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Angola : funérailles publiques pour le chef rebelle Jonas Savimbi, 17 ans après sa mort

juin 1, 2019

Jonas Savimbi, ancien leader de l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (Unita), 8 janvier 1997. © SASA KRALJ/AP/SIPA

 

Le chef rebelle angolais Jonas Savimbi, mort en 2002 au combat, doit être enterré samedi dans son village familial lors de funérailles publiques, un « signe important pour la réconciliation » nationale dix-sept ans après la fin d’une guerre civile sanglante.

Dès vendredi soir, des centaines de personnes ont accompagné en moto, voiture ou camion sa dépouille dans le village de Lopitanga (centre), où elle sera inhumée. « Pendant 17 ans, nous avons attendu » ces funérailles, a déclaré Isaías Samakuva, leader de l’ex-rébellion de l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (Unita), aujourd’hui transformée en parti politique.

Jonas Savimbi, dit le « coq noir », a été tué le 22 février 2002 lors d’un affrontement avec l’armée près de Luena, dans le centre du pays. Il avait 67 ans. Le lendemain, des soldats l’enterrent en catimini dans la ville, après la diffusion par la télévision nationale d’images de son corps criblé de balles.

Moins de deux mois plus tard, un cessez-le-feu met fin à vingt-sept ans d’un conflit emblématique de la guerre froide : les États-Unis ont longtemps soutenu l’Unita, Cuba le régime marxiste-léniniste de Luanda.

Il faudra finalement attendre dix-sept ans et de longues négociations avec les autorités angolaises pour que Luanda donne son feu vert à une exhumation et un enterrement en bonne et due forme à Lopitanga, conformément au souhait de Jonas Savimbi. « Il avait toujours dit qu’il voulait rentrer chez lui », où est enterré son père, explique l’un de ses trente enfants, Cheya Savimbi.

Ces obsèques sont « un signe important pour la réconciliation nationale », a estimé l’un de ses frères.

« Paranoïaque »

Presque toujours vêtu de son uniforme vert, revolver sur la hanche et canne à la main, Jonas Savimbi a commandé d’une main de fer une armée d’au moins 30 000 hommes. Autoritaire et intransigeant, il était aussi « très intelligent et très charismatique », témoigne Fred Bridgland, auteur d’une biographie « Jonas Savimbi : a Key to Africa ». Mais « Savimbi a trahi son peuple. Il a ruiné son mouvement à cause de sa paranoïa et de son appétit sexuel », ajoute-t-il.
« Il a tué pour éliminer les gens dans son parti, ceux qu’ils considéraient comme une menace (…), et il a tué par jalousie sexuelle », raconte-t-il. Des femmes qui avaient osé refuser ses avances sexuelles ont été brûlées en public, ainsi que leurs enfants, affirme-t-il.

Alleluia Savimbi défend lui son père : « On est tous des humains, on peut faire des erreurs, mais je pense que mon père a contribué à sa manière à ce que l’Angola soit aujourd’hui un pays démocratique ».

« Malentendu »

Les obsèques de samedi ont été rendues possibles par le départ en 2017 du président José Eduardo dos Santos après trente-huit ans au pouvoir. Son successeur João Lourenço, pourtant issu du même Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), fait souffler un vent nouveau sur le pays.

En août 2018, une commission est mise en place pour organiser l’exhumation et les funérailles de Jonas Savimbi. La dépouille est exhumée en janvier 2019. En mai, des tests ADN menés par des laboratoires sud-africain, argentin, angolais et portugais confirment que les restes sont bien ceux de l’ex-chef de l’Unita, mettant fin aux plus folles rumeurs.

Mais tout le processus ne se fait pas sans heurts : l’urne funéraire devait être confiée mardi à la famille et à l’Unita, mais rien ne se passe comme prévu. Les deux camps laissent planer un temps le doute sur le maintien des obsèques samedi.

Le président Lourenço et le chef de l’Unita Isaías Samakuva se réunissent en urgence jeudi à Luanda pour tenter de dénouer la situation.

L’urne scellée est finalement remise vendredi à la famille Savimbi et à l’Unita à Andulo (centre), avant d’être transportée à Lopitanga, à une trentaine de kilomètres de là.

Après avoir crié à « l’humiliation », l’Unita parle d’un simple « malentendu » à l’origine des ratés de la remise de la dépouille. L’heure est à l’apaisement. Mais cet épisode témoigne des tensions encore vives entre l’Unita et son adversaire de toujours, le MPLA.

Par Jeuneafrique.com avec AFP

Angola: Jonas Savimbi sera enterré auprès de ses parents

août 17, 2018

 

Jonas Savimbi, leader de l’Unita, tué le 22 février 2002. © SASA KRALJ/AP/SIPA

 

Les restes du corps du fondateur de l’Unita, tué en 2002 lors d’un assaut du MPLA, seront rendus avant la fin de l’année, a promis le chef de l’État João Lourenço. Le temps pour le parti et la famille de préparer les funérailles, qu’ils espèrent à la hauteur de leur leader.

C’est une annonce historique, « un grand moment pour le pays », comme l’exprime un proche du président angolais João Lourenço : ce dernier a en effet promis à Isaías Samakuva, le chef de l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (Unita, opposition), lors d’un entretien au Palais de la « Cidade Alta », le 14 août, vers 17h30, que les restes du corps de Jonas Savimbi, fondateur du mouvement tué en 2002 lors d’un assaut du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), seront restitués « avant la fin de l’année ». Sa disparition avait mis un terme à 27 années de guerre civile.

Pourtant, il y a encore quelques mois, un membre de l’exécutif confiait à JA : « Les Angolais n’ont toujours pas pardonné à Savimbi de s’être allié au régime de l’apartheid ». Aujourd’hui, ce même ministre admet que « tout le mérite revient au président. Il donne l’exemple, et fait avancer le processus de réconciliation. »

Pour Rafael Savimbi, son fils, « le premier sentiment est un sentiment de satisfaction. Nous allons enfin enterrer notre père », déclare-t-il à Jeune Afrique. « Ce geste aura une portée politique forte, qui va contribuer à cimenter le processus de réconciliation nationale. » Et d’ajouter : « Notre père a joué un rôle important dans l’histoire du pays, avant et après l’indépendance. Son action a influencé la vie des Angolais. »

Des funérailles nationales peuvent-elles être envisagées ?

L’Unita tient une réunion vendredi 17 août, durant laquelle Isaías Samakuva rendra compte de sa rencontre avec João Lourenço. Y seront également discutés les modalités des funérailles, avec les membres d’une commission dédiée qui avait été mise en place en 2014. Avec cette grande question : quelle marge de manœuvre le MPLA – au pouvoir – laissera-t-il à la famille et au parti ? Des funérailles nationales peuvent-elles être envisagées ?

Une seule chose est certaine : Jonas Savimbi sera inhumé auprès de ses parents, à Andulo (province de Bié, dans le centre), comme il l’a toujours souhaité. « Nous espérons ensuite qu’il sera réhabilité politiquement. Holden Roberto [fondateur du FNLA, autre grand mouvement d’indépendance, ndlr], Agostinho Neto [fondateur du MPLA], et Jonas Savimbi doivent être reconnus tous les trois comme les pères de l’indépendance », espère Rafael Savimbi.

Jeuneafrique.com par

Ce jour-là: le 22 février 2002, mort du chef rebelle angolais Jonas Savimbi

février 22, 2018
Jonas Savimbi, leader de l’Unita, tué le 22 février 2002. © SASA KRALJ/AP/SIPA

Vendredi 22 février 2002. Depuis l’aube, la 20e brigade de l’armée angolaise, conduite par le général Simão Carlitos Wala, traque trois colonnes de combattants de l’Union pour l’indépendance totale de l’Angola (Unita), le mouvement rebelle de Jonas Savimbi.

L’opération, baptisée Kissonde, se déroule sur les rives du fleuve Luvuei, dans la province de Moxico, à l’est de l’Angola. Elle entre dans le cadre de la « guerre totale » déclenchée depuis 1998 par le président José Eduardo dos Santos contre la rébellion.

Quatorze jours auparavant, les forces gouvernementales ont réussi à localiser, grâce aux informations fournies par des experts en télécommunications américains et israéliens, les positions de l’Unita. Savimbi a commis l’erreur d’appeler à partir de son téléphone satellitaire. Le général Wala peut dès lors préparer une embuscade.

Les combats engagés à l’aube prennent de l’ampleur. Le leader de l’Unita tente une manœuvre de diversion. Il ordonne à la première colonne de se diriger vers la confluence des fleuves Luvuei et Luoli. La deuxième, elle, gagne l’intérieur des terres. Vraisemblablement, Savimbi n’a plus qu’une option : prendre le chemin de la Zambie. La frontière est à une centaine de kilomètres. Mais l’armée gouvernementale ne cesse de progresser, imposant à l’ennemi un corps à corps insoutenable. Les cordons de sécurité disposés autour du quartier général du chef de l’Unita ne résistent pas longtemps au feu nourri des forces loyales.

La réplique des assaillants est terrible : Jonas Savimbi reçoit 15 balles dans le corps. C’est la fin. Il est près de 15 heures

Savimbi n’a plus qu’une vingtaine de gardes du corps autour de lui. L’un après l’autre, ils sont abattus. Le piège se referme. Dans un dernier sursaut, le chef rebelle, armé d’un revolver, tire quelques coups de feu en direction des assaillants. Mais la réplique est terrible : quinze balles dans son corps. C’est la fin. Il est près de 15 heures.

27 ans de guerre civile, 500 000 morts, 4 millions de déplacés

Jonas Malheiro Savimbi, mort à l’âge de 67 ans, a écrit, avec ses frères ennemis du pouvoir, l’une des pages les plus sanglantes de l’histoire angolaise du XXe siècle : vingt-sept ans de guerre civile, 500 000 morts, 4 millions de déplacés et 100 000 mutilés. Fils d’un chef de gare, il est parmi les rares Angolais à obtenir, dans les années 1950, une bourse lui permettant de suivre des études au Portugal. Il rêve de devenir médecin. Mais il n’ira pas jusqu’au bout.

Engagé dans la lutte pour l’indépendance de son pays, Savimbi rejoint dans un premier temps le Front national de libération de l’Angola (FNLA) de Holden Roberto, qu’il quittera en 1966 pour fonder l’Unita.

Après l’indépendance du pays, en 1975, et la défaite militaire du FNLA face au Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), soutenu par l’intervention de l’armée cubaine, l’Unita s’impose comme la seule opposition armée. Et devient pendant la guerre froide une pièce maîtresse dans le jeu des grandes puissances. L’ancien maoïste, qui entend contrer l’avancée communiste symbolisée par la présence de troupes cubaines en Angola, est reçu, en 1986, avec tous les honneurs à la Maison Blanche par le président Ronald Reagan et plus tard par son successeur George H. Bush.

Chassé du pouvoir en 1997

Pendant toutes ces années, Savimbi n’a qu’une ambition : prendre le pouvoir à Luanda. Chef charismatique, lourdement armé par ses alliés occidentaux, il parvient à contrôler une grande partie du territoire angolais et installe son quartier général à Huambo, au centre du pays.

Seul Mobutu Sese Seko, le président du Zaïre, dont il utilisait le pays comme base arrière, lui était resté fidèle

En 1991, un accord de paix est signé à Bicesse (Portugal). Le chef rebelle regagne la capitale angolaise et participe à l’élection présidentielle de 1992. Il conteste la victoire de José Eduardo dos Santos (MPLA) et reprend les armes. Mais au fil des années, Savimbi perd, au nom de la Realpolitik, tous ses soutiens.

Seul Mobutu Sese Seko, le président du Zaïre, dont il utilise le pays comme base arrière, lui reste fidèle. Le « Grand Léopard » est chassé du pouvoir en 1997. Le numéro un de l’Unita ne s’en remettra jamais.

La mort de Jonas Savimbi opère toutefois un miracle en Angola : ses partisans, à bout de forces, acceptent la main tendue par le pouvoir. S’ensuit un processus de réconciliation nationale, suivi de l’intégration d’une bonne partie des anciens rebelles dans l’armée gouvernementale. L’Unita, sans leader emblématique, n’a plus qu’un faible poids politique. Mais les élections promises par le MPLA au pouvoir pour renforcer la démocratie se font toujours attendre. Les armes, elles, semblent s’être définitivement tues.

Jeuneafrique.com par Tshitenge Lubabu M.K.

Le chef rebelle angolais Jonas Savimbi dans Call of Duty: la justice française saisie

janvier 14, 2016

Nanterre – Un jeu vidéo peut-il porter atteinte à l’honneur d’une personnalité historique et de sa famille? Les proches de l’ancien chef rebelle angolais Jonas Savimbi, ont saisi la justice française estimant qu’il apparaît comme un barbare dans le jeu à succès Call of Duty.

La filiale française de l’éditeur américain du jeu de guerre, Activision Blizzard, est poursuivie pour diffamation devant le tribunal de Nanterre, près de Paris. Une première en France pour un jeu vidéo, selon les avocats des parties.

Trois des enfants Savimbi réclament un million d’euros de dommages et intérêts et le retrait de la version incriminée. Les juges examineront l’affaire le 3 février.

Seigneur de guerre charismatique et controversé, Jonas Savimbi a dirigé d’une main de fer les rebelles de l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (Unita), lors de la guerre civile qui a déchiré le pays à partir de son indépendance en 1975.

Fils d’un pasteur protestant, de formation maoïste mais longtemps allié des États-Unis contre le régime procommuniste du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), il était presque toujours vêtu de son uniforme, revolver à la hanche. Sa mort en 2002 avait mis un terme à 27 ans de conflit, permettant la signature d’un cessez-le-feu.

Plus de dix ans après, ses enfants, alertés par les réseaux sociaux, le reconnaissent, en allié du héros de Call of Duty, Black Ops II, et dans son propre rôle de chef de guerre. Savimbi, béret rouge et tenue militaire, apparaît haranguant ses troupes depuis un char, et criant notamment: Il faut les achever!.

Pour la famille, cette mise en scène outrancière ne correspond pas à sa personnalité de leader politique et de stratège. Chef de guerre, oui, mais pas seulement: il a été un personnage important de la Guerre froide, il a fait partie de l’échiquier mondial, il était défendu par les grands de ce monde, il a été ami de Mandela, insiste l’avocate des Savimbi, Carole Enfert.

L’éditeur du jeu estime de son côté l’avoir représenté pour ce qu’il était: un personnage de l’histoire angolaise, un chef de guérilla qui combat le MPLA, argumente l’avocat d’Activision Etienne Kowalski, d’autant que le jeu le montre sous un jour plutôt favorable, en gentil qui vient en aide au héros.

D’autres figures politiques ont fait une apparition dans Call of Duty: Fidel Castro et John F. Kennedy y ont déjà été mis en scène tout comme l’ex-dictateur du Panama Manuel Noriega, 80 ans et actuellement en prison.

Ce dernier avait lui aussi porté plainte en 2014 aux Etats-Unis, mais elle avait été rejetée.

Romandie.com avec(©AFP / 14 janvier 2016 18h27)

Angola : un fantôme nommé Savimbi

février 21, 2012

Dix ans après sa mort, le 22 février 2002, le souvenir du chef  de l’Unita Jonas Savimbi, orgueilleux et brutal, hante toujours la scène  politique angolaise.

« Primeiro os Angolanos » (« Les Angolais d’abord »), scandait Jonas Savimbi à la fin de  ses grands discours. Aujourd’hui, le slogan est devenu sonnerie. À Luanda,  beaucoup de jeunes ont mis la voix du fondateur de l’Union nationale pour  l’indépendance totale de l’Angola (Unita) dans leur téléphone portable. Dix ans  après sa mort, Savimbi est tendance.

Que reste-t-il de lui ? Pas que des bons souvenirs. Savimbi était un  guerrier. Entre 1975 – année de l’indépendance – et 2002, la guerre  civile a causé la mort de près de 1 million de personnes. L’Unita est  coupable, au même titre que le parti au pouvoir, le Mouvement populaire pour la  libération de l’Angola (MPLA). Les contraintes de la guerre ? Sans doute. Mais  le chef rebelle était d’une grande brutalité, y compris avec les siens.  Plusieurs de ses compagnons ont été mis à mort pour rien. Pour de simples  soupçons.

Savimbi était d’un orgueil démesuré. Comme le rappelle son dernier biographe  portugais, Emídio Fernando, « ce n’est qu’en 1966, quand il a compris qu’il  ne serait jamais numéro un du MPLA, qu’il a créé l’Unita ». Il est vrai que  sa communauté des Ovimbundus était marginalisée par les élites métisses du MPLA.  Puis, de purge en purge, le chef a installé autour de lui un culte de la  personnalité. Façon Staline ou Mao. Entre 1964 et 1966, le jeune  Savimbi a longuement séjourné en Chine. Épisode peu connu, épisode  formateur.

Mort les armes à la main

Mais Savimbi était aussi un farouche nationaliste. Et un homme courageux : le 22 février 2002, il est mort les armes à la main. On  sait moins que c’était un bon gestionnaire. « Dans les vastes territoires  sous contrôle de l’Unita, il y avait partout écoles et dispensaires. En fait,  c’était un homme de gauche », témoigne le reporter français Yves Loiseau. « L’Angolais d’aujourd’hui se souvient de l’aversion de Jonas à l’égard des  corrompus et il fait le parallèle avec le régime actuel », affirme Paulo  Lukamba Gato, l’un des successeurs de Savimbi à la tête de l’Unita. « À  l’époque, quand il y avait une coupure d’eau ou d’électricité à Luanda, le MPLA  pouvait dire que c’était de la faute de l’Unita. Mais en 2012… »

Savimbi a-t-il été un pion des Américains qui n’a pas compris, à la fin de la  guerre froide, que ses mentors avaient plus besoin du pétrole du MPLA que de ses  diamants ? Pas si simple. « Dès les premiers mois de 1992, Savimbi a senti  que le président Bush le lâchait et m’a demandé de le mettre en contact avec  Mitterrand, ce que j’ai fait », confie Paulo Lukamba Gato. Le chef rebelle  a cru qu’il pourrait tenir malgré les sanctions de l’ONU et la chute de Mobutu,  son voisin congolais et allié… Il s’est trompé. Sans doute encore cet orgueil  démesuré.

« C’est le de Gaulle africain »

Que reste-t-il ? Un tribun d’exception, qui s’exprimait dans toutes les  langues de son pays. Un homme de grande culture qui, les derniers jours de sa  vie, citait Churchill ou Mao. À la fois un Africain enraciné dans sa terre et  une figure avant l’heure des « élites mondialisées » – il parlait  l’anglais et le français couramment. « C’est le de Gaulle africain », disait un chef des services secrets français, Alexandre de Marenches. Surtout,  il reste un parti, qui a survécu à son créateur. Avec 16 sièges sur 220 à  l’Assemblée, il représente la deuxième force politique du pays. « Aujourd’hui, dans l’opposition, l’Unita est la seule alternative au  MPLA », remarque Paulo Lukamba Gato. On en saura plus aux législatives de  septembre prochain. Depuis dix ans, la famille du défunt réclame le transfert de  son corps dans son village natal de la province du Bié. Le pouvoir refuse, de  peur que le site devienne un lieu de pèlerinage. Le fantôme de Savimbi est  toujours là.

Jeuneafrique.com par Christophe Boisbouvier