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Canada: François-Philippe Champagne remplacera Justin Trudeau aux funérailles de Shinzo Abe

septembre 25, 2022

Justin Trudeau a choisi de rester au pays pour superviser la réponse d’Ottawa aux ravages causés par l’ouragan Fiona.

Justin Trudeau signe un livre devant le portrait de Shinzo Abe.

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, fait une pause alors qu’il signe un livre de condoléances pour l’ancien premier ministre japonais Shinzo Abe à l’ambassade du Japon, le 12 juillet, à Ottawa. Photo : La Presse Canadienne/Adrian Wyld

Si la nature ne s’était pas déchaînée dans l’est du Canada, Justin Trudeau aurait été le seul leader du G7 à assister aux funérailles nationales de l’ancien premier ministre japonais. Ce sera finalement son ministre François-Philippe Champagne qui fera le trajet de 10 000 kilomètres pour rendre hommage à un « ami » du Canada assassiné en juillet. Pourquoi le Canada veut-il absolument être représenté à Tokyo? Il faut considérer des objectifs stratégiques plus larges en Asie-Pacifique.

En octobre 2015, le premier ministre japonais a été le premier leader étranger à appeler Justin Trudeau pour le féliciter de sa victoire électorale. Dans les années qui ont suivi, les deux hommes se sont rencontrés ou ont discuté au téléphone une vingtaine de fois. Au fil du temps, ils ont entretenu une grande amitié, souligne l’ambassadeur du Japon au Canada, Kanji Yamanouchi.

Le Canada décrit Shinzo Abe comme un fidèle ami et allié de notre pays.

Comment expliquer une telle proximité entre deux leaders si différents du point de vue idéologique, entre Justin Trudeau le progressiste et Shinzo Abe le conservateur nationaliste? Les approches de leurs gouvernements sur l’immigration, par exemple, étaient très différentes.

Entre Justin Trudeau et Shinzo Abe, des priorités communes, commerciales et géopolitiques, l’ont emporté sur leurs différences.

Le premier ministre japonais Shinzo Abe et le premier ministre canadien Justin Trudeau participent à une réunion bilatérale sur la colline du Parlement à Ottawa le dimanche 28 avril 2019.

Shinzo Abe et Justin Trudeau lors d’une réunion bilatérale sur la colline du Parlement à Ottawa, en avril 2019. Photo : La Presse Canadienne/Patrick Doyle

Des alliés commerciaux

Les intérêts commerciaux expliquent en partie la relation stable et positive entre le Canada et le Japon autant sous Stephen Harper que sous Justin Trudeau. Le Japon est le quatrième partenaire du Canada au chapitre du commerce bilatéral de marchandises.

Voici deux pays, entourés de géants, qui dépendent beaucoup du commerce extérieur, du libre-échange et d’un ordre international fondé sur des règles.

Justin Trudeau et Shinzo Abe se serrent la main devant des drapeaux du Canada et du Japon.

Justin Trudeau et Shinzo Abe lors d’une conférence de presse conjointe au Kantei à Tokyo, en mai 2016. Photo : La Presse Canadienne/Sean Kilpatrick

Dans une Asie de plus en plus dominée par une Chine quand même très puissante qui voulait instaurer ses propres règles, le Japon se faisait un défenseur de ces règles universelles pour faire contrepoids, explique Éric Boulanger, chargé de cours au Département de science politique de l’UQAM.

Justin Trudeau, lui, bousculé sur le front commercial par l’administration Trump lors de la renégociation de l’ALENA, avait tout intérêt à se rapprocher de Shinzo Abe, un leader aux objectifs semblables, c’est-à-dire rester concurrentiel et compétitif dans un système où les règles sont bien connues, justes et équitables, explique Éric Boulanger.

La conclusion de l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste a constitué un moment important dans la relation entre Trudeau et Abe.

Quand le président Trump a retiré les États-Unis de l’entente, le Japon a pris la relève et a trouvé avec le Canada un allié très fort pour relancer les négociations avec les autres pays membres et reformuler le nouvel accord qui est en vigueur aujourd’hui, explique le professeur Boulanger.

Les ministres se serrent la main en ligne continue.

Les ministres du Commerce de l’Australie, de Brunei, du Canada, du Chili, du Japon, de la Malaisie, du Mexique, de la Nouvelle-Zélande, du Pérou, de Singapour et du Vietnam à la signature du traité à Santiago, le 8 mars dernier. Photo: AP/Esteban Felix

Aujourd’hui, Tokyo demeure très intéressé par les ressources alimentaires et naturelles du Canada, comme le blé, le porc ou les minéraux critiques, et par ses nouvelles technologies.

La relation Canada-Japon est sur le point d’entrer dans un nouveau chapitre. Le gouvernement du Canada espère dévoiler d’ici Noël sa nouvelle stratégie indo-pacifique visant à resserrer ses liens avec les pays de la région.

Selon nos informations, le Japon occupera une place importante dans cette feuille de route en matière d’économie, d’environnement et de sécurité. On doit s’assumer comme pays de la région Pacifique, indique une source gouvernementale.

Le Canada cherche à varier ses partenaires économiques en Asie-Pacifique dans le contexte de tensions grandissantes entre Pékin et Ottawa. En mai, le gouvernement canadien a banni le géant chinois des télécommunications Huawei de son réseau 5G en raison de craintes quant à la sécurité nationale. 

Vendredi, en compagnie du président de la Corée du Sud Yoon Suk-yeol, à Ottawa, Justin Trudeau a abordé la nouvelle stratégie indo-pacifique du Canada. Il a souligné que de plus en plus, les pays totalitaires ne sont pas des fournisseurs de services qui satisfont les attentes de nos citoyens sur le plan de la protection de l’environnement, des normes du travail et du respect des droits de la personne

« Nous pouvons être des partenaires économiques extraordinaires sans être dépendants des autocraties ou d’États totalitaires comme la Chine ou d’autres. »— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada.

Jeudi dernier, la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a d’ailleurs annoncé que le Canada allait se joindre au groupe Partenaires du Pacifique bleu, créé par les Américains, dans le but de renforcer les liens économiques avec les îles du Pacifique. C’est une autre incarnation de la rivalité entre les États-Unis et la Chine pour l’influence dans la région.

Géopolitique et sécurité

Si Shinzo Abe avait soigneusement entretenu ses liens avec les leaders américains et canadiens, c’était aussi pour se prémunir contre l’expansionnisme chinois.

Abe essayait d’avoir des alliés où il pouvait en trouver. Les États-Unis, évidemment, étaient les plus importants pour lui, mais le Canada aussi. On est les voisins des États-Unis. On est alliés des États-Unis. On est quand même un pays ami avec le Japon depuis longtemps, souligne Bernard Bernier, professeur au Département d’anthropologie et au Centre d’études asiatiques de l’Université de Montréal.

Xi Jinping fait un salut de la main droite.

Xi Jinping est souvent qualifié de plus puissant dirigeant chinois depuis le fondateur du régime, Mao Zedong. Photo : Getty Images/Noel Celis/Pool

Le désir du gouvernement canadien d’être vu et entendu dans la région n’est pas anodin à ce moment-ci, selon le professeur. C’est vraiment pour contrer les velléités de la Chine, pas seulement face à Taiwan, mais aussi par rapport au Japon. La Chine est quand même assez agressive face au Japon, explique Bernard Bernier.

Ottawa ne peut pas ignorer les tensions qui existent dans la région. Le Canada dépend beaucoup, par exemple, des biens qui circulent dans le détroit de Taïwan et doit rester vigilant.

Mentionnons que le gouvernement Trudeau a bonifié sa présence militaire en Indo-Pacifique dans le cadre de l’opération NEON, pour faire respecter les sanctions des Nations unies envers la Corée du Nord.

Avec les montagnes de l'État de Washington en toile de fond, un hélicoptère Sea King survole le navire HMCS Vancouver à Esquimalt, en Colombie-Britannique.

Avec les montagnes de l’État de Washington en toile de fond, un hélicoptère Sea King survole le navire HMCS Vancouver à Esquimalt, en Colombie-Britannique. Photo: La Presse Canadienne/Chad Hipolito

Depuis 2018, le Canada déploie périodiquement des navires et des aéronefs pour prévenir des manœuvres de contournement des sanctions visant la Corée du Nord, comme le transfert de carburant ou d’autres marchandises entre navires.

Les Forces armées canadiennes ont déployé le NCSM Vancouver dans le cadre de cette opération. Cet automne, un aéronef de patrouille maritime sera déployé à partir de la base aérienne Kaneda, au Japon.

En Asie-Pacifique, où s’affrontent les grandes forces géopolitiques du monde, le Canada veut être présent à la table. Ottawa choisit de miser sur la mémoire et la continuité.

Radio-Canada avec Louis Blouin avec la collaboration de Marie Chabot-Johnson.

Canada: Trudeau condamne l’escalade de la violence et les menaces nucléaires de Poutine

septembre 22, 2022
Justin Trudeau.

Justin Trudeau a vivement dénoncé le récent discours du président russe Vladimir Poutine. Photo : La Presse Canadienne/Sean Kilpatrick

Le premier ministre Justin Trudeau a condamné au nom du Canada l’escalade de la violence du président russe Vladimir Poutine dans son opération d’invasion de l’Ukraine, y compris son appel à la mobilisation partielle et ses menaces de recours à l’arme nucléaire.

M. Trudeau se trouvait à New York pour participer à l’Assemblée générale des Nations unies, où l’agression de la Russie contre l’Ukraine qui dure depuis sept mois est un sujet de discussion omniprésent.

En conférence de presse, le premier ministre canadien a qualifié les actes du président russe d’irresponsables et a déclaré que Poutine a perdu le contrôle de la situation.

Je pense que c’est très clair, que ce soit au niveau de la conscription partielle qu’il est en train d’amener en Russie ou quand il ne veut pas admettre qu’il a déclenché une guerre contre l’Ukraine, a fait valoir M. Trudeau avant d’enchaîner en parlant des référendums farfelus dans les territoires occupés et des menaces carrément irresponsables de recours éventuel à l’arme nucléaire.

Plus tôt en journée, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est adressé aux leaders mondiaux par visioconférence. Il a martelé que son pays allait sortir vainqueur en repoussant les agressions russes et en forçant l’armée de Poutine à battre en retraite.

Ce discours a été prononcé quelques heures après celui de Vladimir Poutine, qui a annoncé une mobilisation partielle des réservistes dans le plus grand conflit européen depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Pour le président Zelensky, cette décision militaire démontre que Poutine n’est pas sérieux lorsqu’il prétend vouloir négocier une fin au conflit.

À Ottawa, la vice-première ministre Chrystia Freeland a déclaré que l’invasion russe pourrait avoir atteint un moment critique et qu’il est temps de redoubler d’efforts pour soutenir l’Ukraine.

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a affirmé que le Canada voulait s’assurer que le front commun mondial contre Moscou demeurait intact.

Évidemment, ce que l’Ukraine attend du Canada, c’est toujours plus de soutien sur le plan financier et plus d’artillerie lourde, a-t-elle souligné. Nous en avons déjà fait beaucoup. Mais nous devons en faire plus. Et nous en ferons plus.

1,2 milliard de dollars contre les maladies

Au cours de la journée, M. Trudeau a déclaré que le Canada s’est engagé à verser 1,21 milliard afin de soutenir l’effort international destiné à stopper la propagation de maladies infectieuses.

M. Trudeau a fait cette annonce à New York lors d’une conférence d’annonces de contributions pour le projet, connu sous le nom de Fonds mondial de lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme.

Le Canada, un des fondateurs du Fonds mondial, a déjà promis quatre milliards depuis la création de ce fonds, en 2002, par l’ancien dirigeant bancaire Peter Sands.

L’annonce comprend 100 millions supplémentaires pour le dispositif de riposte à la COVID-19 du Fonds mondial, qui vise à aider les pays en développement à atténuer l’impact de la pandémie.

Le gouvernement canadien affirme que cette nouvelle somme représente une augmentation de 30 % par rapport à la dernière contribution du Canada et qu’il s’agit du plus gros investissement multilatéral dans le domaine de la santé du pays.

Le ministre du Développement international, Harjit Sajjan, a déclaré que ce fonds a sauvé 50 millions de vies au cours des 20 dernières années.

Nous nous sommes engagés à faire en sorte que personne ne soit laissé pour compte, a déclaré M. Sajjan par voie de communiqué.

Il s’agit d’un combat mondial et ce n’est qu’ensemble que nous pourrons maximiser l’efficacité de nos investissements collectifs.

Crise à Haïti

M. Trudeau devait également participer à une réunion avec des partenaires des Caraïbes pour discuter de la crise en Haïti, où des vagues incessantes de violence de gangs criminels ont persisté tout l’été, faisant des centaines de morts.

Bob Rae, l’ambassadeur du Canada à l’ONU, a affirmé qu’il s’était récemment rendu dans ce pays pour constater le chaos par lui-même. Les organisations criminelles ont même pris le contrôle du palais de justice de la capitale, Port-au-Prince, a-t-il relaté. Nous n’allons pas déclarer que nous avons une solution magique. Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne, a expliqué M. Rae.

Nous devons apprendre de certaines des erreurs du passé, où des interventions n’ont pas eu le plein soutien du peuple haïtien. Et nous devons nous assurer que nous travaillons avec le peuple haïtien. Toutefois, c’est plus facile à dire qu’à faire dans un pays dirigé par un gouvernement provisoire, a-t-il ajouté. Nous allons essayer de jouer un rôle aussi constructif que possible. Nous savons tous qu’il en faudra davantage.

Radio-Canada par La Presse canadienne

Justin Trudeau va rencontrer le premier ministre de l’Ukraine dimanche soir à Londres

septembre 18, 2022
Le premier ministre Justin Trudeau quittant une maison.

Justin Trudeau quitte le 10 Downing Street, à Londres. Photo : La Presse Canadienne/Nathan Denette

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau profite de son séjour à Londres pour rencontrer plusieurs dirigeants, dont son homologue ukrainien, Denys Chmyhal, dimanche soir.

« Mon message est constant pour l’Ukraine : nous serons là. Le Canada est ferme dans son soutien à l’Ukraine », a déclaré Justin Trudeau en point de presse dimanche matin. Cela implique d’envoyer davantage d’aide financière, humanitaire et militaire et de continuer ses sanctions contre la Russie, a-t-il ajouté.

Justin Trudeau a aussi affirmé que le Canada continuera d’aider les alliés proches, « comme le Royaume-Uni », pour s’assurer que les pays démocratiques restent fermes dans leur soutien pour l’Ukraine.

« Nous faisons tous face à des défis importants comme la hausse des prix des aliments et du gaz, mais nous devons comprendre que nous défendons nos démocraties », a-t-il dit.

Parmi ceux-ci, l’Allemagne, qui tente de se défaire de sa dépendance au gaz russe, travaille présentement à accumuler des réserves d’énergie qui pourront être utilisées pendant les mois les plus froids de l’année. Le chancelier allemand, Olaf Scholz, et Justin Trudeau ont d’ailleurs signé un accord sur l’hydrogène en août dernier.

Une série de rencontres entre dirigeants

Justin Trudeau est à Londres depuis vendredi soir avec la délégation canadienne pour assister aux funérailles de la reine Élisabeth II, qui auront lieu lundi matin.

Samedi, il s’est d’abord recueilli devant le cercueil de la reine et a ensuite rencontré le roi Charles III.

Mais dimanche, les nombreux dirigeants présents à Londres en profitent pour se rencontrer. Justin Trudeau a affirmé qu’ils se réunissaient à l’occasion d’un moment de « réflexion et de condoléances », mais qu’ils avaient aussi des questions importantes à discuter. Il a d’abord rencontré la nouvelle première ministre du Royaume-Uni, Liz Truss, avant de s’entretenir avec le premier ministre australien, Anthony Albanese.

Puis dimanche soir, il se joindra au président des États-Unis, Joe Biden, et à d’autres dirigeants lors d’une réception organisée par le roi Charles III au palais de Buckingham.

C’est à la suite de cette réception qu’il pourra s’entretenir avec Denys Chmyhal, son homologue ukrainien.

Radio-Canada avec les informations de La Presse canadienne

La délégation canadienne est à Londres pour les funérailles de la reine

septembre 16, 2022
Justin Trudeau salue de la main en compagnie de son épouse, Sophie Grégoire, alors qu'ils sont sur le point d'embarquer à bord d'un avion.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et son épouse, Sophie Grégoire, au moment de leur départ du Canada vers Londres, où ils assisteront aux funérailles de la reine Élisabeth II, lundi. Photo : La Presse Canadienne/Adrian Wyld

Justin Trudeau et son épouse Sophie Grégoire sont arrivés à Londres, vendredi, en prévision des funérailles de la reine Élisabeth II. Le premier ministre du Canada doit également avoir une audience avec le roi Charles III samedi après-midi, au palais de Buckingham.

Ils sont à la tête d’une délégation composée d’une quinzaine de personnes. Parmi elles, il y a la gouverneure générale Mary Simon et son époux, ses prédécesseurs Michaëlle Jean et David Johnston, qui ont représenté la reine au Canada, et les ex-premiers ministres Kim Campbell, Stephen Harper, Paul Martin et Jean Chrétien.

Les dirigeants des trois grandes organisations autochtones nationales seront aussi présents à l’abbaye de Westminster, lundi, pour les funérailles de la reine. Il s’agit de la cheffe nationale de l’Assemblée des Premières Nations, RoseAnne Archibald, du président de l’Inuit Tapiriit Kanatami, Natan Obed, et de la présidente du Ralliement national des Métis, Cassidy Caron.

Enfin, la greffière du Conseil privé, Janice Charette, et le haut-commissaire du Canada au Royaume-Uni, Ralph Goodale, compléteront la délégation canadienne aux funérailles d’État.

Par ailleurs, quatre autres Canadiens prendront part à un défilé de récipiendaires de distinctions honorifiques nationales, dans le cadre du service funèbre à Londres : le musicien Gregory Charles, le médaillé olympique Mark Tewksbury et l’actrice Sandra Oh, tous les trois membres de l’Ordre du Canada, ainsi que le garde-côte Leslie Arthur Palmer, décoré de la Croix de la vaillance.

Des membres de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et de plusieurs régiments des Forces armées canadiennes se joindront au personnel en uniforme d’autres pays du Commonwealth à l’occasion des funérailles à Londres, qui débuteront à 11 h (heure locale), à l’abbaye de Westminster.

Une file de personnes patientent devant le pont de la Tour (Tower Bridge) à Londres.

De nombreuses personnes patientent devant le pont de la Tour (Tower Bridge) à Londres pour rendre un dernier hommage à la reine Élisabeth II. Photo: AP/ Markus Schreiber

Cérémonie dans la capitale canadienne

Toujours le 19 septembre prochain, une cérémonie nationale de commémoration se tiendra à Ottawa à la cathédrale anglicane Christ Church, à 13 h (HAE).

L’éloge funèbre de la reine Élisabeth II sera prononcé par l’ancien premier ministre Brian Mulroney et par l’ancienne gouverneure générale Adrienne Clarkson. L’ancien premier ministre Joe Clark sera également présent et tous les parlementaires y ont été conviés. Cette cérémonie sera télévisée et diffusée en direct.

Les artistes québécois Ginette Reno et Rufus Wainwright interpréteront des chansons en hommage à la souveraine. L’hymne national sera entonné par la chanteuse Kim Richardson.

Donald Booth, secrétaire canadien du roi, et le brigadier général Guy Bélisle, aumônier général des Forces armées canadiennes, prononceront des prières.

Au programme de ce service religieux figure aussi un hommage d’Albert Dumont, poète officiel anglophone d’Ottawa et conseiller spirituel algonquin.

Défilé et coups de canon

Tout juste avant la cérémonie, des membres des Forces armées canadiennes et de la GRC participeront à un défilé, qui se rendra du manège militaire de la place Cartier à la cathédrale Christ Church. Une salve d’honneur d’un coup de canon par année de vie de la souveraine sera tirée durant ce défilé.

À l’issue du service religieux, des CF-18 de l’Aviation royale canadienne survoleront la colline du Parlement puis la cathédrale.

Le premier ministre Trudeau a décrété que lundi sera un jour férié au sein de la fonction publique fédérale. Avec le décès d’Élisabeth II, le 8 septembre dernier, la famille royale a entamé une période de deuil qui se terminera environ une semaine après ses funérailles.

Radio-Canada avec les informations de La Presse canadienne et CBC par Madeleine Blais-Morin

Le jour des funérailles d’Élisabeth II sera férié au fédéral, dit Justin Trudeau

septembre 13, 2022

Ce ne sera pas le cas au Québec, rétorque le premier ministre sortant François Legault.

Une jeune fille tient des fleurs dans la foule.

Une telle mesure pourrait coûter entre 2 et 4 milliards $ au PIB du Canada (archives). Photo : Getty Images/AFP/Christopher Furlong

Alors que la date des funérailles de la reine Élisabeth approche, le premier ministre Justin Trudeau a confirmé, mardi matin, que ce jour sera férié pour les employés fédéraux.

Un responsable gouvernemental, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, avait expliqué à CBC News que la décision de rendre le 19 septembre férié pour les entreprises sous réglementation fédérale était à l’étude, entre autres options, et qu’une décision serait bientôt rendue publique.

Mardi matin, en marge d’une conférence de presse, le premier ministre Justin Trudeau a confirmé que lundi prochain, jour des funérailles de la reine Élisabeth II, sera un jour férié exceptionnel pour les employés fédéraux.

Le bureau du premier ministre a toutefois tenu à préciser que ce ne sont que les employés du gouvernement fédéral qui sont concernés, et non tous ceux relavant de la compétence fédérale.Début du widget . Passer le widget?

Nouveau@JustinTrudeau annonce que lundi prochain, jour des funérailles de la Reine Elizabeth II, sera un jour férié (congé) pour les employés fédéraux

Discussions pour que les provinces s’arriment#polqc #polcan pic.twitter.com/QxfMSVuDwg— Sébastien Bovet (@SebBovetSRC) September 13, 2022

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Toutefois, 85 à 90 % des travailleurs canadiens ne seront pas concernés par une telle décision, à moins que les provinces ne décident d’emboîter le pas au gouvernement fédéral. Selon M. Trudeau, des discussions sont en cours pour que les provinces le fassent.

Nous espérons que les gouvernements [provinciaux] ne suivront pas cette voie, car les coûts seraient énormes, a toutefois jugé Dan Kelly, président et chef de la direction de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, en entrevue avec CBC News.

Les entreprises ont déjà du mal à payer leurs employés et à trouver suffisamment de monde pour fonctionner. Pour celles qui peuvent fermer, cela signifierait la perte d’une journée de productivité.

Un homme avec une cravate.

Dan Kelly, président et chef de la direction de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (archives) Photo : La Presse Canadienne/Chris Young

Pour ceux qui doivent rester ouverts, comme un restaurant, un cinéma ou une entreprise de ce genre, cela signifierait que les employés recevraient un salaire supplémentaire pour travailler, un salaire que les employeurs auraient du mal à trouver, poursuit-il.

M. Kelly estime que, même si un jour férié coûtait des milliards de dollars à l’économie, les petites et moyennes entreprises échapperaient à cet impact si les provinces décidaient de laisser le gouvernement fédéral agir seul, car la plupart des entreprises sous réglementation fédérale sont de grandes entreprises.

L’économiste en chef de la Banque de Montréal, Douglas Porter, évalue que le coût d’un jour férié supplémentaire pour l’économie canadienne est de 0,1 à 0,2 % du PIB annuel, soit de 2 à 4 milliards de dollars. Il précise que ce chiffre n’est qu’une estimation.

Tenir compte du coût

M. Porter estime que, bien que le coût puisse sembler élevé, cela ne doit pas être un facteur important dans la décision du gouvernement. Un avis que partage la Ligue monarchiste du Canada.

Nous aimerions évidemment que le gouvernement annonce une fête nationale le 19 [septembre], a déclaré le porte-parole de la ligue, Robert Finch, à CBC News, avant que la décision ne soit confirmée par M. Trudeau.

Je pense que ce serait un énorme signe de respect. Je pense que cela donnerait aux gens l’occasion de regarder les funérailles et d’y réfléchir à leur manière et d’avoir un jour de congé pour le faire.

Bien qu’il dise comprendre les arguments de M. Kelly, M. Finch souligne lui aussi que le coût ne doit pas être le facteur principal.

Je pense que ce sont des préoccupations très concrètes, absolument. Il faut en tenir compte. Mais j’aime aussi penser que ce n’est pas un événement annuel, c’est un événement ponctuel, rappelle-t-il.

Une occasion pédagogique

La Nouvelle-Zélande et l’Australie ont également déclaré qu’elles instaureront un jour férié exceptionnel pour marquer l’occasion.

La Nouvelle-Zélande organisera sa fête du jour du Souvenir de la reine Élisabeth II le 26 septembre. L’Australie tiendra cette fête nationale unique le 22 septembre.

Le premier ministre australien, Anthony Albanese, a indiqué que son gouvernement a contacté les gouvernements régionaux et qu’ils approuvent tous cette idée.

Le gouvernement fédéral a déjà annoncé que le Parlement reviendra pour une journée de séance le 15 septembre afin de commémorer la reine Élisabeth II, puis qu’il siégera de nouveau à plein temps le 20 septembre au lieu du 19 septembre, comme prévu.

Au Royaume-Uni, un jour férié a été annoncé pour la date des funérailles, qui verra la fermeture des services gouvernementaux et des écoles. Les entreprises ne seront toutefois pas tenues de fermer ou d’indemniser leurs employés.

Pas de jour férié au Québec ni en Ontario

M. Kelly indique ne pas avoir reçu de signaux fermes qu’un des gouvernements provinciaux envisageait de faire des funérailles de la reine un jour férié.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a d’ores et déjà annoncé que cette journée ne sera pas fériée au Québec. Il s’agira d’une simple journée de commémoration, a-t-il dit.

De son côté, le bureau du premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, indique que le 19 septembre sera plutôt une journée de deuil provincial. La population de l’Ontario pourra observer une minute de silence à 13 h ce jour-là.

Maintenir le 19 septembre comme un jour travaillé, selon M. Finch, pourrait aussi être une bonne nouvelle pour les monarchistes.

Le revers de la médaille, c’est que si ce n’est pas un jour férié, et si les élèves sont à l’école, cela offre une occasion d’en apprendre davantage sur le sujet, ce qui ne serait pas nécessairement le cas si c’est un jour férié, a-t-il déclaré.

Radio-Canada avec les informations de Peter Zimonjic, de CBC News, de Rémi Authier et de Sébastien Bovet

Justin Trudeau à l’OTAN : des fissures dans l’Alliance atlantique

juin 28, 2022

L’adhésion éventuelle de la Suède et de la Finlande ainsi que l’avenir de l’opération militaire en Ukraine divisent les pays membres de l’OTAN.

Portrait du premier ministre Justin Trudeau, songeur.

Le principal dilemme auquel font face les dirigeants de l’OTAN : est-il suffisant d’aider l’Ukraine à ne pas perdre la guerre ou faut-il avoir un plan pour aider les Ukrainiens à la gagner? Photo : La Presse Canadienne/Sean Kilpatrick

La force de l’OTAN repose surtout sur son unité et sur sa puissance de dissuasion. L’une et l’autre sont mises à rude épreuve, quatre mois après le début de la guerre en Ukraine.

À l’ouverture du sommet de Madrid, les pays membres ne sont pas à l’unisson sur plusieurs questions fondamentales. Leur principal dilemme : est-il suffisant d’aider l’Ukraine à ne pas perdre la guerre ou faut-il avoir un plan pour aider les Ukrainiens à la gagner?

Au sein de l’OTAN, les différends existent et leurs conséquences sont réelles, estime Frédéric Mérand, professeur de science politique à l’Université de Montréal.

« Le danger, c’est que les nuances de position entre les pays soient exploitées par Moscou et finissent par devenir un facteur de paralysie pour l’OTAN. »— Une citation de  Frédéric Mérand, professeur à l’Université de Montréal

Parmi les décisions qui doivent être prises au sommet :

  • Quel genre d’armement supplémentaire sera acheminé au front?
  • Combien de troupes voudra-t-on envoyer dans les pays baltes, à la frontière de l’Ukraine, comme force de dissuasion contre la Russie?
  • Comment persuader la Turquie de ne pas bloquer l’adhésion de deux nouveaux membres, la Suède et la Finlande, à l’OTAN?
  • Comment préparer la reconstruction de l’Ukraine?

Il est vital que l’OTAN dégage un consensus sur ces enjeux, selon Stéfanie von Hlatky, professeure d’études politiques à l’Université Queen’s.

« Montrer que l’OTAN est unie envoie un message politique et diplomatique beaucoup plus convaincant envers la Russie, au-delà des capacités militaires de ses 30 États membres. »— Une citation de  Stéfanie von Hlatky, professeure à l’Université Queen’s

L’avenir de l’opération

Certains dirigeants, comme le président français Emmanuel Macron, croient qu’il faut laisser une porte de sortie à Vladimir Poutine afin qu’il ne perde pas la face. Cette option signifierait probablement une entente avec l’Ukraine pour céder une partie de son territoire dans l’est du pays.

Une idée à laquelle le président ukrainien Volodymyr Zelensky oppose une fin de non-recevoir, avec l’appui du Canada et des États-Unis.

Pour le Canada, une victoire de l’Ukraine se concrétisera par un retrait total des forces russes du territoire ukrainien, affirme le professeur Frédéric Mérand. Alors que pour la France, l’Italie et l’Allemagne, l’Ukraine devra probablement accepter d’avoir perdu une partie de sa souveraineté pour, un jour, signer un traité avec la Russie.

La position commune qui se dégagera sur cet enjeu dictera en partie les prochaines étapes de l’OTAN dans son soutien à l’Ukraine.

Plus de troupes dans les pays baltes?

Le Canada pourrait être appelé à augmenter sa présence militaire ou ses missions de formation en Lettonie. L’OTAN souhaite augmenter sa présence militaire dans les pays baltes pour consolider sa position défensive et avoir un effet dissuasif sur la Russie.

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, fait pression pour que les pays membres s’engagent à hausser leur contribution en Lettonie, en Lituanie et en Estonie. Et il annonce qu’il veut tripler la taille de sa force d’intervention rapide, pour atteindre 300 000 soldats.

C’est sûr que le Canada pourrait toujours en faire plus, estime Stéfanie von Hlatky. Surtout que les dépenses militaires du pays n’ont toujours pas atteint la cible de 2 % de son PIB, contrairement à d’autres alliés comme l’Allemagne. Ça met plus de pression sur le Canada, croit Mme von Hlatky.

L’adhésion de la Suède et de la Finlande

Justin Trudeau apporte déjà son soutien sans équivoque à l’adhésion de la Suède et de la Finlande, un sujet chaud qui sera discuté au sommet de Madrid.

Si la Suède et la Finlande étaient acceptées au sein de l’OTAN, l’Alliance atlantique étendrait son influence jusqu’aux frontières de la Russie.

Ce serait un signe d’échec pour Vladimir Poutine, selon le professeur Frédéric Mérand. Avant la guerre en Ukraine, la Russie luttait contre l’influence accrue de l’OTAN dans la région. Maintenant, l’OTAN pourrait être à la porte de la Russie, dit M. Mérand.

Mais ce n’est pas chose faite. L’OTAN doit accepter les nouveaux membres à l’unanimité. Or, la Turquie s’oppose à l’adhésion de la Suède et de la Finlande, notamment parce qu’elle les accuse (surtout la Suède) de ne pas adopter la ligne dure envers des éléments extrémistes kurdes considérés comme terroristes.

L’objection de la Turquie est surtout un prétexte, croit cependant Stéfanie von Hlatky, dans le but de soutirer des concessions sur d’autres enjeux, notamment l’achat d’avions de chasse américains.

La Turquie est toujours un fauteur de troubles au sein de l’Alliance, explique Frédéric Mérand, surtout parce qu’elle entretient des liens étroits avec la Russie, entre autres pour l’achat d’énergie et d’armement.

Pour Stéfanie von Hlatky, l’adhésion des deux pays est une question de temps. La Suède et la Finlande ont décidé de présenter leur demande ensemble. Le message que ça envoie, c’est que ce ne sera pas une sans l’autre. Ça met un peu plus de pression sur l’OTAN.

De plus, pour la première fois, les premiers ministres du Japon, de l’Australie et de la Corée du Sud ont été invités à l’OTAN. Devant l’agressivité de la Russie et, aussi, la montée en force de la Chine, l’Alliance atlantique se cherche de nouveaux alliés.

Avec Radio-Canada par Christian Noël

Canada: Justin Trudeau infecté par la COVID-19 pour une deuxième fois

juin 13, 2022
Portrait du premier ministre Justin Trudeau, la main au visage.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau (archives) Photo : La Presse Canadienne/Sean Kilpatrick

Justin Trudeau a annoncé lundi qu’il a été infecté par la COVID-19, mais qu’il se porte bien. C’est la deuxième fois depuis le début de l’année que le premier ministre du Canada est contaminé par le coronavirus.

J’ai un résultat positif à la COVID-19. Je vais suivre les consignes de santé publique et m’isoler. Je vais bien, et c’est grâce à mes vaccins, a écrit M. Trudeau sur Twitter lundi avant-midi.

Si ce n’est déjà fait, obtenez vos vaccins ou doses de rappel. Protégeons notre système de santé et protégeons-nous les uns les autres, a-t-il ajouté par la même occasion.

La semaine dernière, le premier ministre canadien était à Los Angeles, en Californie, à l’occasion du Sommet des Amériques.

Il y a rencontré le président américain, mais la Maison-Blanche a affirmé lundi que M. Biden n’était pas considéré comme un contact étroit de M. Trudeau.

Selon son itinéraire officiel, M. Trudeau a aussi rencontré lors du sommet la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, le premier ministre jamaïcain Andrew Holness et le président dominicain Luis Abinader.

M. Trudeau a été contaminé à la COVID-19 une première fois à la fin du mois de janvier, trois semaines après avoir reçu sa troisième dose d’un vaccin contre la maladie.

Sa femme, Sophie Grégoire, a contracté le coronavirus en mars 2020, au début de la pandémie, après un voyage au Royaume-Uni.

Radio-Canada avec les informations de Reuters

Canada: Justin Trudeau a participé à une marche contre l’islamophobie à London

juin 5, 2022
Justin Trudeau discute avec une jeune femme.

Le premier ministre Justin Trudeau était à London dimanche. Radio-Canada/Talia Ricci/CBC

Des centaines de personnes, y compris le premier ministre canadien Justin Trudeau, ont participé à une marche pour souligner le triste anniversaire de l’attaque au camion-bélier qui a tué une famille musulmane à London, en Ontario.

La marche a débuté dimanche après-midi à l’école secondaire Oakridge et a pris fin devant la mosquée de London.

Quatre membres de la famille Afzaal ont été tués le 6 juin 2021. Un cinquième a été blessé. La famille faisait une promenade lorsqu’un homme au volant d’un véhicule les a happés. À l’époque, les policiers ont déclaré qu’ils croyaient que l’attaque était motivée par la haine.

L’homme fait face à quatre chefs d’accusation de meurtre au premier degré et d’un chef d’accusation de tentative de meurtre. Des accusations de terrorisme ont aussi été ajoutées.

[La famille Afzaal], c’était nos amis, a déclaré Aisah Rashid, qui a participé à la marche de dimanche avec sa famille. Les événements prévus [dimanche] et [lundi] facilitent processus de guérison, car l’année a été vraiment, vraiment difficile pour la communauté musulmane du monde entier, tout particulièrement à London, en Ontario.

Yumna Afzaal, 15 ans, sa mère et son père, Madiha Salman, 44 ans, et Salman Afzaal, 46 ans, ainsi que sa grand-mère, Talat Afzaal, 74 ans, sont morts il y a un an.Des gens devant une école secondaire.

Les manifestants se sont rassemblés devant l’école secondaire Oakridge avant la marche. Photo : Radio-Canada/Talia Ricci/CBC

Les amis de Yumna, qui était en 9e année à l’école secondaire où les gens se sont rassemblés dimanche, ont organisé cette marche en mémoire de l’adolescente et en signe de solidarité. L’année dernière, pendant leur processus de deuil, ils ont créé un groupe appelé Youth Coalition Combating Islamophobia [YCCI, Coalition jeunesse pour combattre l’islamophobie, traduction libre].

Avec cette manifestation, nous voulons reprendre les rues, affirmer la présence de la communauté [musulmane] et donner la possibilité aux citoyens de London de montrer à nouveau leur solidarité, a déclaré Selma Tobah, organisatrice de la YCCI.

L’année dernière, des milliers de personnes, y compris des politiciens, se sont rendues à London pour participer à une marche similaire.

Les efforts du gouvernement

Le premier ministre Justin Trudeau était à London dimanche. Il a rencontré les jeunes organisateurs de la marche dans la bibliothèque de l’école.

Il les a remerciés pour leur travail et s’est dit honoré de se joindre à la communauté à cette occasion. Il a déclaré que son gouvernement lutte contre l’islamophobie et contre le racisme au Canada et qu’il reste beaucoup de travail à faire.

Notre gouvernement investit dans le lancement d’une nouvelle stratégie de lutte contre le racisme et d’un plan d’action national pour combattre la haine. Nous lançons également un processus destiné à nommer le premier représentant spécial du Canada pour la lutte contre l’islamophobie, a déclaré M. Trudeau.

Plusieurs marches en Ontario

D’autres marches contre l’islamophobie étaient organisées en Ontario dimanche.

Des activités similaires ont eu lieu à Scarborough, à Kingston, à Mississauga, à Ottawa et à Kitchener.

Reyhana Patel, porte-parole d’Islamic Relief Canada [IRC, Secours islamique Canada, traduction libre], a déclaré que la préparation des activités de commémoration liées au triste anniversaire était une préoccupation majeure pour de nombreuses communautés musulmanes de la province.

IRC a travaillé pendant des semaines pour organiser 11 marches et veillées dans tout le pays et pour encourager les gens à préparer leurs propres activités.

Nous nous souvenons de la famille Afzaal et nous voulons aussi que les gens sortent. Il faut réaffirmer que l’islamophobie est réelle et que cette attaque doit être condamnée, a déclaré Mme Patel.

Elle a affirmé que l’organisme IRC entend fréquemment des témoignages selon lesquels des musulmans sont exposés à de l’islamophobie. Certains sont victimes de violence verbale, d’autres se font arracher leur hidjab ou ne sont pas retenus lorsque des promotions professionnelles sont offertes en raison de leur foi, dit-elle.

Par Radio-Canada avec les informations d’Andréane Williams et de CBC

Canada: Justin Trudeau annule sa participation à un souper en raison d’insultes de manifestants

mai 25, 2022
Le premier ministre Justin Trudeau visite une banque alimentaire de Surrey, en Colombie-Britannique, le 24 mai 2022.

Le premier ministre Justin Trudeau visite la banque alimentaire Guru Nanak à Surrey, en Colombie-Britannique. Photo: La Presse Canadienne/Rich Lam

Le premier ministre Justin Trudeau a été contraint d’annuler sa participation à un souper de financement, mardi, à Surrey, en Colombie-Britannique. Selon deux invités à l’événement, des manifestants lançaient des insultes raciales aux participants, principalement d’origine sud-asiatique, à l’entrée de l’édifice où se tenait le souper.

Justin Trudeau n’est pas entré dans le bâtiment et s’est adressé aux participants par visioconférence.

Lors d’un discours qui a duré environ trois minutes, il a affirmé que personne ne devrait être intimidé ou empêché d’exercer ses libertés démocratiques parce que c’est la raison d’être de ce pays.

Il a assuré qu’il reviendrait voir ses partisans à Surrey, et un organisateur de l’événement a invité les participants à rester dans la salle et à profiter du repas.

La ministre de la Défense, Anita Anand, a quant à elle pris la parole. Un membre du personnel du Parti libéral du Canada (PLC) a alors demandé à un journaliste de quitter la salle.

Par voie de communiqué, le parti a affirmé à La Presse canadienne que tous ceux qui participent à notre démocratie devraient se sentir en sécurité et respectés.

À l’extérieur, une quarantaine de manifestants ont proféré des insultes contre Justin Trudeau en klaxonnant. Nous n’aimons pas la façon dont il dirige le Canada, a déclaré l’un d’entre eux, tandis qu’un autre parlait dans un mégaphone.

Environ six agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) surveillaient la scène.

Plus tôt ce mois-ci, la police de Peterborough, en Ontario, a ouvert une enquête à la suite d’un incident au cours duquel le chef du NPD, Jagmeet Singh, a été harcelé et insulté à répétition par des protestataires.

La vidéo de cet épisode, survenu en pleine campagne électorale en Ontario, est devenue virale sur les réseaux sociaux.

Jagmeet Singh, pour sa part, dit avoir vécu une expérience intense, menaçante [et] insultante, mais qu’il s’inquiète plus de ce que cela signifie pour la politique en général.

Avec La Presse canadienne

En visite surprise en Ukraine, Trudeau accuse Poutine de crimes de guerre « odieux »

mai 8, 2022

Ottawa fournira une aide militaire supplémentaire de 50 millions de dollars à l’Ukraine, relancera les activités diplomatiques de l’ambassade canadienne à Kiev et lèvera les tarifs douaniers sur les importations ukrainiennes.

Justin Trudeau et Volodymyr Zelensky lors d'un point de presse commun en Ukraine.

Justin Trudeau a notamment annoncé la réouverture de l’ambassade du Canada en Ukraine. Photo : Getty Images/Sergei Supinsky

Au tour du premier ministre du Canada d’effectuer une visite surprise en Ukraine. Justin Trudeau a réitéré le soutien « inébranlable » du Canada au peuple ukrainien devant l’agression russe et a salué l’« extraordinaire leadership » de son homologue Volodymyr Zelensky, qu’il rencontrait pour la première fois depuis le début du conflit.

Lors d’un point de presse conjoint, le premier ministre canadien a rapidement tourné son attention vers Vladimir Poutine, le tenant une fois de plus responsable de crimes de guerre.

« Il est clair que Vladimir Poutine est responsable de crimes de guerre odieux.  »— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Le Canada, a-t-il ajouté, appuiera l’Ukraine dans sa quête de justice et d’imputabilité.

Évoquant une forme de reconnaissance de la bravoure et des capacités du peuple ukrainien, le premier ministre a annoncé la réouverture progressive de l’ambassade canadienne à Kiev.

Plus tôt dans la journée, il a accueilli l’ambassadrice Larisa Galadza à son arrivée et a assisté à la levée du drapeau unifolié au-dessus de l’ambassade canadienne.Le premier ministre Justin Trudeau.

Le premier ministre Justin Trudeau hisse le drapeau canadien à l’ambassade du Canada à Kiev. Le drapeau a été levé à côté de l’immeuble, car le premier mât choisi était brisé. Photo : Radio-Canada

Accompagné au cours de cette visite inopinée par la ministre des Finances, Chrystia Freeland, et de la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, le premier ministre en a aussi profité pour annoncer une bonification de l’aide canadienne à l’Ukraine.

Sur le plan militaire, le Canada fournira 50 millions de dollars en aide supplémentaire, une aide qui comprendra l’envoi de caméras pour drone, des technologies d’images satellites, des munitions et un soutien financier pour les opérations de déminage.

Justin Trudeau a aussi annoncé la levée des tarifs douaniers sur les importations ukrainiennes et le versement de 25 millions de dollars au Programme alimentaire mondial pour contrer l’insécurité alimentaire au pays.

Interrogé à savoir si cette aide arrivait sur le tard, le chef ukrainien s’est contenté de dire que du temps avait été perdu à négocier.

Volodymyr Zelensky a tout de même témoigné sa reconnaissance pour l’aide de 1,5 milliard de dollars du Canada, la plus importante après celle des États-Unis.

Le premier ministre Justin Trudeau à Kiev avec le président  Volodymyr Zelensky et un de ses collaborateurs.

À Kiev, Justin Trudeau a réaffirmé le soutien du Canada à l’Ukraine. Photo via AFP : Getty Images/Sergei Supinsky

Outre ces mesures d’aide, Ottawa imposera des sanctions contre 40 autres individus et cinq entités russes. Selon le premier ministre, il s’agit d’oligarques, des proches associés du régime et du secteur de la défense, tous complices de la guerre de Vladimir Poutine.Justin Trudeau et Oleksandr Markouchine.

Le premier ministre Justin Trudeau marche avec le maire d’Irpin, Oleksandr Markouchine, lors d’une visite surprise en Ukraine. Photo: AP

D’autres sanctions économiques ont également été télégraphiées par Ottawa et ses alliés du G7. Les dirigeants des sept pays, qui se sont réunis en visioconférence dimanche, ont annoncé qu’ils interdiraient ou réduiraient progressivement leurs importations de pétrole russe.

Cette réunion, tenue alors que le monde commémore la victoire des alliés sur l’Allemagne nazie, le 8 mai 1945, était particulièrement symbolique aux yeux de Justin Trudeau.

Ce dernier estime qu’il est plus important que jamais de se tenir debout contre la guerre illégale de Poutine, de défendre la démocratie, les droits de la personne et le droit international.

« En cette journée d’anniversaire de la victoire en Europe, Vladimir Poutine fait honte à la mémoire des millions de Russes qui ont lutté et fait des sacrifices pour vaincre le fascisme et assurer la liberté pour l’Europe et le monde. »— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du CanadaJustin Trudeau en Ukraine.

Cette image fournie par le bureau du maire d’Irpin montre le premier ministre canadien, Justin Trudeau, en train de discuter avec le maire Oleksandr Markouchine lors d’une visite surprise dimanche. Photo : AP

Le premier ministre a affirmé avoir été témoin de toute la brutalité de l’agression russe lors d’une visite effectuée plus tôt à Irpin, en banlieue de Kiev. La ville avait été le théâtre de combats particulièrement violents en mars, au moment où les forces russes tentaient de prendre d’assaut la capitale.

Il est aussi allé à Boutcha, théâtre d’un autre massacre attribué aux forces russes.

Une visite secrète

Pour des raisons de sécurité, le plus grand secret a entouré la préparation de cette visite. Les médias n’ont pas eux accès à certains lieux où se sont rendus M. Trudeau et son entourage. Toutefois, des photos de la visite du premier ministre à Irpin ont été publiées sur Twitter par le maire de la ville.

Cette visite s’est déroulée le jour même où des missiles russes ont pilonné la ville portuaire d’Odessa, dans le sud du pays, et où de violents combats ont eu lieu dans l’est du pays, notamment autour de Kharkiv, la deuxième plus grande ville d’Ukraine.

En mars, M. Trudeau s’est rendu à Varsovie, en Pologne, où il a annoncé l’application de sanctions contre des oligarques russes dans la foulée des mesures punitives adoptées après l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe.

Plusieurs autres chefs de gouvernement sont allés en Ukraine en signe de solidarité depuis le début du conflit, dont le premier ministre britannique, Boris Johnson. Le chancelier fédéral d’Autriche, Karl Nehammer, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, se sont également rendus dans ce pays.

La première dame des États-Unis, Jill Biden, s’est elle aussi rendue en Ukraine à l’improviste, dimanche, disant vouloir venir à l’occasion de la fête des Mères. Elle a rencontré son homologue ukrainienne Olena Zelenska près de la frontière slovaque.

Avec Radio-Canada