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Journal international du vendredi 2 octobre 2020

octobre 2, 2020

Avec TV5Monde

Congo/Témoignage : Fondateur de «La Semaine de l’AEF», Jean Le Gall était un visionnaire de la presse catholique d’Afrique

mars 17, 2015

Jean Le Gall en septembre 1952.

Il y a des hommes dont la mission est de se charger du destin des autres. Cela peut paraître grandiloquent, parlant d’un missionnaire spiritain comme le Père Jean Le Gall, rappelé à Dieu vendredi 13 mars dernier, et qui repose, depuis le lundi 16 mars, à Langonnet, sur cette terre du Morbihan qui le vit naître en 1919. Pourtant, il n’y a pas d’exagération à user de superlatifs, pour parler de cet homme, prêtre «de la coloniale», mais qui vint servir sur les bords du Congo, dans un registre où le catéchisme et les exercices de piéténe passaient pas, pas seulement chez lui, par le seul fait de réciter la bible, en vue de la première communion.

Le Père Le Gall était, et oui, journaliste. Un de ces hommes de médias comme seule la Congrégation du Saint-Esprit a su nous en gratifier au siècle passé. Je le vois encore, enregistreur ou reflex en bandoulière, partant en reportage. Voir? C’est en tout cas la photo de lui qui m’a marqué de toutes celles que j’ai retrouvées dans les archives de La Semaine Africaine. Car, le Père Jean Le Gall est le fondateur du journal La Semaine Africaine que vous tenez en main.

Il a changé le destin de l’Afrique centrale. Oui! Car, il ne s’est pas contenté d’obéir à un ordre de ses supérieurs, en publiant, en ce jeudi 4 septembre 1952, le premier numéro du journal «La Semaine de l’AEF», qui devint «La Semaine Africaine», «La Semaine», puis, de nouveau, «La Semaine Africaine»: un témoin de ce qui s’est passé dans cette région en bon et en pire. Un aiguilleur d’opinion, un éveilleur des consciences.

Le Père Le Gall aurait pu se contenter de faire un travail a minima. Il fit un journal. Avec conviction. «L’Afrique bouge, il faut bouger avec elle», écrivit-il alors. A une époque où le futur de cette Afrique qui s’annonçait iconoclaste se déclinait en craintes de confrontations, «accompagner l’Afrique» pouvait sembler paternaliste ou provocateur, mais pas synonyme de ce que le Père Le Gall a dit et fait. Il ne s’est pas agi, ou alors bien peu, de tenir la bride à une Afrique qui s’annonçait turbulente et dépravée, en se détournant de Dieu et de l’Eglise. Le Père Le Gall a mis sur pied un outil vrai de réflexion (dans toutes les acceptions du mot), de ce que l’Afrique pensait; de ce dont elle se détournait; de ce dont elle rêvait. Pas même peur: parmi la communauté française de l’époque, il n’est pas exclu que le nouveau journal ait été mal vu, en tout cas considéré comme un instrument de perdition venu accélérer la déliquescence d’une Afrique en déperdition, loin de la «mère patrie». La Semaine Africaine, faut-il le rappeler, naît huit ans avant les indépendances de 1960!

Les élites d’alors, toutes formées à l’école de la mission, sont aussi celles qui commencent, telle la chèvre de Monsieur Seguin, à lorgner par-dessus le muret, à contester la présence française et, donc, à interroger l’Eglise sur la validité de son message, dans une Afrique brûlant de se prendre en main.

Cet esprit, le journal va l’accompagner. Le Père Le Gall va l’incarner sans laisser paraître l’écartèlement que l’on aurait supposé chez ce qui tenait en lui du Français (et même, c’est autre chose, du Breton!), du spiritain et du journaliste. Lorsqu’il décide de recruter du personnel africain, c’est lui qui donne leur chance aux premiers journalistes de chez nous. S’affirment alors des plumes comme Arsène Samba, Sylvain Mbemba, Bernard Mackiza et Fulbert Kimina-Makumbu. Et dans l’ombre, d’autres mains africaines se saisissaient de ce que des têtes africaines ont «pondu»: souvenir ému d’André Sizamba «Makayabu» qui est, de tous nos distributeurs, celui qui est resté le plus constant dans la fidélité à Jean Le Gall et que, même sur son lit de mort, il continuait d’appeler «mon père», avec plus d’affection que de seul sens de respect à la fonction.

Le Père Le Gall nous a, d’une manière ou d’une autre, préparés à ce métier. Si je suis entré à La Semaine Africaine, alors qu’il en était parti depuis des années, c’est un fait que nos chemins avaient tout pour se croiser, dans le temps et dans l’espace. Son premier poste d’affectation fut ma paroisse de naissance, Kibouendé. Pour la rédaction de ma thèse de doctorat à l’Institut français de presse, je passai de longues journées avec lui en entretiens, aussi bien à Auteuil qu’à Chevilly-Larue, ou même au téléphone. Plus tard, nous nous retrouvâmes avec le même bonheur d’évocation du passé à Rome, lui au séminaire pontifical français et moi à Radio Vatican. Nous commentions notre journal que nous continuions de recevoir l’un et l’autre. Il avait un humour décapant, mais qu’il ne dégainait que par moments. Comme contraint.

En tout cas, au moment où le Morbihan ravale le fils qu’il donna à l’évangélisation lumineuse de l’Afrique par les médias, je ne peux m’empêcher de penser que sans le Père Le Gall, l’Afrique centrale n’aurait pas eu un merveilleux instrument d’information et d’archivage comme La Semaine Africaine.

C’est un de ses successeurs dans ce journal, le Père Paul Coulon, lui aussi spiritain, qui m’annonça la nouvelle avec un commentaire qui me rendit triste: «Qui sait encore qu’il a fondé La Semaine?». Quelle que soit la réponse, elle doit tenir de l’impératif de mémoire et du devoir de reconnaissance chez tous, dans notre pays, pas seulement chez les catholiques.

Rappeler qu’il y eut des missionnaires, ici, qui tracèrent la voie. Il y eut ceux qui fendaient les savanes à coups de machette, pour porter l’évangile. Mais, il y eut aussi un Jean Le Gall, sur d’autres sentiers tout aussi fondateurs de la naissance nouvelle de l’homme à sa dignité. A son destin d’intellectuel, de citoyen et de chrétien, au cœur de l’Afrique.

Albert S. MIANZOUKOUTA
Ancien Rédacteur-en-chef adjoint, ancien Secrétaire
de Rédaction de La Semaine Africaine.

Pays-Bas : un homme armé interrompt le journal de 20H00

janvier 29, 2015

La Haye – Un homme armé a interrompu jeudi soir le journal de 20H00 de la télévision néerlandaise (NOS) et exigé du temps à l’antenne pour des motifs encore non élucidés, avant d’être maitrisé par la police, selon des images publiées par la NOS.

Habillé d’un costume noir, d’une chemise blanche et d’une cravate sombre, portant des lunettes, l’homme avait en main ce qui ressemblait à un pistolet équipé d’un silencieux, peut-on voir dans une vidéo de près de cinq minutes mise en ligne sur le site de la NOS.

http://www.dailymotion.com/video/x2fy3oh_un-homme-arme-debarque-au-jt-de-20h-de-nos_news

L’homme armé a brièvement pris en otage un employé de la NOS, invisible à l’écran, avec lequel il s’est entretenu durant environ quatre minutes.

Selon la NOS, l’homme a menacé avec son arme un garde de la sécurité et demandé à être emmené sur le plateau du journal de 20H00. Le garde l’a en fait emmené sur un autre plateau, d’où la scène a été enregistrée.

Le bâtiment de la télévision ayant été évacué, le journal de 20H00 a été interrompu bien que le preneur d’otage n’y ait pas fait irruption. Un message diffusé à l’écran disait un moment s’il vous plaît.

S’exprimant calmement mais de manière sibylline, l’homme a demandé à passer à l’antenne : les choses qui vont être dites sont d’importance mondiale. Nous avons été engagés par les services secrets et nous avons entendu des choses qui mettent la société actuelle en doute. Et nous allons les révéler maintenant, a-t-il dit.

Lorsque quatre policiers néerlandais ont pénétré le studio en pointant leur arme sur l’homme, ce dernier a immédiatement lâché son revolver et levé les mains en l’air.

Romandie.com avec(©AFP / 29 janvier 2015 22h23)

Congo/Blaise Bakoua, fondateur du journal «Epanza Makita» : «La démocratie doit s’exercer dans le dialogue et non dans les dénonciations tapageuses»

juillet 4, 2014
Blaise Bakoua

Blaise Bakoua

Observateur de la vie politique nationale, Blaise Bakoua a mis les pieds dans le monde de la presse, en créant le bimensuel satirique «Epanza Makita». Mais le journal ayant, actuellement, des difficultés de parution, il a choisi les colonnes de La Semaine Africaine, pour exprimer son point de vue sur certaines questions qui concernent la vie politique nationale. Il estime que «la démocratie doit s’exercer dans le dialogue et non dans les dénonciations tapageuses». Entretien.

* Pourquoi le bimensuel Epanza Makita ne paraît plus ces derniers temps?

** Merci bien de me donner l’occasion de m’exprimer à travers les colonnes de votre journal. Pour répondre à votre question, je dirais que personnellement, j’ai eu un sérieux problème de santé qui, pendant des mois, ne m’a pas permis de suivre correctement et de garantir les conditions de parution de mon journal. L’équipe en place étant confrontée à des difficultés financières, elle était obligée de suspendre la parution du journal.

Je saisis cette opportunité pour remercier les personnalités qui m’ont aidé à me faire soigner à l’étranger. Grâce à leur soutien, j’ai aujourd’hui retrouvé ma santé. Mais, je n’ai pas encore réussi à relancer le journal.

* On trouve que votre bimensuel est très critique vis-à-vis de certains leaders politiques, qu’en pensez-vous?

** Les gens peuvent avoir leur jugement sur ce que nous faisons. Mais moi, j’ai toujours défendu la démocratie pluraliste, depuis l’époque du président Massamba-Débat où j’étais même condamné à mort par le tribunal populaire. J’ai accompagné le président Bernard Kolélas dans sa lutte pour la démocratie, depuis 1964. C’est au nom de cet idéal démocratique que je m’étais engagé au sein des Forces démocratiques et patriotiques qui soutenaient le président Sassou Nguesso, contre le gouvernement du président Lissouba qui prônait la démocratie de l’intimidation.

Je demeure fidèle à cet engagement auprès du président Sassou, dès lors qu’il garantit la démocratie, les libertés citoyennes et le développement du Congo, comme cela figure dans ses programmes successifs, «La Nouvelle Espérance» hier et «Le Chemin d’avenir» aujourd’hui.

Dans notre journal, nous critiquons sévèrement les acteurs politiques qui sont maladroits vis-à-vis des principes démocratiques et de la bonne gouvernance; ceux qui, autour du président de la République, privilégient leurs intérêts personnels, au détriment de la cause générale de la démocratie, de la bonne gouvernance et du développement; ceux qui jouent à l’hypocrisie.

* Concrètement, qu’est-ce que cela signifie?

** Lorsque, par exemple, le leader du M.c.d.d.i prend des positions publiques contre la politique actuelle du chef de l’État, alors qu’il est allié de la majorité présidentielle, nous dénonçons son hypocrisie. Car, quand on est allié de la majorité, il y a des canaux appropriés pour régler les incompréhensions ou les différends qui peuvent surgir. Mais, on ne peut pas surexciter ses militants, créer la confusion dans leur esprit, en les dressant contre les autres et croire que c’est la bonne méthode pour régler les problèmes qu’il a au sein de la majorité. Et si les autres répondent en dressant leurs militants contre ceux du M.c.d.d.i, qu’est-ce qui va se passer? Cela exposera le pays à des situations difficiles que nous avons déjà connues. Nous ne voulons plus de ça. La démocratie doit s’exercer dans le dialogue et non dans les dénonciations tapageuses qui ont déjà produit des effets néfastes dans le passé, au Congo.

* Et que dites-vous de ceux qui pensent que le Rassemblement citoyen, le parti du ministre N’Silou, s’oppose au changement de constitution, alors qu’il est à la majorité?

** A ma connaissance, le R.c n’a pas encore donné sa position définitive dans le débat constitutionnel. D’ailleurs, il n’est pas le seul parti de la majorité à ne s’être pas encore prononcé. Même le P.c.t n’a pas encore donné sa position définitive.

Le R.c fait des propositions au niveau de la majorité, en suscitant des questions de fond. D’où vient que certains médias, soutenus par des hommes politiques, créent des malentendus, pour vouloir discréditer les vrais amis du président de la République? Le R.c a élevé le débat et certaines de ses propositions sont reprises par d’autres acteurs politiques. Ceux qui ne l’ont pas bien compris n’ont qu’à relire ses messages, au lieu de créer la confusion.

* Que pensez-vous de l’évolution du débat constitutionnel?

** Je soutiens les directives du chef de l’État qui a dit que les Congolais doivent librement se prononcer dans ce débat, dans le respect de l’ordre public. A la fin, le peuple tranchera. Donc, je suppose qu’il y aura un référendum et les Congolais eux-mêmes se prononceront, s’il faut oui ou non changer la Constitution. Mais, les hommes politiques doivent éviter la passion, la haine. Il faut plutôt convaincre. Je pense qu’il faut doter notre pays d’une Constitution qui garantisse l’épanouissement démocratique et la bonne gouvernance.

Lasemaineafricaine.net propos recueillis par Joël NSONI