AFP

Des djihadistes se sont emparé mercredi de Mocimboa da Praia, dans le nord du Mozambique riche en gaz, après une série de récentes attaques dans cette région, selon un site d’information local, ce qu’a confirmé une source militaire à l’AFP. «Le port de Mocimboa da Praia a été pris par des terroristes à l’aube» mercredi, selon le site Moz24Horas, information confirmée à l’AFP par une source militaire qui a indiqué que «Mocimboa da Praia est tombé» aux mains des djihadistes. Utilisant un lance-roquette, les djihadistes ont touché un bateau dans le port, selon la source militaire qui a reconnu que «la situation est compliquée».

Les Forces de défense du Mozambique (FDS) ont confirmé dans la soirée que des «terroristes» avaient lancé la semaine dernière des «attaques coordonnées» sur plusieurs villages proches du port pour tenter d’occuper la ville. «En ce moment des opérations sont en cours pour neutraliser les terroristes qui utilisent les populations de ces régions comme boucliers», ont indiqué les FDS dans un communiqué.

Le port de Mocimboa da Praia, situé dans la province de Cabo Delgado, se trouve à environ 80 km au sud de la péninsule d’Afungi qui abrite d’importantes installations pour le développement de gaz naturel liquéfié (GNL), l’un des plus gros investissements en Afrique auquel participe le groupe français Total. Le port est actuellement utilisé dans le cadre de ces activités gazières, d’où son importance dans la région.

Fin juin, des hommes armés avaient tué 8 ouvriers d’une entreprise privée de BTP travaillant pour Total sur son projet gazier de plusieurs milliards de dollars dans la province de Cabo Delgado. Au même moment, des djihadistes avaient déjà attaqué et occupé temporairement Mocimboa da Praia. Une précédente occupation de la ville quelques mois auparavant avait provoqué un exode massif de ses habitants..

Un millier de morts depuis 2017

Le nord du Mozambique est le théâtre depuis 2017 d’une insurrection djihadiste qui a fait un millier de morts et entravé le développement de l’exploitation de ses réserves de gaz offshore. Les attaques d’ouvriers travaillant sur les projets de développement de gaz naturel liquéfié avaient pourtant été rares jusqu’à présent. Les attaques dans cette région ont déjà fait au moins 1300 morts, selon l’ONG The Armed Conflict Location & Event Data Project (ACLED).

Dans son dernier rapport publié mercredi, ACLED écrit que «les insurgés et les forces de sécurité gouvernementales se sont affrontés de manière plus ou moins constante dans a région depuis la soirée du 5 août». En mai, l’ONU a estimé le nombre des déplacés dus à ces attaques à au moins 210.000. En dépit des troubles dans la région, Total a affirmé qu’il irait de l’avant avec son projet gazier de 23 milliards de dollars.

Par Le Figaro avec AFP

Six morts dans une attaque jihadiste au Nigeria

juin 13, 2020

 

Des jihadistes du groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) ont tué samedi six personnes lors d’une attaque contre une garnison stratégique dans le nord-est du Nigeria, a-t-on appris auprès de sources sécuritaires et d’habitants. Des dizaines de combattants d’ISWAP se sont battus contre des soldats et des membres des milices soutenues par le gouvernement après l’attaque du village de Monguno, près du lac Tchad.

«Deux soldats, un membre d’un groupe d’auto-défense local et trois civils ont été tués dans cette attaque, qui a duré deux heures», a indiqué à l’AFP un combattant anti-jihadiste, Bukar Ari. Selon les habitants, les jihadistes étaient lourdement armés et ont commencé leur opération en libérant des prisonniers, avant de mettre le feu aux bâtiments publics. «Ils ont arrosé le village au lance-roquettes, faisant trois morts et plusieurs blessés», a indiqué à l’AFP un habitant, Kulo Gana. «J’ai vu les corps des deux soldats et du milicien dans les rues après les combats». Selon ces sources, les jihadistes ont fui lorsque l’aviation militaire a lancé des frappes.

ISWAP et son groupe rival, Boko Haram, ont à plusieurs reprises tenté de s’emparer de Monguno, un poste de garnison stratégique à 135 kilomètres de la capitale régionale, Maiduguri. Mardi, des jihadistes de l’ISWAP ont tué 81 personnes lors d’une attaque contre un village d’éleveurs dans le district de Gubio, à 90 km au nord de l’attaque de samedi. L’insurrection jihadiste dans le nord-est du Nigeria a fait plus de 36.000 morts et de deux millions de déplacés depuis 2009.

Par Le Figaro avec AFP

Burkina : au moins 14 morts dans une attaque dans le Nord

juillet 28, 2019

Des soldats burkinabè, lors d’un exercice en février 2019 (illustration). © DR / Forces armées burkinabè

 

Au moins quatorze civils ont été tués entre jeudi et vendredi à Diblou, un village dans le Nord du Burkina, dans une attaque perpétrée par une « vingtaine d’individus armés » décrits comme des jihadistes, a-t-on appris samedi de sources sécuritaires et locales.

« Dans la soirée du jeudi, un groupe d’individus, environ une vingtaine, a attaqué le village de Diblou (dans la commune de Pissila), faisant au moins quatorze morts », a déclaré une source sécuritaire. « Les terroristes (jihadistes) ont incendié des boutiques de commerçants et des motocyclettes. Presque tout le marché a été saccagé », a indiqué un habitant de Pissila.

Cette région est en proie à des attaques de plus en plus fréquentes et meurtrières, attribuées par les autorités à des groupes jihadistes. Le ministre burkinabè de la Défense, Chérif Sy, a annoncé dans un communiqué « les villages de Sagho et Toékodogo, dans la commune de Barsalogho, ont été l’objet d’attaques terroristes dans la soirée du samedi 22 juin, perpétrées par des hommes armés non identifiés ». « Ces attaques ont malheureusement causé la mort de 15 personnes, dont 13 à Sagho et 2 à Toékodogo », avait précisé le ministre. Des dégâts matériels avaient également été enregistrés.

Quelques jours plus tôt, le 18 juin, 17 personnes avaient été tuées au cours d’une attaque à Béléhédé, située dans la province du Soum, dans le nord du pays. 19 personnes avaient trouvé la mort une semaine plus tôt dans une attaque dans la commune d’Arbinda, toujours dans le Nord.

Face à cette dégradation du climat sécuritaire, et alors que l’armée burkinabè est déjà engagée à l’Est face aux groupes armés, dans le cadre de l’opération Otapuanu, les autorités ont lancé, mi-mai, l’opération Doofu (« déraciner », en fulfuldé) dans les régions du nord et du centre-nord du Sahel.

Par Jeune Afrique avec AFP

Un Franco-Marocain condamné pour terrorisme déchu de sa nationalité française

juin 1, 2019

 

Entre 1996 et 2016, seules 13 déchéances de nationalité ont été prononcées pour terrorisme, dont cinq en 2015, selon des chiffres du ministère de l’Intérieur.

Mohamed el-Hafiani, 36 ans, avait été condamné en 2014 à cinq années de prison pour avoir voulu rejoindre des jihadistes en Afghanistan. Il avait été arrêté au Pakistan en 2012, en compagnie de deux autres Français, et renvoyé en France un an plus tard. Lors de leur interpellation, les trois hommes étaient accompagnés de Naamen Meziche, un Franco-Algérien considéré comme un cadre historique d’Al-Qaïda, et condamné en 2018 à 14 ans de réclusion pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle ».

La déchéance de nationalité est possible pour les individus ayant « acquis la qualité de Français », et uniquement pour des motifs spécifiques, notamment avoir été condamné pour trahison ou terrorisme. Dans ces cas, la déchéance n’est encourue que si les faits reprochés se sont produits dans un délai de quinze ans après l’acquisition de la nationalité.

Entre 1996 et 2016, seules 13 déchéances de nationalité ont été prononcées pour terrorisme en France, dont cinq en 2015, selon des chiffres du ministère de l’Intérieur.

La déchéance de nationalité est en revanche impossible si elle a pour effet de rendre apatride, ou pour les personnes nées avec la nationalité française.

Après les attentats de novembre 2015 à Paris (130 morts), le président français François Hollande avait souhaité l’extension de la déchéance de nationalité, suscitant un âpre débat dans le pays. Après plusieurs mois d’invectives et de discussions houleuses, M. Hollande avait finalement renoncé à cette révision constitutionnelle.

Égypte: 19 jihadistes liés au dernier attentat anticoptes tués par la police (Intérieur)

novembre 4, 2018

Le Caire – Dix-neuf jihadistes présumés liés à l’attentat anticoptes qui a fait sept morts vendredi à Minya, dans le centre de l’Egypte, ont été tués lors d’un échange de « tirs » avec la police, a annoncé dimanche le ministère de l’Intérieur.

Les 19 jihadistes présumés ont été retrouvés « dans le cadre de la poursuite des éléments terroristes impliqués dans la mise en œuvre d’opérations hostiles dans le pays, dont la dernière attaque armée qui visait des citoyens lors de leur retour du monastère de Saint-Samuel », a précisé le ministère.

Au moins sept personnes ont été tuées et sept blessées vendredi dans un attentat revendiqué par le groupe État islamique (EI) contre un bus transportant des fidèles chrétiens coptes près du monastère de Saint-Samuel en plein désert, dans la province de Minya.

Des raids ont été menés dans les zones montagneuses du désert occidental de la province de Minya pour retrouver ces « éléments terroristes en fuite », a-t-on ajouté de même source.

« Les éléments terroristes ont ouvert le feu sur les forces (de sécurité), qui ont répliqué », a expliqué le ministère.

Les jihadistes de l’EI s’en prennent régulièrement aux coptes, qui représentent environ 10% de la population de près de 100 millions d’habitants. Plus d’une centaine de personnes sont mortes dans une série d’attaques anticoptes depuis fin 2016.

En mai 2017, 28 pèlerins coptes, dont de nombreux enfants, avaient été tués à Minya par des hommes armés, alors qu’ils voyageaient eux aussi à bord d’un bus dans le même secteur que l’attaque de vendredi.

L’Egypte avait alors répondu à cette attaque par des frappes aériennes contre des camps jihadistes en Libye voisine.

Romandie.com avec(©AFP / 04 novembre 2018 11h13)