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Deux journalistes des Philippines et de Russie remportent le prix Nobel de la paix

octobre 8, 2021

OSLO — Le prix Nobel de la paix 2021 a été octroyé vendredi aux journalistes Maria Ressa, des Philippines, et Dimitri Muratov, de Russie.

© Fournis par La Presse Canadienne

Les deux lauréats ont été récompensés pour leur combat en faveur de la liberté d’expression dans des États autoritaires où la presse est constamment attaquée et où des journalistes ont été assassinés.

C’est la présidente du comité Nobel norvégien, Berit Reiss-Andersen, qui a dévoilé l’identité des gagnants.

«Le journalisme libre, indépendant et appuyé sur des faits sert de rempart contre l’abus de pouvoir, le mensonge et la guerre de propagande», a déclaré Mme Reiss-Andersen au moment de l’annonce.

«Sans liberté d’expression et sans liberté de la presse, il serait difficile de réussir à promouvoir la fraternité entre les nations, le désarmement et une meilleure harmonie mondiale», a-t-elle ajouté.

Selon les informations transmises par le comité Nobel, Maria Ressa a cofondé le média Rappler, en 2012. Ce site d’information en ligne se consacre particulièrement à la couverture de la campagne antidrogue controversée et meurtrière déployée par le régime du président philippin Rodrigo Duterte.

La journaliste et Rappler ont également documenté «comment les réseaux sociaux sont utilisés pour répandre de fausses informations, harceler des opposants du régime et manipuler l’opinion publique».

Réagissant à cet honneur, Mme Ressa a déclaré à la télévision norvégienne que «le gouvernement ne sera évidemment pas content».

«Je suis un peu surprise. C’est très émotif, a-t-elle dit. Mais je suis heureuse pour mon équipe et je souhaite remercier le comité Nobel pour avoir reconnu ce que nous vivons.»

La journaliste primée a été reconnue coupable l’an dernier de diffamation et condamnée à la prison, une décision qui a été perçue comme une atteinte importante à la liberté de presse mondiale. Elle est la première femme à gagner un prix Nobel cette année.

En Russie, Dimitri Muratov est l’un des fondateurs du journal indépendant Novaya Gazeta, créé en 1993.

«Novaya Gazeta est le journal le plus indépendant en Russie aujourd’hui, avec une position fondamentalement critique envers le pouvoir», a décrit le comité Nobel.

«Le journalisme appuyé sur des faits et l’intégrité professionnelle du journal en a fait une importante source d’information sur divers aspects de la société russe sous le coup de la censure et rarement mentionnés dans les autres médias», a souligné le comité.

M. Muratov a dit qu’il profitera de son prix pour aider les journalistes indépendants ciblés par les autorités, y compris ceux qui sont qualifiés «d’agents étrangers» — une désignation qui s’accompagne de connotations péjoratives et qui implique une surveillance gouvernementale accrue.

«Nous allons en profiter pour renforcer le journalisme russe qui affronte la répression, a-t-il déclaré sur une application de messagerie russe. Nous essaierons d’aider les gens qui ont été désignés comme étant des agents, qui ont été persécutés et qui ont été chassés du pays.»

Selon le Comité pour la protection des journalistes, 17 employés de médias ont été tués aux Philippines depuis dix ans et 23 en Russie.

L’ancien leader soviétique Mikhail Gorbachev avait utilisé une partie des fonds associés à son Nobel de la paix en 1990 pour aider le média qui deviendrait plus tard Novaya Gazeta à se procurer de l’équipement et des ordinateurs.

Le comité Nobel a souligné que, depuis la fondation du quotidien, six de ses journalistes ont été tués, dont Anna Politkovskaïa qui couvrait le sanglant conflit en Tchétchénie.

Le porte-parole du Kremlin, Dimitri Peskov, a offert ses félicitations à M. Muratov qu’il décrit comme une personne «talentueuse et brave».

«Il a constamment travaillé en respectant ses idéaux. Il est talentueux et brave. Il s’agit d’une grande marque d’appréciation et nous voulons le féliciter», a dit Dmitry Peskov lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes.

Certains se demandent toutefois si les lauréats de cette année respectent la volonté d’Alfred Nobel, le fondateur des prestigieux prix, qui souhaitait saluer ceux qui travaillent pour prévenir la guerre.

Le directeur du Stockholm International Peace Research Institute, Dan Smith, compte parmi ceux qui estiment que l’octroi du prix aux deux journalistes est mérité.

«La liberté d’expression fait partie de la démocratie, et on sait que les systèmes démocratiques sont plus stables, moins susceptibles d’entrer en guerre les uns avec les autres, moins susceptibles d’être plongés dans une guerre civile, a-t-il expliqué à l’Associated Press. Je crois que la chose importante au sujet d’un média qui est véritablement libre est non seulement qu’il agit indépendamment, mais qu’il respecte la vérité. Et je pense que c’est une composante importante non seulement de la démocratie, mais aussi d’oeuvrer en faveur de la paix.»

Mme Reiss-Andersen a souligné que ce n’est pas la première fois que le Nobel de la paix est remis à des journalistes. Le reporter italien Ernesto Teodoro avait été honoré en 1907 et le journaliste allemand Carl von Ossietzky en 1935, ce dernier pour avoir révélé que l’Allemagne avait entrepris de se réarmer en dépit de l’accord de paix signé après la Première Guerre mondiale.

Mme Ressa a notamment dénoncé le rôle joué par des géants technologiques comme Facebook dans la manipulation du débat public et leur incapacité à faire taire le discours haineux.

S’exprimant sur le site de Rappler après l’annonce du prix, Mme Ressa a dénoncé «le virus de mensonges qui a été introduit par le biais des algorithmes des plateformes de réseaux sociaux».

Le groupe Reporters sans frontières a salué la décision du comité Nobel, témoignant de sa «joie et de l’urgence».

«La joie, parce que c’est un honneur extraordinaire pour le journalisme, un honneur pour tous les journalistes qui prennent des risques à travers le monde pour défendre le droit à l’information», a dit le patron du groupe, Christophe Deloire.

RSF a collaboré avec Mme Ressa et M. Muratov pour défendre le journalisme dans leurs pays et il est régulièrement attaqué par des gouvernements autoritaires.

«Mais aussi de l’urgence, parce que la prochaine décennie sera cruciale pour le journalisme. Le journalisme est en danger, le journalisme est affaibli, le journalisme est menacé, a dit M. Deloire. Les démocraties sont affaiblies par la désinformation, par les rumeurs, par le discours haineux. Le prix est un appel puissant à défendre le journalisme partout.»

Le prestigieux prix est symbolisé par une médaille d’or et s’accompagne d’une bourse de 10 millions de couronnes suédoises (1,43 million $ CAN).

Avec Kiko Rosario, Frank Jordans et Vanessa Gera, The Associated Press

Un logiciel israélien utilisé pour espionner journalistes et militants dans le monde (médias)

juillet 18, 2021
Un logiciel israelien utilise pour espionner journalistes et militants dans le monde (medias)
Un logiciel israélien utilisé pour espionner journalistes et militants dans le monde (médias)© AFP/JACK GUEZ

Des militants des droits humains, des journalistes et des opposants du monde entier ont été espionnés grâce à un logiciel mis au point par une société israélienne, selon une enquête publiée dimanche dans plusieurs médias.

Le logiciel espion Pegasus de la société NSO Group, s’il est introduit dans un smartphone, permet d’en récupérer les messages, les photos, les contacts, et même d’écouter les appels de son propriétaire.

L’entreprise, fondée en 2011 et qui a régulièrement été accusée de faire le jeu de régimes autoritaires, a toujours assuré que son logiciel servait uniquement à obtenir des renseignements contre des réseaux criminels ou terroristes.

Mais les organisations Forbidden Stories et Amnesty International ont eu accès à une liste, établie en 2016, de 50.000 numéros de téléphone que les clients de NSO avaient sélectionnés en vue d’une surveillance potentielle. Elle inclut les numéros d’au moins 180 journalistes, 600 hommes et femmes politiques, 85 militants des droits humains, ou encore 65 chefs d’entreprise… selon une analyse menée par 17 rédactions.

Sur cette liste, figure notamment le numéro d’un journaliste mexicain Cecilio Pineda Birto, abattu quelques semaines après son apparition sur ce document. Des correspondants étrangers de plusieurs grands médias, dont le Wall Street JournalCNNFrance 24Mediapart, El País, ou l’AFP en font aussi partie.

D’autres noms de personnalités figurant sur la liste seront divulgués dans les prochains jours par le consortium de médias qui ont mené l’enquête, dont font notamment partie Le Monde, The Guardian, et The Washington Post.

Leurs journalistes ont rencontré une partie des personnes visées et ont récupéré 67 téléphones, qui ont fait l’objet d’une expertise technique dans un laboratoire d’Amnesty International.

Elle a confirmé une infection ou une tentative d’infection par le logiciel espion de NSO Group pour 37 appareils, selon les compte-rendus publiés dimanche.

Deux des téléphones appartiennent à des femmes proches du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, assassiné en 2018 dans le consulat de son pays à Istanbul par un commando d’agents venus d’Arabie saoudite.

Pour les 30 autres, les résultats ne sont pas probants, souvent car les propriétaires des numéros ont changé de téléphone.

« Il y a une forte corrélation temporelle entre le moment où les numéros sont apparus sur la liste et leur mise sous surveillance », précise le Washington Post.

Cette analyse, qui met à mal la communication de la société, s’ajoute à une étude, menée en 2020, par le Citizen Lab de l’Université de Toronto, qui avait confirmé la présence du logiciel Pegasus dans les téléphones de dizaines d’employés de la chaîne Al-Jazeera du Qatar.

Par Le Point avec AFP

France-Maintien de l’ordre: sévère désaveu du Conseil d’Etat à Darmanin

juin 11, 2021

Le Conseil d’Etat a infligé jeudi un sévère désaveu à Gérald Darmanin en annulant plusieurs dispositions phares du schéma du maintien de l’ordre, dont la technique de la « nasse » et l’obligation faite aux journalistes de quitter les manifestations.

« C’est formidable pour la liberté d’information », a réagi auprès de l’AFP Dominique Pradalié, secrétaire générale du Syndicat national des journalistes (SNJ). « Une fois de plus, le gouvernement se fait épingler pour non-respect des droits fondamentaux », se sont réjouis la CGT et le SNJ-CGT.

Tous se sont félicités que le Conseil d’Etat ait rappelé l’importance de la liberté d’informer.

Le ministère de l’Intérieur a promis en début de soirée que des « modifications seraient apportées » à son schéma du maintien de l’ordre pour « atteindre les objectifs du texte, tout en respectant les orientations de la décision du Conseil d’Etat ».

La plus haute juridiction de l’autorité administrative avait été saisie par des associations et des syndicats, notamment de journalistes, vent debout contre ce texte publié le 16 septembre et porté par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.

Dans un communiqué accompagnant sa décision, le Conseil d’Etat a rappelé que la technique de la « nasse » était prévue « pour contrôler, interpeller ou prévenir la poursuite de troubles à l’ordre public ».

« Si cette technique peut s’avérer nécessaire dans certaines circonstances précises, elle est susceptible d’affecter significativement la liberté de manifester et de porter atteinte à la liberté d’aller et venir », ajoutent les juges, en soulignant que le texte « ne précisait toutefois pas les cas où il serait recommandé de l’utiliser ». D’où sa décision de l’annuler.

C’est « une immense avancée pour tous les manifestants », a commenté auprès de l’AFP, Me Patrice Spinosi, avocat du SNJ et de la Ligue des droits de l’Homme (LDH).

Second revers

S’agissant de la presse, le Conseil a considéré que les journalistes « n’ont pas à quitter les lieux lorsqu’un attroupement est dispersé » et qu’ils n’ont pas non plus « l’obligation d’obéir aux ordres de dispersion » des forces de l’ordre.

« Les journalistes doivent pouvoir continuer d’exercer librement leur mission d’information, même lors de la dispersion d’un attroupement », a ajouté le Conseil. « Ils ne peuvent donc être tenus de quitter les lieux, dès lors qu’ils se placent de telle sorte qu’ils ne puissent être confondus avec les manifestants ou faire obstacle à l’action des forces de l’ordre ».

Les Sages ont estimé en outre que le « ministre de l’Intérieur ne peut pas imposer des conditions au port de protections par les journalistes ».

Dans une circulaire sur le maintien de l’ordre, ont-ils ajouté, le ministre ne peut « pas édicter ce type de règles à l’attention des journalistes comme de toute personne participant ou assistant à une manifestation ».

Le Conseil d’Etat a également rejeté l’accréditation des journalistes, qu’ils possèdent ou non une carte de presse, pour avoir accès au canal d’informations en temps réel mis en place lors de manifestations.

Cette décision constitue, en moins d’un mois, un second revers pour Gérald Darmanin après la censure, le 20 mai, par le Conseil constitutionnel de l’ex-article 24 de la loi sur la Sécurité globale.

Devenu l’article 52 de cette loi, cette disposition prévoyait de punir « la provocation à l’identification des forces de l’ordre », une nouvelle incrimination qui avait suscité une levée de boucliers des défenseurs des libertés publiques.

Le schéma national du maintien de l’ordre et la loi sécurité globale ont mobilisé l’automne dernier de nombreux détracteurs.

Début mai, une commission, présidée par l’ancien président de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme Jean-Marie Delarue et chargée d’apaiser les tensions entre médias et police, avait remis au Premier ministre Jean Castex son rapport assorti de 32 recommandations.

Parmi celles-ci figuraient l’annulation des accréditations aux journalistes pour couvrir une manifestation et celle de l’obligation qui leur était faite de dispersion en fin de manifestation.

Par Le Point avec AFP

Algérie : des opposants arrêtés à la veille des législatives

juin 11, 2021

Deux journalistes et un opposant politique ont été gardés à vue dans un centre de la sécurité intérieur. D’autres arrestations sont notamment signalées.

Karim Tabbou est un visage tres populaire de la contestation antiregime, Hirak, declenchee en fevrier 2019. Il a ete arrete avec trois autres voix critiques, la veille des legislatives.
Karim Tabbou est un visage très populaire de la contestation antirégime, Hirak, déclenchée en février 2019. Il a été arrêté avec trois autres voix critiques, la veille des législatives. © RYAD KRAMDI / AFP

Jeudi en fin de journée, plusieurs arrestations ont ciblé journalistes et activistes à Alger et dans d’autres villes à deux jours de la tenue des législatives anticipées du samedi 12 juin.

Selon Radio M, « le journaliste et directeur des deux médias Radio M et Maghreb émergent, Ihsane El Kadi a été interpellé par des services de sécurité à sa sortie de son bureau à Alger centre ce jeudi 10 juin 2021 en fin d’après-midi ».

Ihsane El Kadi avait été placé sous contrôle judiciaire le 18 mai à la suite d’une plainte déposée par le ministère de la Communication pour « atteinte à la sécurité et l’intégrité de l’unité nationale », et « publications qui nuisent à l’intérêt national ».

Khaled Drareni interpellé

Le ministère de la Communication reproche au journaliste la publication d’un article, le 23 mars, où le patron de médias plaidait contre la « diabolisation » du mouvement Rachad, organisation d’opposants en exil formée notamment d’anciens cadres du Front islamique du salut (FIS), dissous en 1992, et classée « terroriste » par les autorités.

L’autre journaliste interpellé hier en fin de journée à Alger est Khaled Drareni, fondateur du site d’information Casbah Tribune, et correspondant en Algérie pour TV5 Monde et pour Reporters sans frontières (RSF). Interpellé à plusieurs reprises en 2019 et en 2020 lors des manifestations du hirak, il est finalement placé sous mandat de dépôt le 29 mars 2020 et condamné, le 15 septembre, à deux ans de prison ferme pour « incitation à attroupement non armé et d’atteinte à l’intégrité du territoire national ».

Drareni a été libéré de prison le 19 février 2021 – avec une trentaine de détenus – dans le cadre d’une grâce présidentielle.

La troisième personnalité interpellée hier est Karim Tabbou, dirigeant de l’Union démocratique et sociale (UDS, parti non agréé). Tabbou a été condamné d’abord pour « atteinte au moral de l’armée » puis pour « incitation à la violence » et a passé plusieurs mois en prison avant sa libération le 2 juillet 2020.

Il a été placé en garde à vue, avant d’être libéré et mis sous contrôle judiciaire, fin avril dernier, à la suite d’une plainte du président du Conseil national des droits de l’homme (CNDH, officiel), avec lequel il a eu une altercation durant l’enterrement du fondateur de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme, Ali Yahia Abdennour.

Ihsane El Kadi, Khaled Drareni et Karim Tabbou auraient été, selon des avocats et leurs proches, interrogés et gardés à vue dans un des centres de la sécurité intérieure sur les hauteurs d’Alger. Ils ont pu contacter par téléphone leurs proches tard dans la nuit pour les informer de leur lieu de détention.

222 arrestations

Selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), d’autres activistes ont été interpellés jeudi ailleurs qu’à Alger, alors que le jour même, le procureur du tribunal d’Alger a annoncé l’arrestation de dix personnes qui seraient membres d’une « cellule qui incitait aux rassemblements et à l’atteinte à la sécurité nationale ». Douze autres personnes sont en fuite, dont une partie à l’étranger, selon le procureur, qui a mentionné la France et les États-Unis.

Au moins 222 personnes sont actuellement incarcérées pour des faits en lien avec le hirak et/ou les libertés individuelles, selon le CNLD, alors que les manifestations hebdomadaires sont interdites depuis fin mai.

Ces arrestations interviennent au moment où les autorités ont procédé, ce jeudi, à une modification du Code pénal, en créant une « liste nationale des personnes et des entités terroristes », selon le communiqué du conseil des ministres et en élargissant la définition de l’acte terroriste ou le sabotage à « tout acte visant la sûreté de l’État, l’unité nationale et la stabilité et le fonctionnement normal des institutions par toute action ayant pour objet ».

Terrorisme : élargissement de la définition

La nouvelle définition englobe aussi toute action visant à « œuvrer ou inciter, par quelque moyen que ce soit, à accéder au pouvoir ou à changer le système de gouvernance par des moyens non constitutionnels », ou « porter atteinte à l’intégrité du territoire national ou d’inciter à le faire, par quelque moyen que ce soit ».

Les mouvements Rachad et le MAK (Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie) ont été classés par les autorités, le 18 mai, comme « organisations terroristes ». Ces deux mouvements ont été souvent accusés par les autorités de pousser à la violence, profitant des marches du hirak. Les deux mouvements réfutent ces accusations.

Par ailleurs, des collectifs, des associations, des partis et des personnalités ont publié une déclaration rejetant les législatives : « L’Algérie est enfermée dans une politique d’état d’urgence non déclarée : fermeture de toutes les places publiques, empêchement des manifestations et de toute expression pacifique appelant à un changement démocratique. Tandis que des salles et des canaux médiatiques sont ouverts pour promouvoir l’échéance du 12 juin. »

Par Le Point avec Adlène Meddi

Turquie : quatre journalistes de Charlie Hebdo inculpés pour «insulte» à Erdogan

mars 26, 2021

Les quatre journalistes sont accusés d’avoir insulté le président turc dans une caricature publiée l’an dernier. Un procureur demande jusqu’à quatre ans d’emprisonnement.

Un procureur turc a réclamé vendredi 26 mars jusqu’à quatre ans d’emprisonnement contre quatre collaborateurs de l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo qu’il accuse d’avoir «insulté» le président Recep Tayyip Erdogan dans une caricature publiée l’an dernier.

Selon l’agence de presse étatique turque Anadolu, les quatre collaborateurs de Charlie Hebdo inculpés sont la caricaturiste Alice Petit et trois responsables du célèbre hebdomadaire, Gérard Biard, Julien Sérignac et Laurent Sourisseau, dit Riss. La publication de cette caricature, en octobre, avait suscité la colère de Recep Tayyip Erdogan dans un contexte de vives tensions diplomatiques entre Ankara et Paris. On y voyait l’autoritaire président turc dessiné en slip, bière à la main, soulevant la robe d’une femme voilée en s’écriant: «Ouuuh ! Le prophète !».

«Vulgaire, obscène et déshonorant»

Dans son acte d’accusation, qui doit encore formellement être accepté par un tribunal pour que s’ouvre un procès, le procureur turc estime que cette caricature «n’entre d’aucune manière dans le cadre de la liberté d’expression ou de la presse», qualifiant le dessin de presse de «vulgaire, obscène et déshonorant». Après la parution de cette caricature, Recep Tayyip Erdogan avait dénoncé une «attaque ignoble» commise par des «vauriens».

Cette affaire était intervenue dans un contexte de crise diplomatique entre la Turquie et la France, Recep Tayyip Erdogan accusant notamment le président français Emmanuel Macron d’«islamophobie» pour avoir défendu le droit de caricaturer le prophète Mahomet. L’annonce de l’inculpation des journalistes de Charlie Hebdo intervient par ailleurs quelques jours après qu’Emmanuel Macron a accusé la Turquie d’«ingérence» et en pleine polémique en France sur le financement d’une mosquée soutenue par une association pro-turque à Strasbourg (est).

L’ONG Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé vendredi les poursuites contre les collaborateurs de Charlie Hebdo, accusant Ankara de vouloir «élargir la censure au-delà de la Turquie». Régulièrement épinglée par les ONG, la Turquie est classée à la 154e position sur 180 dans l’index de la liberté de la presse publié par RSF. Des dizaines de journalistes ont été arrêtés et plusieurs médias d’opposition poursuivis ou fermés ces dernières années dans ce pays.

Par Le Figaro avec AFP

Des journalistes visés lors des manifestations aux Etats-Unis

mai 31, 2020

Des journalistes ont été pris à partie dans plusieurs villes des États-Unis lors des manifestations de ces derniers jours en réaction à la mort de George Floyd, par police et manifestants, agressés, arrêtés ou ciblés par des tirs.

La scène la plus médiatisée reste celle de l’interpellation du reporter de CNN Omar Jimenez, menotté par des policiers en plein direct à Minneapolis vendredi 29 mai au matin, avant d’être relâché, une heure plus tard.

Mais plusieurs autres incidents ont eu lieu dans le pays, notamment à Louisville, dans le Kentucky, où un policier anti-émeute a tiré des cartouches lacrymogènes sur une équipe de télévision locale qui le filmait. «On me tire dessus!» a crié, à l’antenne, Kaitlin Rust, de la chaîne locale WAVE 3.

A Minneapolis, une journaliste freelance, Linda Tirado, a reçu une balle en caoutchouc au visage et indiqué avoir définitivement perdu l’usage de son oeil.

«Les autorités locales doivent ordonner à leurs forces de police de ne pas prendre des journalistes pour cible», a exhorté samedi soir le Comité de protection des journalistes (CPJ).

Une haine grandissante contre les journalistes

Des membres des médias ont également été attaqués par des manifestants, comme le photographe Ian Smith, qui a affirmé avoir été passé à tabac à Pittsburgh avant que d’autres manifestants ne s’interposent.

A Atlanta, le siège de la chaîne d’information CNN a été attaqué vendredi par un groupe de plusieurs dizaines de personnes, qui ont notamment envoyé une grenade détonante dans le hall où se trouvaient des policiers.

Samedi matin, un journaliste de la chaîne d’information Fox News qui se trouvait devant la Maison Blanche a été chassé par des manifestants, et poursuivi sur plusieurs centaines de mètres, avant que la police ne disperse les assaillants. «Si vous êtes manifestants, faites ce qui vous semble juste, mais ne nous empêchez pas de faire notre travail pour le public», a demandé samedi la Société des journalistes professionnels (SPJ).

Le président américain Donald Trump a lui retweeté un message expliquant: «Ironie du sort, le siège de CNN est attaqué par des émeutiers que la chaîne a présenté comme nobles et justes. Oops.» Depuis son élection, le chef de l’Etat s’en prend régulièrement aux médias, accusés de déformer la vérité, voire de fabriquer de fausses informations dans le but de lui nuire. Il les a régulièrement qualifiés d’«ennemis du peuple», avec une mention particulière à CNN, sa cible favorite.

Par Le Figaro avec AFP

Burundi : quatre journalistes d’Iwacu condamnés à deux ans et demi de prison

janvier 30, 2020

Des journalistes burundais ont protesté, lors de la Journée mondiale de la presse le 3 mai 2015, contre la fermeture d'une station de radio.

Des journalistes burundais ont protesté, lors de la Journée mondiale de la presse le 3 mai 2015, contre la fermeture d’une station de radio. © Jerome Delay/AP/SIPA

 

La justice burundaise a condamné à deux ans et demi de prison quatre journalistes arrêtés le 22 octobre alors qu’ils couvraient l’incursion de rebelles burundais venus de la République démocratique du Congo (RDC) voisine, a-t-on appris de source judiciaire et d’un témoin.

« Nous sommes sous le choc, le tribunal vient de condamner les 4 journalistes d’Iwacu à 2 ans et 6 mois de prison et à une amende de 1 million de francs burundais (485 euros), c’est une honte car ils n’ont fait que leur métier », a indiqué à l’AFP un témoin ayant assisté à l’audience et requérant l’anonymat. Ces journalistes travaillant pour Iwacu, l’un des derniers médias indépendants du Burundi, ont été condamnés pour « tentative de complicité (…) d’atteinte à la sécurité intérieure de l’État » par le tribunal de Bubzabza, dans l’ouest du pays. Leur chauffeur a été acquitté.

Le parquet, qui avait requis 15 ans de prison, souhaitait les voir condamner pour « complicité d’atteinte à la sûreté de l’état », mais le tribunal a « décidé de requalifier les faits », a souligné une source judiciaire, sous couvert de l’anonymat. Selon un journaliste burundais souhaitant lui aussi garder l’anonymat, cette décision des juges résulte du fait que « la défense avait établi clairement que les journalistes n’ont jamais été en contact avec les rebelles, qu’ils n’avaient fait que leur travail ».

Iwacu fera appel

Selon un témoin présent lors du réquisitoire, le 30 décembre, l’accusation avait basé l’essentiel de son argumentation sur un message WhatsApp échangé par l’une des journalistes avec un collègue se trouvant à l’étranger, dans lequel elle écrivait: « Nous nous dirigerons vers Bubanza (…) pour aider les rebelles ». Le fondateur d’Iwacu, Antoine Kaburahe, qui vit en exil en Belgique, a indiqué sur Twitter la volonté de son organisation d’interjeter appel.

Au moins 14 rebelles du groupe burundais RED-Tabara, basé dans l’est de la RDC, ont été tués lors de l’attaque du 22 octobre, la première depuis 2017, selon la police burundaise. De son côté, le mouvement rebelle a affirmé avoir tué une dizaine de membres des forces de défense et de sécurité. Reporters sans frontières, qui souligne que les journalistes ne faisaient que leur travail, et Human Rights Watch, ont demandé à plusieurs reprises leur libération.

Pakistan: un hashtag appelle à «arrêter» les journalistes trop critiques sur Twitter

juillet 4, 2019

 

Un hashtag appelant à l’arrestation de journalistes critiques du gouvernement et de l’armée est devenu brièvement le plus utilisé sur Twitter jeudi au Pakistan, aggravant les inquiétudes quant à un accroissement de la censure des médias dans le pays. #ArrestAntiPakJournalists (Arrêtez les journalistes anti-Pakistan), a chuté à la deuxième place des tendances sur Twitter dans la soirée, après avoir été employé plus de 32.000 fois à 17h30 heure française.

De nombreux utilisateurs l’ont accompagné d’une photo de journalistes et de présentateurs de télévision éminents, dont certains critiquent régulièrement le parti Tehreek-e-Insaf (PTI) du premier ministre Imran Khan et la puissante armée. Les journalistes «aboient continuellement contre l’armée et il est temps de les pousser aussi en prison», a tweeté un internaute, tandis que d’autres les qualifiaient de «voleurs», de «prostituées» ou «d’ennemis de l’Etat», un utilisateur appelant à les «pendre tous».

Critiquer les militaires est perçu comme un ligne rouge au Pakistan, journalistes et blogueurs se plaignant d’intimidations s’ils la franchissent. Des cas d’enlèvements, de passages à tabac et même d’assassinats ont été recensés. L’année dernière, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a déclaré dans un rapport que l’armée avait «discrètement, mais efficacement, imposé des restrictions à l’information», ce que celle-ci nie.

Le hashtag #ArrestAntiPakJournalists a été «fabriqué» par des groupes pro-PTI et ne reflète pas «la véritable opinion publique», a estimé Shahzad Ahmed, dirigeant du groupe de défense des droits numériques Bytes for All. «Il y a des groupes organisés qui sont à l’origine de ces tendances… ce qui est un phénomène très dangereux dans notre pays pour la liberté d’expression et la liberté individuelle», a-t-il déclaré à l’AFP.

Le présentateur Hamid Mir était particulièrement visé sur Twitter, où il s’était indigné il y a deux jours de «restrictions croissantes à la liberté d’expression», après que son interview avec l’ex-président Asif Zardari, aujourd’hui leader de l’opposition, eut été brutalement interrompue peu après son lancement. «C’est facile de comprendre qui l’a arrêtée, non ?», avait-il écrit. «Nous ne vivons pas dans un pays libre».

Hamid Mir avait été grièvement blessé en 2014 lors d’une attaque par balles qu’il avait à l’époque imputée à l’ISI, la plus puissante des agences de renseignement militaires.

Par Le Figaro.fr avec AFP

#MeToo en Inde: un ministre accusé de harcèlement sexuel

octobre 9, 2018

New Delhi – Un membre du gouvernement de Narendra Modi se trouvait mardi en Inde au centre d’accusations de harcèlement sexuel, publiées par des femmes sur les réseaux sociaux dans le cadre du mouvement #MeToo.

Vétéran du journalisme, aujourd’hui ministre de second rang du ministère des Affaires étrangères indien, M.J. Akbar est accusé d’avoir fait des avances sexuelles inappropriées à des jeunes femmes journalistes débutant dans le métier, selon plusieurs témoignages sur Twitter.

Un an après son apparition dans le reste du monde, la campagne féministe #MeToo avait eu peu d’écho à ce stade en Inde. Jusqu’à ces derniers jours.

Réalisateurs, humoristes, journalistes… Plusieurs personnalités de l’industrie du spectacle et des médias se sont vus accusées publiquement de comportement inapproprié envers des femmes dans cette société patriarcale.

Première femme à s’exprimer publiquement contre M.J. Akbar, la journaliste Priya Ramani a révélé lundi soir dans un tweet viral qu’il était le rédacteur en chef anonyme qu’elle avait décrit dans un article paru l’année dernière.

Le texte relate un entretien d’embauche qu’il lui avait fait passer, lorsqu’elle avait 23 ans et lui 43, dans sa chambre d’un hôtel chic de Bombay. « Il s’avère que vous chassiez en prédateur de façon aussi talentueuse que vous écriviez », y estime la journaliste.

« Vous êtes un expert d’appels téléphoniques, de textos obscènes (…) Vous savez pincer, tapoter, frotter, attraper et agresser. Parler contre vous coûte encore un lourd tribut que beaucoup de jeunes femmes ne peuvent se permettre de payer », ajoute-t-elle dans cette lettre ouverte publiée par Vogue India.

D’autres femmes journalistes ont fait état sur Twitter d’expériences similaires avec celui qui, avant de passer en politique, avait occupé des postes à responsabilités dans des publications prestigieuses comme The Telegraph, Asian Age et The Sunday Guardian.

Contacté par l’AFP, le ministère des Affaires étrangères indien n’a pas donné suite dans l’immédiat. La cheffe de la diplomatie Sushma Swaraj a ignoré une question de journaliste lui demandant si elle allait ouvrir une enquête sur ces accusations.

Lundi soir, une scénariste et productrice a également déclaré sur Facebook avoir été violée par un populaire acteur de Bollywood il y a 19 ans. Si elle ne l’identifie pas nommément, les médias indiens ont vite fait le lien avec l’acteur Alok Nath, grâce à des indices laissés à dessein dans le message.

« Je ne démens pas ceci ni ne serais d’accord avec. (Ce viol) a dû se produire, mais quelqu’un d’autre l’aurait fait », a réagi auprès de la chaîne ABP l’acteur de 62 ans, abonné aux rôles de bon père de famille.

Lundi, le rédacteur en chef du service politique du grand quotidien Hindustan Times a démissionné de ses fonctions suite à la suite d’accusations de harcèlement sexuel partagées sur Twitter.

Romandie.com avec(©AFP / 09 octobre 2018 12h11)                                                        

Birmanie: deux journalistes de Reuters condamnés à sept ans de prison

septembre 3, 2018

/ © AFP / Ye Aung THU

Deux reporters de Reuters accusés d’ »atteinte au secret d’Etat » pour avoir enquêté sur un massacre de musulmans rohingyas par l’armée en Birmanie ont été condamnés lundi à sept ans de prison, au terme d’un procès qui a entaché un peu plus l’image de la prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi.

« Ayant tous deux porté atteinte au secret d’Etat, ils sont condamnés à sept ans de prison chacun », a déclaré le juge Ye Lwin, devant une salle d’audience pleine à craquer de journalistes et diplomates.

« Nous continuons à demander leur libération », a réagi Knut Ostby, le représentant de l’ONU en Birmanie, peu après l’énoncé du verdict.

L’Union européenne a aussi appelé à leur « libération immédiate et inconditionnelle ».

« Nous demandons la libération immédiate des journalistes », a déclaré Mark Field, le secrétaire d’Etat britannique aux Affaires étrangères, chargé de l’Asie. « C’est un jour sombre pour la Birmanie », a-t-il estimé.

La France a « déploré » cette condamnation, la qualifiant de « sérieuse atteinte à la liberté de la presse et à l’État de droit » en Birmanie.

Le journaliste birman Wa Lone (c) escorté par des policiers après son procès à Rangoun, le 4 avril 2018 / © AFP/Archives / SAI AUNG MAIN

Wa Lone, 32 ans, et Kyaw Soe Oo, 28 ans, en détention préventive depuis décembre 2017, risquaient une peine de 14 ans de prison au terme de ce procès très controversé, dans un pays où l’indépendance de la justice est sujette à caution.

« Le gouvernement peut bien nous emprisonner… mais ne fermez pas les yeux et les oreilles du peuple », a lancé Kyaw Soe Oo à la foule de journalistes présents devant le tribunal, avant d’être poussé à bord d’un fourgon, en direction de la prison. Sa femme s’était effondrée en larmes à l’énoncé du verdict.

Cette condamnation est un coup dur pour la liberté de la presse, malmenée en Birmanie malgré les espoirs suscités par l’arrivée au pouvoir d’Aung san Suu Kyi en 2016.

Outre celles de l’ONU, de l’UE et de Londres et Paris, les réactions internationales ne se sont pas fait attendre.

L’organisation de défense des journalistes Reporters sans frontières (RSF) « condamne avec la plus grande fermeté cette décision qui vient clore une instruction fantoche » en Birmanie, classée 137ème sur 180 pays dans le classement mondial de RSF.

Le journaliste birman Kyaw Soe Oo au tribunal de Rangoun, le 9 juillet 2018 / © AFP / STR

« Ce verdict est clairement destiné à intimider d’autres journalistes birmans. C’est une façon pour les militaires et le gouvernement de dire que si vous enquêtez sur certaines choses qui sont sensibles dans notre pays, nous allons vous poursuivre », a réagi Phil Robertson, de l’ONG Human Rights Watch, interrogé par l’AFP à Bangkok.

Les deux reporters birmans de l’agence de presse sont accusés de s’être procuré des documents relatifs aux opérations des forces de sécurité birmanes dans l’Etat Rakhine, région du nord-ouest de la Birmanie, théâtre du drame rohingya.

Ils enquêtaient sur un massacre de membres de la minorité musulmane dans le village de Inn Dinn. Quelques jours après leur arrestation, l’armée a reconnu que des soldats et des villageois bouddhistes avaient tué de sang-froid des captifs rohingya le 2 septembre 2017, et sept militaires ont été condamnés à dix ans de prison pour ce massacre.

– Contexte de grande tension –

Ce verdict intervient dans un contexte de grande tension entre la Birmanie et la communauté internationale: lundi dernier, des enquêteurs de l’ONU ont publié un rapport évoquant un « génocide » des Rohingyas et accusant directement l’armée, mais aussi le silence d’Aung San Suu Kyi, à la tête du gouvernement civil depuis 2016.

Birmanie: « Nous n’avons commis aucun crime », assure un reporter / © REUTERS/AFP / –

Et mardi, la question de la poursuite des militaires birmans devant la justice internationale a été débattue au Conseil de sécurité de l’ONU.

Samedi, à Rangoun, une centaine de manifestants ont réclamé la libération des deux reporters, au nom de la liberté de la presse.

En 2017, plus de 700.000 Rohingyas ont fui vers le Bangladesh, face aux violences commises par les forces armées birmanes et des milices bouddhistes, une répression qualifiée par l’ONU de « nettoyage ethnique », et même désormais de « génocide ».

Le verdict était suivi de près par la communauté internationale, qui avait multiplié les appels à libérer les deux reporters, de Bruxelles à Washington.

En dépit des pressions, la justice a toujours maintenu les poursuites. Si les documents que détenaient les journalistes « s’étaient retrouvés entre les mains de terroristes, ces derniers auraient pu fomenter plus facilement de nouvelles attaques », avait assuré le 20 août le procureur Kyaw Min Aung dans ses réquisitions.

Romandie.com avec(©AFP / (03 septembre 2018 15h11)