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Afghanistan : Biden pose une condition à la fin des évacuations

août 24, 2021

Malgré les pressions de ses alliés occidentaux, Joe Biden a confirmé, mardi 24 août, sa volonté de mettre fin auxévacuations en Afghanistan au 31 août.

De nombreux ressortissants americains et Afghans a risque n'auront peut-etre pas ete evacues avant le 31 aout.
De nombreux ressortissants américains et Afghans à risque n’auront peut-être pas été évacués avant le 31 août.© WAKIL KOHSAR / AFP

C’était le souhait des talibans tandis que certains alliés des États-Unis s’y opposaient. Le président américain Joe Biden a décidé de maintenir au 31 août la date butoir du retrait total des forces américaines d’Afghanistan, ont rapporté mardi 24 août les chaînes américaines CNN et Fox, citant des responsables américains. Joe Biden a pris cette décision après des discussions avec ses homologues du G7, ont précisé ces responsables non identifiés. Les talibans ont confirmé qu’ils ne permettraient pas aux évacuations de se prolonger au-delà du 31 août, malgré les demandes occidentales, en soulignant que les Afghans les plus qualifiés devaient rester dans le pays.

Joe Biden a confirmé sa décision mardi après-midi, assurant que la « mission » de l’armée américaine en Afghanistan était « en voie d’être terminée » au 31 août. Le retrait total des troupes devrait donc se faire alors que de nombreux ressortissants américains et Afghans en danger n’auront peut-être pas été évacués à temps. Mais le président américain a posé une condition devant les dirigeants des pays du G7 : que les talibans continuent de coopérer pour l’accès des évacués à l’aéroport de Kaboul. Et si jamais ça n’était pas le cas, il a également demandé au Pentagone d’avoir à disposition des plans de secours pour repousser le retrait « si nécessaire », a ajouté sa porte-parole Jen Psaki dans un communiqué.

Les autres dirigeants des grandes puissances voulaient plus. Ils avaient à l’origine posé comme « première condition » aux talibans, après leur arrivée au pouvoir, de « garantir un passage sûr » pour ceux qui voulaient quitter l’Afghanistan « jusqu’au 31 août et au-delà », avait déclaré le Premier ministre britannique Boris Johnson après un sommet virtuel des dirigeants des pays du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Contre l’avis de l’UE

De son côté, l’Union européenne (UE) avait pressé Joe Biden de repousser la date limite qu’il a lui-même fixée. Les dirigeants de l’UE ont enjoint à leurs « amis américains » de « sécuriser l’aéroport aussi longtemps que nécessaire », mais Washington entend toujours retirer ses troupes d’Afghanistan au 31 août. L’UE avait aussi pressé les États-Unis de « garantir un accès juste et équitable à l’aéroport » pour tous les Afghans qualifiés pour être évacués, avait déclaré à la presse Charles Michel, président du Conseil européen, l’instance représentant les 27 pays membres.

Avec Le Point

États-Unis: Joe Biden juge que l’opération d’évacuation en Afghanistan est l’une des « plus difficiles de l’histoire »

août 20, 2021

Tout en promettant aux Américains retenus dans le pays de les « ramener à la maison », le président des Etats-Unis dit ne pas pouvoir garantir « l’issue finale » de l’opération.

Le président des Etats-Unis, Joe Biden, s’est exprimé le 20 août au sujet de l’opération d’évacuation toujours en cours à Kaboul.
Le président des Etats-Unis, Joe Biden, s’est exprimé le 20 août au sujet de l’opération d’évacuation toujours en cours à Kaboul. MANUEL BALCE CENETA / AP

Sous le feu des critiques, le président américain, Joe Biden, s’est adressé à la nation américaine, vendredi 20 août, pour la seconde fois en quelques jours, à propos des opérations d’évacuation chaotiques à Kaboul, où des milliers de civils tentent de fuir l’Afghanistan après le retour au pouvoir des talibans.

M. Biden a affirmé qu’il ne pouvait pas garantir « l’issue finale » de l’opération à Kaboul, l’une des « plus difficiles de l’histoire », au terme d’une guerre longue de vingt ans. « Cette mission d’évacuation est dangereuse. Elle implique des risques pour nos forces armées et est menée dans des conditions difficiles », a déclaré le président américain lors d’un discours à la Maison Blanche.

« Je ne peux pas promettre ce qu’en sera l’issue finale », a-t-il reconnu, entouré de la vice-présidente, Kamala Harris, du chef de la diplomatie, Antony Blinken, du secrétaire à la défense, Lloyd Austin, et de son haut conseiller à la sécurité, Jake Sullivan. « Mais en tant que commandant en chef, je peux vous assurer que je mobiliserai tous les moyens possibles », a-t-il promis.

Dix-huit mille Afghans évacués depuis juillet

Seuls les Etats-Unis sont « capables » de mener une telle opération, « à l’autre bout du monde avec une telle précision », a estimé le président américain.about:blankclose

Il a rapporté que les Etats-Unis avaient évacué 13 000 personnes d’Afghanistan depuis le 14 août, et 18 000 depuis juillet. Le président a assuré que son pays s’engageait à évacuer tous les Afghans ayant aidé les Etats-Unis dans leurs opérations en Afghanistan pendant la guerre.

Nous « sommes en contact permanent avec les talibans et nous œuvrons pour nous assurer que les civils aient un accès sûr à l’aéroport », a-t-il déclaré.

La crédibilité des Etats-Unis n’est « pas remise en question »

M. Biden a fait savoir que les conditions difficiles de l’évacuation de milliers de civils à Kaboul et les scènes de chaos à l’aéroport n’affectaient pas la crédibilité des Etats-Unis sur la scène internationale.

Nos alliés dans le monde « ne remettent pas en question notre crédibilité », a affirmé le président des Etats-Unis au cours d’une conférence de presse. « J’ai parlé à nos alliés de l’OTAN, a-t-il ajouté. En fait c’est le contraire. »

Lundi, M. Biden avait fait une première courte intervention télévisée, défendant « fermement » sa décision de retirer d’ici au 31 août les troupes américaines d’Afghanistan, où elles combattent depuis vingt ans.

« Je suis le président des Etats-Unis et, à la fin, c’est moi qui assume », avait-il alors assuré. Deux jours plus tard, dans un entretien à la chaîne ABC, M. Biden a expliqué que le retrait américain aurait invariablement provoqué une forme de « chaos » dans le pays.

Par Le Monde avec AFP

États-Unis: Joe Biden demande la démission du gouverneur de New York Andrew Cuomo

août 4, 2021

NEW YORK — Le gouverneur de New York Andrew Cuomo a été confronté à des appels à la démission de plus en plus nombreux, mardi,  notamment de la part du président Joe Biden et d’autres anciens alliés démocrates, après qu’une enquête ait révélé qu’il avait harcelé sexuellement près d’une douzaine de femmes et avait tenté de se venger de l’une de ses accusatrices.

 

© Fournis par La Presse Canadienne

«Je pense qu’il devrait démissionner», a déclaré Joe Biden aux journalistes mardi, faisant écho aux sentiments de la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi et des sénateurs américains Chuck Schumer et Kirsten Gillibrand, tous démocrates. 

Le chef de l’assemblée de l’État, qui a le pouvoir de porter des accusations de destitution contre Andrew Cuomo, a déclaré qu’il était clair que le gouverneur ne pouvait plus rester en fonction. 

Le président Carl Heastie, un démocrate, a déclaré qu’il entreprendrait de mener une enquête en destitution «le plus rapidement possible». 

Le gouverneur de New York est demeuré provocant, dans sa réponse préenregistrée,  aux conclusions de l’enquête.  

«Les faits sont très différents de ce qui a été décrit», ajoutant qu’il «n’a jamais touché personne de manière inappropriée ou fait des avances sexuelles inappropriées». 

L’enquête de près de cinq mois était supervisée par la procureure générale de New York Letitia James et dirigée par deux avocats indépendants.

– Par The Associated Press avec La Presse Canadienne

États-Unis: Des juges plus nombreux et plus représentatifs de la diversité sous Joe Biden

août 2, 2021

WASHINGTON — Le président Joe Biden et le Sénat des États-Unis à majorité démocrate nomment des juges à un rythme jamais vu chez ses prédécesseurs, incluant l’ancien président Donald Trump.

© Fournis par La Presse Canadienne

Huit juges ont déjà été confirmés dans leurs nouvelles fonctions, incluant la candidate potentielle à un siège à la Cour suprême Ketanji Brown Jackson qui vient d’accéder à la Cour d’appel fédérale à Washington.

De plus, au-delà de 30 autres nominations à la magistrature sont en voie d’être confirmées alors qu’on dénombre un total de 100 sièges à combler.

À ce même moment de l’année, il y a quatre ans, le Sénat sous contrôle républicain avait confirmé seulement quatre nominations de Donald Trump à la magistrature, incluant celle de Neil Gorsuch.

Pendant les deux plus récentes présidences démocrates, en 1993 et en 2009, aucun juge n’avait été nommé avant la fin du mois de juillet.

Les deux derniers présidents démocrates, Bill Clinton et Barack Obama, avaient été lents à nommer des juges, mais les deux avaient la lourde tâche de combler des sièges à la Cour suprême, ce qui avait ralenti le processus.

Des progressistes ont tenté de convaincre le juge Stephen Breyer de se retirer cet été, mais le leader de l’aile libérale, âgé de 82 ans, a montré qu’il avait la ferme intention d’être en poste au retour de la cour en octobre.

Ceux qui souhaitaient le départ du juge Breyer n’ont pas caché leur déception, mais ils se réjouissent tout de même de voir la diversité des nominations annoncées par Joe Biden jusqu’ici. On y voit plus de diversité ethnique, de diversité de genre et même de diversité en matière d’expérience dans le système de justice. Il s’agit d’un important contraste par rapport aux nominations largement dominées par les hommes blancs sous l’administration Trump.

Depuis l’arrivée de l’administration Biden, on voit des avocats du service public, des avocats de droit civique et de mouvements syndicaux accéder à la magistrature aux côtés des nominations plus typiques de procureurs et de juristes de grands cabinets.

La présidente sortante de l’organisation libérale «Alliance for Justice», Nan Aron, ne s’en fait pas trop avec la décision du juge Breyer de demeurer en poste. Elle craint cependant que la faible majorité démocrate au Sénat soit éventuellement compromise et qu’un Sénat républicain bloque une nomination démocrate comme ce fut le cas lors du décès d’Antonin Scalia en 2016.

Malgré tout, Mme Aron dit être «si heureuse avec le rythme et la qualité des nominations de Joe Biden», particulièrement en raison de la diversité des parcours de carrière des nouveaux juges.

Parmi les nouvelles nominations, on souligne celle de Tiffany Cunningham, devenue la première femme noire à accéder au banc de la Cour d’appel de Washington, ainsi que celle de Candace Jackson-Akiwumi, la deuxième femme noire seulement à accéder à la Cour d’appel fédérale de Chicago.

On souligne également la nomination de l’avocate de droit civique Myrna Perez à la magistrature de la Cour d’appel fédérale de New York. Elle doit devenir la première femme originaire d’Amérique latine à y être nommée depuis le départ de Sonia Sotomayor à la Cour suprême.

LA Presse Canadienne avec Mark Sherman et Darlene Superville, The Associated Press

États-Unis: Joe Biden annonce le don de plus de 1,5 million de doses de vaccins à sept pays africains

juillet 22, 2021
Vaccination contre le Covid-19 à l’hôpital Central de Yaoundé, le 12 avril 2021

Selon la Maison-Blanche ce don se fait « sans condition » et ne doit pas être considéré comme une réponse à la très active diplomatie vaccinale chinoise.

Le stock de vaccins que les États-Unis s’apprêtent à offrir au continent est composé de doses des laboratoires Johnson & Johnson, qui ont l’avantage de ne nécessiter qu’une injection, au lieu de deux pour la plupart des sérums du marché. Le don se fera par l’intermédiaire de Covax, l’initiative internationale mise en place par l’OMS, CEPI et GAVI. De quoi renforcer significativement l’engagement diplomatique et humanitaire des autorités américaines envers l’Afrique, mis à mal durant les années Trump.

« Ayant passé l’essentiel de ma carrière dans l’administration à travailler sur l’Afrique – en particulier le Sénégal, le premier pays africain où je me suis rendue – je mesure l’impact que peut avoir l’aide américaine sur nos partenaires du continent et sur la vie des populations », explique Dana Banks, Senior Director pour l’Afrique du National Security Council. A ses yeux, cette nouvelle « initiative de partage des vaccins est une démonstration supplémentaire de notre engagement ».

Les doses qui vont être distribuées sont destinées aux pays suivants :

  • 303 050 doses pour le Cameroun
  • 302 400 doses pour le Lesotho
  • 302 400 doses pour la Centrafrique
  • 151 200 doses pour la Gambie
  • 151 200 doses pour la Sénégal
  • 151 200 doses pour le Niger
  • 151 200 doses pour la Zambie

L’annonce américaine intervient alors que la Chine renforce significativement ses distributions de vaccins en Afrique. La semaine dernière, Pékin a ainsi envoyé un nouveau stock de 4 millions de doses sur le continent, selon le rapport hebdomadaire de traçage des dons mis en place par The China Africa Project. Difficile pour l’administration Biden d’affirmer qu’elle n’est pas lancée dans un bras de fer avec les autorités chinoises.

Un officiel à la Maison-Blanche a tenu à expliquer à nos confrères de The Africa Report que le don de 25 millions de doses de vaccins à Covax par les États-Unis et destinées à l’Afrique – une quantité presque équivalente aux 27,9 millions de doses promises par Pékin – n’a aucunement pour but d’obtenir des concessions minières : « Nos vaccins sont offerts sans conditions, assure-t-il. Nous faisons cela dans le but de sauver des vies. Comme le président l’a dit : dans notre combat commun contre le virus, les États-Unis seront l’arsenal vaccinal du monde. »

La situation épidémique dans les sept pays qui vont recevoir les dons américains est la suivante :

Centrafrique

On compte à ce jour 7 147 contaminations au Covid-19 en République centrafricaine, dont 98 décès. Le pays est touché par le variant Alpha, 50 à 75 % plus contagieux que les souches habituelles et susceptible de toucher plus facilement les enfants, mais sans provoquer de formes plus graves de la maladie. Début juillet, le pays a reçu des vaccins chinois. Selon Pierre Somse, le ministre de la Santé, « ces dons de vaccins arrivent au moment opportun, grâce à eux la République centrafricaine sera mieux équipée pour lutter contre le coronavirus. »

Cameroun

L’an dernier, le Cameroun a dû faire face simultanément au Covid-19 et au choléra. On y compte à ce jour 81 467 contaminations et 1 330 décès. En avril, le pays a reçu 591 000 doses, dont 200 000 fournies par les Chinois de Sinopharm et 391 000 par Oxford AstraZeneca. Mais un cinquième seulement de ce stock a été administré. Le ministère de la Santé a, parallèlement, approuvé la diffusion d’un remède à base de plantes élaboré par l’archevêque Samuel Kleda, présenté comme un « adjuvant » dans la lutte contre le virus.

Gambie

La troisième vague de contamination frappe ce pays de 2,3 millions d’habitants depuis le début du mois de juillet. Le gouvernement a annoncé que le respect des mesures de prévention telles que le port du masque et la distanciation sociale étaient des impératifs et que leur violation pouvait être sanctionnée d’une amende de 1 000 dalasis (20 dollars). La vaccination a commencé en mars avec un stock d’AstraZeneca mais, le 17 juin, le pays avait épuisé ce stock. Banjul a ensuite homologué le vaccin de Sinopharm et a recommencé à vacciner le 17 juillet, mais du fait des faibles quantités disponibles, un seul site est actuellement ouvert. Le pays compte à ce jour 6 920 contaminations et 190 morts. Selon le ministère de la Santé, un pic de contaminations a été observé durant la semaine du 5 au 12 juillet, avec une augmentation de 13 %. Au 19 juillet, 40 810 doses de vaccins avaient été administrées.

Lesotho

Avec la troisième vague, le Lesotho a vu arriver sur son sol le variant Beta. Identifiée en Afrique du Sud en août 2020, cette souche se répand plus rapidement que les autres et présente un risque plus élevé de réinfection. Le pays recense 12 630 contaminations et 349 décès et dispose actuellement de doses Johnson & Johnson et Oxford AstraZeneca.

Niger

La population du Niger (23,9 millions d’habitants) est l’une des plus jeunes au monde, ce qui lui a permis jusqu’à maintenant d’être relativement préservée du coronavirus. On compte 5 594 cas et 194 décès et le pays semble être resté à l’écart des principales vagues de contaminations. Il a déjà reçu 400 000 doses de Sinopharm de la part de Chine et 25 000 doses d’AstraZeneca données par l’Inde. Au 19 juillet, 401 133 doses avaient été administrées. Le pays n’impose à ce jour aucune restriction et toutes les entreprises fonctionnent normalement. Comme le dit le ministre du Pétrole, Sani Issoufou : « Ici, nous vivons encore comme si nous étions en 2019. »

Sénégal

Ayant fermé ses frontières et suspendu les vols internationaux dès le début de la pandémie, en 2020, le pays – qui a aussi été l’un des premiers à mettre en place un couvre-feu – avait réussi à se préserver. L’état d’urgence, renouvelé en janvier dernier, a pris fin en mars, les restrictions étant alors en partie levées. Le couvre-feu a pris fin et les frontières ont été rouvertes aux non-nationaux. Même si le port du masque reste théoriquement obligatoire, il semble avoir été abandonné par l’essentiel de la population et avec les vacances qui approchent, les craintes augmentent avec  les risques liés aux voyages. Le président Macky Sall s’est dit prêt à prendre les mesures nécessaires en cas de hausse du taux de contamination. Le niveau est actuellement au plus haut avec 950 nouveaux cas par jour.

Le Sénégal a commencé à vacciner le 23 février 2021 avec un premier stock de 82 doses de Sinopharm, puis a reçu en mars un lot d’AstraZeneca. Il a été l’un des premiers pays africains à bénéficier de l’initiative Covax. A ce jour, 52 671 doses ont été administrées. Le pays compte 54 297 contaminations et 1 246 décès.

Zambie

La Zambie subit de plein fouet la troisième vague de la pandémie, avec 1 300 nouveaux cas par jour. Le pays a reçu deux livraisons d’AstraZeneca et environ 2,8 % de la population a reçu au moins une dose de vaccin. Selon Kennedy Malama, secrétaire permanent en charge des services techniques au ministère de la Santé, les doses de Johnson & Johnson promises seront acheminées vers les provinces rurales, où la demande est forte, « le plus rapidement possible ». Il estime aussi que la Zambie pourrait être frappée par une quatrième vague d’ici à la fin de l’année.

Avec jeune Afrique par Nicholas Norbrook

Joe Biden et Vladmir Poutine arrivent au sommet avec des objectifs divergents

juin 16, 2021

GENÈVE, Suisse — Le président américain ne prendra pas la défense de Moscou face à ses propres agences de renseignement. On ne parlera pas de «remettre à zéro» les relations avec la Russie. Et on doute fortement que quiconque regardera Vladimir Poutine dans les yeux pour lire son âme.

© Fournis par La Presse Canadienne

Mais au-delà de ça, on ne sait pas vraiment ce qui se produira mercredi à Genève quand le président américain Joe Biden rencontrera son homologue russe Vladimir Poutine pour la première fois depuis son élection. Les deux camps admettent que leurs relations vont très mal, et ni un ni l’autre n’entretient de grands espoirs d’entente. Chaque homme arrivera quand même à la table avec ses propres objectifs.

Voici ce que chaque président espère accomplir à Genève.

CE QUE VEUT JOE BIDEN

M. Biden et son entourage ont clairement indiqué qu’ils ne suivront pas l’exemple de ses prédécesseurs en essayant de redéfinir radicalement les liens entre les États-Unis et la Russie. L’objectif de la Maison-Blanche est plus modeste, mais tout aussi important: aller en direction d’une relation plus prévisible et tenter d’endiguer les comportements anarchiques de la Russie.

Le premier voyage outre-mer de M. Biden a été soigneusement orchestré pour qu’il rencontre M. Poutine seulement après avoir rencontré ses alliés européens et les leaders de démocraties puissantes pendant plusieurs jours. Il a notamment participé à un sommet de l’OTAN, l’alliance créée il y a des dizaines d’années pour faire échec à l’agressivité russe. M. Biden espérait projeter une image d’unité et de coopération renouvelée après quatre années tumultueuses sous Donald Trump, qui essayait souvent d’amadouer le président russe. 

M. Biden incitera M. Poutine à cesser d’interférer avec les élections démocratiques, à améliorer ses relations avec l’Ukraine et à ne plus protéger les pirates qui lancent des attaques informatiques ou au rançongiciel. Ses proches croient aussi qu’un allègement des tensions entre Washington et Moscou permettrait aux États-Unis de resserrer leurs liens avec les démocraties qui existent dans l’ombre du Kremlin.

Le conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan a dit que M. Biden cherchera des «secteurs où, dans notre intérêt commun, nous pouvons travailler ensemble».

M. Sullivan a ajouté que le message de M. Biden sera plus fort que doux: «Comment envoyons-nous un message clair concernant ces activités nuisibles que nous ne tolérerons pas et auxquelles nous répliquerons?»

Il y a eu de brefs éclairs d’accord. Moscou et Washington ont témoigné d’un intérêt à relancer les discussions sur la stabilité stratégique pour élaborer un successeur à New START, le dernier traité de contrôle des armements entre les deux pays qui a été prolongé de cinq ans en janvier.

M. Biden fera aussi pression sur M. Poutine dans le dossier des droits de la personne, spécialement au sujet de l’empoisonnement et de l’incarcération de l’opposant Alexeï Navalny.

Le président américain sait toutefois qu’il ne sera peut-être pas en mesure de contrôler son rival.

«Rien ne garantit qu’on peut changer le comportement d’un individu ou de son pays. Les autocrates disposent d’énormément de pouvoir et ils ne rendent pas de comptes au public, a dit M. Biden lors d’une conférence de presse en fin de semaine. Et ça se pourrait très bien que si je lui réponds du tac au tac, ce que je ferai, que ça ne le découragera pas et qu’il voudra poursuivre.»

M. Biden ne mâche pas ses mots au sujet de M. Poutine. Il a déclaré lors d’une entrevue plus tôt cette année qu’il est d’accord avec ceux qui le traitent de «tueur» et il a déjà dit que M. Poutine n’a pas d’âme.

CE QUE VEUT VLADIMIR POUTINE

M. Poutine non plus ne s’attendra pas à un réchauffement des relations. Son principal objectif sera d’en arriver à un statu quo tendu pour protéger les intérêts de Moscou.

Le leader russe n’anticipe pas de nouvelle détente pour réparer les dégâts causés par l’annexion de la péninsule criméenne de l’Ukraine en 2014. Il n’anticipe pas non plus un allègement des lourdes sanctions américaines et européennes qui restreignent l’accès de Moscou aux marchés financiers mondiaux et aux technologies occidentales de pointe.

La mission de M. Poutine est modeste: énumérer les principales préoccupations de sécurité de Moscou et rétablir une communication de base pour empêcher une déstabilisation encore plus dangereuse.

La plus grosse ligne rouge du Kremlin est le désir de l’Ukraine de rejoindre les rangs de l’OTAN. Craignant une éventuelle adhésion, M. Poutine a profité de la chute en 2014 du gouvernement prorusse de l’Ukraine pour annexer la Crimée et appuyer une insurrection dans l’est du pays, où le conflit qui dure depuis sept ans a fait quelque 15 000 morts.

Quand la tension a grimpé dans l’est de l’Ukraine plus tôt cette année, la Russie a massé des hommes près de l’Ukraine et prévenu qu’elle répondrait par la force si Kiev tentait de récupérer les régions contrôlées par les rebelles.

Dans une entrevue accordée à la télévision officielle la semaine dernière, M. Poutine a affirmé que le désir de l’Ukraine de joindre l’OTAN représente une menace existentielle pour la Russie, puisque cela permettrait aux missiles de l’alliance de frapper Moscou et d’autres cibles en seulement sept minutes. Il a comparé cela au déploiement de missiles russes au Canada ou au Mexique, près de la frontière avec les États-Unis.

S’il adopte la ligne dure sur l’Ukraine, le leader russe pourrait se montrer plus flexible ailleurs.

Même si Moscou a dénoncé la campagne militaire américaine en Afghanistan, M. Poutine est intéressé à une solution qui empêchera le pays de plonger dans l’anarchie après le départ des soldats américains plus tard cette année, puisque l’instabilité pourrait ensuite se propager à l’Asie centrale anciennement soviétique.

La Russie participe aussi à de pénibles discussions internationales pour réparer l’accord sur le nucléaire iranien déchiré par M. Trump. Elle a également témoigné de son intérêt à collaborer avec les États-Unis pour relancer le processus de paix aux Moyen-Orient.

Le Kremlin pourrait être intéressé par un accord concernant la Syrie, où l’appui militaire russe a permis au gouvernement de Bachar el-Assad de reprendre le contrôle de la quasi-totalité de son pays après une guerre civile catastrophique.

Dans le domaine du contrôle des armements, Moscou serait prête à mettre certaines de ses armes les plus puissantes sur la table, en autant que Washington fasse de même avec ses systèmes de défense antimissile et d’éventuelles armes spatiales.

M. Poutine a aussi réitéré l’intérêt de la Russie à combattre les changements climatiques et la pandémie de coronavirus.

Il a appelé à l’ouverture d’un dialogue sur la cybercriminalité. Sa proposition d’un échange de cybercriminels entre la Russie et les États-Unis a toutefois été accueillie froidement à Washington.

Avec Jonathan Lemire et Vladimir Isachenkov, The Associated Press

USA-Russie: Premier sommet Biden/Poutine le 16 juin à Genève

mai 25, 2021

Le président américain Joe Biden rencontrera son homologue russe Vladimir Poutine le 16 juin à Genève, en Suisse, dans une période de très vives tensions – sur de multiples fronts – entre Washington et Moscou.

Combinaison de photos du président américain Joe Biden (g) le 17 mars 2021 à la Maison Blanche à Washington, et du président russe Vladimir Poutine (d), le 5 mars 2020 au Kremlin à Moscou

© Eric BARADAT Combinaison de photos du président américain Joe Biden (g) le 17 mars 2021 à la Maison Blanche à Washington, et du président russe Vladimir Poutine (d), le 5 mars 2020 au Kremlin à Moscou

Ce premier tête-à-tête entre les deux hommes depuis l’arrivée de Joe Biden au pouvoir aura lieu dans la foulée des réunions des dirigeants du G7 et de l’Otan, au Royaume-Uni et en Belgique, qui feront la part belle à l’affichage d’un front commun anti-Moscou.

Le président américain Joe Biden lors d'un discours depuis la Maison Blanche le 10 février 2020

© SAUL LOEB Le président américain Joe Biden lors d’un discours depuis la Maison Blanche le 10 février 2020

Le Kremlin a confirmé la tenue du tête-à-tête en mettant en avant les discussions sur la lutte contre la pandémie de coronavirus et « le règlement des conflits régionaux ».

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à droite) et le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken tiennent une conférence de presse conjointe à Jérusalem le 25 mai 2021, quelques jours après une trêve négociée par l’Egypte qui a mis fin aux combats entre l’armée israélienne et le Hamas à Gaza

© Menahem KAHANA Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à droite) et le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken tiennent une conférence de presse conjointe à Jérusalem le 25 mai 2021, quelques jours après une trêve négociée par l’Egypte qui a mis fin aux combats entre l’armée israélienne et le Hamas à Gaza

Du côté de la Maison Blanche, on souligne qu’aucune percée de taille n’est attendue et que l’objectif est avant tout des rendre les relations entre les deux pays plus « stables et prévisibles ».

Joe Biden affiche, depuis son arrivée au pouvoir le 20 janvier, une grande fermeté à l’égard de la Russie, désireux de marquer la rupture avec son prédécesseur Donald Trump, accusé de complaisance à l’égard du maître du Kremlin.

Mais le président démocrate martèle aussi sa volonté de dialogue. S’il promet de punir à nouveau la Russie « si elle continue d’interférer dans notre démocratie », il assure ne pas vouloir « déclencher un cycle d’escalade et de conflit ».

L’annonce de ce sommet intervient le jour même où l’opposant russe emprisonné Alexeï Navalny a dit être visé par trois enquêtes criminelles, la pression s’accentuant depuis plusieurs semaines contre son mouvement et ses partisans.

De source américaine, on insiste sur le fait qu’une rencontre avec Vladimir Poutine n’est en aucun cas une récompense pour ce dernier mais la façon la plus efficace de gérer les relations entre les deux pays, qui sont difficiles et devraient le rester.

A l’occasion de cette rencontre, Joe Biden entend en particulier évoquer le régime d’Alexandre Loukachenko au Belarus, dont Moscou est le principal soutien.

Le pays est de plus en plus isolé avec l’entrée en vigueur de restrictions contre son espace aérien, en représailles contre Minsk, accusé d’avoir détourné un avion de ligne européen pour arrêter un opposant à bord.

Au pouvoir depuis 1994, le régime d’Alexandre Loukachenko est déjà ciblé par de multiples sanctions occidentales pour avoir durement réprimé un mouvement de contestation inédit qui a vu des dizaines de milliers de personnes défiler dans les rues en 2020 suite à la présidentielle d’août, jugée « truquée » par les Européens.Portrait du président du Bélarus Alexandre Loukachenko© Vincent LEFAI Portrait du président du Bélarus Alexandre Loukachenko

Toujours de source américaine, on précise que la question du contrôle des armes nucléaires figurera en bonne place dans les discussions. Début février, les Etats-Unis et la Russie ont prolongé le traité de désarmement New Start pour cinq ans. 

L’Ukraine, les programmes nucléaire de l’Iran et de la Corée du Nord, l’Arctique, le changement climatique ou encore la Syrie feront également partie des discussions lors de ce sommet.

La semaine dernière, les ministres américain et russe des Affaires étrangères, Antony Blinken et Sergueï Lavrov ont affiché en Islande leur volonté d’apaisement. Côté américain, on a évoqué une discussion « productive », « constructive », « respectueuse » et « honnête ».

Fait notable: devant la presse, l’échange est resté courtois — bien loin du grand déballage qui avait opposé Antony Blinken à son homologue chinois pour leur première rencontre en mars en Alaska.

Le président suisse Guy Parmelin s’est dit « très heureux » que la Suisse accueille ce sommet. « Je forme le voeu que les discussions soient fructueuses pour les deux pays et la communauté internationale », a-t-il tweeté.

La ville de Genève avait accueilli, en 1985, un sommet entre le président américain Ronald Reagan et le dirigeant soviétique Mikhail Gorbachev.

Avec Reuters par jca/cjc

Rama Yade : « Joe Biden est entouré d’Africains ! »

mai 2, 2021
Rama Yade est directrice de l’Africa Center Atlantic Council.

Le mort de George Floyd, les réunions non mixtes, la politique africaine des États-Unis… Entretien avec l’ancienne secrétaire d’État devenue la directrice Afrique de l’Atlantic Council.

Jeune Afrique : Aux États-Unis, le policier américain Derek Chauvin a été reconnu coupable du meurtre de George Floyd. Y aura-t-il un avant et un après ?

Rama Yade : Ce procès a fait la une de tous les médias. La NAACP [Association nationale pour la promotion des gens de couleur] s’est mobilisée, le Black Caucus aussi. Dans les rues de Washington où je vis, les maisons continuent d’arborer des affiches « Black Lives Matter ». La mort de Georges Floyd a touché le nerf de l’identité américaine. Plus rien ne sera comme avant.

En France en revanche, un tel procès n’aurait pas été envisageable. On croit encore à cette fiction d’une société color-blind, alors que les discriminations au logement et à l’emploi sont nombreuses et que peu de choses ont changé depuis que j’ai démarré en politique, il y a quatorze ans.

Comprenez-vous qu’en France, certains veuillent organiser des réunions non mixtes pour discuter de ces sujets ?

Je comprends ce besoin, je connais le confort chaleureux de la communauté. Être entre soi, partager les mêmes expériences, ne plus être une minorité pour une fois, ne pas prendre le risque de subir le regard d’autrui qui n’est pas toujours bienveillant, qui est même parfois raciste, cela fait un bien fou !

Pour autant, j’aime trop l’humanité pour m’enfermer dans une case. Il faut encourager l’échange et la découverte de l’autre. Toutefois, plutôt que de vilipender ceux qui sont tentés par ces réunions non mixtes, essayons de comprendre et de mener enfin une action efficace contre les discriminations et le racisme. Ces réunions disparaîtront alors comme elles sont arrivées !

SOUVENEZ-VOUS DE L’ÉPOQUE OÙ L’ÉCRIVAIN JAMES BALDWIN VENAIT SE RÉFUGIER À PARIS

Certains problèmes ne découlent-ils pas de la cancel culture, cette culture de la dénonciation très en vogue aux États-Unis ?

La France n’a pas attendu l’Amérique pour avoir des problèmes avec une partie de ses enfants. C’est l’affaiblissement de l’idéal républicain qui est à l’origine de cette décomposition. Mais ce n’est pas une fatalité. Souvenez-vous de l’époque où l’écrivain James Baldwin et d’autres Africains-Américains venaient se réfugier à Paris pour fuir les discriminations dans leur pays !

L’AFRIQUE, C’EST LA CHINE DE DEMAIN

Que pensez-vous de la manière dont le président Emmanuel Macron conçoit la relation Afrique-France ?

On verra bien. Certes, toute l’Afrique n’est pas sortie du « pré carré », mais il y a un mouvement de fond, une dynamique qui entraîne le continent vers son singulier destin d’autonomie. Il sort des marges où certains ont voulu le confiner pour regagner sa place, au centre de tout. Dans vingt ans, un terrien sur quatre sera africain. L’Afrique, c’est la Chine de demain. Elle construit la plus grande zone de libre-échange au monde. On lui parle de l’eco, mais elle veut sauter cette étape des monnaies physiques pour passer directement à la crypto-monnaie grâce à l’incroyable essor de son économie digitale.

Et quid de la politique africaine des États-Unis?

Il y a un changement de ton très appréciable, comme on a pu le noter dans le message que le président Biden a adressé aux chefs d’État qui participaient au dernier sommet de l’Union africaine. Je suis par ailleurs frappée par le nombre d’Africains dans son cabinet : pas seulement des Africains-Américains comme Linda Thomas-Greenfield [ambassadrice à l’ONU] ou Lloyd Austin [secrétaire à la Défense]. Je parle de ces fils et filles de Nigérians qui ont été nommés, comme Wally Adeyemo au Trésor. Biden avait même un programme à destination des Africains d’Amérique. Cette Amérique-là est incroyable !

Maintenant, il va falloir passer de l’America First de Trump, pour lequel 75 millions d’Américains ont voté, à l’America is Back – sous-entendu « dans le monde ». Cela ne sera pas facile et l’Afrique elle-même ne se laissera pas aisément approcher. Les Africains ont changé, les économies du continent se sont révélées plus résilientes que les autres… C’est intéressant. Ce qui est sûr, c’est qu’il faut associer le quart de l’humanité à la recherche des solutions face aux défis globaux. Et que si l’Afrique va mieux, le monde ira mieux.

Avec Jeuen Afrique par Clarisse Juompan-Yakam

Biden reconnaît le génocide arménien, la Turquie convoque l’ambassadeur américain

avril 24, 2021
Biden reconnait le genocide armenien, la Turquie convoque l'ambassadeur americain
Biden reconnaît le génocide arménien, la Turquie convoque l’ambassadeur américain© AFP/Archives/Andrew CABALLERO

Joe Biden a reconnu samedi le génocide arménien, devenant le premier président des Etats-Unis à qualifier ainsi la mort d’un million et demi d’Arméniens massacrés par l’Empire ottoman en 1915, suscitant la colère de la Turquie.

Son homologue turc Recep Tayyip Erdogan a immédiatement réagi en dénonçant « la politisation par des tiers » de ce débat, dans un message adressé au patriarche arménien à Istanbul.

Le ministre turc des Affaires étrangères a convoqué samedi l’ambassadeur américain pour protester, a rapporté l’agence de presse d’Etat Anadolu.

La Turquie n’a « de leçons à recevoir de personne sur son histoire », avait-il auparavant déclaré.

Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a de son côté salué une « mesure très forte envers la justice et la vérité historique » dans un message sur Facebook.

Le génocide arménien est reconnu par plus de vingt pays et par de nombreux historiens mais il est vigoureusement contesté par la Turquie.

« Les Américains honorent tous les Arméniens ayant péri dans le génocide qui a commencé il y a 106 ans aujourd’hui », a écrit Joe Biden dans un communiqué.

« Nous affirmons l’histoire. Nous ne faisons pas cela pour accabler quiconque mais pour nous assurer que ce qui s’est passé ne se répètera jamais », a-t-il ajouté.

Le président démocrate, qui avait promis pendant sa campagne électorale de prendre l’initiative sur ce dossier, a informé vendredi de sa décision son homologue turc dans une conversation téléphonique.

Les deux dirigeants sont convenus de se rencontrer en juin en marge du sommet de l’Otan à Bruxelles.

Au téléphone avec le chef de l’Etat turc, le locataire de la Maison Blanche a exprimé sa volonté de bâtir une « relation bilatérale constructive », selon le bref compte-rendu américain qui évoque la nécessité d’une « gestion efficace des désaccords ».

« Honorer les victimes »

Il s’agit d' »honorer les victimes, pas d’accabler qui que ce soit », a insisté une responsable américaine, sous couvert de l’anonymat. « Nous continuons de considérer la Turquie comme un allié crucial au sein de l’Otan », a-t-elle ajouté.

Sans citer explicitement les Etats-Unis, le président turc avait dès jeudi adressé une mise en garde à peine voilée à Washington.

Au cours d’une réunion avec des conseillers, il a prévenu qu’il continuerait à « défendre la vérité contre ceux qui soutiennent le mensonge du soi-disant +génocide arménien+ (…) à des fins politiques ».

Malgré des années de pressions de la communauté arménienne aux Etats-Unis, aucun président américain ne s’était jusqu’ici risqué à fâcher Ankara.

Le Congrès américain a reconnu le génocide arménien en décembre 2019 à l’occasion d’un vote symbolique, mais Donald Trump, qui entretenait d’assez bonnes relations avec Recep Tayyip Erdogan, avait refusé d’utiliser ce mot, parlant seulement d' »une des pires atrocités de masse du XXe siècle ».

Les Arméniens estiment qu’un million et demi des leurs ont été tués de manière systématique pendant la Première Guerre mondiale par les troupes de l’Empire ottoman, alors allié à l’Allemagne et à l’Autriche-Hongrie. Ils commémorent ce génocide chaque année le 24 avril.

La Turquie, issue du démantèlement de l’empire en 1920, reconnaît des massacres mais récuse le terme de génocide, évoquant une guerre civile en Anatolie, doublée d’une famine, dans laquelle 300.000 à 500.000 Arméniens et autant de Turcs ont trouvé la mort.

« La Turquie ne va jamais reconnaître le génocide. Cela n’arrivera jamais », a confié à l’AFP Aram Bowen, 33 ans, au cours d’un rassemblement de plusieurs centaines de membres de la communauté arménienne à New York.

L’annonce de Joe Biden est « ce qui se rapproche le plus d’une reconnaissance mondiale », a-t-il poursuivi.

Aussi présent au rassemblement new-yorkais, Samuel Armen, 32 ans, qui est né en Arménie, a de son côté jugé que ce geste était « étape positive », mais pas encore « suffisante ».

« Cela fait des années qu’on attend cela, on voulait cela avant Biden. On a eu beaucoup de promesses avec Trump et avant, on a attendu », a quant à elle dit à l’AFP Taline Nourian, croisée à Erevan.

« Je pense que la Turquie aura peur maintenant car tous les pays vont commencer à reconnaître (le génocide) cette année ou celle d’après, tout le monde va en parler », a affirmé cette Arménienne de 41 ans.

Moins optimiste, Gregory, interrogé par l’AFP dans les rues de Jérusalem pense que cette décision « ne va rien changer ».

« L’Arménie est un peu petit pays, nous ne sommes pas grands et puissants comme la Turquie. Nous n’avons pas beaucoup à offrir en terme de géopolitique et de commerce », poursuit l’homme dans la soixantaine en face du couvent arménien St-Jacques.

L’annonce de M. Biden n’aura pas de portée légale, mais elle ne peut qu’aggraver les tensions avec une Turquie que le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a qualifiée de « soi-disant partenaire stratégique » qui « par de nombreux aspects ne se comporte pas comme un allié ».

Le président démocrate assure vouloir mettre la défense des droits humains au cœur de sa politique étrangère. Son gouvernement a confirmé l’accusation de « génocide » portée dans les derniers jours de la présidence de Donald Trump contre la Chine pour la répression des musulmans ouïghours.

Par Le Point avec AFP

Tuerie d’Atlanta : « la haine n’a pas sa place aux États-Unis », dit Biden

mars 19, 2021

Les violences à l’endroit des communautés asiatiques aux États-Unis « doivent cesser », a martelé vendredi le président américain Joe Biden depuis la Georgie, quelques jours après qu’un tireur eut assassiné huit personnes dans des salons de massage de la région d’Atlanta.

Le président américain Joe Biden et la vice-présidente Kamala Harris ont vivement condamné les violences à l'endroit des communautés asiatiques.

© Patrick Semansky/Associated Press Le président américain Joe Biden et la vice-présidente Kamala Harris ont vivement condamné les violences à l’endroit des communautés asiatiques.

«La haine n’a pas sa place aux États-Unis», a déclaré le président Biden au terme d’un entretien auquel participaient la mairesse d’Atlanta, Keisha Lance Bottoms, des représentants de l’État et des activistes.

Entendre certains d’entre eux raconter leur histoire – la représentante Bee Nguyen, par exemple, a confié avoir été la cible de menaces de mort – et partager la peur qui les habite était «crève-cœur», a dit M. Biden.

Aux yeux du président, il revient à tous les Américains de faire leur part afin de dénoncer cette violence. «Notre silence est complice; nous ne pouvons être complices», a-t-il insisté.

«Nous voulons que les Américains d’origine asiatique de la Georgie et de partout au pays sachent que nous ne nous tairons pas, que nous ne resterons pas les bras croisés», a renchéri à ses côtés la vice-présidente, Kamala Harris.

S’ils devaient se rendre en Georgie afin d’y promouvoir leur stratégie de relance économique et de vaccination, Joe Biden et Kamala Harris ont changé leurs plans afin d’aller «offrir leur soutien» aux familles des victimes des fusillades.

Un homme de 21 ans a été accusé des meurtres de huit personnes, dont six étaient des femmes asiatiques.

Bien que les enquêteurs n’aient pas encore établi s’il s’agissait d’un crime haineux, des membres de la classe politique et des avocats des droits de la personne ont fait valoir que les meurtres devaient être motivés, au moins en partie, par la montée des actes racistes à l’endroit des Asiatiques depuis le début de la pandémie.

Selon la police, le suspect, un homme blanc qui habite en banlieue d’Atlanta, a nié tout mobile raciste, déclarant que son «obsession sexuelle» l’aurait mené à commettre cette tuerie.

Si on ignore pour l’heure le motif du tireur, a commenté le président Biden, il est néanmoins de notoriété publique que le pays doit composer avec une «crise de violences sexistes et anti-Asiatiques».

«Trop d’Américains d’origine asiatique […] ont été attaqués, blâmés, désignés comme boucs émissaires, harcelés. Ils ont été insultés, agressés, tués», a-t-il poursuivi.

Kamala Harris, dont la mère est originaire d’Asie du Sud, a pour sa part souligné que «le racisme [était] bien réel aux États-Unis et l’a toujours été», au même titre que «la xénophobie» et «le sexisme».

Des organisations ont constaté une inquiétante augmentation des actes racistes au pays : près de 3800 incidents ont été rapportés depuis mars 2020 à Stop AAPI Hate, un groupe de surveillance des droits des Américains d’origine asiatique basé en Californie.

Dans la foulée des fusillades, le président Biden a appelé le Congrès à adopter sans plus tarder le projet de loi pour lutter contre les crimes haineux liés à la COVID-19, qui permettrait notamment d’augmenter les ressources en prévention et la capacité d’intervention des autorités.

Il a ajouté qu’il entendait demander au département de la Justice de se pencher sur ce phénomène.

Vendredi, la présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi, a dénoncé les actes de violence contre les communautés asiatiques, qui ont, selon elle, été exacerbés par les commentaires méprisants et racistes de l’administration Trump.

Le prédécesseur de M. Biden avait employé à maintes reprises des expressions dégradantes associant les Asiatiques et le nouveau coronavirus, le SARS-CoV-2, qui a été découvert dans la ville de Wuhan, en Chine, en 2019.

Avec  CBC/Radio-Canada