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Venezuela: la Cour suprême suspend la direction du parti de l’opposant Guaido

juillet 7, 2020

 

La Cour suprême du Venezuela (TSJ), considérée comme acquise au président Nicolas Maduro, a suspendu mardi toute la direction du parti du chef de l’opposition Juan Guaido et en a remis le contrôle à un de ses rivaux. Le TSJ «décrète une mesure de tutelle constitutionnelle consistant à suspendre l’actuelle direction (…) de Voluntad Popular (Volonté populaire)», a indiqué un communiqué de la cour, qui a également nommé une «direction ad hoc» dirigée par le député José Gregorio Noriega, un adversaire de Juan Guaido.

Le 15 et 16 juin, le TSJ avait déjà pris des mesures similaires contre deux autres formations majeures de l’opposition, Accion Democratica (Action démocratique, social-démocrate) et Primero Justicia (Justice d’abord, centre). Ces décisions interviennent à quelques mois des élections législatives du 6 décembre qui visent à renouveler le Parlement, seul pouvoir contrôlé par l’opposition, et que les grands partis anti-Maduro ont décidé de boycotter, dénonçant une «farce» électorale. Qualifiant le TSJ de «bras judiciaire de la dictature de Maduro», les services de Juan Guaido ont rejeté sur Twitter «une décision nulle et non avenue» et accusé le camp présidentiel de vouloir «s’approprier les logos et les symboles de Voluntad Popular» pour «simuler une fausse opposition pour son prochain piège électoral».

Selon la décision de justice, la nouvelle direction du parti de Guaido pourra «utiliser le logo, les symboles, les couleurs et tout autre signe appartenant à Voluntad Popular». José Gregorio Noriega, placé à la tête de la formation, est un allié de Luis Parra, un député qui a tenté de se substituer début 2020 à Juan Guaido à la présidence du Parlement. Luis Parra fait partie des onze responsables vénézuéliens sanctionnés fin juin par l’Union européenne. Washington a, de son côté, aussi émis des sanctions contre Luis Parra et plusieurs députés qui le soutiennent, dont José Gregorio Noriega.

Le destin de «Voluntad Popular n’est pas déterminée par des traitres», a réagi sur Twitter Leopoldo Lopez, autre figure de l’opposition, mentor de Juan Guaido et fondateur de ce parti. Il est aujourd’hui réfugié à l’ambassade d’Espagne à Caracas. «Aujourd’hui, nous le disons officiellement: Voluntad Popular NE VALIDERA PAS cette mascarade électorale», a ajouté Leopoldo Lopez, qui était apparu en avril 2019 aux côtés de soldats insurgés et de Juan Guaido, lequel annonçait un soulèvement militaire contre Nicolas Maduro. Le soir même, il s’était réfugié dans la résidence diplomatique lorsque le soulèvement avait tourné court. L’Assemblée nationale est actuellement présidée par Juan Guaido, qui considère comme illégitime la présence au pouvoir de Nicolas Maduro et s’est proclamé en janvier 2019 président par intérim du Venezuela. Il est reconnu comme tel par plus d’une cinquantaine de pays dont les Etats-Unis, qui appellent ouvertement au renversement de Nicolas Maduro et appliquent diverses sanctions économiques contre Caracas. Nicolas Maduro est lui soutenu par la Russie, la Chine, l’Iran et Cuba.

Par Le Figaro avec AFP

Venezuela : Guaido appelle la population à accentuer sa pression sur l’armée

mai 3, 2019

 

L’opposant vénézuélien Juan Guaido a exhorté vendredi la population à marcher samedi «de manière pacifique» vers les bases militaires du pays pour demander à l’armée de lâcher le président socialiste Nicolas Maduro, trois jours après une tentative ratée de soulèvement.

«Nous savons que nous devons continuer à protester (…) nous devons continuer de manière pacifique et citoyenne, sans tomber dans le piège» du gouvernement, a déclaré Juan Guaido lors d’une conférence de presse. «Tout notre combat se déroule et va continuer à se dérouler dans le cadre de la Constitution», a fait valoir le député de centre droit de 35 ans, reconnu comme président par intérim du Venezuela par plus d’une cinquantaine de pays, dont les Etats-Unis. «On est unis et plus forts que jamais», a ajouté le président de l’Assemblée, seule institution vénézuélienne contrôlée par l’opposition. Ces déclaration interviennent dans un contexte de vive tension au Venezuela.

Le chef de l’Etat Nicolas Maduro a lancé une chasse aux «traîtres» dès mardi soir, lorsqu’il a affirmé avoir déjoué l’«escarmouche putschiste» entreprise par un groupe de militaires entrés en rébellion pour rejoindre Juan Guaido.

La tentative de soulèvement de mardi s’est dégonflée au cours de la journée. Quelque 25 militaires rebelles ont demandé l’asile à l’ambassade du Brésil à Caracas. Puis Leopoldo Lopez, une des figures de l’opposition qui était assigné à résidence depuis 2017 et était apparu aux côtés de Juan Guaido et des soldats insurgés, s’est réfugié dans l’ambassade d’Espagne. La tentative de soulèvement a été accompagnée dans tout le Venezuela mardi et mercredi de manifestations monstre des partisans de Juan Guaido, émaillées de violents heurts entre des manifestants et les forces de l’ordre.

Ces affrontements ont fait quatre morts parmi les manifestants, selon l’opposition et les familles. Selon Amnesty International, les troubles ont par ailleurs fait quelque 200 blessés et 205 personnes ont été arrêtées.

Le mécontentement populaire est alimenté par les conséquences de la pire crise de l’histoire récente du pays. L’hyperinflation pourrait atteindre 10.000.000%, selon le FMI, les coupures de courant se multiplient et les hôpitaux ne peuvent plus soigner les malades, faute de médicaments et d’équipement.

Par Le Figaro.fr avec AFP