Posts Tagged ‘Jihadistes’

Côte d’Ivoire : nouvelles attaques attribuées à des jihadistes à Kafolo et Tehini, près du Burkina Faso

mars 29, 2021
Un militaire ivoirien, à Abidjan en avril 2015. Photo d’illustration.

Une position militaire ivoirienne à Kafolo et un poste de gendarmerie à Tehini, près de la frontière avec le Burkina Faso, ont été la cible d’attaques ce lundi. Les services de sécurité ivoiriens soupçonnent les hommes de la katiba Macina, du jihadiste malien Amadou Kouffa.

L’attaque de Kafolo a été lancée aux premières heures de la journée de ce lundi 29 mars contre un poste avancé de l’armée de Kafolo, situé non loin de la frontière avec le Burkina Faso. Une autre attaque a été menée à peu près au même moment, visant cette fois un poste de gendarmerie à Kolobougou, dans le département de Téhini, plus à l’est le long de la frontière avec le Burkina.

Menées par un groupe armé encore non identifié, ces attaques ont fait au moins trois morts – dont deux soldats tués à Kafolo, et un gendarme tué à Kolobougou – et six blessés parmi les hommes des services de sécurité ivoiriens, qui sont cependant parvenus à repousser les assaillants dans les deux cas. Au moins trois d’entre eux ont été tués au cours des affrontements à Kafolo, selon un bilan encore provisoire délivré par une source de Jeune Afrique au sein des services de sécurité ivoiriens. Des armes, des véhicules et des équipements de communication ont été saisis.

« Ce sont les hommes d’Amadou Koufa »

Des renforts de militaires et de gendarmes ont été déployés dans la zone, où une opération de ratissage est en cours pour retrouver les assaillants qui ont pris la fuite. «  Il est clair que le mode opératoire est celui d’une attaque terroriste, confie notre source. Les premiers indices en notre possession montrent que ce sont les hommes de la katiba Macina, du chef terroriste malien Amadou Koufa. »À LIRE [Série] Terrorisme : de Kafolo à Tengrela, comment la Côte d’Ivoire fait face à la menace (2/4)

C’est la seconde fois en moins d’un an que Kafalo est la cible d’une attaque de ce type. Les forces de sécurité avaient déjà payé un lourd tribut lors de l’assaut mené dans la nuit du 10 au 11 juin dernier contre le poste mixte de la gendarmerie et de l’armée, qui avait fait douze morts et huit blessés. Première attaque d’envergure dans le nord de la Côte d’Ivoire, l’assaut contre le poste militaire de Kafalo avait fortement inquiété dans les milieux sécuritaires, entre préoccupations sur de possibles défaillances et interrogations sur la nécessité de revoir la stratégie face à la menace jihadiste.

Une trentaine de combattants et d’individus suspectés de liens avec des jihadistes avaient été arrêtés dans les jours et semaines suivant l’attaque. Parmi eux, notamment, le Burkinabè Sidibé Ali, dit « Sofiane », chef présumé de l’un des trois commandos à avoir mené l’assaut contre le poste mixte de Kafolo, dont l’arrestation avait été annoncée le 25 juin par le chef d’état-major des armées, le général Lassina Doumbia.

Les services de sécurité ivoiriens sont convaincus que l’attaque de ce lundi 29 mars a été, comme la précédente, perpétrée par les hommes de Sidibé Abdramani – alias « Hamza » -, l’un des lieutenants d’Amadou Koufa qui aurait été envoyé dans cette zone frontalière entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire il y a plus de deux ans, avec pour « mission » d’y installer la katiba Macina. Le groupe, affilié au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), cherche notamment à recruter de nouveaux combattants dans la région.

Avec Jeune Afrique par Baudelaire Mieu – à Abidjan

Au moins 110 civils tués dans une attaque jihadiste au Nigeria

novembre 29, 2020
Les funérailles des personnes tuées dans une attaque à Zaabarmar, au Nigeria, le 29 novembre 2020.

Au moins 110 civils ont été tués samedi par des membres présumés de Boko Haram dans un village du nord-est du Nigeria, selon un bilan des Nations unies, ce qui en fait une des attaque les plus meurtrières dans cette région, en proie à une sanglante insurrection jihadiste.

L’attaque s’est déroulée le jour des élections locales dans cet État, les premières organisées depuis le début de l’insurrection de Boko Haram en 2009. Depuis cette date, on dénombre plus de 36 000 tués et plus de deux millions de personnes ont dû fuir leur foyer.

« Le 28 novembre, en début d’après-midi, des hommes armés sont arrivés à moto et ont mené une attaque brutale sur des hommes et des femmes qui travaillaient dans des champs à Koshobe », a déclaré dimanche le coordinateur humanitaire de l’ONU au Nigeria, Edward Kallon.

« Au moins 110 civils ont été froidement tués, et de nombreux autres blessés dans cette attaque », a-t-il ajouté.

Le communiqué de l’ONU ne mentionne pas le groupe jihadiste Boko Haram, qui multiplie les attaques dans cette région depuis plus de dix ans et contrôle une partie du territoire.

L’attaque s’est produite dans une rizière située à moins de dix kilomètres de Maiduguri, la capitale de l’État du Borno, épicentre de l’insurrection islamiste. Le mois dernier, 22 agriculteurs avaient déjà été tués dans leurs champs, non loin de cette ville.

« Egorgés »

Samedi, le responsable d’un groupe d’autodéfense pro-gouvernemental avait fait état de 43 morts.

« Nous avons retrouvé 43 corps sans vie, tous ont été égorgés », avait déclaré Babakura Kolo. « C’est sans aucun doute l’oeuvre de Boko Haram qui opère dans la région et attaque fréquemment les agriculteurs ».

Les funérailles des personnes tuées dans une attaque à Zaabarmar, au Nigeria, le 29 novembre 2020.

Ces 43 premières victimes ont été enterrées dimanche dans le village voisin de Zabarmari, en présence du gouverneur de l’État du Borno, Babaganan Umara Zulum. Les recherches d’autres victimes dans ces eaux marécageuses et difficile d’accès se poursuivaient.

Le gouverneur avait affirmé dimanche que 70 agriculteurs avaient été tués, tout en prévenant que ce bilan pourrait s’alourdir dans les prochaines heures.

Figurent notamment parmi les victimes des dizaines d’ouvriers agricoles originaires de l’État de Sokoto, à environ 1 000 km à l’ouest, qui s’étaient rendus dans l’Etat de Borno pour trouver du travail dans les rizières.

Le président du Nigeria Muhammadu Buhari a « condamné » samedi soir « le meurtre de ces agriculteurs dévoués à leur travail par des terroristes « , dans un communiqué. « Le pays entier est blessé par ces assassinats insensés », a-t-il ajouté.

« Devoir de voter »

L’attaque est survenue le jour des élections des représentants et conseillers régionaux des 27 circonscriptions de l’État du Borno, un scrutin repoussé depuis 2008 pour des raisons de sécurité.

« C’est mon devoir de venir et de voter pour les représentants et les conseillers régionaux car ils sont les responsables de ma localité », avait témoigné samedi Bukar Amar, un déplacé du conflit qui a voté pour sa localité depuis le camp de Bakassi.

Depuis plusieurs mois, les autorités encouragent les personnes déplacées à retourner dans leur village, affirmant qu’il n’est plus possible financièrement de les prendre en charge, les déplacés – qui n’ont plus accès à leurs champs – dépendant presque entièrement de l’aide humanitaire pour survivre.

Un nombre important de déplacés ont ainsi regagné leurs villages, pourtant ravagés par les violences.

Par Jeune Afrique avec AFP

Des djihadistes s’emparent d’un port important dans le nord gazier du Mozambique

août 12, 2020

Le port de Mocimboa da Praia est situé à environ 80 km de la péninsule d’Afungi, qui abrite d’importantes installations pour le développement de gaz naturel liquéfié (GNL), auquel participe le groupe Total.

Photo d'illustration.
Photo d’illustration. ADRIEN BARBIER / AFP

Des djihadistes se sont emparé mercredi de Mocimboa da Praia, dans le nord du Mozambique riche en gaz, après une série de récentes attaques dans cette région, selon un site d’information local, ce qu’a confirmé une source militaire à l’AFP. «Le port de Mocimboa da Praia a été pris par des terroristes à l’aube» mercredi, selon le site Moz24Horas, information confirmée à l’AFP par une source militaire qui a indiqué que «Mocimboa da Praia est tombé» aux mains des djihadistes. Utilisant un lance-roquette, les djihadistes ont touché un bateau dans le port, selon la source militaire qui a reconnu que «la situation est compliquée».

Les Forces de défense du Mozambique (FDS) ont confirmé dans la soirée que des «terroristes» avaient lancé la semaine dernière des «attaques coordonnées» sur plusieurs villages proches du port pour tenter d’occuper la ville. «En ce moment des opérations sont en cours pour neutraliser les terroristes qui utilisent les populations de ces régions comme boucliers», ont indiqué les FDS dans un communiqué.

Le port de Mocimboa da Praia, situé dans la province de Cabo Delgado, se trouve à environ 80 km au sud de la péninsule d’Afungi qui abrite d’importantes installations pour le développement de gaz naturel liquéfié (GNL), l’un des plus gros investissements en Afrique auquel participe le groupe français Total. Le port est actuellement utilisé dans le cadre de ces activités gazières, d’où son importance dans la région.

Fin juin, des hommes armés avaient tué 8 ouvriers d’une entreprise privée de BTP travaillant pour Total sur son projet gazier de plusieurs milliards de dollars dans la province de Cabo Delgado. Au même moment, des djihadistes avaient déjà attaqué et occupé temporairement Mocimboa da Praia. Une précédente occupation de la ville quelques mois auparavant avait provoqué un exode massif de ses habitants..

Un millier de morts depuis 2017

Le nord du Mozambique est le théâtre depuis 2017 d’une insurrection djihadiste qui a fait un millier de morts et entravé le développement de l’exploitation de ses réserves de gaz offshore. Les attaques d’ouvriers travaillant sur les projets de développement de gaz naturel liquéfié avaient pourtant été rares jusqu’à présent. Les attaques dans cette région ont déjà fait au moins 1300 morts, selon l’ONG The Armed Conflict Location & Event Data Project (ACLED).

Dans son dernier rapport publié mercredi, ACLED écrit que «les insurgés et les forces de sécurité gouvernementales se sont affrontés de manière plus ou moins constante dans a région depuis la soirée du 5 août». En mai, l’ONU a estimé le nombre des déplacés dus à ces attaques à au moins 210.000. En dépit des troubles dans la région, Total a affirmé qu’il irait de l’avant avec son projet gazier de 23 milliards de dollars.

Par Le Figaro avec AFP

Six morts dans une attaque jihadiste au Nigeria

juin 13, 2020

 

Des jihadistes du groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) ont tué samedi six personnes lors d’une attaque contre une garnison stratégique dans le nord-est du Nigeria, a-t-on appris auprès de sources sécuritaires et d’habitants. Des dizaines de combattants d’ISWAP se sont battus contre des soldats et des membres des milices soutenues par le gouvernement après l’attaque du village de Monguno, près du lac Tchad.

«Deux soldats, un membre d’un groupe d’auto-défense local et trois civils ont été tués dans cette attaque, qui a duré deux heures», a indiqué à l’AFP un combattant anti-jihadiste, Bukar Ari. Selon les habitants, les jihadistes étaient lourdement armés et ont commencé leur opération en libérant des prisonniers, avant de mettre le feu aux bâtiments publics. «Ils ont arrosé le village au lance-roquettes, faisant trois morts et plusieurs blessés», a indiqué à l’AFP un habitant, Kulo Gana. «J’ai vu les corps des deux soldats et du milicien dans les rues après les combats». Selon ces sources, les jihadistes ont fui lorsque l’aviation militaire a lancé des frappes.

ISWAP et son groupe rival, Boko Haram, ont à plusieurs reprises tenté de s’emparer de Monguno, un poste de garnison stratégique à 135 kilomètres de la capitale régionale, Maiduguri. Mardi, des jihadistes de l’ISWAP ont tué 81 personnes lors d’une attaque contre un village d’éleveurs dans le district de Gubio, à 90 km au nord de l’attaque de samedi. L’insurrection jihadiste dans le nord-est du Nigeria a fait plus de 36.000 morts et de deux millions de déplacés depuis 2009.

Par Le Figaro avec AFP

Burkina : au moins 14 morts dans une attaque dans le Nord

juillet 28, 2019

Des soldats burkinabè, lors d’un exercice en février 2019 (illustration). © DR / Forces armées burkinabè

 

Au moins quatorze civils ont été tués entre jeudi et vendredi à Diblou, un village dans le Nord du Burkina, dans une attaque perpétrée par une « vingtaine d’individus armés » décrits comme des jihadistes, a-t-on appris samedi de sources sécuritaires et locales.

« Dans la soirée du jeudi, un groupe d’individus, environ une vingtaine, a attaqué le village de Diblou (dans la commune de Pissila), faisant au moins quatorze morts », a déclaré une source sécuritaire. « Les terroristes (jihadistes) ont incendié des boutiques de commerçants et des motocyclettes. Presque tout le marché a été saccagé », a indiqué un habitant de Pissila.

Cette région est en proie à des attaques de plus en plus fréquentes et meurtrières, attribuées par les autorités à des groupes jihadistes. Le ministre burkinabè de la Défense, Chérif Sy, a annoncé dans un communiqué « les villages de Sagho et Toékodogo, dans la commune de Barsalogho, ont été l’objet d’attaques terroristes dans la soirée du samedi 22 juin, perpétrées par des hommes armés non identifiés ». « Ces attaques ont malheureusement causé la mort de 15 personnes, dont 13 à Sagho et 2 à Toékodogo », avait précisé le ministre. Des dégâts matériels avaient également été enregistrés.

Quelques jours plus tôt, le 18 juin, 17 personnes avaient été tuées au cours d’une attaque à Béléhédé, située dans la province du Soum, dans le nord du pays. 19 personnes avaient trouvé la mort une semaine plus tôt dans une attaque dans la commune d’Arbinda, toujours dans le Nord.

Face à cette dégradation du climat sécuritaire, et alors que l’armée burkinabè est déjà engagée à l’Est face aux groupes armés, dans le cadre de l’opération Otapuanu, les autorités ont lancé, mi-mai, l’opération Doofu (« déraciner », en fulfuldé) dans les régions du nord et du centre-nord du Sahel.

Par Jeune Afrique avec AFP

Un Franco-Marocain condamné pour terrorisme déchu de sa nationalité française

juin 1, 2019

 

Entre 1996 et 2016, seules 13 déchéances de nationalité ont été prononcées pour terrorisme, dont cinq en 2015, selon des chiffres du ministère de l’Intérieur.

Mohamed el-Hafiani, 36 ans, avait été condamné en 2014 à cinq années de prison pour avoir voulu rejoindre des jihadistes en Afghanistan. Il avait été arrêté au Pakistan en 2012, en compagnie de deux autres Français, et renvoyé en France un an plus tard. Lors de leur interpellation, les trois hommes étaient accompagnés de Naamen Meziche, un Franco-Algérien considéré comme un cadre historique d’Al-Qaïda, et condamné en 2018 à 14 ans de réclusion pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle ».

La déchéance de nationalité est possible pour les individus ayant « acquis la qualité de Français », et uniquement pour des motifs spécifiques, notamment avoir été condamné pour trahison ou terrorisme. Dans ces cas, la déchéance n’est encourue que si les faits reprochés se sont produits dans un délai de quinze ans après l’acquisition de la nationalité.

Entre 1996 et 2016, seules 13 déchéances de nationalité ont été prononcées pour terrorisme en France, dont cinq en 2015, selon des chiffres du ministère de l’Intérieur.

La déchéance de nationalité est en revanche impossible si elle a pour effet de rendre apatride, ou pour les personnes nées avec la nationalité française.

Après les attentats de novembre 2015 à Paris (130 morts), le président français François Hollande avait souhaité l’extension de la déchéance de nationalité, suscitant un âpre débat dans le pays. Après plusieurs mois d’invectives et de discussions houleuses, M. Hollande avait finalement renoncé à cette révision constitutionnelle.

Égypte: 19 jihadistes liés au dernier attentat anticoptes tués par la police (Intérieur)

novembre 4, 2018

Le Caire – Dix-neuf jihadistes présumés liés à l’attentat anticoptes qui a fait sept morts vendredi à Minya, dans le centre de l’Egypte, ont été tués lors d’un échange de « tirs » avec la police, a annoncé dimanche le ministère de l’Intérieur.

Les 19 jihadistes présumés ont été retrouvés « dans le cadre de la poursuite des éléments terroristes impliqués dans la mise en œuvre d’opérations hostiles dans le pays, dont la dernière attaque armée qui visait des citoyens lors de leur retour du monastère de Saint-Samuel », a précisé le ministère.

Au moins sept personnes ont été tuées et sept blessées vendredi dans un attentat revendiqué par le groupe État islamique (EI) contre un bus transportant des fidèles chrétiens coptes près du monastère de Saint-Samuel en plein désert, dans la province de Minya.

Des raids ont été menés dans les zones montagneuses du désert occidental de la province de Minya pour retrouver ces « éléments terroristes en fuite », a-t-on ajouté de même source.

« Les éléments terroristes ont ouvert le feu sur les forces (de sécurité), qui ont répliqué », a expliqué le ministère.

Les jihadistes de l’EI s’en prennent régulièrement aux coptes, qui représentent environ 10% de la population de près de 100 millions d’habitants. Plus d’une centaine de personnes sont mortes dans une série d’attaques anticoptes depuis fin 2016.

En mai 2017, 28 pèlerins coptes, dont de nombreux enfants, avaient été tués à Minya par des hommes armés, alors qu’ils voyageaient eux aussi à bord d’un bus dans le même secteur que l’attaque de vendredi.

L’Egypte avait alors répondu à cette attaque par des frappes aériennes contre des camps jihadistes en Libye voisine.

Romandie.com avec(©AFP / 04 novembre 2018 11h13)                                                        

Burkina: au moins 9 personnes tuées dans une double attaque à l’Est

septembre 15, 2018

Ouagadougou – Au moins neuf civils ont été tués dans la nuit de vendredi à samedi dans une attaque visant deux localités de l’est du Burkina, où des jihadistes agissent depuis quelques mois, a-t-on appris auprès des autorités locales.

Longtemps épargné par les groupes armés actifs au Sahel, le Burkina Faso, pays sahélien pauvre frontalier du Mali instable et du Niger, est confronté depuis trois ans à des attaques jihadistes de plus en plus fréquentes et meurtrières.

« Dans la nuit du vendredi 14 au samedi 15 septembre 2018, deux attaques terroristes ont été perpétrées dans les villages de Diabiga (60 km de Pama) et Kompienbiga (15 kilomètres de Pama) relevant de la province de Kompienga, région de l’Est », a indiqué dans un communiqué le gouvernorat de la région.

Cette double attaque « perpétrée contre des populations a coûté la vie à huit personnes ».

Selon une source sécuritaire, jointe par l’AFP depuis Ouagadougou, « la première attaque a visé un leader religieux et ses coreligionnaires. Cinq personnes dont le leader religieux ont été tuées ».

Cette attaque a visé le domicile du responsable religieux, qui abrite une mosquée, et a également fait trois blessés, a précisé cette source.

« Un des trois blessés, qui était grièvement touché a succombé cet après-midi », portant le nombre de décès à neuf, a indiqué à l’AFP une source sécuritaire.

« Dans le village de Kompienbiga, trois personnes issues d’une même famille ont aussi été abattues et deux autres blessées par un autre groupe de présumés djihadistes venus à bord de motocyclettes », a ajouté une autre source, sous le couvert de l’anonymat.

« Il n’est pas exclu que ce soient des attaques ciblées, mais encore faut-il déterminer les raisons de tels actes sur des populations », a-t-elle souligné.

Mi-août, sept membres des forces de l’ordre burkinabè ont été tués dans l’explosion d’un engin artisanal, quinze jours après la mort de six personnes dans des circonstances similaires dans la même région de l’Est.

Leur véhicule a sauté à une trentaine de kilomètres de Fada N’Gourma (chef-lieu de la région de l’Est) sur un engin explosif artisanal, au moment où ils se rendaient en urgence à Pama (100 km de Fada N’Gourma), dont le poste de gendarmerie venait d’être attaqué par des hommes armés.

Ce bilan est le plus lourd dans la région de l’Est et constitue la deuxième plus grande perte au sein des forces armées nationales dans une attaque, après celle de Nassoumbou (nord) en décembre 2016 qui avait fait 12 morts et traumatisé le pays.

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a promis le 8 septembre de nouvelles « dispositions sécuritaires » pour « éradiquer le fléau du terrorisme », après une série d’attaques dans l’est du pays qui a fait une vingtaine de morts en un mois.

La capitale, Ouagadougou, a été frappée par trois attaques en deux ans, qui ont fait au total près de 60 morts. La dernière, particulièrement spectaculaire, s’est produite en mars, visant l’état-major des armées et l’ambassade de France.

Romandie.com avec(©AFP / 15 septembre 2018 20h28)                                                        

Mali: un responsable jihadiste, deux civils tués dans une frappe française

août 27, 2018

Un Mirage 2000 français prêt à décoller à Niamey pour participer à l’Opération Barkhane, le 22 décembre 2017n / © AFP/Archives / ludovic MARIN

L’un des principaux responsables du groupe Etat islamique au Grand Sahara (EIGS), Mohamed Ag Almouner, et deux civils ont été tués dans une opération de l’armée française dimanche dans la région de Ménaka, dans le nord du Mali, a annoncé lundi à Paris l’état-major français.

« Les commandos déployés (au sol après une frappe aérienne) ont constaté la mort de Mohamed Ag Almouner et d’un membre de sa garde rapprochée », selon un communiqué.

Il s’agit d’un des « lieutenants du chef de l’EIGS » dans le secteur de Ménaka, frontalier avec le Niger, a précisé le porte-parole de l’état-major, le colonel Patrik Steiger, à l’AFP. Il se trouvait dans un campement isolé à 50 km au sud-ouest de la ville, a-t-il ajouté.

Le groupe EIGS, actif dans la « zone des trois frontières » (Mali, Burkina Faso et Niger), est dirigé par Adnane Abou Walid Sahraoui, un transfuge d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui a aussi codirigé le Mouvement pour l’unicité du jihad en Afrique de l’ouest (Mujao), un groupe islamiste malien.

Les commandos français ont « découvert que deux civils, une femme et un adolescent, avaient également été tués et qu’un membre du groupe terroriste ainsi que deux autres civils avaient été blessés », a ajouté l’état-major.

« Le lien entre les civils et le chef jihadiste reste à définir », de même que la raison pour laquelle ils se trouvaient là, a noté le colonel Steiger.

Les blessés ont été pris en charge par les équipes médicales de l’armée française déployées sur place.

L’état-major a exprimé ses « regrets » et présenté ses condoléances aux familles et aux proches des deux victimes. Une investigation est en cours « pour déterminer comment des civils ont été atteints lors de cette frappe », a-t-il annoncé.

« Les critères français d’ouverture du feu sont particulièrement stricts et visent à éviter les pertes civiles », a-t-il assuré.

« Chaque préparation de mission fait l’objet d’un recueil et d’une analyse d’un maximum de renseignements de façon à limiter le niveau de risque des opérations », a-t-il ajouté.

« La présence avérée de civils à proximité de l’objectif aurait entraîné l’annulation de la mission », a insisté l’état-major.

L’opération, déclenchée dans la nuit de dimanche à lundi, a consisté en une frappe aérienne par deux avions Mirage 2000 sur la position du groupe jihadiste, suivie d’une action au sol pour saisir la position.

Quelque 4.000 soldats français sont déployés sur cinq pays du Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Mauritanie et Tchad) dans le cadre de l’opération antiterroriste Barkhane.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, qui ont été en grande partie chassés ou dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France.

Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré la signature d’un accord de paix avec l’ex-rébellion à dominante touareg censé isoler définitivement les jihadistes.

Depuis 2015, ces attaques se sont étendues dans le centre et le sud du Mali et le phénomène déborde sur les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger.

L’EIGS a revendiqué une série d’attaques, notamment celle qui a coûté la vie à quatre membres des forces spéciales américaines et quatre soldats nigériens en octobre 2017 au Niger.

Romandie.com avec(©AFP / (27 août 2018 22h11)

Syrie: hausse des attaques de drones contre une base russe

août 24, 2018

Des rebelles et jihadistes en Syrie ont multiplié ces deux derniers mois les attaques de drones contre la principale base militaire russe dans le pays en guerre, mais celles-ci ont quasiment été toutes mises en échec, selon une ONG et des responsables russes.

Sur cette base, l’aéroport militaire de Hmeimim situé dans la province de Lattaquié (nord-ouest), sont stationnées des forces russes intervenues fin 2015 dans le conflit syrien au côté du régime de Bachar al-Assad, alors en mauvaise passe face aux rebelles et jihadistes.

« Ces derniers temps, les attaques de drone contre Hmeimim ont augmenté », même si elles ne représentent pas une réelle menace, a indiqué vendredi le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane, qui a fait état de 18 « attaques » depuis le début juillet.

« La majorité des drones sont abattus par la défense aérienne russe ou syrienne », a-t-il dit à l’AFP, indiquant que ces appareils étaient envoyés par des jihadistes ou des rebelles islamistes de la province voisine d’Idleb.

Ultime grand bastion insurgé en Syrie, Idleb est dominée par Hayat Tahrir al-Cham, organisation jihadiste formée par l’ex-branche locale d’Al-Qaïda, mais elle accueille aussi une multitude de groupes rebelles.

Au total depuis janvier, l’OSDH a comptabilisé 23 « attaques au drone » contre Hmeimim. En janvier, dix drones chargés d’explosifs avaient visé la base, sans faire de victimes ou de dégâts selon l’armée russe.

Jeudi à Moscou, la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a accusé des « terroristes », allusion aux rebelles et jihadistes, d’envoyer ces engins. « Les attaques de drones sont devenues régulières contre la base de Hmeimim. Nos défenses antiaériennes ont abattu 45 appareils de ce type ».

A la mi-août, un porte-parole de l’armée russe, le général Igor Konachenkov, a évoqué cette hausse. « Au cours du mois précédent, nous avons observé une hausse des tentatives d’attaques par des drones. Notre taux d’élimination est de 100% ».

Le pouvoir syrien et son allié russe pourraient lancer prochainement une offensive pour reconquérir certains secteurs périphériques de la province d’Idleb, notamment la région de Jisr al-Choughour.

« Les Russes sont convaincus que les drones (…) sont envoyés des alentours de Jisr al-Choughour », selon Sam Heller, analyste à l’International Crisis Group.

Depuis l’intervention russe, le régime a accumulé les victoires, jusqu’à reprendre près de deux tiers du territoire.

La guerre en Syrie a démarré en 2011 après la répression de manifestations prodémocratie par le régime. Elle s’est complexifiée avec l’implication de puissances étrangères et de groupes jihadistes et a fait plus de 350.000 morts.

Romandie.com avec(©AFP / (24 août 2018 13h57)