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Présidentielle au Ghana : comme un air de déjà-vu

décembre 6, 2020
Nana Akufo-Addo au Cap, en février 2019.

Le Ghana se prépare à choisir lundi son président, dans un scrutin qui s’annonce serré entre deux adversaires politiques de longue date qui se sont engagés à ne promouvoir aucune violence lors du vote et de la proclamation des résultats.

Les sons des vuvuzelas, ces trompettes sud-africaines bourdonnantes, et les chants de ralliement des partis politiques avaient envahi samedi Accra, où les deux principaux candidats devaient tenir leur ultime meeting en ce dernier jour de campagne des élections législatives et présidentielle de lundi 7 décembre.

Le président Nana Akufo-Addo, 76 ans, a rassemblé des centaines de partisans, portant des masques anti-Covid à son effigie, lors d’une tournée dans les principaux quartiers de la capitale et de ses environs. « C’est gagné d’avance. C’est clair. Regardez cette foule, ça dit tout, il y en aura pour quatre ans de plus pour Nana », s’exclamait Dauda Faisal, qui soutient le parti du président, le Nouveau Parti Patriotique (NPP).

L’adversaire du chef de l’État, l’ancien président désormais candidat de l’opposition et du Congrès national démocratique (NDC), John Dramani Mahama, a de son côté rencontré samedi matin les responsables des principaux syndicats du pays. Il leur a promis plus d’emplois, dans un contexte de faible croissance économique. John Dramani Mahama, 62 ans, devait organiser dans la soirée son dernier meeting à Accra.

Troisième round

Cette campagne a peu mobilisé en raison de la pandémie, mais aussi d’une certaine lassitude. Dans les rues d’Accra vendredi, seuls les drapeaux miniatures des principaux partis accrochés à des lampadaires rappelaient la tenue de scrutins présidentiel et législatif. Les t-shirts à l’effigie des candidats, habituellement portés en période électorale, sont restés dans les placards. Pas de grand meeting ou d’animation : les militants ont fait du porte à porte, et les électeurs ont été encouragés à se rendre aux urnes par SMS.

Il faut dire que cette élection a comme un air de déjà-vu. De fait, ces deux irréductibles adversaires s’affronteront lundi pour la troisième fois. En 2012, Dramani Mahama avait remporté le scrutin avec 50,7% des voix. Puis, en 2016, Akufo-Addo l’avait emporté avec 53,8%.

« Cette élection est celle des bilans », affirmait vendredi Bernard Twum-Ampofo, un fonctionnaire de la capitale. « Il faut comparer les bilans des deux principaux candidats et choisir le meilleur ». L’actuel président « a instauré la gratuité des lycées » et son prédécesseur « nous a donné les infrastructures », dit-il, précisant n’avoir pas encore fait son choix.

Onze autres candidats

Onze autres candidats – dont trois femmes – sont aussi en lice, mais leurs chances de l’emporter sont minimes, alors que les deux principaux partis dominent la vie politique depuis l’instauration de la démocratie, il y a 28 ans. « Lundi j’irai aux urnes, car le Ghana a besoin d’une troisième force, nous sommes fatigués de la politique du NDC et du NPP », affirme Gifty Inkoom, une étudiante-infirmière.

DEPUIS LES ANNÉES 2000, LE PAYS A CONNU UNE FORTE CROISSANCE, MAIS CERTAINES RÉGIONS VIVENT DANS LE PLUS GRAND DÉNUEMENT.

Les prétendants devront convaincre les 17 millions d’électeurs ghanéens, dont plus de la moitié a moins de 35 ans. Le chômage, les infrastructures, l’éducation et la santé sont les principaux enjeux.

Depuis les années 2000, ce pays riche en or, cacao et plus récemment en pétrole, a connu une forte croissance. Et le taux d’extrême pauvreté a été divisé par deux en moins de 25 ans. Mais certaines régions, notamment dans le Nord, continuent de vivre dans le plus grand dénuement, sans eau potable ou électricité.

Surtout, la crise provoquée par le coronavirus a durement touché le pays, dont la croissance cette année devrait tomber à 0,9 %, selon le FMI, soit le taux le plus bas depuis plus de 30 ans. Le président sortant a été salué pour sa gestion de cette crise, et il a tenu certaines de ses promesses, notamment sur l’éducation et l’accès à l’électricité. Mais il a déçu sur son engagement principal : lutter activement contre la corruption. En novembre, le procureur spécial anticorruption a démissionné, accusant Nana Akufo-Addo d’obstruction dans son travail.

Un « pacte de paix » signé

De son côté, John Dramani Mahama devra faire oublier les accusations de mauvaise gestion économique qui avaient empêché sa réélection. Cette année, il peut toutefois compter sur sa colistière, Jane Naana Opoku-Agyemang, une ancienne ministre de l’Éducation, réputée intègre et originaire du Centre, une région clé pour remporter le scrutin.

Jusqu’ici, le Ghana a toujours échappé aux violences post-électorales, contrairement à plusieurs de ses voisins ouest-africains. La campagne a toutefois été marquée par des accrocs, les opposants accusant notamment la commission électorale de manque de neutralité.

TOUT LE MONDE DÉSIRE QUE CETTE ÉLECTION SE DÉROULE BIEN. IL Y A DÉJÀ BEAUCOUP TROP DE POINTS CHAUDS À GÉRER DANS LA RÉGION »

Le président et son principal opposant ont signé vendredi un « pacte de paix » et se sont engagés à ne promouvoir aucune violence lors du vote de lundi et à la proclamation des résultats. « J’ai confiance dans le processus électoral, et je suis heureux de dire que nous accepterons le souhait du peuple ghanéen », a déclaré le président Nana Akufo-Addo, lors d’une cérémonie symbolique organisée à Accra. « La paix, l’unité et la sécurité doivent être notre première préoccupation », a-t-il ajouté.

Pour Kojo Asante, du Centre ghanéen pour le développement démocratique, les élections devraient se dérouler dans le calme. Il souligne également le nombre important d’observateurs internationaux et locaux prévus : « tout le monde désire que cette élection se déroule bien. Il y a déjà beaucoup trop de points chauds à gérer dans la région ».

 Par Jeune Afrique avec AFP

Togo : l’élection présidentielle reportée au 25 avril

mars 28, 2015

Des membres de la Ceni du Togo comptent les votes,le 25 juillet 2013 à Lomé.
Des membres de la Ceni du Togo comptent les votes,le 25 juillet 2013 à Lomé. © AFP

Le Conseil des ministres a décidé vendredi de reporter l’élection présidentielle togolaise au 25 avril. Le président en exercice de la Cedeao, le Ghanéen John Dramani Mahama, avait proposé mardi aux autorités de repousser de dix jours le scrutin.

L’élection présidentielle togolaise se tiendra le 25 avril afin de donner un délai supplémentaire à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) pour corriger les anomalies liées notamment au fichier électoral. Le 24 mars, une mission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) conduite par son président en exercice, le Ghanéen John Dramani Mahama, avait préconisé un report de dix jours du scrutin initialement prévu pour se tenir le 15 avril.

« Le chef de l’État a pris cette décision en concertation avec l’ensemble du gouvernement pour permettre d’aller dans le sens d’un scrutin paisible et transparent souhaité par la Cedeao », nous a déclaré Gilbert Bawara, le ministre de l’Administration territoriale.

Plusieurs candidats dont le leader de l’opposition, Jean-Pierre Fabre, avaient fait part de leurs inquiétudes à la délégation ouest-africaine et demandé un report de l’élection.

Si la décision du gouvernement va dans le sens de la proposition de la Cedeao, elle reste mitigée du côté de l’opposition qui réclame un plus long délai pour un audit général du fichier électoral.

Jeuneafrique.com avec AFP

Burkina: fin de la réunion à Ouagadougou, transition d’un an, élections d’ici novembre 2015

novembre 5, 2014

Ouagadougou – Les parties prenantes de la crise au Burkina Faso ont convenu mercredi d’une transition d’un an jusqu’à des élections en novembre 2015, sans s’accorder sur le nom du chef de cette transition, selon le communiqué final d’une journée de négociation.

Partis politiques, société civile, dirigeants religieux et traditionnels ainsi que forces armées se sont accordés sur un gouvernement de transition pour une période d’un an et l’organisation d’élections présidentielles et législatives d’ici novembre 2015, selon ce texte lu à l’issue des tractations menées à Ouagadougou sous l’égide des présidents ghanéen, sénégalais et nigérian.

Toutes les parties, qui se sont entendues sur le rétablissement de la Constitution (suspendue par l’armée), veulent également qu’une éminente personnalité civile soit nommée pour présider la transition, précise le communiqué.

Elles n’ont toutefois pu se mettre d’accord sur l’identité de cette personnalité, lors de cette journée de discussions avec le président ghanéen John Dramani Mahama et ses homologues sénégalais, Macky Sall, et nigérian, Goodluck Jonathan, venus à Ouagadougou en médiateurs au nom de la Cédéao, la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest.

Notre intention n’était pas de ramener des noms au sommet de la Cédéao, qui se réunit jeudi et vendredi à Accra sur la crise burkinabè, et dont le chef de l’Etat ghanéen est actuellement le président.

Cette décision appartient au peuple du Burkina Faso, a-t-il dit lors d’une brève conférence de presse ajoutant c’est à eux de décider.

D’ici quelques jours plutôt que quelques semaines, nous pourrons parvenir à un accord et installer un gouvernement de transition, a espéré John Dramani Mahama.

Sous forte pression internationale, l’homme fort de la transition burkinabè, le lieutenant-colonel Isaac Zida, s’est engagé mardi à remettre aux civils les rênes du pays.

M. Zida a été désigné comme chef du régime intérimaire par l’armée après la chute du président Blaise Compaoré, renversé le 31 octobre par une insurrection populaire après 27 ans de règne .

Romandie.com avec(©AFP / 05 novembre 2014 23h54)

Le président John Dramani Mahama élu à la tête de la CEDEAO

mars 29, 2014

© Abidjan.net par Atapointe

John Dramani Mahama © Abidjan.net par Atapointe

Le président ghanéen John Dramani Mahama succède au président ivoirien Alassane Ouattara a la tête de la CEDEAO

Le 44è sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui s’est achevé, samedi à Yamoussoukro, la capitale politique et administrative ivoirienne, a élu le Président Ghanéen, John Dramani Mahama à la tête de l’organisation sous-régionale.

« Je suis heureux de vous annoncer qu’hier les Chefs d’Etats se sont concertés et ont décider de porter à la tête de la CEDEAO, notre frère, le Président John Dramani Mahama », a déclaré le Chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara.

M. Ouattara par ailleurs, Président sortant de l’organisation ouest-africaine, a transmis séance tenante les attributs à son successeur dans une bonne humeur.

13 Chefs d’Etat sur les 15 que compte la CEDEAO, ont participé aux travaux de cette 44è session ordinaire. Le Cap Vert et le Togo ont été représentés par leur Premier ministre.

Né le 29 novembre 1958 à Damongo au Ghana, consultant en communication de profession, John Dramani Mahama est un pur produit du Congrès démocratique national (NDC, au pouvoir).

Régulièrement élu député depuis 1997, il fut ministre de la Communication du président Jerry Rawlings (1998-2001) avant d’être élu vice-président de la République le28 décembre 2008 aux côtés de John Atta-Mills.

Au décès brutal de John Atta-Mills, John Dramani remplace le défunt président le 24 juillet 2012 pour assurer la transition jusqu’à l’élection présidentielle de décembre 2012, comme le veut la Constitution ghanéenne.

Candidat du NDC, John Dramani Mahama est réélu président de la République du Ghana le 7 décembre 2012 et est investi dans ses fonctions le 7 janvier 2013 malgré la contestation de l’opposition.

Le recours en annulation devant la Cour suprême par Nana Akufo-Addo, candidat de l’opposition est rejeté par la juridiction suprême ghanéenne qui confirme, le 29 août 2013, l’élection de John Dramani à la tête de l’Etat.

Père de 7 enfants, le 24ème président de la CEDEAO, fidèle de l’église des Assemblées de Dieu, John Dramani est le troisième chef de l’Etat ghanéen à diriger l’organisation sous-régionale après Jerry Rawlings (1994-1996) et John Kufuor (2003-2005).

Abidjan.net avec APA