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Justin Trudeau à l’OTAN : des fissures dans l’Alliance atlantique

juin 28, 2022

L’adhésion éventuelle de la Suède et de la Finlande ainsi que l’avenir de l’opération militaire en Ukraine divisent les pays membres de l’OTAN.

Portrait du premier ministre Justin Trudeau, songeur.

Le principal dilemme auquel font face les dirigeants de l’OTAN : est-il suffisant d’aider l’Ukraine à ne pas perdre la guerre ou faut-il avoir un plan pour aider les Ukrainiens à la gagner? Photo : La Presse Canadienne/Sean Kilpatrick

La force de l’OTAN repose surtout sur son unité et sur sa puissance de dissuasion. L’une et l’autre sont mises à rude épreuve, quatre mois après le début de la guerre en Ukraine.

À l’ouverture du sommet de Madrid, les pays membres ne sont pas à l’unisson sur plusieurs questions fondamentales. Leur principal dilemme : est-il suffisant d’aider l’Ukraine à ne pas perdre la guerre ou faut-il avoir un plan pour aider les Ukrainiens à la gagner?

Au sein de l’OTAN, les différends existent et leurs conséquences sont réelles, estime Frédéric Mérand, professeur de science politique à l’Université de Montréal.

« Le danger, c’est que les nuances de position entre les pays soient exploitées par Moscou et finissent par devenir un facteur de paralysie pour l’OTAN. »— Une citation de  Frédéric Mérand, professeur à l’Université de Montréal

Parmi les décisions qui doivent être prises au sommet :

  • Quel genre d’armement supplémentaire sera acheminé au front?
  • Combien de troupes voudra-t-on envoyer dans les pays baltes, à la frontière de l’Ukraine, comme force de dissuasion contre la Russie?
  • Comment persuader la Turquie de ne pas bloquer l’adhésion de deux nouveaux membres, la Suède et la Finlande, à l’OTAN?
  • Comment préparer la reconstruction de l’Ukraine?

Il est vital que l’OTAN dégage un consensus sur ces enjeux, selon Stéfanie von Hlatky, professeure d’études politiques à l’Université Queen’s.

« Montrer que l’OTAN est unie envoie un message politique et diplomatique beaucoup plus convaincant envers la Russie, au-delà des capacités militaires de ses 30 États membres. »— Une citation de  Stéfanie von Hlatky, professeure à l’Université Queen’s

L’avenir de l’opération

Certains dirigeants, comme le président français Emmanuel Macron, croient qu’il faut laisser une porte de sortie à Vladimir Poutine afin qu’il ne perde pas la face. Cette option signifierait probablement une entente avec l’Ukraine pour céder une partie de son territoire dans l’est du pays.

Une idée à laquelle le président ukrainien Volodymyr Zelensky oppose une fin de non-recevoir, avec l’appui du Canada et des États-Unis.

Pour le Canada, une victoire de l’Ukraine se concrétisera par un retrait total des forces russes du territoire ukrainien, affirme le professeur Frédéric Mérand. Alors que pour la France, l’Italie et l’Allemagne, l’Ukraine devra probablement accepter d’avoir perdu une partie de sa souveraineté pour, un jour, signer un traité avec la Russie.

La position commune qui se dégagera sur cet enjeu dictera en partie les prochaines étapes de l’OTAN dans son soutien à l’Ukraine.

Plus de troupes dans les pays baltes?

Le Canada pourrait être appelé à augmenter sa présence militaire ou ses missions de formation en Lettonie. L’OTAN souhaite augmenter sa présence militaire dans les pays baltes pour consolider sa position défensive et avoir un effet dissuasif sur la Russie.

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, fait pression pour que les pays membres s’engagent à hausser leur contribution en Lettonie, en Lituanie et en Estonie. Et il annonce qu’il veut tripler la taille de sa force d’intervention rapide, pour atteindre 300 000 soldats.

C’est sûr que le Canada pourrait toujours en faire plus, estime Stéfanie von Hlatky. Surtout que les dépenses militaires du pays n’ont toujours pas atteint la cible de 2 % de son PIB, contrairement à d’autres alliés comme l’Allemagne. Ça met plus de pression sur le Canada, croit Mme von Hlatky.

L’adhésion de la Suède et de la Finlande

Justin Trudeau apporte déjà son soutien sans équivoque à l’adhésion de la Suède et de la Finlande, un sujet chaud qui sera discuté au sommet de Madrid.

Si la Suède et la Finlande étaient acceptées au sein de l’OTAN, l’Alliance atlantique étendrait son influence jusqu’aux frontières de la Russie.

Ce serait un signe d’échec pour Vladimir Poutine, selon le professeur Frédéric Mérand. Avant la guerre en Ukraine, la Russie luttait contre l’influence accrue de l’OTAN dans la région. Maintenant, l’OTAN pourrait être à la porte de la Russie, dit M. Mérand.

Mais ce n’est pas chose faite. L’OTAN doit accepter les nouveaux membres à l’unanimité. Or, la Turquie s’oppose à l’adhésion de la Suède et de la Finlande, notamment parce qu’elle les accuse (surtout la Suède) de ne pas adopter la ligne dure envers des éléments extrémistes kurdes considérés comme terroristes.

L’objection de la Turquie est surtout un prétexte, croit cependant Stéfanie von Hlatky, dans le but de soutirer des concessions sur d’autres enjeux, notamment l’achat d’avions de chasse américains.

La Turquie est toujours un fauteur de troubles au sein de l’Alliance, explique Frédéric Mérand, surtout parce qu’elle entretient des liens étroits avec la Russie, entre autres pour l’achat d’énergie et d’armement.

Pour Stéfanie von Hlatky, l’adhésion des deux pays est une question de temps. La Suède et la Finlande ont décidé de présenter leur demande ensemble. Le message que ça envoie, c’est que ce ne sera pas une sans l’autre. Ça met un peu plus de pression sur l’OTAN.

De plus, pour la première fois, les premiers ministres du Japon, de l’Australie et de la Corée du Sud ont été invités à l’OTAN. Devant l’agressivité de la Russie et, aussi, la montée en force de la Chine, l’Alliance atlantique se cherche de nouveaux alliés.

Avec Radio-Canada par Christian Noël

Canada: Justin Trudeau infecté par la COVID-19 pour une deuxième fois

juin 13, 2022
Portrait du premier ministre Justin Trudeau, la main au visage.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau (archives) Photo : La Presse Canadienne/Sean Kilpatrick

Justin Trudeau a annoncé lundi qu’il a été infecté par la COVID-19, mais qu’il se porte bien. C’est la deuxième fois depuis le début de l’année que le premier ministre du Canada est contaminé par le coronavirus.

J’ai un résultat positif à la COVID-19. Je vais suivre les consignes de santé publique et m’isoler. Je vais bien, et c’est grâce à mes vaccins, a écrit M. Trudeau sur Twitter lundi avant-midi.

Si ce n’est déjà fait, obtenez vos vaccins ou doses de rappel. Protégeons notre système de santé et protégeons-nous les uns les autres, a-t-il ajouté par la même occasion.

La semaine dernière, le premier ministre canadien était à Los Angeles, en Californie, à l’occasion du Sommet des Amériques.

Il y a rencontré le président américain, mais la Maison-Blanche a affirmé lundi que M. Biden n’était pas considéré comme un contact étroit de M. Trudeau.

Selon son itinéraire officiel, M. Trudeau a aussi rencontré lors du sommet la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, le premier ministre jamaïcain Andrew Holness et le président dominicain Luis Abinader.

M. Trudeau a été contaminé à la COVID-19 une première fois à la fin du mois de janvier, trois semaines après avoir reçu sa troisième dose d’un vaccin contre la maladie.

Sa femme, Sophie Grégoire, a contracté le coronavirus en mars 2020, au début de la pandémie, après un voyage au Royaume-Uni.

Radio-Canada avec les informations de Reuters

Canada: Justin Trudeau a participé à une marche contre l’islamophobie à London

juin 5, 2022
Justin Trudeau discute avec une jeune femme.

Le premier ministre Justin Trudeau était à London dimanche. Radio-Canada/Talia Ricci/CBC

Des centaines de personnes, y compris le premier ministre canadien Justin Trudeau, ont participé à une marche pour souligner le triste anniversaire de l’attaque au camion-bélier qui a tué une famille musulmane à London, en Ontario.

La marche a débuté dimanche après-midi à l’école secondaire Oakridge et a pris fin devant la mosquée de London.

Quatre membres de la famille Afzaal ont été tués le 6 juin 2021. Un cinquième a été blessé. La famille faisait une promenade lorsqu’un homme au volant d’un véhicule les a happés. À l’époque, les policiers ont déclaré qu’ils croyaient que l’attaque était motivée par la haine.

L’homme fait face à quatre chefs d’accusation de meurtre au premier degré et d’un chef d’accusation de tentative de meurtre. Des accusations de terrorisme ont aussi été ajoutées.

[La famille Afzaal], c’était nos amis, a déclaré Aisah Rashid, qui a participé à la marche de dimanche avec sa famille. Les événements prévus [dimanche] et [lundi] facilitent processus de guérison, car l’année a été vraiment, vraiment difficile pour la communauté musulmane du monde entier, tout particulièrement à London, en Ontario.

Yumna Afzaal, 15 ans, sa mère et son père, Madiha Salman, 44 ans, et Salman Afzaal, 46 ans, ainsi que sa grand-mère, Talat Afzaal, 74 ans, sont morts il y a un an.Des gens devant une école secondaire.

Les manifestants se sont rassemblés devant l’école secondaire Oakridge avant la marche. Photo : Radio-Canada/Talia Ricci/CBC

Les amis de Yumna, qui était en 9e année à l’école secondaire où les gens se sont rassemblés dimanche, ont organisé cette marche en mémoire de l’adolescente et en signe de solidarité. L’année dernière, pendant leur processus de deuil, ils ont créé un groupe appelé Youth Coalition Combating Islamophobia [YCCI, Coalition jeunesse pour combattre l’islamophobie, traduction libre].

Avec cette manifestation, nous voulons reprendre les rues, affirmer la présence de la communauté [musulmane] et donner la possibilité aux citoyens de London de montrer à nouveau leur solidarité, a déclaré Selma Tobah, organisatrice de la YCCI.

L’année dernière, des milliers de personnes, y compris des politiciens, se sont rendues à London pour participer à une marche similaire.

Les efforts du gouvernement

Le premier ministre Justin Trudeau était à London dimanche. Il a rencontré les jeunes organisateurs de la marche dans la bibliothèque de l’école.

Il les a remerciés pour leur travail et s’est dit honoré de se joindre à la communauté à cette occasion. Il a déclaré que son gouvernement lutte contre l’islamophobie et contre le racisme au Canada et qu’il reste beaucoup de travail à faire.

Notre gouvernement investit dans le lancement d’une nouvelle stratégie de lutte contre le racisme et d’un plan d’action national pour combattre la haine. Nous lançons également un processus destiné à nommer le premier représentant spécial du Canada pour la lutte contre l’islamophobie, a déclaré M. Trudeau.

Plusieurs marches en Ontario

D’autres marches contre l’islamophobie étaient organisées en Ontario dimanche.

Des activités similaires ont eu lieu à Scarborough, à Kingston, à Mississauga, à Ottawa et à Kitchener.

Reyhana Patel, porte-parole d’Islamic Relief Canada [IRC, Secours islamique Canada, traduction libre], a déclaré que la préparation des activités de commémoration liées au triste anniversaire était une préoccupation majeure pour de nombreuses communautés musulmanes de la province.

IRC a travaillé pendant des semaines pour organiser 11 marches et veillées dans tout le pays et pour encourager les gens à préparer leurs propres activités.

Nous nous souvenons de la famille Afzaal et nous voulons aussi que les gens sortent. Il faut réaffirmer que l’islamophobie est réelle et que cette attaque doit être condamnée, a déclaré Mme Patel.

Elle a affirmé que l’organisme IRC entend fréquemment des témoignages selon lesquels des musulmans sont exposés à de l’islamophobie. Certains sont victimes de violence verbale, d’autres se font arracher leur hidjab ou ne sont pas retenus lorsque des promotions professionnelles sont offertes en raison de leur foi, dit-elle.

Par Radio-Canada avec les informations d’Andréane Williams et de CBC

Canada: Justin Trudeau annule sa participation à un souper en raison d’insultes de manifestants

mai 25, 2022
Le premier ministre Justin Trudeau visite une banque alimentaire de Surrey, en Colombie-Britannique, le 24 mai 2022.

Le premier ministre Justin Trudeau visite la banque alimentaire Guru Nanak à Surrey, en Colombie-Britannique. Photo: La Presse Canadienne/Rich Lam

Le premier ministre Justin Trudeau a été contraint d’annuler sa participation à un souper de financement, mardi, à Surrey, en Colombie-Britannique. Selon deux invités à l’événement, des manifestants lançaient des insultes raciales aux participants, principalement d’origine sud-asiatique, à l’entrée de l’édifice où se tenait le souper.

Justin Trudeau n’est pas entré dans le bâtiment et s’est adressé aux participants par visioconférence.

Lors d’un discours qui a duré environ trois minutes, il a affirmé que personne ne devrait être intimidé ou empêché d’exercer ses libertés démocratiques parce que c’est la raison d’être de ce pays.

Il a assuré qu’il reviendrait voir ses partisans à Surrey, et un organisateur de l’événement a invité les participants à rester dans la salle et à profiter du repas.

La ministre de la Défense, Anita Anand, a quant à elle pris la parole. Un membre du personnel du Parti libéral du Canada (PLC) a alors demandé à un journaliste de quitter la salle.

Par voie de communiqué, le parti a affirmé à La Presse canadienne que tous ceux qui participent à notre démocratie devraient se sentir en sécurité et respectés.

À l’extérieur, une quarantaine de manifestants ont proféré des insultes contre Justin Trudeau en klaxonnant. Nous n’aimons pas la façon dont il dirige le Canada, a déclaré l’un d’entre eux, tandis qu’un autre parlait dans un mégaphone.

Environ six agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) surveillaient la scène.

Plus tôt ce mois-ci, la police de Peterborough, en Ontario, a ouvert une enquête à la suite d’un incident au cours duquel le chef du NPD, Jagmeet Singh, a été harcelé et insulté à répétition par des protestataires.

La vidéo de cet épisode, survenu en pleine campagne électorale en Ontario, est devenue virale sur les réseaux sociaux.

Jagmeet Singh, pour sa part, dit avoir vécu une expérience intense, menaçante [et] insultante, mais qu’il s’inquiète plus de ce que cela signifie pour la politique en général.

Avec La Presse canadienne

En visite surprise en Ukraine, Trudeau accuse Poutine de crimes de guerre « odieux »

mai 8, 2022

Ottawa fournira une aide militaire supplémentaire de 50 millions de dollars à l’Ukraine, relancera les activités diplomatiques de l’ambassade canadienne à Kiev et lèvera les tarifs douaniers sur les importations ukrainiennes.

Justin Trudeau et Volodymyr Zelensky lors d'un point de presse commun en Ukraine.

Justin Trudeau a notamment annoncé la réouverture de l’ambassade du Canada en Ukraine. Photo : Getty Images/Sergei Supinsky

Au tour du premier ministre du Canada d’effectuer une visite surprise en Ukraine. Justin Trudeau a réitéré le soutien « inébranlable » du Canada au peuple ukrainien devant l’agression russe et a salué l’« extraordinaire leadership » de son homologue Volodymyr Zelensky, qu’il rencontrait pour la première fois depuis le début du conflit.

Lors d’un point de presse conjoint, le premier ministre canadien a rapidement tourné son attention vers Vladimir Poutine, le tenant une fois de plus responsable de crimes de guerre.

« Il est clair que Vladimir Poutine est responsable de crimes de guerre odieux.  »— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Le Canada, a-t-il ajouté, appuiera l’Ukraine dans sa quête de justice et d’imputabilité.

Évoquant une forme de reconnaissance de la bravoure et des capacités du peuple ukrainien, le premier ministre a annoncé la réouverture progressive de l’ambassade canadienne à Kiev.

Plus tôt dans la journée, il a accueilli l’ambassadrice Larisa Galadza à son arrivée et a assisté à la levée du drapeau unifolié au-dessus de l’ambassade canadienne.Le premier ministre Justin Trudeau.

Le premier ministre Justin Trudeau hisse le drapeau canadien à l’ambassade du Canada à Kiev. Le drapeau a été levé à côté de l’immeuble, car le premier mât choisi était brisé. Photo : Radio-Canada

Accompagné au cours de cette visite inopinée par la ministre des Finances, Chrystia Freeland, et de la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, le premier ministre en a aussi profité pour annoncer une bonification de l’aide canadienne à l’Ukraine.

Sur le plan militaire, le Canada fournira 50 millions de dollars en aide supplémentaire, une aide qui comprendra l’envoi de caméras pour drone, des technologies d’images satellites, des munitions et un soutien financier pour les opérations de déminage.

Justin Trudeau a aussi annoncé la levée des tarifs douaniers sur les importations ukrainiennes et le versement de 25 millions de dollars au Programme alimentaire mondial pour contrer l’insécurité alimentaire au pays.

Interrogé à savoir si cette aide arrivait sur le tard, le chef ukrainien s’est contenté de dire que du temps avait été perdu à négocier.

Volodymyr Zelensky a tout de même témoigné sa reconnaissance pour l’aide de 1,5 milliard de dollars du Canada, la plus importante après celle des États-Unis.

Le premier ministre Justin Trudeau à Kiev avec le président  Volodymyr Zelensky et un de ses collaborateurs.

À Kiev, Justin Trudeau a réaffirmé le soutien du Canada à l’Ukraine. Photo via AFP : Getty Images/Sergei Supinsky

Outre ces mesures d’aide, Ottawa imposera des sanctions contre 40 autres individus et cinq entités russes. Selon le premier ministre, il s’agit d’oligarques, des proches associés du régime et du secteur de la défense, tous complices de la guerre de Vladimir Poutine.Justin Trudeau et Oleksandr Markouchine.

Le premier ministre Justin Trudeau marche avec le maire d’Irpin, Oleksandr Markouchine, lors d’une visite surprise en Ukraine. Photo: AP

D’autres sanctions économiques ont également été télégraphiées par Ottawa et ses alliés du G7. Les dirigeants des sept pays, qui se sont réunis en visioconférence dimanche, ont annoncé qu’ils interdiraient ou réduiraient progressivement leurs importations de pétrole russe.

Cette réunion, tenue alors que le monde commémore la victoire des alliés sur l’Allemagne nazie, le 8 mai 1945, était particulièrement symbolique aux yeux de Justin Trudeau.

Ce dernier estime qu’il est plus important que jamais de se tenir debout contre la guerre illégale de Poutine, de défendre la démocratie, les droits de la personne et le droit international.

« En cette journée d’anniversaire de la victoire en Europe, Vladimir Poutine fait honte à la mémoire des millions de Russes qui ont lutté et fait des sacrifices pour vaincre le fascisme et assurer la liberté pour l’Europe et le monde. »— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du CanadaJustin Trudeau en Ukraine.

Cette image fournie par le bureau du maire d’Irpin montre le premier ministre canadien, Justin Trudeau, en train de discuter avec le maire Oleksandr Markouchine lors d’une visite surprise dimanche. Photo : AP

Le premier ministre a affirmé avoir été témoin de toute la brutalité de l’agression russe lors d’une visite effectuée plus tôt à Irpin, en banlieue de Kiev. La ville avait été le théâtre de combats particulièrement violents en mars, au moment où les forces russes tentaient de prendre d’assaut la capitale.

Il est aussi allé à Boutcha, théâtre d’un autre massacre attribué aux forces russes.

Une visite secrète

Pour des raisons de sécurité, le plus grand secret a entouré la préparation de cette visite. Les médias n’ont pas eux accès à certains lieux où se sont rendus M. Trudeau et son entourage. Toutefois, des photos de la visite du premier ministre à Irpin ont été publiées sur Twitter par le maire de la ville.

Cette visite s’est déroulée le jour même où des missiles russes ont pilonné la ville portuaire d’Odessa, dans le sud du pays, et où de violents combats ont eu lieu dans l’est du pays, notamment autour de Kharkiv, la deuxième plus grande ville d’Ukraine.

En mars, M. Trudeau s’est rendu à Varsovie, en Pologne, où il a annoncé l’application de sanctions contre des oligarques russes dans la foulée des mesures punitives adoptées après l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe.

Plusieurs autres chefs de gouvernement sont allés en Ukraine en signe de solidarité depuis le début du conflit, dont le premier ministre britannique, Boris Johnson. Le chancelier fédéral d’Autriche, Karl Nehammer, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, se sont également rendus dans ce pays.

La première dame des États-Unis, Jill Biden, s’est elle aussi rendue en Ukraine à l’improviste, dimanche, disant vouloir venir à l’occasion de la fête des Mères. Elle a rencontré son homologue ukrainienne Olena Zelenska près de la frontière slovaque.

Avec Radio-Canada

Justin Trudeau, Mélanie Joly et Anita Anand bannis du territoire russe

mars 15, 2022

En tout, 313 citoyens canadiens ont été bannis du territoire russe mardi, dont Justin Trudeau, Mélanie Joly et Anita Anand. Photo : The Canadian Press/Adrian Wyld

Moscou riposte aux sanctions occidentales en bannissant du territoire russe plus de 300 citoyens canadiens, dont le premier ministre Justin Trudeau, la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, et la ministre de la Défense, Anita Anand. Le président américain Joe Biden et une douzaine de ses collaborateurs sont aussi bannis.

Alors que le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’adressait à la Chambre des communes mardi, le gouvernement russe a publié une liste d’exclusion de son territoire de 313 Canadiens.

Selon l’agence TASS citée par l’agence russe Lenta.ru, le premier ministre Justin Trudeau, sa ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, et la ministre de la Défense, Anita Anand, sont désormais interdits d’entrée en Russie. De nombreux membres du Parlement canadien sont aussi sur la liste.

« J’ai été informée ce matin, je ne suis pas surprise. Ça ne fait pas en sorte qu’on va reculer ou que je vais reculer. »— Une citation de  Mélanie Joly, ministre des Affaires étrangères du Canada

Parmi les personnes interdites figurent également la majorité des membres du Parlement canadien et des éléments agressifs pro-Bandera [en référence à Stepan Bandera (1909-1959), un indépendantiste ukrainien allié des nazis], a indiqué l’agence TASS dans un communiqué.

Selon le ministère des Affaires étrangères russe, cette liste d’exclusion est la réponse du Kremlin à la russophobie et aux sanctions imposées par Ottawa contre les politiciens russes.

Apprenant des journalistes que son nom est sur la liste d’exclusion de Moscou, le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet s’est exclamé : Merci Vladimir!.

Cela fait partie du spectacle et je n’ai pas demandé à en faire partie. Je ne prends pas cela très au sérieux, a-t-il poursuivi en expliquant qu’il n’avait de toute façon par prévu de voyager en Russie prochainement.

Le gouvernement Trudeau a de son côté ajouté mardi matin les noms de 15 hauts fonctionnaires du gouvernement russe à la liste des individus visés par des sanctions en raison de la décision de Moscou d’envahir l’Ukraine.

Ces individus, inconnus du grand public, ont permis et soutenu le choix du président Poutine d’envahir un pays pacifique et souverain, explique Affaires mondiales Canada dans un communiqué.

L’administration américaine également visée

Il n’y a pas que le gouvernement canadien qui est visé par les mesures d’exclusion russes. Le Kremlin a également banni 13 membres du gouvernement des États-Unis de son territoire, à commencer par le président des États-Unis Joe Biden.

Le secrétaire à la Défense Lloyd Austin, le chef de la CIA William Burns, et le conseiller à la Sécurité nationale Jake Sullivan, figurent également sur la liste d’exclusion de Moscou, tout comme l’ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton.

Le ministère des affaires étrangères russe précise toutefois qu’il maintient des relations officielles avec Washington et que, si nécessaire, il veillera à ce que des contacts de haut niveau puissent avoir lieu avec les personnes figurant sur la liste en cas de besoin.

Avec Radio-Canada

La reine Élisabeth reçoit Trudeau pour son premier engagement depuis un test positif

mars 7, 2022
Le bouquet jaune et bleu est visible derrière le premier ministre et la reine.

La reine Élisabeth a connu Justin Trudeau alors qu’il était enfant. Photo : AP/Steve Parsons

La reine Élisabeth II a rencontré lundi le premier ministre Justin Trudeau, souriante devant un grand bouquet de fleurs bleues et jaunes, les couleurs du drapeau ukrainien.

Il s’agissait alors du premier engagement en personne de la reine depuis qu’elle a été déclarée positive à la COVID-19 il y a deux semaines, le 20 février dernier.

Le palais de Buckingham a refusé de commenter l’arrangement floral, mais les observateurs de la scène royale britannique rappellent que bien peu de choses sont laissées au hasard lors des apparitions publiques de la souveraine.

M. Trudeau était au Royaume-Uni pour des entretiens sur la guerre en Ukraine avec le premier ministre, Boris Johnson, et leur homologue néerlandais, Mark Rutte. La reine Élisabeth a rencontré M. Trudeau au château de Windsor, où elle a passé le plus clair de son temps depuis le début de la pandémie.

La reine connaît M. Trudeau depuis déjà un certain temps. Enfant déjà, le petit Justin avait rencontré la souveraine à plusieurs reprises lorsque son père, Pierre Elliott Trudeau, était premier ministre.

Aussi perspicace et éclairée que jamais

Sur les photos de la rencontre de lundi, on voit M. Trudeau serrant chaleureusement la main de la reine, avec le vase de fleurs bleues et jaunes directement en arrière-plan.

M. Trudeau a déclaré qu’il avait eu le privilège de connaître la reine depuis environ 45 ans, et je peux vous dire que, dans ma conversation avec elle ce matin, elle était aussi perspicace et éclairée que jamais.

L’annonce de son résultat positif à un test de dépistage avait suscité des inquiétudes au sujet de la santé de la reine, âgée de 95 ans. Le palais a refusé de fournir des mises à jour quotidiennes, invoquant son droit à la vie privée. Mais les responsables du palais avaient précisé que la reine Élisabeth était pleinement vaccinée et qu’elle avait reçu la dose de rappel.

Avec La Presse canadienne

Canada: Au revoir les camionneurs, bonjour l’Europe

mars 6, 2022

Justin Trudeau entame dimanche un voyage de six jours au Royaume-Uni, en Lettonie, en Allemagne et en Pologne. Au cœur des discussions, bien sûr, la guerre en Ukraine — un conflit qui, malgré toutes ses horreurs, a permis au premier ministre canadien de tourner la page sur une crise domestique qui lui collait à la peau.

Justin Trudeau.

Le gouvernement Trudeau a multiplié les sanctions depuis l’invasion russe en Ukraine. Photo: La Presse Canadienne/Sean Kilpatrick

À 16 h 40, le mercredi 23 février, Justin Trudeau terminait un dernier point de presse sur la controversée Loi sur les mesures d’urgenceIl venait d’annoncer qu’il mettait fin à cette législation extraordinaire qui avait permis, disait-il, de chasser les camionneurs du centre-ville d’Ottawa.

L’invocation de la loi a encouragé certaines personnes à quitter [les lieux] et a permis aux forces de l’ordre de pouvoir en finir avec ces occupations, expliquait alors le premier ministre.

Cinq heures plus tard, une autre occupation débutait, celle-là beaucoup plus sanglante : Vladimir Poutine lançait ses troupes à l’assaut de l’Ukraine. La guerre était de retour en Europe.

En coulisses, plusieurs libéraux pensent que l’invasion russe et, surtout, la réponse canadienne coordonnée avec celle des alliés ont permis à Justin Trudeau de retrouver sa stature d’homme d’État.

L’enjeu des camionneurs, c’est complètement disparu des écrans radars, confie une source libérale, qui croit que pour beaucoup de gens, la guerre en Ukraine a mis les choses en perspective, entre autres sur ce que ça voulait dire, défendre la liberté.

Un sondage réalisé par la firme Research Co. à la fin de février montre que 52 % des Canadiens interrogés approuvent la réponse du premier ministre dans le dossier ukrainien.Trudeau entouré des ministres Mélanie Joly, Anita Anand  et Chrystia Freeland.

Justin Trudeau, entouré des ministres Mélanie Joly, Anita Anand et Chrystia Freeland, lors d’une annonce sur de nouvelles sanctions imposées à la Russie. Photo: The Canadian Press/Adrian Wyld

Même des personnes généralement critiques quant à la politique étrangère de Justin Trudeau reconnaissent que son gouvernement a bien agi jusqu’à maintenant.

Je pense que le gouvernement canadien a été à la hauteur de ce qui était demandé par les alliés, lance Jocelyn Coulon, au bout du fil. L’ancien conseiller de l’ex-ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion avait publié en 2018 Un selfie avec Justin Trudeau, un ouvrage dans lequel il reprochait au premier ministre son manque d’ambition sur le front diplomatique.

M. Coulon complimente aussi la nouvelle ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, qui a eu le ton juste dans les dernières semaines : On voit qu’elle a pris de l’assurance dans les dossiers de politique étrangère.

Le travail de la vice-première ministre a également été remarqué. Une source gouvernementale confirme d’ailleurs que Chrystia Freeland a joué un rôle clé dans les discussions auprès des alliés occidentaux, qui ont permis d’aboutir à l’imposition de sanctions contre la Banque centrale russe.

Dialoguer avec ses adversaires

Toutefois, si le Canada a commis un sans faute jusqu’à maintenant, sa réponse n’est pas pour autant suffisante, croit Jocelyn Coulon. Comme il le faisait déjà dans son livre, l’ex-conseiller reproche au gouvernement Trudeau de ne pas avoir entamé de dialogue direct avec la Russie.Vladimir Poutine.

Le président russe Vladimir Poutine reste intransigeant dans sa volonté de continuer la guerre en Ukraine. Photo : Getty Images/MikhaiI Klimentyev

Il n’y a eu, par exemple, aucune rencontre bilatérale entre Vladimir Poutine et Justin Trudeau depuis l’élection de celui-ci, en 2015. Or, dans les dernières années, tous les autres leaders du G7 se sont entretenus avec le président russe, souvent à plusieurs reprises, malgré leur désapprobation de l’invasion de la Crimée en 2014.

Il faut toujours parler non seulement à nos amis, mais aussi à nos adversaires, ajoute Jocelyn Coulon. C’est là que la diplomatie prend son sens.

Le professeur Justin Massie, expert en sécurité internationale à l’Université du Québec à Montréal, abonde dans le même sens : C’est important de dialoguer même avec ses ennemis, même quand on est en conflit. Il cite en exemple la démarche de la France dans les derniers jours, qui s’est démarquée par sa diplomatie pour tenter d’organiser un corridor humanitaire afin de sortir les personnes de Kiev.

Bien sûr, reconnaît M. Massie, la diplomatie a ses limites. Vladimir Poutine, malgré toutes les pressions des alliés, n’a montré aucun signe de retrait et poursuit sans vergogne ses bombardements contre les villes ukrainiennes. Il est cependant nécessaire, d’après le politologue, de garder le dialogue ouvert, ne serait-ce que pour tenter d’alléger la situation pour les populations civiles.Le président français Emmanuel Macron s'entretient avec le président russe Vladimir Poutine.

Le président français Emmanuel Macron a eu plusieurs entretiens avec le président russe Vladimir Poutine. Photo : Getty Images/Michel Euler

Or, au Canada, ajoute-t-il, on n’aime pas beaucoup avoir l’air de discuter avec [nos] rivaux parce qu’on se fait accuser de complaisance par nos adversaires politiques, qui utilisent la politique étrangère à des fins partisanes. Et c’est malheureux.

Justin Massie déplore entre autres le fait que les conservateurs aient demandé d’expulser l’ambassadeur russe qui se trouve à Ottawa — une très mauvaise idée, selon lui : Même les États-Unis ont des relations directes et privilégiées avec la Russie pour éviter des interprétations ou des mauvais calculs qui pourraient, peut-être, mener à une escalade militaire.

La présence d’une large communauté ukrainienne au Canada – la troisième au monde – et ce que Jocelyn Coulon appelle l’influence très importante du lobby ukrainien au sein du gouvernement Trudeau ont aussi contribué, d’après l’ex-conseiller, à une absence de communication avec le géant russe.Le contrôle de l’Arctique constitue un enjeu sur lequel la Russie et le Canada devront inévitablement dialoguer dans les années à venir, selon Jocelyn Coulon.

La mainmise sur l’Arctique constitue un enjeu à propos duquel la Russie et le Canada, qui contrôlent environ 75 % du territoire, devront inévitablement dialoguer dans les années à venir. Or, Jocelyn Coulon estime qu’en « ayant une relation très mauvaise avec les Russes », le Canada « se positionne mal pour défendre ses intérêts dans l’Arctique ». Photo: East2West

Peu de succès en affaires étrangères

Même si Justin Trudeau ne va rencontrer que des alliés au cours de ce voyage en Europe, Justin Massie reconnaît que le gouvernement fédéral a bien géré jusqu’à maintenant le dossier ukrainien, surtout par comparaison avec certains ratés commis en matière de politique étrangère.

Le politologue cite en exemple le voyage en Inde, mais aussi les 200 Casques bleus que le Canada n’a jamais déployés comme prévu, le retrait de ses troupes du Mali avant la date demandée par l’Organisation des Nations uniesONU, ou encore l’échec du gouvernement libéral à obtenir un siège au Conseil de sécurité des Nations unies.

La politique étrangère de Justin Trudeau n’a pas eu beaucoup de succès, mis à part la négociation de l’Accord de libre-échange nord-américainALENA 2.0, le nouvel accord commercial avec les États-Unis signé sous Donald Trump, affirme M. Massie.

Les attentes dans ce conflit étaient donc assez basses d’après l’expert en sécurité internationale, encore plus après la crise des camionneurs qui a paralysé le centre-ville d’Ottawa, où on a vu un premier ministre plutôt absent dans les premières semaines du conflit.

Là, conclut-il, on sent que Justin Trudeau est plus présent et que son gouvernement multiplie les annonces. L’image d’inaction qui colle parfois à la peau du premier ministre semble donc plus difficile, jusqu’à maintenant, à apposer à sa réponse au conflit ukrainien.

Avec Radio-Canada par Laurence Martin

Manifestation de routiers au Canada : les Etats-Unis demandent à Trudeau d’intervenir

février 11, 2022

Les chauffeurs bloquent désormais trois axes frontaliers, ce qui affecte les échanges commerciaux entre les deux pays et perturbe l’industrie automobile américaine.

Des manifestants canadiens bloquent le pont Ambassador, à Windsor (Ontario), le 10 février 2022.
Des manifestants canadiens bloquent le pont Ambassador, à Windsor (Ontario), le 10 février 2022. COLE BURSTON / AFP

Les Etats-Unis s’en mêlent. La Maison Blanche a appelé, jeudi 10 février, le Canada à employer les « pouvoirs fédéraux » pour mettre fin aux convois des opposants aux mesures sanitaires, qui bloquent des axes frontaliers majeurs entre les deux voisins nord-américains depuis plusieurs jours, une menace pour l’économie.

Washington a proposé son « aide pleine et entière », ont fait savoir, jeudi, des responsables de la Maison Blanche, précisant que plusieurs ministres étaient en contact régulier avec leurs homologues canadiens à ce sujet. Ils ont aussi assuré que l’administration Biden était « mobilisée vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour mettre fin rapidement » à la crise.

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a de nouveau appelé, jeudi, à la fin des manifestations : « Il est temps que cela finisse, car cela fait mal aux Canadiens », mais sans proposer un plan d’action concret. Son gouvernement a annoncé que des renforts policiers seraient envoyés aux endroits de blocage, mais sans plus de précisions.

L’industrie automobile touchée

Estimant que la situation représentait une « crise nationale », le maire de la ville de Windsor, Drew Dilkens, a annoncé son intention d’« expulser » les manifestants par la force s’il obtenait l’autorisation d’un tribunal. « Le préjudice économique que cette occupation cause au commerce international ne peut pas durer et doit cesser », a-t-il ajouté.

Les manifestants paralysent des voies commerciales essentielles, ce qui perturbe déjà certains secteurs des deux côtés de la frontière, depuis le blocage, il y a quatre jours, du pont Ambassador, qui relie l’Ontario à Detroit (Michigan) aux Etats-Unis. Les manifestants ont en effet ainsi touché un nerf central de l’industrie automobile et forcé les géants du secteur – Ford, Stellantis et Toyota – à suspendre ou à ralentir temporairement les chaînes de fabrication dans plusieurs usines.

La zone autour du pont est cruciale pour l’industrie automobile, explique Jason Miller, expert en chaîne d’approvisionnement à l’université d’Etat du Michigan. « Certaines pièces peuvent traverser jusqu’à cinq, six ou sept fois le pont. » Par ailleurs, ce pont transfrontalier voit passer chaque jour plus de 40 000 travailleurs et touristes et les routiers y font traverser quotidiennement 323 millions de dollars (284 millions d’euros) de marchandises en moyenne.

« Il est impératif que les gouvernements locaux, provinciaux et nationaux du Canada désamorcent ce blocus économique », a déclaré, jeudi, la gouverneure démocrate du Michigan, Gretchen Whitmer, les appelant à prendre « toutes les mesures nécessaires ».

La police « pas en mesure » de faire cesser la manifestation

Le mouvement s’étend sur les routes et semblait dans une impasse dans les rues de la capitale fédérale canadienne, Ottawa, a constaté une journaliste de l’Agence France-Presse (AFP). Des centaines de camions bloquent toujours les rues, installés devant le Parlement et les bureaux de Justin Trudeau.

La police de la ville a une nouvelle fois expliqué qu’elle n’était « pas en mesure » de « mettre un terme » à la manifestation sans renforts. Son chef, Peter Sloly, a affirmé « ne pas avoir les ressources suffisantes » pour « empêcher l’approvisionnement en essence des camions » qui bloquent les rues, ou pour « procéder à des arrestations ». De fait, malgré un avertissement lancé mercredi aux manifestants, la police n’a procédé qu’à deux nouvelles interpellations, portant leur nombre à vingt-cinq depuis le début du mouvement.

En Europe, les autorités ont pris les devants : des rassemblements prévus pour la fin de semaine ont été interdits, notamment à Paris et à Bruxelles. Ce mouvement, baptisé comme au Canada « convois de la liberté », semble prendre de l’ampleur, notamment dans l’Hexagone, pour protester contre le passe vaccinal. Ses partisans se réclament des « gilets jaunes », la mobilisation populaire de 2018-2019, déclenchée par une hausse des prix de l’essence qui avait tourné à la révolte contre le président Emmanuel Macron.Lire nos explications : Comment le « convoi de la liberté » des camionneurs canadiens tente de s’exporter en France

En Nouvelle-Zélande, où des opposants aux restrictions sanitaires sont rassemblés depuis trois jours près du Parlement à Wellington, des heurts ont éclaté jeudi avec la police. Plus de 120 personnes ont été arrêtées.

Par Le Monde avec AFP

Canada: Trudeau n’envisage pas, pour l’instant, l’intervention des Forces armées à Ottawa

février 3, 2022
Une photo de Justin Trudeau, le regard vif.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, refuse de faire appel à l’armée pour mettre fin à la manifestation de camionneurs (archives). Photo: La Presse Canadienne/Adrian Wyld

Le gouvernement exclut de faire appel aux Forces armées canadiennes pour mettre fin à la manifestation des camionneurs.

Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré dans un point de presse jeudi après-midi : nous savons que les forces policières, que ce soit la police d’Ottawa ou à la GRC, qu’il y a des ressources ici et là pour régler la situation.

Interrogé sur ce conflit qui perdure depuis maintenant une semaine, le premier ministre a ajouté que le gouvernement fédéral est prêt à répondre aux demandes.

« Mais pour l’instant, ce n‘est pas quelque chose qu’on est en train de regarder, d’envoyer les Forces armées contre les citoyens canadiens. »— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Le premier ministre soutient suivre la situation de très près. Son bureau, affirme-t-il, est en communication régulière avec celui du maire [d’Ottawa]. Il répète : Je l’ai dit clairement il y a plusieurs jours qu’il est temps que les manifestants rentrent chez eux. Il dénonce cette situation, qui est en train de déranger les gens qui vivent dans la communauté… les gens qui subissent des menaces de violence et des propos et des symboles haineux. C’est inacceptable. Le premier ministre conclut : nous savons que les forces policières doivent faire leur job pour régler la situation.

Les camionneurs doivent rencontrer la presse jeudi après-midi pour faire le point sur leur mouvement de contestation. C’est la première fois que les organisateurs de la manifestation convoquent la presse depuis leur arrivée sur la colline du Parlement, il y a une semaine.

Avec Radio-Canada