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Soldats russes et ukrainiens s’affrontent dans les rues de Sievierodonetsk

mai 30, 2022

L’armée ukrainienne affirme avoir lancé une contre-offensive dans la région de Kherson, aux mains des troupes russes depuis le début du conflit.

Un soldat ukrainien marche près d'une usine détruite.

L’étau russe se resserrait sur Sievierodonetsk depuis plusieurs jours. Photo : AP/Francsico Seco

La guerre en Ukraine se déroule sur deux fronts lundi, l’armée ukrainienne subissant les assauts des troupes russes à Sievierodonetsk, son dernier bastion dans la région de Louhansk, dans l’est, tout en menant une contre-attaque dans la région de Kherson, dans le sud.

À Sievierodonetsk, l’armée russe est entrée dans la ville, a confirmé le gouverneur de Louhansk, Serguiï Gaïdaï, qui fait état non seulement de bombardements aériens, mais aussi de combats de rue. Les derniers bombardements sur la ville ont tué deux civils et en ont blessé cinq autres, a dit M. Gaïdaï.

Dans un message subséquent sur Telegram, le gouverneur a annoncé que des opérations d’évacuation de civils qui étaient en cours en matinée ont été interrompues après qu’un convoi eut été touché par des tirs russes. Un journaliste français qui s’y trouvait a été tué, a annoncé M. Gaïdaï.

Le président français Emmanuel Macron a confirmé peu après que la victime est Frédéric Leclerc-Imhoff, un vidéaste de la d’information en continu BFMTV. La cheffe de la diplomatie française Catherine Colonna a exigé […] une enquête transparente dans les meilleurs délais pour faire toute la lumière sur sa mort.

Sievierodonetsk est la dernière grande ville de la région de Louhansk qui échappe encore au contrôle des forces russes. Si elle tombe, ce qui paraît inévitable, la ville étant presque entièrement encerclée, la Russie pourra se concentrer sur la conquête des dernières portions de la région de Donetsk.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a répété à la chaîne de télévision française TF1 que la libération du Donbass, était la priorité absolue de Moscou, le Kremlin ayant reconnu fin février l’indépendance des républiques populaires de Louhansk et de Donetsk.

Depuis l’échec de ses offensives contre Kiev et Kharkiv, l’armée russe est revenue à sa tactique habituelle, déjà mise à l’œuvre en Tchétchénie ou en Syrie, consistant à écraser les villes ennemies sous un déluge de bombes et de tirs d’artillerie avant de lancer l’assaut, a souligné M. Gaïdaï.

Ils [les soldats russes] bombardent pendant plusieurs heures d’affilée, pendant trois, quatre, cinq heures, puis lancent l’assaut. Ceux qui attaquent se font tuer. Alors, ils recommencent à bombarder et attaquent à nouveau, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’ils réussissent une percée, a dit le gouverneur à la télévision ukrainienne.

Contre-offensive ukrainienne dans Kherson

L’armée ukrainienne a par ailleurs lancé en fin de semaine une contre-offensive dans la région de Kherson, dans le sud du pays. Avec des troupes provenant de la Crimée, l’armée russe s’en était rapidement emparée dans les premières semaines du conflit.

Dans son point de situation publié dans la nuit de dimanche à lundi, l’armée ukrainienne affirme avancer dans la région, du côté des villages d’Andriyivka, Lozove et Bilohirka.

Un bulletin ultérieur publié lundi matin ne donne pas de précision quant à Kherson, mais indique que les forces russes ont fait venir des forces spéciales à Mykolaïv, la ville voisine, dans le dessein de mener des actions offensives pour récupérer des positions perdues.

Aucun commentaire côté russe n’a été fait dans un premier temps concernant les affirmations de Kiev faisant état de la construction de lignes défensives par les troupes russes autour de Kherson.

Cette contre-offensive ukrainienne sur Kherson intervient alors que les nouvelles autorités de la ville, désignées par le Kremlin, ont d’ores et déjà exprimé le souhait d’être rattachées à la Russie, laquelle a annoncé qu’elle allait permettre aux habitants de demander un passeport russe via une « procédure simplifiée ».

Une voiture explose à Melitopol, en territoire conquis

Une voiture a explosé lundi matin à Melitopol, ont indiqué lundi les autorités prorusses de cette ville du sud de l’Ukraine occupée par les forces russes et le comité d’enquête russe, qui accusent Kiev d’être derrière cet attentat.

Vers 8 h du matin, une voiture piégée a explosé dans le centre de la ville, a écrit l’administration de la cité située dans la région de Zaporijia, près de la mer d’Azov.

Le comité d’enquête russe, puissant organe chargé des investigations des crimes les plus graves, a ensuite indiqué que trois personnes ont été blessées dans cette explosion organisée par des saboteurs ukrainiens et deux d’entre elles hospitalisées.

Le comité d’enquête de la Fédération de Russie identifiera les personnes impliquées dans ce crime afin de les traduire en justice, assure-t-il, bien qu’il s’agisse de faits en territoire ukrainien.

Les autorités prorusses d’occupation avaient précédemment rapporté que deux bénévoles qui apportaient de l’aide humanitaire âgés de 25 et 28 ans avaient été blessés.

C’est un acte terroriste cynique du régime de Kiev, un acte destiné à effrayer les habitants de notre ville, un acte dirigé contre les civils, a de son côté accusé la mairesse prorusse, Galina Daniltchenko, citée par l’agence russe Ria Novosti.

Melitopol a été conquise par les forces russes dans les premiers jours de l’offensive de Moscou en Ukraine. Son maire, Ivan Fedorov, a été enlevé par les Russes le 11 mars, avant d’être libéré quelques jours plus tard. Une administration prorusse a ensuite été installée dans la cité.

Le 23 mai, Andreï Chevtchik, le maire installé par Moscou d’Enerhodar, autre ville du sud de l’Ukraine accueillant la plus grande centrale nucléaire d’Europe, avait aussi été blessé dans une explosion avec deux de ses gardes du corps.

Selon le comité d’enquête russe, une bombe artisanale avait été placée dans une armoire électrique dans l’entrée d’un immeuble résidentiel. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, avait estimé qu’il s’agissait d’un attentat commis par des nationalistes ukrainiens.

Radio-Canada avec les informations de Reuters et Agence France-Presse