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Angola: : José Eduardo dos Santos, un retour et des questions

septembre 15, 2021

L’ancien président angolais José Eduardo dos Santos à Lusaka, en Zambie, en avril 2008.

Après deux ans d’absence, l’ancien président est de retour à Luanda alors que son parti, le MPLA, est plus divisé que jamais. Le signe d’une trêve avec son successeur, João Lourenço ?

Il a fini par rentrer. Après deux années d’absence et plusieurs semaines de spéculations, l’ancien président, José Eduardo dos Santos, qui a dirigé l’Angola de 1979 à 2017, a regagné Luanda le 14 septembre.

Arrivant de Barcelone, où il avait élu domicile en avril 2019, l’ex-chef de l’État a atterri à Luanda en fin d’après-midi.

Une vidéo consultée par Jeune Afrique le montre en costume gris, chemise blanche et baskets descendre de l’avion, un Falcon 7X affrété par la présidence angolaise. Il est accueilli par une vingtaine de personnes, dont le général José Maria, son ancien chef du service d’intelligence et de sécurité militaire, puis s’engouffre dans une voiture pour rejoindre sa résidence de Miramar, un quartier résidentiel de la capitale angolaise.

Ce retour survient alors que le président João Lourenço est en déplacement pour deux jours dans le Kwanza-Norte, province rurale située à l’est de Luanda. L’ancien président doit rester un mois et assister à la cérémonie de fiançailles de l’un de ses fils, selon la presse portugaise et angolaise.

Apaisement des tensions

Si, sans surprise, elle n’a été commentée ni par le principal intéressé ni par la présidence, la présence de José Eduardo dos Santos en Angola fait figure d’évènement politique, témoignant d’un apaisement des tensions entre l’ancien et l’actuel homme fort du pays.

En mars déjà, plusieurs sources avaient évoqué une rencontre Lourenço – dos Santos à Dubaï, où se trouvait la fille aînée de José Eduardo dos Santos, Isabel dos Santos, une information toutefois non confirmée officiellement.

À son arrivée au pouvoir en 2017, João Lourenço, qui est issu du MPLA, le même parti que José Eduardo dos Santos, avait lancé une série de réformes et déclaré la guerre à la corruption, affirmant vouloir rompre avec les errements de la gouvernance précédente.

Hauts fonctionnaires, militaires, ministres et même des membres de l’ex-famille présidentielle ont été traduits devant la justice, écopant pour certains de peine de prison.

JOSÉ EDUARDO DOS SANTOS REVIENT ALORS QUE LE MPLA TRAVERSE LA PLUS PROFONDE CRISE DEPUIS L’INDÉPENDANCE DU PAYS

Le fils aîné de dos Santos, José Filomeno, a ainsi été condamné en août 2020 à cinq ans de prison pour fraude, blanchiment d’argent et trafic d’influence, un jugement dont il a fait appel. Le général José Maria, « Zé Maria », vient, lui, de terminer deux ans de détention à domicile pour fuite de documents confidentiels.

Exil en Espagne

C’est ce climat qui a conduit José Eduardo dos Santos à s’installer – « s’exiler », disent certains – en Espagne, où il est par ailleurs suivi médicalement depuis plusieurs années. Deux de ses filles, la femme d’affaires Isabel dos Santos et l’ancienne députée MPLA Welwitschia dos Santos, vivent aussi à l’étranger, d’où elles pointent régulièrement les difficultés socio-économiques du pays, deuxième producteur de pétrole du continent.

« José Eduardo dos Santos revient alors que le MPLA traverse sa plus profonde crise depuis l’indépendance du pays [en 1975], affirme Alcides Sakala, député de l’Unita et membre historique du parti. Il est déchiré par la lutte contre la corruption, de plus en plus critiqué par la population et a des difficultés à défendre son bilan. »

« Le MPLA est à la recherche d’une solution pour recréer l’union », ajoute ce responsable du principal parti d’opposition. L’Unita est dirigée depuis fin 2019 par Adalberto Costa Júnior et a organisé le 11 septembre une « marche » pour demander des élections « justes, libres et transparentes ».

Fébrilité du MPLA

Même si les divisions au sein du MPLA ont toujours existé, elles se sont multipliées sous la pression créée par la lutte contre la corruption, devenant de plus en plus fortes et visibles. Ce qui constitue une fragilité à quelques mois du prochain scrutin qui débouchera sur l’élection du chef de l’État.

« Ce retour peut attester d’un accord entre Lourenço et dos Santos ayant pour objectif la stabilisation du MPLA. Mais il peut tout aussi bien accroître les divisions au sein du parti, en redonnant de l’assurance aux anciens collaborateurs de dos Santos mis en cause par l’exécutif de Lourenço », explique Elias Isaac, ancien directeur d’Open Society Initiative for Southern Africa-Angola et figure de la société civile.

Dans ce cadre, le déroulement du prochain congrès du MPLA, prévu en décembre, devrait donner une indication sur l’état de santé du parti, véritable clé du pouvoir en Angola, comme sur le degré de maîtrise qu’en a le président Lourenço. Ce dernier, soutenu par les bailleurs de fonds mais à la tête d’un pays en crise à cause des conséquences de la pandémie de Covid-19, doit arbitrer entre réformes de long terme et amélioration des conditions de vie à court terme.

Avec Jeune Afrique par Estelle Maussion

Angola/« Luanda Leaks » : fin de partie pour José Eduardo dos Santos

janvier 23, 2020

José Eduardo dos Santos, l'ex-président angolais avec sa femme Ana Paula, au premier plan. Sa fille Isabel dos Santos, au côté de son époux, Sindika Dokolo, au second plan.

José Eduardo dos Santos, l’ex-président angolais avec sa femme Ana Paula, au premier plan. Sa fille Isabel dos Santos, au côté de son époux, Sindika Dokolo, au second plan. © Bruno Fonseca/REA

 

Les « Luanda Leaks » signent probablement la fin de la saga Dos Santos. L’ancien président angolais n’est pas à l’abri de poursuites internationales, d’autant qu’il n’est pas protégé par l’immunité en dehors de l’Angola.

Avant de céder le pouvoir à son ministre de la Défense en août 2017, José Eduardo dos Santos pensait avoir pérennisé son mode de gouvernance et sécurisé l’avenir des siens. Pourtant, en à peine cinq mois, deux de ses enfants furent exclus de la direction d’institutions majeures du pays à la tête desquelles il avait pris soin de les placer.

Isabel, « sa » princesse bien-aimée, dut quitter la présidence de la toute puissante société pétrolière avant que son fils, José Filomeno, ne soit limogé du Fonds souverain. Ce dernier passa même six mois en prison. Son autre fille, Tchizé, fut déchue quant à elle de son poste de députée en raison d’absences répétées.

Même s’il dut assumer le camouflet de ne pas être réélu à la tête du MPLA en septembre 2018, José Dos Santos ne fut toutefois pas attaqué frontalement, l’offensive se concentrant en priorité sur ses enfants. Mais dans l’ombre, un important travail d’investigation était mené, tant par les services secrets que par le Service de recouvrement des actifs (SRA), bien épaulé par des experts américains. Un des objectifs était de démonter les mécanismes de siphonnage de l’économie nationale réalisé au profit de « la Dos Santos Company », pour reprendre le titre d’un livre récent d’Estelle Maussion.

Fin de la saga Dos Santos

La bataille finale fut lancée à la fin de l’année dernière d’une manière quelque peu anecdotique. Le 7 décembre, l’Assemblée nationale approuva en effet l’émission de nouveaux billets de banque avec la seule effigie du premier président, Agostinho Neto. La disparition de celle de José Dos Santos était tout un symbole, annonciateur d’une offensive d’une autre dimension.

Celle-ci vint très rapidement sous la forme d’une saisie-arrêt conservatoire décidée par le Tribunal provincial de Luanda sur des actifs détenus en Angola par Isabel Dos Santos et son mari. Au-delà de la description précise des avoirs du couple, les attendus de l’ordonnance mettaient pour la première fois directement en cause l’ancien président dans le dossier du rachat et du financement du joaillier genevois De Grisogono. Le message fut bien reçu par l’intéressé qui prit la peine de répondre par écrit aux accusations.

Même si les « Luanda Leaks » focalisent l’attention sur Isabel Dos Santos, on ne peut oublier qu’en filigrane apparaît son père qui a rendu possible cette accumulation de richesse

C’est dans ce contexte de plus en plus tendu qu’interviennent les révélations des « Luanda Leaks », importantes de par l’écho international qui lui sont réservées. Elles méritent toutefois plusieurs remarques. Tout d’abord, ces révélations ne sont pas une surprise pour un certain nombre d’observateurs de la réalité angolaise. Elles ne font que confirmer leurs analyses tout en démontant de manière chirurgicale l’ingénierie financière mise en place. Ne s’en étonneront que ceux qui ont voulu ne rien voir ou s’en accommoder.

Même si les « Luanda Leaks » focalisent l’attention sur la personne d’Isabel Dos Santos, on ne peut oublier qu’en filigrane apparaît son père qui a rendu possible cette accumulation de richesse, notamment par des décrets présidentiels accordant nombre d’avantages à sa famille. Par ailleurs, le moment de la diffusion des révélations n’est pas anodin et pourrait bien s’inscrire dans un plan de bataille savamment conçu.

On peut enfin s’interroger sur l’origine de ces révélations. Travail de hackeurs très certainement. Mais une partie des informations pourrait avoir une autre source : le SRA déjà cité, des organes de renseignement étrangers et pourquoi pas des insiders au système Dos Santos à l’instar de son ancien vice-président qui continue de bénéficier de la protection de João Lourenço.

Les « Luanda Leaks » signent probablement la fin de la saga Dos Santos et l’ancien président n’est pas à l’abri de poursuites internationales, d’autant qu’il n’est pas protégé par l’immunité en dehors de l’Angola. Réfugié en Espagne pour des raisons médicales, il pourrait être inquiété et condamné à l’errance.

Triste fin pour celui que l’on surnommait l’« architecte de la paix ». Cette menace explique sans doute pourquoi Lopo do Nascimento, un ancien Premier ministre, non suspect de sympathie envers l’ancien président a déclaré qu’il fallait « malgré tout le protéger, car cette situation est humiliante pour l’Angola .

Jeuneafrique.com par Daniel Ribant

Auteur de « L’Angola de A à Z », paru chez L’Harmattan

Angola: une fille de l’ex-président dos Santos affirme avoir «fui» le pays

mai 10, 2019

 

L’une des filles de l’ancien président angolais José Eduardo dos Santos, Welwitschia, députée du parti au pouvoir MPLA, a déclaré à la presse angolaise avoir «fui» son pays après avoir reçu des intimidations, selon elles, des services secrets. «J’ai souffert de menaces de la part du président du groupe parlementaire et d’agents des services secrets», a affirmé Welwitschia dos Santos, dite Tchizé, dans un message audio adressé à des journalistes angolais.

«J’ai fui depuis qu’ils ont kidnappé un député dans l’avion» en janvier, a-t-elle ajouté. Un député du MPLA et ancien ministre du président dos Santos, Manuel Antonio Rabelais, qui était poursuivi pour détournement de fonds, avait été empêché de quitter l’Angola alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour Lisbonne.

Le MPLA a «suggéré» ce jeudi de suspendre le mandat de Welwitschia dos Santos, qui «a dépassé le délai de 90 jours d’absence» du pays, selon une lettre du groupe parlementaire du parti adressée au président du parlement. Très critique du gouvernement de l’actuel président Joao Lourenço, Welwitschia dos Santos a accusé le MPLA de vouloir se «débarrasser» d’elle. Elle se trouve actuellement au Royaume-Uni, tout comme sa demi-sœur Isabel dos Santos, la fille aînée de l’ex-président considérée comme la femme la plus riche d’Afrique.

Cette dernière a ignoré plusieurs convocations récentes de la justice angolaise dans une enquête sur des virements suspects alors qu’elle exerçait les fonctions de PDG de la compagnie pétrolière nationale Sonangol. Si elle rentre en Angola, elle pourrait être arrêtée. Son frère, José Filomeno dos Santos, ancien patron du fonds souverain angolais, est lui interdit de quitter le territoire angolais, après avoir passé six mois en détention provisoire dans une affaire de détournement de fonds. Les relations entre la famille dos Santos et le président Lourenço sont exécrables depuis que José Eduardo dos Santos a passé le relais à Joao Lourençco en 2017, après trente-huit ans de règne.

Le nouveau président, issu lui aussi du MPLA, a lancé une purge de grande ampleur dans l’administration et les entreprises publiques qui a visé les proches de l’ancien chef de l’Etat. Symboles de ce nettoyage, Isabel dos Santos a été évincée en novembre 2017 du poste de PDG de la Sonangol, et José Filomeno dos Santos a été démis de ses fonctions à la tête du Fonds souverain en janvier 2018. La plupart des membres de la famille dos Santos se trouve désormais à l’étranger. L’ex-président, âgé de 76 ans, est actuellement soigné en Espagne, selon la présidence angolaise.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Angola: João Lourenço devient président du MPLA

septembre 9, 2018

 

Le président angolais João Lourenço en novembre 2017. © Themba Hadebe/AP/SIPA

Le chef de l’État angolais a été élu président du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) lors du VIe congrès extraordinaire du parti, samedi 8 septembre. Il succède au « camarade » José Eduardo dos Santos, qui aura régné sur le parti pendant trente-neuf ans.

Le chef de l’État angolais, João Lourenço (JLo), a été élu président du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) lors du VIe congrès extraordinaire du parti, qui s’est tenu samedi 8 septembre au centre de conférence de Belas, au sud de Luanda. Il est le troisième président de l’histoire de la formation créée en 1956, après Agostinho Neto et José Eduardo dos Santos (Zedù).

Cet événement, qualifié d’historique, permet au chef de l’État d’achever sa prise de pouvoir,, commencée il y a dix-huit mois, lorsqu’il a été officiellement désigné candidat du MPLA pour l’élection générale d’août 2017. Le parti était dirigé d’une main de fer par son prédécesseur depuis trente-neuf années.

Dos Santos ému et acclamé

L’ancien président a été largement honoré et généreusement acclamé par les centaines de « camarades » présents, tous habillés d’une chemise et d’une casquette aux couleurs du parti – rouge et noir.

« Nous ouvrons aujourd’hui une nouvelle ère dans l’histoire du parti », a-t-il déclaré, d’une voix hésitante, visiblement ému pour son dernier discours. « Il n’existe aucune activité humaine exempte d’erreurs. J’assume celles que j’ai faites car on dit que l’on apprend de ses erreurs », a-t-il aussi reconnu.

La fin de son règne avait été très critiquée, jusque dans les rangs du MPLA. Accusé de népotisme, Zedù s’est résigné à annoncer la fin de sa carrière politique en 2016. Il avait alors indiqué vouloir « quitter la vie politique » en 2018, un an après l’élection générale.

Artisan de la paix et de la reconstruction

Après avoir envisagé de repousser d’un an son départ, dos Santos a finalement tenu parole, et ce dans un contexte difficile pour lui et sa famille : deux de ses enfants, Isabel et José Filomeno, sont aujourd’hui visés par des enquêtes judiciaires et la plupart de ses fidèles ont été écartés par JLo, investi à la tête du pays le 26 septembre 2017

Malgré tout, le « camarade président » demeure, aux yeux d’une partie des Angolais, l’artisan de la paix et de la reconstruction, celui qui a mis fin  à 27 années de guerre civile après la mort au combat, en 2002, de son ennemi Jonas Savimbi, le leader de l’Unita.

Avec la prise du parti, João Lourenço a désormais les mains libres pour écrire sa propre page de l’histoire angolaise.

Jeuneafgrique.com  par

Angola: la purge anti-Dos Santos se poursuit

janvier 14, 2018

Le président angolais Joao Lourenço à Abidjan pour le sommet Union européenne – Afrique, le 29 novembre 2017. © Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA

Après la fille, le fils ! Cent jours à peine après son investiture, le président angolais Joao Lourenço a mis sur la touche les proches de son prédécesseur Jose Eduardo dos Santos, symboles d’un régime corrompu avec lequel il affirme vouloir rompre.

Ouvert en novembre avec l’éviction d’Isabel dos Santos de la compagnie publique pétrolière Sonangol, ce grand ménage s’est conclu cette semaine avec celui de son demi-frère, Jose Filomeno, du fonds d’investissement souverain du pays.

Attendue depuis des semaines, la chute du fils de l’ex-chef de l’État, surnommé « Zenu », n’a surpris personne.

Coup de balais

Depuis son arrivée au pouvoir dans la foulée des élections d’août dernier, M. Lourenço a remanié à sa main tout ce que l’Angola compte d’institutions et d’entreprises publiques en s’y débarrassant des fidèles de l’ancien régime.

« Lourenço a mis de côté toutes les personnalités sur lesquelles il n’a pas de contrôle », résume l’analyste Benjamin Augé, de l’Institut français pour les relations internationales (Ifri). « Les membres de la famille Dos Santos font partie de cette catégorie, ils ont donc été un à un écartés. »

Comme sa soeur Isabel, Jose Filomeno dos Santos incarnait l’empire politico-financier bâti par son père, qui a profité de son règne de trente-huit ans pour mettre l’économie du pays en coupe réglée au profit d’une poignée de proches.

« Personne ne sera au-dessus des lois »

Longtemps un pilier de ce régime, Joao Lourenço avait promis pendant sa campagne électorale de prendre ses distances avec ce système et de combattre la corruption, où qu’elle soit. « Personne ne sera au-dessus des lois », avait-il martelé.

Jusque-là intouchable, la famille Dos Santos s’est très vite retrouvée sur le banc des accusés.

À la suite de plusieurs articles de presse, la nouvelle direction de la Sonangol a annoncé enquêter sur des mouvements de fonds jugés « suspects » ordonnés par son ancienne patronne. « Zenu » est, lui, mis en cause dans le scandale des « Paradise Papers ».

Un contrat très généreux

La télévision publique TPA a de son côté récemment révélé les détails d’un contrat très généreux, aujourd’hui annulé, qui a fait pendant des années la fortune d’une société de production d’une autre fille Dos Santos, Welwitschia.

Studio dernier cri, personnel, véhicules, le tout pour un montant annuel de 17,5 millions de dollars, entièrement aux frais du contribuable angolais, un des plus pauvres de la planète…

« Ce contrat était défavorable à l’État », a justifié M. Lourenço devant la presse. « La TPA l’a donc rompu ».

L’époux d’Isabel, le collectionneur d’art et homme d’affaires congolais, Sindika Dokolo, n’a pas non plus échappé à la purge. La société angolaise de commercialisation des diamants a cédé ses parts d’un joaillier suisse dont M. Dokolo est actionnaire.

« Une campagne de diffamation »

La famille Dos Santos a peu goûté ce vent du changement. Considérée par le magazine américain Forbes comme la femme la plus riche d’Afrique, Isabel a nié toute malversation et dénoncé une « campagne de diffamation » et de « fausses nouvelles ».

Toujours chef du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) au pouvoir, Jose Eduardo dos Santos s’est lui-même ému du ménage ordonné par son successeur.

« Les changements sont nécessaires mais ne devraient pas être aussi radicaux », a-t-il lancé le mois dernier lors d’une de ses très rares apparitions publiques.

L’opposition réclame des sanctions pénales

Une fois n’est pas coutume, l’opposition a salué l’offensive du gouvernement contre le « népotisme » d’un système qu’elle dénonce depuis longtemps. Elle réclame désormais des poursuites.

« Tous ces limogeages ne seront politiquement pertinents que s’ils sont suivis de sanctions pénales », a déclaré le vice-président d’un des deux principaux partis d’opposition, la Casa-CE, Lindo Bernardo Tito, « le président doit ordonner sans délai des enquêtes judiciaires ».

Peu estiment toutefois que Joao Lourenço s’aventurera jusque-là.

« Je doute fort qu’un dossier judiciaire sérieux puisse émerger contre la famille. Même si l’enquête interne de la Sonangol constitue clairement un avertissement », juge Alex Vines, du centre de réflexion britannique Chatham House.

 « Nous ne persécutons pas ces gens »

Par souci d’apaisement, Joao Lourenço a tenu lui-même à démentir toute « vendetta » contre le clan dos Santos.

« Je ne vois aucune tension dans nos relations », a assuré lundi le chef de l’État lors d’une conférence de presse donnée à l’occasion de ses cent premiers jours à la tête du pays. « Nous ne persécutons pas ces gens », a-t-il insisté.

« Lourenço doit faire en sorte que la transition se poursuive en douceur », analyse M. Vines. « Dos Santos a prévu de quitter la présidence du MPLA en 2018. S’il a le sentiment qu’une chasse aux sorcières est en cours contre sa famille et ses proches, il pourrait bien traîner les pieds ».

Angola: Lourenço prend des mesures surprises contre la famille Dos Santos

octobre 28, 2017
LUANDA (Reuters) – Le nouveau président angolais, João Lourenço, tente rapidement d’arracher le pouvoir à son prédécesseur, José Eduardo dos Santos, en repoussant certains de ses principaux alliés et jurant de combattre les monopoles de la famille de l’ancien président sur l’Angola depuis quatre décennies.

Angola: la démocratie attendra

João  Lourenço, l’actuel président d’Angola

Dos Santos, 75 ans, a choisi Lourenço, 63 ans, pour lui succéder quand il a démissionné le mois dernier après 38 ans au pouvoir, ce qui a poussé les critiques à suggérer que le nouveau venu serait une marionnette de la famille dominante dos Santos.

Mais les analystes, les diplomates et les politiciens ont été surpris par la vitesse à laquelle Lourenço a tenté de s’attaquer à certains des intérêts établis qui contrôlent la troisième plus grande économie de l’Afrique subsaharienne et le deuxième plus grand exportateur de pétrole.

Les poids lourds de l’administration précédente, tels que le vice-président Manuel Vicente et le ministre d’État Manuel « Kopelipa » Hélder Vieira Dias Jr, se sont retrouvés sans emploi.

Dos Santos conserve encore d’importants pouvoirs à la tête du parti au pouvoir, le MPLA, et des postes clés tels que le ministre des finances et le gouverneur de la banque centrale n’ont pas encore été touchés.

Mais dans le secteur pétrolier vital, responsable de 75% des revenus du gouvernement, Lourenço a réduit le contrôle de la fille de dos Santos, Isabel, qui dirige la compagnie pétrolière nationale Sonangol.

Ce mois-ci, Lourenço a nommé Carlos Saturnino, qui a été limogé par Isabel dos Santos l’année dernière, en tant que secrétaire d’État au pétrole, un rôle techniquement plus important que celui de son ancien patron.

« C’était inattendu à ce stade précoce », a déclaré Marcolino Moco, ancien Premier ministre angolais et critique de José Eduardo dos Santos.

« C’est très tôt, mais Lourenço envoie un signe que les excès de l’ère dos Santos ne vont pas continuer. »

Isabel dos Santos, la femme la plus riche d’Afrique, a nié toute tension avec Lourenço, déclarant à Reuters la semaine dernière que leurs points de vue étaient en « plein alignement ».

 

Isabel dos Santos et Sindika Dokolo avec le Président et la Première Dame de l’Angola. CREDIT FB

Dans son discours sur l’état de la nation le 16 octobre, Lourenço a promis de briser les monopoles dans l’économie, en mentionnant directement l’industrie du ciment dans laquelle Isabel et son mari, l’homme d’affaires et activiste congolais Sindika Dokolo, ont de grandes participations.

Il a également aboli le département des communications du gouvernement GRECIMA, avec lequel une société détenue en copropriété par une autre fille de dos Santos, Welwitschia, avait des contrats lucratifs.

« Briser les monopoles dont jouit la famille dos Santos, c’est aller à la jugulaire », a déclaré Ricardo Soares de Oliveira, un auteur et expert sur l’Angola qui enseigne à l’Université d’Oxford.

« Mais il y a un risque de confondre une vendetta contre dos Santos avec un véritable programme de réformes », a déclaré Oliveira.

Une réforme majeure est désespérément nécessaire. Bien que le boom pétrolier ait fait de l’Angola l’un des pays les plus riches d’Afrique par habitant, il est également l’un des plus inégaux du monde, la grande majorité de la population partageant peu de sa richesse.

L’économie angolaise est entrée en récession l’an dernier et le taux de chômage est d’au moins 25%. Le manque de devises a contraint les entreprises, telles que les compagnies aériennes et les compagnies pétrolières, à retirer leurs opérations. Un dollar récupère trois fois le taux officiel sur le marché noir.

L’agence de notation Moody’s a dégradé la note de crédit de l’Angola la semaine dernière, affirmant que l’économie restait contrainte par les pénuries de devises étrangères, l’inflation élevée, la faiblesse des dépenses publiques et la faiblesse du système bancaire.

Selon les premières indications, Lourenço pourrait placer des technocrates compétents dans des rôles pour résoudre certains de ces problèmes.

Ricardo Viegas de Abreu, un directeur bancaire et ancien vice-gouverneur de la banque centrale, a été nommé la semaine dernière secrétaire présidentiel pour les affaires économiques.

José Massano, ancien gouverneur de la banque centrale populaire auprès des investisseurs internationaux, pourrait retrouver son ancien emploi, ont rapporté mercredi les médias locaux. Un porte-parole de la banque centrale a refusé de commenter.

Un article de Reuters, traduit de l’anglais par POLITICO.CD.

Politico.cd/actualite/grands-lacs/2017/10/27

Angola : le parachute doré du président José Eduardo dos Santos

juin 27, 2017

Il tirera sa révérence après trente-sept années de pouvoir. © alain jocard/AFP

Alors que le président angolais quittera ses fonctions en août, un projet de loi modifiant les avantages accordés aux anciens chefs d’État fait polémique.

Si plus aucun doute ne subsiste quant au départ de José Eduardo dos Santos, 74 ans et président de l’Angola depuis plus de trente-sept ans, les conditions de sa retraite ne sont pas encore réglées. À deux mois des élections générales, prévues le 23 août, un projet de loi organique publié au Journal officiel le 15 juin crée la polémique. Composé de 4 chapitres et de 14 articles, il modifie les avantages accordés aux anciens chefs d’État. Il sera présenté à l’Assemblée nationale le 28 juin. « Le texte fait débat dans l’opposition comme dans l’entourage politique du président », précise une source à JA.

De quoi s’agit-il ? Outre des ajustements sur certains points prévus par la Constitution de 2010, tels que sa rémunération, qui sera équivalente à 90 % de son dernier salaire (revu opportunément à la hausse le 8 juin pour atteindre environ 5 600 euros par mois), la prise en charge de gardes du corps, d’une voiture avec chauffeur, ou encore de billets d’avion en première classe, le projet élargit certains de ces privilèges aux anciens vice-présidents et aux familles, dont la première dame, qui bénéficierait d’un salaire équivalent à 70 % de celui du président lors de sa dernière année en fonction.

« Président de la République émérite honoraire », un statut avantageux

Le texte prévoit de plus la création du statut de « président de la République émérite honoraire ». Selon Alcides Sakala, député et porte-parole de l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (Unita), l’opposition craint « qu’il ne continue à exercer le pouvoir ».

Le président n’a pas besoin d’avantages supplémentaires. Sa situation est déjà très confortable

Autre article qui sème la discorde : un statut judiciaire qui exclut toutes poursuites devant un tribunal spécial pour des infractions – quelles qu’elles soient – commises au cours des fonctions de président. Une disposition contraire à la Constitution : selon l’article 127, « le président de la République n’est pas responsable des actes commis dans l’exercice de ses fonctions, sauf dans les cas de corruption, de trahison et de crimes […] ». Membre du Congrès et du Mouvement pour la libération de l’Angola (MPLA, au pouvoir), Irene Neto, la fille de l’ancien président Agostinho Neto (fondateur du MPLA), s’est elle-même indignée, estimant que « le président n’a pas besoin d’avantages supplémentaires. Sa situation est déjà très confortable ».

Angola : le parti au pouvoir confirme João Lourenço comme successeur de José Eduardo dos Santos

février 3, 2017

José Eduardo dos Santos, président de l’Angola. © Alain Jocard/AFP

Au pouvoir depuis 37 ans, le président José Eduardo dos Santos a confirmé vendredi qu’il ne se représenterait pas à la présidence de l’Angola lors des élections d’août et qu’il cédait sa place à l’actuel ministre de la Défense, João Lourenço.

« Le comité central du MPLA [Mouvement populaire pour la libération de l’Angola] a approuvé le nom du candidat João Lourenço en tête de la liste pour les élections du mois d’août« , a déclaré, ce 3 février, José Edouardo dos Santos, lors de l’ouverture d’un congrès extraordinaire du parti au pouvoir.

En mars 2016, le président angolais avait annoncé à son parti son intention de passer la main, sans s’attarder sur les modalités de ce retrait.

Âgé de 74 ans, celui qu’on surnomme « Zedu », va donc quitter le pouvoir alors que l’Angola bruisse de rumeurs sur son état de santé.

Joao Lourenço après « Zebu » ?

C’est donc son ministre de la Défense et actuel vice-président du parti, João Lourenço, qui devrait le remplacer à la tête du MPLA et donc de la république élections après les législatives prévues en août, selon les termes de la Constitution.

En effet, la Constitution angolaise ne prévoit pas de scrutin présidentiel, mais précise que le poste de chef de l’État revient au leader du parti qui remporte les législatives.

Jeuneafrique.com avec AFP

Prospective 2017 : l’année sera chaude

janvier 2, 2017

Le président de la RD Congo est un tacticien opportuniste qui sait jouer avec le temps. Mais le temps, désormais, lui est compté. © JUNIOR D. KANNAH/AFP

Dans un an, Joseph Kabila sera-t‑il toujours au pouvoir en RD Congo ? La Gambie se sera-t‑elle enfin dotée d’un nouveau président en la personne d’Adama Barrow ? La Libye aura-t‑elle réussi la synthèse entre les partisans de Tripoli et ceux de Tobrouk ? Tour d’horizon des dossiers qui rythmeront 2017.

L’année 2017 commence là où 2016 s’achève : par le ventre mou du continent, sa gâchette et son détonateur, l’immense et imprévisible République démocratique du Congo. Non seulement ce pays n’a jamais connu d’alternance démocratique au sommet mais les passations de pouvoir s’y sont toujours déroulées de façon chaotique, dans le bruit et la fureur. Coup d’État en 1965, lorsque Mobutu renverse Kasa-Vubu. Rébellion armée en 1997, quand Mobutu est chassé par Kabila père. Assassinat de ce dernier en 2001, Kabila fils succédant à son géniteur, abattu par l’un de ses propres gardes du corps.

Profondes incertitudes en RD Congo

Quel scénario présidera, en 2017 ou 2018, au départ à la fois programmé et indéfini du quatrième chef de l’État congolais ? Kasa-Vubu était resté un peu plus de cinq ans au pouvoir, Mobutu un peu plus de trente et un, Laurent-Désiré Kabila trois ans et huit mois. Cela fera seize ans, le 17 janvier, que celui qui accéda au pouvoir « comme une balle de ping-pong sur un jet d’eau », avant de s’y maintenir trois quinquennats durant (et après deux élections), aura exercé la fonction suprême. Y sera-t‑il toujours, au pouvoir, en ce jour anniversaire ? C’est probable.

À l’heure où ces lignes sont écrites, le seul synopsis disponible en effet est celui d’un bras de fer inégal, incertain et illimité entre une opposition multicéphale et un régime solidement retranché – tout au moins tant qu’il contrôle l’usage de la force –, le tout sur fond d’ingérence chronique de la communauté internationale. Remake des derniers soupirs du règne de Mobutu, la rébellion en moins mais les réseaux sociaux et les mouvements de société civile en plus ? 1997-2017 : vingt ans plus tard, l’Histoire bégaie, mais nul ne sait encore de quoi elle accouchera.

Burundi, un climat de plus en plus tendu

Frontaliers de ce pays-­continent, trois points chauds seront à surveiller en cette année 2017. Le Burundi tout d’abord, où Pierre Nkurunziza a, si l’on peut dire, réussi le passage au forceps de son troisième mandat. Un certain ordre règne à Bujumbura et sur les collines, mais à quel prix !

Quadrillage du territoire, arrestations, disparitions, tensions avec le voisin rwandais, isolement économique, radicalisation d’une opposition de plus en plus tentée par la violence armée, climat général de psychose… Nkurunziza a un objectif : demeurer en place jusqu’aux prochaines élections, en 2020. S’il y parvient, dans quel état seront le Burundi et les Burundais ?

Et où en sera la Centrafrique, fin 2017 ? Là où les milices font régner leur loi, c’est‑à-dire sur les trois quarts du territoire, il n’y a ni désarmement, ni démobilisation, ni réintégration, ce fameux DDR après lequel courent tous les pays en situation de postconflit. Pour l’instant, le président Touadéra est plus le gouverneur de Bangui que le chef de cet État désespérément failli. Seule éclaircie, fin 2016, le succès de la conférence des donateurs : 3 milliards d’euros de promesses d’aide.

La Cedeao testée en Gambie

Une aide dont aurait tout aussi besoin le Soudan du Sud, qui, depuis son indépendance en 2011, n’a connu que deux années de paix. Réfugié en Afrique du Sud après avoir fui Djouba, le vice-président, Riek Machar, tente d’attiser à distance sa rébellion contre le président, Salva Kiir. Mais ce chef de guerre dont personne, hors de son fief, ne veut et que les Américains traitent en paria pourrait bien ne pas survivre politiquement à 2017.

Au cours des semaines à venir, la Gambie sera observée comme le lait sur le feu. Si prévoir le comportement du chef de l’État sortant (et battu), Yahya Jammeh, accroché à son fauteuil, est impossible tant son cas semble relever du paranormal, la crise gambienne fournira le test décisif de la capacité de la Cedeao à résoudre un défi à sa portée : amener à résipiscence le dernier des despotes d’Afrique de l’Ouest et installer au pouvoir Adama Barrow, le vainqueur de la présidentielle du 1er décembre.

Pour la communauté ouest-africaine, il s’agira de redorer un blason passablement terni par son incapacité à prendre en charge une autre crise, majeure : celle qui sévit au Mali. La France et l’ONU assument depuis la sécurité du pays, même si la persistance de l’activité meurtrière des groupes jihadistes tout au long de l’année 2016 démontre qu’elles n’y sont parvenues que de façon pelliculaire. C’est sur le terrain de la stabilité, de la réconciliation et de la paix sociale que se jouera en 2017 la ­réélection éventuelle, l’année suivante, d’Ibrahim Boubacar Keïta.

En Ethiopie, la colère oromo

Moment crucial également pour l’Éthiopie, dont l’image de success-story de la Corne de l’Afrique, méritée au demeurant, a été passablement brouillée, en 2016, par l’éruption des colères oromo et amhara. À elles deux, ces communautés représentent 65 % de la population éthiopienne, et l’intifada anti­autoritaire, de type Printemps arabe, dont les régions Centre et Ouest ont été le théâtre parfois sanglant a ébranlé un pouvoir largement concentré entre les mains de la minorité tigréenne.

Décrété en octobre, l’état d’urgence, géré au millimètre par un pouvoir aussi militarisé qu’organisé, a depuis ramené le calme. Le temps pour le Premier ministre, Haïlemariam Desalegn, d’ouvrir le chantier des réformes et des indispensables concessions, au bénéfice d’une jeunesse à la fois hyperconnectée à l’économie-monde, tenue à l’écart du champ politique et avide de démocratie ? 2017 tranchera.

Année décisive aussi pour la Libye, la reprise de Syrte par les milices après six mois de durs combats contre les jihadistes de Daesh n’ayant en rien réglé le fond du problème. L’ancien terrain de chasse de Kadhafi est déchiré entre un gouvernement impotent, celui que dirige à Tripoli le Premier ministre Fayez al-Sarraj, et un Parlement sous influence, celui de Tobrouk.

Le désormais maréchal Khalifa Haftar, qui contrôle ce dernier, devrait voir son poids sur l’échiquier s’accroître encore en 2017, au point de devenir incontournable. Faucon militariste ambitieux, obsédé par l’éradication des Frères musulmans de Libye, Haftar a un mentor, l’Égyptien Sissi, et quelques alliés d’envergure, dont la Russie et, plus récemment, l’Algérie.

L’environnement géopolitique global, avec l’accession à la Maison‑Blanche de Donald Trump, joue en sa faveur. Pour lui aussi, l’année qui s’ouvre sera celle de toutes les audaces et de tous les dangers.

Jeuneafrique.com

Angola : le parti au pouvoir lance sa campagne électorale

décembre 10, 2016

José Eduardo dos Santos, président de l’Angola. © Alain Jocard/AFP

Le parti au pouvoir en Angola a officiellement lancé samedi sa campagne pour les élections générales d’août 2017, en l’absence du chef de l’Etat José Eduardo dos Santos qui ne briguera pas un autre mandat selon des sources internes à la formation.

La cérémonie, organisée dans le stade du 11 novembre de Luanda en présence de plusieurs milliers de personnes, était présidée par le ministre de la Défense, Joao Lourenço, présenté comme le successeur de M. dos Santos.

La semaine dernière, des sources internes au Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA, au pouvoir) avaient indiqué que le chef de l’Etat, au pouvoir depuis 37 ans, ne serait pas candidat à sa succession.

Selon ces mêmes sources, l’ancien général Lourenço, et actuel numéro 2 du parti, a été nommé tête de liste du MPLA pour les élections générales de 2017. Il deviendra donc président en cas de victoire du parti.

Depuis cette « fuite », le MPLA et la présidence étaient cependant restés muets, et la population angolaise attendait l’officialisation de ces décisions samedi, à l’occasion du 60e anniversaire du parti.

Mais le MPLA, formation politique d’origine marxiste-léniniste, est resté fidèle à sa réputation d’opacité, et n’a pas fait publiquement d’allusion samedi au départ du président dos Santos.

La vice-présidente du parlement et membre du comité central du MPLA, Joana Lina, a cependant confirmé à l’AFP l’information.

« Au sein du parti, nous savons qui sera le successeur du président dos Santos et le candidat du parti aux élections », a-t-elle déclaré sans toutefois lâcher de nom.

« Ce n’était pas aujourd’hui le moment opportun de l’officialiser. L’annonce officielle sera faite dans quelques jours », a-t-elle ajouté sans plus de précisions.

Selon le programme des cérémonies samedi, M. dos Santos devait présider le lancement de la campagne électorale. Aucune raison officielle n’a été avancée pour expliquer son absence.

Le président, âgé de 74 ans, est souffrant depuis plusieurs années et effectue régulièrement des séjours en Europe pour se faire soigner. Sa maladie est « un secret de Polichinelle », explique à l’AFP Didier Péclard, spécialiste de l’Angola à l’université de Genève.

« Victoire entre nos mains »

L’annonce la semaine dernière de son départ n’a pas surpris outre mesure.

M. dos Santos, le vice-doyen africain en terme de longévité au pouvoir, avait lui-même annoncé en mars son intention de mettre fin à sa carrière politique en 2018.

C’est son très probable successeur, Joao Lourenço, un pur produit du régime angolais, qui a présidé la cérémonie samedi.

« Le MPLA est l’unique parti capable de gouverner et diriger l’Angola », a-t-il affirmé devant des milliers de partisans.

« La victoire est entre nos mains », a-t-il ajouté, vêtu d’un pantalon noir et d’une chemise rouge rehaussée d’une écharpe jaune d’or, les couleurs du drapeau angolais.

« Notre parti a l’avantage d’être déjà au pouvoir. Nous avons tout pour gagner les élections. Le MPLA est le seul parti qui a décroché l’indépendance. A part le MPLA, il n’existe pas d’autre parti », a-t-il lancé.

L’Angola a mis fin au régime du parti unique en 1991, mais le MPLA, au pouvoir depuis l’indépendance en 1975 de cette colonie portugaise, a continué de diriger le pays.

Jusqu’à récemment, les enfants de M. dos Santos, notamment sa fille Isabel, une milliardaire à la tête de la compagnie pétrolière nationale Sonangol, étaient pressentis pour succéder à leur père à la présidence.

Mais le ministre de la Défense semble avoir profité d’un concours de circonstances favorables. « Plusieurs personnes haut placées dans le parti ont tapé du poing sur la table » dans l’hypothèse où l’un des enfants dos Santos prendrait sa succession, a expliqué à l’AFP Soren Kirk Jensen, du centre d’études Chatham House à Londres.

Et ils ont poussé la candidature de Joao Lourenço, « à la réputation de modéré », a-t-il ajouté.

Jeuneafrique.com avec AFP