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RDC : Kabila rejette toute médiation étrangère dans le cadre du dialogue national

juin 30, 2015
Joseph Kabila

Joseph Kabila

Le président congolais a semblé fermer la porte, lundi, à toute forme de médiation étrangère dans le « dialogue national » qu’il a proposé en vue de parvenir à des élections apaisées, alors que c’est une condition posée par une partie de l’opposition pour y participer.

Dans un message diffusé lundi 29 juin par la télévision publique, Joseph Kabila a affirmé que « l’écrasante majorité » des Congolais qui se sont déjà exprimés sur le sujet « souhaite que dans l’éventualité du dialogue, celui-ci soit mené sans ingérence étrangère, à travers un nombre limité de participants, et pour une durée relativement courte ».

Le président de la République démocratique du Congo, qui s’exprimait à la veille de la fête nationale, faisait là référence aux résultats provisoires des consultations qu’il a lancées avec « les forces vives de la Nation » au début du mois de juin, pour un éventuel « dialogue national » en vue des élections à venir à la fin de 2016.

Après avoir reçu représentants religieux ou politiques à Kinshasa, le chef de l’État a laissé les consultations se poursuivre dans le pays, sous la férule des gouverneurs des provinces, qui lui ont remis leur rapport il y a quelques jours. L’opposition réclame de longue date un dialogue politique alors que le pays est sous tension à l’approche d’un cycle d’élections devant s’achever en novembre 2016 par la présidentielle.

Opposition désunie

Mais la même opposition, qui soupçonne Joseph Kabila de chercher à s’accrocher à tout prix au pouvoir, apparaît désunie face au dialogue proposé par le chef de l’État, à qui la Constitution interdit de se représenter à la présidentielle.

L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti de l’opposant historique Étienne Tshisekedi, a dit être disposée à y prendre part, mais à condition que celui-ci soit supervisé par un médiateur étranger. Une coalition de l’opposition réunissant les deux autres partis principaux de l’opposition a déjà annoncé son intention de boycotter le dialogue, y voyant une manœuvre du camp présidentiel pour retarder les élections.

Jeuneafrique.com

RDC : la politique, une affaire de familles

juin 29, 2015
Joseph Kabila

Joseph Kabila

Ils sont frères, sœurs, cousins ou parents plus éloignés. Ils partagent le même nom ou la même filiation, ils ont survécu à des changements de régime et occupent depuis des années l’espace public. Voyage au cœur d’une république très dynastique.

C ‘était il y a presque quinze ans, le 16 janvier 2001. Ce jour-là, le président Laurent-Désiré Kabila est assassiné à Kinshasa, et le simple décret qui fait office de Constitution n’a rien prévu en pareil cas. À défaut d’une légitimité démocratique, impossible à trouver à cet instant, les barons du régime optent donc pour une succession dynastique. Ils se mettent d’accord sur un nom, ou plutôt sur un prénom : celui de Joseph, l’un des fils du défunt, que l’on fait venir en urgence de Lubumbashi pour prendre le pouvoir.

À l’époque, les Congolais ne savent rien ou presque de la famille Kabila. Le Mzee (le « vieux », en swahili) a toujours refusé de dévoiler l’identité de la première dame. Maintenant que Joseph a succédé à son père, il faut que sa filiation soit rendue publique, et sa mère, Mama Sifa, fait sa première apparition télévisée dans la foulée.

Chez les Kabila, la famille relève donc à la fois du secret et du sacré. Elle est aussi la source du pouvoir. Deux autres de ses membres sont d’ailleurs sortis de l’ombre pour se lancer en politique : le jeune frère du président, Zoé (qui ressemble comme deux gouttes d’eau à son aîné), et sa sœur jumelle, Jaynet. Tous deux se sont présentés aux législatives de 2011. Tous deux ont été élus. Et tous deux ont toujours une part de mystère.

Les archives de l’Assemblée nationale, conservées dans les entrailles chaudes et humides du Palais du peuple, ne comportent nulle trace de la fiche de renseignement de Jaynet, qui devrait pourtant porter la mention, entre autres, du nom de ses parents, de son conjoint et de ses enfants. L’intéressée ne l’a pas remplie. En revanche, celle de Zoé existe. Rédigée à la main, elle révèle que son épouse a pour nom Nita Kabila. Or Nita Boukani de son nom de jeune fille n’est autre que la nièce du sénateur d’opposition Raymond Ramazani Baya, qui fut ministre des Affaires étrangères dans les années 2000 et ambassadeur de Mobutu à Paris au cours de la décennie précédente.

À dire vrai, ce genre de liens mêlant famille et politique n’est pas propre aux Kabila, loin s’en faut. Que l’on songe, par exemple, à l’Union pour la démocratique et le progrès social (UDPS, le principal parti d’opposition) d’Étienne Tshisekedi. L’influence de Félix, le fils, grandit à mesure que la santé du « vieux » faiblit, si bien qu’il est, aujourd’hui, le mieux placé pour lui succéder. Le soutien de sa mère, Marthe, très influente au sein du parti, ne gâche rien. Quant à la famille de Jean-Pierre Bemba, le président du Mouvement de libération du Congo (MLC) détenu à La Haye, elle pèse également depuis longtemps sur la scène politique congolaise. Le patriarche, Jeannot Bemba, était l’un des plus riches hommes d’affaires du Zaïre du maréchal Mobutu.

« Les acteurs politiques congolais se connaissent souvent personnellement, parfois au travers de leurs familles, résume un diplomate occidental en poste à Kinshasa. Ils se parlent et fréquentent les mêmes lieux. Cela permet d’éviter que les tensions politiques ne dégénèrent. Ici, un adversaire politique peut aussi être un ami, un cousin ou un beau-frère. Rarement un ennemi à abattre. »

Cela n’a pas toujours été le cas. Lors de l’arrivée au pouvoir de Laurent-Désiré Kabila, en 1997, une partie de l’élite politico-familiale qui avait prospéré sous Mobutu a été contrainte à l’exil. Pas les Moleka. Certes, le père, Ignace, était proche du maréchal, et son fils Thimothée avait même été le gouverneur de Kinshasa. Mais ils ont refusé de partir et continué à jouer un rôle sur la scène politique locale. Albert, le cadet de la famille, s’est allié à Étienne Tshisekedi, dont il a été le porte-parole puis le directeur de cabinet, de 2008 à 2014.

Aujourd’hui, Albert Moleka reçoit dans un vaste bureau sombre, au fond de la boutique African Lux jadis fondée par son père. Aux murs, les photos de famille jaunies par le temps. Assis dans un fauteuil, un des fils qu’il a eu avec Monique, la fille de Moïse Tshombe, président d’un Katanga brièvement indépendant dans les années 1960. La tante de ce jeune homme n’est autre qu’Isabel Ruth Tshombe, représentante personnelle du président Kabila pour la Francophonie…

« J’ai rejoint Étienne Tshisekedi, dans les années 1980. Mon rôle était de faire du lobbying auprès des autorités pour faire libérer les militants arrêtés, raconte Albert Moleka. Évidemment, mon nom me facilitait beaucoup la tâche. » Mobutu en est informé, mais il ne s’oppose pas à ce compagnonnage : il sait que les réseaux sont à double sens et, plusieurs fois, il demandera à Albert de transmettre de discrets messages.

Le maréchal était un maître dans l’art d’utiliser les liens familiaux à des fins politiques. Lorsqu’il apprend, quelques années plus tard, que Félix Tshisekedi, le fils de son principal adversaire, fréquente la sœur de son secrétaire particulier, Lando Kota-Mbongo, il ne résiste pas à l’envie de s’en mêler. Il charge Lando de faire en sorte que Félix demande sa sœur en mariage. « Le maréchal est d’accord et il est prêt à recevoir la dot lui-même ! Nous pouvons réunifier la République avec ce mariage ! » Mais Lando a beau insister, Félix refuse. Depuis il s’est marié avec une autre, Denise, dont le frère travaille au protocole de l’actuel président…

Une autre manœuvre politico-familiale aura été beaucoup plus utile à Mobutu. Lors d’une visite à Kinshasa, son homologue centrafricain d’alors, Jean-Bedel Bokassa, s’entiche de Marie-Hélène Moleka, la sœur d’Albert. La suite, c’est Albert qui la raconte : « Ma sœur est allée vivre à Bangui à la fin des années 1960. Mobutu lui avait demandé d’espionner Bokassa pour lui. Dès qu’elle avait une information, elle la griffonnait sur un bout de papier, qu’elle déposait sur le trottoir, par la grille de sa résidence. Un agent de l’ambassade était chargé de le récupérer. Cela a duré jusqu’à ce qu’elle se fasse prendre. Elle a eu très peur et est rentrée à Kinshasa. Malgré tout, à chaque fois que Bokassa venait en visite, il la réclamait ! »

À l’autre bout du continent, d’autres alliances familiales se forment, cette fois contre Mobutu. En trahissant Patrice Lumumba, le héros de l’indépendance mort assassiné, le maréchal a fait de ses enfants des adversaires. Recueillis par le président Nasser, ces derniers grandissent au Caire, où ils apprennent l’arabe. C’est d’ailleurs ce qui vaudra à Juliana, l’aînée des enfants Lumumba, le poste de secrétaire générale de l’Union africaine des chambres de commerce, d’industrie, d’agriculture et de professions (UACCIAP), dont le siège est situé dans la capitale égyptienne.

Son frère François parvient pour sa part à tisser son réseau dans le palais de Mouammar Kadhafi et dans celui de Saddam Hussein. « À l’époque, un Lumumba, qui en plus parlait arabe, cela intriguait beaucoup dans cette région », se souvient-il. Dans les années 1980, il aide Laurent-Désiré Kabila, chef rebelle alors en quête de soutiens, à entrer en contact avec les maîtres de Tripoli et de Bagdad. Devenu président, le Mzee fera de Juliana sa ministre de la Culture et de l’Information.

Malgré leur célèbre patronyme, les Lumumba sont loin d’avoir l’aisance financière et les réseaux d’autres grands noms de la politique congolaise.

Malgré leur célèbre patronyme, les Lumumba sont loin d’avoir l’aisance financière et les réseaux d’autres grands noms de la politique congolaise. Dans le jardin ombragé de la résidence autrefois occupée par son père, dans le centre de Kinshasa, Juliana semble n’en nourrir aucun regret : « Nous sommes restés très longtemps loin d’ici alors que les autres familles ont vécu ensemble. C’est normal qu’elles se soient mariées entre elles. Nous, notre mère nous a élevés en nous demandant de mériter notre nom. Il nous était interdit de le compromettre. » Pour autant, Juliana n’en a pas fini avec la politique. Elle sera candidate sans étiquette, à Kinshasa, lors des prochaines élections provinciales.

La relative marginalisation des Lumumba sur la scène politique reste un cas exceptionnel. Il n’y a qu’à observer le gouvernement actuel pour s’en convaincre. Le vice-ministre de la Coopération internationale, Franck Mwe di Malila, est le gendre de Kengo wa Dondo, l’actuel président du Sénat, qui fut autrefois Premier ministre de Mobutu. Venu de l’opposition, Germain Kambinga, le ministre de l’Industrie, est le fils de feu Christian Kambinga, qui fut également ministre de Joseph Kabila.

L’épouse de Thomas Luhaka, le vice-Premier ministre des Postes et Télécommunications, fait partie de la famille de Mama Sifa, la mère du président. Son collègue du Plan, Olivier Kamitatu, est le fils de Cléophas, lui-même ministre dans les années 1960 et 1980, et le gendre de feu Justin-Marie Bomboko, un ancien baron du mobutisme… Quant à Michaël Sakombi, le jeune directeur de cabinet adjoint du ministre Kin Kiey Mulumba, il est le fils de Dominique Sakombi Inongo, autrefois chargé de l’Information sous Mobutu puis sous Kabila père.

La guerre entre kabilistes et mobutistes est terminée depuis longtemps. Les grandes familles liées à l’ancien régime sont presque toutes revenues s’installer à Kinshasa. Jusqu’aux enfants de Mobutu lui-même, à l’instar de Giala Mobutu, aujourd’hui député. Et c’est une autre Moleka qui a joué un rôle non négligeable dans ce rapprochement : Wivine.

Plus compliqué chez les Bemba

Lorsque Kabila arrive au pouvoir, elle est journaliste à la télévision nationale et parvient à le rester. Quelques mois plus tard, elle croise Manda, un des fils Mobutu, lors d’un voyage à Abidjan. « Je le connaissais bien et je l’ai interviewé, se souvient-elle. Je m’apprêtais à devoir batailler pour faire passer l’entretien, mais pas du tout. Le Mzee m’a même demandé d’en faire d’autres ! En réalité, il voulait réunifier le pays, et mes connexions lui étaient utiles. C’est comme cela que j’ai donné la parole à d’autres grands noms du mobutisme, comme Honoré Ngbanda, Kengo wa Dongo ou Victor Nendaka. »

À l’époque, la proximité entre Laurent-Désiré Kabila et Wivine Moleka étonne et fait jaser. Au point que la rumeur attribue au président la paternité du fils de la journaliste – à tort. Le père de l’enfant n’est pas un inconnu pour autant : il s’agit de l’actuel ministre de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba.

Albert et Wivine Moleka appartiennent aujourd’hui à des camps politiques opposés (elle est députée du parti au pouvoir, lui est dans l’opposition), mais entretiennent des relations cordiales. C’est plus compliqué chez les Bemba. « Cathy », la sœur de Jean-Pierre, a épousé Nzanga Mobutu, qui a longtemps été en froid avec son beau-frère. Une autre de ses sœurs, Caroline, est mariée à Jean Bamanisa, le gouverneur de la Province orientale. La fratrie est unie contre Jean-Jacques Bemba, un demi-frère reconnu par Jeannot à sa naissance, mais qui a contesté en justice les modalités de la succession familiale.

Cette inimitié s’est déportée sur le terrain politique : kabiliste convaincu, Jean-Jacques est allé défier sa demi-sœur Caroline pour un siège de député dans le fief familial de Gemena, lors des élections de 2011. Caroline l’a remporté. Depuis, Jean-Jacques a été nommé administrateur de la Société commerciale des transports et des ports (SCTP) par le président Kabila. Preuve que même lorsque l’on est rejeté par les siens, avoir un nom peut toujours être utile.

Jeuneafrique.com par Pierre Boisselet, Envoyé spécial à Kinshasa

Elections en RDC: Kabila lance des consultations en vue d’un dialogue

mai 29, 2015

Elections en RDC: Kabila lance des consultations en vue d'un dialogue
Elections en RDC: Kabila lance des consultations en vue d’un dialogue © AFP

Le président congolais Joseph Kabila lancera samedi des consultations tous azimuts en vue d’un dialogue politique aux contours encore flous et rejeté par une partie de l’opposition qui y voit un stratagème pour permettre au chef de l’Etat de rester au pouvoir illégalement.

« C’est demain (samedi) que les consultations vont commencer, c’est ce que ce nous avons appris », a expliqué à l’AFP une source à la présidence.

« Le chef de l’Etat commence vendredi des consultations avec toutes les forces vives de la nation », avait auparavant annoncé à l’AFP un haut responsable congolais dans la nuit de jeudi à vendredi.

« Il va écouter tout le monde », en particulier « les réflexions sur le calendrier électoral global », a ajouté ce responsable, sous couvert d’anonymat.

Publié en février par la Commission électorale nationale indépendante (Céni), cet échéancier prévoit une série d’élections (locales, provinciales, sénatoriales. . . ) devant commencer en octobre et mener jusqu’à la présidentielle et aux législatives en novembre 2016.

Selon le haut responsable congolais, les interlocuteurs du chef de l’Etat « vont faire des réflexions sur le dialogue » politique et dire « quel pourrait en être le format » et « quand il pourra avoir lieu ».

« Depuis plus d’un an, le principal parti d’opposition (Union pour la démocratie et le progrès social, UDPS) a multiplié les prises de position exigeant un dialogue (. . . ) Le président a répondu à une initiative de l’UDPS », a expliqué Lambert Mende, porte-parole du gouvernement, lors d’une émission politique sur la Radio-télévision nationale congolaise.

Il a ajouté qu’il fallait « absolument être à l’écoute des points de vue » de l’UDPS: ce parti a rejeté le résultat des élections présidentielle et législatives de novembre 2011, remportées par le président Kabila et son camp après des scrutins entâchés d’irrégularités massives.

Depuis, le pays traverse une grave crise politique. « Il faut parler (. . . ) parce que le pays a besoin de cette façon de gérer les problèmes (. . . ). Ce n’est pas en se taisant qu’on peut résoudre les problèmes », a souligné M. Mende.

Agé de 43 ans, M. Kabila est à la tête de la République démocratique du Congo depuis 2001. La Constitution lui interdit de se représenter à la fin de son mandat s’achevant fin 2016 et, jusqu’à présent, il refusé de céder aux demandes de l’opposition l’enjoignant de s’engager publiquement à quitter le pouvoir à l’issue de son mandat.

Après la chute du président burkinabè Blaise Compaoré en octobre, le gouvernement congolais a abandonné un projet de révision constitutionnelle dont les termes n’avaient jamais été publiés mais que l’opposition soupçonnait d’avoir été conçu pour permettre à M. Kabila de briguer un nouveau mandat.

Les trois grands partis de l’opposition que sont l’UDPS, le Mouvement de libération du Congo (MLC) et l’Union pour la nation congolaise (UNC) estiment en substance que le programme arrêté par la Céni fait planer l’incertitude sur la tenue de la prochaine présidentielle dans les délais prévus par la Constitution.

– Congo-Brazza, Burundi, Rwanda –

Les consultations voulues par M. Kabila commencent moins de dix jours après le début d’une initiative similaire au Congo-Brazzaville voisin, où il est de plus en plus question d’une révision de la Constitution pour permettre au président Denis Sassou Nguesso de se représenter en 2016.

Elles surviennent aussi alors que le Burundi est plongé dans une grave crise politique depuis l’annonce fin avril de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, et moins de 48 heures après l’annonce au Rwanda d’une possible révision constitutionnelle qui autoriserait un nouveau mandat au président Paul Kagame.

M. Kabila doit recevoir les chefs des confessions religieuses puis les chefs coutumiers avant de discuter avec ceux des partis politiques de l’opposition puis de la majorité, des groupes parlementaires et regroupements politiques pour finir avec les diplomates accrédités en RDC et le chef de la Mission de l’ONU au Congo (Monusco), Martin Kobler.

La durée de ces consultations n’a pas été précisée.

L’UDPS a dit être prête à participer au dialogue. Cependant, c’est à « Martin Kobler de faire des consultations pour le dialogue, et non à monsieur Kabila », car sinon il va « s’arroger le droit d’être juge et partie », a déclaré à l’AFP Bruno Tshibala, porte-parole de l’UDPS.

A l’inverse, une coalition regroupant le MLC, l’UNC, des dissidents de l’UDPS et des représentants de plusieurs dizaines de petits partis s’y oppose, y voyant une manoeuvre pour retarder la prochaine présidentielle et permettre à M. Kabila de rester au pouvoir au-delà du terme de son mandat.

« La position du MLC est claire: pas de nouveau forum, cap vers les élections », a dit à l’AFP Eve Bazaiba, secrétaire générale du MLC, plaidant plutôt pour un « dialogue permanent avec la Céni et les acteurs impliqués dans les élections ».

Jeuneafrique.com

RDC : l’UDPS favorable au dialogue proposé par Kabila

mai 22, 2015

Joseph Kabila veut ouvrir un dialogue avec l'opposition.
Joseph Kabila veut ouvrir un dialogue avec l’opposition. © Gwenn Duborthomieu/AFP

L’UDPS, formation d’opposition très affaiblie, estime que le dialogue avec l’administration Kabila « doit mener à de bonnes élections ».

L’UDPS, formation d’opposition historique en République démocratique du Congo, a annoncé jeudi qu’elle était prête à participer au dialogue politique proposé par le président Joseph Kabila. Elle a fait savoir qu’elle y voyait une meilleure solution pour sortir le pays de la crise politique qu’il traverse.

Cette annonce marque une volte-face de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Son vieux dirigeant Étienne Tshisekedi, en convalescence en Belgique depuis août 2014, a en effet jusqu’à présent dénié toute légitimité au pouvoir de Joseph Kabila depuis les élections entachées d’irrégularités massives de novembre 2011, qui lui ont permis de se maintenir à la tête de l’exécutif.

Objectif : « mener à de bonnes élections »

Pour l’UDPS, « le dialogue est la voie privilégiée pour arriver à un compromis par rapport à la crise que connaît le pays », a déclaré Bruno Tshibala, porte-parole de l’UDPS, affirmant parler au nom [d’Étienne Tshisekedi] lui-même.

« Le but de ce dialogue doit être de mener à de bonnes élections, différentes de celles que nous avons connues par le passé », a-t-il ajouté. « Nous attendons la fixation de la date de ce dialogue », a encore déclaré Bruno Tshibala, plaidant pour une table ronde d’une dizaine de jours maximum.

Premier parti de l’opposition à l’issue des élections de 2011, l’UDPS apparaît aujourd’hui considérablement affaiblie. La plupart des députés élus sous son étiquette ont enfreint la consigne d’Étienne Tshisekedi en acceptant de siéger à l’Assemblée nationale, signant ainsi, pour les loyalistes, leur auto-exclusion. Les dissensions sont également nombreuses entre les divers courants qui traversent le parti.

Plusieurs rencontres du pouvoir avec l’opposition

Selon une source officielle et des représentants de l’opposition, un émissaire de Joseph Kabila a rencontré à plusieurs reprises début mai des dirigeants des principaux partis d’opposition pour ouvrir avec eux un dialogue politique, dont les modalités n’ont pas encore été précisée.

Le climat politique en RDC est particulièrement tendu depuis quelques mois à l’approche d’échéances électorales importantes. En janvier, plusieurs dizaines de personnes ont été tuées lors de manifestations contre le pouvoir ayant tourné à l’émeute. Joseph Kabila est au pouvoir depuis 2001. La Constitution lui interdit de se représenter à la prochaine présidentielle prévue pour novembre 2016.

Des pourparlers rejetés par l’opposition

Lundi, une plateforme de l’opposition rassemblant quelques dizaines d’opposants de plusieurs partis, parmi lesquels des représentants du Mouvement de libération du Congo (MLC) et de l’Union pour la Nation congolaise (UNC), deux des trois principales formations de l’opposition siégeant à l’Assemblée nationale, a rejeté l’idée des pourparlers proposés par le chef de l’État.

Pour eux, il s’agit d’une « manœuvre » pour permettre à ce dernier de rester aux commandes après 2016 en retardant la série d’élections (locales, provinciales, sénatoriales…) devant commencer en octobre et mener jusqu’à la présidentielle et aux législatives de fin 2016.

Depuis 2011, aucun des scrutins prévus ne s’est tenu

Bruno Tshibala estime que le calendrier électoral doit être rediscuté avec le pouvoir. Il dit vouloir se concentrer sur l’organisation des législatives et de la présidentielle, dans les délais prévus par la Constitution, quitte à tenir plus tard les autres élections.

La RDC traverse une crise politique aiguë depuis la présidentielle et les législatives de novembre 2011 : aucun des scrutins qui devaient avoir lieu depuis lors ne s’est tenu.

Jeuneafrique.com avec AFP

RDC : pourquoi Kabila veut négocier avec l’opposition

mai 20, 2015

Les proches de Kabila sont convaincus que le pays ne peut ou ne doit être dirigé par un autre.
Les proches de Kabila sont convaincus que le pays ne peut ou ne doit être dirigé par un autre. © Denis Balibouse/Reuters

Après avoir dépêché un émissaire – Kalev Mutond, le patron de l’Agence nationale de renseignements – auprès de ses opposants « radicaux » (Vital Kamerhe, les partisans d’Étienne Tshisekedi), Joseph Kabila a réuni le 13 mai dans sa ferme de Kingakati, près de Kinshasa, les membres du bureau politique de la Majorité présidentielle (MP).

Pour les informer qu’il accepte d’engager le dialogue réclamé par une frange de ses opposants. Sur la table des futures négociations : le sort du chef de l’État à l’issue de son second et dernier mandat.

« C’est parce qu’elles ont éludé la question du chef que les « concertations nationales » [qui réunirent en septembre 2013 représentants de la majorité, de l’opposition et de la société civile] ont échoué », estime Tryphon Kin-Kiey Mulumba, ministre chargé des Relations avec le Parlement et membre de la direction de la MP.

Cette fois, Kabila tient à recevoir les leaders de l’opposition et de la société civile, qui, tous, veulent qu’il s’en aille dès la fin de son mandat, le 19 novembre 2016.

Il veut les informer de son intention d’organiser cette année des élections locales et provinciales, scrutins complexes et coûteux dont certains redoutent qu’ils empêchent la tenue de la présidentielle dans les délais constitutionnels, c’est-à-dire fin 2016.

Jeuneafrique.com