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La journaliste gabonaise Pamela Koumba s’adresse aux femmes africaines depuis l’Afrique du Sud

juin 7, 2022

Avec Zoom

Un média allemand recrute la journaliste russe qui a dénoncé la guerre en Ukraine

avril 11, 2022

Marina Ovsiannikova, journaliste russe ayant ouvertement critiqué l’invasion de l’Ukraine, à sa sortie du palais de justice du district Ostankinsky à Moscou, au lendemain de son irruption sur un plateau de télévision à une heure de grande écoute. Photo: Getty Images/-AFP

La journaliste russe Marina Ovsiannikova, qui a fait irruption dans un studio de la télévision d’État russe avec une pancarte antiguerre il y a un mois, a été recrutée par la chaîne d’information allemande Welt.

La journaliste, qui avait fait les manchettes des médias internationaux en défiant le pouvoir russe en plein journal télévisé, agira comme correspondante pour l’entreprise propriétaire de Die Welt, l’un des grands quotidiens allemands, et comme contributrice à son réseau télévisé d’information.

Elle couvrira notamment l’Ukraine et la Russie, a précisé le média.

Welt défend ce qui est défendu avec tant de véhémence par les personnes courageuses sur le terrain en Ukraine en ce moment : la liberté, a déclaré Mme Ovsiannikova, citée par plusieurs médias.

Je considère qu’il est de mon devoir, en tant que journaliste, de défendre cette liberté. Et je suis ravie de pouvoir le faire maintenant pour Welt, ajoute-t-elle, alors que le Kremlin a radicalement resserré l’étau sur l’information.

« Ma vie est divisée en un avant et un après. Les principes moraux ont fini par prendre le pas sur le bien-être, la tranquillité d’esprit et une vie bien réglée. La guerre en Ukraine a été le point de non-retour et le moment où il n’était plus possible de se taire. »— Une citation de  Traduction du début du premier texte de Marina Ovsiannikova publié sur le site de Welt

Dans un communiqué, le rédacteur en chef du groupe Welt, Ulf Porschardt, s’est dit enthousiaste à l’idée de travailler avec elle, estimant qu’elle avait défendu l’éthique journalistique la plus importante, malgré la menace de répression de l’État russe.

Le chef de la Douma évoque la déchéance de la nationalité russe

Le président de la chambre basse du Parlement russe, Viatcheslav Volodine, a dénoncé l’embauche de Marina Ovsiannikova par un quotidien occidental.

Maintenant, elle va travailler pour un pays de l’OTAN, justifier les livraisons d’armes aux néonazis ukrainiens, l’envoi de mercenaires étrangers pour combattre nos soldats et défendre les sanctions contre la Russie, a-t-il déclaré sur la plateforme de discussion en ligne cryptée Telegram.

Il l’a citée en exemple en proposant de déchoir de leur nationalité les traîtres opposés à l’offensive en Ukraine.

« La vaste majorité de nos concitoyens soutient l’opération militaire spéciale en Ukraine, ils comprennent sa nécessité pour la sécurité de notre pays et de notre nation. Mais il y a aussi ceux qui se comportent avec lâcheté, avec traîtrise. »— Une citation de  Viatcheslav Volodine, président de la chambre basse du Parlement russe

Hélas, pour de tels [individus], il n’existe pas de procédure de déchéance de la citoyenneté et d’interdiction d’entrer dans notre pays. Mais peut-être que ce serait bien, a poursuivi le chef de la Douma.

Le pouvoir russe a fait taire les médias indépendants et renforcé la répression au cours des dernières semaines. Il a par exemple adopté une loi qui réprime, selon les prétentions du Kremlin, toute fausse information sur l’armée russe.

La loi, qui interdit entre autres de qualifier l’invasion russe de guerre, prévoit des peines pouvant aller jusqu’à 15 ans de prison pour la diffusion d’informations mensongères.

Les autorités russes ont aussi interdit Facebook et Instagram en plus de restreindre l’accès à Twitter et de réprimer les manifestations antiguerre.

Selon l’organisation OVD-Info, qui recense les arrestations politiques et fournit de l’aide juridique aux détenus en Russie, plus de 15 400 manifestants antiguerre, en date du 11 avril, ont été détenus depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, le 24 février dernier.

Même des Russes armés d’une seule feuille blanche ont été arrêtés.

Un coup d’éclat

À la mi-mars, Maria Ovsiannikova, alors productrice de Pervy Kanal, la plus puissante chaîne télévisée de Russie, avait profité du principal programme dit d’informations, diffusé en direct à heure de grande écoute, pour exprimer son opposition à la guerre : elle avait surgi derrière la présentatrice munie d’une pancarte sur laquelle on pouvait lire : Arrêtez la guerre. Ne croyez pas la propagande. Ils vous mentent ici.

Choisissant une heure de grande écoute, Marina Ovsiannikova a exprimé son message le mois dernier devant des millions de Russes. Photo : Twitter/@KIRA_YARMYSH

Avant son coup d’éclat, la femme de 43 ans, née d’un père ukrainien et d’une mère russe, avait enregistré une vidéo dans laquelle elle disait regretter d’avoir véhiculé la propagande du Kremlin et d’avoir ainsi permis que le peuple russe soit  »zombifié ». Dans cette vidéo, publiée par OVD-Info, elle appelait également les Russes à se lever contre la guerre.

Rapidement arrêtée pour son geste et interrogée pendant plusieurs heures, elle avait été reconnue coupable d’avoir commis une infraction administrative et condamnée à payer une amende de 30 000 roubles (un peu moins de 350 $ CA).

Outre cette sentence clémente, elle risque toujours des poursuites pénales passibles de lourdes peines de prison, en vertu de la nouvelle loi interdisant toute fausse information sur l’armée russe.

Dans une entrevue accordée à l’agence Reuters le mois dernier, Mme Ovsiannikova indiquait ne pas avoir l’intention de quitter son pays, même si elle s’avouait inquiète pour sa sécurité. Elle disait espérer que son geste ouvrirait les yeux des Russes sur la propagande du pouvoir.

Il y a trois semaines, une journaliste russe d’une grande chaîne de télévision qui était en poste à l’étranger a également dénoncé la guerre en Ukraine et la propagande du Kremlin. Au cours d’une conférence de presse organisée par l’organisation de défense des journalistes Reporters sans frontières (RSF) à Paris, Zhanna Agalakova, qui a démissionné de son poste, a elle aussi déploré que ses concitoyens soient zombifiés.

Le climat qui règne en Russie semble de plus en plus hostile à toute voix qui s’élève contre l’offensive militaire, et la délation de citoyens envers les opposants à la guerre s’ajoute à la censure des autorités.

Ce week-end, le New York Times faisait état de cas de délation, notamment à l’encontre d’enseignantes, vraisemblablement dénoncées par leurs élèves adolescents.

Radio-Canada par Sophie-Hélène Lebeuf avec les informations de Reuters et AFP

Mali : Olivier Dubois, une preuve de vie fait renaître l’espoir

mars 14, 2022
Olivier Dubois est retenu en otage par l’organisation jihadiste GSIM au Mali depuis le 8 avril 2021. © AFP PHOTO / UNKNOWN SOURCE

Après onze mois de captivité, l’otage français au Sahel du GSIM est apparu dans une vidéo non datée. Il remercie ses proches et exhorte le gouvernement français à « faire son possible » pour œuvrer à sa libération.

« Je m’appelle Olivier Dubois, j’ai été enlevé le 8 avril 2021 à Gao par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans [GSIM]. Ce message s’adresse à ma famille, à mes proches, ainsi qu’à mon gouvernement. » Dans une vidéo non datée et non authentifiée d’une minute et huit secondes, le journaliste français fixe l’objectif, adossé à un mur de béton. D’une voix posée, l’otage adresse ses premiers mots à ses proches : « À ma famille, merci pour tous vos messages radio. Tous les mois, ils sont une bouffée d’air frais et d’espoir », assure-t-il.

Plus spécifiquement à sa compagne et à ses enfants. « À Déborah, je me tiens de l’autre côté du trait d’union que tu as créé à chaque coucher de soleil. La photo des enfants m’est parvenue, dis-leur que je les aime et que je pense fort à eux », ajoute Olivier Dubois, qui confirme bien qu’il reçoit, là où il se trouve dans le désert sahélien, sans doute par l’intermédiaire de Radio France internationale, les messages de sa famille et des échos de la mobilisation de ses proches et des médias qui l’employaient, parmi lesquels Jeune Afrique.

Il s’adresse également à ses parents, en particulier à son père, dont les mots ont un « impact » et lui permettent de garder espoir en  « pensant que le printemps arrivera ».

La dernière vidéo assurant que le professionnel indépendant de 47 ans, collaborateur régulier de Jeune Afrique mais aussi de Libération et du Point, était en vie avait été diffusée le 5 mai 2021. Assis en tailleur sur une natte, Olivier Dubois y confirmait son enlèvement par le GSIM. Dans ce court message, il avait appelé « [sa] famille, [ses] amis et les autorités françaises » à faire « tout ce qui [était] en leur pouvoir » pour le libérer.

Soulagement

Dans cette nouvelle vidéo qui circule sur les réseaux sociaux depuis samedi 12 mars, Olivier Dubois semble bien se porter malgré onze mois de captivité. Portant une barbe de trois jours et arborant un chèche bleu autour du cou, le Français semble relativement en forme et déclare souhaiter que la mobilisation se poursuive. « À tous ceux qui, de près ou de loin, œuvrent à ma libération, s’il vous plaît, continuez de le faire. À mon gouvernement, je demande de continuer à faire son possible pour œuvrer à ma libération. » Même s’il est « conscient que [son] cas est une petite chose face aux défis et aux évènements auxquels il doit faire face ».

Cette preuve de vie est un soulagement pour ses proches qui, depuis le 8 avril 2021, s’activent pour obtenir sa libération. De Paris à Bamako, le comité de soutien, baptisé #FreeOlivierDubois, n’a cessé de multiplier les initiatives. À l’occasion de l’anniversaire de ses onze mois de captivité, le 8 mars dernier, le visage d’Olivier Dubois a été projeté sur la façade du Panthéon, dans la capitale française. Pour que l’otage ne soit pas oublié, ses proches, soutiens et confrères s’étaient donné rendez-vous à Paris pour dire leurs espoirs de le voir bientôt recouvrer la liberté. Depuis sa prison à ciel ouvert, Olivier Dubois en fait tout autant : « Hier comme aujourd’hui, je continue de garder espoir », a-t-il rappelé.

Avec Jeune Afrique par Fatoumata Diallo

France: Jean-Pierre Pernaut, star du « 13 heures » de TF1 pendant trente-deux ans, est mort

mars 3, 2022

De 1988 à 2020, il a présenté le journal de la mi-journée, réunissant chaque jour 5 millions de téléspectateurs. Le journaliste, qui promouvait la proximité et les terroirs, s’est éteint mercredi, à l’âge de 71 ans.

Jean-Pierre Pernaut posant sur un plateau de la chaîne de télévision française TF1 à Paris, le 22 février 1988.
Jean-Pierre Pernaut posant sur un plateau de la chaîne de télévision française TF1 à Paris, le 22 février 1988. GEORGES BENDRIHEM / AFP

« J’appréhende mon dernier “13 heures” », confiait-il au Parisien à la veille de présenter son ultime journal sur TF1, le 18 décembre 2020, alors que 5 millions de téléspectateurs en moyenne le suivaient chaque jour depuis trente-deux ans. Un déchirement pour le présentateur du JT de la mi-journée le plus regardé d’Europe, dicté déjà par le cancer. Jean-Pierre Pernaut est mort mercredi 2 mars, à l’âge de 71 ans, a annoncé mercredi à l’Agence France-Presse l’agent de son épouse Nathalie Marquay-Pernaut.

« Le père de Tom, Lou, Olivier et Julia est décédé des suites de son cancer du poumon », a-t-elle déclaré, quelques minutes avant que TF1 confirme la disparition du journaliste.

Surtout ne pas parler de « longue maladie », expression qu’il abhorrait depuis sa rencontre avec Nathalie Marquay, Miss France 1987 qui avait vaincu une leucémie. Mariés en 2007, ils avaient eu deux enfants, Tom et Lou, qui avaient rejoint les deux aînés, nés de sa première union avec Dominique Bonnet : Julia et Olivier. Avec ce dernier, team manageur, ils partageaient la même passion pour l’automobile.

Opéré d’un cancer de la prostate en 2018, Jean-Pierre Pernaut était revenu sept mois plus tard, jusqu’au confinement, reclus pendant quatre-vingt-trois jours chez lui, à Louveciennes (Yvelines). Il avait été opéré du cancer d’un poumon en juillet 2021, le second était touché en novembre, inopérable. Depuis, ce catholique pratiquant tenait à partager son combat, comme dans La Vie d’après, sur C8, le 9 décembre 2021, sa première infidélité à TF1 en quarante-cinq ans de carrière.

Une proximité non feinte

Diplômé de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille (ESJ) en 1975, puis stagiaire au Courrier picard, le futur « JPP » apparaît ainsi pour la première fois à l’écran en août 1972, à 22 ans, au temps de l’ORTF. Avant d’être contacté par TF1 et d’intégrer la chaîne le 6 janvier 1975, jour de sa création.

Ce n’est que le 22 février 1988, à 13 heures, qu’il prend la suite d’Yves Mourousi, jugé trop parisianiste. Alors que le patron de TF1 Patrick Le Lay lui demande de jouer la proximité, Jean-Pierre Pernaut a l’idée de créer un réseau de correspondants (aujourd’hui composé de 19 bureaux et 150 journalistes). Résultat, cinq mois après son arrivée, son « 13 heures » passe devant celui d’Antenne 2, pour ne plus quitter la première place – même depuis que Marie-Sophie Lacarrau lui a succédé, en janvier 2021.

Cette proximité, qui assure son succès, n’est pas feinte. Comme les gens qui le regardent, Jean-Pierre Pernaut parle sans prompteur, conduit sa voiture, peste contre les « bouchons », pousse des coups de gueule, fait ses courses… en dépit d’un bon salaire, qu’il assume. Il ose même parler d’argent dans « Combien ça coûte? » (de juillet 1991 à mai 2010).

Parallèlement, il a le soutien de sa hiérarchie : « Jamais, en trente-trois ans, un patron de TF1 ne m’a téléphoné pour me dire “il faut faire ça” », assure-t-il dans « Focus » du 25 septembre 2020.

Pourtant les critiques fusent. On lui reproche d’exacerber la rivalité province-Paris, alors que, né à Amiens le 8 avril 1950 et ayant grandi à Quevauvillers (Somme), il cible régulièrement les journalistes parisiens ; on l’accuse surtout d’être populiste. « Si s’intéresser aux gens, c’est être populiste, alors je le suis », répond-il dans Aujourd’hui en France, le 6 février 2015. Pas réac mais « conservateur » ; il s’enorgueillit d’avoir « senti la crise des “gilets jaunes” deux ans avant tout le monde » (Focus, 25 septembre 2020). « Le trait de génie de Pernaut avait été de comprendre qu’après les années 1980 fric et frime, le public avait soif d’écologie, d’authenticité, de vraies valeurs », note l’écrivain Michel Houellebecq dans La Carte et le Territoire (Flammarion, 2010)

La marque de fabrique de « JPP » restera les reportages de proximité, du savetier au boulanger. Même s’il a été, aussi, un des premiers Occidentaux à pénétrer dans la zone interdite de Tchernobyl, le 22 avril 1990. Et s’il a interviewé quatre chefs d’Etat : François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron (François Hollande ayant refusé).

Depuis son départ du JT, le journaliste avait lancé JPPTV.fr, plate-forme sur le patrimoine des régions, et animé « Jean-Pierre et vous », le vendredi sur LCI. En plus de ses activités d’auteur (L’Almanach des régions33 ans avec vous…, aux éditions Michel Lafond) et de sa passion pour le théâtre (il a coécrit Piège à Matignon et Régime présidentiel).

Jean-Pierre Pernaut en quelques dates

8 avril 1950 Naissance à Amiens (Somme)

1988-2020 Présentateur du « 13 heures » de TF1

2 mars 2022 Mort à l’âge de 71 ans

Avec Le Monde par Catherine Pacary

RDC-Prix Lokumu 3 : Nioni Masela sacrée meilleure journaliste culturelle

novembre 29, 2021

Chargée de la rubrique culture du quotidien Le Courrier de Kinshasa, représentation kinoise de l’Agence d’information d’Afrique centrale avec Les Dépêches de Brazzaville, qu’elle anime depuis sa création en 2008, Nioni Masela est sortie de la soirée des arts, tenue le 26 novembre au Musée de Kinshasa et retransmise en direct sur Digital Congo TV, le cœur joyeux et léger, son trophée à la main.

Nioni Masela sacrée « Journaliste culturelle » de l’année (Adiac)

Photo 1 : Nioni Masela sacrée « Journaliste culturelle » de l’année /Adiac

Tenue pour la meilleure des cinq nominés de la catégorie « Journaliste culturel » de l’édition 2021 du Prix Lokumu Arts.cd, Nioni Masela a été récompensée sous une salve d’acclamations la soirée du 26 novembre. Le jury, composé d’éminentes personnalités de l’univers culturel de la République démocratique du Congo (RDC), en l’occurrence le Dr Henri Kalama, Didier Mpambia, Myoto Liyolo, Julie Ngala, Djo Moupondo et Eric Nice, lui a fait l’honneur de se lever à son passage. Celui-ci l’a sélectionnée associant son choix au vote des internautes. Ces derniers l’ont, à l’instar du jury présidé par le directeur général de l’Académie des beaux-arts, préféré à ses challengers Yves Kalwira (Goma), Joe Bangato Richard Mukadi Kayumba (Tshikapa) et Jordache Diala. En effet, les votes clôturés à quelques heures de l’événement, le  25 novembre, l’ont donné pour favorite avec 500 voix contre 389 accordées à son principal challenger, l’animateurs-télé de Goma, Yves Kalwira.

Emue d’avoir été sélectionnée à l’unanimité, Nioni Masela a dès lors adressé de vifs remerciements aux votants. La journaliste culturelle a particulièrement apprécié le fait d’avoir été « votée à près de 80% par les artistes ».

En effet, au sortir de l’événement, la plume culturelle du Courrier de Kinshasa et par ricochet des Dépêches de Brazzaville, sa jumelle, est revenue sur son adresse aux artistes affirmant avoir été marquée par leur soutien. « Nominée pour la seconde fois cette année, j‘ai réalisé que contrairement aux stars et notoriétés que sont la plupart des artistes nominés, dont les fans sont les mélomanes, fans et autres grands admirateurs ou amateurs des arts, mes supporters à moi sont les artistes », a-t-elle affirmé.

Nioni Masela a renchéri: « C’était juste touchant de voir combien de messages sympathiques j’ai reçus des artistes. Plus que mes proches, parents, amis et leur entourage qui ont de même soutenu ma candidature, ils ont insisté sur la qualité de mon travail et du cœur que je mets à l’ouvrage. Que pouvais-je espérer d’autre comme témoignage ? Venant de la part de ces artisans de notre si belle culture que j’ai tant de plaisir à mettre en lumière au travers de ma plume que l’on trouve si belle, je ne peux que me sentir honorée et gratifiée ».

Mais encore, a-t-elle conclu, « de plus, les jurés m’ont tout particulièrement touchée par leur standing ovation. Et, la lueur de joie que j’ai perçue dans leur regard m’a beaucoup émue. Cerise sur le gâteau, le président du jury m’a fait l’insigne honneur de me féliciter en face, se levant à nouveau alors que je venais de recevoir mon trophée. Et Joe Bangato, l’un de mes challengers, m’a félicitée avec de chaudes embrassades ! ».

La chantre Trina Fukiau  primée meilleure « Artiste Gospel » (Adiac)

Photo 2 : La chantre Trina Fukiau primée meilleure « Artiste Gospel » /Adiac

Il sied de rappeler que pour sa troisième édition, le Prix Lokumu avait choisi de faire honneur aux « Journaliste culturel » et « Média culturel ». Ce, a souligné Onassis Mutombo, partant de la conviction qu’il était du devoir d’Arts.cd de reconnaître le mérite de ces personnes qui travaillent à donner plus de visibilité à la culture. Ainsi, à côté de Nioni Masela, la « Journaliste culturelle » de l’année, c’est le magazine culturel en ligne Eventsrdc.com qui a obtenu la palme du meilleur « Média culturel ».

Dix-neuf prix et non vingt

Et pour ce qui est des acteurs de la culture eux-mêmes, le jury a porté son dévolu sur ceux qui se sont distingués au regard de critères énoncés par le Dr Henri Kalama. Il a évoqué, l’un après l’autre, «  l’originalité de l’œuvre, l’engagement de l’artiste dans la promotion de sa discipline, l’engagement citoyen des personnalités culturelles nominées et leurs actions pour le changement de leur environnement à travers des projets sociaux à impact visible ainsi que leur influence positive sur les jeunes ».

Par ailleurs, a-t-il ajouté : « Nous avions aussi tenu compte de la visibilité de l’artiste nominé à travers des productions scéniques de qualité et des expositions publiques tant au pays qu’au niveau international ». Le jury a également fait cas des actions manifestes témoignant de son « dévouement pour la nation, la promotion et la préservation de l’image de la RDC ». Et, quitte à faire ressortir le rôle des médias, il était crucial de veiller sur « la couverture médiatique du nominé ». À savoir notamment si « des articles lui ont été spécialement consacrés dans Arts.cd ou d’autres magazines culturels ».

Isaac Kalonji, prix Lokumu de la « Danse » esquissant quelques pas (Adiac)

Photo 3 : Isaac Kalonji, prix Lokumu de la « Danse », esquissant quelques pas /Adiac

Sur la base des critères susmentionnés, les artistes primés sont Dieudo Hamadi – « Cinéma /Réalisateur », Isaac Kalonji – « Danse », la chantre Trina Fukiau – « Artiste Gospel », DJ Amaroula – «  DJ de l’année », Anastasie Langu – « Prix de la Photographie », Claude Ndayambaje – « Personnalité culturelle », Jupiter Bokondji – « Artiste musicien de l’année », Lumino – « Musique Urbaine », Me Lema Kusa – « Prix l’immortel », Dadju – « Artiste Congolais de la diaspora », Maman Kalunga – « Théâtre Populaire », Yekima de Bel’art – « Poésie Chantée », Majoos feat Koffi Olomide « Meilleure Collaboration », Lebrun Bangala – « Prix de la Mode », Christian Gombo – « Prix de la littérature », Herman Amisi – « Humoriste de l’année » et Roga Roga – « Prix de la Francophonie Afrique centrale  ».

Cependant, le jury a décerné dix-neuf prix au lieu des vingt annoncés au préalable. Il s’est arrogé le droit de ne pas octroyer de prix à la catégorie « Arts visuels ». Une abstention expliquée de la sorte par le président du jury : « Notre réserve s’inscrit dans le souci majeur de préserver l’esprit du Prix Lokumu et son engagement sur la voie de l’excellence », soulignant: « Pour les membres du jury qui sont majoritairement des personnes du secteur des arts visuels, cette catégorie devrait être plus inclusive en s’ouvrant à d’autres cultures au parcours national et international ».

Avec Adiac-Congo par Nioni Masela

Congo-Disparition : la presse congolaise pleure Jean Banzouzi Malonga

novembre 23, 2021

Journaliste et chef de bureau du bi-hebdomadaire « La Semaine africaine » à Pointe-Noire, Jean Banzouzi Malonga a tiré sa révérence dans la nuit du  17 novembre des suites d’un accident de circulation.

Le regretté Jean Bnazouzi Malonga /Adiac

Pendant plusieurs années, la plume acérée de Jean Banzouzi Malonga a informé et formé  le public à travers ses articles et autres papiers dans le journal La Semaine Africaine sous le sceau de Paul Tchiomvo, Taty Mby Fany et Jean Banzouzi Malonga.

Spécialiste des sujets à caractère économique, Jean Banzouzi Malonga s’est imposé dans l’exigeant domaine du journalisme économique. Cultivé, archiviste, Jean Banzouzi Malonga inspirait le respect et l’admiration dans la corporation à travers ses articles concis et précis.

Agent de la Nouvelle République à la retraite, son talent et son brio l’ont conduit à exceller dans d’autres domaines de la communication (consultant, attaché à la communication, conseiller…).

Jean Banzouzi Malonga a été longtemps rédacteur en chef du « Courrier consulaire » devenu « Courrier économique », le magazine économique de la Chambre consulaire de Pointe-Noire, sans oublier son rôle précieux au sein des journaux et magazines locaux tels « Mbongui » de la société Total E & P Congo , « Entre deux pointes » du Port autonome de Pointe-Noire, « Avant Garde… » Il fut aussi correspondant du magazine international « Marchés africains » et rédacteur de « Congo économie », le bimestriel d’Uni Congo signant ses articles  sous le nom de Jean de la Haute ou JBM.

Recruté à la Fonction publique dans les années 1980, il a fait ses premiers pas dans le journalisme au sein du journal sportif « Le Stade » comme reporter avec pour mentor le regretté Paul Augustin Lagany. Dans cet organe, il a excellé également comme secrétaire de rédaction, sur les conseils et la formation « in » du feu Robert Steph Malonga, le directeur de cet organe de presse à l’époque qui l’a beaucoup encouragé dans cette voie avant d’aller se perfectionner plus tard en Allemagne où il va apprendre aussi la photographie professionnelle.

Titulaire  d’une licence en sciences et techniques de la communication obtenue à l’Université Marien-N’Gouabi, Jean Banzouzi Malonga que ses pairs appelaient affectueusement « Bonnissseur » était humble, disponible, rieur et blagueur, toujours prêt à distiller de précieux conseils aux jeunes. Sa mort a laissé un grand vide dans la presse congolaise. Adieu doyen JBM. Que la terre te soit légère.

Avec Adiac-Congo par Hervé Brice Mampouya

Congo: Mort brutale de Guy-Noël Sam’Ovhey-Panquima, la presse congolaise en deuil

novembre 15, 2021

Guy-Noël Sam’Ovhey-Panquima, docteur en sciences de l’information et de la communication, enseignant à l’université Marien Ngouabi au département des sciences et techniques de la communication (STC) et journaliste de formation, est décédé lundi à Brazzaville, des suites d’une crise d’hypertension.

Guy-Noël Sam est mort! La nouvelle née comme une brève est vite devenue une dépêche, faisant état d’un décès suite à une crise d’hypertension, lundi à Brazzaville, créant émoi et consternation dans le monde journalistique congolais.

D’une plume alerte et d’un style chatoyant qui épousait l’air du temps comme pour écrire l’histoire au présent, Guy-Noël Sam a toujours prôné la rigueur, tant dans la conception que dans le rendu d’un papier.

« Écrivez de façon à faire que votre papier soit le chef-d’oeuvre de votre vie et rendez-le de sorte qu’il marque pour bien longtemps, la mémoire de ceux qui l’auront écouté », rappelait-il à ses étudiants.

Au département des Sciences et Techniques de la Communication de l’Université Marien Ngouabi, Guy-Noël Sam s’est imposé comme un formateur hors pair. Beaucoup de ses étudiants devenus ensuite ses collaborateurs, dans les différentes rédactions où il a exercé, ont toujours mis un point d’honneur à travailler avec lui.

Journaliste de formation, Guy-Noël Sam qui se prédestinait aux mathématiques, a également fait des études de Géographie et s’est spécialisé en géographie urbaine.

C’est en 1964 que Guy-Noël Sam commence sa pratique dans un métier qui en ces temps, compte très peu de nationaux. François Itoua, alors rédacteur en chef de Radio-Congo, est fasciné par la voix et l’éloquence de ce jeune lycéen en Terminale Mathématiques élémentaires (Terminale C actuelle). Il le prend sous sa protection personnelle et l’initie aux techniques du journalisme radiophonique avec quatre règles d’or : la discipline, la rigueur, la précision et le professionnalisme. Tout y est dit, y compris l’observation des textes juridiques et la déontologie professionnelle.

Guy-Noël Sam commence comme animateur de programme. Son coup d’éssai sera un coup de maître. Sa légendaire émission « Le courrier du pèlerin » va traverser les âges, jusqu’à son arrêt, dans la moitié des années 80. Dans cette chronique de près de cinq minutes, Guy-Noël Sam châtie les moeurs, en portant un regard critique sur les Hommes, les Choses et les Idées, à travers les aventures de son « ami Michel ».

En juin 1964, sur autorisation de Jean Malonga directeur de Radio-Congo, François Itoua l’introduit au journal parlé à l’issue de six mois de circuits fermés en studio et autres exercices d’écriture et d’improvisation sous sa direction. Au service des actualités, il est accueilli par des anciens tels Marie-Josée Mathey, André Bernard, Auguste Mpassi Moûba, parmi tant d’autres.

Guy-Noël Sam va plus tard embrasser la télévision et la presse écrite car en janvier 1965, François Itoua le recommande à Levy Charles Ngoma Mby, directeur de la jeune Télévision Congolaise. D’abord pour démarrer le bulletin météo nouvellement créé, puis progressivement pour accéder au journal télévisé et enfin au reportage sportif où il va éclater de mille feux. Il effectue ensuite des stages et des études supérieures de formation professionnelles à l’étranger.

En 1978 Guy-Noël Sam commence à enseigner à l’université Marien-Ngouabi, au département des Sciences et Techniques de la Communication, comme enseignant vacataire avant d’être recruté en 1983. Il avait fait valoir mes droits à la retraite en 2009, mais continuait à enseigner à l’université Marien-Ngouabi et dans d’autres universités.

En 2009, à l’occasion des Oscars de la presse congolaise dédiés à ses 45 ans de carrière journalistique Guy-Noël Sam avait reçu un oscar d’honneur.

Deux fois membre du Conseil Supérieur de la Liberté de Communication, Guy-Noël Sam fut aussi directeur général de la Voix de la Révolution Congolaise.

Né en 1943, Guy-Noël Sam s’en est allé à 78 ans.

Adieu doc!

Adieu cher confrère!

Avec Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville

Congo-Diaspora: Décès en France de la journaliste Pauline Tsik

octobre 28, 2021

Les plus jeunes d’entre nous ne la connaissent pas. Pauline Tsik fut l’une des grandes présentatrices du JT de 20h de Télé Congo dans les années 80-90. Elle forçait l’admiration par sa rigueur professionnelle et son talent. Elle aura suscité beaucoup d’émules dans la profession.

Peu avant la guerre de juin 1997, elle s’était rapprochée de Bernard Bakana Kolélas, président-fondateur du MCDDI. A la fin de ce conflit, elle s’était exilée en France.

Elle serait morte dans son appartement où elle vivait seule.

Communiqué de Presse relatif au décès de notre Camarade de lutte Pauline Tsik TSIDEKELE


C’est avec une grande tristesse que les membres de la plateforme associative « LES
ASSISES NATIONALES DU CONGO » ont appris le décès ce 27 octobre 2021 de
Madame Pauline TSIK ( TSIDEKELE) , une grande figure historique de la télévision
congolaise et qui était devenue une Résistante exemplaire dans la diaspora congolaise
depuis le coup d’Etat de 1997 au Congo(Brazzaville).
Décédée en France où elle était réfugiée politique reconnue par la République Française
depuis le début des années 2000, au cours de son exil politique qui avait commencé au
Gabon en 1998, Pauline TSIK était membre des ASSISES NATIONALES DU CONGO,
depuis la création de cette plateforme en 2014.
Signataire de la Charte révisée des « ASSISES» en 2016, notre camarade de lutte,
journaliste de formation et jadis grande vedette du journal de 20 heures de Télé Congo
dans les années 80-90, a été de tous les combats pour la restauration de la démocratie
au Congo et pour la reconstruction de notre chère patrie. Contre vents et marrées, elle
n’a ménagé aucun effort pour apporter son expertise au sein des « ASSISES »,
toujours avec humilité et dignité.
Notre compatriote nous quitte au moment où la situation de notre pays continue de
sombrer dans une déliquescence généralisée qui s’aggrave chaque jour. En effet, il
suffit d’observer la nature des scandales économiques occasionnés par les tenants d’un
pouvoir illégal et illégitime, révélés par la presse nationale et internationale.
Incontestablement Pauline TSIK est partie meurtrie par la tragédie dans laquelle survit
le Congo depuis le coup d’Etat de 1997 et le rêve brisé de la Conférence Nationale
Souveraine de 1991 qu’elle avait vivement soutenue.
Symboliquement, nous en sommes convaincus, ses mains se joindront toujours à
celles des fils et filles de notre pays, afin de boucher les trous de « la jarre percée »
qu’est devenu notre pays – pour reprendre la métaphore bien connue du Grand
Résistant Africain que fut le Roi de Ghezo face à l’occupation colonialiste dans l’actuel
Bénin.
Pauline TSIK n’avait qu’une aspiration : la paix dans la dignité et la justice sociale, en
République. Telle est aussi l’aspiration du peuple congolais.
À travers leur bureau, les membres des « ASSISES NATIONALES DU CONGO »
présentent leurs sincères condoléances à la famille d’une GRANDE FEMME
CONGOLAISE MORTE DANS SON COMBAT POUR UN CONGO JUSTE ET POUR UNE
HUMANITE MEILLEURE.
Fait à Paris le 27/10/2021
Le Bureau des Assises Nationales du Congo.
Pour le Délégué Général,
Djess dia Moungouansi Porte-parole, Secrétaire Général par intérim.
Contacts : 06.45.89.88.52 et 06.64.39.34.94

REPOSE EN PAIX LA GRANDE … Merci pour votre soutien dans ce combat pour la Liberté.

Avec Brazanews

Congo-Médias: Émile Awoué s’en est allé !

octobre 16, 2021

Il avait fait valoir ses droits à la retraite, l’ancien journaliste et Haut conseiller à la communication, Émile Awoué Ibata est décédé mardi 12 octobre à Pointe-Noire.

Émile Awoué, un nom qui continuera de marquer l’univers médiatique congolais, tant l’homme s’est construit par la force du travail, gravissant les marches les unes après les autres, au prix de l’effort et de l’abnégation, avec le ferme engagement de toujours donner le meilleur de lui-même. Des qualités humaines qui ont toujours guidé l’essentiel de son action et qu’il a toujours communiquées à ses collaborateurs.

Quand en 1985, Émile Awoué rentre de l’Institut Polytechnique de Télécommunication Osvaldo Herrera de la Havane à Cuba, il est loin de s’imaginer l’accueil enthousiaste que lui réservent ses collègues de la Voix de la Révolution Congolaise, l’actuelle Radio Congo.

Alors qu’il arrive à la radio nationale en qualité d’ingénieur, la direction de la chaîne le trouve plutôt plus utile à la Rédaction. Le correspondant de presse local qu’il était à Owando avant son départ en stage et qui rendait compte, entre autres sujets, des activités du président Marien Ngouabi s’y trouvant en séjour, a continué à marquer la corporation qui l’accueille.

Émile Awoué se plie à la volonté de sa hiérarchie en toute humilité, un des traits qui le caractérisent. Il commence comme reporter. Nagra en bandoulière, il s’adonne à la tâche avec un élan tel que son tempérament de bosseur est toujours remarqué.

En cette période où l’Union de la Jeunesse Socialiste Congolaise se renouvelle, Émile Awoué rejoint le département de la Presse, Propagande et Information du Comité central de l’UJSC. Il y occupe les fonctions de chef de la  Division « Audiovisuel ». Il est à la tête d’une équipe chargée de la production des émissions radio et télé de la jeunesse, intitulées « Jeunesse et Révolution ».

Son sens du management des équipes de communication joue désormais en sa faveur. Émile Awoué va tour à tour occuper les fonctions d’attaché de Presse au ministère de la Jeunesse (1990). Attaché de Presse au ministère de l’Agriculture et de l’Élevage (1991). Chef des programmes à Radio Pointe-Noire (1996). Directeur de Radio Pointe-Noire (1997). Directeur départemental de Télé Pointe-Noire, de 1997 à 2011.

En 2012, Émile Awoué est élu au Conseil Supérieur de la liberté de communication. Il y exercera jusqu’en 2019.

Pour de nombreux confrères moins jeunes que lui, Émile Awoué était un véritable grand frère, l’aiguillon à la vision juste.

Depuis l’annonce de son décès, les hommages affluent, notamment de la part de nombreux jeunes journalistes pour lesquels Télé Pointe-Noire où il a été directeur, aura été ce laboratoire qui les a façonné et surtout outillé, avant de continuer à exceller à la chaîne nationale à Brazzaville. Tous témoignent d’Émile Awoué, « un père qui a su donner à chacun sa chance de réussir en mettant toujours en avant le travail bien fait. »

Né le 4 juin 1950 à Itoumbi, Émile Awoué est décédé le 12 octobre 2021 à Pointe-Noire, à l’âge de 71 ans.

Adieu cher confrère, adieu Grand Frère !

Par Stany Frank avec Sacer-infos et lesechos-congobrazza.com

Mali : six mois après, quel espoir de libération pour Olivier Dubois ?

octobre 8, 2021
Manifestation de soutien à Olivier Dubois, le 8 juin 2021, à Paris © SEVGI/SIPA

Alors que le ton monte entre Paris et Bamako, certains s’inquiètent de possibles répercussions sur les négociations en vue de la libération du journaliste français, otage des jihadistes.

C’est sur le terrain qu’il aimait donner à voir et à entendre. C’est aussi là qu’il se sentait le mieux. Comme lors de chacun de ses déplacements, juste avant de se rendre à Gao où il a été enlevé le 8 avril, Olivier Dubois a laissé un protocole de sécurité à Déborah Al Hawi Al Masri, son épouse. Il lui demandait d’alerter les autorités si elle n’avait pas de ses nouvelles au plus tard le 10 avril à 17h. Il était prudent, mais n’aurait jamais imaginé voir un jour son nom inscrit sur la liste des Français pris en otage à l’étranger.

Voilà maintenant six mois que ce journaliste hyperactif, collaborateur notamment de Jeune Afrique, est otage, laissant sa compagne et ses deux enfants dans un état d’angoisse… mais aussi d’espoir. L’espoir de le voir un jour revenir et reprendre le cours de sa vie.

« Je ne suis informée de rien »

À l’annonce de son enlèvement, un comité de soutien baptisé #FreeOlivierDubois s’est très vite constitué, et multiplie depuis les actions à Paris comme à Bamako. Surtout, ne pas oublier Olivier Dubois, alors même que de nombreuses interrogations demeurent. Où se trouve-t-il ? Comment se porte-t-il ? Comment les États français et maliens œuvrent-ils pour qu’il soit libéré le plus vite possible ? Les questions fusent dans la tête de ses proches, sans réponse. Ils affirment ne rien savoir d’éventuelles négociations. « Je ne suis informée de rien, confie sa compagne. Je ne sais pas si des discussions ont été entamées parce que le Mali et la France travaillent dans une totale discrétion. »

Les jours passant, cette mère de famille éprouve une certaine frustration et un sentiment d’impuissance. Mais elle veille à ne pas laisser leurs enfants dans l’ignorance : « Olivier est omniprésent dans nos pensées et sa situation n’est pas un tabou. On en parle régulièrement. Je préfère leur répondre plutôt que d’engendrer des angoisses chez eux ». Le dernier message de leur père date du 5 mai, c’est une courte vidéo de 20 secondes. Habillé en tunique traditionnelle avec une barbe de trois jours, l’otage confirmait son enlèvement à Gao, par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), la nébuleuse sahélienne d’Al Qaïda dirigée par le Malien Iyad Ag Ghaly.

Le 29 septembre dernier, le journaliste Wassim Nasr, spécialiste des réseaux jihadistes, a affirmé avoir été en contact avec une source « propre » du GSIM. Contrairement au scenario avancé jusqu’alors, celle-ci affirme qu’Olivier Dubois n’a pas été attiré dans un piège ou « trompé » et que son cas « peut être ouvert à la discussion ».

Crispation

Si c’est le cas, la France – qui a officiellement pour doctrine de ne pas négocier avec les terroristes – accepterait-elle d’ouvrir des négociations ? La récente crispation des relations entre Paris et Bamako va-t-elle entraver l’avancée du dossier du seul otage français au monde ? « Je n’ai pas de craintes par rapport à la situation d’Olivier parce que les deux États m’ont affirmé qu’il est une priorité, veut croire Déborah Al Hawi Al Masri. Les problèmes géopolitiques ne seront pas un frein. » 

Depuis la fin septembre, le ton est monté d’un cran entre les deux pays. Paris n’apprécie guère que Bamako ait entamé des discussions avec des sociétés de sécurité russes de la nébuleuse Wagner. Et Emmanuel Macron a vivement réagi aux propos du Premier ministre malien, Choguel Maïga, qui a qualifié « d’abandon » le retrait progressif des troupes de Barkhane dans le nord du Mali.

Journaliste indépendant et spécialiste des questions de sécurité, Walid Ag Menani estime toutefois que ce changement de dispositif militaire n’aura pas de réel impact sur le dossier Dubois. Selon lui, cela ne veut pas nécessairement dire que la sécurité et la libération du journaliste seront compromises. « Sophie Pétronin [enlevée à Gao en 2016 et libérée en octobre 2020] a été arrêté dans une ville où des soldats français étaient présents et elle a été libérée à quelques kilomètres d’une base de l’armée française », rappelle-il. Autrement dit, la présence des troupes françaises dans la zone n’a pas empêché ce rapt.

« Il est très compliqué de tirer des conclusions, nuance Marc de Boni, membre du comité de soutien à Olivier Dubois. Il est certain que cette crispation est un facteur d’angoisse pour tous. Mais Quand Sophie Petronin a été libérée, les relations entre la France et le Mali n’étaient pas au beau fixe non plus. » Six mois après l’enlèvement d’Olivier Dubois, l’espoir est toujours aussi grand. 

Avec Jeune Afrique par Fatoumata Diallo