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Afghanistan: Une explosion devant une école pour filles fait au moins 30 morts à Kaboul

mai 8, 2021
Une explosion devant une ecole pour filles fait au moins 30 morts a Kaboul
Une explosion devant une école pour filles fait au moins 30 morts à Kaboul© AFP/ZAKERIA HASHIMI

Une explosion devant une école pour filles samedi à Kaboul a fait au moins 30 morts et une cinquantaine de blessés, dont des élèves, au moment où le ramadan touche à sa fin et où les forces étrangères accélèrent leur retrait d’Afghanistan, laissant derrière elles un pays déchiré par 20 ans de conflit.

« Plus de 30 étudiants et autres compatriotes ont été tués et plus de 50 blessés. Le bilan s’alourdit », a déclaré à la presse Tareq Arian, le porte-parole du ministère de l’Intérieur.

L’explosion s’est produite dans le quartier hazara de Dasht-e-Barchi, dans l’ouest de la capitale afghane, au moment où ses habitants faisaient leurs courses à l’approche de la fête musulmane de l’Aïd el-Fitr qui va marquer la semaine prochaine la fin du mois de jeûne du ramadan.

« J’ai vu des corps ensanglantés dans une nuée de fumée et de poussière, tandis que certains des blessés criaient et souffraient », a déclaré à l’AFP Reza, qui a échappé à l’explosion.

« J’ai vu une femme chercher entre les corps en appelant sa fille », a-t-elle ajouté. « A ce moment-là, elle a trouvé un sac de sa fille ensanglanté et elle s’est effondrée ».

Reza a ajouté que la plupart des victimes étaient des adolescentes qui venaient de quitter leur école dans ce quartier majoritairement peuplé par des chiites hazaras, souvent pris pour cible par les groupes islamistes sunnites.

L’attentat n’a pas été revendiqué, mais le président afghan Ashraf Ghani a accusé les talibans d’en être les responsables.

« Abominable »

« Ce groupe de sauvages n’a pas la capacité d’affronter les forces de sécurité sur le champ de bataille, alors il s’attaque à la place de façon barbare à des bâtiments publics et aux écoles de filles », a-t-il dénoncé dans un communiqué.

L’ambassadeur américain par intérim dans la capitale afghane, Ross Wilson, a qualifié l’attentat, d' »abominable » et d' »attaque impardonnable contre les enfants et l’avenir de l’Afghanistan ».

De même, la mission de l’UE en Afghanistan a fustigé sur Twitter une attaque « contre des jeunes gens déterminés à améliorer le sort de leur pays ».

Le ministre des Affaires étrangères du Pakistan, un pays accusé de soutenir les talibans, a quant à lui dénoncé une attaque « condamnable ».

La mission d’assistance des Etats-Unis en Afghanistan (UNAMA) a exprimé son « profond dégoût » après l’explosion.

Une enquête pour « attaque terroriste » a été ouverte, a déclaré à l’AFP le porte-parole adjoint du ministère de l’Intérieur Hamid Roshan.

Les négociations piétinent

« Les gens sur place sont furieux et s’en sont pris aux ambulanciers », a déploré de son côté le porte-parole du ministère de la Santé, Dastagir Nazari.

Dans ce même quartier de Dasht-e-Barchi, en mai 2020, un groupe d’hommes armés avaient attaqué en plein jour une maternité soutenue par Médecins Sans Frontières tuant 25 personnes, dont 16 mères et des nouveaux-nés. MSF avait décidé par la suite de quitter ce projet.

Cet attentat particulièrement affreux n’a jamais été revendiqué, mais le président Ashraf Ghani avait accusé les talibans et le groupe Etat islamique.

Le 24 octobre, un homme s’était fait sauter dans un centre de cours particuliers dans le même quartier, provoquant la mort de 18 personnes dont des étudiants. Cet attentat n’avait pas non plus été revendiqué.

L’explosion de samedi intervient après que les Etats-Unis et les Européens ont appelé la veille à une reprise « immédiate » et « sans conditions préalables » des négociations en Afghanistan, accusant les talibans de faire régner la violence pendant le retrait des forces étrangères et de bloquer le processus de paix.

Les négociations directes inédites entre le gouvernement de Kaboul et les talibans ont débuté en septembre au Qatar mais elles piétinent. Une conférence spéciale était prévue pour fin avril en Turquie pour les relancer, mais elle a dû être reportée sine die en raison du refus de participer des talibans pour protester contre le retard du retrait américain, initialement fixé au 1er mai par l’ex-président Donald Trump.

Depuis le début du départ des forces étrangères, d’intenses affrontements sont en cours, notamment dans la province méridionale du Helmand. Des avions américains ont aidé à repousser une offensive majeure des talibans, qui a conduit des milliers d’Afghans à fuir leur domicile pour échapper aux violences, dans la région de Lashkar Gah.

Par Le Point avec AFP

Afghanistan: Au moins 14 morts et 145 blessés dans un attentat des talibans à Kaboul

août 7, 2019

A man carries an injured woman to a hospital after a blast in Kabul, Afghanistan

Un homme transporte une femme blessée, après l’explosion qui s’est produite ce mercredi matin à Kaboul (Afghanistan). REUTERS/Mohammad Ismail

Cet attentat intervient alors que les talibans mènent depuis un an des pourparlers avec les Etats-Unis.

Un attentat à la voiture piégée revendiqué par les talibans a fait au moins 14 morts et 145 blessés, dont une majorité de civils, mercredi matin dans l’ouest de Kaboul, ont indiqué les autorités.

«Un véhicule rempli d’explosifs a explosé à l’entrée du commissariat de police dans l’ouest de Kaboul à 9h (6h30 en France)», a déclaré le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Nasrat Rahimi. Dix des quatorze morts sont des civils, tout comme 92 des blessés, a-t-il précisé.

Le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, a revendiqué l’attentat sur les réseaux sociaux, ajoutant qu’il avait été commis par un kamikaze. L’attaque «a été lancée contre un centre de recrutement ennemi. Des dizaines de soldats et de policiers ont été tués et blessés», a-t-il indiqué. Les civils continuent de payer un lourd tribut au conflit. L’ONU a révélé que le mois de juillet avait été le plus sanglant depuis mai 2017, avec plus de 1.500 civils tués ou blessés à travers le pays. En 2018, 3.804 civils ont été tués, dont 900 enfants.

Pourparlers

Cet attentat intervient alors que les talibans mènent depuis un an des pourparlers avec les Etats-Unis. Un huitième round de négociations est en cours à Doha, au Qatar. Les deux parties se sont félicitées des « excellents progrès » réalisés et ont espéré être en mesure de signer un accord de paix bilatéral. Si un tel accord venait à se conclure, il ouvrirait la voie à des discussions directes à Oslo entre talibans et une équipe de négociation formée par le gouvernement afghan.

« Les talibans sont un obstacle à la paix, a commenté le porte-parole de la présidence, Sediq Sediqqi. Ils doivent cesser les combats et utiliser l’opportunité de paix fournie par les Etats-Unis sinon, rien d’autre ne les attend que leur extinction. »

Men carry an injured man to a hospital after a blast in Kabul

L’explosion a fait de nombreux blessés ce mercredi matin à Kaboul (Afghanistan). REUTERS/Mohammad Ismail

Un «gros boum»

Le poste de police visé est situé dans la partie chiite de la ville où vit la communauté Hazara (la troisième communauté d’Afghanistan après les Pachtounes et les Tadjkiks qui sont sunnites), alors que les préparatifs battent leur plein à l’approche de l’Aïd el-Kébir, la plus grande fête musulmane. Bravant la peur des attaques, la population de Kaboul se rendait en masse mercredi sur les étals des marchés remplis de victuailles. « J’ai entendu un gros boum et toutes les fenêtres de mon magasin ont volé en éclats », a raconté à l’AFP un commerçant, Ahmad Saleh.

Les images des télévisions afghanes sur place témoignaient de l’étendue des dégâts. Plusieurs bâtiments sont totalement détruits, leurs façades s’étant affaissées. Des murs anti-explosion en ciment ont été réduits en poussières. Des explosions avaient déjà retenti dans la nuit à Kaboul. Les forces spéciales afghanes ont pris d’assaut plusieurs repaires de membres de la branche afghane du groupe Etat islamique, où « étaient fabriqués des vestes explosives et des voitures piégées ». Selon leur communiqué, l’EI prévoyait de « mener des attentats-suicides à Kaboul ».

Par ailleurs, dans la province de Baghlan, dans le nord de l’Afghanistan, les autorités ont affirmé avoir déjoué une attaque mercredi contre un convoi des forces de sécurité vers lequel se dirigeait un véhicule blindé chargé d’explosifs qui a été détruit au lance-roquette avant d’atteindre sa cible.

Par Le Figaro.fr avec AFP et Reuters

Afghanistan: trois employés étrangers enlevés et exécutés à Kaboul

août 2, 2018

Trois employés expatriés ont été enlevés et tués par des hommes armés à Kaboul jeudi matin et leurs corps retrouvés dans les faubourgs de la capitale afghane / © AFP/Archives / WAKIL KOHSAR

Trois employés expatriés ont été enlevés dans des circonstances encore confuses et exécutés jeudi à Kaboul, dans ce qui est qualifié d' »acte terroriste » par les autorités.

Les trois victimes, retrouvées menottées et criblées de balles, sont de nationalités indienne, macédonienne et malaisienne.

Leurs corps ont été découverts par la police à l’extérieur de Kaboul moins de deux heures après leur disparition.

Interrogée, l’ambassade d’Inde à Kaboul a confirmé la mort d’un de ses ressortissants. La représentation malaisienne à New Delhi a également confirmé dans un communiqué « la mort d’un ressortissant malaisien dont le corps a été retrouvé à 33 km au sud de Kaboul ».

Les trois hommes étaient des cuisiniers qui travaillaient pour une entreprise de restauration, a précisé à l’AFP une source de sécurité.

Personne n’a revendiqué cette opération.

« A ce stade nous pensons qu’il s’agit d’un acte de terrorisme », a indiqué à l’AFP le porte-parole de la police, Hashmat Stanikzai.

D’après ses informations, les trois hommes ont été enlevés dans l’est de la capitale afghane, à proximité de l’aéroport international.

Mais une certaine confusion demeure sur les circonstances de leur enlèvement.

Selon Bahar Mehr, conseiller de communication du ministère de l’Intérieur, ils ont quitté leurs bureaux dans l’est de la ville « vers 08H30 » (04H00 GMT) à bord d’une voiture conduite par un chauffeur.

Carte de l’Afghanistan localisant Kaboul / © AFP / afp

– Dans un champ –

« Environ une heure et demie plus tard, leurs corps ont été retrouvés dans les champs du district de Musahi », à bord d’une autre voiture.

« Les trois victimes sont des hommes dont les mains avaient été menottées. Ils ont été tués par balles. Deux d’entre eux se trouvaient dans le coffre et le troisième sur la banquette arrière », a précisé le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Nasrat Rahimi.

Le chauffeur qui les accompagnait jusqu’à leur interception et qui a donné l’alerte a été arrêté par la police et « fait figure de suspect », a-t-il précisé.

La région de Musabi et la route menant au Logar sont réputées dangereuses avec une importante présence des talibans.

Les enlèvements sont fréquents en Afghanistan, généralement crapuleux. Mais les bandes criminelles peuvent également revendre leurs otages étrangers à des groupes terroristes comme le réseau Haqqani. Celui-ci détient toujours, depuis septembre 2016, deux professeurs – un Australien et un Américain – de l’université américaine de Kaboul.

Cependant, les Afghans, en particulier à Kaboul, sont les premières cibles des enlèvements criminels.

La situation sécuritaire s’est globalement dégradée dans le pays avec la multiplication des attentats mais aussi la hausse de la criminalité, encouragée par un chômage élevé.

Romandie.com avec(©AFP / 02 août 2018 14h52)

Suicide à Kaboul d’un jeune Afghan expulsé d’Allemagne

juillet 11, 2018

Kaboul – Un jeune Afghan de 23 ans récemment expulsé d’Allemagne au sein d’un groupe de 69 compatriotes s’est pendu dans son hébergement provisoire à Kaboul, a annoncé mercredi le ministère afghan des Réfugiés.

Selon le porte-parole du ministère Hafiz Ahmad Miakhail, le jeune homme, dont l’identité n’a pas été révélée, était arrivé le 4 juillet avec 68 autres ressortissants afghans expulsés par les autorités allemandes.

« Le corps de l’un d’eux a été retrouvé pendu dans le foyer d’hébergement, une enquête est en cours », a déclaré le porte-parole à l’AFP.

L’Office international des migrations (OIM) précise de son côté qu’il a été découvert mardi dans sa chambre d’hôtel, une semaine après son arrivée.

Le jeune homme avait été installé dans cet hôtel par l’OIM en attendant de pouvoir regagner sa ville d’origine, Herat, dans l’ouest.

« Depuis le début de l’année, 148 Afghans » ont été mis de force dans un avion et renvoyés par Berlin, selon le ministère des réfugiés à Kaboul, ville réputée dangereuse par l’ONU en raison des attentats.

Un porte-parole de l’Office de l’immigration de Hambourg, où habitait le jeune homme, a indiqué à l’agence DPA qu’il était arrivé dans le pays en 2011 et avait dans la foulée déposé une demande d’asile. Celle-ci lui avait été refusée l’année suivante mais il avait lancé plusieurs recours jusqu’en 2017.

L’homme de 23 ans avait notamment été reconnu coupable de vol, tentative de blessure corporelle et de violation de la loi sur les stupéfiants, a expliqué cette même source.

Après avoir accueilli plus d’un million de réfugiés principalement syriens et afghans en 2015-2016, la nouvelle coalition au pouvoir autour de la chancelière Angela Merkel a nettement durci sa politique sous la pression de son aile droite.

L’Allemagne a commencé les expulsions d’Afghans par petits groupes fin 2016, des jeunes pour la plupart, au terme d’un accord entre les autorités européennes et afghanes.

L’un d’eux, arrivé en février 2017, avait été blessé dans un attentat à Kaboul deux semaines après son retour forcé.

Le ministre de l’Intérieur allemand, le très conservateur Horst Seehofer, avait ironisé la veille sur ces expulsions d’Afghans: « justement le jour de mes 69 ans, 69 personnes ont été expulsées vers l’Afghanistan. C’était quelque chose que je n’avais pas commandé ».

Plusieurs voix s’élèvent à présent contre « son manque d’humanité ».

« Ceux qui expulsent vers l’Afghanistan tuent », M. Seehofer devrait « être renvoyé par Mme Merkel », a estimé Ulla Jelpke, députée de la gauche radicale.

L’OIM n’est pas associée à ces retours forcés, en revanche elle fournit un logement et essaie de les assister afin d’aider à leur réintégration à la demande des autorités afghanes.

Romandie.com avec(©AFP / 11 juillet 2018 14h43)

Attentats en Afghanistan: des dizaines de morts dont 10 journalistes

avril 30, 2018

Des membres de forces de sécurité afghanes sur les lieux d’un attentat à Kaboul, le 29 janvier 2018 / © AFP / Wakil KOHSAR

Au moins 37 personnes, dont un photographe de l’AFP et neuf autres journalistes, sont mortes lundi en Afghanistan dans une série d’attentats meurtriers à Kaboul et dans le sud du pays.

Un double attentat suicide a frappé la capitale tôt lundi, faisant au moins 25 morts dont le chef photographe de l’AFP à Kaboul, Shah Marai. Huit autres journalistes ont également été tués lors de la deuxième déflagration au milieu des reporters.

Il a été suivi par un autre attentat suicide à Kandahar (sud) qui a tué onze enfants, et par le meurtre par balles d’un reporter afghan de la BBC en langue pachtoue à Khost, dans le sud-est de l’Afghanistan.

Le double attentat de Kaboul a été revendiqué par le groupe Etat islamique (EI), qui a dénoncé dans un communiqué les « apostats des forces de sécurité et des médias ». Les deux explosions ont fait au moins 25 morts et 49 blessés selon le ministère de l’Intérieur.

L’organisation Reporters sans Frontières (RSF) et le Centre des journalistes d’Afghanistan (AJC) ont recensé neuf journalistes tués, dont Shah Marai, chef photographe du bureau de l’AFP à Kaboul.

« Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière (contre des journalistes, ndlr) depuis la chute des talibans en décembre 2001 », souligne RSF dans un communiqué. Il « visait sciemment la presse », estime l’ONG.

La première attaque visait apparemment le siège des services de renseignements afghans, le NDS, cible récurrente des insurgés.

Arrivé rapidement sur les lieux pour « couvrir » l’attentat, comme il le faisait lors de chaque attaque, Shah Marai a été tué par la deuxième déflagration, survenue une trentaine de minutes après la première.

Shah Marai, 48 ans, travaillait pour le bureau de l’AFP à Kaboul depuis 1996 et en était devenu un pilier. Grand gaillard mince aux yeux très bleus, il avait largement contribué à la couverture de l’Afghanistan lorsque le pays était sous le régime taliban et à celle de l’invasion américaine de 2001, et à tous les rebondissements qui ont suivi.

« J’ai appris tout seul la photographie, donc je cherche toujours à m’améliorer. Et maintenant mes photos sont publiées dans le monde entier », relevait-il.

Huit autres journalistes présents, selon l’AJC confirmée par RSF, ont été fauchés par cette explosion. Tous travaillaient pour une radio ou des télévisions afghanes, dont un pour la chaîne Tolo News déjà très éprouvée par un attentat revendiqué par les talibans en 2016, qui avait fait sept morts parmi ses employés.

Selon une source sécuritaire, le kamikaze qui a visé la presse s’était glissé parmi les reporters, faussement « muni d’une caméra ».

« Le kamikaze s’est fait exploser parmi les journalistes », a précisé le porte-parole de la police de Kaboul, Hashmat Stanikzai.

Les deux autres attentats n’ont pas été revendiqués.

– Talibans et EI –

« Cette tragédie nous rappelle le danger auquel nos équipes doivent sans cesse faire face sur le terrain et le rôle essentiel des journalistes pour la démocratie », a réagi Fabrice Fries, PDG de l’AFP.

« Nous sommes anéantis par la mort de notre photographe Shah Marai, qui témoignait depuis plus de quinze ans de la tragédie qui frappe son pays. La direction de l’AFP salue le courage, le professionnalisme et la générosité de ce journaliste qui avait couvert des dizaines d’attentats avant d’être lui-même victime de la barbarie », a déclaré Michèle Léridon, directrice de l’Information de l’AFP.

De nombreux messages de sympathie et de condoléances ont afflué au bureau de l’AFP Kaboul, dont un autre journaliste, Sardar Ahmad, avait été tué en mars 2014 avec toute sa famille dans un attentat taliban. Seul l’un de ses enfants, alors âgé de trois ans, en avait réchappé.

Sardar était un très proche ami de Shah Marai, qui lui-même laisse six enfants dont le dernier âgé d’à peine quelques semaines.

– Attaques à Khost et Kandahar –

En fin de matinée, un nouvel attentat, perpétré par une voiture conduite par un kamikaze, a tué onze enfants qui s’étaient regroupés autour d’un convoi militaire de l’Otan, près de l’aéroport de Kandahar, dans le sud, a rapporté le porte-parole du gouverneur provincial, Said Aziz Ahmad Azizi, à l’AFP.

Seize personnes ont été blessées dont huit soldats roumains et deux policiers afghans dans cette opération, qui n’a pas été revendiquée.

Un reporter afghan de la BBC en pachtou a par ailleurs été tué par balles lundi à Khost dans le sud-est de l’Afghanistan, a annoncé la radio-télévision britannique à Kaboul.

« C’est avec une immense tristesse que la BBC confirme la mort de notre reporter afghan Ahmad Shah à la suite d’un attentat », indique la BBC dans un communiqué.

Ces attaques surviennent alors que les talibans ont officiellement lancé mercredi leur offensive de printemps, rejetant ainsi implicitement de récents appels du gouvernement afghan à entamer des négociations de paix.

Kaboul est devenue selon l’ONU l’endroit le plus dangereux d’Afghanistan pour les civils, avec depuis un an une recrudescence des attentats d’ampleur, généralement perpétrés par des kamikazes et tour à tour revendiqués par les talibans ou le groupe Etat islamique.

Ainsi, les attaques visant délibérément les civils ont fait deux fois plus de victimes sur les trois premiers mois de 2018 – 763 tués, 1.495 blessés – que pour la même période de 2017.

La dernière en date dans la capitale, le dimanche 22 avril, a fait près de 60 morts et 20 blessés dans un quartier à majorité chiite.

Romandie.com avec(©AFP / 30 avril 2018 16h07)                

Près de 60 morts dans un attentat anti-électoral de l’EI à Kaboul

avril 22, 2018

Un Afghan sur le site de l’attentat-suicide à Kaboul, le 22 avril 2018 / © AFP / SHAH MARAI

Près de 60 civils, chiites pour la plupart, ont été tués et 120 blessés dimanche à Kaboul dans un attentat-suicide revendiqué par le groupe Etat islamique (EI) contre un centre d’enregistrement pour les élections législatives, validant les pires craintes de violences à l’occasion du scrutin annoncé pour octobre.

Un kamikaze s’est fait exploser dans la matinée parmi une foule dense à l’entrée du centre où les électeurs récupéraient leur pièce d’identité avant de s’inscrire sur les registres électoraux. Depuis, les bilans n’ont cessé d’enfler tout au long de la journée.

En début de soirée, 57 morts et 119 blessés avaient été décomptés, très majoritairement membres de la minorité chiite hazara, régulièrement ciblée par les extrémistes sunnites de l’EI, selon le ministère de la Santé.

Au moins 21 femmes et cinq enfants figurent au nombre des morts, a précisé le porte-parole du ministère Wahid Majrooh; et 47 femmes et seize enfants parmi les blessés.

« Nous savons maintenant que le gouvernement est incapable de nous protéger », hurlait un homme, Akbar, face au désastre, insultant crument le président Ashraf Ghani, avant d’être coupé par la télévision (privée) Tolo News.

« Mort au gouvernement », « Mort aux talibans », a crié la foule autour de lui, désignant les papiers et photos d’identité ensanglantés sur le sol.

Les talibans ont fait savoir rapidement qu’ils n’avaient « rien à voir avec l’attaque d’aujourd’hui », rejetant implicitement la responsabilité sur l’EI : le groupe a ensuite revendiqué l’attaque via son organe de propagande, Amaq.

L’attentat s’est produit dans le quartier majoritairement chiite de l’ouest de Kaboul, Dasht-e-Barchi: « Les gens étaient rassemblés pour récupérer leur tazkira (carte d’identité), l’explosion s’est produite à l’entrée. C’était un kamikaze », a déclaré le chef de la police de Kaboul, Dawood Amin.

Selon le porte-parole de l’Intérieur Najib Danish, « le kamikaze est arrivé à pied et a déclenché sa charge au milieu de la foule » provoquant d’importants dégâts.

Il s’agit du premier attentat à Kaboul contre un centre préparant les listes électorales en vue des législatives du 20 octobre, depuis le début des inscriptions le 14 avril.

Mais deux autres centres d’inscriptions ont été pris pour cible en province au cours de la semaine écoulée.

– « plus personne n’ira voter » –

Vendredi, une roquette en a frappé un dans la province de Badghis (nord), faisant un mort et un blessé parmi les policiers qui le gardaient, selon un responsable provincial qui a accusé les talibans.

Mardi, trois employés de la commission électorale (IEC) et deux policiers avaient été enlevés dans la province de Ghor (centre) et libérés 48 heures plus tard après intervention des anciens. Là encore les responsables locaux avaient accusé les talibans.

Violence et attentats sont les principaux obstacles au bon déroulement des élections, admet la Commission électorale qui a ouvert les centres d’inscriptions dans les écoles et les mosquées, tous gardés par des policiers qui fouillent les électeurs à l’entrée.

« Notre patience est à bout, ce gouvernement est responsable de ces vies perdues, plus personne n’ira voter désormais », s’énerve Hussain, 34 ans, qui veille son cousin blessé à l’hôpital Istiqlal.

Cinquante blessés, tous membres de la minorité Hazara chiite, ont été acheminés dans cet établissement où les lits sont tous pleins et l’odeur de sang tenace dans les couloirs, a rapporté un journaliste de l’AFP. « On était 200 environ à faire la queue pour obtenir notre tazkira », se souvient Ali Rasuli, 29 ans, atteint aux jambes et à la poitrine. « Les policiers ne fouillaient personne », a-t-il accusé.

« Bien sûr, l’insécurité est notre premier défi et notre inquiétude majeure, surtout dans les campagnes », avouait récemment à l’AFP le président de l’IEC, le Dr Abdul Baie Sayad, lui-même menacé.

Ces législatives sont les premières depuis 2010 et ce scrutin, le premier depuis la présidentielle de 2014.

– Enthousiasme mesuré –

Beaucoup d’Afghans souhaitent se débarrasser d’un Parlement (249 députés) jugé paresseux et corrompu, dont le mandat a expiré depuis trois ans. Mais ils redoutent plus encore un scrutin pour rien, confisqué par la fraude et qui les exposera à un regain de violence.

Face à l’enthousiasme mesuré de ses compatriotes, le président Ashraf Ghani a ordonné jeudi aux gouverneurs des 34 provinces d’accélérer le processus d’enregistrement.

Il a aussi ordonné aux fonctionnaires de s’inscrire avec leurs familles, et aux mollahs de sensibiliser la population.

L’attentat a été condamné par l’Ambassade américaine à Kaboul et les responsables américains de l’opération Resolute Support de l’Otan, qui appuient fortement la tenue du scrutin, préalable à la présidentielle de 2019.

Le dernier attentat en date – revendiqué par l’EI – contre la capitale afghane au Premier jour du nouvel an perse, le 21 mars, avait fait plus d’une trentaine de morts et au moins 70 blessés.

Romandie.com avec (©AFP / 22 avril 2018 16h47)                

Attaque en cours sur l’Académie militaire d’Afghanistan

janvier 28, 2018

Kaboul – Une attaque était en cours lundi depuis l’aube contre l’Académie militaire d’Afghanistan à Kaboul, ont indiqué plusieurs responsables à l’AFP.

L’attaque a commencé autour de 5H00 (0H30 GMT) par des tirs de roquette suivis de tirs d’armes automatiques et se poursuivait près de trois heures plus tard selon des témoins joints par l’AFP, confirmés par une source sécuritaire.

« Une grosse explosion s’est produite devant l’entrée, le bataillon a riposté. Je ne pense pas qu’ils aient pu entrer » a rapporté à l’AFP un officier joint dans l’enceinte qui a dit « craindre des victimes ».

« Je confirme que l’académie militaire est attaquée à Chahrahi Qambar. Nous pensons que des assaillants ont pu pénétrer à l’intérieur » a indiqué à l’AFP le porte-parole de la police de Kaboul Basir Mujahid.

Le porte-parole de la présidence, Shah Hussain Murtazawi, a affirmé en revanche dans un message que les assaillants avaient été « arrêtés au premier barrage ».

L’Académie Marshall Fahim, située dans le nord-ouest de Kaboul, forme l’armée afghane depuis les cadets jusqu’aux officiers d’état-major. Elle est considérée comme le « Saint-Cyr » d’Afghanistan, également surnommée le « Sandhurst des Sables » – références respectives aux écoles militaires d’élite de France et du Royaume-Uni.

Romandie.com avec(©AFP / 29 janvier 2018 03h31)                                            

Massacre à l’ambulance piégée à Kaboul: près de 100 morts et 158 blessés

janvier 27, 2018

Des volontaires afghans viennent en aide aux victimes de l’explosion d’une ambulance piégée à Kaboul, le 27 janvier 2018 / © AFP / WAKIL KOHSAR

« C’est un massacre » : l’explosion d’une ambulance piégée samedi dans le centre de Kaboul, revendiquée par les talibans, a fait près de 100 morts et 158 blessés, semant terreur et désolation dans l’un des quartiers les plus animés de la capitale afghane.

« Le bilan s’établit désormais à 95 morts et 158 blessés », a déclaré à l’AFP le porte-parole du ministère de la Santé Waheed Majroh, cinq heures après l’attaque, qui laisse la ville groggy.

Peu auparavant, Baryalai Hilali, directeur de la communication du gouvernement, avait prévenu que le bilan des tués risquait de s’alourdir « car certains blessés ont été hospitalisés dans un état critique ».

Dans un communiqué, la présidence afghane a dénoncé « un crime contre l’humanité ».

« C’est un massacre », a réagi sur Twitter Dejan Panic, le coordinateur de l’ONG italienne Emergency, accompagnant son message de photos sur lesquelles on peut voir les très nombreuses victimes allongées dans les couloirs, sous les préaux et sur les pelouses de l’établissement que gère cette ONG italienne.

Selon le ministère de l’Intérieur, « quatre suspects ont été arrêtés dans l’enquête » sur cet attentat, le plus meurtrier depuis l’explosion d’un camion piégé dans la zone diplomatique le 31 mai (150 morts, 400 blessés).

Débordés, les hôpitaux renvoient les patients d’un établissement à l’autre. Celui d’Emergency, qui a annoncé traiter 163 blessés – comptabilisés dans le bilan officiel – est contraint de les installer sur des matelas à même le sol.

L’attentat a été revendiqué par le porte-parole des talibans Zabihullah Mujahid sur WhatsApp : « un martyr a fait sauter sa voiture piégée près du ministère de l’Intérieur où se trouvaient d’importantes forces de police », a-t-il annoncé.

« Le kamikaze a utilisé une ambulance pour passer les barrages », a expliqué Nasrat Rahimi, le porte-parole adjoint du ministère de l’Intérieur. « L’ambulance était garée sur le parking de l’hôpital Jamuriate; elle a voulu franchir les barrages pour avancer vers le ministère de l’Intérieur, le Haut Conseil de la Paix, mais le kamikaze a été repéré par la police et s’est fait sauter avant d’atteindre ses cibles ».

Les soupçons du gouvernement se portent sur le réseau terroriste Haqqani, proche des talibans et installé à la frontière pakistanaise, a-t-il ajouté.

L’explosion, de très forte intensité, a littéralement secoué la capitale. Les bâtiments de « Chicken Street », la rue des antiquaires proche, ont vu leurs vitres voler en éclats comme ceux de tous les quartiers à plusieurs centaines de mètres à la ronde.

– Mares de sang –

Un photographe de l’AFP qui s’est immédiatement rendu sur place a pu voir un très grand nombre de corps de victimes ensanglantées, « morts et blessés », sur les trottoirs, certains appelant à l’aide, que les riverains aidaient à évacuer.

De très nombreuses victimes, hommes, femmes, enfants, acheminées dans l’hôpital Jamuriate, étaient traitées dans les couloirs submergés.

« J’ai vu des mares de sang », a confirmé un témoin qui s’était évanoui sous la puissance du souffle, au milieu des débris jonchant la chaussée.

Emergency, spécialisée en chirurgie de guerre, a fait savoir qu’elle ne pouvait accueillir dans son établissement davantage de patients.

« A l’hôpital Jamuriate, on nous a dit que c’était plein de morts et de blessés, ils nous ont renvoyés sur Emergency. Mais ici aussi ils sont débordés, ils n’ont plus de place. Ils demandent aux gens qui ne sont pas en danger de mort de trouver un autre hôpital », a raconté à la télévision Ariana News un homme qui amenait son frère blessé et a perdu son ami boulanger.

– Menace d’effondrement –

La panique était totale. Un immeuble voisin de l’hôpital Jamuriate, haut de quelques étages et profondément lézardé, menaçait de s’effondrer, selon le photographe, et les médecins ont demandé aux civils d’aider à évacuer les blessés qui risqueraient d’être ensevelis.

L’attentat a eu lieu devant l’un des barrages protégeant l’accès à une avenue qui conduit à plusieurs institutions : des bureaux du ministère de l’Intérieur, le siège de la police, la délégation de l’Union européenne et le lycée pour filles Malalai.

Le Haut Conseil de la Paix, chargé des négociations – bloquées – avec les talibans, estimait avoir été la cible privilégiée. « Ils ont visé notre barrage. C’était énorme, toutes nos vitres sont soufflées », a dit à l’AFP un de ses membres, Hassina Safi.

Les membres de la délégation européenne ont été rapidement mis en sécurité dans leur pièce sécurisée, a déclaré l’un d’eux à l’AFP.

Le scénario de l’ambulance est l’un des plus redoutés. Cependant, un journaliste de l’AFP passé par cette rue une heure auparavant avait constaté que les ambulances qui se dirigeaient vers l’hôpital Jamuriate étaient systématiquement arrêtées aux barrages et contrôlées une par une, « le chauffeur attendant à côté ».

Le niveau d’alerte est extrême en ce moment à Kaboul, particulièrement dans le centre et le quartier diplomatique dont la plupart des ambassades et institutions étrangères ont été placées en « lock down » (sorties interdites).

Cet attentat est le troisième à frapper l’Afghanistan en une semaine, après l’attaque le samedi 20 janvier de l’hôtel Intercontinental de Kaboul, revendiquée par les talibans, et celle mercredi des locaux de Save the Children à Jalalabad (est), revendiquée par le groupe Etat islamique.

Romandie.com avec(©AFP / 27 janvier 2018 15h08)

Attentat dans un hôtel de Kaboul: au moins 18 morts dont 14 étrangers

janvier 21, 2018

Un membre des forces de sécurité afghanes monte la garde devant l’hôtel Intercontinental de Kaboul, le 21 janvier 2018 / © AFP / WAKIL KOHSAR

Au moins 18 personnes, dont 14 étrangers, ont péri dans l’attaque dans la nuit de samedi à dimanche de l’hôtel Intercontinental à Kaboul, selon un nouveau bilan de cet attentat revendiqué par les talibans.

« Quatorze étrangers et quatre Afghans ont été tués », a déclaré un porte-parole du ministère de l’Intérieur, Najib Danish, à la chaîne Tolo news, sans préciser les nationalités. L’attentat, qui a duré une douzaine d’heures, a été revendiqué par les talibans.

« Plusieurs Ukrainiens » figurent parmi les victimes, a déclaré de son côté à l’AFP un responsable du ministère des Affaires étrangères à Kiev, Vasyl Kyrylych, sans donner de nombre exact. « D’autres informations seront annoncées lundi matin », selon un communiqué du même ministère.

Un précédent bilan de l’attentat faisait état de 5 morts, dontun ou deux ressortissants étrangers, mais les autorités avaient précisé ne pas avoir terminé de fouiller l’hôtel à la recherche de victimes.

La violence de l’attaque laissait d’emblée craindre un bilan beaucoup plus lourd avec des assaillants dépeints comme tirant à vue dans la salle à manger avant de forcer les chambres pour prendre des clients en otages, parfois immédiatement abattus. Ils avaient en outre déclenché un incendie au quatrième étage qui a duré une bonne partie de la nuit.

Selon M. Danish, le commando était composé de six hommes. L’attaque n’a pris fin que plus de douze heures plus tard, vers 09H30 dimanche (06H00 GMT), une fois les assaillants abattus par les unités afghanes avec le soutien de la coalition occidentale sous mandat de l’Otan – la Norvège notamment a annoncé avoir contribué au dénouement.

« L’attaque est terminée, tous les assaillants ont été tués, 126 personnes ont été secourues dont 41 étrangers », avait auparavant annoncé M. Danish. Il a précisé que six membres des forces spéciales afghanes, réputées pour leur excellence, ont été blessés.

Le porte-parole des taliban Zabiullah Mujahid a revendiqué l’opération dans un message affirmant que l’hôtel était « plein d’envahisseurs américains et d’autres nationalités » et que l’attaque a tué des « dizaines » d’entre eux.

– Equipages manquants –

La compagnie aérienne afghane Kam Air a déploré « seize disparus parmi les 42 membres de son personnel qui se trouvaient dans l’hôtel, dont des pilotes et membres d’équipage », a expliqué à l’AFP son PDG, le capitaine Samad Usman Samadi.

La compagnie a évoqué un peu plus tard « des morts et des blessés ».

Selon M. Danish, « le commando est arrivé par le nord pour entrer dans l’hôtel par la cuisine avant de gagner le hall où il a ouvert le feu sur les clients et les gardes de sécurité ».

L’électricité a été coupée dans le quartier et l’hôtel, situé sur une colline de l’ouest de Kaboul, plongé dans l’obscurité toute la nuit à l’exception de hautes flammes qui s’échappaient du toit.

« Je suis sorti, mais plus d’une centaine de mes collègues et amis sont toujours entre la vie et la mort. Priez pour eux s’il vous plaît », a écrit sur Facebook un client rescapé, Aziz Tayeb.

Sur Twitter, des proches angoissés demandaient des nouvelles des leurs séjournant dans l’établissement. De Washington, le département d’Etat appelait à signaler l’éventuelle présence d’Américains.

– Gardes inexpérimentés –

Au terme d’une nuit de cauchemar, le jour s’est levé sur la façade en partie noircie du bâtiment.

Un comptable de l’hôtel qui s’est échappé grâce à sa connaissance des lieux a mis en cause la sécurité de l’hôtel, affirmant à l’AFP que « les gardes se sont sauvés sans combattre, ils n’ont pas riposté, ils n’avaient aucune expérience ».

Selon M. Danish, une nouvelle compagnie privée était chargée depuis début janvier de la sécurité de l’hôtel, jusqu’alors assurée par les forces gouvernementales.

« Nos équipes enquêtent pour comprendre comment les terroristes se sont infiltrés. S’il y a eu des négligences, elles seront sanctionnées ».

L’Intercontinental de Kaboul, l’un des deux cinq étoiles de la ville, accueille fréquemment des mariages, des conférences et des réunions politiques. Sa terrasse illuminée dominant la ville est particulièrement prisée des classes aisées.

L’établissement, ouvert en 1969, avait déjà été visé en juin 2011 par une attaque des talibans qui avait fait 21 morts.

Des mises en garde précises avaient été lancées depuis 48 heures concernant le risque d’attaques contre des lieux fréquentés par les étrangers. Elles avaient conduit l’ONU et certaines ambassades à décréter l’état d’alerte.

La dernière attaque contre un grand hôtel, en mars 2014, avait visé l’autre cinq étoiles de Kaboul, le Serena. Neuf personnes avaient été tuées, dont un journaliste de l’AFP et sa famille.

La violence reste endémique en Afghanistan, seize ans après le débarquement des Occidentaux fin 2001. Dans le nord du pays, à Balkh, au moins 18 policiers ont été enlevés et abattus dans la nuit de samedi à dimanche par des insurgés talibans dans un village, selon le chef adjoint de la police, Abdul Raziq Qaderi.

A Herat (ouest), au moins huit civils ont péri dans l’explosion de leur véhicule qui a sauté sur une mine, imputée aux talibans par des responsables locaux.

Romandie.com avec(©AFP / 21 janvier 2018 16h13)

Bavure américaine à Kaboul pendant la visite des chefs du Pentagone et de l’Otan

septembre 27, 2017

Des forces de sécurité afghanes et des soldats américains, le 24 septembre 2017 à Kaboul / © AFP/Archives / WAKIL KOHSAR

Un raid américain à Kaboul a fait « plusieurs victimes » civiles mercredi pendant la visite du chef du Pentagone et du secrétaire général de l’Otan venus réaffirmer leur « engagement » en Afghanistan contre le terrorisme.

Les forces américaines sont intervenues en riposte à une attaque à la roquette et au mortier des talibans sur l’aéroport international de Kaboul et sur un quartier résidentiel adjacent, quelques heures après l’arrivée du secrétaire américain à la Défense Jim Mattis, ont expliqué les porte-parole de l’opération Resolute Support (RS) de l’Otan dans un communiqué.

« Malheureusement, un missile a mal fonctionné causant plusieurs victimes civiles », ont-ils ajouté sans préciser s’il s’agissait de morts ou de blessés.

Selon eux, les assaillants ont également « actionné leurs vestes explosives, mettant en danger un grand nombre de civils », ce qui a motivé leur intervention « en appui de la force de réaction rapide afghane ».

Un précédent bilan du ministère de l’Intérieur faisait état d’une femme tuée et de onze civils blessés. Mais le bilan précis de ces incidents restait incertain mercredi soir et pourrait, selon les médias locaux, être plus élevé qu’officiellement annoncé.

Au même moment, Jim Mattis et Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’Otan, réaffirmaient leur engagement en Afghanistan, quelques semaines après l’annonce de renforts américains.

« We are the good guys » – « nous sommes les gentils », a martelé M. Mattis.

Aux termes de la « nouvelle stratégie » annoncée par le président Donald Trump, 3.000 Américains sont attendus en renfort des 11.000 déjà présents en Afghanistan, théâtre depuis octobre 2001 de la plus longue guerre américaine.

Ces renforts, dont certains sont déjà en route, vont « nous donner un sérieux avantage sur tout ce que les talibans pourront tenter contre vos forces », a affirmé M. Mattis, promettant devant le président Ashraf Ghani de ne « pas abandonner l’Afghanistan à un ennemi sans merci ».

Pour le chef du Pentagone, surnommé « Mad Dog » pour ses exploits militaires passés, tirer des roquettes sur l’aéroport, « comme sur n’importe quel aéroport international, est un crime contre des innocents: c’est une déclaration d’intention des talibans sur ce qu’ils sont, ça témoigne de leur approche ».

« C’est ce qu’ils ont toujours fait. Mais ils vont trouver les forces afghanes face à eux », a-t-il prévenu: pas question de laisser « les talibans, le groupe Etat islamique et le réseau Haqqani » (puissant réseau insurgé installé à la frontière avec le Pakistan) se renforcer.

– Plus de 15 pays –

« Plus l’Afghanistan reste stable, plus nous sommes en sécurité » a renchéri Jens Stoltenberg.

Plus de quinze pays membres de l’Otan ont déjà donné leur accord pour l’envoi de troupes supplémentaires: « L’Otan ne part pas quand ça se gâte. Nous tenons nos promesses » a-t-il insisté sur Twitter.

Les forces de Resolute Support s’élèvent à 5.000 hommes (hors soldats américains) actuellement et le président Ghani a espéré que « maintenant que le général Mattis a décidé d’envoyer plus d’hommes (…) les autres membres de l’Otan en feront autant ».

Selon le général américain John Nicholson, commandant de RS, la nouvelle donne annoncée par les Etats-Unis a déjà contribué à relever le moral des troupes afghanes et altère celui des talibans.

« Sur le champ de bataille, le moral des talibans est à la baisse, leurs pertes restent très élevées » a-t-il confié aux journalistes.

Mais malgré « les regrets profonds » exprimés par l’Otan et l’annonce d’une enquête, les bavures comme celles de mercredi, liées le plus souvent aux raids aériens des forces américaines, alimentent la rancoeur et la colère des populations contre les forces occidentales.

Après avoir longuement hésité, Donald Trump a dévoilé fin août sa « nouvelle stratégie » pour soutenir le régime de Kaboul face aux insurgés islamistes, estimant qu’un retrait créerait un « vide » qui profiterait aux « terroristes ».

Les forces afghanes, qui subissent des pertes considérables – plus de 7.000 morts et 12.000 blessés en 2016 – reculent de fait face aux insurgés et leur ont abandonné plus d’un tiers du territoire.

L’opération RS est principalement chargée de former et d’encadrer ces forces, tandis que les Etats-Unis mènent, parallèlement, des opérations antiterroristes notamment en conduisant des raids aériens.

Dimanche, le porte-parole du ministère de la Défense, le général Dawlat Waziri, a annoncé que plus de 20.000 opérations militaires avaient été conduites contre les insurgés sur les six premiers mois de l’année.

Romandie.com avec(©AFP / 27 septembre 2017 21h47)