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Sénégal : un journaliste arrêté pour une information contraire « à la sécurité nationale »

novembre 7, 2022

Directeur du site d’information Dakar Matin, Pape Alé Niang a été placé en garde à vue dimanche pour avoir divulgué une « information de nature à nuire » à la sécurité. Par ailleurs, une vidéaste de Buur News a été brutalisée par les forces de l’ordre, selon la Coordination des associations de presse.

Le journaliste Pape Alé Niang a été placé en garde à vue ce dimanche 6 novembre. © DR

Pape Alé Niang, qui dirige le site d’information Dakar Matin, est connu au Sénégal pour ses chroniques régulières sur l’actualité. Il a été arrêté puis placé en garde à vue ce dimanche 6 novembre à 14 heures (locales et GMT) au commissariat central de Dakar pour trois « infractions », a déclaré son avocat, Ciré Clédor Ly.

UNE MONTAGNE D’HÉRÉSIES, DES INTIMIDATIONS ET UNE TENTATIVE DE MUSELER LA PRESSE

La police lui reproche d’« avoir porté à la connaissance du public une information dont la divulgation est de nature à nuire à la défense nationale et des actes et manœuvres de nature à compromettre la sécurité publique et à occasionner des troubles ». La troisième infraction est relative à « une violation du secret professionnel », selon Me Ly, qui a dénoncé « une montagne d’hérésies, des intimidations et une tentative de museler la presse ».

En lien avec les accusations visant Ousmane Sonko ?

La Coordination des associations de presse (CAP), qui regroupe des organisations de la presse locale, a affirmé dans un communiqué qu’elle allait « apporter toute l’assistance requise » au journaliste. L’arrestation de Pape Alé Niang avait été annoncée par des médias locaux et la CAP avant d’être confirmée par une source policière.

Selon la presse locale, l’arrestation survient après des publications du journaliste ces derniers jours sur les accusations de viols visant le principal opposant sénégalais, Ousmane Sonko.

Ousmane Sonko, 48 ans, candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2024, a été inculpé pour viols et menaces de mort et placé sous contrôle judiciaire en mars 2021, après avoir été visé par la plainte d’Adji Sarr, une employée d’un salon de beauté où il allait se faire masser pour, selon lui, soigner un mal de dos. Il a été auditionné le jeudi 3 novembre pour la première fois dans cette affaire par un juge d’instruction à Dakar.

« Violence policière »

Par ailleurs, une vidéaste du site d’information Buur News, Fatou Dione, a été victime de « violence policière » samedi, lors d’une manifestation interdite à Dakar, a dénoncé la CAP dans un communiqué. La journaliste s’est « évanouie au moment où les forces de l’ordre sont venues l’évacuer avec une brutalité inouïe », a ajouté la CAP.

Une vingtaine de personnes arrêtées samedi après-midi, lors de cette manifestation interdite par le préfet de Dakar, étaient toujours en détention dimanche, selon la presse. La manifestation, à l’initiative d’un collectif formé notamment d’activistes, visait à réclamer la libération de « détenus politiques », des personnes en prison depuis plusieurs semaines et présentées dans la presse comme proches de l’opposition.

Par Jeune Afrique ( avec AFP)

Décès de Renaud de Rochebrune : de la guerre d’Algérie au cinéma africain, vies et passions d’un journaliste

septembre 24, 2022

Notre collaborateur Renaud de Rochebrune, dont les lecteurs de Jeune Afrique et de La Revue connaissent bien la signature, est brutalement décédé le 22 septembre à l’âge de 75 ans. Depuis les années 1970 et en parallèle de ses carrières d’auteur et d’éditeur, il n’avait jamais cessé de collaborer avec les publications du groupe.

Renaud de Rochebrune, auteur, éditeur, journaliste, critique de cinéma et ami de toujours de Béchir Ben Yahmed, le fondateur de Jeune Afrique, était né en 1947 © DR

« Et vous Renaud, qu’en pensez-vous ? » C’était une sorte de rituel, à Jeune Afrique comme à La Revue. Lorsqu’un grand sujet était débattu en conférence de rédaction, quand les avis s’opposaient, que les interprétations divergeaient, Béchir Ben Yahmed (décédé en 2021) aimait, souvent, se tourner vers Renaud de Rochebrune. Entré à Jeune Afrique dans les années 1970 après avoir commencé sa carrière au quotidien Le Monde, Renaud avait d’abord dirigé Economia, l’un des titres du groupe, avant d’occuper de multiples fonctions à JA, puis à La Revue. Silhouette longiligne enveloppée d’une veste délavée de couleur moutarde, l’intéressé se lançait, de sa voix éraillée à nulle autre pareille.

Lorsque BBY lui donnait la parole, il le faisait avec malice, presque avec amusement, tant tous les deux se connaissaient par cœur. Car Renaud, tous ceux qui l’ont côtoyé le savent, avait un avis sur (presque) tout. Et savait présenter et défendre cet avis avec talent, éloquence et, souvent, avec un peu d’entêtement. Qu’il s’agisse de parler de cinéma, du durcissement du régime chinois, des fluctuations du cours du pétrole, du bilan des socialistes au pouvoir en France, de littérature ou de la guerre d’Algérie, sa grande passion et la grande affaire de sa vie, Renaud avait toujours quelque chose à dire, et cela pouvait durer un certain temps. Et provoquer de virulents débats, dont BBY se régalait.

Éditeur, auteur, journaliste

Économiste de formation – il avait étudié à HEC, comme le fondateur de Jeune Afrique, ce qui contribuait à renforcer le lien particulier qui les unissait –, Renaud a eu mille vies. Journaliste bien sûr, mais aussi éditeur – chez Denoël, principalement –, auteur, historien, critique de cinéma… Cycliste, également, car le vélo était une passion qu’il a assouvie jusqu’au bout. Il racontait volontiers ses ascensions du célèbre Mont Ventoux, dans le sud de la France, et restait capable, à 70 ans passés, de s’embarquer pour l’Afrique du Sud avec un ami afin de participer à une course amateur organisée au Cap.

IL ÉTAIT TRÈS ÉRUDIT, TRÈS HISTORIEN, IL CONNAISSAIT DES MILLIARDS DE CHOSES

Auteur et éditeur, il avait collaboré à plusieurs biographies de personnages historiques tels que Mao ou Messali Hadj, et avait connu un certain succès au début des années 1990 avec son livre Les patrons sous l’occupation, coécrit avec son ami Jean-Claude Hazera.

Plus récemment, il avait publié avec Benjamin Stora une monumentale Guerre d’Algérie vue par les Algériens, dont les deux tomes sont parus en 2016 et en 2019. « Nous nous sommes rencontrés dans les années 1990, il était venu m’interviewer sur la guerre civile qui déchirait l’Algérie à ce moment-là et nous sommes très vite devenus amis. Il est venu me voir au Maroc et c’est là, je m’en souviens très bien, qu’il m’a proposé cette idée : écrire une histoire de la guerre d’Algérie, mais vue par les Algériens. J’ai dit oui, mais je ne pensais pas que cela nous prendrait vingt ans et que ce serait un travail aussi énorme », témoigne l’historien.

« Il travaillait tout le temps »

Les deux amis ne se sont plus quittés – Renaud était fidèle – et ont multiplié les travaux en commun, partant ensemble à Ramallah interviewer les dirigeants palestiniens, écrivant à quatre mains des articles sur le cinéma, l’une de leurs autres passions communes. « Il était très érudit, très historien, il connaissait des milliards de choses, se souvient encore Benjamin Stora. Il était toujours débordé, il travaillait tout le temps, jour et nuit. Renaud et moi, ce sont vraiment vingt ans de compagnonnage intellectuel. »

À 75 ANS, RENAUD RESTAIT SUR TOUS LES FRONTS

Avec Jeune Afrique aussi le compagnonnage fut long – près de cinquante ans – et fécond. Tour à tour journaliste, rédacteur en chef, conseiller, membre du comité éditorial, Renaud a été de toutes les aventures, suivant Béchir Ben Yahmed à La Revue tout en continuant de livrer des articles à JA.

« Nous nous étions rencontrés au milieu des années 1970, puis nous nous sommes retrouvés à La Revue, confirme son ami l’économiste et éditeur Marc Guillaume. Nous étions encore ensemble il y a une quinzaine de jours, je suis allé voir sa maison dans la Creuse, il est venu dans la mienne dans l’Aveyron. Nous avons parlé de vélo, nous voulions faire des ascensions ensemble, je l’avais associé à la revue d’écologie que je m’apprête à lancer, on avait mille projets… Je suis effondré. »

À 75 ans – qu’il a fêtés le 22 mars – Renaud restait sur tous les fronts. Son dernier article, nous l’avons publié mercredi dernier, il portait sur Ordalies, le tribunal de l’invisible, film subtil d’Hadrien La Vapeur et Corto Vaclav sur les pratiques magiques au Congo. Son prochain texte aurait dû traiter du film The Woman King, sur les Amazones du Bénin. Lors de ses conversations sur le sujet avec le responsable des pages culture, il avait confié ne pas aimer le film, trop hollywoodien pour ses goûts d’esthète, mais il voulait tout de même en montrer les aspects les plus positifs. Déjà, il se préparait à aller voir Black Panther II, sans grand enthousiasme mais avec un sens consommé du devoir.

Indomptable

Plus à l’aise avec les films d’art et d’essai qu’avec les blockbusters grand public, il fuyait les mondanités du monde du cinéma, mais adorait tout de même suivre les grands raouts de la profession comme le Fespaco, à Ouagadougou, le Festival d’El Gouna en Égypte ou le festival de Cannes dans le sud de la France, qu’il ne manquait jamais. Il était d’ailleurs devenu l’un des meilleurs spécialistes du cinéma africain, dont il avait interviewé la plupart des grands réalisateurs.

Renaud de Rochebrune, c’était un de ces personnages n’entrant dans aucune case dont Béchir Ben Yahmed aimait à s’entourer. C’était aussi, à sa façon, un indomptable : dépourvu de tout goût pour la consommation, se contentant d’une vie intellectuelle intense, il menait sa barque en toute liberté. Sans Dieu ni maître. Salut, Renaud. Et merci.

Toute l’équipe de Jeune Afrique s’associe à la douleur de tes proches et de ta compagne, Françoise.

Avec Jeune Afrique par Nicolas Michel et Olivier Marbot

Une journaliste star de CNN refuse de porter le voile pour interroger le président iranien, l’interview annulée

septembre 23, 2022

Le conseiller du président iranien a expliqué que dans ces conditions, l’entretien prévu à New York en marge de l’assemblée de l’ONU n’aurait pas lieu.

La journaliste vedette de CNN Christiane Amanpour a affirmé ce jeudi 22 septembre avoir refusé de porter un voile pour une interview la veille à New York du président iranien Ebrahim Raïssi, ce qui a provoqué selon elle l’annulation du face-à-face en plein mouvement de protestations dans le pays.

Selon les tweets de la cheffe de l’antenne internationale de CNN, un conseiller du président iranien est venu la voir «40 minutes après l’heure à laquelle l’interview aurait dû débuter», pour lui dire qu’Ebrahim Raïssi «suggérait» qu’elle porte un voile, «parce que ce sont les mois sacrés de Mouharram et Safar».

Le président iranien accuse l’Occident d’avoir «deux poids deux mesures» sur les droits des femmes

«J’ai poliment refusé. Nous sommes à New York, où il n’existe aucune loi ou tradition concernant le port du foulard. J’ai fait remarquer qu’aucun président iranien précédent ne l’avait exigé lorsque je l’avais interviewé en dehors de l’Iran», a expliqué la journaliste née en Grande-Bretagne d’un père iranien. D’après cette figure internationale de CNN, le conseiller lui a expliqué que dans ces conditions l’entretien, qui devait se dérouler en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, n’aurait pas lieu.

«Alors nous avons laissé tomber. L’interview n’a pas eu lieu. Alors que les manifestations se poursuivent en Iran et que des personnes sont tuées, cela aurait été important de parler avec le président Raïssi», a conclu Christiane Amanpour, qui a posté une photo d’elle en face d’un fauteuil vide.

Des manifestations, au cours desquelles au moins 17 personnes sont mortes selon le bilan d’un média d’État, ont éclaté en Iran depuis que les autorités ont annoncé le 16 septembre le décès de Mahsa Amini, 22 ans. Elle avait été arrêtée pour «port de vêtements inappropriés» par la police des mœurs, chargée de faire respecter le code vestimentaire strict dans la République islamique.

Par Le Figaro avec AFP

Congo-Disparition : le journaliste Pascal Azad Doko inhumé à Kintélé

août 26, 2022

Evoluant à l’hebdomadaire catholique « La Semaine Africaine » depuis les années 90, Pascal Azad Doko, décédé le 9 août à Brazzaville a été inhumé aujourd’hui à Kintélé.

Le ministre Thierry Moungalla s’inclinant devant la mémoire du disparu

« Il avait un grand respect pour ses lecteurs », a déclaré le ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, Thierry Moungalla, rendant un dernier hommage à l’illustre disparu, devant un parterre de journalistes venus s’incliner devant la mémoire de leur collègue.

Pascal Azad Doko a commencé sa carrière professionnelle au journal « Le sport » avant de rejoindre « La Semaine Africaine » où il évoluait dans la rubrique politique. « Il a aidé le journal ‘’La Semaine Africaine’’ à s’ouvrir, à équilibrer ses analyses, le faisant entrer dans les milieux politiques : majorité, centre, opposition », a fait savoir l’ancien directeur de publication de « La Semaine Africaine », Joachim Mbanza.

Né le 3 janvier 1951 à Saint Benoît actuellement Boundji, dans le département de la Cuvette, Pascal Azad Doko était l’un des journalistes de sa génération encore actifs. Son dernier reportage remonte au lundi 8 août 2022 lors de la conférence de presse du président de l’Alliance pour la République et la démocratie, Mathias Dzon. Il laisse derrière lui une veuve et cinq enfants.

Avec Adiac-Congo par Rominique Makaya

Congo/Brazzaville-Insécurité: braquage spectaculaire chez le célèbre journaliste congolais Joseph Bitala-Bitemo

août 19, 2022

Joseph Bitala-Bitemo, journaliste et écrivain congolais, a été surpris dans son domicile par des malfrats armés dans la nuit de mardi à mercredi à Brazzaville. Après avoir tenu en respect tout le monde, ils sont repartis avec un important butin, a-t-on appris auprès d’une source proche de la victime.

Tandis que certains neutralisaient tout le monde, les autres se chargeaient de passer la maison au peigne fin et la vider de son précieux contenu.

Au bout de l’opération qui a duré plusieurs minutes, les malfrats vont emporter une importante somme d’argent, un million de FCFA.

Mais en attendant que les résultats de l’enquête permettent de faire la lumière sur ce braquage, tout porte à croire que les malfrats n’ont pas choisi leur cible fortuitement.

Sorti sain et sauf de ce braquage, Joseph Bitala-Bitemo est hanté depuis par la peur et l’angoisse.

Annoncée à grands renforts médiatiques, l’opération « Uppercut » visant à sécuriser la ville de Brazzaville de toutes incivilités et actes de banditisme, n’aurait pas eu un réel impact, aux dires des populations qui continuent de subir les assauts des bandits et autres malfrats.

Par Jack de MAÏSSA avec Les Echos du Congo-Brazza

RDC-Meurtre d’un journaliste à Nyirangongo : le gouverneur militaire du Nord-Kivu interpellé

juillet 20, 2022

La Maison des journalistes de Goma, qui est le bureau de coordination des activités de l’Observatoire de la liberté de la presse en Afrique (Olpa), dans la partie est du Congo, lui demande de diligenter une enquête sérieuse afin d’élucider le mobile de cet acte et d’identifier ses auteurs afin de les déférer devant la justice pour répondre de leur forfait.

Après le meurtre de Michel Hangi, technicien à la radio-télévision communautaire Soleil levant, station émettant à Kiziba II dans le territoire de Nyirangongo, province du Nord-Kivu, le bureau de coordination des activités de l’Olpa dans la partie est du Congo, la Maison des journalistes de Goma, a adressé, le 19 juillet, une correspondance au gouverneur militaire de cette province dans laquelle il lui demande son intervention personnelle pour enquêter sur ce meurtre.

Dans cette correspondance signé par le secrétaire exécutif de l’Olpa, Alain Kabongo Ngoyi, la Maison des journalistes a dit porter à la connaissance du gouverneur militaire, le meurtre, en date du 17 juillet 2022 à 20 heures, au village Kiziba II, de Michel Hangi. Et de noter que cet incident malheureux est survenu au moment où ce professionnel de la presse revenait de sa rédaction et après avoir reçu un appel d’un inconnu désirant le rencontrer. «C’est à ce moment que les assaillants ont tiré à bout portant sur Michel Hangi et mort s’en est suivie. Le mobile de cet acte, moins encore, les auteurs matériels ou intellectuels demeurent jusqu’à ce jour inconnus », a souligné la Maison de journalistes.

Cette structure, qui condamne énergiquement ce crime ignoble contre un professionnel de la presse, a dit, par conséquent, prier le gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu, de s’impliquer personnellement afin qu’une enquête sérieuse soit diligentée en vue d’élucider les circonstances de ce crime odieux et d’identifier les auteurs tant matériels qu’intellectuels de cet acte.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

La journaliste gabonaise Pamela Koumba s’adresse aux femmes africaines depuis l’Afrique du Sud

juin 7, 2022

Avec Zoom

Un média allemand recrute la journaliste russe qui a dénoncé la guerre en Ukraine

avril 11, 2022

Marina Ovsiannikova, journaliste russe ayant ouvertement critiqué l’invasion de l’Ukraine, à sa sortie du palais de justice du district Ostankinsky à Moscou, au lendemain de son irruption sur un plateau de télévision à une heure de grande écoute. Photo: Getty Images/-AFP

La journaliste russe Marina Ovsiannikova, qui a fait irruption dans un studio de la télévision d’État russe avec une pancarte antiguerre il y a un mois, a été recrutée par la chaîne d’information allemande Welt.

La journaliste, qui avait fait les manchettes des médias internationaux en défiant le pouvoir russe en plein journal télévisé, agira comme correspondante pour l’entreprise propriétaire de Die Welt, l’un des grands quotidiens allemands, et comme contributrice à son réseau télévisé d’information.

Elle couvrira notamment l’Ukraine et la Russie, a précisé le média.

Welt défend ce qui est défendu avec tant de véhémence par les personnes courageuses sur le terrain en Ukraine en ce moment : la liberté, a déclaré Mme Ovsiannikova, citée par plusieurs médias.

Je considère qu’il est de mon devoir, en tant que journaliste, de défendre cette liberté. Et je suis ravie de pouvoir le faire maintenant pour Welt, ajoute-t-elle, alors que le Kremlin a radicalement resserré l’étau sur l’information.

« Ma vie est divisée en un avant et un après. Les principes moraux ont fini par prendre le pas sur le bien-être, la tranquillité d’esprit et une vie bien réglée. La guerre en Ukraine a été le point de non-retour et le moment où il n’était plus possible de se taire. »— Une citation de  Traduction du début du premier texte de Marina Ovsiannikova publié sur le site de Welt

Dans un communiqué, le rédacteur en chef du groupe Welt, Ulf Porschardt, s’est dit enthousiaste à l’idée de travailler avec elle, estimant qu’elle avait défendu l’éthique journalistique la plus importante, malgré la menace de répression de l’État russe.

Le chef de la Douma évoque la déchéance de la nationalité russe

Le président de la chambre basse du Parlement russe, Viatcheslav Volodine, a dénoncé l’embauche de Marina Ovsiannikova par un quotidien occidental.

Maintenant, elle va travailler pour un pays de l’OTAN, justifier les livraisons d’armes aux néonazis ukrainiens, l’envoi de mercenaires étrangers pour combattre nos soldats et défendre les sanctions contre la Russie, a-t-il déclaré sur la plateforme de discussion en ligne cryptée Telegram.

Il l’a citée en exemple en proposant de déchoir de leur nationalité les traîtres opposés à l’offensive en Ukraine.

« La vaste majorité de nos concitoyens soutient l’opération militaire spéciale en Ukraine, ils comprennent sa nécessité pour la sécurité de notre pays et de notre nation. Mais il y a aussi ceux qui se comportent avec lâcheté, avec traîtrise. »— Une citation de  Viatcheslav Volodine, président de la chambre basse du Parlement russe

Hélas, pour de tels [individus], il n’existe pas de procédure de déchéance de la citoyenneté et d’interdiction d’entrer dans notre pays. Mais peut-être que ce serait bien, a poursuivi le chef de la Douma.

Le pouvoir russe a fait taire les médias indépendants et renforcé la répression au cours des dernières semaines. Il a par exemple adopté une loi qui réprime, selon les prétentions du Kremlin, toute fausse information sur l’armée russe.

La loi, qui interdit entre autres de qualifier l’invasion russe de guerre, prévoit des peines pouvant aller jusqu’à 15 ans de prison pour la diffusion d’informations mensongères.

Les autorités russes ont aussi interdit Facebook et Instagram en plus de restreindre l’accès à Twitter et de réprimer les manifestations antiguerre.

Selon l’organisation OVD-Info, qui recense les arrestations politiques et fournit de l’aide juridique aux détenus en Russie, plus de 15 400 manifestants antiguerre, en date du 11 avril, ont été détenus depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, le 24 février dernier.

Même des Russes armés d’une seule feuille blanche ont été arrêtés.

Un coup d’éclat

À la mi-mars, Maria Ovsiannikova, alors productrice de Pervy Kanal, la plus puissante chaîne télévisée de Russie, avait profité du principal programme dit d’informations, diffusé en direct à heure de grande écoute, pour exprimer son opposition à la guerre : elle avait surgi derrière la présentatrice munie d’une pancarte sur laquelle on pouvait lire : Arrêtez la guerre. Ne croyez pas la propagande. Ils vous mentent ici.

Choisissant une heure de grande écoute, Marina Ovsiannikova a exprimé son message le mois dernier devant des millions de Russes. Photo : Twitter/@KIRA_YARMYSH

Avant son coup d’éclat, la femme de 43 ans, née d’un père ukrainien et d’une mère russe, avait enregistré une vidéo dans laquelle elle disait regretter d’avoir véhiculé la propagande du Kremlin et d’avoir ainsi permis que le peuple russe soit  »zombifié ». Dans cette vidéo, publiée par OVD-Info, elle appelait également les Russes à se lever contre la guerre.

Rapidement arrêtée pour son geste et interrogée pendant plusieurs heures, elle avait été reconnue coupable d’avoir commis une infraction administrative et condamnée à payer une amende de 30 000 roubles (un peu moins de 350 $ CA).

Outre cette sentence clémente, elle risque toujours des poursuites pénales passibles de lourdes peines de prison, en vertu de la nouvelle loi interdisant toute fausse information sur l’armée russe.

Dans une entrevue accordée à l’agence Reuters le mois dernier, Mme Ovsiannikova indiquait ne pas avoir l’intention de quitter son pays, même si elle s’avouait inquiète pour sa sécurité. Elle disait espérer que son geste ouvrirait les yeux des Russes sur la propagande du pouvoir.

Il y a trois semaines, une journaliste russe d’une grande chaîne de télévision qui était en poste à l’étranger a également dénoncé la guerre en Ukraine et la propagande du Kremlin. Au cours d’une conférence de presse organisée par l’organisation de défense des journalistes Reporters sans frontières (RSF) à Paris, Zhanna Agalakova, qui a démissionné de son poste, a elle aussi déploré que ses concitoyens soient zombifiés.

Le climat qui règne en Russie semble de plus en plus hostile à toute voix qui s’élève contre l’offensive militaire, et la délation de citoyens envers les opposants à la guerre s’ajoute à la censure des autorités.

Ce week-end, le New York Times faisait état de cas de délation, notamment à l’encontre d’enseignantes, vraisemblablement dénoncées par leurs élèves adolescents.

Radio-Canada par Sophie-Hélène Lebeuf avec les informations de Reuters et AFP

Mali : Olivier Dubois, une preuve de vie fait renaître l’espoir

mars 14, 2022
Olivier Dubois est retenu en otage par l’organisation jihadiste GSIM au Mali depuis le 8 avril 2021. © AFP PHOTO / UNKNOWN SOURCE

Après onze mois de captivité, l’otage français au Sahel du GSIM est apparu dans une vidéo non datée. Il remercie ses proches et exhorte le gouvernement français à « faire son possible » pour œuvrer à sa libération.

« Je m’appelle Olivier Dubois, j’ai été enlevé le 8 avril 2021 à Gao par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans [GSIM]. Ce message s’adresse à ma famille, à mes proches, ainsi qu’à mon gouvernement. » Dans une vidéo non datée et non authentifiée d’une minute et huit secondes, le journaliste français fixe l’objectif, adossé à un mur de béton. D’une voix posée, l’otage adresse ses premiers mots à ses proches : « À ma famille, merci pour tous vos messages radio. Tous les mois, ils sont une bouffée d’air frais et d’espoir », assure-t-il.

Plus spécifiquement à sa compagne et à ses enfants. « À Déborah, je me tiens de l’autre côté du trait d’union que tu as créé à chaque coucher de soleil. La photo des enfants m’est parvenue, dis-leur que je les aime et que je pense fort à eux », ajoute Olivier Dubois, qui confirme bien qu’il reçoit, là où il se trouve dans le désert sahélien, sans doute par l’intermédiaire de Radio France internationale, les messages de sa famille et des échos de la mobilisation de ses proches et des médias qui l’employaient, parmi lesquels Jeune Afrique.

Il s’adresse également à ses parents, en particulier à son père, dont les mots ont un « impact » et lui permettent de garder espoir en  « pensant que le printemps arrivera ».

La dernière vidéo assurant que le professionnel indépendant de 47 ans, collaborateur régulier de Jeune Afrique mais aussi de Libération et du Point, était en vie avait été diffusée le 5 mai 2021. Assis en tailleur sur une natte, Olivier Dubois y confirmait son enlèvement par le GSIM. Dans ce court message, il avait appelé « [sa] famille, [ses] amis et les autorités françaises » à faire « tout ce qui [était] en leur pouvoir » pour le libérer.

Soulagement

Dans cette nouvelle vidéo qui circule sur les réseaux sociaux depuis samedi 12 mars, Olivier Dubois semble bien se porter malgré onze mois de captivité. Portant une barbe de trois jours et arborant un chèche bleu autour du cou, le Français semble relativement en forme et déclare souhaiter que la mobilisation se poursuive. « À tous ceux qui, de près ou de loin, œuvrent à ma libération, s’il vous plaît, continuez de le faire. À mon gouvernement, je demande de continuer à faire son possible pour œuvrer à ma libération. » Même s’il est « conscient que [son] cas est une petite chose face aux défis et aux évènements auxquels il doit faire face ».

Cette preuve de vie est un soulagement pour ses proches qui, depuis le 8 avril 2021, s’activent pour obtenir sa libération. De Paris à Bamako, le comité de soutien, baptisé #FreeOlivierDubois, n’a cessé de multiplier les initiatives. À l’occasion de l’anniversaire de ses onze mois de captivité, le 8 mars dernier, le visage d’Olivier Dubois a été projeté sur la façade du Panthéon, dans la capitale française. Pour que l’otage ne soit pas oublié, ses proches, soutiens et confrères s’étaient donné rendez-vous à Paris pour dire leurs espoirs de le voir bientôt recouvrer la liberté. Depuis sa prison à ciel ouvert, Olivier Dubois en fait tout autant : « Hier comme aujourd’hui, je continue de garder espoir », a-t-il rappelé.

Avec Jeune Afrique par Fatoumata Diallo

France: Jean-Pierre Pernaut, star du « 13 heures » de TF1 pendant trente-deux ans, est mort

mars 3, 2022

De 1988 à 2020, il a présenté le journal de la mi-journée, réunissant chaque jour 5 millions de téléspectateurs. Le journaliste, qui promouvait la proximité et les terroirs, s’est éteint mercredi, à l’âge de 71 ans.

Jean-Pierre Pernaut posant sur un plateau de la chaîne de télévision française TF1 à Paris, le 22 février 1988.
Jean-Pierre Pernaut posant sur un plateau de la chaîne de télévision française TF1 à Paris, le 22 février 1988. GEORGES BENDRIHEM / AFP

« J’appréhende mon dernier “13 heures” », confiait-il au Parisien à la veille de présenter son ultime journal sur TF1, le 18 décembre 2020, alors que 5 millions de téléspectateurs en moyenne le suivaient chaque jour depuis trente-deux ans. Un déchirement pour le présentateur du JT de la mi-journée le plus regardé d’Europe, dicté déjà par le cancer. Jean-Pierre Pernaut est mort mercredi 2 mars, à l’âge de 71 ans, a annoncé mercredi à l’Agence France-Presse l’agent de son épouse Nathalie Marquay-Pernaut.

« Le père de Tom, Lou, Olivier et Julia est décédé des suites de son cancer du poumon », a-t-elle déclaré, quelques minutes avant que TF1 confirme la disparition du journaliste.

Surtout ne pas parler de « longue maladie », expression qu’il abhorrait depuis sa rencontre avec Nathalie Marquay, Miss France 1987 qui avait vaincu une leucémie. Mariés en 2007, ils avaient eu deux enfants, Tom et Lou, qui avaient rejoint les deux aînés, nés de sa première union avec Dominique Bonnet : Julia et Olivier. Avec ce dernier, team manageur, ils partageaient la même passion pour l’automobile.

Opéré d’un cancer de la prostate en 2018, Jean-Pierre Pernaut était revenu sept mois plus tard, jusqu’au confinement, reclus pendant quatre-vingt-trois jours chez lui, à Louveciennes (Yvelines). Il avait été opéré du cancer d’un poumon en juillet 2021, le second était touché en novembre, inopérable. Depuis, ce catholique pratiquant tenait à partager son combat, comme dans La Vie d’après, sur C8, le 9 décembre 2021, sa première infidélité à TF1 en quarante-cinq ans de carrière.

Une proximité non feinte

Diplômé de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille (ESJ) en 1975, puis stagiaire au Courrier picard, le futur « JPP » apparaît ainsi pour la première fois à l’écran en août 1972, à 22 ans, au temps de l’ORTF. Avant d’être contacté par TF1 et d’intégrer la chaîne le 6 janvier 1975, jour de sa création.

Ce n’est que le 22 février 1988, à 13 heures, qu’il prend la suite d’Yves Mourousi, jugé trop parisianiste. Alors que le patron de TF1 Patrick Le Lay lui demande de jouer la proximité, Jean-Pierre Pernaut a l’idée de créer un réseau de correspondants (aujourd’hui composé de 19 bureaux et 150 journalistes). Résultat, cinq mois après son arrivée, son « 13 heures » passe devant celui d’Antenne 2, pour ne plus quitter la première place – même depuis que Marie-Sophie Lacarrau lui a succédé, en janvier 2021.

Cette proximité, qui assure son succès, n’est pas feinte. Comme les gens qui le regardent, Jean-Pierre Pernaut parle sans prompteur, conduit sa voiture, peste contre les « bouchons », pousse des coups de gueule, fait ses courses… en dépit d’un bon salaire, qu’il assume. Il ose même parler d’argent dans « Combien ça coûte? » (de juillet 1991 à mai 2010).

Parallèlement, il a le soutien de sa hiérarchie : « Jamais, en trente-trois ans, un patron de TF1 ne m’a téléphoné pour me dire “il faut faire ça” », assure-t-il dans « Focus » du 25 septembre 2020.

Pourtant les critiques fusent. On lui reproche d’exacerber la rivalité province-Paris, alors que, né à Amiens le 8 avril 1950 et ayant grandi à Quevauvillers (Somme), il cible régulièrement les journalistes parisiens ; on l’accuse surtout d’être populiste. « Si s’intéresser aux gens, c’est être populiste, alors je le suis », répond-il dans Aujourd’hui en France, le 6 février 2015. Pas réac mais « conservateur » ; il s’enorgueillit d’avoir « senti la crise des “gilets jaunes” deux ans avant tout le monde » (Focus, 25 septembre 2020). « Le trait de génie de Pernaut avait été de comprendre qu’après les années 1980 fric et frime, le public avait soif d’écologie, d’authenticité, de vraies valeurs », note l’écrivain Michel Houellebecq dans La Carte et le Territoire (Flammarion, 2010)

La marque de fabrique de « JPP » restera les reportages de proximité, du savetier au boulanger. Même s’il a été, aussi, un des premiers Occidentaux à pénétrer dans la zone interdite de Tchernobyl, le 22 avril 1990. Et s’il a interviewé quatre chefs d’Etat : François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron (François Hollande ayant refusé).

Depuis son départ du JT, le journaliste avait lancé JPPTV.fr, plate-forme sur le patrimoine des régions, et animé « Jean-Pierre et vous », le vendredi sur LCI. En plus de ses activités d’auteur (L’Almanach des régions33 ans avec vous…, aux éditions Michel Lafond) et de sa passion pour le théâtre (il a coécrit Piège à Matignon et Régime présidentiel).

Jean-Pierre Pernaut en quelques dates

8 avril 1950 Naissance à Amiens (Somme)

1988-2020 Présentateur du « 13 heures » de TF1

2 mars 2022 Mort à l’âge de 71 ans

Avec Le Monde par Catherine Pacary