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Tuerie d’Atlanta : « la haine n’a pas sa place aux États-Unis », dit Biden

mars 19, 2021

Les violences à l’endroit des communautés asiatiques aux États-Unis « doivent cesser », a martelé vendredi le président américain Joe Biden depuis la Georgie, quelques jours après qu’un tireur eut assassiné huit personnes dans des salons de massage de la région d’Atlanta.

Le président américain Joe Biden et la vice-présidente Kamala Harris ont vivement condamné les violences à l'endroit des communautés asiatiques.

© Patrick Semansky/Associated Press Le président américain Joe Biden et la vice-présidente Kamala Harris ont vivement condamné les violences à l’endroit des communautés asiatiques.

«La haine n’a pas sa place aux États-Unis», a déclaré le président Biden au terme d’un entretien auquel participaient la mairesse d’Atlanta, Keisha Lance Bottoms, des représentants de l’État et des activistes.

Entendre certains d’entre eux raconter leur histoire – la représentante Bee Nguyen, par exemple, a confié avoir été la cible de menaces de mort – et partager la peur qui les habite était «crève-cœur», a dit M. Biden.

Aux yeux du président, il revient à tous les Américains de faire leur part afin de dénoncer cette violence. «Notre silence est complice; nous ne pouvons être complices», a-t-il insisté.

«Nous voulons que les Américains d’origine asiatique de la Georgie et de partout au pays sachent que nous ne nous tairons pas, que nous ne resterons pas les bras croisés», a renchéri à ses côtés la vice-présidente, Kamala Harris.

S’ils devaient se rendre en Georgie afin d’y promouvoir leur stratégie de relance économique et de vaccination, Joe Biden et Kamala Harris ont changé leurs plans afin d’aller «offrir leur soutien» aux familles des victimes des fusillades.

Un homme de 21 ans a été accusé des meurtres de huit personnes, dont six étaient des femmes asiatiques.

Bien que les enquêteurs n’aient pas encore établi s’il s’agissait d’un crime haineux, des membres de la classe politique et des avocats des droits de la personne ont fait valoir que les meurtres devaient être motivés, au moins en partie, par la montée des actes racistes à l’endroit des Asiatiques depuis le début de la pandémie.

Selon la police, le suspect, un homme blanc qui habite en banlieue d’Atlanta, a nié tout mobile raciste, déclarant que son «obsession sexuelle» l’aurait mené à commettre cette tuerie.

Si on ignore pour l’heure le motif du tireur, a commenté le président Biden, il est néanmoins de notoriété publique que le pays doit composer avec une «crise de violences sexistes et anti-Asiatiques».

«Trop d’Américains d’origine asiatique […] ont été attaqués, blâmés, désignés comme boucs émissaires, harcelés. Ils ont été insultés, agressés, tués», a-t-il poursuivi.

Kamala Harris, dont la mère est originaire d’Asie du Sud, a pour sa part souligné que «le racisme [était] bien réel aux États-Unis et l’a toujours été», au même titre que «la xénophobie» et «le sexisme».

Des organisations ont constaté une inquiétante augmentation des actes racistes au pays : près de 3800 incidents ont été rapportés depuis mars 2020 à Stop AAPI Hate, un groupe de surveillance des droits des Américains d’origine asiatique basé en Californie.

Dans la foulée des fusillades, le président Biden a appelé le Congrès à adopter sans plus tarder le projet de loi pour lutter contre les crimes haineux liés à la COVID-19, qui permettrait notamment d’augmenter les ressources en prévention et la capacité d’intervention des autorités.

Il a ajouté qu’il entendait demander au département de la Justice de se pencher sur ce phénomène.

Vendredi, la présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi, a dénoncé les actes de violence contre les communautés asiatiques, qui ont, selon elle, été exacerbés par les commentaires méprisants et racistes de l’administration Trump.

Le prédécesseur de M. Biden avait employé à maintes reprises des expressions dégradantes associant les Asiatiques et le nouveau coronavirus, le SARS-CoV-2, qui a été découvert dans la ville de Wuhan, en Chine, en 2019.

Avec  CBC/Radio-Canada 

États-Unis: Joe Biden salue une «victoire historique» après l’adoption de son plan de relance de 1900 milliards

mars 10, 2021

Malgré l’opposition en bloc des républicains, qui dénoncent des dépenses extravagantes et mal ciblées, le plan colossal a été approuvé par 220 voix contre 211.

Joe Biden s’est félicité mercredi d’une « victoire historique » pour les Américains après l’adoption au Congrès de son colossal plan de relance économique, un succès majeur 50 jours après son arrivée à la Maison Blanche.

Malgré l’opposition en bloc des républicains, qui dénoncent des dépenses extravagantes et mal ciblées, et une défection dans leurs rangs, les démocrates, majoritaires à la Chambre des représentants, ont pu l’approuver par 220 voix contre 211. Ce résultat a été accueilli par une ovation des démocrates dans l’hémicycle. Joe Biden va promulguer vendredi ce plan de 1.900 milliards de dollars, un montant vertigineux équivalant au PIB de l’Italie. « Cette loi représente une victoire historique, historique, pour les Américains. J’ai hâte de la signer cette semaine », a réagi le président lors d’un discours à Washington sur la campagne de vaccination. « Chaque élément du plan de sauvetage américain répond à de véritables besoins », a-t-il ajouté, comme en réponse aux critiques républicaines. Les chefs démocrates du Congrès ont salué l’une des « lois les plus importantes » des dernières décennies. « Nous sommes à un tournant décisif de l’histoire de notre pays », a lancé la présidente démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi, dans l’hémicycle.

« C’est de loin l’une des pires lois que j’ai vues »« un exemple classique de programme démocrate hypertrophié », a rétorqué le chef des sénateurs républicains Mitch McConnell. « Il s’agit d’une longue liste de priorités de gauche qui datent d’avant la pandémie et ne répondent pas aux besoins des Américains », a aussi accusé le chef de la minorité républicaine à la Chambre des représentants, Kevin McCarthy. Reprenant la grande ligne d’attaque des républicains, il a réaffirmé que seuls 9 % du plan étaient « liés à la lutte contre le Covid ».

Nouveaux emplois mais risque d’inflation

La pandémie a fait plus de 500.000 morts aux États-Unis, et la première économie mondiale s’est contractée de 3,5 % l’an passé, sa pire année depuis la Seconde Guerre mondiale. Selon des experts, le « plan de sauvetage américain », très populaire dans les sondages, devrait doper la croissance. D’après la Maison Blanche, cette législation « historique » créera plus de 7 millions de nouveaux emplois cette année et rendra les soins de santé plus abordables tout en sauvant des vies grâce aux aides pour la vaccination généralisée. Elle affirme également qu’elle réduira de moitié la pauvreté des enfants. Mais d’autres économistes mettent en garde contre le risque d’inflation.

Des millions d’Américains vont toucher des chèques d’aides directes allant jusqu’à 1.400 dollars par individu et personne à charge, pour un montant global de quelque 400 milliards de dollars. Le plan prolonge en outre jusqu’en septembre des allocations-chômage exceptionnelles qui devaient expirer le 14 mars. Quelque 15 milliards de dollars sont consacrés à la vaccination, 50 milliards pour les tests et le traçage et 10 milliards pour la production de vaccins. Le plan consacre également 126 milliards de dollars aux écoles, de la maternelle au lycée, pour soutenir leur réouverture malgré la pandémie, ainsi que 350 milliards en faveur des États, des collectivités locales.

Revers au Sénat

Le projet initial comprenait une hausse du salaire minimum fédéral qui a dû être abandonnée au Sénat, où le montant des allocations-chômage et le plafond pour toucher les chèques ont d’autre part été abaissés sous la pression d’un démocrate conservateur. Ces compromis pouvaient faire craindre une fronde des progressistes, mais les troupes démocrates sont unies derrière le plan Biden. C’est en saluant « la plus importante loi votée par le Congrès pour aider les travailleurs depuis des décennies » que le sénateur indépendant Bernie Sanders avait approuvé le plan samedi à la chambre haute.

À la Chambre comme au Sénat, seuls les démocrates ont voté en faveur du plan de relance. Un revers pour Joe Biden, sénateur pendant plus de 35 ans et arrivé à la Maison Blanche sur la promesse de trouver des terrains d’entente avec les républicains, après les profondes divisions de l’ère Trump. Le vieux routier de la politique espère ensuite parvenir à une meilleure entente pour son prochain gigantesque projet législatif, qui devrait concerner les infrastructures américaines.

Par Le Figaro avec AFP

États-Unis/Caroline du Sud: un an plus tard

mars 1, 2021
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Il y a un an, je me tenais à Columbia, en Caroline du Sud, reconnaissant que les électeurs de l’État de Palmetto , et en particulier l’épine dorsale du Parti démocrate, la communauté afro-américaine, nous avaient mis sur la voie de la présidence.

Cette nuit-là, j’ai dit que la nôtre était une campagne pour les gens qui avaient été renversés, comptés et laissés pour compte. J’ai parlé du coût de la colère et de la division dans le pays et de la nécessité d’unir l’Amérique.

That night, as I prepared to speak, the United States confirmed our 69th coronavirus case. As a nation, we were just beginning to understand how much our lives would soon be upended.

Le monde a radicalement changé au cours de la dernière année. Notre nation a commencé à se débattre avec un compte à rebours attendu depuis longtemps sur la justice raciale. Notre démocratie a subi une violente insurrection dans notre Capitole. En tant que peuple, nous avons pleuré les plus d’un demi-million de vies perdues à covid-19, et la dévastation économique qui a martelé tant plus de familles, de petites entreprises et de communautés. Ajoutez à cela le besoin croissant de faire face à notre changement climatique, et c’est une confluence de crises peut-être sans précédent dans notre histoire.

Et pourtant, même si le monde a changé, les défis que j’ai décrits cette nuit-là ne sont devenus que plus urgents.

Des millions d’Américains ont perdu leur emploi à la suite de la récession COVID-19. Nos villes ont perdu 1,3 million d’emplois depuis mars dernier; les éducateurs, les infirmières, les policiers, les pompiers et d’autres travailleurs publics essentiels ont été poussés au bord du gouffre. 400 000 petites entreprises ont fermé leurs portes, pour toujours.

Le bilan économique de la pandémie continue de déchirer notre pays aussi brutalement que le virus lui-même.

Nous voyons les dommages d’une manière que nous ne nous attendions pas à voir dans ce pays — des files de voitures, des kilomètres de long, dans les banques alimentaires. Au début de février, un adulte sur sept ayant des enfants dans ce pays a déclaré qu’il n’avait pas suffisamment de nourriture.

Nous avons vu la participation des femmes à la population active à son plus bas niveau en plus de trois décennies, car tant de femmes sont confrontées au choix dévastateur entre un chèque de paie et les soins et l’éducation d’un enfant.

Au cours de la dernière année, nous avons été testés comme jamais auparavant. Et maintenant, nous répondons.

Faire face au COVID-19 a exigé à la fois un miracle de la science et un miracle de fabrication, donnant trois vaccins efficaces à ce jour. Maintenant, il faut la plus grande entreprise opérationnelle de notre histoire: obtenir des coups de feu dans les bras de centaines de millions d’Américains.

Je me suis fixé un objectif de 100 millions de tirs dans mes 100 premiers jours. Pour y parvenir, nous ramenons des médecins et des infirmières à la retraite comme vaccinateurs, déployons des professionnels de la santé de l’armée et de notre corps médical commandé, et nous installons et soutenons de nouveaux sites de vaccination élargis. Par conséquent, nous sommes bien en avance sur notre objectif , atteignant la moitié de la marque en seulement 37 jours.

Nous faisons également des progrès dans la guérison économique dont notre nation a besoin.

Tard vendredi soir, la Chambre des représentants a adopté mon plan de sauvetage américain. Cela nous rapproche un peu plus de la vaccination de la nation; obtenir des gouvernements des États et des collectivités locales le soutien dont ils ont besoin pour éviter des licenciements massifs; mettre 1 400 $ de plus dans les poches des Américains sous forme de paiements directs; l’augmentation et l’extension des allocations de chômage pour des millions d’Américains qui sont sans emploi en raison de leur propre faute; aider des millions d’Américains à nourrir leurs familles et à garder un toit au-dessus de leur tête; et ramener nos enfants en toute sécurité à l’école.

Tous les aspects du Plan de sauvetage américain répondent à un besoin désespéré, et c’est pourquoi nous constatons un soutien massif de la part des maires et des gouverneurs des deux partis, et de la grande majorité du peuple américain.

Et aussi essentiel que cela soit, ce n’est que le début.

La firme de Wall Street Moody’s estime que le plan de sauvetage américain aidera l’économie à créer plus de 7 millions d’emplois rien que cette année seulement. Ce serait sur la voie des plus de 18 millions d’emplois que Moody’s estime créer au cours des quatre prochaines années grâce à notre plan de relance Build Back Better.

En livrant son appui à ma candidature, le membre du Congrès Jim Clyburn a parlé de la façon dont ce qui était en jeu pour le pays était « la bonté de l’Amérique ». Il a dit que l’Amérique était super parce que notre peuple était bon. Et nous ne pourrions jamais perdre cela.

Nous devons nous rappeler, en ce moment où il y a encore tant de douleur à travers le pays, que nous avons la responsabilité de soulever nos compatriotes américains, pas de les laisser affamés, sans emploi, dans le froid. Que nous sommes appelés à traiter tout le monde avec dignité et respect. Que les inégalités et les injustices mises à nu par la pandémie et les crises économiques de l’année écoulée ont rendu plus urgent que jamais pour nous de vivre enfin les principes fondateurs de cette nation — que chacun soit créé égal et ait le droit d’être traité sur un pied d’égalité tout au long de la vie.

Et nous savons que nous devons appliquer ces principes dans tout ce que nous faisons , de la récupération de la pandémie à la reconstruction de notre économie, à la réaffirmation du leadership de l’Amérique dans le monde.

Quand je regarde en arrière sur ce qui s’est passé en Caroline du Sud il ya un an, c’est incroyable de voir combien peut changer en une journée, peu importe une année entière. J’espère que dans un an, les Américains pourront regarder en arrière et s’émerveiller de ce qui a changé — dans leur vie et dans notre économie — pour le mieux.

Avec Associated Press

[Tribune] L’Amérique est de retour en Afrique

février 28, 2021
Joe Biden à Washington, le 25 février 2021

Désignations de personnalités noires aux postes-clés, discours conciliants, « diplomatie normale »… L’administration Biden veut renouer avec l’Afrique, ignorée par Trump.

Ce n’est sans doute pas une tâche herculéenne : compte tenu de l’indifférence méprisante dont faisait preuve Donald Trump à l’égard du continent — où il ne s’est jamais rendu —, la nouvelle administration dispose d’un a priori favorable en Afrique, d’autant qu’elle a déjà marqué un changement net d’intentions et d’ambitions.

Dans un discours destiné aux délégués du 34e sommet de l’Union africaine et diffusé le 7 février, Joe Biden a indiqué la ligne générale de sa politique étrangère : « L’Amérique est de retour. La diplomatie est de nouveau au centre de notre politique étrangère. [Nous allons nous employer] à renouveler notre rôle dans les institutions internationales et à retrouver notre crédibilité et notre autorité morale. »

« Soutien et respect mutuel »

Il a ensuite centré ses propos sur l’Afrique, en affirmant que les États-Unis se tenaient à ses côtés, « partenaires en solidarité, soutien et respect mutuel. Nous croyons en les nations africaines ». Il a poursuivi en parlant d’une « vision commune pour un avenir meilleur », et en évoquant des sujets ayant trait à l’économie, la sécurité et les droits humains pour les « femmes et les filles, les personnes LGBTQI, les personnes en situation de handicap, les personnes de toute origine ethnique, religion ou culture.

Le président américain a également mentionné des urgences du moment : la pandémie et le réchauffement climatique, avec la perspective de financements adéquats pour des usines à vaccins et le Green Climate Fund. Il a enfin annoncé que les restrictions de visas pour les réfugiés édictées par Trump allaient être abrogées, et que l’égalité raciale et la lutte contre le suprémacisme blanc étaient des priorités de son administration. À l’évidence, Biden visait à insister sur la rupture franche avec l’administration Trump et, par contrecoup, à souligner les continuités avec Barack Obama, dont il était le vice-président.

Des Africains-Américains promus

Pour en savoir un peu plus, il faut nous tourner vers un ensemble de nominations tout à fait significatives auxquelles le nouveau président a procédé. Plusieurs Africains-Américains ont été promus. Enoh Ebong est ainsi devenue directrice par intérim de l’Agence américaine pour le commerce et le développement (USTDA). Cette femme d’origine nigériane a une solide expérience au sein de ladite agence, où elle a travaillé de 2004 à 2019.

Mahmoud Bah, d’origine guinéenne, est également distingué : il devient le responsable par intérim du Millennium Challenge Corporation (MCC). Le MCC, créé par le Congrès des États-Unis en 2004, est un programme de développement dont la vocation est de verser des subventions à des pays qui ont démontré leur engagement dans la promotion des bonnes pratiques de gestion et la réforme économique. Mahmoud Bah a lui aussi une solide expérience d’une dizaine d’années au sein de l’organisme à la tête duquel il a été nommé, y compris en tant que responsable du MCC en Côte d’Ivoire pendant trois ans.

LE GOUVERNEMENT AMÉRICAIN ACTUEL EST DE LOIN LE PLUS DIVERS DE L’HISTOIRE DU PAYS. LA MOITIÉ DE SES MEMBRES NE SONT PAS BLANCS

À ces nominations s’en ajoutent d’autres, du côté africain-américain, et au plus haut niveau. Elles marquent aussi une rupture symbolique et pratique avec l’ère Trump. Même si la vice-présidente n’est pas africaine-américaine (ses parents étaient d’origines caribéenne et indienne), Kamala Harris s’affirme comme une femme noire, en laquelle beaucoup de femmes et d’hommes noirs se reconnaissent. Le nouveau ministre de la Défense, le général quatre étoiles Lloyd Austin, est également entré en fonctions, une première pour un homme noir.

Marcia Fudge, représentante de l’Ohio au Congrès, est désormais ministre de l’Habitat et du Développement urbain, tandis que Susan Rice, ancienne ambassadrice des États-Unis à l’ONU, devient directrice du Conseil de politique intérieure (Domestic Policy Council). De son côté, Linda Thomas-Greenfield, une diplomate chevronnée qui fut notamment chargée des affaires africaines entre 2013 et 2017, avant d’être démise de ses fonctions par Trump, représente désormais son pays à l’ONU.

Si l’on ajoute à ces personnalités celles issues du monde hispanique, et même amérindien, le gouvernement américain actuel est de loin le plus divers de l’histoire du pays (la moitié de ses membres ne sont pas blancs). Voilà qui est significatif, et qui a été salué par les associations antiracistes du pays : la représentation, l’incarnation d’un poste, cela compte en politique !

Environnement et santé

Reste, bien entendu, à mesurer les effets de ces nominations sur les politiques mises en œuvre. Du côté de l’Afrique, la tendance générale est celle d’un retour à une diplomatie normale, marquée par des relations respectueuses entre les États-Unis et le continent.

L’inflexion principale par rapport à l’administration Obama semble devoir se situer du côté d’une accentuation de l’investissement environnemental, sur lequel Biden a tant insisté pendant sa campagne, et de la priorité médicale, puisque l’Afrique n’est pas épargnée par le Covid-19, même si la pandémie n’a pas eu des conséquences comparables à celles que l’Europe ou les États-Unis connaissent.

Sur les autres sujets, Washington combinera, de manière finalement assez classique, ses intérêts propres, en particulier économiques, à des préoccupations stratégiques (en laissant le premier rôle militaire à la France dans le Sahel, tout en assurant un soutien logistique) et humanitaires. Mais les historiens savent bien que ce qui semble prévisible sera déjoué par les événements eux-mêmes, et la capacité des responsables africains et américains à y répondre !

Par  Pap Ndiaye

Historien, professeur à Sciences Po Paris, nouveau directeur général du Palais de la Porte Dorée

États-Unis: Biden va accepter plus de réfugiés après les restrictions imposées par Trump

février 4, 2021

BIDEN VA ACCEPTER PLUS DE RÉFUGIÉS APRÈS LES RESTRICTIONS IMPOSÉES PAR TRUMP

© Reuters/TOM BRENNER 

WASHINGTON (Reuters) – Joe Biden a déclaré jeudi vouloir porter à 125.000 le nombre de réfugiés susceptibles d’être accueillis par les Etats-Unis, soit environ huit fois plus que sous son prédécesseur Donald Trump, qui avait abaissé ce seuil à des niveaux historiquement bas.

S’exprimant au département d’Etat, le président américain a annoncé qu’il promulguerait ce jeudi un décret en ce sens face à « un besoin mondial sans précédent ».

Joe Biden s’est engagé à renouer avec la tradition de terre d’accueil des Etats-Unis, après quatre ans durant lesquels les admissions sur le territoire ont été restreintes par Donald Trump, qui les a abaissées à 15.000 cette année.

« Reconstruire ce qui a été si abîmé prendra du temps, mais c’est précisément ce que nous allons faire », a déclaré Joe Biden, en précisant que ce niveau de 125.000 réfugiés s’appliquerait au cours du prochain exercice budgétaire commençant en octobre 2021.

Dans ce décret, Joe Biden devrait appeler les agences américaines à prendre des mesures pour accélérer le traitement des demandes de réfugiés et pour souligner le rôle joué par le changement climatique dans les migrations de populations à travers le monde, selon deux sources proches du dossier.

Avec Reuters par (Alexandra Alper, Steve Holland et Ted Hesson; version française Camille Raynaud, édité par Bertrand Boucey)

Politique africaine des États-Unis : ce qui a déjà changé depuis que Joe Biden est président

janvier 23, 2021
Le président américain Joe Biden, le 21 janvier 2021 à la Maison Blanche.

Officiellement investi président des États-Unis mercredi 20 janvier, Joe Biden est déjà revenu sur certaines des mesures phares de Donald Trump. Il a aussi nommé un Africain à la tête de la Millennium Challenge Corporation.

Ce fut l’une des mesures les plus controversées de son prédécesseur. Quelques heures seulement après son investiture, Joe Biden est revenu sur le « Muslim ban », ce décret migratoire controversé qui interdisait l’entrée sur le sol américain aux ressortissants de pays majoritairement musulmans, dont nombre de pays africains.

Au total, Biden a signé dix-sept décrets qui marquent une rupture avec l’administration Trump. L’un d’entre eux, portant sur la lutte contre le racisme dans les institutions publiques, ordonne aux différentes agences fédérales d’évaluer les inégalités dans leurs politiques et dans leurs programmes.

Le nouveau président américain a en outre annoncé un projet de loi qui offrira aux jeunes arrivés de manière illégale sur le territoire avant leur majorité – les « dreamers » – et aux autres personnes en situation irrégulière la possibilité d’être naturalisés.

Retour au sein de l’OMS

Joe Biden est également revenu sur la décision de Donald Trump de retirer les États-Unis de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Une organisation dont les États-Unis constituaient le principal donateur et que l’ancien président américain avait qualifiée de « marionnette » aux mains de la Chine.

« Depuis la création de l’OMS en 1948, les États-Unis ont joué un rôle crucial pour la santé dans le monde, et les Américains ont réalisé des contributions conséquentes dans ce domaine. Nous avons hâte de continuer ce partenariat », a déclaré son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Nomination

Le président fraîchement investi a également décidé de nommer l’Américano-Guinéen Mahmoud Bah à la tête de la Millennium Challenge Corporation (MCC). Créée en 2004, la MCC est une agence indépendante du gouvernement américain qui fournit des subventions et une assistance économique à certains pays. Présente dans une vingtaine d’États africains, la MCC revendique une approche « innovante » de l’aide publique au développement.

Mahmoud Bah a exercé différentes positions au sein de la MCC depuis plus de dix ans. Il a notamment travaillé pendant trois ans en Côte d’Ivoire en tant que directeur pays. Plus récemment, il avait été nommé vice-président intérimaire pour l’administration et les finances, et directeur financier.

Né à Lomé, le nouveau directeur de la MCC a étudié à l’université du Maryland aux États-Unis, où il réside actuellement. Il est le frère de Mamadou Bah, ancien journaliste de Jeune Afrique (1998-1999) décédé en 2010 à Haïti, où il exerçait les fonctions de porte-parole de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah).

Changement de politique

L’administration de Donald Trump s’est caractérisée par son refus de s’engager véritablement en Afrique et par son désintérêt net pour le continent. L’arrivée de Joe Biden et ces premières décisions laissent présager un retour des États-Unis vers le multilatéralisme et un apaisement des relations avec certains pays africains.

Pour le conseiller sur l’Afrique, Biden s’est entouré de membres de l’ancienne administration de Bill Clinton ou Barack Obama. Il a notamment promis d’organiser prochainement un sommet auquel il conviera les chefs d’État africains, sur le modèle de celui qu’avait organisé Obama en 2014.

Avec Jeuneafrique par Marième Soumaré

Joe Biden deviendra le 46e président des États-Unis aujourd’hui

janvier 20, 2021

Après quatre ans de présidence mouvementée et controversée de Donald Trump, Joe Biden prend officiellement mercredi ses fonctions à la Maison-Blanche lors d’une cérémonie de prestation de serment boudée par le président sortant.

Plus de 190 000 drapeaux décorent le National Mall et le Capitole pour l’assermentation du président démocrate Joe Biden.

© ROBERTO SCHMIDT/Getty Images Plus de 190 000 drapeaux décorent le National Mall et le Capitole pour l’assermentation du président démocrate Joe Biden.

Les anciens locataires du bureau ovale Barack Obama, George W. Bush et Bill Clinton seront présents à Washington, transformée pour la circonstance en une véritable forteresse, notamment après l’assaut sur le Capitole au début du mois.

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Une prestation de serment particulière

S’il est vrai que c’est la première fois depuis 1869 qu’un président américain manque la prestation de serment de son successeur, c’est aussi la première fois qu’une femme, Kamala Harris, accède à la vice-présidence de la première puissance mondiale.Joe Biden (droite), Kamala Harris (gauche) ainsi que leurs conjoints respectifs, Jill Biden et Douglas Emhoff, ont participé à un événement commémoratif pour les victimes de la COVID-19, à Washington.

© TOM BRENNER/Reuters Joe Biden (droite), Kamala Harris (gauche) ainsi que leurs conjoints respectifs, Jill Biden et Douglas Emhoff, ont participé à un événement commémoratif pour les victimes de la COVID-19, à Washington.

Vers 9 h, Joe Biden a quitté la maison des visiteurs, la Blair House, où il a passé la nuit non loin de la Maison-Blanche, pour se diriger vers la cathédrale Saint-Mathieu.

Une cérémonie religieuse y a lieu. Des démocrates et des républicains de la Chambre des représentants et du Sénat y prennent part.

Le président désigné Joe Biden assiste à un service religieux avant son investiture présidentielle, à la cathédrale Saint-Mathieu.

© TOM BRENNER/Reuters Le président désigné Joe Biden assiste à un service religieux avant son investiture présidentielle, à la cathédrale Saint-Mathieu.

Vers 10 h 30, il prendra le chemin du Capitole pour la cérémonie de prestation de serment. Il y sera accueilli ainsi que Kamala Harris par un révérend.

Le juge en chef de la Cour suprême des États-Unis John Roberts fera prêter serment à Joe Biden.

Joe Biden, à son arrivée à la base Andrews, dans la région de Washington, mardi

© TOM BRENNER/Reuters Joe Biden, à son arrivée à la base Andrews, dans la région de Washington, mardi

« Pas une seconde à perdre », dit Biden

Joe Biden, qui accède à la présidence à 78 ans, entend marquer dès le premier jour le contraste avec son prédécesseur.

Dès mercredi, le nouveau président prendra 17 mesures présidentielles pour revenir sur les mesures phares de Donald Trump. Cela va du retour à l’Accord de Paris sur le climat à la suspension des travaux de construction d’un mur à la frontière avec le Mexique et son financement grâce au budget du Pentagone.

La première journée de Joe Biden à la tête du pays sera marquée par l’effet combiné de la pandémie et des violences du Capitole qui ont fait cinq morts.

Les mesures de sécurité entourant la cérémonie sont exceptionnelles. Quelque 25 000 soldats de la Garde nationale et des milliers de policiers venus de tout le pays y sont déployés.

Compte tenu de la pandémie, c’est loin des foules habituelles qu’a lieu la cérémonie. Joe Biden fera face à plus de 190 000 drapeaux plantés pour représenter ce public absent. De hautes grilles, parfois surmontées de barbelés, protègent la «zone rouge» entre la colline du Capitole et la Maison-Blanche.

Pour limiter la propagation du virus, le président signera un décret pour rendre obligatoire le port du masque dans les bâtiments fédéraux, ou pour les agents fédéraux.

La veille, il avait rendu un hommage solennel aux victimes de la COVID-19, prenant le contre-pied de Donald Trump qui a depuis des mois tenté de minimiser l’impact d’une pandémie ayant fait plus de 400 000 morts aux États-Unis.

«Pour guérir, nous devons nous souvenir. Il est difficile parfois de se souvenir, mais c’est ainsi que nous guérissons», a-t-il déclaré devant l’imposant monument Abraham Lincoln.

Avec CBC/Radio-Canada

États-Unis: Joe Biden promet une série de décrets dès le premier jour de sa présidence

janvier 16, 2021

Tous les décrets n’ont pas été détaillés, mais ils s’articuleront autour de la lutte contre le Covid, celle contre le changement climatique, la relance de l’économie et le combat pour la justice sociale et raciale.

Joe Biden signera une série de décrets dès le premier jour de sa présidence, mercredi, notamment pour ré-engager les Etats-Unis dans l’accord de Paris sur le climat, a annoncé samedi 16 janvier son futur chef de cabinet, Ron Klain.

Le passage de ces premières mesures par décret évitera au nouveau chef de l’Etat d’en passer par le Congrès et en particulier le Sénat, qui pourrait devoir se consacrer à la procédure de destitution de Donald Trump.

Autre mesure figurant parmi la douzaine de décrets annoncés, la levée de l’interdiction d’entrée sur le territoire américain visant les ressortissants de plusieurs pays, principalement à majorité musulmane. Cette interdiction avait été promulguée quelques jours seulement après la prise de fonctions de Donald Trump, en janvier 2017.

Covid, climat, économie et justice sociale

Le chef de cabinet n’a pas détaillé tous les décrets, indiquant qu’ils concernaient les quatre priorités de Joe Biden, à savoir la lutte contre le coronavirus, celle contre le changement climatique, la relance de l’économie et le combat pour la justice sociale et raciale.

Concernant la pandémie, le 46ème président des Etats-Unis prendra un décret rendant obligatoire le port du masque dans les locaux et espaces dépendant de l’Etat fédéral, ainsi que lors des déplacements entre Etats, ce que Donald Trump s’était toujours refusé à faire. Sur le plan économique, Joe Biden prévoit aussi de prolonger le moratoire sur les expulsions et les saisies immobilières, lié à la pandémie.

Le nouveau président enchaînera sur une série d’autres décrets, tous signés d’ici au 1er février, soit durant les dix premiers jours de sa présidence, a annoncé Ron Klain dans un communiqué. «Ces mesures soulageront les millions d’Américains qui subissent ces crises», a expliqué le futur chef de cabinet. «Le président élu Biden va agir, pas seulement pour réparer les dégâts les plus sérieux du gouvernement Trump, mais aussi pour permettre au pays d’avancer.»

Par Le Figaro avec AFP

Les États américains se préparent au pire à quatre jours de l’assermentation

janvier 16, 2021

Le Capitole de l’État de l’Arizona est entouré de deux barrières en maillon de chaîne. Les fenêtres des parlements de l’Ohio et de l’Illinois ont été barricadées. Des unités de la Garde nationale en camouflage et en gilet pare-balles ainsi des policiers lourdement armés protègent les capitales des États américains, à l’aube des manifestations prévues dimanche.

© Fournis par La Presse Canadienne

À la suite de l’avertissement de violence potentielle dans tous les capitales d’État lancé par le FBI, les symboles de la démocratie des États-Unis ressemblent davantage à des ambassades dans des pays en zone de guerre.

Les gouverneurs d’État ont déclaré des états d’urgence, ont fermé les capitoles au public et ont appelé des unités de protection supplémentaires, à l’approche de l’assermentation du président-élu Joe Biden, la semaine prochaine. Ils tentent d’éviter d’autres événements similaires à l’émeute qui a eu lieu le 6 janvier, lorsque des partisans du président Donald Trump ont pris d’assaut le Capitole des États-Unis, causant la mort de cinq personnes.

Les détails sont encore vagues, mais des manifestations sont attendues devant les capitoles d’État de dimanche à mercredi, date de la cérémonie d’assermentation de M. Biden. La sécurité a été nettement renforcée, d’Atlanta à Sacramento, pendant la semaine.

Des équipes spéciales et tactiques ont été déployées au Capitole de la Georgie. Un chien qui détecte des bombes a passé au peigne fin le Capitole du Mississipi. Des policiers d’État sont positionnés sur le toit de la maison d’État de l’Ohio

 Des clôtures autour du Capitole de la Californie ont été attachées avec des menottes. La Garde nationale patrouille autour du bâtiment et dans les rues du centre-ville de Sacramento.

– Par The Associated Press avec La Presse Canadienne

États-Unis: Donald Trump approuve la déclaration de l’état d’urgence à Washington

janvier 11, 2021

Le président américain sortant Donald Trump a approuvé la déclaration de l’état d’urgence jusqu’au 24 janvier à Washington après que la police fédérale américaine (FBI) a prévenu que des groupes armés prévoient manifester à la capitale à l’approche de l’investiture de Joe Biden.

Des membres de la Garde nationale et des policiers de Washington protègent le Capitole des États-Unis, en soirée, le 6 janvier 2021.

© Samuel Corum/Getty Images Des membres de la Garde nationale et des policiers de Washington protègent le Capitole des États-Unis, en soirée, le 6 janvier 2021.

Un groupe armé identifié a dit qu’il prévoyait envoyer ses membres à Washington samedi et a promis un soulèvement en cas de tentative pour écarter Donald Trump du pouvoir, a écrit un journaliste de la chaîne ABCNews sur Twitter, citant une note du FBI.

La mairesse de Washington, Muriel Bowser, a demandé lundi que la sécurité soit renforcée lors la cérémonie d’investiture du président élu Joe Biden, le 20 janvier.

Des partisans de Donald Trump ont pris d’assaut le Capitole de Washington mercredi pour empêcher le Congrès de certifier les résultats de l’élection présidentielle de novembre.

Déploiement de la Garde nationale dans la capitale

Le Pentagone a indiqué lundi avoir autorisé le déploiement de 15 000 soldats de la Garde nationale à Washington pour la cérémonie d’investiture du président élu Joe Biden, le 20 janvier, afin d’éviter de nouvelles violences.

Quelque 6200 militaires sont déjà présents dans la capitale fédérale et ils seront 10 000 cette fin de semaine, a déclaré le général Daniel Hokanson. Environ 5000 soldats supplémentaires pourront les rejoindre pour la prestation de serment du démocrate.

Pour l’instant, leur mission est limitée à un soutien logistique à la police locale et ils ne seront autorisés qu’en «dernier recours» à procéder eux-mêmes à des interpellations, si la situation devenait hors de contrôle, a ajouté l’officier qui supervise le bureau de la Garde nationale au ministère de la Défense.

Une réponse tardive

Le Pentagone a été critiqué pour avoir tardé à déployer la Garde nationale quand des partisans du président Donald Trump ont envahi le Capitole, semant le chaos et la violence au sein du temple de la démocratie américaine.

Selon le général Hokanson, le niveau de violence des manifestants n’avait pas été anticipé par les autorités.

De nouveaux appels à agir le 17 janvier ont commencé à circuler la semaine dernière sur les réseaux sociaux.

Muriel Bowser, a prolongé l’état d’urgence jusqu’au 20 janvier pour être en mesure de réinstaurer rapidement un couvre-feu, si le besoin s’en faisait sentir.

Lundi, elle a appelé les Américains à ne pas venir à Washington pour la 59e cérémonie d’investiture le 20 janvier mais plutôt d’y participer de manière virtuelle

Avec  CBC/Radio-Canada