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Afrique du Sud: Mpho Phalatse, première femme noire à la tête de Johannesburg

décembre 15, 2021

Mpho Phalatse a été médecin urgentiste avant de faire de la politique. © Mpho Phalatse © Democratic Alliance/Creative Commons

C’est à la surprise générale que cette femme de 44 ans, encartée à l’Alliance démocratique, a été élue maire de Johannesburg, fin novembre. Un poste difficile, dont elle compte bien tirer profit pour gravir les échelons du pouvoir.

La politique vous joue parfois de drôles de tours. « On a été surpris, comme tout le monde », admet Mpho Phalatse lors d’une interview télévisée diffusée au lendemain de sa victoire. La veille, tard dans la soirée du 22 novembre, alors qu’aucune coalition ne parvient à se former pour gouverner Johannesburg, les partis s’accordent au moins sur une chose : tout sauf le candidat du Congrès national africain (ANC). Et sans avoir à quémander le moindre soutien, Mpho Phalatse est élue grâce aux votes d’ActionSA et du Parti des combattants pour la liberté économique (EFF). Ce dernier, classé à l’extrême gauche, n’a pourtant aucun atome crochu avec l’Alliance démocratique (DA) qu’elle représente. Mais la fronde anti ANC a pris le pas sur les querelles idéologiques. Ce ralliement inespéré fait le bonheur de Mpho Phalatse, pourtant peu connue.À LIREAfrique du Sud : cinglant désaveu pour l’ANC

« Ce n’est pas une débutante, recadre Mike Moriarty, son directeur de campagne. Elle a un pedigree très solide. » Mpho Phalatse rejoint la DA en 2016 et est élue la même année. Le parti dame le pion à l’ANC dans plusieurs métropoles lors des élections locales et s’empare de Johannesburg, la capitale économique d’Afrique du Sud. Mpho Phalatse devient conseillère municipale exécutive pour la santé et le développement social. Une ascension rapide pour celle qui s’est installée à Johannesburg cinq ans auparavant.

Car Mpho Phalaste est d’abord une fille de Pretoria et de sa campagne environnante. Cette bonne élève a vécu avec sa grand-mère dans le village rural d’Hebron (province du Nord-Ouest) avant de rejoindre ses parents dans un township, puis dans une banlieue, suivant l’ascension sociale de ces derniers. Un milieu familial ouvert qui a influencé la carrière de la nouvelle édile.

Blessures par balles et coups de couteau

Lors d’une interview sur la chaîne eNCA, elle raconte son passé de médecin urgentiste dans une clinique du township d’Alexandra, au nord de Johannesburg. « C’était déprimant d’être [là] et d’entendre les histoires des patients », se remémore-t-elle. Elle est bouleversée par les blessures par balles et les coups de couteau portés aux victimes dépouillées de leur téléphone. De cette détresse naît son engagement politique. « J’ai toujours eu envie de servir l’humanité », affirme la nouvelle maire de Johannesburg dans un média local.

Un discours de campagne qui a déjà du plomb dans l’aile. À peine élue, elle doit gérer la colère des habitants de Diepkloof, à Soweto. Le quartier est plongé dans le noir depuis plusieurs semaines. Vols de câbles, détournement d’électricité et impayés nuisent au réseau dans le township. Eskom, l’entreprise publique, refuse de rétablir le courant tant que les amendes infligées ne sont pas réglées. Plutôt que de prendre le parti de ses administrés, Mpho Phalatse défend la très impopulaire Eskom et demande aux habitants de s’acquitter de leur dette. « Ce n’est pas une question humanitaire, c’est une question de viabilité », répond Mpho Phalatse à une journaliste.

JE SUIS UNE AMIE D’ISRAËL, ET LA VILLE DE JOHANNESBURG EST UNE AMIE D’ISRAËL

« Elle parle comme si elle était la porte-parole d’Eskom et non au service du public », dénonce Funzani Mutsila, économiste et ancienne figure du mouvement pour l’abolition des frais de scolarité (#FeesMustFall) qui a secoué Johannesburg en 2015. « Sa façon de parler et ses principes sont très anti-pauvres », poursuit-elle. Une accusation également reprise par l’ANC à l’encontre de la DA, dépeint comme un parti bourgeois et blanc.

Funzani Mutsila lui reproche également de soutenir Israël. En 2018, celle qui est alors simple conseillère municipale, déclare lors d’une réunion publique : « Je suis une amie d’Israël, et la ville de Johannesburg est une amie d’Israël. » Cette prise de position, dans un pays qui soutient la cause palestinienne, lui vaut d’être suspendue temporairement par le maire de l’époque, Herman Mashaba. Trois ans plus tard, les mots de Mpho Phalatse sont des cartouches pour des militants ANC en quête de revanche.

Le 2 décembre dernier, lors de son discours inaugural, les conseillers municipaux de l’ANC débarquent coiffés de keffiehs et lui intiment de retirer ses propos tenus en 2018. « Assez d’une maire pro-apartheid », « Libérez la Palestine », proclament les pancartes. Mpho Phalatse ne se démonte pas. Sur Twitter par exemple, elle n’hésite pas à encourager Lalela Mswane, la Miss Afrique du Sud 2021. Contre l’avis du gouvernement sud-africain, la reine de beauté s’est rendue en Israël pour le concours de Miss Univers organisé, le 12 décembre. Habillée d’un costume en plumes blanches, gracieuse comme un cygne, la candidate est qualifiée « d’ange » et « d’ambassadeur de la paix » par Mpho Phalatse.

Coalition fragile

Madame le maire devra avoir le cuir épais pour diriger Joburg. Dix-huit partis sont représentés au conseil municipal, contre onze lors de la précédente mandature. Le conseil municipal exécutif, annoncé le 13 décembre, est le fruit d’une coalition à dix partis. « Dans cet environnement où aucun parti n’a de majorité, vous luttez pour obtenir une configuration où vos partenaires vous garantissent de la stabilité pour cinq ans », admet Mike Moriarty, son directeur de campagne.

« Le mot “fragile” est faible pour qualifier ce type de coalition. Vous avez besoin d’un mandat solide pour obtenir des résultats », analyse le politologue Ralph Mathekga. Les chantiers ne manquent pas dans une ville qui est « dans un mauvais état », selon lui. « Le crime est élevé, les gens se font braquer en ville, des immeubles sont détournés [par des mafias qui perçoivent les loyers]. Certains quartiers ont été abandonnés, si vous prenez le secteur d’Hillbrow, c’est juste horrible », poursuit-il. La criminalité représente le principal problème de Johannesburg, selon 33 % des personnes interrogées pour une étude sur la qualité de vie (2017/2018).

RESTAURER L’ORDRE EST L’UNE DE SES PRIORITÉS BIEN QU’EN LA MATIÈRE, LES COMPÉTENCES D’UNE MUNICIPALITÉ SOIENT LIMITÉES

Restaurer l’ordre est l’une des priorités de Mpho Phalatse bien qu’en la matière, les compétences d’une municipalité soient limitées. Elle a tenté d’envoyer un signal en nommant David Tembe au poste de conseiller chargé de la sécurité. « J’ai confiance en sa capacité à renforcer la lutte contre la criminalité, David Tembe est l’ancien chef de la police de Johannesburg, c’est une homme d’expérience et d’expertise » réagit Yusuf Abramjee, militant anti-criminalité.

Appétit de loup

Faire de Johannesburg une vitrine de son succès et un marche-pied pour ses ambitions. Voilà le programme de Mpho Phalatse. « Jozi, are you ready ? » [Johannesburg, es-tu prête ?] titre le magazine people You dans son édition du 9 décembre. La toujours élégante Mpho Phalatse, habillée d’une chemise blanche brodée, les cheveux tirés en arrière dans un chignon, sourit chaleureusement au lecteur. Sur deux pages, elle se dévoile, évoque son statut de mère célibataire, ses trois enfants, et ses parents revenus vivre avec elle pour surmonter la maladie de son père atteint d’un cancer.

Elle glisse aussi cette petite phrase : « Mon but est de devenir le ministre de la Santé. » Mpho Phalatse prend goût à la politique et affiche un appétit de loup. Un ancien collègue au conseil municipal lui promet un bel avenir. « J’ose dire qu’elle dirigera l’Alliance démocratique d’ici les cinq prochaines années », anticipe cet ami qui préfère rester anonyme. « Des gens m’appellent Madame la maire, Doc, Docteur, ma sœur Mpho, Maman, Maire docteur, tout me va », confie Mpho Phalatse dans You. « Madame la présidente » ne la dérangerait pas non plus.

Avec Jeune Afrique par Romain Chanson- à Johannesbourg

Violences en Afrique du Sud : le président dénonce une tentative de déstabiliser l’État

juillet 17, 2021
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa visite une zone de Durban durement touchée par les troubles, en Afrique du Sud, le vendredi 16 juillet 2021.

Armés de pelles et de balais, des Sud-Africains continuaient inlassablement à nettoyer samedi les dégâts après plusieurs jours de pillages et d’émeutes, que le président Ramaphosa a qualifiés de tentative orchestrée de semer le chaos et déstabiliser le pays.

À côté d’un mur tagué « Libérez Zuma » et « J’emmerde la démocratie », des riverains débarrassaient des monticules de gravats près d’un centre commercial de Durban. Les premiers incidents, pneus brûlés et routes bloquées, ont éclaté la semaine dernière au lendemain de l’incarcération de l’ex-président Jacob Zuma condamné pour outrage à la justice, dans son bastion du Kwazulu-Natal (KZN, Est).

Puis les entrepôts, usines et centres commerciaux ont été méthodiquement pris d’assaut par des pillards et les violences se sont étendues à la plus grande ville du pays Johannesburg, sur fond de chômage endémique et de nouvelles restrictions anti-Covid, jusqu’à provoquer l’intervention de l’armée.

212 morts

Au total, 212 personnes ont trouvé la mort, dont 180 dans le KZN. Et les forces de sécurité ont procédé à plus de 2 500 arrestations.

SOUS PRÉTEXTE D’UN GRIEF POLITIQUE, LES AUTEURS DE CES ACTES ONT CHERCHÉ À PROVOQUER UNE INSURRECTION POPULAIRE », A ACCUSÉ CYRIL RAMAPHOSA

Mais après une semaine d’incidents, un calme précaire semble régner. Aucun incident n’est signalé dans la capitale économique. Et même en pays zoulou, où des poches de violences résistaient, alimentées aussi par des tensions raciales entre Sud-Africains noirs et d’origine indienne, une accalmie semble se profiler.

« Sous prétexte d’un grief politique, les auteurs de ces actes ont cherché à provoquer une insurrection populaire », a accusé vendredi soir Cyril Ramaphosa, s’adressant aux Sud-Africains.

« Défaillance » des services de sécurité

Plusieurs responsables au gouvernement ont déjà ouvertement affirmé que les violences des derniers jours ont été téléguidées par des partisans de Jacob Zuma. La police enquête sur 12 personnes soupçonnées d’être les cerveaux de l’opération, l’une d’entre elle a déjà été arrêtée.

La police surveille des pilleurs arrêtés dans un centre commercial du canton d’Alexandra, à Johannesburg, en Afrique du Sud, le 12 juillet 2021.

Les autorités craignent par ailleurs un regain des cas de Covid causés par les mouvements de foule lors des pillages, alors que le pays est en proie à une troisième vague meurtrière de la pandémie.

« Nous trouverons ceux qui sont à l’origine de cette violence. Ils seront tenus responsables de leurs actes. Nous ne permettrons à personne de déstabiliser notre pays et de s’en tirer à bon compte », a promis le président.

Les autorités ont été largement critiquées pour avoir tardé à réagir et ne pas avoir empêché les violences. Les experts en sécurité ont unanimement pointé une « défaillance » des services de renseignement et de la police. Cyril Ramaphosa a reconnu que le gouvernement était « mal préparé » à des violences de cette ampleur.

Quelque 10 000 soldats ont été déployés sur le terrain, pour épauler une police en sous-nombre et dont la réputation d’inefficacité et de corruption n’est plus à faire. Ce chiffre pourrait grimper jusqu’à 25 000 dans les prochains jours.

« Opération Récupération »

Le chef d’état-major des armées, le général Rudzani Maphwanya, a promis d’arrêter « voyous et escrocs ». Déjà, la traque contre les pillards a commencé. La nuit dernière, la police a mené un raid baptisé « opération récupération » à Alexandra, un des townships les plus miséreux du pays, dans le nord de Johannesburg.

Tout ce qui semblait neuf et n’était pas accompagné d’une preuve d’achat a été confisqué et chargé à l’arrière d’une camionnette, repartie avec un fatras de fauteuils, vélos pour enfant, frigidaires.

LES RÉCENTS ÉVÉNEMENTS « AGGRAVERONT LA PAUVRETÉ ET ENGENDRERONT DES DIFFICULTÉS ENCORE PLUS GRANDES POUR DES MILLIONS DE SUD-AFRICAINS », SELON CYRIL RAMAPHOSA

Ces derniers jours, les effets des dévastations des centres commerciaux se sont fait sentir. Dans certains quartiers de Durban, des distributions de nourriture ont été organisées. « Nous avons envoyé de la nourriture à des hôpitaux », a dit Imitiaz Sooliman, de l’association Gift of the Givers. « Ils nous ont appelés en disant que les patients n’ont pas pu manger ».

Des transports perturbés ont provoqué des difficultés d’approvisionnement notamment dans le KZN. L’autoroute reliant Johannesburg et Durban a toutefois été rouverte samedi, sous étroite surveillance des forces de sécurité.

Au total, des centaines de commerces ont été attaqués en l’espace de quelques jours. Regrettant des « dommages énormes » et de futures « pertes d’emploi », les récents événements « aggraveront la pauvreté et engendreront des difficultés encore plus grandes pour des millions de Sud-Africains », a prédit Cyril Ramaphosa.

Par Jeune Afrique avec AFP

Afrique du Sud: violences sporadiques en pays zoulou et à Johannesburg

juillet 11, 2021

Pneus brûlés, routes coupées, incendies et pillages: des violences sporadiques ont émergé ces derniers jours en Afrique du Sud, d’abord en pays zoulou puis à Johannesburg, suscitant l’inquiétude des pouvoirs publics.

La police a procédé à 62 arrestations depuis vendredi: 37 dans la province du Kwazulu-Natal (KZN, Est) et 25 dans les quartiers pauvres de la capitale économique, selon un communiqué publié dimanche à la mi-journée.

Dans l’Est, des manifestations de mécontentement ont éclaté dans la foulée de l’incarcération jeudi de l’ancien président Jacob Zuma, condamné pour outrage. La route nationale reliant Durban à Johannesburg a été bloquée vendredi par des manifestants, notamment à proximité de la prison d’Escourt où il se trouve, et 23 camions ont été incendiés.

Cette agitation, initialement suscitée par le sort de M. Zuma, intègre le désespoir économique ressenti par une large frange de la population privée d’emploi alors que le pays subit de nouvelles restrictions liées à une troisième vague meurtrière de la pandémie de coronavirus.

«On ne sait pas encore bien la raison des débordements. Ce qu’on sait, c’est que tous les magasins, toutes les voitures ont été pillées», commentait dimanche à l’AFP Sphamandla Ndlazi, à Jeppe, quartier déshérité de Johannesburg.

«Difficile de savoir ce qu’il y a derrière, la raison de tout ça», reconnaissait le jeune homme désemparé en T-shirt et casquette.

Le président Cyril Ramaphosa a réitéré son inquiétude dimanche soir sur ces violences «sporadiques mais de plus en plus violentes», lors d’un discours télévisé consacré à la pandémie.

Par Le Figaro avec AFP

Décès de Winnie Mandela, l’ex-épouse de Nelson Mandela, et « mère de la nation » sud-africaine

avril 2, 2018
Winnie Mandela, l’ex-épouse de Nelson Mandela, Pretoria, 5 novembre 2009 / © AFP/Archives / ALEXANDER JOE

Winnie Mandela, l’ex-épouse du premier président sud-africain noir Nelson Mandela et héroïne de la lutte contre l’apartheid, est décédée lundi à l’âge de 81 ans des suites « d’une longue maladie », suscitant une pluie d’hommages pour une « mère de la nation » au parcours toutefois controversé.

Le couple qu’elle a formé avec Nelson Mandela pendant plus de trente ans personnifiait le combat acharné contre le régime raciste.

Leur photo, main dans la main, à la sortie de prison de Nelson Mandela en 1990 après vingt-sept ans derrière les barreaux, symbolisait aussi leur victoire face à l’apartheid, qui a été officiellement aboli en 1994.

Mais la réputation de celle que le peuple sud-africain appelait affectueusement « Winnie » a été ternie par plusieurs dérapages politiques et des affaires de corruption.

« C’est avec une grande tristesse que nous informons le public que Mme Winnie Madikizela Mandela est décédée à l’hôpital Milpark de Johannesburg lundi 2 avril », a annoncé son porte-parole, Victor Dlamini. « Elle est décédée des suites d’une longue maladie, pour laquelle elle a été hospitalisée à plusieurs reprises depuis le début de l’année. Elle est partie en paix en tout début d’après-midi lundi, entourée de sa famille ».

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa, patron du Congrès national africain (ANC), fer de lance de lutte antiapartheid, a salué à la télévision la mémoire de celle qui incarnait la « voix du défi et de la résistance ».

Le prix Nobel de la paix Desmond Tutu a rendu hommage à un « symbole majeur » du combat contre le régime ségrégationniste. Winnie « a refusé de céder face à l’incarcération de son mari, le harcèlement perpétuel de sa famille par les forces de sécurité (…). Son attitude de défi m’a profondément inspiré, ainsi que des générations de militants », a déclaré l’ex-archevêque anglican.

– Pasionaria –

« Tous les Sud-Africains sont redevables à Mama Winnie », a réagi la Fondation Nelson Mandela. « Elle va nous manquer. »

L’opposition a aussi salué le décès d’une « combattante de la liberté ». « C’est un jour de tristesse », a estimé Mmusi Mainane, le leader de l’Alliance démocratique (DA).

Dans le townhip de Soweto, où Winnie vivait toujours, des dizaines d’habitants se sont pressés lundi devant son domicile. « C’est un grand choc », a témoigné à l’AFP un voisin, But Makganemele. « Tout au long de sa vie, elle a fait partie de l’avant-garde du combat contre l’oppression. »

C’est en 1958 que la flamboyante jeune femme au caractère trempé épouse Nelson Mandela. Mais, très vite, le couple est séparé par les activités politiques du mari, condamné en 1964 à la prison à perpétuité.

Pendant ses 27 années de prison, Winnie résiste aux persécutions incessantes du régime raciste et devient l’égérie de la lutte anti-apartheid. Elle ne plie pas devant les astreintes à domicile, les attaques à la bombe, les détentions.

« Les années de prison m’ont endurcie (…) Il n’y a plus rien qui ne me fasse peur », affirmait-elle dans une interview en 1987.

Les lois imposant la ségrégation entre les Noirs et les Blancs sont finalement abolies en 1991.

En 1994, c’est la consécration pour Nelson Mandela et son épouse. Lui devient le premier président noir d’Afrique du Sud, elle entre dans le gouvernement.

– ‘Mal tourné

Les années de détention ont pourtant porté un coup fatal à leur union. Les frasques de Winnie, son discours violent et les accusations de meurtre portées contre ses gardes du corps l’éloignent de son époux. Le couple se déchire et leur divorce est prononcé en 1996.

Dans son discours le plus controversé, en 1986, Winnie avait appelé à « libérer ce pays avec des allumettes », une référence au supplice du « collier » enflammé autour du cou des « traîtres ».

En 1998, la Commission vérité et réconciliation (TRC) l’avait déclarée « coupable politiquement et moralement des énormes violations des droits de l’Homme » commises par sa garde rapprochée.

« Quelque chose a terriblement mal tourné », avait déploré il y a quelques années à son sujet Desmond Tutu.

A sa mort en 2013, Nelson Mandela, entre-temps remarié avec Graça Machel, ne lui a rien légué. Winnie, très amère, avait saisi la justice, qui l’avait déboutée.

L’une de ses dernières apparitions publiques remonte à la conférence de l’ANC en décembre à Johannesburg, où elle avait été saluée par des applaudissements nourris.

Connue pour ne pas mâcher ses mots, elle avait récemment dénoncé les échecs du gouvernement de l’ANC.

« La réconciliation n’a été qu’une façade », avait-elle asséné. « Je vis à Soweto, un township créé par le régime d’apartheid pour parquer les Noirs. Un quart de siècle après l’abolition de l’apartheid, il n’y a toujours pas un seul Blanc à Soweto (…) Où est le changement ? »

Romandie.com avec(©AFP / 02 avril 2018 19h33)                

Afrique du Sud: au moins 14 morts dans un accident de train

janvier 4, 2018

Johannesburg – Au moins quatorze personnes ont été tuées et 180 blessées jeudi lors d’une collision entre un train et un camion survenue dans le centre de l’Afrique du Sud, selon un bilan provisoire communiqué par un responsable local.

« Le bilan est désormais de 14 morts », a déclaré à l’AFP un porte-parole du ministère provincial de la Santé, Mondli Mvambi, prévenant que le nombre de victimes pourrait encore augmenter.

Selon des témoins, le train a déraillé et a pris feu après avoir percuté, dans des circonstances qui restent à éclaircir, un camion à Kroonstad, à 200 km au sud-ouest de Johannesburg.

« On craint qu’il n’y ait d’autres corps » dans les wagons accidentés, a ajouté Mondli Mvambi, précisant que les opérations de secours se poursuivaient.

« Il y a encore des personnes dans les wagons, ceux qui étaient en feu », a déclaré à l’AFP un responsable de la compagnie ferroviaire, Leboho Mokhalipha, alors que de la fumée noire continuait à s’échapper des wagons qui ont déraillé.

Des blessés étaient soignés sur place et d’autres hospitalisés.

Le train, qui transportait plusieurs centaines de passagers, effectuait la liaison entre Port Elizabeth (sud) et Johannesburg.

Les causes du drame n’ont pas encore été déterminées. Le chauffeur du camion a été hospitalisé et des tests d’alcoolémie vont être effectués.

Cet accident intervient pendant la période des grandes vacances scolaires en Afrique du Sud.

Le dernier grave accident de train en Afrique du Sud, en 2015, avait fait 15 morts : un minibus était tombé sur une voie ferrée et avait percuté un train.

En 1994, 64 personnes avaient été tuées lors du déraillement d’un train près de Durban (nord-est).

Romandie.com avec(©AFP / 04 janvier 2018 13h35)

Éducation: seulement six universités africaines dans le classement de Shanghaï

août 17, 2017

L’université de Cape Town, en Afrique du Sud, fait partie des 500 meilleures universités au monde selon le classement de Shanghai. © Ian Barbour/CC/Flickr

Le nouveau cru du classement de Shanghaï, qui recense les 500 meilleures universités au monde, a été dévoilé le 15 août 2017. Et à l’instar des années précédentes, le continent africain demeure largement sous-représenté parmi les heureuses élues.

Avec seulement six universités, dont cinq en Afrique du Sud et une en Égypte, le continent africain fait figure de parent pauvre du classement. Très loin derrière les États-Unis, qui occupent chaque année les premières places avec les universités de la Ivy League (Harvard, Stanford, Berkeley…), l’Europe, ou encore l’Asie qui monte en puissance d’année en année.

La première université africaine, celle de Witwatersrand en Afrique du Sud, apparaît ainsi dans la tranche des 200-300 meilleurs établissements. Elle est suivie des universités de Cape Town (301-400), de Stellenbosch (401-500), de Johannesburg (401-500), et de KwaZulu-Natal (401-500). Une composition similaire aux années précédentes, qui avaient également prédominer les universités sud-africaines. À noter néanmoins : la présence depuis 2011 dans le classement de l’université du Caire, en Égypte.

Pour établir chaque année leur short-list, les chercheurs de l’université Jiao tong de Shanghai se focalisent sur une série de critères, tels le nombre de prix Nobel ou d’articles publiés dans des revues scientifiques de référence. Une méthodologie souvent décriée par les contempteurs du classement, car elle se focaliserait uniquement sur la recherche au détriment de l’enseignement à proprement dit.

Jeunafrique.com

Afrique du Sud: les funérailles de Kathrada virent au meeting anti-Zuma

mars 29, 2017

 

Le corps d’Ahmed Kathrada, héros anti-apartheid, est mis en terre dans le cimetière de Westpark, le 29 mars 2017 à Johannesburg / © AFP / MUJAHID SAFODIEN

Les funérailles du héros de la lutte anti-apartheid Ahmed Kathrada ont tourné mercredi en manifestation de défiance envers le président sud-africain Jacob Zuma, nouvel épisode des tensions qui déchirent le Congrès national africain (ANC) au pouvoir.

Chargé de prononcer l’éloge funèbre, l’ancien chef de l’Etat Kgalema Motlanthe, qui a assuré quelques mois en 2009 l’intérim entre Thabo Mbeki et Jacob Zuma, a profité de l’occasion pour livrer une charge aussi sévère qu’inattendue pour l’occasion contre son successeur, interdit de cérémonie par la famille du défunt.

 Compagnon de cellule, ami et confident de Nelson Mandela, figure historique de l’ANC, Ahmed Kathrada, décédé mardi à l’âge de 87 ans, avait publiquement pris la plume l’an dernier pour réclamer la démission de Jacob Zuma, mis en cause dans une litanie de scandales de corruption.

« Il serait déloyal de rendre hommage à la vie du camarade Kathrada et de prétendre qu’il n’était pas profondément perturbé par la faillite politique actuelle », a déclaré M. Motlanthe devant la foule réunie dans le cimetière de Westpark à Johannesburg.

Il a ensuite lu des morceaux choisis d’une lettre ouverte à M. Zuma, publiée par le défunt.

« Face à des critiques, condamnations et exigences aussi larges et persistantes, serait-ce trop que d’exprimer l’espoir que vous preniez la bonne décision en envisageant de démissionner ? », s’est plu à lire l’ancien président.

Le vétéran de la lutte anti-apartheid Ahmed Kathrada pose à côté d’une photo de lui avec Nelson Mandela, le 16 juillet 2012 chez lui à Johannesburg, en Afrique du Sud / © AFP/Archives / STEPHANE DE SAKUTIN

La lecture de ce passage a suscité une longue salve d’applaudissements de l’assistance, debout. « Dégage Zuma », a alors hurlé un homme, aussitôt repris par d’autres.

Dès l’annonce de sa mort tôt mardi matin, toute l’Afrique du Sud a rendu un hommage ému, unanime et dithyrambique à celui que l’on surnommait « Oncle Kathy », emprisonné avec Nelson Mandela à la prison de Robben Island.

Au pouvoir depuis 1994, l’ANC a déploré la disparition d’un « chef dont le service à son pays restera gravé à tout jamais » et souligné qu’il n’avait « jamais abandonné ou tourné le dos à l’ANC ».

M. Zuma s’est contenté plus sobrement de présenter ses condoléances à la famille et de dire sa « profonde tristesse ».

– Privé d’obsèques –

Le cercueil d’Ahmed Kathrada, héros anti-apartheid et compagnon de cellule de Nelson Mandela, lors de ses funérailles, le 29 mars 2017 à Houghton, en Afrique du Sud / © AFP / MUJAHID SAFODIEN

Et mercredi matin, ses services ont confirmé qu’il « ne participera pas aux funérailles et à l’hommage (national), conformément aux souhaits de la famille » Kathrada.

Emmené par le vice-président Cyril Ramaphosa, la quasi-totalité du gouvernement a assisté aux obsèques de « Oncle Kathy ».

Humiliation suprême pour le chef de l’Etat, son ministre des Finances et principal rival au sein du gouvernement, Pravin Gordhan, a été acclamé par les parents et amis de M. Kathrada.

« Que vous soyez encore ou plus ministre dans les jours et semaines qui viennent, vous restez fidèle à des valeurs et des principes dont Ahmed Kathrada serait fier », lui a lancé le patron de la fondation du défunt, Neeshan Balton.

En tournée de promotion au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, M. Gordhan a été sommé lundi par M. Zuma de rentrer toutes affaires cessantes en Afrique du Sud, sans autre explication.

Le président sud-africain Jacob Zumaavant un discours au Parlement sur l’Etat de la Nation, le 9 février 2017 au Cap / © POOL/AFP/Archives / RODGER BOSCH

Ce rappel a été interprété comme le prélude à un remaniement ministériel imminent et à un limogeage du ministre.

Depuis des semaines, les partisans du président au sein de l’ANC exigent le renvoi de Pravin Gordhan, qui s’oppose publiquement à M. Zuma sur la bonne gestion des deniers publics.

La perspective d’un départ de M. Gordhan inquiète les investisseurs. Depuis lundi, le rand sud-africain a perdu près de 6% de sa valeur par rapport au dollar et à l’euro.

Déjà ministre des Finances entre 2009 et 2014, Pravin Gordhan avait été rappelé en urgence à ce poste en décembre 2015 pour calmer la panique qui s’était emparée des marchés financiers à la nomination d’un inconnu à la tête du Trésor.

Au pouvoir depuis la fin officielle de l’apartheid en 1994, l’ANC de feu Nelson Mandela se déchire depuis des mois autour de la succession de M. Zuma, qui doit quitter la présidence à la fin de son second mandat après les élections générales de 2019.

Romandie.com avec(©AFP / 29 mars 2017 16h57

Afrique du Sud: L’avion du président Béchir a décollé de Johannesburg

juin 15, 2015

Johannesburg – L’avion officiel du chef de l’Etat soudanais a décollé d’un aéroport militaire de Johannesburg lundi matin, ont rapporté des médias locaux, alors que Omar el-Béchir fait l’objet d’une interdiction de quitter l’Afrique du Sud, prononcée dimanche par un tribunal de Pretoria.

Il était impossible d’avoir immédiatement confirmation que M. Béchir se trouvait bien à bord de l’appareil, qui a été vu décollant de l’aéroport militaire de Waterkloof. Il était venu à Johannesburg pour participer à un sommet de l’Union africaine.

La Cour pénale internationale, qui poursuit le président soudanais pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité, avait demandé à l’Afrique du Sud de procéder à son arrestation.

L’entourage de M. Béchir n’avait cependant jamais semblé inquiet. Cette action en justice, c’est l’affaire du gouvernement sud-africain (…) Nous sommes ici comme hôtes du gouvernement sud-africain. Des assurances ont été données par ce gouvernement, avait déclaré dimanche le ministre soudanais des Affaires étrangères Ibrahim Ghandour.

Lundi matin, un autre membre de la délégation avait affirmé que le président partirait lundi comme prévu.

Alors que l’avion décollait, l’audience se poursuivait au tribunal de Pretoria qui a prononcé l’interdiction de quitter le territoire.

Deux mandats d’arrêt ont été lancés par la CPI contre Omar el-Béchir, en 2009 et 2010, en relation avec le Darfour, région de l’ouest du Soudan en proie aux violences depuis 2003. Plus de 300.000 personnes sont mortes dans ce conflit selon l’ONU.

Dans une décision rendue publique dimanche, la CPI indique avoir rappelé le 28 mai à l’Afrique du Sud son obligation statutaire, en tant qu’Etat membre de la Cour, d’arrêter et de lui remettre M. Béchir si celui-ci se rendait sur son territoire.

A l’étranger, les Etats-Unis ont fait part de leur vive inquiétude.

Nous appelons le gouvernement sud-africain à soutenir ces efforts de la communauté internationale pour faire rendre justice aux victimes de ces crimes haineux, indique un communiqué du département d’Etat américain.

Romandie.com avec(©AFP / 15 juin 2015 13h04)

Nouvelle nuit de violences xénophobes à Johannesburg

avril 18, 2015

La police sud-africaine a déployé des renforts dans l’agglomération de Johannesburg après une nouvelle nuit de violences à caractère xénophobe. Le Forum de la diaspora africaine appelle à l’intervention de l’armée.

« Plus de 30 personnes ont été arrêtées la nuit dernière et seront poursuivies pour violences publiques, vol, effractions et destruction volontaire. La situation est calmée maintenant mais nous prévoyons de renforcer nos effectifs », a précisé à l’AFP Lungelo Dlamini, un porte-parole de la police provinciale.

Les violences sont le fait « de petits groupes de vingt à trente personnes qui en profitent pour piller et casser », a-t-il ajouté. Et de souligner que les boutiques attaquées étaient « de petits commerces appartenant à des étrangers ».

Plusieurs quartiers touchés
La police a notamment dû intervenir avec des tirs de balles en caoutchouc pour disperser des émeutiers dans le grand township d’Alexandra, un quartier pauvre du nord de l’agglomération à la réputation sulfureuse.

Des violences se sont aussi produites dans le sud-est de l’agglomération à Thokoza. Cette cité noire avait été le théâtre d’affrontements meurtriers entre Sud-Africains noirs au début des années 1990 à la fin de l’apartheid.

Les quartiers de Cleveland et Jeppestown ont aussi été touchés. Les forces de l’ordre ont été caillassées et la circulation interrompue plusieurs heures sur l’autoroute voisine. Celle-ci a été dégagée vers minuit, a précisé M. Dlamini.

Vitesse supérieure
Le Forum de la diaspora africaine (ADF) a appelé le gouvernement sud-africain à passer sans attendre à la vitesse supérieure pour protéger les nombreux ressortissants étrangers africains de Johannesburg et Pretoria.

« Nous pensons qu’il faut faire appel à l’armée pour stopper ces atrocités (…) Le gouvernement sud-africain compte attendre jusqu’à combien d’immigrants tués pour utiliser l’armée comme en 2008? », a lancé dans un communiqué son porte-parole Jean-Pierre Lukamba, d’origine congolaise.

Entre six et quinze morts
La police s’en tient pour l’instant à un décompte total de six morts. Mais l’association parle elle de 15 morts et plus de 2500 déplacés, depuis le début des violences qui ont démarré avant Pâques à Durban, sur la côte est.

En 2008, les violences xénophobes avaient fait 62 morts, dont une vingtaine de Sud-Africains pris dans les affrontements. Depuis, ces violences sont récurrentes.

Romandie.com

RDC : arrestation du pasteur Mukungubila, instigateur présumé des attaques du 30 décembre

mai 15, 2014

 Paul-Joseph Mukungubila, sur sa page Facebook. © DR

Le pasteur Mukungubila, accusé d’être le cerveau des attaques du 30 décembre à Kinshasa. © DR

Selon des sources proches de son bureau à Paris, le pasteur Paul-Joseph Mukungubila, accusé par Kinshasa d’avoir fomenté les attaques du 30 décembre dans la capitale congolaise et dans les deux autres villes du pays, a été arrêté « jeudi très tôt le matin » par la police sud-africaine à Johannesburg.

« C’est un enlèvement », dénonce Cédar Nziamboudi, membre du bureau du Paul-Joseph Mukungubila à Paris. « Le pasteur vient d’être arrêté ce matin [15 mai] vers 6 heures à son domicile de Johannesburg par l’Interpol et des éléments de la police sud-africaine », a-t-il expliqué à Jeune Afrique, soulignant que c’est « sur demande des autorités congolaises ».

Dans la foulée, Le pasteur Mukungubila a été présenté devant le tribunal de Johannesburg où il est notamment accusé « d’entretenir un groupe de mercenaires pour destabiliser le pouvoir en place en RDC ».

Kinshasa ne confirme pas l’arrestation

Contacté, Kinshasa dit ne « pas être encore au courant de l’arrestation », mais confirme qu' »un mandat d’arrêt international était bien lancé contre le pasteur Paul-Joseph Mukungubila » après les attaques du 30 décembre dans plusieurs sites stratégiques à Kinshasa, Kindu (Est) et Lubumbashi (Sud).

Ce jour-là, des personnes qui se présentaient comme des adeptes du « prophète du Ministère de la Restauration à partir de l’Afrique noire », avaient lancé des assauts notamment à la radio-télévision nationale et à l’aéroport de N’Djili à Kinshasa. La riposte de l’armée fut sanglante : plus de 100 morts en une journée !

Depuis, la police congolaise a déjà arrêté plusieurs partisans du pasteur à travers le pays. Douze autres proches de Paul-Joseph Mukungubila, dont six de ses huit femmes, sont toujours en détention depuis mi-janvier à Lusaka où ils s’étaient enfuis. Recherché, le « prophète de l’Éternel », lui, avait pu quitter le pays pour se réfugier en Afrique du Sud.
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Jeunafrique.com par Trésor Kibangula