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Angola : entre Isabel dos Santos et João Lourenço, la tension monte d’un cran

mars 29, 2021
Isabel dos Santos à Londres, le 9 janvier 2020.

La femme d’affaires angolaise et fille aînée de l’ancien président dos Santos accuse l’exécutif angolais d’avoir mené « un complot » pour saisir illégalement ses actifs.

La crispation monte d’un cran entre Isabel dos Santos et la présidence angolaise. Dans un communiqué diffusé le 29 mars par une agence de relations publiques anglaise, la femme d’affaires, en difficulté depuis l’arrivée au pouvoir en 2017 du successeur de son père, João Lourenço, dénonce un « complot gouvernemental » mis en œuvre par l’actuel exécutif pour « saisir illégalement » ses actifs.PUBLICITÉ

Dans le cadre d’un litige autour de l’opérateur télécom Unitel, dont Isabel dos Santos et l’État angolais (via la compagnie pétrolière Sonangol) sont actionnaires, la fille aînée de l’ancien président dos Santos indique avoir produit devant un tribunal commercial de Londres des enregistrements audio et vidéo démontrant l’existence d’un « groupe de travail formel au niveau du gouvernement dont le but explicite est de concevoir et coordonner une campagne de saisie d’actifs » contre elle.

Les éléments fournis – collectés par la controversée société de renseignement privée Black Cube, créée par des anciens agents du Mossad israélien et qui a compté parmi ses clients le producteur américain Harvey Weinstein et l’homme d’affaires franco-israélien Beny Steinmetz – attestent aussi, selon Isabel dos Santos, de pressions de l’exécutif sur la justice angolaise pour obtenir le gel préventif de ses avoirs.

Nouvelle offensive

Celui-ci, prononcé fin 2019 en Angola puis début 2020 au Portugal, a, affirme le camp dos Santos, empêché la femme d’affaires de se porter candidate (via sa société Vidatel) au rachat de la participation de 25 % d’Unitel détenue par le groupe brésilien Oi et de régler le montant dû à l’une de ses filiales (PT Ventures) dans le cadre d’un arbitrage international.

Début 2020, c’est Sonangol (via la société Mercury) qui s’est porté acquéreur des 25 %, faisant ainsi passer à 50 % sa participation au capital d’Unitel, contre 25 % pour Vidatel d’Isabel dos Santos et 25 % pour une autre société, Geni, détenue par le général et ancien homme de confiance de José Eduardo dos Santos, Leopoldino do Nascimento « Dino ».

Cette prise de parole, couplée à la publication par le Financial Times d’un article présentant les éléments versés au dossier, est une nouvelle offensive du clan dos Santos contre la présidence Lourenço et la justice angolaise.

Lourenço sous pression

Menée par l’agence Powerscourt, qui défend les intérêts d’Isabel dos Santos depuis début 2020 et a notamment eu pour clients Beny Steinmetz et Dan Gertler – elle intervient après deux premières communications, début et fin mai 2020, dénonçant l’utilisation de documents falsifiés par les autorités de Luanda pour prononcer le gel des avoirs.

Sollicités par Jeune Afrique, la présidence angolaise et le bureau du procureur général de la République, qui rejettent depuis l’ouverture des procédures l’idée d’un processus politique contre Isabel dos Santos, n’ont pas adressé de réponse avant la publication.

Tendues, les relations entre la femme d’affaires – engagée dans des procédures à Londres, Amsterdam, Lisbonne, aux Îles Vierges Britanniques – et l’exécutif angolais se dégradent encore alors que le président Lourenço est sous pression pour produire des résultats dans le cadre de sa lutte contre la corruption comme vis-à-vis de sa promesse d’améliorer les conditions de vie de la population.

Avec Jeune Afrique Estelle Maussion

Congo: Des médecins angolais au chevet du général Jean-Marie Michel Mokoko

juillet 6, 2020

 

Général Jean-Marie Michel Mokoko

Le général Jean-Marie Michel Mokoko finalement négatif au Covid-19 par rapport à tout ce qui a été dit précédemment,  a exprimé sa plus profonde reconnaissance au président angolais, Joao Lourenco, qui lui a dépêché en urgence une équipe de médecins angolais pour sa prise en charge le dimanche 05 juillet 2020 à l’hôpital militaire de Brazzaville où il avait été récemment transféré à la suite de ses deux syncopes, successives en quelques jours, la semaine dernière à la Maison d’Arrêt de Brazzaville, selon un communiqué du Collectif des sept avocats des Barreaux de Brazzaville et de Paris dont une copie est parvenue à notre rédaction.

Selon le même communiqué, le général Jean-Marie Michel Mokoko n’a jamais connu de gêne respiratoire, de fortes toux ou bien de perte de goût et de l’odorat. De plus, il a passé une bonne nuit de repos de samedi soir à dimanche matin 05 juillet 2020 en se réveillant moins fatigué.

En effet, les médecins angolais ont constaté dimanche que l’ancien candidat à l’élection présidentielle du 20 mars 2016 est en réalité victime d’une forte crise de paludisme, souligne la même source.

De plus, le général Jean-Marie Michel Mokoko a toujours été détenu en complet isolement avec très peu de visites autorisées. Donc son risque de contamination au Covid-19 est toujours resté faible.

Dans ces conditions difficiles, le général Jean -Marie Michel Mokoko a exprimé aussi ses vifs remerciements au président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi également vice -président de l’Union Africaine (UA), qui a fait part de son souhait de proposer pour lui une demande d’évacuation sanitaire urgente en Afrique du Sud ou bien au Maroc, précise le communiqué.

Enfin, Jean-Marie Michel Mokoko remercie toutes les personnalités politiques nationales et internationales ainsi que tous les membres de la société civile congolaise et internationale dont des O.N.G. comme Amnesty International pour leur soutien et mobilisation.

Avec Lesechos-congobrazza par Germaine Mapanga

 

Angola: João Lourenço devient président du MPLA

septembre 9, 2018

 

Le président angolais João Lourenço en novembre 2017. © Themba Hadebe/AP/SIPA

Le chef de l’État angolais a été élu président du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) lors du VIe congrès extraordinaire du parti, samedi 8 septembre. Il succède au « camarade » José Eduardo dos Santos, qui aura régné sur le parti pendant trente-neuf ans.

Le chef de l’État angolais, João Lourenço (JLo), a été élu président du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) lors du VIe congrès extraordinaire du parti, qui s’est tenu samedi 8 septembre au centre de conférence de Belas, au sud de Luanda. Il est le troisième président de l’histoire de la formation créée en 1956, après Agostinho Neto et José Eduardo dos Santos (Zedù).

Cet événement, qualifié d’historique, permet au chef de l’État d’achever sa prise de pouvoir,, commencée il y a dix-huit mois, lorsqu’il a été officiellement désigné candidat du MPLA pour l’élection générale d’août 2017. Le parti était dirigé d’une main de fer par son prédécesseur depuis trente-neuf années.

Dos Santos ému et acclamé

L’ancien président a été largement honoré et généreusement acclamé par les centaines de « camarades » présents, tous habillés d’une chemise et d’une casquette aux couleurs du parti – rouge et noir.

« Nous ouvrons aujourd’hui une nouvelle ère dans l’histoire du parti », a-t-il déclaré, d’une voix hésitante, visiblement ému pour son dernier discours. « Il n’existe aucune activité humaine exempte d’erreurs. J’assume celles que j’ai faites car on dit que l’on apprend de ses erreurs », a-t-il aussi reconnu.

La fin de son règne avait été très critiquée, jusque dans les rangs du MPLA. Accusé de népotisme, Zedù s’est résigné à annoncer la fin de sa carrière politique en 2016. Il avait alors indiqué vouloir « quitter la vie politique » en 2018, un an après l’élection générale.

Artisan de la paix et de la reconstruction

Après avoir envisagé de repousser d’un an son départ, dos Santos a finalement tenu parole, et ce dans un contexte difficile pour lui et sa famille : deux de ses enfants, Isabel et José Filomeno, sont aujourd’hui visés par des enquêtes judiciaires et la plupart de ses fidèles ont été écartés par JLo, investi à la tête du pays le 26 septembre 2017

Malgré tout, le « camarade président » demeure, aux yeux d’une partie des Angolais, l’artisan de la paix et de la reconstruction, celui qui a mis fin  à 27 années de guerre civile après la mort au combat, en 2002, de son ennemi Jonas Savimbi, le leader de l’Unita.

Avec la prise du parti, João Lourenço a désormais les mains libres pour écrire sa propre page de l’histoire angolaise.

Jeuneafgrique.com  par

Angola: Jonas Savimbi sera enterré auprès de ses parents

août 17, 2018

 

Jonas Savimbi, leader de l’Unita, tué le 22 février 2002. © SASA KRALJ/AP/SIPA

 

Les restes du corps du fondateur de l’Unita, tué en 2002 lors d’un assaut du MPLA, seront rendus avant la fin de l’année, a promis le chef de l’État João Lourenço. Le temps pour le parti et la famille de préparer les funérailles, qu’ils espèrent à la hauteur de leur leader.

C’est une annonce historique, « un grand moment pour le pays », comme l’exprime un proche du président angolais João Lourenço : ce dernier a en effet promis à Isaías Samakuva, le chef de l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (Unita, opposition), lors d’un entretien au Palais de la « Cidade Alta », le 14 août, vers 17h30, que les restes du corps de Jonas Savimbi, fondateur du mouvement tué en 2002 lors d’un assaut du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), seront restitués « avant la fin de l’année ». Sa disparition avait mis un terme à 27 années de guerre civile.

Pourtant, il y a encore quelques mois, un membre de l’exécutif confiait à JA : « Les Angolais n’ont toujours pas pardonné à Savimbi de s’être allié au régime de l’apartheid ». Aujourd’hui, ce même ministre admet que « tout le mérite revient au président. Il donne l’exemple, et fait avancer le processus de réconciliation. »

Pour Rafael Savimbi, son fils, « le premier sentiment est un sentiment de satisfaction. Nous allons enfin enterrer notre père », déclare-t-il à Jeune Afrique. « Ce geste aura une portée politique forte, qui va contribuer à cimenter le processus de réconciliation nationale. » Et d’ajouter : « Notre père a joué un rôle important dans l’histoire du pays, avant et après l’indépendance. Son action a influencé la vie des Angolais. »

Des funérailles nationales peuvent-elles être envisagées ?

L’Unita tient une réunion vendredi 17 août, durant laquelle Isaías Samakuva rendra compte de sa rencontre avec João Lourenço. Y seront également discutés les modalités des funérailles, avec les membres d’une commission dédiée qui avait été mise en place en 2014. Avec cette grande question : quelle marge de manœuvre le MPLA – au pouvoir – laissera-t-il à la famille et au parti ? Des funérailles nationales peuvent-elles être envisagées ?

Une seule chose est certaine : Jonas Savimbi sera inhumé auprès de ses parents, à Andulo (province de Bié, dans le centre), comme il l’a toujours souhaité. « Nous espérons ensuite qu’il sera réhabilité politiquement. Holden Roberto [fondateur du FNLA, autre grand mouvement d’indépendance, ndlr], Agostinho Neto [fondateur du MPLA], et Jonas Savimbi doivent être reconnus tous les trois comme les pères de l’indépendance », espère Rafael Savimbi.

Jeuneafrique.com par

Mohammed VI, Lourenço, Sissi… les grands absents de l’Union africaine

juin 30, 2018

Les chefs d’État africains lors du 30ème sommet de l’Union africaine (UA) les 28 et 29 janvier 2018 à Addis-Abeba. © Mulugeta Ayene/AP/SIPA

Les dirigeants du continent se réunissent ce dimanche à Nouakchott pour un sommet consacré à la lutte contre la corruption.

Alors que s’ouvrira officiellement le 1er juillet le 31e sommet de l’Union africaine (UA) à Nouakchott, les autorités mauritaniennes confient attendre une trentaine de chefs d’État. Le sommet de la Ligue arabe, organisé dans cette même capitale en juillet 2016, n’avait attiré que six présidents sur les vingt-deux attendus…

Plusieurs d’entre eux ne feront pas le déplacement jusqu’au Palais des congrès Al Mourabitoune, flambant neuf, dont les couloirs semblent encore un peu endormis. Parmi les grands absents, Mohammed VI, qui avait pourtant donné son accord de principe. Présent au sommet de janvier 2016, qui marquait le retour du Maroc au sein de l’UA, le roi s’était fait représenter en janvier à Addis-Abeba par le chef du gouvernement, Saâdeddine El Othmani.

Cette fois, la délégation marocaine sera conduite par le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, dont la réaction sera très attendue après la remise du rapport du président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, sur le Sahara occidental. Cette délégation ne croisera donc pas Cyril Ramaphosa, à la tête de l’Afrique du Sud depuis février, qui a rencontré le 6 juin le président de la République arabe sahraouie démocratique (Rasd). Arrivé dans la matinée du 30 juin, il assistera à son tout premier sommet.

João Lourenço au Parlement européen

Nouveau venu parmi les chefs d’État africains, João Lourenço n’assistera pas non plus au sommet. L’Angolais, qui doit se rendre au Parlement européen, à Strasbourg, le 3 juillet, a missionné son ministre des Affaires étrangères, Manuel Domingos Augusto. Tout comme son homologue ivoirien Alassane Dramane Ouattara, qui dépêchera son vice-président Daniel Kablan Duncan, et le Béninois Patrice Talon, qui devrait être représenté par son ministre des Affaires étrangères, Aurélien Agbénonci.

Enfin, le maréchal Abdel Fattah al-Sissi, qui s’était exprimé lors de la réunion extraordinaire du Conseil paix et sécurité, en janvier, sera également absent. L’Égyptien devrait pourtant prendre, en janvier, la présidence tournante de l’organisation panafricaine.

Reste que plusieurs de leurs homologues sont déjà arrivés à Nouakchott, où le calme habituel de la fin de semaine commence à être troublé par les sirènes. Arrivé dès le 29 juin, le président en exercice de l’UA, le Rwandais Paul Kagame, a été accueilli à l’aéroport par son hôte mauritanien, Mohamed Ould Abdelaziz.

Denis Sassou Nguesso et Muhammadu Buhari attendus

Le Sénégalais Macky Sall a rejoint Nouakchott le 29 juin, précédant son homologie nigérien Mahamadou Issoufou. Ce dernier est arrivé en Mauritanie dans la matinée du 30 juin, obligeant son ministre des Affaires étrangères, Kalla Ankouraou, en fonction depuis avril, à quitter une réunion sur le Sahel en marge du sommet afin d’aller l’accueillir. Issoufou doit être rejoint par ses pairs membres du G5 Sahel, Ibrahim Boubacar Keïta (Mali), Idriss Déby Itno (Tchad) et Roch Marc Christian Kaboré (Burkina), puisqu’ils se réuniront avec Emmanuel Macron le 2 juillet, deux jours après l’attaque du QG de cette force conjointe à Sévaré.

Sont par ailleurs attendus le Congolais Denis Sassou Nguesso, qui présentera un rapport sur la Libye dimanche, le Nigérian Muhammadu Buhari, en charge du suivi de la lutte contre la corruption – le thème du sommet cette année -, ainsi que le Togolais Faure Gnassingbé, actuellement à Abidjan. Tous seront reçus par Mohamed Ould Abdelaziz à l’occasion d’un dîner organisé ce samedi au Palais présidentiel.

Jeuneafrique.com  par – Envoyée spéciale à Nouakchott

Angola: « La présidence du MPLA reviendra à Lourenço cette année, après le départ de Dos Santos »

janvier 25, 2018

 

João Lourenço (au centre) en novembre 2017 à Abidjan. © Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA

Manuel Domingos Augusto, ministre angolais des Affaires étrangères répond à JA sur les questions de corruption, de diplomatie, de politique intérieure ou sur l’Union africaine, en marge du Sommet de l’Union africaine, qui se tient à Addis Abeba jusqu’au 29 janvier.

Corruption, diplomatie, politique intérieure, Union africaine… Le nouveau ministre des Affaires étrangères de João Lourenço, élu en août 2017 à la tête de l’Angola, répond à JA en marge du Sommet de l’Union africaine, qui se tient à Addis Abeba jusqu’au 29 janvier.

Jeune Afrique : Le thème 2018 de l’Union africaine (UA) est la lutte contre la corruption. João Lourenço s’est tout de suite fait remarquer sur ce point, en limogeant des membres de la famille de l’ancien président José Eduardo dos Santos

Manuel Domingos Augusto : C’est une heureuse coïncidence car la lutte contre la corruption est en effet une priorité du président Lourenço. Nous voulons être cohérent et pragmatique. Le président veut mobiliser toute la société angolaise dans ce combat et la législation sera bientôt renforcée.

Pourtant, l’Angola refuse d’extrader au Portugal son ancien vice-président Manuel Vicente, actuellement jugé à Lisbonne pour des faits de corruption

Pour nous il en va de la souveraineté nationale. On ne reconnaît pas le droit d’un pays étranger à juger un ressortissant angolais. De plus, il existe un accord judiciaire entre l’Angola et le Portugal qui prévoit un transfert du processus aux instances judiciaires angolaises. Mais leurs homologues portugais ont refusé, arguant qu’ils ne font pas confiance à l’efficacité de notre justice !

Il n’y a pas de problèmes dans nos relations bilatérales avec le Portugal

Entre deux pays qui entretiennent de bonnes relations, c’est au minimum étrange, sinon offensant. Notre constitution protège la justice, et elle ne permet pas non plus l’extradition d’un ressortissant angolais. Les Portugais insistent sur la séparation des pouvoirs chez eux, mais c’est le cas aussi chez nous !

La brouille diplomatique est donc entamée ?

João Lourenço et António Costa, le Premier ministre portugais, se sont rencontrés avant-hier à Davos, il n’y a pas de problèmes dans nos relations bilatérales, sauf ce petit incident qui doit être résolu par le dialogue. Tant qu’il ne le sera pas, il n’y aura pas de visites officielles entre nos deux chefs d’État.

José Eduardo dos Santos est accusé de s’accrocher à la direction du parti au pouvoir, le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), contre la volonté de João Lourenço. Qu’en est-il ?

Il y a trop de bruit sur cette question. L’ancien président avait annoncé qu’il quitterait la vie politique en 2018… L’année vient de commencer, jusque-là tout est normal. Il y a une logique de continuité, donc le président Lourenço prendra les rênes du parti quand M. Dos Santos quittera ses fonctions.

Quand exactement cela est-il prévu ?

La direction du parti s’est réunie avant-hier, une autre réunion – la plus importante – aura lieu demain, le 26. Cette question sera probablement abordée. Elle sera présidée par José Eduardo dos Santos et le président Lourenço sera présent, avant de rejoindre Addis Abeba pour la conférence des chefs d’État.

Au sein de l’Union africaine, le président Lourenço va poursuivre la politique de son prédécesseur

La dernière apparition d’un chef d’État angolais à un sommet de l’UA remonte à 2010, à Kampala… Est-ce la marque de la nouvelle politique angolaise au sein de l’organisation ?

Au sein de l’Union africaine, le président Lourenço va poursuivre la politique de son prédécesseur. C’est-à-dire une stratégie d’engagement total avec l’idée d’affirmer de plus en plus l’UA au sein de la gouvernance globale.

Sous l’ancien président, l’Angola a d’ailleurs augmenté sa contribution financière, et le président Lourenço a réaffirmé cet engagement lors de son investiture, et a promis qu’il ferait tout d’un point financier pour être à jour sur ses contributions.

D’un point de vue financier, le président Lourenço soutient-il la taxe de 0,2 % sur les importations pour financer l’organisation ?

La question de la taxe est un détail : il faut juste que les entités chargées de l’expertise technique se mettent d’accord. Mais nous soutenons le principe d’autofinancement de l’UA. Les gens disent que, plus globalement, la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) y est réticente. Ce n’est pas vrai, nous sommes tous d’accord sur le principe.

João Lourenço a réaffirmé qu’il soutenait le programme de réformes de Paul Kagame

Mais l’Angola n’a toujours pas mise en place cette taxe…

Nous rejoindrons très vite le processus, mais comprenez que l’an dernier nous étions dans une période d’élection. Le gouvernement n’a que quatre mois, il faut lui laisser du temps.

Et le reste du programme de réformes proposé par Paul Kagame ?

Lorsque la ministre des Affaires étrangères rwandaise, Louise Mushikiwabo, est venue la semaine dernière remettre en main propre une lettre du président Paul Kagame, João Lourenço lui a réaffirmé qu’il soutenait le programme de réformes. Ce sommet sera l’occasion de discuter des détails, comme la manière de limiter les dépenses de l’UA, ou comment adopter une position commune face aux partenaires internationaux… Des détails.

Paul Kagame prendra ses fonctions de président de l’UA à l’issu de ce sommet. Quelles sont les relations entre João Lourenço et le chef de l’État rwandais ?

Nous avons de très bonnes relations avec le Rwanda. João Lourenço s’est d’ailleurs entretenu avec Paul Kagame hier à Davos. Le hasard a fait qu’ils étaient assis l’un à côté de l’autre, ils ont donc pu discuter et se mettre d’accord sur un certain nombre de choses, dont une visite officielle de notre président au Rwanda très prochainement.

Jeuneafrique.com propos recueillis par Michael Pauron, envoyé spécial à Addis Abeba

Angola: la purge anti-Dos Santos se poursuit

janvier 14, 2018

Le président angolais Joao Lourenço à Abidjan pour le sommet Union européenne – Afrique, le 29 novembre 2017. © Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA

Après la fille, le fils ! Cent jours à peine après son investiture, le président angolais Joao Lourenço a mis sur la touche les proches de son prédécesseur Jose Eduardo dos Santos, symboles d’un régime corrompu avec lequel il affirme vouloir rompre.

Ouvert en novembre avec l’éviction d’Isabel dos Santos de la compagnie publique pétrolière Sonangol, ce grand ménage s’est conclu cette semaine avec celui de son demi-frère, Jose Filomeno, du fonds d’investissement souverain du pays.

Attendue depuis des semaines, la chute du fils de l’ex-chef de l’État, surnommé « Zenu », n’a surpris personne.

Coup de balais

Depuis son arrivée au pouvoir dans la foulée des élections d’août dernier, M. Lourenço a remanié à sa main tout ce que l’Angola compte d’institutions et d’entreprises publiques en s’y débarrassant des fidèles de l’ancien régime.

« Lourenço a mis de côté toutes les personnalités sur lesquelles il n’a pas de contrôle », résume l’analyste Benjamin Augé, de l’Institut français pour les relations internationales (Ifri). « Les membres de la famille Dos Santos font partie de cette catégorie, ils ont donc été un à un écartés. »

Comme sa soeur Isabel, Jose Filomeno dos Santos incarnait l’empire politico-financier bâti par son père, qui a profité de son règne de trente-huit ans pour mettre l’économie du pays en coupe réglée au profit d’une poignée de proches.

« Personne ne sera au-dessus des lois »

Longtemps un pilier de ce régime, Joao Lourenço avait promis pendant sa campagne électorale de prendre ses distances avec ce système et de combattre la corruption, où qu’elle soit. « Personne ne sera au-dessus des lois », avait-il martelé.

Jusque-là intouchable, la famille Dos Santos s’est très vite retrouvée sur le banc des accusés.

À la suite de plusieurs articles de presse, la nouvelle direction de la Sonangol a annoncé enquêter sur des mouvements de fonds jugés « suspects » ordonnés par son ancienne patronne. « Zenu » est, lui, mis en cause dans le scandale des « Paradise Papers ».

Un contrat très généreux

La télévision publique TPA a de son côté récemment révélé les détails d’un contrat très généreux, aujourd’hui annulé, qui a fait pendant des années la fortune d’une société de production d’une autre fille Dos Santos, Welwitschia.

Studio dernier cri, personnel, véhicules, le tout pour un montant annuel de 17,5 millions de dollars, entièrement aux frais du contribuable angolais, un des plus pauvres de la planète…

« Ce contrat était défavorable à l’État », a justifié M. Lourenço devant la presse. « La TPA l’a donc rompu ».

L’époux d’Isabel, le collectionneur d’art et homme d’affaires congolais, Sindika Dokolo, n’a pas non plus échappé à la purge. La société angolaise de commercialisation des diamants a cédé ses parts d’un joaillier suisse dont M. Dokolo est actionnaire.

« Une campagne de diffamation »

La famille Dos Santos a peu goûté ce vent du changement. Considérée par le magazine américain Forbes comme la femme la plus riche d’Afrique, Isabel a nié toute malversation et dénoncé une « campagne de diffamation » et de « fausses nouvelles ».

Toujours chef du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) au pouvoir, Jose Eduardo dos Santos s’est lui-même ému du ménage ordonné par son successeur.

« Les changements sont nécessaires mais ne devraient pas être aussi radicaux », a-t-il lancé le mois dernier lors d’une de ses très rares apparitions publiques.

L’opposition réclame des sanctions pénales

Une fois n’est pas coutume, l’opposition a salué l’offensive du gouvernement contre le « népotisme » d’un système qu’elle dénonce depuis longtemps. Elle réclame désormais des poursuites.

« Tous ces limogeages ne seront politiquement pertinents que s’ils sont suivis de sanctions pénales », a déclaré le vice-président d’un des deux principaux partis d’opposition, la Casa-CE, Lindo Bernardo Tito, « le président doit ordonner sans délai des enquêtes judiciaires ».

Peu estiment toutefois que Joao Lourenço s’aventurera jusque-là.

« Je doute fort qu’un dossier judiciaire sérieux puisse émerger contre la famille. Même si l’enquête interne de la Sonangol constitue clairement un avertissement », juge Alex Vines, du centre de réflexion britannique Chatham House.

 « Nous ne persécutons pas ces gens »

Par souci d’apaisement, Joao Lourenço a tenu lui-même à démentir toute « vendetta » contre le clan dos Santos.

« Je ne vois aucune tension dans nos relations », a assuré lundi le chef de l’État lors d’une conférence de presse donnée à l’occasion de ses cent premiers jours à la tête du pays. « Nous ne persécutons pas ces gens », a-t-il insisté.

« Lourenço doit faire en sorte que la transition se poursuive en douceur », analyse M. Vines. « Dos Santos a prévu de quitter la présidence du MPLA en 2018. S’il a le sentiment qu’une chasse aux sorcières est en cours contre sa famille et ses proches, il pourrait bien traîner les pieds ».

Angola: João Lourenço congédie le fils de l’ex-président Dos Santos de la direction du fonds souverain

janvier 11, 2018

João Lourenço, président de l’Angola. © Bruno Fonseca/AP/SIPA

João Lourenço a congédié mercredi le fils de l’ex-président dos Santos de la direction du fonds souverain. Celui-ci a notamment été mis en cause dans les Paradise Papers.

Selon l’agence de presse angolaise, le président João Lourenço a limogé le mercredi 10 janvier le fils d’Eduardo dos Santos, José Filomeno dos Santos, surnommé Zénu, de la présidence du « Fundo Soberano de Angola », le fonds souverain angolais. Il a également renouvelé son conseil d’administration, en nommant à sa tête un ancien ministre des Finances, Carlos Alberto Lopes. Ce départ fait suite à l’ouverture d’une enquête sur sa gestion de l’institution, après que le fils dos Santos ait été mis en cause dans les Paradise Papers.

Au 30 septembre 2017, le Fundo Soberano de Angola gérait 5 milliards de dollars d’actifs, dont 48 % étaient dédiés à l’Afrique subsaharienne, d’après les résultats financiers publiés fin décembre 2017.

Le « liquidateur implacable »

Depuis qu’il a remplacé Eduardo dos Santos à la tête du pays en septembre 2017, Lourenço a congédié un certain nombre de proches de son prédécesseur, au premier rang duquel ses enfants, gagnant au passage le surnom de « liquidateur implacable ».

Il a ainsi démis de ses fonctions Isabel dos Santos à la tête de la Sonangold, et arrêté le contrat entre la télévision d’État et deux autres enfants dos Santos. Lourenço a également remplacé le gouverneur de la banque centrale et le directeur de la compagnie diamantaire nationale Endiama.

D’après un communiqué de la présidence angolaise, João Lourenço a tenu une première conférence de presse, lundi 8 janvier à l’occasion de ses 100 premiers jours au pouvoir. Il a ainsi rappelé sa détermination à lutter contre la corruption, annonçant notamment la mise en place d’appel d’offres ouverts et concurrentiels pour les projets de construction financés par l’État angolais.

Jeuneafrique.com

Crise au Zimbabwe: les présidents sud-africain et angolais à Harare mercredi (Lourenço)

novembre 21, 2017

Luanda – Les présidents sud-africain Jacob Zuma et angolais Joao Lourenço se rendront mercredi à Harare pour tenter de trouver une issue à la crise politique au Zimbabwe, a annoncé mardi le chef de l’Etat angolais à Luanda.

« Nous avons décidé, moi et le président Jacob Zuma, de nous rendre à Harare demain matin », a déclaré M. Lourenço à la presse à l’issue d’une réunion d’urgence du bloc régional de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC).

La SADC note « avec grande inquiétude la crise politique en cours dans la République du Zimbabwe », selon le communiqué final de l’organisation.

En conséquence, le bloc régional a décidé « que le président Jacob Zuma, en sa capacité de président en exercice de la SADC, et Joao Lourenço, en sa capacité de président de l’organe (…) de coopération sécuritaire (de la SADC), se rendront au Zimbabwe immédiatement, le 22 novembre, dans le cadre d’une mission pour évaluer la situation ».

L’armée du Zimbabwe a pris le contrôle du pays dans la nuit du 14 au 15 novembre après l’éviction du vice-président Emmerson Mnangagwa.

Depuis, le président Robert Mugabe, âgé de 93 ans, refuse obstinément de se plier aux appels pressants de ceux qui le somment de démissionner après trente-sept ans de pouvoir.

A la demande du parti au pouvoir, la Zanu-PF, le Parlement zimbabwéen était réuni mardi en session extraordinaire pour enclencher une procédure visant à destituer le chef de l’Etat.

Romandie.com avec(©AFP / 21 novembre 2017 14h44)

Angola: Lourenço prend des mesures surprises contre la famille Dos Santos

octobre 28, 2017
LUANDA (Reuters) – Le nouveau président angolais, João Lourenço, tente rapidement d’arracher le pouvoir à son prédécesseur, José Eduardo dos Santos, en repoussant certains de ses principaux alliés et jurant de combattre les monopoles de la famille de l’ancien président sur l’Angola depuis quatre décennies.

Angola: la démocratie attendra

João  Lourenço, l’actuel président d’Angola

Dos Santos, 75 ans, a choisi Lourenço, 63 ans, pour lui succéder quand il a démissionné le mois dernier après 38 ans au pouvoir, ce qui a poussé les critiques à suggérer que le nouveau venu serait une marionnette de la famille dominante dos Santos.

Mais les analystes, les diplomates et les politiciens ont été surpris par la vitesse à laquelle Lourenço a tenté de s’attaquer à certains des intérêts établis qui contrôlent la troisième plus grande économie de l’Afrique subsaharienne et le deuxième plus grand exportateur de pétrole.

Les poids lourds de l’administration précédente, tels que le vice-président Manuel Vicente et le ministre d’État Manuel « Kopelipa » Hélder Vieira Dias Jr, se sont retrouvés sans emploi.

Dos Santos conserve encore d’importants pouvoirs à la tête du parti au pouvoir, le MPLA, et des postes clés tels que le ministre des finances et le gouverneur de la banque centrale n’ont pas encore été touchés.

Mais dans le secteur pétrolier vital, responsable de 75% des revenus du gouvernement, Lourenço a réduit le contrôle de la fille de dos Santos, Isabel, qui dirige la compagnie pétrolière nationale Sonangol.

Ce mois-ci, Lourenço a nommé Carlos Saturnino, qui a été limogé par Isabel dos Santos l’année dernière, en tant que secrétaire d’État au pétrole, un rôle techniquement plus important que celui de son ancien patron.

« C’était inattendu à ce stade précoce », a déclaré Marcolino Moco, ancien Premier ministre angolais et critique de José Eduardo dos Santos.

« C’est très tôt, mais Lourenço envoie un signe que les excès de l’ère dos Santos ne vont pas continuer. »

Isabel dos Santos, la femme la plus riche d’Afrique, a nié toute tension avec Lourenço, déclarant à Reuters la semaine dernière que leurs points de vue étaient en « plein alignement ».

 

Isabel dos Santos et Sindika Dokolo avec le Président et la Première Dame de l’Angola. CREDIT FB

Dans son discours sur l’état de la nation le 16 octobre, Lourenço a promis de briser les monopoles dans l’économie, en mentionnant directement l’industrie du ciment dans laquelle Isabel et son mari, l’homme d’affaires et activiste congolais Sindika Dokolo, ont de grandes participations.

Il a également aboli le département des communications du gouvernement GRECIMA, avec lequel une société détenue en copropriété par une autre fille de dos Santos, Welwitschia, avait des contrats lucratifs.

« Briser les monopoles dont jouit la famille dos Santos, c’est aller à la jugulaire », a déclaré Ricardo Soares de Oliveira, un auteur et expert sur l’Angola qui enseigne à l’Université d’Oxford.

« Mais il y a un risque de confondre une vendetta contre dos Santos avec un véritable programme de réformes », a déclaré Oliveira.

Une réforme majeure est désespérément nécessaire. Bien que le boom pétrolier ait fait de l’Angola l’un des pays les plus riches d’Afrique par habitant, il est également l’un des plus inégaux du monde, la grande majorité de la population partageant peu de sa richesse.

L’économie angolaise est entrée en récession l’an dernier et le taux de chômage est d’au moins 25%. Le manque de devises a contraint les entreprises, telles que les compagnies aériennes et les compagnies pétrolières, à retirer leurs opérations. Un dollar récupère trois fois le taux officiel sur le marché noir.

L’agence de notation Moody’s a dégradé la note de crédit de l’Angola la semaine dernière, affirmant que l’économie restait contrainte par les pénuries de devises étrangères, l’inflation élevée, la faiblesse des dépenses publiques et la faiblesse du système bancaire.

Selon les premières indications, Lourenço pourrait placer des technocrates compétents dans des rôles pour résoudre certains de ces problèmes.

Ricardo Viegas de Abreu, un directeur bancaire et ancien vice-gouverneur de la banque centrale, a été nommé la semaine dernière secrétaire présidentiel pour les affaires économiques.

José Massano, ancien gouverneur de la banque centrale populaire auprès des investisseurs internationaux, pourrait retrouver son ancien emploi, ont rapporté mercredi les médias locaux. Un porte-parole de la banque centrale a refusé de commenter.

Un article de Reuters, traduit de l’anglais par POLITICO.CD.

Politico.cd/actualite/grands-lacs/2017/10/27